01/02/11

"I love you. Remember. They cannot take it."

Imaginez un monde où l'amour est proscrit. Où aimer revient à attraper une maladie mortelle. Pour en guérir, il faut s'immuniser. Vivre dans une société où les émotions sont étouffées, éteintes, douchées dès votre 18ème anniversaire.
Aucun désordre. Aucune palpitation démesurée. Tout est sous contrôle.
Lena a longtemps vécu dans cette attente, n'en pouvant plus de vivre sa vie terne, d'éradiquer la douleur, les souvenirs, les questions. Elle n'avait que six ans lorsque sa mère s'est suicidée, elle a été recueillie chez sa tante, elle n'a depuis connu qu'une existence bridée et modelée pour son Protocole.
L'heure de délivrance approche enfin. Lena passe son dernier été, auprès de sa meilleure amie. Même si elle est très attachée à Hana, elle sait que tout s'effacera après son opération, qu'elle l'oubliera. Et c'est ce qu'elle désire le plus : recommencer une autre existence, repartir du bon pied. Elle en a terriblement besoin.
Or, cet été va également lui apporter ce qu'elle redoutait le plus : l'amor deliria nervosa ! Lena rencontre Alex, elle pensait être à l'abri, mais dès qu'elle a posé les yeux sur lui, son univers a basculé. Elle ne se rendra pas si facilement, elle va longtemps lutter et chercher à résister. Elle va vouloir se convaincre, se rassurer, mais ce sera trop tard, Lena va être contaminée.
Et c'est bouleversant à lire, à suivre, à découvrir. C'est une histoire incroyable. Lena est une héroïne imparfaite, qui sait être touchante, révoltante, passionnante. Elle est craintive, se replie pour mieux se protéger, n'ose pas ou peu. Progressivement elle prendra conscience des énormités qui l'entourent, aimer ne signifiera plus mourir, ce ne sera plus sale - au contraire. Sa prise de conscience demandera du temps, mais qu'est-ce que ça vous prend aux tripes.
J'ai cru devenir folle au moment de tourner la dernière page, j'ai cru hurler et pleurer de rage et de désespoir. Vous comprendrez. Et dire qu'il faudra patienter longtemps - 2012 - pour la suite ! C'est frustrant...
Envie d'un roman doux, tendre et merveilleux ? D'une rencontre forte, belle et revitalisante ? Lisez Delirium ! Ce livre vous fera prendre conscience que l'amour donne la vie, qu'il est souffrance et bonheur à la fois, mais que ça vaut le coup et qu'il faut refuser les barrières, les frontières, les prisons ! Qu'on ne peut pas être vraiment heureux si on n'est pas aussi malheureux parfois. 

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Delirium - Lauren Oliver smileyc219
Hachette, coll. Black Moon (2011) - 450 pages - 18€
traduit de l'anglais (USA) par Alice Delarbre

Francesca est également TOTALEMENT emballée !


24/01/11

(...) il se passerait quelque chose d'inattendu, quelque chose que personne n'aurait pu prévoir

IMG_2271Ce roman possède une force tranquille mais redoutable. J'ai longtemps regardé de loin mon livre, je n'osais pas m'y aventurer, quand enfin je l'ai ouvert, c'était pour ne plus le reposer avant la dernière page tournée ! Un truc complètement dingue. J'ai été totalement happée par l'histoire, j'avais le souffle court, le coeur battant, j'étais fébrile et impatiente, transportée par cette intrigue ô combien fantastique, étrange et envoûtante.
Le mieux, en fait, serait de ne pas déflorer le mystère de ce roman. C'est du Mourlevat, que voulez-vous que je vous dise, c'est forcément bon et fort et implacable.
Sachez juste qu'on y trouve Anne, prête à tout pour retrouver sa soeur Gabrielle. Celle-ci a disparu depuis un an. Anne va rencontrer M. Virgil, un écrivain qui prétend ne plus avoir d'imagination, un monsieur âgé et veuf, pas mécontent de mettre un peu de sel dans sa vie ronronnante.
S'il fallait donner une couleur à ce livre, ce serait ce blanc crèmeux et fantomatique comme la couverture. On suit Anne dans sa quête, on la suit dans le brouillard, on n'hésite pas un seul instant et on ne la lâche plus. On restera incrédule, choqué et émerveillé. Impatient, fâché et exigeant.
La fin, notamment, m'a quelque peu frustrée. Je m'attendais à plus de retentissement, j'espérais davantage du Saut de l'Ange ou du portefeuille et de la photographie (ceux qui savent comprendront), je suis restée sur ma faim. Ceci dit, je ne regrette rien.
Je n'oublie pas avoir avalé près de 400 pages d'une aventure hallucinante, au coeur d'un univers aseptisé, qui fait terriblement peur, qui rappelle d'autres références (littéraires, mythologiques ou historiques).
Je suis sortie de ma lecture en poussant un grand, gros soupir. Comme si j'avais besoin d'expirer. Besoin de respirer un bon bol d'air. L'histoire m'en avait tellement privé, mais pas seulement.
Découvrez ce que cela cache !

Et voilà que la porte de “l'ailleurs” s'entrouve. Cette fille, Anne Collodi, ce village qui n'existe pas, cette voix dans la nuit... « Est-ce que je serais en train de perdre la tête ? »

Terrienne, un roman de Jean-Claude Mourlevat smileyc219
Gallimard jeunesse (2011) - 387 pages - 16€

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14/01/11

Un mec qui s'exprime comme dans un roman de Jane Austen devrait recevoir une médaille, pas se faire traiter de débile !

IMG_2080A quinze ans, Jess Jordan n'est pas tendre avec elle-même : elle est charmante mais cinglée, a un gros cul et les oreilles en chou-fleur, elle voudrait que Ben Jones (un soupçon de Leonardo di Caprio, une pincée de prince William, une touche de Brad Pitt) craque pour elle, se demande encore pourquoi elle est incapable de détester sa meilleure amie Flora, trop belle, trop canon, trop intelligente, et serine Fred, son autre meilleur ami, de couper ses cheveux qui lui tombent dans le cou.

La vie de Jess Jordan est une vie d'ado comme toutes les autres. On y parle de béguins naissants, de conflits d'intérêt, de chamailleries et de réconciliations, de mensonges éhontés, de devoirs d'école, d'autorité parentale inexistante, mais de parents non moins présents, originaux et délirants dans leur genre, d'une grand-mère qui s'invite sans crier gare, d'une chambre spoliée, d'une soirée qui tourne à la catastrophe, de fausse poitrine qui sent bon le minestrone, d'un accident de parcours, d'une caméra cachée dans les toilettes (les goujats), d'un groupe de rock qui chante comme des canards, des révélations sentimentales, d'un garçon qui parle comme dans un livre de Jane Austen, d'un Apollon éteint et encombrant, d'un déclic et de grandes décisions à prendre (après d'âpres tractations).

- Es-tu en train de dire que... tu as envie de sortir avec moi ?
- Ouais, pourquoi pas ? Rassure-toi, ce n'est pas une demande en mariage. Ce n'est pas mon genre, fit-il très vite.
- T'inquiète pas, moi non plus. Je préférerais me perdre dans le désert de Gobi et être livrée aux suricates plutôt que me marier avec toi.
- Tout à fait d'accord. Je préférerais être plongé dans un bain de friture et me faire dévorer que d'être marié à toi ne serait-ce qu'une seconde.
- Dans ce cas, tout est très clair.

Jess Jordan est une héroïne qui manque parfois de perspicacité, mais qui n'est jamais en manque d'humour (ce n'est pas un hasard si elle rêve d'être comique plus tard !). C'est irrésistible et rafraîchissant, le genre de lecture homéopathique qu'on aime lire de temps en temps, et l'effet désiré ne loupe pas : deux bonnes louchées plus tard, on se bidonne comme des dindes. N'hésitez pas à poursuivre l'aventure avec 16 ans ou presque, torture absolue (à paraître en Scripto en février 2011) et 15 ans Welcome to England

15 ans, charmante mais cinglée - Sue Limb
Gallimard jeunesse, coll. Scripto (2010) - 272 pages - 9,50€
traduit de l'anglais par Laetitia Devaux
illustration couverture : Soledad Bravi

10/01/11

Convaincre les grands, c'est comme vouloir qu'un chewing-gum mâchouillé une heure conserve son goût du début.

IMG_2024C'est sans aucune objectivité que j'accorde mes cinq étoiles à cette BD de Cati Baur adaptée des Quatre soeurs, le roman écrit par Malika Ferdjoukh. Cinq étoiles de bonheur. Cinq étoiles d'immersion totale. Cinq étoiles qui font du bien. Car lire le roman de Malika F., c'est déjà un régal en quatre tomes. Quant à l'idée de s'aventurer sur les traces de la bande dessinée, là je dis que c'est un pari tenu haut la main et qui ne déçoit nullement la lectrice qui avait adoré le roman ! L'univers des soeurs Verdelaine est parfaitement respecté, à la fin l'auteur explique qu'elle avait longuement partagé toutes les références cinématographiques qui ont pu nourrir son inspiration au moment d'écrire sa tétrade. Cati Baur a pris des notes, elle n'était pas sûre de tout respecter à la lettre, mais ce n'est pas important car finalement elle a réussi, elle a su transmettre l'essence même de cette série, elle a retranscrit le charme de la Vill'Hervé, une grande maison hantée par les courants d'air, elle a donné vie aux soeurs Verdelaine - Enid, Bettina, Charlie, Hortense et Geneviève - elle a donné un visage à ces personnages qui ont de l'humour, de la tendresse et de l'espièglerie à revendre. Leurs parents ont péri dans un accident de voiture, cela fait deux ans qu'elles se serrent les coudes et qu'elles veillent à ce que le navire ne prenne pas l'eau, elles ont des coups durs (le manque d'argent, la chaudière qui fait la tête, la tante Lucrèce qui se plaint de ses rhumatismes, les tempêtes qui menacent d'arracher le sycomore et tout ce qui l'entoure). Si vous connaissez la série, vous ne regretterez pas de prolonger ce plaisir de lecture. Tout y est, la nostalgie, la douceur, le charme, l'humour, la certitude d'y être encore... Qu'est-ce que c'est bien ! qu'est-ce que c'est bon ! Je crois que cela parle essentiellement à tous les lecteurs qui ont eu du mal à s'arracher du quatrième tome et qui se délectent de leurs retrouvailles avec les soeurs Verdelaine. C'est très fidèle à ce qu'on avait pu imaginer en lisant les livres, c'est exactement ça.
A quand la suite ? (Je sais, j'en demande beaucoup.)

smileyc002Delcourt (2011) - 155 pages - 14,95€
Scénario : Cati Baur & Malika Ferdjoukh
Dessin et couleur : Cati Baur

D'après l'oeuvre originale de Malika Ferdjoukh publiée à l'Ecole des Loisirs.

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08/11/10

Lettre à mon ravisseur

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Un thriller psychologique qu'on ne peut ni arrêter, ni oublier. Une petite phrase anecdotique, glissée en quatrième de couverture, à laquelle je ne prête plus attention depuis longtemps, et là, si j'avais su... l'aurais-je cru ? Car c'est la stricte vérité ! Ce roman envoûte, embobine, assomme, subjugue et assène une grosse claque. Ce roman est incroyable ! J'ai été incapable de fermer l'oeil de la nuit, incapable de reposer le livre avant de l'avoir fini, incapable de prendre du recul, incapable d'avoir le moindre discernement, la plus petite lucidité. J'étais dupée, complètement bluffée.

C'est l'histoire d'une jeune anglaise de 16 ans, Gemma, kidnappée à l'aéroport, pratiquement sous les yeux de ses parents, par Ty, un marginal qui vit dans le désert australien, où il va l'emmener, après l'avoir droguée et avoir masqué son identité, parce qu'il l'a choisie. Elle, et pas une autre. Objectivement, ce comportement criminel est condamnable, je ne reviens pas là-dessus, mais l'histoire démontre que le contraire est possible aussi, on peut aimer et détester la personne qui nous a fait du mal, on peut nouer une relation de confort et de sécurité avec son bourreau, c'est complètement dingue et c'est le pari réussi de l'auteur.

L'histoire est absolument inattendue, elle dépasse les considérations psychologiques visant le syndrome de Stockholm, même si elle ne les écarte pas non plus, et nous raconte plus simplement comment cela est possible. C'est à travers une lettre adressée à son agresseur que Gemma nous raconte ce qu'il s'est passé, ce qu'elle a vécu et éprouvé, sans tabou, puisqu'on parle aussi bien de colère, d'anéantissement, d'incrédulité, de dégoût et de fascination aussi. On plonge alors dans une ambiance hallucinante, à huis clos, dans la cabane au beau milieu de nulle part.

Et c'est avec la rage du désespoir que Gemma va chercher à s'enfuir, par tous les moyens. Cela lui sera d'autant plus douloureux de réaliser qu'elle est bloquée et dépendante de Ty, elle le déteste tellement, elle s'en veut aussi de le trouver beau et attirant et de penser à lui de cette façon. Mais ce n'est pas ce qu'il y a de plus étrange, car leur relation n'est jamais violente, au contraire. Ty va trouver des trésors de patience pour amadouer la jeune fille, pour partager son monde et ses mystères, pour espérer la séduire. Gemma sera sensible à ses efforts, appréciera ce qu'il aime (la nature, les étoiles), sera attendrie par son histoire d'enfance malheureuse, touchée par ses déclarations d'amour. C'est mal, se dit-on, il ne faut pas. Hélas, tout comme Gemma, on cesse de voir Ty comme un psychopathe, l'effroyable et inexplicable fascination glisse sur le lecteur. Au risque de nous faire oublier son crime, ou presque. C'est fou ce que ce livre inspire, en plus de l'angoisse, du stress et de l'envie de savoir comment tout cela va finir. C'est fort et bizarre. Limite malsain. Mais c'est un livre inscrit pour durer et hanter nos mémoires. 

« Et regardons les choses en face, tu m'as bien enlevée, mais tu m'as sauvé la vie aussi. Et entre les deux, tu m'as fait connaître un endroit différent et magnifique, que je ne pourrai jamais m'arracher de l'esprit. Pas plus que toi d'ailleurs, tu es inscrit en moi à jamais. »

Lettre à mon ravisseur - Lucy Christopher
Gallimard, coll. Scripto (2010) - 340 pages - 13€
traduit de l'anglais par Catherine Gibert

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05/11/10

Azilis : Le Sortilège du Vent

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J'étais particulièrement anxieuse avant de lire ce 3ème et dernier tome de la série, soucieuse de la fin que je pressentais injuste mais inévitable, angoissée de ne plus retrouver Kian, qui est parti en brisant le coeur d'Azilis (et le mien), et parce que la jeune femme est également ensorcelée par Myrddin, ce barde au charme si troublant. Ses enseignements lui valent toute l'estime et l'admiration de l'enchanteresse, en échange elle a promis de se donner à lui, oui elle a osé, mais avant cela il faut qu'elle retrouve Ninian, elle a rêvé de lui, enchaîné comme un esclave, et seul Myrddin peut l'aider.

Leur relation n'est pas simple, Azilis est également tombée amoureuse de lui, or une partie d'elle se refuse toujours, ne veut pas croire à la sincérité du barde. Sa magie est trop puissante, flirte avec les interdits, peut-être a-t-il abusé de sortilèges inavouables pour la séduire ?

De son côté, Kian est plus taciturne que jamais. Il a suivi Arturus jusqu'en Cornouailles afin de rallier les roitelets de la région, la tâche est rude, la menace d'une invasion n'est jamais loin, et c'est ce que recherche le jeune homme, à braver la mort pour mettre un terme à ses souffrances morales. Un voile funeste entoure chacun de ses trop rares passages dans ce livre, c'est déconcertant.

C'est probablement le tome le plus enivrant de la série, même si chaque roman m'a passionnée. Je crois que la sensation d'aboutissement a eu pour effet de me griser, hélas la fin arrive beaucoup trop tôt, les événements se précipitent, cet empressement me dérange, mais puis-je contester ? Non, bien sûr. Valérie Guinot a eu parfaitement raison d'en arriver là. Cette fin est pleinement satisfaisante. C'est un déchirement de quitter cet univers qui était devenu familier et attachant, m
ais la suite appartient à l'histoire et aux légendes. Azilis, Niniane, Kian, Myrddin... Ils ont été les acteurs d'une formidable épopée, romantique et chevaleresque. J'ai adoré suivre leurs parcours, j'ai vibré à leurs côtés, c'était magique ! Et je pèse mes mots...

( A noter : Bladelor, la coupable...)

Azilis, tome 3 : Le Sortilège du Vent - Valérie Guinot
Rageot (2010) - 400 pages - 16€
couverture : Stéphanie Hans

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02/11/10

Là où j'irai - Gayle Forman

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Voilà la suite la plus attendue de l'année !!! En 2009, ma plus belle émotion m'avait été donnée par Si je reste, de Gayle Forman. Rappelez-vous, Mia et Adam, un accident de voiture, une famille brisée et une jeune fille qui ne sait plus s'il lui faut rester ou partir avec les siens... C'était beau, c'était fort mais ce n'était pas assez. Aussi, l'auteur a exaucé nos prières muettes et a écrit la suite de leur histoire, trois ans après.

Et c'est là que notre coeur se brise, car Mia et Adam ne sont plus ensemble ! Leurs chemins se sont séparés : elle est partie à New York pour ses études, elle n'a plus jamais donné de nouvelles. Aujourd'hui elle est en train de devenir une violoncelliste de renom et donne un concert au Carnegie Hall. De son côté Adam a propulsé son groupe de rock sous les feux de la rampe, c'est la consécration mais notre rocker n'est point satisfait. L'histoire, cette fois, nous est donc reportée par son intermédiaire, et rien que pour ça, cela vaut toutes les danses de la joie, car Adam est un garçon formidable !

En cette soirée d'août, Mia et Adam vont se revoir par le plus grand des hasards, ils vont passer une nuit à parcourir les rues new-yorkaises, tout en tournant autour du pot. Pas une fois ils n'aborderont le passé, même si le malaise est palpable, Adam notamment voudrait crever l'abcès mais ne s'en sent pas capable. On le découvre amer, torturé et meurtri par la rupture, encore à fleur de peau, partagé entre la colère et la rancune. Il est donc nécessaire que notre petit couple se parle vraiment.

Mais avant d'en arriver là, Gayle Forman fait appel aux flashbacks pour tisser sa toile, pour parler de la vie qui a filé pendant ces trois années, et nous rappeler l'amour fou et véritable que nourrissait Adam pour Mia. C'est si touchant, j'en avais des papillons dans le ventre (la première fois où ils sont partis camper, par exemple), et cela alimentait d'autant plus mon incrédulité et mon envie de savoir pourquoi, mais pourquoi, hein, Mia !?!

Lorsque les langues se délient, et les larmes coulent, c'est toujours aussi fort et aussi bon. C'est une délivrance pour tout le monde, mais ça ne signe pas le point final, au contraire c'est toujours si mouvementé, comme les montagnes russes, et ça continue, encore et encore, rien n'est jamais gagné, mais qu'est-ce qu'on reste scotché jusqu'au bout, le coeur débordant d'espoir. Je n'en dis pas davantage, mais Adam je t'aime d'amour. C'est tout.

Là où j'irai - Gayle Forman
Oh ! Editions (2010) - 280 pages - 16,90€
traduit de l'anglais (USA) par Marie-France Girod

Je rappelle un passage du livre précédent, parce qu'il dit tout et parce qu'il me donne les larmes aux yeux, rien que d'y repenser ... "If you stay, I'll do whatever you want. I'll quit the band, go with you to New York. But if you need me to go away, I'll do that, too. I was talking to Liz and she said maybe coming back to your old life would be too painful, that maybe it'd be easier for you to erase us. And that would suck, but I'd do it. I can lose you like that if I don't lose you today. I'll let you go. If you stay."
Gayle Forman (If I Stay)

Lu avec le casque sur les oreilles ... ce roman est également pétri de musique (du rock, du blues, du folk), j'adore !

 

Elle est partie pour la Juilliard School au début septembre. Je l'ai accompagnée en voiture à l'aéroport. Elle m'a dit au revoir, m'a embrassé. Et elle a déclaré qu'elle m'aimait plus que la vie même. Puis elle s'est avancée vers le portique de sécurité.
Elle n'est jamais revenue.

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28/10/10

Azilis : La Nuit de l'Enchanteur

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Quelques 370 pages plus tard, je repose le livre et je me sens complètement vide. La faute à cette fin qui me fend le coeur, qui me laisse lourde, malheureuse, déchirée et impuissante. Valérie Guinot est elle-même une enchanteresse, elle possède le don de nous envoûter par les mots, et croyez-moi, c'est une arme précieuse et redoutable !

Ce deuxième livre s'ouvre donc, et contre toute attente, sur la fuite de Ninian, le frère d'Azilis, qui s'échappe de son monastère, accusé de vol et de crime. Pendant une centaine de pages, nous en apprenons plus sur lui, et surtout sur son extrême sensibilité, le fait d'avoir été le jumeau d'une soeur exceptionnelle et vénérée par tous, de n'avoir jamais su trouver sa place ni d'avoir eu le sentiment d'être compris par les siens. Ninian a cherché un refuge, pensant le trouver dans la religion, mais le garçon s'est leurré.

Azilis, de son côté, mène une vie heureuse et épanouie auprès de Kian, à Ynis-Witrin. Arturus et ses compagnons y font une brève escale, essentiellement par amitié, même si cela va entraîner des complications et de violents remous. Paralysé par une entorse, le dux est contraint de prolonger son séjour à la villa, tandis que Caius et Kian rallient les armées pour reprendre la cité de Portus Adurni récemment assaillie par les Saxons. Myrddin en profite pour se rapprocher d'Azilis, renouvellant sa proposition de lui enseigner ses secrets. Cela sent le piège, la manipulation, la magie... Malgré elle, la jeune femme est ensorcelée, et ce qui ne devait surtout pas arriver arrivera. C'est triiiiste !!!

Cette série est superbe, belle, captivante, elle possède un charme fou, son pouvoir de séduction est implacable, à tel point que vous ressentez ce que les personnages éprouvent - colère, amertume, ivresse, fascination, chagrin et j'en passe. De plus, si vous ne l'aviez pas encore relevé, il y a une histoire cachée derrière l'épopée d'Azilis, une romance où s'enlace une légende, radieuse et invicible. Je pressens une issue qui me laissera un grand vide au ventre...

Encore un extrait ?

Les lèvres du barde ne se posèrent pas sur ses lèvres, comme elle s'y attendait, mais à la naissance de son cou. Sa bouche glissa lentement jusqu'au lobe de son oreille, qu'il mordilla, puis le long de sa mâchoire pour se poser enfin sur sa bouche qu'il effleura à peine.
La peau d'Azilis était parcourue de frissons.
" Cette grotte est glacée, se dit-elle en serrant contre elle les pans de son manteau. Je vais attraper... "
Sa pensée s'arrêta net lorsque Myrddin l'embrassa réellement. Il tenait son visage entre ses mains, à genoux devant elle, sans la serrer contre lui. Pourtant, le contact de sa bouche sur la sienne avait réveillé le sentiment de fusion entre leurs êtres qu'elle avait éprouvé quand ils chevauchaient le vent.
Le coeur d'Azilis s'affola, son souffle devint plus rapide et moins profond, elle s'accrocha aux bras de Myrddin pour ne pas chanceler.
Ce fut quand il cessa de l'embrasser qu'elle s'aperçut que ses mains n'enserraient plus son visage mais sa taille. Il relâcha son étreinte et termina comme il avait débuté, en laissant glisser ses lèvres du coin de sa bouche à la base de son cou.
- Merci, dit-il dans un souffle. Ce baiser mérite tous les sacrifices.

Azilis, tome 2 : La Nuit de l'Enchanteur - Valérie Guinot
Rageot (2009) - 380 pages - 15€
couverture : Stéphanie Hans

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25/10/10

Azilis : L'Epée de la Liberté

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Gros coup de coeur pour ce roman !
Il y a tout ce qu'on peut souhaiter rêver : l'aventure, l'amour, l'héroïsme, la trahison, la mort, la beauté, la magie, la folie, et j'en passe. C'est un premier tome annonciateur d'une trilogie passionnante, riche et intelligente ! Franchement, n'hésitez pas à vous faire plaisir et à découvrir ce pur moment de bonheur romanesque.

Nous sommes en Gaule, Azilis est fille de notable, elle est belle, riche, intelligente. Depuis son enfance, elle a bénéficié d'une éducation libre, coupée du reste du monde, élevée dans un cocon, par un père érudit et une mère que la mort viendra frapper trop tôt. Dès lors, la jeune fille perdra peu à peu ses repères, se sentira seule et préfèrera s'isoler en chevauchant les routes de campagne en compagnie de son esclave, Kian, ou à apprendre l'art de la guérison auprès de l'Ancienne de la forêt, Rhiannon.

De nouveaux bouleversements sont attendus, anticipés par le retour d'Aneurin, le cousin barde, qui revient de son long périple qui l'avait conduit jusqu'à Constantinople. Il est animé d'une flamme qui est proche de la folie, prétend posséder une épée taillée pour un Roi, Kaledvour, l'épée capable de faire saigner le vent. Azilis est fascinée, totalement admirative, boit ses paroles, tombe amoureuse, refuse l'autorité de son frère aîné qui veut la marier à un de ses amis proches, préfère prendre en main son destin, au prix de toutes les peines, tous les risques, mais l'aventure se mérite !

L'histoire est captivante, pas un temps mort n'est constaté, les personnages sont de toute beauté, on s'attache beaucoup à cet univers créé avec talent par Valérie Guinot. Je suis totalement sous le charme, absolument conquise, la suite n'attend plus que moi !

Un petit extrait, au hasard ...

Des larmes surgirent sans qu'elle puisse les arrêter.
Il la serra doucement, caressant ses cheveux. Ses doigts glissèrent le long de sa joue, descendirent dans son cou. Elle frissonna, s'abandonnant à sa tendresse. La douleur s'estompait, remplacée par une douceur étrange qui l'envahissait tout entière, coupait sa respiration. Elle ne pouvait détacher ses yeux de ce regard qui la fixait avec une telle intensité. Il avait le souffle court et elle sentait son coeur battre contre sa poitrine. Ils restèrent ainsi un long moment, comme en équilibre au bord d'un gouffre. Puis Kian plongea. D'un mouvement rapide, il la coucha sur le sol et l'embrassa.
C'était la seconde fois qu'un homme embrassait Azilis et ce baiser-là n'avait rien à voir avec le premier. Les lèvres chaudes de Kian ne provoquèrent en elle aucun dégoût. Au contraire. Sans se l'avouer, elle les avait attendues, espérées. Et ce baiser, le poids de Kian sur son corps, éveillaient en elle des sensations intenses que ses nerfs épuisés exaspéraient encore.
Elle ne résista pas quand les mains de Kian glissèrent sur elle, épousant ses courbes, faisant naître des frissons qui hérissaient sa peau. Elle s'abandonna aux émotions qui l'emportaient, bloquant l'accès à sa raison. Seuls existaient ces baisers, ces caresses, le sang qui battait dans ses veines à une vitesse folle.

Merci encore Anne, Alya & Bladelor !!!

Azilis, tome 1 : L'épée de la liberté - Valérie Guinot
Rageot (2007) - 426 pages - 16€
couverture : Stéphanie Hans

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20/10/10

Fièvre Fatale - Karen Marie Moning

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A la fin de FaeFever, nous avions laissé MacKayla dans une situation critique. Le début de Dreamfever (Fièvre Fatale) ne nous laisse entrevoir aucun espoir. La jeune femme n'est plus elle-même, le monde d'ailleurs a basculé dans l'horreur, le contraste est énorme. La Mac 4.0 dit non au rose et ne porte que du cuir, du noir et du rouge. Elle a juré de se venger et ne fait plus confiance en personne. Elle s'associe néanmoins avec Dani, la plus jeune des sidhe-seers vivant à l'abbaye sous la houlette de Rowena, et décide de provoquer la vieille dame pour la faire sortir de ses gonds. Il est fini le temps des palabres, il faut agir et chaque heure compte.

Avant-dernier tome de la série, Dreamfever a fait monter d'un cran la pression. L'atmosphère est sombre, poignante et angoissante. MacKayla est une femme écoeurée et meurtrie. Autour d'elle, ce ne sont que mensonges, trahisons et convoitises qui esquintent ses dernières défenses. Barrons cultive toujours ses secrets, les quelques incursions de Mac dans son esprit laissent apercevoir un passé troublant, n'auréolant guère de gloire les intentions du libraire. Il veut le Livre Noir dans un but égoïste, il est menteur et dangereux, Mac n'est pas dupe mais continue de collaborer avec lui car cela sert également sa propre mission.

Est-ce que leur relation évolue un peu ? Oui, et non. Elle atteint un pic d'érotisme au début, mais très vite le souffle retombe. Barrons va s'en tenir à des provocations gratuites face à une Mac qui ne se pardonne pas d'avoir été abusée. C'est frustrant, tout le glamour lâché dans FaeFever s'est fait la malle dans ce tome 4. Même V'lane reste désespérément absent, ou trop peu présent. Tout comme Christian MacKeltar.

J'ai conscience que ce livre est aussi un tournant dans la série et que l'action a été davantage privilégiée parce que le monde est tombé dans un chaos indéfinissable. J'ai bien aimé ce tourbillon, j'admire la nouvelle Mac prête à bouffer de l'unseelie pour les renvoyer en enfer, et pourtant je reste sur ma faim. Frustrée, en fait. Je préfère quand Mac est en compagnie des *hommes* de sa vie ou avec Dani, l'humour ou la séduction ont la part belle, tandis que Mac en solo ne songe qu'à sa guerre. Par contre, elle avance, elle fait des découvertes sur ses propres origines, tente d'approcher le Sinsar Dubh, souvent elle tombe mais c'est pour mieux se relever.

Encore une fois, le dernier chapitre est une tuerie qui nous fait pousser des cris d'horreur, ce n'est plus une nouveauté, KMM a beau glissé une note en fin de livre pour nous rassurer, elle sait se montrer particulièrement sadique et perverse avec nous.

Le dernier tome - Shadowfever - paraîtra en janvier 2011 pour la VO !

Les Chroniques de MacKayla Lane #4
Traduit de l'anglais (USA) par Cécile Desthuilliez
J'ai Lu semi-poche (2010) - 590 pages - 12€

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Posté par clarabel76 à 08:45:00 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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