07/01/13

"Well, she's not responding to my advances," he observed more brightly than he felt, "so she must be dead."

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Encore une réussite pour Cassandra Clare, qui a su me séduire avec sa série sur les origines de la Cité des Ténèbres. Ce n'était pas difficile non plus, puisque bon nombre d'éléments ont su me rappeler ce qui m'avait tant plu déjà. Car même si l'histoire se passe à Londres, au XIXème siècle, nous retrouvons les fondamentaux avec les chasseurs d'ombres, l'Institut, les runes, les créatures obscures, les personnages torturés, les secrets, les badinages amoureux, les liaisons impossibles... C'est follement passionnant, je l'avoue. J'ai été prise dans les filets au bout de quelques pages, pleinement séduite et avide de curiosité.

Au centre de l'histoire, nous découvrons Tessa Gray, orpheline de seize ans, qui vient de débarquer par le premier navire pour rejoindre son frère Nate, lequel aurait mystérieusement disparu, et ce sont les redoutables Sœurs Noires qui vont accueillir la jeune fille et l'initier à leur monde occulte. Tessa croisera aussi la route de William Herondale et de James Carstairs, deux chasseurs d'Ombres aussi dissemblables que le jour et la nuit. Will est impétueux, sarcastique et possédé par le démon, Jem est plus sensible, mystérieux et frappé d'un mal étrange. Ils vont être les remparts de Tessa, dont le caractère franc et frondeur risque bien de se heurter à des dangers qu'elle n'aurait jamais cru possible d'exister, elle aura de plus la tâche de sauver son frère, comprendre qui elle est vraiment et se débattre avec ses sentiments naissants pour un beau chasseur.

Peu de temps mort au programme, la mécanique est imparable : de l'action, un univers solide, des clins d'œil à perte d'horizon (Magnus Bane dans la place !), des répliques savoureuses, du suspense, des doutes et des trahisons... En somme, c'est une lecture habile et divertissante, car bichonnée avec amour et tendresse. L'effet est prenant et terriblement addictif ! Je suis tentée de lire la suite, déjà disponible en VO (Clockwork Prince).

L'Ange Mécanique, par Cassandra Clare
PKJ. novembre 2012 - traduit par Julie Lafon


22/12/12

Miséricorde, par Jussi Adler-Olsen

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Carl Morck est un enquêteur hors pair, mais une récente affaire l'a fait tomber dans une fusillade qui a coûté la vie à un collègue et scotché un autre sur un lit d'hôpital. Profondément meurtri et traumatisé, Carl tente de reprendre le boulot, où l'attend une étrange promotion. Un nouveau service vient en effet d'être créé, le Département V, qui consiste à traiter les affaires classées et jamais résolues. Une bonne planque, selon Carl. Or, on lui colle un drôle de zèbre comme assistant, un réfugié syrien du nom d'Assad, qui aime les boissons et pâtisseries trop sucrées et fait preuve d'un esprit particulièrement aiguisé en dépit de son apparente bonhomie.

C'est ainsi que Carl et Assad vont s'acharner sur le dossier d'une jeune et brillante politicienne, Merete Lyyngaard, disparue cinq ans plus tôt alors qu'elle était sur un ferry avec son frère. La construction du roman est plutôt habile, puisqu'elle nous propose une autre histoire en parallèle, au cours de laquelle nous suivons la jeune femme avant et pendant son kidnapping. Ambiance glauque, stressante et angoissante à souhait.

Même si au départ, Carl Morck nous apparaît comme un flic antipathique, avec un sens de l'ironie très prononcé et un caractère de mauvais cabot qui finit de le crucifier, j'ai tout de suite accroché au portrait de ce mauvais bougre, dont la petite vie personnelle n'est guère transcendante non plus. De toute façon, jamais l'auteur ne cherche à nous vendre du rêve et c'est ce qui a fini de me charmer ! Et comme je suis une inconditionnelle de la série Cold Case, avec Lilly Rush, j'avais donc de grandes chances pour mordre à l'hameçon. Certes, j'ai rapidement deviné l'issue de cette intrigue retorse et malsaine, et pourtant je n'ai jamais poussé le moindre soupir, d'ennui et de dépit, j'étais alpaguée, un peu à cran aussi et définitivement dépaysée. Les polars nordiques sont désormais ma nouvelle marotte !

Expérience de lecture en Audiolib : la voix de James Bond (version Daniel Craig) et 14 heures 34 de lecture / patience. :)

Miséricorde, par Jussi Adler-Olsen
Texte intégral lu par Eric Herson-Macarel - traduit du danois par Monique Christiansen
Albin Michel, 2011 / Audiolib, 2012

Grand prix des lectrices de ELLE policier - Prix du meilleur polar scandinave

Écoutez l'extrait lu par Eric Herson-Macarel

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18/12/12

Une chanson d'ours, de Benjamin Chaud

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Papa Ours s'est à peine installé pour son hibernation qu'il se réveille en sursaut. « Il sent un courant d'air froid là où il aurait dû sentir la chaleur du petit ventre de Petit ours. » Ce dernier a perçu le bzzz d'une abeille « drôlement en retard » passer à toute vitesse devant la porte de la tanière. Qui dit abeille dit miel, Petit ours le sait bien et hop hop hop il décide de la suivre...

La suite de l'aventure est drôle, entraînante, colorée et facétieuse. Le papa ira jusqu'à la ville, dans un théâtre, sur la scène d'un opéra pour tenter de retrouver son fiston. Les pleines pages de l'album sont d'ailleurs fourmillantes de détails, au travers desquels il faut traquer l'indice et la trace du fiston. C'est assez excitant pour qui aime se pencher sur ce genre de cache-cache. 

Et moi j'adore !!! J'adore aussi les illustrations de Benjamin Chaud, son ton, son humour, ses ours adorables, ses couleurs, son récit palpitant, semé d'embûches, avec des séquences rigolotes et un final étincelant ! C'est un fantastique album ... pour petits ET grands lecteurs, évidemment.

Hélium, octobre 2011

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14/12/12

“It is the first day of November and so, today, someone will die.”

“I say, 'I will not be your weakness, Sean Kendrick.'
Now he looks at me. He says, very softly, 'It's late for that, Puck.”

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Quel fabuleux roman ! Je ne m'attendais pas à ce qu'il me plaise autant, j'ai adoré chaque minute passer à le lire, c'était un moment sublime, déstabilisant mais mémorable. Rien n'indiquait que l'histoire allait m'embarquer à ce point, on y parle de chevaux surgissant de la mer, avides de sang et de viande, des chevaux sauvages et intrépides, mais des chevaux dont toute la communauté de Thisby est bougrement fière !

L'île de Thisby est également un cadre magnifique, c'est une île de pêcheurs, peuplée de gens simples et qui sentent le poisson, c'est un microcosme d'hommes et de femmes éprouvés par les pertes, mais qui gardent toujours la tête haute par fierté. C'est une question de principe. Cette terre, on l'aime et l'on l'accepte, sinon on part sur le continent à la quête d'une autre vie, plus riche, moins étouffante. Puck Connolly est une jeune fille qui a toutes ses racines sur cette île, jamais elle n'envisagerait de la quitter. Ses parents sont décédés, elle a grandi avec ses deux frères, Gabe et Finn, et tout commence lorsque l'aîné annonce son intention de partir.

Le monde de Puck s'effondre, par bravade elle annonce qu'elle va participer aux Courses du Scorpion, réputées dangereuses et réservées aux cavaliers émérites. Qu'importe, Puck est une jeune fille farouche et orgueilleuse, elle n'a cure des quolibets et s'inscrit avec sa jument Dove. Non seulement c'est la première femme à participer à une telle course, mais de surcroît elle se présente avec son cheval de la plaine, alors que ses concurrents chevauchent les terribles capaill uisce. Soit elle est folle, soit elle compte mourir.

Sur la plage, lors des premiers entraînements, Puck rencontre Sean Kendrick, le champion des dernières éditions. Il concourt sur le cheval le plus rapide de l'île, pour le compte de l'homme le plus riche de Thisby, mais le garçon est à un croisement des chemins lui aussi. Nul autre que lui n'a cette même connivence avec sa monture, c'est un type exceptionnel, passionné par les chevaux et la mer, neuf ans plus tôt son père a été tué sous ses yeux, depuis il est devenu un garçon solitaire, enfermé dans sa bulle, très sensible aussi et soudainement bouleversé par l'intrusion de cette Puck Connolly.

Le rythme du roman est assez lent, mais pas dénué d'intérêt, car tout se construit pièce par pièce. Le décor se plante, on découvre les moindres recoins de Thisby, fait connaissance avec sa population, on aime, on s'attache, on peste, et puis on s'amourache de cette tendre complicité qui s'installe entre Puck et Sean. C'est tellement touchant. Pudique et miraculeux. Avec leurs sentiments à fleur de peau, ils vivent une relation sans fausse note. Sans oublier leur combat vers cette course qu'on attend fébrilement, et qu'on vit tout aussi intensément. Ouhlala, cela faisait un bon petit moment que je n'avais pas eu l'occasion de lire un roman aussi magique et prenant ! J'ai même versé ma petite larme à la fin, pour dire combien j'étais à fond dans mon truc. Une telle communion avec son livre, moi j'en demande encore !!!

Sous le signe du Scorpion, par Maggie Stiefvater smileyc002
Hachette, coll. Black Moon (2012) - traduit par Camille Croqueloup

“That's a poor match, Sean Kendrick," says a voice at my elbow. It's the other sister from Fathom & Sons, and she follows my gaze to Puck. "Neither of you are a housewife."
I don't look away from Puck. "I think you assume too much, Dory Maud."
"You leave nothing to assumption," Dory Maud says. "You swallow her with your eyes. I'm surprised there's any of her left for the rest of us to see.”

“Shhhhhh, shhhhhh, says the sea, but I don't believe her.”

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13/12/12

Le temps du châtiment et des anges aux mains pures.

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Flic à la retraite, Lionel Kasdan reprend du service en découvrant le cadavre de l'organiste dans sa paroisse. Son collègue improvisé, Cédric Volokine, est un jeune inspecteur brillant, mais junkie en cure de désintoxication, venant tout juste de surgir du fond de sa cellule. A eux deux, ils forment une équipe de bras cassés, particulièrement cocasse, car l'un est désabusé et l'autre tout aussi cynique sur la condition humaine, l'esprit de noël, les crimes commis sur les enfants, les injustices etc. Face à eux, une sombre histoire mêlant une chorale d'enfants, un chant lyrique d'une pureté absolue, un contexte politique ahurissant, et je n'ose m'avancer davantage. Au fil des chapitres, j'étais interpellée par les nouvelles pistes, les révélations et les constats tous plus aberrants les uns que les autres. Il est vrai que parfois, la vérité est encore plus dérangeante ! C'était le premier roman de JC Grangé que je découvrais et je n'ai pas été déçue ! C'est une histoire noire, terriblement amère et désolante. Le narrateur qu'est Jacques Chaussepied a d'ailleurs tout saisi du moral abattu de nos protagonistes, le ton est accablant, le rythme glaçant... c'est carrément bluffant. Tout le monde est las des vicissitudes de l'espèce humaine, même l'issue nous met sommairement k-o. C'est probablement glauque, mais alléchant, et je renouerai bien vite avec cet univers obscur, notamment avec Kaïken

Miserere, par Jean-Christophe Grangé
éditions Albin Michel, 2008 / Audiolib, 2008
Livre audio 2CD MP3 638 Mo + 623 Mo -  Temps d'écoute : 17 heures 30

Écoutez l'extrait lu par Jacques Chaussepied


07/12/12

“Scared?" "You haven't lived until you go grave robbing.”

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Ari est une jeune fille paumée, ballottée de foyer en foyer depuis l'enfance, c'est une solitaire barricadée derrière sa carapace de dure à cuire. Elle doit à son physique hors du commun, des cheveux et un regard couleur de lune, le sentiment de ne pas appartenir au même monde qui l'entoure. C'est ainsi qu'elle entame des recherches sur ses origines, sa mère est morte, elle ne sait rien sur son père. Elle trouve un début de réponse dans un hôpital psychiatrique, de quoi lui filer les jetons, puis se trouve nez à nez avec un guerrier débarqué de nulle part et déterminé à lui faire la peau.

Ni une, ni deux, elle décide de se réfugier à New 2. C'est le nouveau nom donné à la Nouvelle-Orléans. La région vit désormais en totale autarcie, suite au déferlement des ouragans qui ont tout ravagé sur leur passage. Sa mère y aurait également séjourné, peu avant sa naissance. Ari cherche quelques pistes, fait des rencontres, s'incruste dans une vieille maison délabrée où se sont réfugiés des gosses débrouillards et particulièrement doués. Il y a comme des ondes fantastiques qui planent dans l'air, Ari est complètement déstabilisée.

Et puis elle rencontre Sebastian, un beau garçon au charme ténébreux, qui lui donne un coup de pouce, en plus de lui faire ressentir de nouvelles sensations. C'est délicieux, pas mielleux pour un sou. Et ça n'occulte pas la quête du savoir, de comprendre qui est Ari, de quelle malédiction sa famille semble marquée. Parce que c'est le point fort du roman, son ambiance envoûtante, nimbée de charme et de mystère. Le décor planté à la Nouvelle-Orléans est tout aussi fascinant, avec son folklore, son vaudou, ses spectres et ses excentricités. On frissonne, de plaisir et d'effroi.

Peu à peu on avance dans l'histoire et on découvre de nouveaux horizons, c'est surprenant, assez grisant aussi. Il faut dire que j'ai aimé ce livre dès les premières pages, et je n'ai jamais ressenti le moindre ennui par la suite. Tout me plaisait, tout m'enchantait et m'étourdissait. L'héroïne est une battante, mais ses errances sont nombreuses, justifiées, elles permettent de progresser dans le récit selon son rythme, sans brusquer, sans bondir, sans soupirer non plus. J'ai vraiment beaucoup aimé, autant pour le fond que pour la forme. Car c'est un roman qui ne cesse de nous balader en beauté, avec les froufrous des bals et du carnaval, sans pour autant masquer les ombres menaçantes, qui s'invitent à la fête et font craindre le pire. J'ai été pleinement enchantée par cette découverte, vivement la suite !

Le noir lui va si bien, par Kelly Keaton
Fleuve Noir, coll. Territoires, 2012 - traduit par Marie-Hélène Méjean-Bernaille

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29/11/12

♥ On est sauvages mais on s'aime. (Oui, encore !)

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Je vous présente Grignotin le lapin jaune et Mentalo la grenouille verte. Ce sont deux amis inséparables, qui vivent dans la forêt et partagent des petites aventures ordinaires, trempées dans l'humour. Je serais tout de même bien étonnée si vous ne connaissiez pas encore, car cette série figure parmi mes incontournables et elle vaut vraiment le coup d'oeil.

Esthétiquement, cela se présente comme un roman illustré, avec des dialogues aux couleurs distinctes, rouge pour Grignotin et vert pour Mentalo, ce qui permet aux enfants une lecture aisée et divertissante. C'est d'ailleurs l'une des grandes forces de cette collection, on trouve très peu de texte narratif, un ton vif et enlevé, des animaux aux expressions très marquées (Delphine Bournay nous régale !) et une ligne éditrice qui met à l'honneur l'amitié et l'entraide.

Ce grand livre n'est pas une nouveauté, il rassemble huit histoires déjà parues : Le chapeau, Les justiciers, L'invité, Le correspondant, Le Chinois, La cigale, L'inventaire et Les animaux sauvages. Cette série existe depuis 2006, à ce jour elle est composée de cinq romans. Et très franchement, chaque rendez-vous est incontournable. On trouve tout ce que j'aime dans cette lecture : c'est drôle, décalé et loufoque. Alors, comme c'est une coutume chez l'Ecole de Loisirs de réunir en un volume grand format les meilleurs titres de ses séries à succès, on profite de l'occasion pour faire plaisir à d'autres qui vont découvrir avec bonheur ce duo enchanteur.

Je précise, mais cela plaît à tous les âges ! 

Le Grand livre de Grignotin et Mentalo, par Delphine Bournay (Ecole des Loisirs, novembre 2012)

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19/11/12

“I should probably start with the blood.”

lumen

Brillante élève en latin, Nora Kane a rejoint le groupe d'études du professeur, le Hoff, qui travaille sur la traduction d'un Livre vieux de 700 ans. Contrairement à ses camarades, Chris et Max, Nora doit traduire les lettres de la fille de l'alchimiste Edward Kelley, et pense d'abord qu'il s'agit d'une besogne de second ordre. Puis elle réalise que la vie d'Elizabeth Weston, marquée par la tragédie, la trahison, la solitude et le dévouement envers son père et ses travaux, recèle davantage de richesse et de secrets. Nora est troublée, à tel point qu'elle dérobe une lettre qu'elle confie à son meilleur ami.

Le lendemain, Chris est mort. Sa petite amie Adriane est enfermée dans un asile. Max a disparu. Nora est seule, complètement sonnée, mais veut comprendre. Elle va donc mener son enquête, continuer à traduire des textes et des lettres, plonger dans le passé, se glisser dans la peau d'Elizabeth, partir à la recherche du Lumen Dei, une machine convoitée par des illuminés religieux, décoder des messages, se rendre à des rendez-vous clandestins, évaluer sa confiance envers ses proches, rencontrer de nouvelles têtes, éviter les pièges, échapper aux kidnappings, affronter la vérité, avaler son amertume, ne jamais faillir.

LUMEN est un thriller ésotérique palpitant, mené tambour battant, et baignant dans une ambiance sombre et pesante. J'ai tout de suite accroché au milieu universitaire, à la petite chapelle où se réunit le quatuor constitué de Nora, Chris, Max et Adriane, à leur histoire d'amitié et d'amour, aux silences angoissants, aux ombres qui rôdent et au mystère entourant le livre de Kelley et les lettres de sa fille Elizabeth. C'est une lecture efficace, qui se lit avec avidité, tant le rythme est soutenu, le suspense entier. L'immersion est immédiate, l'ensemble est vibrant, passionnant, pour une lecture brillante et intense. En somme, j'ai beaucoup aimé !

Lumen, par Robin Wasserman 
La Martinière J. (2012) - traduit par Maïca Sanconie

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09/11/12

L'histoire du soir #14 : Waterlo & Trafalgar, par Olivier Tallec

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Histoire sans paroles, mais quelle histoire ! Deux soldats sont en planque derrière un mur et épient les agissements du voisin. Ah, ah, on croirait un miroir et son reflet tant les deux bonhommes campent la même position, derrière leurs jumelles de surveillance. Sous la pluie, la neige ou par beau temps, ils ne bougent pas d'un pouce. Parfois ils se détendent et font ami-ami avec les animaux de passage (un escargot, un oiseau), ou écoutent de la musique, font un peu de gymnastique, se réchauffent en buvant une tasse de café (ou de thé ?). Absolument rien ne vient ébranler la quiétude et la vigilance de ces deux-là.

Mais ne vous y trompez pas, c'est particulièrement cocasse, le trait de crayon d'Olivier Tallec est espiègle et facétieux, il titille les manies, les tics et l'absurdité de la situation. Forcément on rigole, on oublie l'absence de texte, on se raconte notre propre histoire, on se régale des découpes dans les pages, on admire chaque pirouette et on aurait presque le culot d'en réclamer encore tellement c'était bon !

Waterlo & Trafalgar, par Olivier Tallec  (Père Castor, 2012)

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Où est passée Lola Frizmuth ?

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Lola est folle amoureuse de Tristan, qui vit actuellement au Japon où bosse son père. N'en pouvant plus d'être séparée de lui, et parce qu'elle a quelques démêlés avec des filles de son école, Lola prend le premier vol pour Tokyo et se présente la bouche en coeur devant la porte de son élu. Ce serait le plan idéal, à la place Lola est seule, paumée et doit échapper à une bande de Yakuzas qui cherche à lui piquer son téléphone !

Cette aventure complètement dingue démarre en fanfare, et j'avoue avoir bu du petit lait. Les péripéties de Lola sont invraisemblables et purement cocasses, totalement dépaysantes, et puis c'est très drôle, l'humour sarcastique de l'héroïne fait des merveilles, j'ai franchement accroché. La brochette des personnages secondaires est elle aussi croustillante, entre le gangster japonais qui rêve d'une retraite paisible en buvant une bière au soleil et en caressant son petit chat, ou le jeune stagiaire de l'ambassade, au look de premier de la classe, du genre coincé et peureux, qui a eu la malchance de croiser le chemin de la tornade blonde... Vraiment, on ne s'ennuie pas une seconde ! C'est frais, déjanté, actuel et mené à fond les ballons.

Où est passée Lola Frizmuth ? par Aurélie Gerlach
Gallimard jeunesse, coll. Scripto, 2012

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