29/08/11

"Tell freedom I said hello."

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Quel beau roman (oui, déjà par la couverture...) ! Je viens de refermer la dernière page et je suis encore sous le charme ! Je voulais prolonger la lecture, ne pas quitter Rhine et poursuivre sa quête à ses côtés. Que c'est noble, fort et brillant, bien que le fond soit dur et féroce aussi. Qu'est-ce que j'aime ce contraste ! C'est également une intrigue essentiellement basée sur de l'action lente et de l'introspection, cela confère un rythme nonchalant qui n'est pas pour me déplaire non plus.

Nous découvrons ainsi un monde ravagé où les jeunes gens sont condamnés à mourir très tôt (25 ans pour les garçons, 20 ans pour les filles). Dans ce climat de "Too young to die", au lieu de rendre la vie plus éclatante et plus belle, de la saisir à bras le corps parce qu'elle devient plus précieuse car éphémère, c'est tout le contraire qui se produit puisqu'il faut se terrer pour échapper aux kidnappings. Être du sexe féminin n'a d'autres valeurs que d'être une chose - sexuelle, pour la plupart des cas. 

Rhine, l'héroïne de seize ans, vit avec son frère jumeau à Manhattan. Depuis la mort tragique de leurs parents, c'est un combat quotidien pour se nourrir et survivre en évitant d'attirer l'attention. Mais la jeune fille tombera dans le piège : droguée, elle sera enlevée pour devenir une épouse d'un jeune gouverneur en Floride. Elle n'est pas seule, deux autres filles l'accompagnent - Cecily et Jenna. C'est un joli harem niché dans un manoir qui croule sous l'opulence, avec des jardins, des couleurs, des senteurs exceptionnels... mais ce décor en carton pâte masque une autre réalité. 

Dès l'instant où Rhine se réveille dans ce paradis factice, elle n'a qu'un seul désir : s'échapper. Elle met au point son plan d'évasion en simulant le bien-être et la félicité mais se fait rattraper par ses bons sentiments et sa compassion. C'est ainsi qu'elle se lie d'amitié avec ses soeurs épouses et s'attache à Linden, son époux affable. C'est un jeune homme rêveur, coincé dans une douce utopie, il est également totalement étranger au monde occulte mis en place par son père, le chercheur Vaughan (merveilleusement illustré par un serpent à sonnettes dans les cauchemars de Rhine, ça fait froid dans le dos mais c'est tout à fait ça !).

Finalement, j'ai trouvé un charme vénéneux à ce roman, parce qu'il est troublant mais envoûtant. Les relations transpirent le parfum de l'interdit, les sentiments amoureux ne sont pas sains (des jeunes filles s'amourachent de leur ravisseur), la frontière est mince entre l'acceptation et la répulsion. Entre l'admiration et l'horreur. Il est aisé de s'identifier à l'héroïne, de comprendre son tiraillement, sa résistance passive, sa frustration et son besoin de liberté. Facile de l'accompagner au cours des 350 pages en attendant le moment décisif - à quand le grand plongeon ?! Terrifiant, mais gratifiant. Dernière chose, j'ai apprécié qu'enfin un auteur tente de bousculer son jeune lecteur en abordant des sujets sensibles (polygamie, expérience génétique, comportement abusif et exploitation sans vergogne du corps féminin...). J'espère que les efforts ne seront pas vains, et que cela prouvera quelque part qu'il faut travailler dans ce sens. Pour l'heure, j'applaudis le tour de force !

Ephémère (Le Dernier Jardin#1) - Lauren DeStefano  smileyc002
Castelmore, 2011 - 350 pages - 12,90€
traduit de l'anglais (USA) par Tristan Lathière 


24/08/11

"If you ever want to hide from the world, live in a small city, where everyone seems anonymous."

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Quel beau roman ! Ariella, treize ans, vit à Saratoga Springs avec son père dans une grande maison de style victorien. Sa mère a disparu depuis sa naissance. C'est le sujet tabou. On ne trouve quasiment aucune trace d'elle dans la demeure, à part un livre de recettes ou une tapisserie de lavande. Les réponses à ses nombreuses questions demeurent évasives. En fait, le père d'Ari incite sa fille à réfléchir pour tirer elle-même ses propres conclusions. C'est lui aussi qui s'occupe de son instruction, il lui enseigne la littérature, la philosophie, tandis que Dennis, le meilleur ami de la famille, lui apprend les sciences. Ari vit dans un petit monde cloîtré, à l'abri de l'extérieur, elle est surprotégée et ne s'en plaint pas trop jusqu'à ce qu'elle fasse connaissance avec les enfants de Mrs McGarritt, leur cuisinière. C'est tout le contraire de ce qu'elle connaît, c'est coloré, bruyant, vivant. Ari est sous le charme, elle se lie d'amitié avec Kathleen, tombe amoureuse de Michael, et petit à petit cherche à remodeler son propre univers. Comprendre les secrets de son père, découvrir le pourquoi de la mystérieuse disparition de sa mère. Il faudra un drame, bien moche, pour qu'elle décide de tout quitter. 

C'est un roman sombre et fascinant, qui se passe dans un monde de vampires, sans surfer à fond sur la vague. L'ambiance est classique, très belle, gothique surtout dans la première partie, durant laquelle on suit une héroïne empruntée, qui découvre peu à peu ce qui l'entoure, ce qui nous permet de nous familiariser au même rythme à son histoire. C'est franchement réussi ! La partie où Ari s'échappe dans le Sud est un peu moins captivante, trop calquée sur le modèle de Kerouac (la lecture de "Sur la route" a clairement influencé l'héroïne), et c'est enfin dans la troisième partie qu'on renoue avec les secrets d'intrigue vampirique, bref c'est très original, d'une grande qualité littéraire, avec un certain charme vaporeux, et une héroïne qui paraît plus que son jeune âge, très forte et pleine d'élégance. J'ai été totalement impressionnée par ce livre, cela n'a rien à voir avec ce qu'on trouve actuellement, ici les vampires sont cultivés et érudits, aiment parler littérature et poésie, s'intéressent à la science et se mêlent de politique. La Société des S est une association secrète réunissant ceux qui ont choisi de révolutionner le genre (ne plus mordre pour boire le sang), je n'en dévoile pas davantage, même si je pense que ce premier tome ne fait qu'effleurer le sujet et que la suite promet de développer davantage cette belle idée. En fait, il s'agit cette fois d'un roman sur l'apprentissage de la vie et du passage à l'âge adulte, au bout des 400 pages Ariella aura appris et choisi, mais ceci est une autre histoire... 

Le deuxième tome paraîtra en novembre 2011 : Le Temps des Disparitions

La Société des S - Susan Hubbard  smileyc002
L'école des loisirs, 2011 - 412 pages - 16,80€
traduit de l'anglais par Marion Danton
illustration de couverture : Sereg 

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18/07/11

La fiction s'insinue dans la réalité comme des racines qui font craquer le revêtement d'un trottoir.

L'histoire suivante se passe au pensionnat Biriozy, près de Novgorod, où trois camarades de chambrée, Pénélope, Ludmila et Sanouk, suivent leurs études entre ennui et torpeur. C'est alors qu'arrive leur nouveau professeur de littérature, Anton Mordiev, qui leur confie un petit livre qui va tout faire basculer. Les filles décident de se faire la lecture tous les soirs, dans leurs lits, et aussitôt se prennent de passion pour la découverte de la civilisation nénètse, un petit peuple qui vit de l'élevage de rennes au-delà des Monts Oural. Mais cette lecture n'est pas du goût de tous, car la sous-directrice, Olga Petrovna, leur confisque l'ouvrage avant de procéder à des mesures plus radicales. 

En quelques 200 pages et des brouettes, et avec une élégance très appréciable, Anne Bouin a tout saisi de la subtile balance entre le divertissement, la beauté et le charme d'une rencontre. Elle nous livre un roman incroyable, d'une force rare, et qui renoue avec l'art de raconter une histoire. Et ce qui est étonnant, aussi, c'est la richesse de l'intrigue et tout ce qu'il est possible d'impliquer, d'imaginer, de dénoncer. Et puis c'est drôle, l'amitié entre les filles est espiègle, sincère et rafraîchissante, il y a aussi du suspense, beaucoup de poésie, quand Sanouk découvre une petite feuille de bouleau entre les pages du livre, elle ressent, plutôt qu'elle ne comprend, que la lecture de l'ouvrage sera capitale pour elle. Et c'est enfin grandement dépaysant, l'histoire se déroulant en Russie, nous nous baladons alternativement entre les murs du pensionnat austère, dans la très coquette isba bleue de la babouchka de Sanouk, ou sous un tchoum, à se réchauffer sous une peau de renne. Bref, j'ai été totalement sous le charme, plus qu'enchantée par cette première approche, qui se poursuit avec Un été sibérissime.

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Les vacances d'été réservent à nos trois héroïnes, Pénélope, Ludmila et Sanouk, des retrouvailles avec leurs familles respectives, sans se douter qu'une nouvelle fois les aléas de la vie vont les réunir pour se serrer les coudes au nom d'une cause commune. 

Ce deuxième épisode n'a rien perdu de son charme, de sa fraîcheur, de son dépaysement. Les premiers chapitres nous offrent même une impression de nonchalance estivale, mais il ne faudrait pas s'y tromper, car l'histoire reprend ses droits et nous plongeons alors dans un roman qui mélange l'aventure, l'espionnage, la mafia et même les premiers émois amoureux... Sincèrement, c'est toujours aussi beau, doux et élégant. L'ensemble paraît plus dynamique, synchronisé comme un ballet russe qui s'enflamme. On vit au rythme des personnages, de leurs palpitantes aventures, on tremble face aux dangers, on oublie le monde qui nous entoure, on prend fait et cause pour protéger la culture nénètse, et on aime jusqu'aux méchants, qui peuvent se révéler attachants à leur façon. Vraiment, ce fut une lecture chaleureuse, enivrante, simple et parfaitement efficace, et j'ai très envie de retrouver tout ce petit monde le plus vite possible ! 

Petite Feuille Nénètse (Médium, EdL 2009) & Un Eté Sibérissime (Médium, EdL 2011) - Anne Bouin
illustration de couverture : Rascal   smileyc002

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01/07/11

Croquer Big Apple à pleines dents

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C'est l'été et Carrie débarque à New York pour suivre un séminaire d'écriture. Son rêve se réalise enfin ! Après quelques déboires pour se loger, elle s'incruste chez Samantha Jones, alors fiancée à un passionné de base-ball et bossant comme une dingue dans la publicité, puis fait la connaissance de Miranda Hobbes, en pleine manifestation contre la pornographie devant un grand magasin. Eh oui, tous ces noms ne vous sont pas inconnus, fans de la série que vous êtes ! 

Qu'est-ce que c'est drôle, d'ailleurs, d'imaginer nos nanas dans les années 80 ! Carrie est encore au stade de wannabe, elle est de toutes les soirées, rencontre du monde, tombe amoureuse d'un dramaturge célèbre, bosse sur sa pièce, décroche une lecture publique, assure sa promo, prend la grosse tête, renie ses racines, se fâche avec sa meilleure amie de Castlebury, ne reconnaît plus son père, se plaint des hommes, de l'amour et du sexe. Les fondamentaux prennent racine !!! 

Avouez que, franchement, tous les ingrédients sont là, rendant la lecture savoureuse, légère et divertissante ! C'est vintage dans l'âme, mais tellement frais aussi. On parcourt les 488 pages avec facilité, bonheur, grisé par la nostalgie et les retrouvailles avec Carrie Bradshaw et ses copines. Et puis New York, tout simplement...

Summer and the City - Candace Bushnell
Albin Michel, coll. Wiz, 2011 - 488 pages - 18€
traduit de l'anglais (USA) par Valérie Le Plouhinec 

17/06/11

"People talk about nature as a mother, but to me she's always been Medea, ready and willing to slaughter her children."

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Premier tome d'une série qui s'annonce originale, riche, instructive et ... addictive !
Joanne est au volant de sa voiture et fuit la Floride pour retrouver Lewis. Qui est Lewis ? (Un ancien copain de formation.) Pourquoi se sauve-t-elle ? (Elle serait suspectée de meurtre.) Cela démarre sur les chapeaux de roue ! Toutefois, ne vous emballez pas, car l'histoire se dessine progressivement, par flashbacks essentiellement. Et c'est donc petit à petit que l'intrigue prend forme, de quoi chatouiller ma curiosité, mais c'est un procédé efficace car je ne suis pas mécontente de ce qui se dévoile.
L'univers de Rachel Caine est nouveau - il est question de gardiens des éléments (eau, ciel, terre, feu), d'hommes et de femmes chargés de contrôler les caprices de Mère Nature, qui chercherait à anéantir l'humanité. Joanne fait donc partie de cette organisation, elle possède de sacrés pouvoirs, ce qui finalement ne lui attire que des ennuis !
Je ne vous résume pas son histoire, après tout c'est encore mieux de la découvrir par soi-même. Quoi qu'il en soit, c'est prenant et perpétuellement alimenté en nouvelles indications qui donnent l'impression que le rythme est trépidant. Joanne est une héroïne avec laquelle il est impossible de s'ennuyer - elle jure, elle peste, elle rage, elle s'emporte, elle est facilement incontrôlable, elle n'est pas idiote, elle panique à juste titre, elle se pâme aussi pour les beaux garçons et elle aime les voitures de course...
En chemin, elle rencontre un auto-stoppeur aussi. Soupirs.
C'est juste un peu sexy sans être vulgaire, et c'est très bien. La fin aussi est pertinente, elle annonce un deuxième tome qui s'engage sur un sujet déjà aperçu entre ces pages, et qui promet d'être captivant. Globalement, c'est vraiment différent des autres lectures "fantastiques" du moment (et, à mon goût, meilleur que la série des Morganville Vampires de la même Rachel Caine).

La Maîtresse du Vent (Les gardiens des éléments #1) - Rachel Caine
Editions Eclipse, 2010 - 347 pages.
traduit de l'américain par Marianne Audouard

Note concernant l'édition française : les pages du livre se décollent ! C'est décevant.

MERCI ANNE !


13/06/11

"You don't have to do those things. You don't have to become a hero, Seth."

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C'est le troisième livre de la série, et je suis définitivement sous le charme. Quel univers. Melissa Marr peut s'enorgueillir d'avoir créé un monde fascinant, où les amours sont désespérées, les passions contrariées, la mélancolie omniprésente, les confiances bafouées, les secrets inavoués. Tout ceci rend l'atmosphère sombre, déchirante mais belle et touchante ! Je suis conquise.

Aislinn est partagée entre son amour pour Seth et son devoir de reine auprès de Keenan. Celui-ci cherche à la séduire, insidieusement. Il a accepté la relation qu'elle entretient avec son mortel, car il a conscience de sa fragilité. En échange, il renoue avec Donia, laquelle est une femme blessée, torturée par son attirance, son amour et ses devoirs. Ce qui est incroyable dans cette série, c'est que tout le monde se connaît de façon très intime mais se trouve désormais coincé dans des voies sans issue, l'imbroglio sentimental donne du fil à retordre et exacerbe désir, soif de vengeance et conquête de l'impossible. La paix entre les cours semble donc précaire, elle ne tient qu'à un fil.

Seth est jaloux, au fond de lui il ne supporte pas de partager sa dulcinée, il n'est pas aveugle des agissements sournois de Keenan, cette tension prend racine et le garçon veut agir et ne plus observer. Son ami Niall tente de le raisonner, en le plaçant sous sa protection, il titille le roi de l'été, mais Keenan s'en sert à bon escient. Le schéma qui s'établit entre chaque personnage est troublant, fascinant. Toute cette vicissitude donne lieu à une intrigue encore plus désespérante, les conséquences s'accumulent et repoussent toujours plus loin la frontière entre la tolérance et la provocation, et avivent la discorde. Au centre, l'impossible Bananach joue son rôle de folle avec superbe, elle a soif de sang, elle chatouille les faes et les mortels, ce qu'elle veut, nul doute qu'elle l'obtiendra !

Vous n'en pouvez plus des lectures trop romantiques parce que trop mielleuses ? Révisez votre jugement en découvrant cette série, même si le premier tome laisse perplexe, la suite n'aura de cesse de vous surprendre pour mieux vous plaire. J'aime beaucoup son charme langoureux, me délecte de son écheveau d'intrigues et suis subjuguée par la personnalité trouble et complexe des protagonistes. De plus, l'auteur ne cède jamais à la facilité, même la fin déjoue toutes les attentes, c'est fort et magnifique, comme j'aime ! Encore deux tomes avant la conclusion.

Ne jamais t'embrasser (Wicked Lovely #3) - Melissa Marr  smileyc002
Albin Michel, coll. Wiz, 2011 - 427 pages - 15€
traduit de l'anglais (USA) par Blandine Longre

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06/06/11

Être en vie, ça signifie parfois prendre des risques.

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J'avais besoin de changer d'air, après avoir brassé pas mal de lectures qui touchaient à des univers de dystopie (souvent sombres et oppressants), j'avais envie d'une histoire plus légère et distrayante. Mon voeu a été exaucé ! Le roman d'Alexandra Bullen est simple, romantique et touchant, j'ai passé un très bon moment en sa compagnie.

Olivia est une adolescente solitaire, qui souffre de l'absence de sa soeur jumelle, Violette, disparue trop tôt l'été précédent. Toute la famille a bousculé ses projets en s'installant à San Francisco pour fuir les souvenirs mais l'ambiance reste morose. Un peu par hasard, Olivia se retrouve dans la boutique d'une couturière qui lui promet une robe, puis deux autres, quand la jeune fille va découvrir qu'elles peuvent réaliser trois voeux. Aussitôt la vie d'Olivia va connaître un bel enchantement et sous l'impulsion du fantôme de sa soeur (oui, oui) elle va dépasser ses limites, affronter sa timidité, s'ouvrir aux autres, se faire des amis, tomber amoureuse (ah ! Soren...), prendre des décisions et assumer ses choix (briser une amitié naissante ou faire confiance aux battements de son coeur).

Sans mentir, c'est aussi bon qu'un roman de Sarah Dessen, le cadre de San Francisco est juste idyllique, ça donne envie de tout plaquer pour explorer la ville (sous la houlette de Soren), il règne aussi une ambiance bobo-chic qui n'est pas du tout agaçante, c'est dire comme le charme opère instantanément. A signaler, la petite touche fantastique (la magie, les voeux, le fantôme, etc.) est purement décorative car il s'agit davantage d'un roman sur le deuil et la reconstruction. C'est même extrêmement touchant de suivre le parcours d'Olivia et sa famille, au bord de la rupture, incapables d'avancer parce qu'ils sont encore trop englués dans le passé. En somme, voilà un livre sans prétention, où le charme et la fraîcheur sont une garantie de pur divertissement, et qui n'a pas volé son titre de conte de fées moderne.

Fais un voeu - Alexandra Bullen
Michel Lafon, 2011 - 317 pages - 14,95€
traduit de l'anglais (USA) par Josette Chicheportiche

26/05/11

Rouge Rubis #1

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J'ai trouvé ce premier tome absolument captivant, et dès le départ j'ai été embarquée par son atmosphère délicieusement excentrique et mystérieuse. C'est l'histoire de la famille Montrose, de leur grande demeure de Berkeley Square et de tous leurs petits secrets qui se lèguent à travers les générations et que semble aujourd'hui partager Charlotte, la cousine de Gwendolyn (notre sémillante narratrice). Les deux filles sont en tout point différentes, l'une rousse, consciencieuse et douée pour les études, l'autre brune, étourdie, assez cruche et immature, ne jurant que par la pop culture (elle approfondit ses leçons en visionnant des tonnes de films et de séries tv !).

Toutes deux ont seize ans, Charlotte a depuis sa naissance été désignée comme étant "porteuse du gène" (celui de voyager dans le passé) et a reçu une éducation stricte et guindée pour "accomplir son destin". De son côté, Gwendolyn observe, commente, se moque avec gentillesse. Elle a bien assez avec ses propres visions (des esprits fantômes) et sa famille ne la prend pas au sérieux. Puis survient ce que personne n'attendait - ce n'est pas Charlotte qui s'évapore dans les airs, mais Gwendolyn ! C'est elle, l'ultime voyageuse, ce qui bouleverse toutes les données.

A partir de là, le lecteur plonge dans les longues explications et nous découvrons les arcanes du cercle privé formé par les Veilleurs. Comme Gwendolyn nous absorbons les révélations, les découvertes, accumulons le plus possible d'informations sur le chronographe, les voyages dans le passé, la motivation du comte de Saint-Germain et pourquoi deux autres voyageurs ont brutalement disparu en volatilisant la machine. Heureusement, ce premier tome ne se contente pas de poser les bases (même s'il est bien obligé de passer par là), il distille aussi les informations précieuses sur l'intrigue qui se tisse avec subtilité.

C'est un monde nouveau, peut-être fascinant et excitant, mais finalement dangereux et hypocrite. Nous le réalisons aux côtés de Gwendolyn, une héroïne charmante, sans retenue, qui prend la mouche dès que son nouveau partenaire de voyage la déconsidère avec hauteur. Gideon de Villiers est l'homologue de sa cousine Charlotte, il est prétentieux et autoritaire, se méfie de Gwendolyn (ce n'est pas de sa faute, sa mère a été complice des agissements du couple qui a disparu, et depuis les Veilleurs mettent en doute l'apparente naïveté de l'adolescente). Fort heureusement, leurs chicaneries apportent du piquant et font de ce couple improbable un duo irrésistible !

Que demander de plus ? Nous avons une ambiance londonienne, une richesse historique, des bonds dans le temps, des personnages attachants et drôles, des méchants et des gentils à n'en plus savoir, une réelle intrigue, généreuse et qui s'étoffe au fil des chapitres, beaucoup de mystères et de l'humour... Cette mise en bouche met véritablement en appétit ! Vivement la suite.

Rouge Rubis - Kerstin Gier  smileyc002
Milan, 2011 - 336 pages - 13,90€
traduit de l'allemand par Nelly Lemaire

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21/05/11

"I gather you have a problem working with a psychic. Believe me, I don't like working with a jackass any better."

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Ce roman est vraiment très, TRES bon ! L'histoire se passe dans une station balnéaire près de Cape Cod où vit Claire. Sa famille est réputée cinglée, parce que sa mère est télépathe, son frère médium et elle est extralucide. Ils vivent honnêtement de ce commerce, et à part les moqueries balancées par ses camarades d'école, Claire ne souffre pas davantage de passer pour la freak du lycée. Ce sont les vacances d'été, les affaires peuvent reprendre. Or un crime vient d'avoir lieu : le corps d'une touriste a été retrouvé dans la chambre du motel. Claire est sollicitée pour apporter son aide et travailler en équipe avec le fils du nouvel inspecteur. Gabriel est canon, Claire ne le cache pas, sauf qu'entre deux l'entente n'est pas au beau fixe depuis que le garçon n'a pas dissimulé son mépris vis-à-vis de son don.

Claire a très envie de s'investir dans l'enquête, car elle vient de découvrir que son propre frère avait été le dernier à avoir vu la victime en vie. Elle va tout faire pour le protéger, quitte à mentir et doubler d'efforts pour trouver des indices et arrêter le coupable. A la place, ce sont les cadavres qui vont se multiplier. Le maire lui-même devient tendu, mais ne veut pas retirer sa confiance placée dans l'ex-petite copine de son fils. Justin, le premier grand amour de Claire, en pince toujours pour elle et regrette de l'avoir blessée car elle refuse de lui pardonner et se comporte avec lui de façon détestable.

L'auteur a tout compris des codes de l'intrigue policière : la dynamique, le suspense, les rebondissements... tout y est. On mord vite à l'hameçon, on gobe ce qu'on veut bien nous donner, on doute aussi et on pense avoir tout compris, oui et non, on se fait pas mal embobiner tout de même. Bref, ça se lit en un clin d'oeil. La narratrice est une nana pétillante, avec du tempérament, qui tient tête aux garçons qui l'entourent (c'est loin d'être la pénurie côté potentiels !). Tous les clichés sont délectables, ça ne manque pas d'humour non plus, autant dire que j'attends la suite des réjouissances avec impatience !

Visions - Kim Harrington
Seuil (2011) - 270 pages - 14€
traduit de l'anglais (USA) par Laure Manceau

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03/05/11

Réel ou pas réel ?

(...) Rien n'indique que l'amour, l'attirance ou même la compatibilité de caractère pèseront dans ma décision. J'examinerai simplement ce que chacun de mes compagnons potentiels aura à m'offrir. Comme si, au bout du compte, tout se ramenait à la question de savoir qui du boulanger ou du chasseur saura me garantir la plus grande longévité. C'est horrible à dire de la part de Gale, et horrible à laisser dire de la part de Peeta. Surtout quand on sait que la moindre de mes émotions a aussitôt été récupérée et exploitée par le Capitole comme par les rebelles. Si je devais trancher maintenant, le choix serait simple. Je survivrais très bien sans aucun des deux.

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Vous ne serez jamais assez préparés pour encaisser le choc de cette lecture : troisième et dernier tome de la série Hunger Games, La Révolte surpasse les attentes les plus folles et Suzanne Collins n'hésite pas à nous servir un roman sans concession. C'est dur, douloureux, déprimant, violent, révoltant et plus encore. L'émotion est présente à chaque page car enfin la rébellion est en place. Katniss, l'héroïne, devenue le symbole du peuple oppressé, n'est pourtant plus que l'ombre d'elle-même, cassée moralement, doutant de chaque implication de ses paroles et gestes, mise en scène et manipulée par tous. C'est vous dire comme c'est fort et inattendu... La couverture d'un bleu représentant l'espoir n'est pas anodine, Katniss va s'arracher de ses chaînes pour obtenir sa liberté, mais à quel prix ! ? J'ai lu le roman en VO sitôt sa parution (fin août 2010), j'avais le coeur lourd au moment de tourner la dernière page, j'étais pleine d'amertume (et je le suis encore un peu) car ce livre est tout simplement bouleversant. Les mois ont passé et je n'ai pas su l'oublier. Aujourd'hui, même sa version française me fait frissonner et me rend la tête lourde. J'ai relu tous les passages les plus éprouvants, les plus renversants et de nouveau j'ai vibré au rythme du Mockingjay - le geai moqueur. C'est captivant, mais frustrant aussi. Bien des moments vous échapperont, vous feront hurler de dégoût et d'incompréhension. Mais c'est ce qui élève cette série au rang de rendez-vous exceptionnel et inoubliable. Mon coeur s'est à jamais perdu dans le District 12...

Hunger Games, tome 3 : La révolte - Suzanne Collins
Pocket jeunesse (2011) - 415 pages - 17,90€
traduit de l'anglais (USA) par Guillaume Fournier

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