07/09/10

En poche ! #31

Ker Violette de Karine Fougeray avait été  pour moi un GROS COUP DE COEUR (éditions Delphine Montalant, 2008).

Le roman est enfin en poche !

ker_violette  10 heures du matin. Du kir-champagne dans une bolée de cidre. Au fond d'un bar breton, ils sont deux face à face. Lui, c'est Félix, marin, pêcheur, artiste. Elle, c'est Clara. Elle n'est pas d'ici. Plus d'ici. Un homme qui peint des rascasses et une fille qui cherche son cheval...  Clara ne pense qu'à cela, ne rêve que de cela. Retrouver Prince. Refaire le chemin. C'était il y a longtemps mais rien n'est oublié. D'abord : aller voir Martreux, le maréchal-ferrant sourd-muet. Lui, saura. Et ensuite ? La vie, la mer. L'Irlande, une vieille pension bretonne, des lettres d'amours, des histoires de marins et l'odeur du varech... Parce que, parfois, la vie se cabre, à 36 ans, Clara n'a plus que son cheval en tête. Pour se remettre en selle...

=) C'est un roman qui parle d'amour, mais vraiment un amour mirifique, hors du commun, qui dure depuis des lustres. C'est un feeling, une émotion pure et instantanée, un électrochoc, le genre qui file une décharge sitôt qu'on se frôle... C'est l'histoire d'une tristesse, d'un abandon, d'un deuil, d'un chagrin. C'est aussi un énorme silence, un poids qui dure et qui s'encroûte avec les années. C'est une rencontre éblouissante, deux âmes qui s'unissent, une communion, un déchirement. Dans ce livre, aussi, on respire l'air de la mer, on boit beaucoup de champagne, on sent l'eau de cologne de Guerlain, une odeur surannée de violette. La mer, encore, on la maudit, on l'admire, on court après, on s'y baigne nue. On la traite de tricheuse, de menteuse, de mante religieuse. Mais la mer n'est pas tout. La mer, ou la mère ?

Pocket (septembre 2010) - 5,90€ 
NB : La couverture originale était mille fois plus jolie !

Encore un COUP DE COEUR, mais dans un registre tout à fait différent : Darling Jim de Christian Mork.

Darling_Jim    Il est arrivé un jour à Castletownbere, Irlande. Tout en lui respirait la force, la beauté. Le bruit de sa moto l'annonçait de loin. Et personne en ville, depuis, n'a oublié Jim. Darling Jim. Le raconteur d'histoires, l'amant merveilleux : les hommes l'admiraient, les femmes l'adoraient. On écoutait sans se lasser sa vieille légende celtique, toujours la même : celle du loup qui, devant sa proie, hésite. Aimer. Ou dévorer. Sombre et sauvage histoire qui décidera de celle des soeurs Walsh. Tombés dans les mains d'un innocent facteur, leurs journaux intimes révéleront tout le bruit, la fureur, l'horreur d'une passion perverse. Des cadavres, des haines et des vengeances de femmes rendues folles par un faux prophète, un loup, déguisé en brebis, l'irrésistible, l'inoubliable, l'impitoyable Jim...

C'est un roman qui nous promène d'un chemin à un autre, sans jamais nous perdre, le narrateur veille et nous pousse gentiment vers le sentier qu'il souhaite nous voir emprunter. Et ça fonctionne plutôt bien, on mord à l'hameçon. Une fois ouvert ce livre, on ne peut plus le refermer ! Et l'écriture est sensuelle, brillante, étourdissante. C'est un livre à plusieurs facettes, qui vous raconte une histoire d'amour, de danger et de tristesse. Une histoire qui donne la chair de poule. Une histoire un brin fantastique, avec des contes et légendes qu'on imagine se raconter au coin du feu ou avec une lampe de poche sous une tente ! Pour frémir de plaisir.

Pocket (juin 2010) - 7,30€


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26/08/10

Rouge

Pour avoir énormément apprécié Graceling de Kristin Cashore, j'attendais avec impatience de lire son deuxième livre, Rouge (en VO : Fire). Las, j'ai été un peu déçue, surtout par le début. C'est lent et compliqué, Kristin Cashore nous plante un nouveau décor, d'autres personnages, on parle de monstres à la beauté chatoyante, bref c'est assez inattendu mais ça ne manque pas d'intérêt.

 

rouge_kristin_cashore

Rouge, notre héroïne, est aussi une femme-monstre, elle possède une beauté étourdissante, qui attire les convoitises, les jaloux, les haines, etc. Son père était un monstre sadique et cruel, qui a connu une fin horrible. Aujourd'hui, Rouge porte encore le fardeau d'être sa fille. Elle tente de faire le bien ou de se tenir à distance. Elle vit chez l'ancien commandant du roi, dont le fils Archer est fou amoureux d'elle. Un jour, Rouge est invitée par le roi Nash à rejoindre sa cour pour leur prêter concours. La jeune femme est télépathe, elle peut lire les esprits et les manipuler pour obtenir ce qu'elle désire. Le pouvoir du roi est en effet menacé, d'autres seigneurs semblent complotés dans l'ombre, le jeune roi et ses proches veulent les espionner grâce au don de Rouge.

Escortée par Brigan, le commandant en chef et le frère de Nash, Rouge se sent oppressée, incomprise. Le prince la déteste, son statut de monstre à la chevelure de feu rend leur périple ardu et dangereux, et le voyage s'éternise. Pour le bien de tous, finalement, car Brigan et Rouge vont apprendre à mieux se connaître et s'apprécier. Les sentiments amoureux naissent très timidement, nos deux protagonistes ayant des âmes torturées souffrent silencieusement et sont devenus amers. Ils ont été nourris de haine, de rancune, de frustration et de tristesse. Ils ont les ailes cassées, et puis la guerre est aux portes de la ville, il n'est guère temps de batifoler.

J'ai été surprise par le ton de ce roman, il est très mélancolique et met davantage en avant les tourments des personnages. L'intrigue repose longtemps sur du statu-quo, on assiste aux préparations d'un conflit sans pitié, et au centre Rouge se débat avec ses propres atermoiements. S'il fallait comparer la jeune femme à Katsa, ce serait le jour et la nuit ! Rouge est meurtrie, tout le temps triste, elle traîne un spleen qui ne se guérit pas, elle est vraiment très sensible. Et c'est ce qui pèse sur la lecture, cette sensation de morosité qui s'écoule au fil des pages. Au-delà de cela, c'est un très bon roman, avec une véritable identité, un univers riche et captivant, dicté avec intelligence, et où toutes les pièces se mettent en place avec beaucoup de virtuosité. Je suis impatiente de lire le prochain tome, Bitterblue !

Rouge ~ Kristin Cashore
Hachette (2010) - 423 pages - 18€
traduit de l'anglais (USA) par Raphaële Eschenbrenner

Fantasy Reading challenge 13 / 20

 

23/08/10

Le Poison Ecarlate

le_poison_ecarlate

J'ai reposé mon livre, non sans regret. Je n'avais vraiment pas envie de quitter Elena, cette parfaite héroïne qu'on découvre, au début, abusée, bafouée, meurtrie. Accusée de meurtre, elle doit son salut au conseiller du Commandant, un dénommé Valek, qui la charge de devenir la goûteuse en titre. Mais Valek est un rusé, et pour s'assurer son service, il n'hésite pas à empoisonner la jeune femme, en échange d'un antidote avalé quotidiennement et qu'il est le seul à posséder. Elena, donc, apprend son métier. En même temps, elle va se forger une carapace, apprendre à se défendre, dompter ses peurs et affronter ses fantômes. Petit à petit, on découvre son passé et ses épreuves. Maria V. Snyder nous offre là un vrai portrait d'héroïne forte et fragile, immédiatement on s'attache et on éprouve beaucoup d'empathie et d'affection.

L'intrigue, également, est habile, palpitante et pleine d'action. Dans ce monde aux allures moyenâgeuses, la magie a été proscrite. Or, d'étranges phénomènes apparaissent et semblent affaiblir le pouvoir du Commandant. Parce qu'Elena elle-même est souvent menacée de mort par ses ennemis, elle se trouve associée à Valek pour venir en aide à leur chef et déjouer un monstrueux complot. A l'issue de ce combat, Elena trouvera sa place mais au prix d'autres sacrifices. C'est sincèrement captivant, avec une part de romance qui ne tombe jamais dans le mielleux. D'ailleurs, par certains aspects, j'ai trouvé que ce monde était proche de Graceling de Kristin Cashore. Du moins, Maria Snyder a su rendre son héroïne et son histoire plus humaine et sensible. Ici, les émotions ne manquent pas, et en même temps on ne s'ennuie pas un instant tant l'action est menée tambour battant. De plus, on ne fait pas dans la dentelle, les crimes, empoisonnements et autres querelles avec lames sont sanglants, les personnages ténébreux et donc attirants, bref j'ai été agréablement impressionnée par ce livre, dont je lirai la suite très vite !

Le Poison Ecarlate ~ Maria V. Snyder
Darkiss (réédition 2010) - 530 pages - 11,50€
traduit de l'anglais (USA) par Lucie Perineau

17/08/10

La Nuit des démons #1

 

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Premier tome d'une trilogie qui parle de magie et de démons, La Nuit des Démons (en VO : The Demon's Lexicon) se révèle une très bonne découverte, dont la lecture, agréable et entraînante, offre une intrigue dynamique et rondement menée, se bouclant sur un twist inattendu.

C'est l'histoire de deux frères et leur mère qui passent leur temps à fuir les magiciens et démons qui cherchent à leur mettre la main dessus. Leur père a déjà péri sous leurs yeux, se sacrifiant pour protéger les siens. Alan et Nick ont donc très vite appris à être indépendants et matures, l'aîné est un érudit mais souffre d'un handicap à la jambe, le cadet est plus intrépide, il manie les armes, notamment l'épée, avec dextérité, il n'a aucune limite et seul son frère peut calmer ses ardeurs. Leur mère, Livia, reste cloitrée dans sa chambre, il faut s'en méfier, elle est folle et imprévisible, c'est elle qui a attiré l'ennemi en fuyant le plus puissant magicien qui était son amant, avant de dérober un talisman sacré. La famille Ryves n'a donc aucune attache et ses efforts pour sa survie commencent à s'essouffler.

Depuis peu, Nick s'est aperçu que son frère lui mentait et faisait des choses en cachette. De plus, Alan s'est entiché d'une fille, Mae, dont le frère Jamie a été marqué par trois fois par un démon. Ces marques le condamnent, et pourtant Alan va tout faire pour leur venir en aide, ce qui exacerbe la colère (et la jalousie ?) de Nick. L'étau se resserre, la tension va monter d'un cran et l'action va progressivement se mettre en branle.

Autant vous dire que ce livre se lit d'une traite ! Je me suis vue embarquer dans ce monde si proche de nous, et pourtant pollué par une menace maléfique non dénuée d'attrait. Les magiciens, pour gagner du pouvoir, kidnappent des humains pour les démons. Ces derniers, sans état d'âme, ne font qu'une bouchée des corps qu'ils possèdent et ne leur laissent aucune chance de survie. C'est sans pitié, c'est vrai, mais c'est aussi captivant. Le seul souci avec ce roman, c'est qu'il doit expliquer son modus operandi : donner des détails, planter le décor, nous introduire au marché des Gobelins par exemple et nous faire partager les fantastiques danses de quelques élus pour appeler les démons. L'idée, globalement, est excitante. La tonalité générale est, par opposition, plus sombre et pesante. Les événements se précipitent à la fin, peut-être trouvent-ils une solution trop facilement aussi, mais il restera de cette lecture un souvenir ravi et reconnaissant.

Dans ce premier tome, la narration est donnée à Nick, qui est un garçon arrogant, qui cultive l'humour et l'ironie, et dont le charme n'est pas sans rappeler un certain Jace Wayland. La personnalité des autres personnages demeure encore floue, à peine esquissée. Ils n'en sont pas moins tous attachants. Je lirai très prochainement la suite : The Demon's Convenant.

Lu en VO, mais le livre paraît début septembre 2010 chez Albin Michel, coll. Wiz. 

La Nuit des démons - Sarah Rees Brennan
Albin Michel, coll Wiz (2010) - 13,50€
titre VO : The Demon's Lexicon

LireEnVo challenge Lire en VO - 24

17/06/10

En route pour l'avenir

L'instant est émouvant : il s'agit de mon tout premier roman de Sarah Dessen. Depuis le temps que je croisais son nom sur les supports, que les couvertures de ses romans me tapaient dans l'oeil, que sa réputation me chantait une douce mélodie à l'oreille, bref l'heure était venue pour moi de faire sa rencontre. Grosse, grosse pression.

En_route_vers_lavenir

Cela a d'ailleurs failli me coûter car, non contente de ne pas accrocher à cette couverture, j'ai aussi trouvé le début peu enthousiasmant. On y présente l'héroïne, Auden, une jeune fille de dix-huit ans qui a brillamment réussi dans ses études. Elle envisage d'ailleurs de passer l'été chez son père à bûcher comme une dingue pour sa rentrée à l'université. A Colby, petite station balnéaire, Auden doit cohabiter avec la nouvelle épouse de son père, Heidi, et leur nouveau-né qui pousse des cris stridents jour et nuit. Auden n'est pas un personnage très sympathique, elle est horriblement snob, méprisante, porte des jugements sur tout, pense que s'investir socialement n'est qu'une perte de temps et d'ailleurs elle ne s'abaisse guère à fréquenter les jeunes de son âge.

Et puis, les choses lentement se mettent en place. Auden va bosser tous les soirs sur la comptabilité de Heidi, propriétaire d'une boutique de mode, où travaillent également Maggie, Leah et Esther. L'entente est d'abord glaciale, Auden se doit de faire son mea culpa car elle a osé flirter avec l'ex de l'une d'entre elles, et puis les filles vont lui paraître beaucoup moins frivoles et futiles. Leur solidarité féminine commence à la griser, Auden va peu à peu se joindre à leurs activités et s'ouvrir au monde qui l'entoure. La jeune fille a aussi un secret : insomniaque depuis des années, elle tue le temps au volant de sa voiture ou dans un café qui reste ouvert toute la nuit. C'est comme ça qu'elle va rencontrer Eliot, lui aussi ne peut pas dormir, lui aussi a le regard voilé par des démons, lui aussi a des soucis. Ensemble, ils vont beaucoup discuter, faire des courses, se rendre dans un Lavomatic, manger des parts de tarte et boire du café. En confiant qu'elle a tout échoué sur le plan social, Auden va s'engager dans une quête du temps perdu initiée par Eliot.

Finalement, j'ai vraiment beaucoup aimé lire ce roman. Je m'y suis sentie très à l'aise, confiante et heureuse de partager cette chère complicité qui unit la petite bande de Colby. De plus, ce sont les vacances, le rythme est nonchalant, on apprécie de suivre ce train-train ponctué d'instants ordinaires, touchants et nostalgiques. Sarah Dessen a vraiment su me séduire, tant son univers est doux, réconfortant, traité avec justesse, sans mièvrerie. Les lecteurs peuvent s'identifier aux personnages non sans mal, l'histoire est franchement réaliste et le tout est raconté avec simplicité et beaucoup d'authencité. Je comprends maintenant pourquoi cet auteur remporte toute l'adhésion de son public ! Je relirai très prochainement ses autres livres. 

En route vers l'avenir ~ Sarah Dessen
Pocket (2010) - 440 pages - 18 euros
traduit de l'anglais (USA) par Véronique Minder


14/06/10

L'été où je suis devenue jolie

Je me suis demandé si les amours d'enfance mouraient toujours ainsi, lentement d'abord, dans un sanglot, avant de s'évanouir comme ça, d'un coup.

Jenny_Han

L'été où je suis devenue jolie, roman de Jenny Han, est un livre sur l'été et pour l'été. J'avais ce bonheur, en le lisant, de ressentir la chaleur des rayons du soleil, de savourer l'eau qui glisse sur le corps, des bains de minuit, du sable qui file entre les doigts, de l'huile qu'on applique sur la peau, du ronronnement de la mer, de la fraîcheur du thé ou de la grenadine... C'est un avant-goût appréciable. L'histoire aussi est pleine de charme et ne manque pas de nous renvoyer vers l'été de nos quinze ans.

Belly, devenue une vraie beauté, retrouve ses amis d'enfance, Conrad et Jeremiah, avec lesquels elle a toujours passé ses vacances dans leur maison près de la mer, à Cousins Beach. Depuis ses dix ans, Belly est amoureuse de Conrad mais n'a jamais osé lui avouer ses sentiments. Et cet été, particulièrement, promet d'être différent pour l'adolescente : son corps a changé, l'attitude des garçons aussi, leurs mères ne cessent de faire des messes basses, Belly s'ennuie, elle rencontre Cam, tombe amoureuse mais se fâche avec Conrad qui a choisi de saboter leurs vacances. Il boit, il fume, il est taciturne, il repousse Belly alors qu'il ne digère pas sa relation avec un autre, et au milieu, Jeremiah, charmant, drôle, séducteur...

Au début, j'avais peur de me sentir une intruse au sein de cette famille, riche en souvenirs, soudée par des liens d'amitié et solidaire face à toutes les épreuves de la vie. Heureusement, l'histoire se déploie joliment, nous ouvre les pans du passé en sélectionnant quelques échantillons d'autres étés, et ainsi on les accompagne en toute confiance, on trouve progressivement sa place et on vit à leurs côtés, partageant leurs rires, leurs larmes, leurs colères, leurs doutes. C'est un roman touchant, juste et attachant, où l'on parle d'amitié et d'amour, de la vie vie qui change, de la douleur de grandir, de l'instant présent et fragile, de la confiance qui vacille et des certitudes qui perdent de leur superbe. C'est un roman qui se lit en quelques heures, et qu'on quitte à regret en souhaitant très vite lire la suite pour retrouver Belly au coeur de son propre tourbillon de la vie. 

Le deuxième tome (oui, il s'agit d'une trilogie) s'intitule It's Not Summer Without You. Cette lecture m'a aussi fait beaucoup penser à Toi et moi à jamais de Ann Brashares.

J'avais d'ailleurs noté cette citation à l'époque, et je la trouve également parfaitement adaptée au roman de Jenny Han, "L'amour peut-il durer toute une vie ? Peut-il passer indemne de l'enfance à l'âge adulte en survivant aux tourments et aux écueils de l'adolescence ? Est-il toujours le même à l'arrivée, simplement exprimé de façon différente ? Ou ces deux formes d'amour sont-elles radicalement étrangères et incompatibles ?"

Verdict : un roman adorable, qui nous prend par la main et qu'on lâche le coeur serré.

L'été où je suis devenue jolie ~ Jenny Han
Albin Michel, coll. Wiz (2010) - 300 pages - 13 euros
traduit de l'anglais (USA) par Alice Delarbre

10/06/10

Dark Divine en français !

disponible dès le 10 juin (la Martinière jeunesse, 2010 - 410 pages - 13,90€)
traduit de l'anglais (USA) par Sabine Boulongne

Dark_divine_de_Bree_Despain

Une famille parfaite. Le retour du fils prodigue. Des rumeurs terrifiantes. Des disparitions tout aussi étranges. Une jolie romance adolescente, sur une touche de fantastique, qui brave les interdictions. Des mythes revisités. N'en apprenez pas davantage ! C'est une lecture captivante, qui se lit d'une traite.

(Il s'agit du premier tome d'une trilogie, la suite en VO paraîtra en décembre sous le titre The lost saint.)

coup de coeur janvier 2010

Dark_divine_TemptationBites

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09/06/10

The Agency, Le pendentif de jade

The Agency

Londres, 1853. Mary, douze ans, est condamnée à être pendue pour vol. Par chance, elle rencontre une bienfaitrice qui la fera entrer dans une école pour jeunes filles. Cinq ans plus tard, devenue institutrice, Mary ne peut cacher son ennui lorsque la providence vient de nouveau frapper à sa porte. Mary rejoint une organisation secrète, the Agency, qui consiste à infiltrer des lieux et à se familiariser avec des personnes pour servir une enquête.

Mary l'espionne reçoit pour première mission d'être embauchée comme demoiselle de compagnie chez les Thorold. La demoiselle de la famille est une peste insupportable, qui s'est jurée d'empoisonner l'existence de Mary. Cette dernière, contrainte de paraître affable, se sent frustrée et brûle d'envie de passer à l'action. N'en pouvant plus, elle se glisse un soir dans le bureau de Thorold et fait la rencontre de James.

Ah, James ! ... Brillant, arrogant, fasciné par cette beauté exotique, au tempérament volcanique. Il comprend tout de suite qu'elle n'est qu'une usurpatrice (fausse demoiselle de compagnie), mais ne souhaite pas la compromettre. Au contraire, il lui propose de collaborer et d'unir leurs efforts.

Le texte est extrêmement bien écrit et bénéficie aussi d'un incroyable travail de recherche. L'auteur a fignolé le cadre historique, la réalité sociétale, la dénonciation de la condition féminine en cette époque victorienne... Autre point fort du roman : les personnages ! Le couple Mary / James est juste formidable et noue un subtil jeu amoureux qui ne demande qu'à se déployer.

En somme, cette intrigue se veut délicate et pleine d'élégance, elle introduit un univers alléchant et prometteur. Quelques petits défauts subsistent, qui s'effaceront par la suite, je n'en doute pas un instant ! Dans un registre très proche, je recommande également les enquêtes d'Enola Holmes, mais aussi la série de Lee Jackson, avec Sarah Tanner, autrement dit Une femme sans peur . 

The Agency, Le pendentif de jade ~ Y.S. Lee
Nathan (2010) - 377 pages - 14,90€
traduit de l'anglais par Lilas Nord

à suivre : The Agency 2: The Body at the Tower (août 2010 pour la VO, 2011 pour la VF chez nathan)

 

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02/06/10

Quatre soeurs, Malika Ferdjoukh

Pour la première fois réunie en un seul volume, la tétrade de Malika Ferdjoukh ! (si vous l'aviez loupée, il n'y a maintenant plus d'excuse)

quatre_soeurs

Contrairement à ce que laisse entendre le titre, il s'agit de l'histoire des cinq soeurs Verdelaine (Enid, Hortense, Bettina, Geneviève et Charlie), dont les parents ont disparu dans un accident, et qui vivent par leurs propres moyens dans la Vill'Hervé, leur maison familiale qui compte aussi comme un personnage dans la série tant elle est mystérieuse, biscornue, avec des passages secrets, des coins et des recoins, un escalier rebaptisé le macaroni, le tout battu par les vents et bercé par le ronron de la mer. C'est une belle saga qui parle d'amour, de rêves et d'espoirs, forte en rencontres (toutes les demoiselles ont des personnalités attachantes, exubérantes, un brin fofolles). Les coups durs ne sont pas écartés, le souci d'argent, l'éducation entre soeurs, le besoin d'indépendance, le manque de repères. On parle aussi de maladie, de perte tragique, de séparation et de responsabilité. Non, tout n'est pas rose non plus, mais ce n'est jamais déprimant. Et surtout, il y a ce zest de poésie et de folie douce, Malika Ferdjoukh est en pleine extase littéraire, son écriture est un cadeau, merci tout court !

De son côté, l'éditeur parle d'un festival de personnages, de péripéties et de dialogues piquants, l’équivalent moderne et littéraire des bonnes vieilles grandes comédies américaines des années 40 et 50. Un régal pour le coeur et l’esprit. (je suis d'accord !)

Le livre coûte 19,50€  (école des loisirs, 2010 - 610 pages).
illustration de couverture : Gwen le Gac 

mon coup de coeur de l'été 2007

La série sera prochainement adaptée en bande dessinée, par Cati Baur et Malika Ferdjoukh, à paraître en octobre (tome 1 : Enid) chez delcourt.

quatresoeurscouv4

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26/05/10

Le Ciel est partout

C'est notre histoire. Il prononce cette phrase avec sa voix des dix commandements, et leur résonnance en moi est à l'avenant : profonde. Avec tous les bouquins que je lis, j'aurais pourtant pu y penser avant. Mais non. Pas une fois je n'ai songé à l'interprétation, au récit que l'on donne de sa vie, ma propre vie. J'ai toujours eu le sentiment que c'était une histoire, oui, mais pas une histoire dont je serais l'auteur et dont je pourrais influencer le déroulement.
Chacun est libre de raconter son histoire comme il l'entend.
Chacun son solo.

Le_ciel_est_partout_de_Jandy_Nelson

Follement romanesque et romantique, poignante et exaltante, l'histoire de notre John Lennon (Lennie, pour ses proches) nous touche et nous bouleverse. Son chemin vers la guérison (ne pas s'en vouloir d'être en vie et heureuse sans sa soeur décédée) est parsemé de petits cailloux, sur lesquels elle trébuche, et de petits bouts de papier sur lesquels l'adolescente griffonne ses états d'âme, ses bouts d'elle, avec ou sans sa soeur, lâchés au vent, confiés dans le vide, égarés volontairement pour que ses pensées sortent d'elle et ne l'enferment plus.

C'est frais, poétique, émouvant. Beau comme la vie, avec ses hauts et ses bas, ses coups durs, ses éclats, ses trahisons, ses révélations. J'ai aimé ... comme le goût des baisers de Joe et Lennie qui atteignent le firmament. Mention spéciale pour la grand-mère et l'oncle de Lennie, pour Sarah, sa meilleure amie, pour Joe et ses frères, tous plus renversants les uns que les autres, pour la musique aussi, dont la puissance d'évocation frise l'érotisme, comme le souffle du vent dans les arbres de la forêt, sans oublier le jardin de Manou, pour sa douce et tendre excentricité, pour ses rosiers au pouvoir aphrodisiaque.

C'était mon plaisir de lecture arrivé au bon moment, mon histoire d'amour, de manque, de deuil et de souffrance qui a su me redonner confiance en la vie. Plus belle, plus joyeuse, plus optimiste. J'ai beaucoup aimé.

Tandis que je regagne la table pour m'asseoir, une certitude s'éclaire en moi : la vie n'est qu'un vaste bazar. En fait, je vais dire à Sarah qu'il nous faut créer un nouveau mouvement philosophique - le bazaressentialisme au lieu de l'existentialisme, pour tous ceux capables d'apprécier ce bazar fondamental qu'est l'existence. Car Manou a raison. Il n'existe pas qu'une seule vérité, mais une multitude d'histoires qui se déroulent toutes en même temps, dans nos têtes et dans nos coeurs, et empiètent toutes l'une sur l'autre. En bref, un immense bazar, calamiteux et magnifique. Comme le jour où Mr James nous a emmenés dans les bois et s'est écrié triomphalement : "Voilà, c'est ça !" face à l'étourdissante cacophonie provoquée par les instruments solistes essayant de jouer ensemble. Voilà : c'est ça.
J'examine les piles de mots qui constituaient autrefois mon livre préféré. Je voudrais recomposer toute l'histoire dans le bon ordre pour que Cathy et Heathcliff puissent faire d'autres choix, qu'ils cessent de se rentrer dedans à chaque virage, qu'ils écoutent la rage volcanique de leurs coeurs et tombent enfin dans les bras l'un de l'autre. Mais il est trop tard. Je vais jusqu'à l'évier, j'ouvre la poubelle et y déverse Cathy, Heathcliff et le reste de leurs malheurs.

Le ciel est partout ~ Jandy Nelson
Gallimard, coll. Scripto (2010) - 330 pages - 11€
traduit de l'anglais (USA) par Nathalie Peronny