02/03/10

Crac !... Le bruit est à peine audible, mais il réveille tout le monde.

J'ai très souvent croisé la série d'Yves Grevet sans jamais oser lui accorder une minute de mon précieux temps, j'avais très envie de m'y plonger, la couverture illustrée par Thomas Ehretsmann ne me laissait pas indifférente, je ne la trouve pas particulièrement belle mais elle m'incite à m'interroger sur ce que cela cache, et quoi de mieux pour entraîner le lecteur vers un sentier qu'on n'ose pas souvent emprunter, si ce n'est le sens de l'aventure et un zest de curiosité.

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Mine de rien, Méto est une série qui a fait son petit bout de chemin. Le premier tome a été honoré du prix Tam-Tam Je Bouquine en 2008, et les lecteurs émettent tous des avis très positifs. J'avais envie, plus qu'envie. Et comme toujours, dans pareil cas, je traîne les pieds. Allez comprendre.

Trêve de blabla. Je me suis donc jetée dans le grand bassin et je remonte tout doucement à la surface, en scrutant l'horizon car j'attends la sortie imminente du tome 3. Voilà ce qui est bien avec cette série, c'est une trilogie et les trois tomes sont déjà disponibles (soit, le troisième sera là dans quelques jours). Pas la peine de s'arracher les cheveux de la tête, vous pouvez enchaîner la lecture tome après tome en vous pourléchant.

De toute façon, c'est préférable : une fois lancés dans le premier livre, vous n'avez qu'un désir en souhaitant lire la suite aussitôt (prévoyez donc vos achats, ne vous faites pas avoir sous peine de grosse frustration !).

Mais de quoi ça parle, dis-moi Clarabel ?  Han han. En fait, je n'ai PAS DU TOUT envie de vous raconter l'histoire. Moins vous en savez, et mieux c'est.

OK. Parce que je suis une gentille fille, je vous glisserai ces quelques mots : Une Maison sur une île, une soixantaine d'enfants, tous distincts selon des rubans de couleur, avec la trouille du crac (le lit ou le ruban), parce que qu'est-ce qu'il se passe après ? Dans cette Maison, les règles sont strictes, les repas pris à heure fixe selon un rituel établi, les corvées ne manquent pas, les enfants doivent se dépenser physiquement en pratiquant du sport et suivent des cours sur la culture de la pomme de terre ou la chaudière (tout un programme !).

Le reste, c'est suspense. Mystère et boules de gomme.

Allez, allez... je vous garantis que vous allez être scotchés et que vous lirez les trois tomes sous moufter. Prenez le temps de respirer, fermez un peu cette bouche béante, vous risquez de baver.

Bonne lecture !

Méto, une série écrite par Yves Grevet
Syros, 246 pages.
Tome 1 : La Maison  (2008)
Tome 2 : L'île (2009)
Tome 3 : Le Monde (2010)

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Et un petit extrait :

- Tu dois compter jusqu'à 120 avant de toucher tes couverts et laisser un espace de cinquante secondes entre deux bouchées. A part cela, tu peux manger autant que tu veux dans la limite du temps imparti pour le repas.
J'entends Crassus qui respire fort près de moi. Il a les yeux dans le vague et semble perdu.
- Ecoute les petits qui comptent à voix basse...
- 115... 116... 117... 118... 119... 120...
Crassus est surpris par le bruit que font... d'un coup soixante-quatre mains qui empoignent une fourchette. Quelques secondes plus tard, il me regarde en mâchant. On n'entend presque plus rien. Bientôt, on perçoit de nouveau la voix de petits qui égrènent 46... 47... 48... 49... 50... Moi, il y a longtemps que je ne compte plus. Je sens, à chaque fois, le moment exact où je peux piquer ma fourchette. Crassus mange jusqu'à la dernière seconde. Il a planté soixante-douze fois : le maximum. Je le sens fatigué soudain, sans doute le stress que génère, au début, ce rituel du repas. J'ai oublié de lui dire que c'est dangereux de manger trop, surtout après avoir connu la faim comme lui, mais à quoi bon ? M'aurait-il entendu ?
Nous nous levons. Je le soutiens un peu. Marcus me frôle.
- Surveille-le, il ne dois pas vomir.
- Je sais.
- Qu'est-ce qu'il a dit ? demande Cassus.
- Rien. Je te propose de faire une petite promenade pour t'aider à digérer. Tu es trop lourd pour aller jouer.
- On va où ?
- Au phare. De là-haut, on peut voir toute l'île. Il y a beaucoup d'escaliers, mais on va y grimper doucement.
- J'ai un peu mal au ventre.
- Si ça ne va pas, parle-moi. Evitons les catastrophes.

 

 

Merci beaucoup Anne !

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16/02/10

Escape lane

Voilà un petit roman qui a su parler à mon coeur de maman, un roman que j'ai même eu beaucoup de mal à ouvrir, à lire, à finir, tant il me mettait sens dessus dessous. D'ailleurs cela fait une semaine que je le picore, mais j'étais agacée, j'avais la tête à l'envers, je ne supportais pas l'adolescente de seize ans, Luce, et puis je me posais beaucoup de questions, j'étais glacée, comble de tout, j'ai été pétrifiée en lisant ces quelques mots :

Luce n'arrivait plus à concevoir qu'elles aient pu partager, un jour, la douceur d'être ensemble, la complicité des sourires, la rondeur plumeuse d'un câlin. Elles avaient oublié l'époque où la fillette admirait sa maman par-dessus tout, quand celle-ci opposait le rempart de ses bras en berceau à la dureté du monde, aux chagrins, à la mort...

Bref, j'avais peur. Ce livre me renvoyait une image qui me touchait trop intimement, j'avais le sentiment de voir dans ce duo mère-fille le futur conflit m'opposant à ma miss de dix ans (bientôt). J'anticipe, j'extrapole, mais il y a tant de petites étoiles perdues dans ce livre, qui me semblaient avoir été lâchées exprès pour moi. Tant de coincidences, trop de coincidences, au début j'avais mal. Je n'avais pas envie de plonger dans un avenir hypothétique, je n'en avais pas le coeur non plus, heureusement j'ai repris du poil de la bête, ma tête a retrouvé sa place, merci, et j'ai avalé ce roman en une goulée. C'était drôlement bon !

metal_melodieLuce et sa maman étaient tout l'une pour l'autre, depuis le décès du papa, alors que la fillette n'avait que cinq ans. A l'adolescence, ça ne manque pas, la demoiselle nous fait une crise, adopte un look de gothique, fréquente une bande du même goût, elle ne s'entend plus du tout avec sa mère, la communication est coupée, c'est la guerre froide. Un jour, Luce rentre chez elle et découvre un appartement vide et le petit mot abandonné par sa mère : Inès est partie en Australie, pour son boulot, elle sera absente de longs mois, elle ne veut pas que sa fille la rejoigne ni ne cherche à la contacter, cette séparation a du bon, l'espère-t-elle, car elle leur offre la possibilité de souffler, de penser, de s'émanciper, de couper les ponts.

Sur le moment, j'ai trouvé que c'était dingue ! Aberrant. Comment et pourquoi arriver à de telles extrêmités ?

La suite de l'histoire nous en raconte plus, de mon côté je lâche l'affaire. En clair, je me tais. Je vous laisse entre les mots de Maryvonne Rippert, une vraie magicienne, la même qui avait su m'ensorceler avec son Amour en cage. Je sais qu'elle va lire ces mots, donc je me sens intimidée et muette, mais j'ai envie qu'elle sache que son roman a su me toucher, qu'il m'en a fait voir de toutes les couleurs, mais que j'ai aimé ce chemin escarpé. Et puis Luce, qui cristallisait tous mes démons, a fini par m'émouvoir. C'est une vraie tête à claques, pour commencer. Et des claques, d'ailleurs, elle s'en prend de plus en plus, c'est bon, lâchez-la, la pauvre minette.

Vous l'avez compris, ce roman s'adresse aux adolescents et à leurs mères. C'est comprendre le pont qui nous lie, c'est se rappeler que nous sommes passés par là, que nous avons parfois des petites filles vampires élevées dans du cocon... Soupirs. C'est un roman magnifique, qui parle d'amour et qui donne des ailes. Aux filles et aux mamans.

Metal Mélodie ~ Maryvonne Rippert
Milan, coll. Macadam, 2010 - 210 pages - 9,50€

 

 

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08/02/10

La Forêt des Mains et des Dents. Et moi ! Brrr.

La_foret_des_damnes_de_RyanQuelle angoisse, ce roman !
Mais qu'est-ce que c'était bon. Au début, cela me paraissait assez lent, mystérieux aussi, baignant dans une ambiance post-apocalyptique et vraiment flippante. Un village forme une enclave où se nichent des humains, en protection de la forêt. Celle-ci est habitée par des Damnés, qui gémissent en se collant à la clôture, guettant la moindre brèche, espérant envahir le village pour mordre et se repaître du sang humain. Très vite, on comprend qu'une infection entraîne une Mutation, et ainsi s'explique cette épidémie de Damnés, contre laquelle la poignée de survivants se bat avec la force du désespoir.

Dans le village où vit Mary, la narratrice de l'histoire, la Congrégation des Soeurs a largement pris en charge les solutions de survie, les règles du quotidien, les leçons dans les écoles, selon la parole du Livre Sacré. Soeur Tabitha, la mère supérieure, est intransigeante et n'a aucune pitié avec les contestataires. Seule Mary oppose aujourd'hui une résistance, avec ses questions, ses doutes, son manque de foi et sa rebellion. Elle parle d'un monde au-delà de la Forêt, elle rêve de voir l'océan, mais ce sont des histoires racontées par sa mère. Toutefois, Mary s'y accroche. Elle n'a pas le choix. Elle voit son horizon restreint et étouffant. Soit elle embrasse la vie de la Congrégation, soit elle accepte de s'unir à Harry, son ami d'enfance. Or, Mary est amoureuse de Travis, son frère, qui a choisi de se fiancer avec Cass, sa meilleure amie.

L'histoire, ensuite, se laisse découvrir ! C'est sombre, envoûtant, vraiment bien écrit, dans une langue généreuse et élégante. L'atmosphère est aussi admirablement dépeinte, je craignais, avec raison, ce monde des Damnés, et finalement ce n'est pas si gore ou horripilant. Enfin, disons que c'est tout ce qu'il faut pour donner la chair de poule, cela représente une menace permanente et épuisante. Je ne vous raconte pas la deuxième partie du roman, là j'avais les nerfs en pelote ! Je dévorais les pages, j'avais l'estomac noué, je n'en pouvais plus de savoir, j'étais inquiète et terrifiée, j'hallucinais et je me retenais de hurler.

En attendant, le début est lent. Accrochez-vous, car la suite vaut le détour. Avec le recul, cependant, j'ai trouvé que c'était une mise en place idéale, mettant en scène le lieu, le contexte et les personnages, plus la dose de suspense, avec les secrets que seule Mary découvre, en plus du climat inquiétant, de la tension qui monte, qui monte. Voilà de quoi bien vous ferrer ! Seul point sur lequel j'ai du mal à me prononcer, c'est la narratrice - Mary. C'est une vraie héroïne qui nous donne des bouffées de rage et de frustration, tant elle est splendide dans ses qualités et ses défauts : Mary est égoïste, curieuse, inconstante, amoureuse, jalouse, têtue et obstinée. On suit ses états d'âme et ses réflexions plus ou moins pertinentes, on partage ses doutes et on aspire comme elle au bonheur et à l'espoir. Rarement une héroïne a su autant m'irriter et me toucher !

Près de 400 pages plus tard, je vous conseille vivement cette lecture ! J'en suis sortie sonnée, folle d'angoisse et impatiente d'en (s)avoir plus. Un prochain livre sort aux USA en mars 2010, sous le titre de The Dead-Tossed Waves, mais ce n'est pas une suite, plus un "companion book".

La Forêt des Damnés ~ Carrie Ryan
titre vo : The Forest of Hands and Teeth
traduit de l'anglais (USA) par Alice Marchand
Gallimard jeunesse, 2010 - 380 pages - 15,50€

Cette bande-annonce pour vous plonger dans la tourmente :

   

 

the dark side challenge - 4

the_dark_side_challenge

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03/02/10

En poche ! #29

Deux sorties en format poche pourraient intéresser petits et grands lecteurs (sur ma bonne foi ! ;o)

Tobie_Lolness

Tobie Lolness, Tome 1 : La vie suspendue de Timothée de Fombelle

Folio junior, 2010 - 390 pages - 7,60€

Tobie Lolness, un millimètre et demi de la racine des cheveux à l'ongle des pieds, appartient au peuple du grand chêne. Le père de Tobie, savant génial et prophète d'une grande sagesse, a refusé de livrer le secret d'une invention pour transformer la sève de l'arbre en énergie motrice. Furieux, le Grand Conseil a condamné les Lolness à l'exil dans les basses branches, territoire sauvage. Tobie y rencontrera la jolie Elisha. Et plus encore...

Vous ne connaissez pas encore Tobie Lolness ? Réparez vite cet oubli ! Tobie est un personnage de littérature qui deviendra classique, c'est ma conviction ! Tobie Lolness est un héros hors du commun, attachant, courageux, fidèle en amitié et en amour, sensible et droit. Un modèle ! A ceci, s'ajoute une aventure captivante, en plus d'être intelligente et poétique. On y trouve des valeurs fondamentales, des messages subliminaux (prenez soin des arbres et de la planète  !) et c'est tellement bien écrit. Pas de fantastique, pas de magie, simplement de l'élémentaire. La preuve que cela demeure une valeur fondamentale ! François Place apporte également sa contribution grâce à des illustrations de toute beauté. C'est plus qu'un cri d'alarme, c'est une absolue nécessité de lire Tobie Lolness (à suivre avec un deuxième tome, Les yeux d'Elisha).

Pour les fans, le nouveau roman de Timothée de Fombelle, VANGO, sortira en librairie le 18 mars !

 

skully_fourbery

Skully Fourbery de Derek Landy

Folio junior, 2010 - 360 pages - 7,60€

Skully Fourbery est, comme son nom l'indique, un squelette qui, camouflé sous son allure de dandy, se révèle un détective doublé d'un extraordinaire magicien. Il a aussi un humour imparable. La jeune Stephanie Edgley fera sa connaissance en héritant d'un oncle richissime, car dans le même temps elle devient la cible d'individus peu recommandables qui attendent d'elle de leur donner une clef que détenait son oncle défunt. 

Stephanie va découvrir que la petite ville irlandaise où elle vit repose aussi sur un monde souterrain, un univers plus sombre, où on trouve des Forces des Ténèbres, des mages, des sorciers, des magiciens, des gentils, des méchants. La lecture est entraînante, on a à peine le temps de souffler. Il y a du complot, de l'action, des batailles échevelées, et surtout beaucoup d'humour. Le personnage de Skully Fourbery est épatant, sa petite partenaire très attachante. D'ailleurs, ceux qui sont fans du détective squelette auront le plaisir de le suivre dans deux autres tomes, chaque livre offrant la liberté de prolonger ou non l'aventure, il n'y a pas de final à se ronger les ongles parce qu'on crève d'envie de connaître la réponse.

  ******   

A signaler pour ceux qui ont eu le bon goût d'apprécier le premier tome, Le livre du temps, Tome 2 : Les sept pièces de Guillaume Prévost est déjà disponible en Folio junior  !

 

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01/02/10

Scarlett, Spencer, Lola, Marlène. New York. Et moi !

Voici un roman absolument charmant, délicieux, à déguster la bouche en coeur. Il plaira aux lectrices dès 13 ans, qui savoureront l'histoire de cette famille new-yorkaise qui vit dans un hôtel Art Deco, lequel hélas tombe un peu en décrépitude. 

Les finances de la famille Martin sont au plus mal, Scarlett le découvre le matin de son quinzième anniversaire, en recevant la précieuse clef de la Suite Empire, attribuant ainsi à l'adolescente la pleine responsabilité de cette chambre. Cet été, Scarlett est priée de rallier les rangs familiaux pour donner un coup de main à l'hôtel. Ses amis ont tous quitté la ville, occupés à d'autres projets plus palpitants, Scarlett traîne les pieds mais ne sait pas encore que ses vacances seront riches, très riches et excitantes !

Suite_Scarlett_de_Maureen_JohnsonCela commence par la venue d'une cliente, Mrs Amberson, qui occupe la Suite Empire. Avec elle, c'est un vent chaud, exotique, léger, aérien, déchaîné qui s'installe à Hopewell. Mrs Amberson est une femme excentrique et mystérieuse, un peu casse-pied sur les bords, elle harcèle Scarlett de coups de fil à répétition et la jeune fille se plie à ses moindres caprices. Toutefois, cette Mrs Amberson est aussi une personne formidable et pleine de ressources. Elle le prouvera lorsque le frère aîné de Scarlett, Spencer, qui rêve de devenir comédien à Broadway et répète actuellement la pièce de Hamlet avec une troupe de débutants, connaîtra bien des galères pour mener son projet dans les meilleures conditions.

Les deux autres soeurs de Scarlett, Lola et Marlène, sont aussi très présentes, elles butinent, elles minaudent, elles sont volubiles, excessives, discrètes et cachottières. Les anecdotes ne manquent pas non plus en ce qui les concerne.
Le roman raconte définitivement l'histoire d'une famille, avec des hauts et des bas, des moments d'euphorie, d'entente à merveille, de combines et de débrouillardises, des journées magiques où tout se goupille comme dans un rêve, les bonnes rencontres, les nouvelles qui font du bien, les intentions les meilleures. Puis, les nuages viennent obscurir ce ciel si beau, les doutes et la jalousie sont de sortie, les jolis garçons deviennent fuyants, colériques, compliqués, les filles sont minées, compliquées, soucieuses, malheureuses. Mais sous le ciel de New York, les beaux jours sont toujours de rappel !

Les aventures de la famille Martin me rappellent quelque part celles de la famille des Jean Quelque-chose (la série de Jean-Philippe Arrou-Vignod) pour son côté optimiste, joyeux et solidaire. Même dans les coups durs, même si l'argent fait défaut, même si les petits copains se font la malle et même si les clients sont étranges et fantastiques à la fois, l'histoire montre énormément de complicité, de bonheur, de gaieté et fait preuve d'humour.
C'est vraiment un petit roman très chouette, comme dirait ma fille.

Suite Scarlett ~ Maureen Johnson
Gallimard, coll. Scripto, 2010 - 384 pages - 13,00€
traduit de l'anglais (USA) par Cécile Dutheil de la Rochère
illustrations : Dominique Corbasson

Une suite va paraître en février 2010 aux USA sous le titre : Scarlett fever.

 


18/01/10

Envoûtement ~ Carrie Jones

City Editions 2009 pour la traduction française
Publié aux USA sous le titre Need par Bloomsbury
traduit de l'anglais par Philippe Vigneron
380 pages - 17,90€

envoutementDepuis la mort de son père, Zara  a sombré dans une grave dépression. Incapable de lui redonner le goût de vivre, sa mère choisit donc de l'envoyer chez sa grand-mère à Bedford dans le Maine. C'est une petite ville plantée à l'orée de la forêt, il y fait très froid, il y neige très souvent et l'accueil qu'on lui réserve est extraordinairement hystérique (ou frise l'excentricité). Du moins, c'est ce que la jeune fille perçoit, complètement engourdie par sa tristesse et ses phobies qu'elle collectionne à la pelle. Elle ne se plaît pas à Bedford, elle en veut à sa mère, elle traîne un bourdon gros comme une noix, malgré tout le lycée lui apparaît chaleureux et convivial, sentant bon le sirop d'érable, et tous les garçons sont grands, beaux, athlétiques et portent des bottes sans paraître nigauds.

Et puis, il y a cet homme au capuchon noir qui semble poursuivre Zara. La première fois, c'était à Charleston, le jour de la mort de son père. Au début, elle pensait que c'était son imagination, puisqu'elle était totalement à côté de la plaque. Et puis, à peine arrivée dans le Maine, Zara est surprise de le revoir avec sa grand-mère, qui lui apprend dans la foulée qu'un lycéen vient de disparaître et qu'il serait plus prudent pour Zara de ne pas sortir seule le soir ni de se rendre dans la forêt. Un midi, au lycée, la jeune fille surprend encore cet inconnu qui la pointe du doigt. Pourquoi elle, que lui veut-il, les questions commencent à tourbillonner dans la tête mais les réponses risquent de ne pas être à la hauteur de ses espérances.

Ce roman a été une vraie bonne surprise (je m'attendais tellement à être déçue) ! Le style est plat et parfois affreux, je ne sais pas si c'est la faute d'avoir lu le roman en français (mais servir le verbe kiffer par exemple, non vraiment ça ne le fait pas !), l'histoire encore une fois n'est pas nouvelle, c'est un condensé de tout ce qu'on commence à connaître, d'ailleurs c'est une approche déplorable de décréter que ce livre a de l'ADN de twilight, les éditeurs devraient comprendre que les lecteurs de plus en plus se méfient des comparaisons, et ainsi nous épargner l'affreux bandeau rouge et ce titre, non vraiment...

Les amateurs du genre apprécieront de renouer avec un univers de créatures fantastiques doublé d'une intrigue avec romance, action, suspense, tension et émotion à la clef, en sachant que ce n'est pas ce qui manque en ce moment ! Non, je ne me lasse pas, je fais le tri, je lis, je ris, je zappe, j'exulte, je râle, je soupire et puis j'oublie. Ce roman de Carrie Jones est tout simplement agréable, distrayant, facile à lire. C'est du guilty pleasure, ni plus ni moins !

La suite : Captivate (vient de sortir aux USA).

the Dark Side challenge - 2

the_dark_side_challenge

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04/01/10

Ne jamais tomber amoureuse ~ Melissa Marr

Albin Michel jeunesse, coll. Wiz, 2010 - 378 pages - 14€
traduit de l'anglais (USA) par Blandine Longre

He leaned back in his seat. The blue lights of the club heightened his inhuman appearance. "What if I told you that you were the key - the grail, the book - that one object that will rescue me ? What if I said you were what I need to defeat one who freezes the earth ? If your acceptance would save the world - all these faeries, your mortals, too - would you do it ?"
She stared at him. Here was the answer that they'd been hiding from her.

ne_jamais_tomber_amoureuse

Une jeune fille douée de capacités paranormales, une amoureuse déchue et bafouée, un type à la beauté solaire et un autre au look rebelle mais sexy, une vilaine reine exclusive et machiavélique, et des fés et des fées qui sont globalement insouciants, taquins, joueurs, fourbes et retors... Voilà le programme.

Aislinn possède la Vue, c'est-à-dire qu'elle peut voir les créatures féériques qui l'entourent. Et ces derniers temps, elle se sent de plus en plus cernée. Il y a notamment ce fé très, très beau et sa compagne, une beauté froide, accompagnée d'un loup, qui ne cessent de la poursuivre. Un soir, Keenan l'aborde et tente de la séduire. Aislinn est terrifiée, au-delà du charme elle devine sa véritable nature, mais lui l'ignore. Il la veut, il n'a qu'un but dans son existence : la rendre amoureuse et l'amener à accomplir un sacrifice. Kennan est roi de l'Eté, Aislinn est son Elue.

C'est tout ce que le roman avec ses 378 pages nous raconte ! Alors évidemment, j'ai parfois trouvé que c'était long, lent, répétitif. Et pourtant, cela ne m'a pas totalement déplu non plus.

L'ambiance de l'histoire est sombre et mystérieuse, un brin angoissante. Les faes appartiennent soit au royaume de l'été (ils sont libres et insouciants, ne pensent qu'à boire, danser et s'amuser), au royaume de l'hiver (ils sont brimés par la reine, également la mère de Keenan, et subissent ses accès de colère et de barbarie) et au royaume des ténèbres (les fés sont répugnants, ne s'en cachent pas, agissent pour infliger les pires souffrances en y prenant beaucoup de plaisir !). On comprend pourquoi Aislinn n'est pas ravie de rejoindre ce monde !

Et pourtant, la situation est désespérée. Keenan est prisonnier d'un sortilège lancé par sa propre mère, cela dure depuis des siècles et il a besoin de trouver sa reine pour reprendre possession de ses pouvoirs et sauver le monde du froid et de l'hiver qu'entretient Beira. Celle-ci exerce également un chantage sur Donia, la Fille de l'Hiver, accessoirement l'ex-fiancée de Keenan, qui n'a pas réussi à passer le test et a tout perdu par amour pour lui. (C'est cruel !!!) Donia est un personnage à suivre, faible en apparence, complexe et torturée à l'intérieur, elle ne peut que se révéler extraordinaire ! Sa mission consiste à influencer Aislinn, la détourner de Keenan et la convaincre de ne rien accepter du roi de l'Eté.

Enfin, c'est plus compliqué. Et puis, Aislinn est une jeune fille forte et vulnérable à la fois, qui compte beaucoup sur le soutien de son meilleur ami, Seth, un mortel. Tout dans le roman n'est ni tout noir, ni tout blanc. Le dénouement semble inéluctable, et pourtant il parvient à surprendre. C'est sûr que c'est romantique, mais aussi oppressant, prévisible et quelque part déconcertant. Le livre, d'ailleurs, se termine de telle sorte qu'il se suffit à lui-même. L'auteur a néanmoins cédé aux appels des sirènes, et nous allons droit vers une tétralogie ! J'espère que la suite sera plus convaincante.    

Je fais confiance à Shaïne Cassim, qui dirige la collection Wiz, et qui a généralement un goût sûr pour dénicher des livres de qualité, donc je lirai la suite - et pas seulement pour les beaux yeux de Seth.

 

 

en librairie le 6 janvier 2010

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23/12/09

Si je reste ~ Gayle Forman

Oh! Editions, 2009 - 220 pages - 15,90€
traduit de l'anglais (USA) par Marie-France Girod

Un accident de voiture.
Les parents de Mia sont tués sur le coup. Son petit frère et la jeune fille de dix-sept ans sont dans un état grave, emmenés de toute urgence dans des hôpitaux différents.
Et l'esprit de Mia - ou son fantôme - se matérialise et devient spectateur de son combat entre la vie et la mort.
A elle de choisir maintenant.

si_je_reste

Malgré les impressions que ce bref résumé peut inspirer, non ce roman n'est pas du tout déprimant. Il est par contre très émouvant ! Mais bon. Très bon. Et puis beau, merveilleux, puissant. Il donne envie de se secouer et d'hurler. Que du positif, en somme. Car c'est par-dessus tout une formidable histoire d'amour. L'amour d'une famille. L'amour d'une vie. L'amour de la musique. L'amour et l'amitié.

Plus d'une fois j'ai eu la gorge nouée face à ce grand cri d'amour. A toutes les pages, au-delà de la violence et de la tragédie que traverse Mia, on ressent ses sentiments, ses questions, ses émotions. Et ses souvenirs affluent, des instants merveilleux d'une complicité familiale exemplaire, une rencontre amoureuse belle, unique et inscrite pour durer.

Alors que Mia est scotchée sur son lit d'hôpital, en soins intensifs, ses proches défilent à son chevet pour lui parler, lui chuchoter de s'accrocher, ou de partir, si c'est ce qu'elle veut. Les paroles de son grand-père, par exemple, sont dégoulinantes de beauté et d'amour véritable. Et Kim, sa meilleure amie, se révèle précieuse, rare et complice au-delà des mots. Et puis, Adam...

Je ne sais pas raconter ce livre, je ne sais pas vous en parler, je ne sais pas vous donner envie, je sais juste que c'est un livre qui m'a bouleversée et que j'ai lu d'un traite en pleurant beaucoup. J'en sors heureuse, réconfortée par des petites phrases qui disent peu et tout à la fois. Une lecture qui a trouvé sa lectrice au bon moment.   

 

 

NB : Ne vous fiez pas au bandeau rouge racoleur et donc dissuasif qui clame que c'est le livre le plus émouvant depuis twilight ! C'est n'importe quoi, ça n'a rien à voir avec twilight. Pour moi, ça sonne comme un sinistre appel d'offre et ça m'agace. Ne tombez pas dans le panneau, mais lisez ce livre, bon sang il est juste très bon et il ne ressemble à rien, sauf à lui.  

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19/12/09

Graceling ~ Kristin Cashore

Livre un : Le don de Katsa
Hachette, 2009 - 425 pages - 14,90€
traduit de l'anglais (USA) par Raphaële Eschenbrenner

gracelingKatsa est une Graceling, un être rare doté de pouvoirs incroyables : elle peut tuer un homme à mains nues.  Sa réputation a déjà fait le tour du royaume et au-delà des frontières, elle est la Lady tueuse. Orpheline et nièce du roi Randa, elle est à son service pour accomplir les basses besognes avec ses compagnons d'armes, Giddon et Oll. Parallèlement, avec la complicité de son cousin, Raffin, le fils du roi, elle est à la tête du Conseil, une association secrète qui agit pour le bien et pour venir en aide à des situations de détresse. Leur dernière mission - libérer le vieux père du roi de Lienid - place sur le chemin de Katsa un individu dont les pouvoirs semblent être de compétence égale avec les siens. Cette rencontre rend la jeune femme perplexe, elle assomme le type au lieu de le tuer et prend la fuite. 

En fait, Katsa va prochainement retrouver son adversaire lorsqu'il se présente au château du roi Randa en tant que prince Greening Grandmalion de Lienid. Il est en quête d'informations sur l'étrange disparition de son grand-père, Tealiff, qui se trouve à l'abri dans les couloirs secrets des appartements de Raffin. C'est encore trop tôt pour faire confiance à ce jeune prince, et les membres du Conseil se tiennent à carreau. Katsa accepte pourtant de s'entraîner avec lui - il se prénomme Po, faisons plus court - et une connivence se crée. La jeune femme découvre des facettes cachées, prend conscience d'être une marionnette entre les mains de son oncle, ne veut plus assumer cette part de bestialité qui la rend si différente des autres et la tient à l'écart, Katsa découvre en Po un ami sûr, lui aussi possède le don du combat et pour la première fois elle se sent comprise et en confiance. Cela va leur permettre d'étudier la raison de l'étrange kidnapping de Tealiff, et de fil en aiguille d'étonnantes révélations vont fleurir !

J'ai beaucoup, beaucoup aimé ce roman. Un roman dont le souffle gagne peu à peu le lecteur. Entre fantasy et romance, l'histoire a de formidables atouts pour étourdir en nous entraînant dans ce monde merveilleux et inquiétant des Gracelings. Les personnages sont de toute beauté, Katsa en tête est une jeune femme forte et qui revendique son désir d'indépendance et d'être libre. Elle refuse le mariage, les enfants et les prétendants. Aussi, est-elle bien embêtée lorsqu'elle prend conscience de ses sentiments pour le prince Po (formidable personnage, entre nous, compréhensif, charmeur, vaillant...). Il n'y a néanmoins pas un torrent d'érotisme dans ce roman (ou si peu), nous sommes à la frontière du roman pour jeunes adultes, mais point d'hypocrisie non plus car Katsa et Po vont vivre leur amour en choisissant d'être des amants. D'où passage à l'acte. (Je le précise, si vous souhaitez le confier à des lecteurs qui pourraient s'émouvoir d'une telle audace ! ;o) La description de la scène est gentille, je peste !).

A partir du moment où la liaison est affichée, le couple n'en devient pas niaiseux pour autant, et c'est tant mieux ! La demoiselle est une tigresse, son alter ego se révèle d'une noblesse exemplaire et digne pour établir le bon équilibre. En fait, l'émotion est très souvent bridée, ou n'est-ce que mon sentiment, au profit de l'action : longues chevauchées dans la forêt, lente ascension des cols montagneux, et j'en passe. L'ennemi que doivent affronter Katsa et Po est particulièrement redoutable, à tel point que la fin de l'histoire en devient frustrante (trop précipitée et improbable) ! Ce sont des défauts infimes, sans conséquence, car j'ai diablement savouré cette lecture ! Et n'imaginez pas que ce livre soit hermétique, totalement froid, exempt d'émotions sincères, il en possède aussi. D'ailleurs tous les instants que passent Katsa et Po ensemble sont de très, très beaux moments qui donnent le sourire (et serrent mon petit coeur de midinette).

Verdict : J'AI AIME ! Amis lecteurs, je vous préviens, nous sommes cernés par une pile de romans dont les échos sont tous meilleurs les uns que les autres. Les jours qui suivent vont nous perdre ! Comment allons-nous survivre !?! ... :/

Le nouveau roman de Kristin Cashore, déjà paru aux USA, s'intitule Fire. Il n'est pas la suite de Graceling, mais il est lié, il se passe trente ans plus tôt et introduit un personnage d'une importance considérable. Le troisième livre à paraître, Bitterblue, se passera six ans plus tard. J'ai hâte !!!   

 

-) pour lire un extrait

illustration couverture française : Anne-Claire Payet
la couverture uk graceling_vo2graceling_vo (us)

-) à lire, sur le blog de l'auteur, un billet où elle expose qu'elle n'a pas franchement de béguin pour tel ou tel acteur, mais plutôt des béguins pour des personnages - nuance !  j'ai trouvé ça excellent, car finalement je me sens un peu dans le même cas (bientôt je listerai tous ces personnages qui me font perdre la tête !)  LIEN

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17/12/09

La Cité des Ténèbres ~ Cassandra Clare

Livre 1 : La Coupe Mortelle
Pocket jeunesse, 2008 - 570 pages - 19,50€
traduit de l'anglais (USA) par Julie Lafon

Me voici donc une nouvelle fois étourdie par une lecture, par la faute d'une nouvelle série. Le premier tome a été traduit l'an dernier, et little g. m'avait dit : lis-le et j'avais dit ok en toute confiance, ne sachant pas que le temps allait passer si vite, le tome 2 est maintenant disponible (et même le 3ème en anglais ! il est déjà commandé, vous pensez bien). Qu'est-ce donc, encore ?

Hmm. Cette série n'est en rien révolutionnaire, je porte par exemple à Hunger Games un fanatisme plus fort (n'ayons pas peur des mots), elle a su néanmoins me surprendre. Je vous l'annonçais précédemment, j'ai commencé ma lecture bien sagement, pas franchement éblouie par ce qu'on me proposait, c'était bien sympa et gentil, mais où va-t-on, et puis le deuxième effet kiss cool est arrivé, j'avais les doigts collés au livre et je tournais les pages d'un air avide, en clair j'étais fichue. Et depuis, j'accumule les heures de sommeil en moins.

cite_des_tenebres_1Clary, quinze ans (bientôt seize), apprend brutalement que son sort est lié au Monde Obscur, lorsqu'elle découvre l'appartement qu'elle partage avec sa mère totalement dévasté par l'attaque d'un Vorace. La déconfiture s'enchaîne avec la disparition de sa mère et avec la défection de celui qu'elle prenait pour son oncle, Luke, qui ne veut plus la voir et le lui annonce par téléphone. Son seul recours, une bande de jeunes tueurs surentraînés pour anéantir les vilaines créatures. Ce sont des Chasseurs d'Ombres, ils appartiennent à un monde jusque-là inconnu pour Clary, et qu'elle apprendra peu à peu à cerner, à l'instar du lecteur. (Ceci signifie que je ne vous expliquerai rien du tout ! :o))

Parmi eux, il y a Jace. Et c'est un peu sa faute si j'ai des étoiles dans les yeux. Ce type a une beauté arrogante, il est sûr de lui, moqueur, drôle et ironique, il ne cache jamais son agacement ni la vérité, il a toute une histoire derrière lui qui explique son attitude, et ce qui est bien, c'est que l'héroïne n'est pas bouche bée, bave aux lèvres, devant lui. En fait, elle a d'autres chats à fouetter et ne prête pas attention à son charme, elle en a conscience, mais c'est le cadet de ses soucis (de même, son meilleur ami Simon tente de lui faire du pied pour qu'elle remarque qu'il est fou amoureux d'elle, mais la demoiselle ne voit rien du tout).

Jace et Clary ne vont plus se quitter, ils ont une mission à mener, car pour retrouver la mère de la jeune fille, ils doivent d'abord mettre la main sur la Coupe mortelle, et de préférence avant un certain individu à la sale réputation. Une figure du passé, qu'on croyait zigouillée, mais qui refait surface en clamant vengeance.
Damned.

Pas grand-chose à rajouter, si ce n'est que je n'ai pas du tout aimé la révélation finale, bouh c'est quoi ce truc, cela ne peut pas se passer comme ça, ce n'est pas possible, alors y'a intérêt que ça change, et fissa !
Je suis déjà plongée dans le tome 2...

-)  Anne, je te comprends maintenant !!!!

NB : devinez quoi,  The Mortal Instruments by Cassandra Clare has been optioned for a movie. Comme beaucoup de fans, moi aussi je mets une option sur l'acteur Alex P. pour incarner Jace !!!

to be continued...

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Livre 2 : L'Epée Mortelle
Pocket jeunesse, 2009 - 525 pages - 19,50€
traduit de l'anglais (USA) par Julie Lafon

cite_des_tenebres_2Après les révélations stupéfiantes du premier tome, ce deuxième semble bien mou, bien frustrant dès les premières pages. Car ce qu'on sait désormais touche de plein fouet Clary et Jace, notre petit couple fétiche, on sait qu'entre eux tout est fermé, caduc, impossible, à jamais ! Il y a bien ce cher Simon, l'ami fidèle et dévoué, qui rôde dans les parages et se trémousse de plaisir d'avoir le champ libre pour déclarer sa flamme, mais... que voulez-vous, aussi sympathique soit-il, Simon n'est pas Jace, et c'est un crève-coeur.

Bon, heureusement l'histoire n'est pas non plus une lente complainte d'âmes torturées, nous avons aussi droit à notre lot d'action et de suspense. L'ennemi est toujours en place, celui-là même qui se déclare du même sang que ... vous savez qui. Il a choisi de dérober un deuxième instrument mortel - l'Epée - et ses ambitions sont plus noires et démoniaques que jamais. Jace, accusé par l'Inquisitrice d'être l'espion de Valentin, voit sa famille d'adoption lui tourner le dos. Le type est complètement largué, il se blinde derrière son cynisme mais dès qu'il est en présence de Clary, il est plus vulnérable que jamais. Plusieurs scènes m'ont offert de plaisants moments où j'ai senti mon petit coeur battre à tout rompre (la fête chez les elfes ou la soirée mouvementée chez Luke).

Argh, comment vous dire sans trop en dire, c'est désappointant. En fait, c'est très difficile d'admettre ce que l'auteur cherche à nous raconter, et très vite on scrute les petits indices qui indiqueraient une autre voie à suivre. En attendant, oui c'est frustrant ! Très frustrant. Au début je craignais m'ennuyer, mais heureusement Jace n'est pas un individu ordinaire qui se plie aux règles. Toujours excessif dans ses décisions, il nous gratifie de déclarations qui feraient se pâmer tout un couvent de bonnes soeurs !!! (Par contre, haro sur son discours à la toute fin !) Et c'est très bizarre, car jamais je n'ai trouvé que c'était révoltant ou immoral.

Tout le roman n'est pas totalement ancré autour de Jace et Clary, même si cela reste le nerf de l'intrigue. On retrouve avec plaisir les secrets du Monde Obscur, en faisant connaissance avec des créatures toutes plus charmantes les unes que les autres (ahem). Il y a aussi beaucoup d'humour - Magnus Bane et Simon n'y sont pas étrangers - et pas mal de vicissitudes  - Valentin en tête, presque détrôné par l'Inquisitrice, aveuglée par son chagrin et rendue folle de rage. Dans ce tome, la question des choix et du libre arbitre pèse énormément. Les personnages sont face à des décisions qui peuvent faire basculer leur propre destin, en plus de toucher leur entourage et le monde dans lequel ils vivent. On le devine d'emblée que le prochain livre sera déterminant, la guerre est imminente !

Je suis donc toujours accro, les sens en ébullition et l'amertume en arrière-goût, car je n'ai pas encore le troisième tome sous la main. (Pour la traduction française, il faut patienter en mai 2010. Je ne suis pas folle !) Et c'est difficile d'envisager une pause forcée, je sens comme un vide... Bladelor, où puis-je trouver ton patch pour lecteurs en manque ?! 

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City of Glass, le tome 3, va paraître en mai 2010 chez pocket jeunesse sous le titre Le Miroir Mortel.

Les autres projets de l'auteur,

September 7, 2010: The Clockwork Angel (qui ouvre une nouvelle série se passant à l'époque victorienne et serait le prequel de la série de The Mortal Instruments)

March 11, 2011: City of Fallen Angels (en fait le quatrième tome de la série, qui n'était pas prévue à la base, et qui raconte l'histoire de Simon)

 

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