04/06/07

Le livre du Temps, Tome 2 : Les sept pièces - Guillaume Prévost

  1. Le livre du Temps, Tome 1 : La pierre sculptée 

livre_du_temps_2Depuis sa découverte de la pierre sculptée, Sam Faulkner n'en finit plus de voyager dans le temps et de vivre d'étranges et fascinantes aventures à travers les âges. Mais c'est sans compter qu'il lui faut retrouver son père, Allan, libraire porté disparu depuis plusieurs mois. Sam pense l'avoir localisé dans un cachot du château de Vlad Tepes, le pendant de Dracula. Pour s'y rendre, il est nécessaire de rassembler sept pièces pour programmer sa destination et permettre l'évasion d'Allan.

Bien évidemment, cela va se corser. Dans ses voyages et également dans le présent, Sam commence à douter d'une ombre malfaisante qui cherche à nuir à la pierre sculptée. De plus, ses recherches pour délivrer son père l'amènent à rassembler des indices déconcertants et qui placent Allan Faulkner dans une posture peu reluisante. Son père aurait-il abusé de sa connaissance de la pierre pour s'emparer des richesses du passé et les vendre aux plus offrants ?

Jusqu'aux dernières pages, très honnêtement, l'action se nourrit d'éléments palpitants et haletants. Les voyages dans le temps donnent droit à des scènes riches, très fournies en détails historiques, et l'auteur ne manque pas d'imagination pour alimenter sans cesse la curiosité du lecteur. On dévore littéralement ce roman ! C'est d'autant plus redoutable qu'on enchaîne les chapitres, sur 260 pages, on voit trop rapidement surgir la fin, qui nous laisse groggy et déchiré par le final de ce tome 2 ! La suite doit paraître en janvier 2008, ce qui peut soulager l'attente. Mais n'attendez plus pour vous mettre au parfum, car les aventures du jeune Sam Faulkner sont foncièrement passionnantes ! Le style est soigné, et toutes les notions historiques sont rigoureuses, de la part d'un professeur agrégé d'histoire on n'en attendait pas moins !

Gallimard jeunesse, 260 pages  (2007).

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31/03/07

Echappée belle

ancre_des_revesLe sommeil attrapa Guinoux par les pieds, l'attira dans le fond. Il ne songea même pas à se débattre, tant son corps glissait avec délice dans le gouffre qui l'aspirait. Il dodelinait légèrement de la tête, telle une proie endormie à l'éther, tandis que son esprit s'enfonçait de plus en plus loin, jusqu'au point où sa conscience ne serait plus de taille à le rassurer mais saurait encore le défendre.

La frontière périlleuse n'était pas celle du jour et de la nuit mais celle de la veille et de l'endormissement.

Le sommeil exerçait sur lui une attirance vampirique.

Maintenant il dormait profondément. Sur l'oreiller, dans la pâle clarté de la lune filtrant à travers la lucarne de sa chambre, son visage d'enfant semblait las, mais ses yeux roulaient à l'intérieur de leurs orbites.

Où suis-je ? Où est l'interrupteur ?

Une plainte gutturale répercutée par l'écho le fit sursauter.

L'appel lointain d'une corne de brume.

Il cligna les yeux, effaré. Il ne voyait rien.

Tout autour de lui, une muraille de brouillard laiteux l'enserrait, l'asphyxiait.

Luttant contre la panique, il baissa les yeux.

Il se trouvait assis dans une barque.

(...)

L'Ancre des rêves, Gaelle Nohant  - ROBERT LAFFONT

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09/03/07

Le livre du Temps, Tome 1 : La pierre sculptée - Guillaume Prévost

livre_du_temps_1Samuel Faulkner vit chez ses grand-parents depuis la mort de sa mère, il y a 3 ans. Son père Allan, surnommé “le prototype de l'original”, a ouvert une librairie de livres anciens dans un quartier plus reculé de la ville. Quand dix jours passent sans avoir la moindre de ses nouvelles, Sam commence à s'inquiéter. Il se rend alors jusqu'à la librairie et découvre dans la cave une étrange statuette avec des jetons autour. Il touche à tout, puis ressent une sensation de chaleur... L'instant d'après, il se retrouve sur l'île d'Iona en l'an 800, chez une communauté de moines. L'aventure n'en finit pas. Et de chapitre en chapitre, Sam voyage dans le temps, débarque dans des situations épineuses. Il n'a toujours pas trouvé son père et tente malgré tout de rentrer chez lui. 

Ce tome 1 d'une saga absolument passionnante est une introduction fort habile et enthousiasmante. On y fait la rencontre d'un adolescent taciturne qui deviendra le héros d'aventures incroyables. Intrépide et futé, Samuel Faulkner se dévoile au fil des épisodes, à travers une épopée jubilatoire. On passe du Moyen-Age à l'Egypte ancienne sans moufter, puis retour dans le présent avant de reprendre l'enquête. C'est passionnant. Même le livre en lui-même est esthétiquement parfait, il se présente comme un grimoire, avec une couverture cartonnée et une jaquette étonnante. Ce début de trilogie est plus que prometteur ! 

Gallimard Jeunesse, 237 pages (2006)

  • Clin d'oeil : « Sam essaya de rassembler ses maigres connaissances sur l'alchimie : il avait entendu parler de la pierre philosophale - merci Harry Potter - , de la fabrication de l'or à partir du plomb ou du mercure - il ne se souvenait plus - et puis c'était tout. Il faudrait y aller à l'instinct... »

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06/02/07

Le treizième conte - Diane Setterfield

 

treizieme_conteMargaret Lea n'aime pas les auteurs contemporains, elle ne lit que des auteurs morts, grandit dans une librairie de livres anciens auprès de son père, grand collectionneur de pièces rares.
Un jour, Margaret reçoit la lettre de Vida Winter, auteur de best-sellers, pour entreprendre l'écriture de sa biographie.
Pourquoi elle, pourquoi Margaret ? Elle n'a pas de goût pour les contes étranges et surréalistes qu'écrit Vida Winter. Avant toute chose, elle décide donc d'ouvrir un recueil très rare, "Le treizième conte", dans lequel Margaret découvre avec effarement qu'elle est subjuguée par l'univers de Vida Winter, et devine qu'un secret est renfermé dans ce livre !
Margaret choisit de partir dans le Yorkshire pour rencontrer Vida Winter. Cette dernière vit à l'écart du monde, dans une grande propriété isolée, où Margaret s'installe, aborde avec circonspection la grande romancière et commence à prendre des notes.
C'est dans cette maison à l'aura inquiétant que Margaret va ressentir le vertige des souvenirs, le poids du passé, la portée de sa naissance. Elle écoute avec intérêt les confidences de Vida Winter, se méfie de ses affabulations dont l'écrivain s'est rendue célèbre.
Margaret veut la vérité, toute la vérité. Confiez-moi la vôtre, l'engage Vida Winter, mais la jeune femme se ferme, non impossible de se résoudre, et pourtant "tout le monde a une histoire"...

Et c'est ainsi qu'on embarque dans ce roman puissant, dense, lourd de 400 pages, dans lequel on retrouve avec délice toute cette ambiance décalée des romans du 19ème siècle.
On pense très fort aux soeurs Brontë, dont "Jane Eyre" est moults fois évoqué, et où l'échappée belle de Margaret sur les landes entre la pluie et le vent rappelle sans équivoque les héroïnes des Hauts de Hurlevent.
On revoit aussi Daphné du Maurier et son célèbre "Rebecca" pour l'esprit austère et les présences de fantômes.
L'écriture scrupuleuse et passionnée de Diane Setterfield nous baigne dans un autre temps, au coeur du domaine d'Angelfied, théâtre de drames, de mystères et de folie. Et il faut aussi souligner le portrait remarquable de Vida Winter :

"Elle ressemblait à une reine, une sorcière ou une déesse des temps anciens. Sa silhouette raide émergeait, majestueuse, au milieu d'une profusion de pourpre cardinale et de coussins rouges. Drapés autour de ses épaules, les plis turquoise et vert qui habillaient son corps n'assouplissaient en rien sa rigidité. Ses cheveux cuivrés étaient coiffés en une savante composition de rouleaux, de boucles et de torsades autour d'un visage poudré, aussi quadrillé qu'un plan de ville, dont la blancheur faisait ressortir les lèvres hardiment soulignées d'un rouge écarlate. Sur ses genoux, ses mains n'étaient qu'un agrégat de rubis, d'émeraudes et de jointures blanches et osseuses; seuls ses ongles, dépourvus de vernis, coupés très court et carré, détonnaient. Ce qui me désarçonna le plus, ce furent ses lunettes." ...

Pour connaître la suite, je vous engage à découvrir vite fait ce roman captivant, envoûtant, dans la grande et pure tradition des romans anglais du 19ème ! A savourer.

Plon

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