09/05/08

Coups bas et talons hauts - Tonie Behar

coups_bas_et_talons_hautsVif, tonique et enlevé, le roman de Tonie Behar s'apprécie sans fin (faim) ! Attachée de presse dans l'agence de relations publiques de la très respectée Annick Bondy, Dahlia Arditi est belle, intelligente et bosseuse. Mais rien n'est acquis au sein de cette équipe féminine et hyper glamour, surtout lorsqu'on a pour concurrente la sculpturale Chloé de Lignan qui baigne dans le milieu du luxe depuis toujours. Chloé est son cauchemar personnel, sa Cruella perfide qui lui met des bâtons dans les roues et aime tirer la couverture à elle toute seule.

Un soir de novembre pluvieux, Dahlia est agressée dans la rue par un individu qui veut lui voler son sac quand un mystérieux Zorro surgit de nulle part et vole à son secours. Les choses en resteront là, puis six mois passent et Dahlia retrouve son Chevalier Servant au bras de son ennemie jurée... Chloé ! Vous imaginez la suite ? Petits coups bas, mesquinerie féminine, séduction folle et grandes scènes de tralala qui vous collent un sourire béat au visage, oui on mord à l'hameçon, avec un sens particulier de dégustation. Dahlia est une jeune femme délicieuse, qui aime séduire mais attend le grand amour. Elle a pour devise, au risque de déplaire, d'allumer mais de ne jamais éteindre ! Charmant.

J'ai trouvé dans la lecture de ce livre un véritable plaisir de divertissement, des clichés saturés, des ficelles grosses comme mes deux poings réunis, mais j'en demande encore ! Les vacances approchent, le beau temps est de retour, voici le livre idéal à glisser dans le sac de plage ou pour flâner dans un hamac ! A propos, préférez le terme "comédie romantique" à celui de chick-lit à la française (ou littérature de poulette), c'est beaucoup plus joli et tant pis si ça fait cucul la praline. Au moins, vous êtes déjà servi(e)s ! Bonne lecture à tou(te)s !

Mille mercis Tonie !

Editions JC Lattès, 2008 - 283 pages - 17,50 €

Illustration de couverture : Colonel Moutarde

www.comedieromantique.com

Les avis de Cathulu & Fashion

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15/04/08

* Fascination - Stephenie Meyer

fascination_1Bella Swan, dix-sept ans, quitte Phoenix pour vivre chez son père à Forks, petite ville de l'état de Washington réputée pour son climat pluvieux. Bella a toujours détesté Forks mais la nouvelle passion amoureuse de sa mère a conduit l'adolescente à partager le quotidien paisible et passablement ennuyeux de son père Charlie, chef de police. Particulièrement détestable et irritable, la jeune fille rechigne d'avance, et puis s'étonne. Son père est un compagnon agréable et discret, il vient de lui faire cadeau d'une antique Chevrolet à plateau pour son entrée au lycée, lequel lui réserve aussi la surprise d'être minuscule mais accueillant. Elle y est traitée en petite reine, attire les garçons, bref sa nouvelle vie ne s'annonce pas si mal. Et puis survient cette incroyable rencontre, presque irréelle, avec un groupe de trois garçons et deux filles, tous plus beaux les uns que les autres. C'est le clan Cullen, des frères et des soeurs adoptés par le docteur et sa femme. Ils se tiennent tous les cinq à part des autres (du commun des mortels ?), mais attirent l'attention de Bella. Toutefois, sa présence n'a pas l'air du goût de l'un d'eux, le dénommé Edward, son voisin de table en cours de biologie car ce dernier réagit violemment lorsque Bella s'installe à côté de lui, seule place disponible. Cette réaction atypique de violence contenue interloque la demoiselle, puis la déconcerte avant de la mettre hors d'elle. Il lui sera, cependant, impossible de s'expliquer avec l'objet de ses tourmentes car Edward s'absente plusieurs jours. A son retour, il affiche un sourire de circonstance et se montre plus aimable avec Bella, qui n'en finit pas de n'y plus rien comprendre !

Bella est fascinée par ce garçon, beau à damner un saint, superbement inconscient du pouvoir qu'il exerce sur la jeune fille, elle-même s'étant tout le temps considérée banale et extraordinairement pataude. Il lui semble inenvisageable qu'un Apollon comme lui s'intéresse à elle, et puis ce bellâtre a le don de l'agacer, de la déconcerter et de l'attirer tout autant. Car l'attirance entre eux est existante, palpable, mais Edward cultive aussi une étrange retenue et des sautes d'humeur inquiétantes. Pourquoi ? Quand le mystère est levé, la réaction de la belle ne sera pas sans surprise... non plus !

Que dire sur un roman qui a déjà fait couler tant d'encre ? Je ne savais décemment pas quel pouvoir il décelait, quelle attraction implacable il dissimulait. Ou bien je trouvais que c'était suspect, dans le genre trop de succès peut induire en erreur, créer trop d'attente et une frustration au tournant. J'avais zappé les articles à son sujet, de peur d'en apprendre trop. Bref, j'étais à la frontière de l'envie, de la crainte et du doute. J'ai expliqué comment je suis tombée dedans, par hasard, et l'effet dévastateur que cela a eu sur moi. Maintenant je découvre que toutes les lectrices ont, comme moi, ressenti cette montée d'adrénaline qui est irrésistible, cet effet de drogue, de manque, d'exaltation déraisonnable et clairement débile (bah oui, j'ai tout de même 32 ans ! je dois grandir un peu !). Je ne suis tout de même plus une ado niaise qui s'amourache du héros d'un roman parce qu'il est beau, hyper séduisant, a un voix de ténor et un sourire en coin qui fait fondre toutes les femelles du coin ! ! ! (Bah si.)

Alors oui, c'est un livre qui est facile, qui réunit toutes les grosses ficelles et tous les ingrédients existants pour concocter une recette efficace, toute simple, mangeable et le tout saupoudré de ces piments essentiels pour mettre en bouche avec une toute aussi déconcertante avidité ! Oui, oui, oui. Mais où est le problème ? Car, non contente de déjà nous faire grincer des dents par tant d'habileté, Stephenie Meyer a le culot de mettre en scène des personnages charismatiques, qui touchent à la grâce divine, je pense à Edward Cullen qui vous donne des bouffées de chaleur mais Bella Swan aussi, dans son genre à des années lumière, agaçante mais tellement commune, tellement humaine, est attachante ! Ce roman, en plus d'être une histoire d'amour avec ses soubresauts, ses drames, ses élans et ses frustrations, est un livre qui évoque la fascination au sens le plus large. Tout est là. Et Bella en rajoute une couche, à maintes reprises, tant elle est éblouie par Edward. (Je me demande quel terme anglais a d'ailleurs été employé pour ça.) C'est peut-être nigaud, mais j'ai justement beaucoup aimé cette insistance. N'est-ce pas tout simplement merveilleux et fantastique d'être éblouie, et/ou d'exercer ce pouvoir d'éblouissement qui fait tomber dans les pommes !?! Je n'exagère pas. Et puis il y a des passages, absolument mémorables, qui font vibrer la corde romantique de toute midinette qui se défend, damned, de l'être ! « Edward est resté seul pendant presque un siècle. Maintenant il t'a. Tu n'es pas consciente des changements que tu as provoqués en lui, nous si. Penses-tu que l'un de nous tiendrait à croiser ses yeux pendant les cent prochaines années s'il devait te perdre ? » Ne cherchez pas à comprendre, Fascination est un roman qui se vit ! Je suis actuellement plongée dans le tome 2, les vannes sont grandes ouvertes, mais j'adore ça !

Fascination, de Stephenie Meyer

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Luc Rigoureau (Titre original : Twilight)

Hachette, 2005. 525 pages. 18€

Vous êtes nombreux à l'avoir lu, donnez-moi vos liens sans hésiter !

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04/06/07

Le livre du Temps, Tome 2 : Les sept pièces - Guillaume Prévost

  1. Le livre du Temps, Tome 1 : La pierre sculptée 

livre_du_temps_2Depuis sa découverte de la pierre sculptée, Sam Faulkner n'en finit plus de voyager dans le temps et de vivre d'étranges et fascinantes aventures à travers les âges. Mais c'est sans compter qu'il lui faut retrouver son père, Allan, libraire porté disparu depuis plusieurs mois. Sam pense l'avoir localisé dans un cachot du château de Vlad Tepes, le pendant de Dracula. Pour s'y rendre, il est nécessaire de rassembler sept pièces pour programmer sa destination et permettre l'évasion d'Allan.

Bien évidemment, cela va se corser. Dans ses voyages et également dans le présent, Sam commence à douter d'une ombre malfaisante qui cherche à nuir à la pierre sculptée. De plus, ses recherches pour délivrer son père l'amènent à rassembler des indices déconcertants et qui placent Allan Faulkner dans une posture peu reluisante. Son père aurait-il abusé de sa connaissance de la pierre pour s'emparer des richesses du passé et les vendre aux plus offrants ?

Jusqu'aux dernières pages, très honnêtement, l'action se nourrit d'éléments palpitants et haletants. Les voyages dans le temps donnent droit à des scènes riches, très fournies en détails historiques, et l'auteur ne manque pas d'imagination pour alimenter sans cesse la curiosité du lecteur. On dévore littéralement ce roman ! C'est d'autant plus redoutable qu'on enchaîne les chapitres, sur 260 pages, on voit trop rapidement surgir la fin, qui nous laisse groggy et déchiré par le final de ce tome 2 ! La suite doit paraître en janvier 2008, ce qui peut soulager l'attente. Mais n'attendez plus pour vous mettre au parfum, car les aventures du jeune Sam Faulkner sont foncièrement passionnantes ! Le style est soigné, et toutes les notions historiques sont rigoureuses, de la part d'un professeur agrégé d'histoire on n'en attendait pas moins !

Gallimard jeunesse, 260 pages  (2007).

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31/03/07

Echappée belle

ancre_des_revesLe sommeil attrapa Guinoux par les pieds, l'attira dans le fond. Il ne songea même pas à se débattre, tant son corps glissait avec délice dans le gouffre qui l'aspirait. Il dodelinait légèrement de la tête, telle une proie endormie à l'éther, tandis que son esprit s'enfonçait de plus en plus loin, jusqu'au point où sa conscience ne serait plus de taille à le rassurer mais saurait encore le défendre.

La frontière périlleuse n'était pas celle du jour et de la nuit mais celle de la veille et de l'endormissement.

Le sommeil exerçait sur lui une attirance vampirique.

Maintenant il dormait profondément. Sur l'oreiller, dans la pâle clarté de la lune filtrant à travers la lucarne de sa chambre, son visage d'enfant semblait las, mais ses yeux roulaient à l'intérieur de leurs orbites.

Où suis-je ? Où est l'interrupteur ?

Une plainte gutturale répercutée par l'écho le fit sursauter.

L'appel lointain d'une corne de brume.

Il cligna les yeux, effaré. Il ne voyait rien.

Tout autour de lui, une muraille de brouillard laiteux l'enserrait, l'asphyxiait.

Luttant contre la panique, il baissa les yeux.

Il se trouvait assis dans une barque.

(...)

L'Ancre des rêves, Gaelle Nohant  - ROBERT LAFFONT

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09/03/07

Le livre du Temps, Tome 1 : La pierre sculptée - Guillaume Prévost

livre_du_temps_1Samuel Faulkner vit chez ses grand-parents depuis la mort de sa mère, il y a 3 ans. Son père Allan, surnommé “le prototype de l'original”, a ouvert une librairie de livres anciens dans un quartier plus reculé de la ville. Quand dix jours passent sans avoir la moindre de ses nouvelles, Sam commence à s'inquiéter. Il se rend alors jusqu'à la librairie et découvre dans la cave une étrange statuette avec des jetons autour. Il touche à tout, puis ressent une sensation de chaleur... L'instant d'après, il se retrouve sur l'île d'Iona en l'an 800, chez une communauté de moines. L'aventure n'en finit pas. Et de chapitre en chapitre, Sam voyage dans le temps, débarque dans des situations épineuses. Il n'a toujours pas trouvé son père et tente malgré tout de rentrer chez lui. 

Ce tome 1 d'une saga absolument passionnante est une introduction fort habile et enthousiasmante. On y fait la rencontre d'un adolescent taciturne qui deviendra le héros d'aventures incroyables. Intrépide et futé, Samuel Faulkner se dévoile au fil des épisodes, à travers une épopée jubilatoire. On passe du Moyen-Age à l'Egypte ancienne sans moufter, puis retour dans le présent avant de reprendre l'enquête. C'est passionnant. Même le livre en lui-même est esthétiquement parfait, il se présente comme un grimoire, avec une couverture cartonnée et une jaquette étonnante. Ce début de trilogie est plus que prometteur ! 

Gallimard Jeunesse, 237 pages (2006)

  • Clin d'oeil : « Sam essaya de rassembler ses maigres connaissances sur l'alchimie : il avait entendu parler de la pierre philosophale - merci Harry Potter - , de la fabrication de l'or à partir du plomb ou du mercure - il ne se souvenait plus - et puis c'était tout. Il faudrait y aller à l'instinct... »

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06/02/07

Le treizième conte - Diane Setterfield

 

treizieme_conteMargaret Lea n'aime pas les auteurs contemporains, elle ne lit que des auteurs morts, grandit dans une librairie de livres anciens auprès de son père, grand collectionneur de pièces rares.
Un jour, Margaret reçoit la lettre de Vida Winter, auteur de best-sellers, pour entreprendre l'écriture de sa biographie.
Pourquoi elle, pourquoi Margaret ? Elle n'a pas de goût pour les contes étranges et surréalistes qu'écrit Vida Winter. Avant toute chose, elle décide donc d'ouvrir un recueil très rare, "Le treizième conte", dans lequel Margaret découvre avec effarement qu'elle est subjuguée par l'univers de Vida Winter, et devine qu'un secret est renfermé dans ce livre !
Margaret choisit de partir dans le Yorkshire pour rencontrer Vida Winter. Cette dernière vit à l'écart du monde, dans une grande propriété isolée, où Margaret s'installe, aborde avec circonspection la grande romancière et commence à prendre des notes.
C'est dans cette maison à l'aura inquiétant que Margaret va ressentir le vertige des souvenirs, le poids du passé, la portée de sa naissance. Elle écoute avec intérêt les confidences de Vida Winter, se méfie de ses affabulations dont l'écrivain s'est rendue célèbre.
Margaret veut la vérité, toute la vérité. Confiez-moi la vôtre, l'engage Vida Winter, mais la jeune femme se ferme, non impossible de se résoudre, et pourtant "tout le monde a une histoire"...

Et c'est ainsi qu'on embarque dans ce roman puissant, dense, lourd de 400 pages, dans lequel on retrouve avec délice toute cette ambiance décalée des romans du 19ème siècle.
On pense très fort aux soeurs Brontë, dont "Jane Eyre" est moults fois évoqué, et où l'échappée belle de Margaret sur les landes entre la pluie et le vent rappelle sans équivoque les héroïnes des Hauts de Hurlevent.
On revoit aussi Daphné du Maurier et son célèbre "Rebecca" pour l'esprit austère et les présences de fantômes.
L'écriture scrupuleuse et passionnée de Diane Setterfield nous baigne dans un autre temps, au coeur du domaine d'Angelfied, théâtre de drames, de mystères et de folie. Et il faut aussi souligner le portrait remarquable de Vida Winter :

"Elle ressemblait à une reine, une sorcière ou une déesse des temps anciens. Sa silhouette raide émergeait, majestueuse, au milieu d'une profusion de pourpre cardinale et de coussins rouges. Drapés autour de ses épaules, les plis turquoise et vert qui habillaient son corps n'assouplissaient en rien sa rigidité. Ses cheveux cuivrés étaient coiffés en une savante composition de rouleaux, de boucles et de torsades autour d'un visage poudré, aussi quadrillé qu'un plan de ville, dont la blancheur faisait ressortir les lèvres hardiment soulignées d'un rouge écarlate. Sur ses genoux, ses mains n'étaient qu'un agrégat de rubis, d'émeraudes et de jointures blanches et osseuses; seuls ses ongles, dépourvus de vernis, coupés très court et carré, détonnaient. Ce qui me désarçonna le plus, ce furent ses lunettes." ...

Pour connaître la suite, je vous engage à découvrir vite fait ce roman captivant, envoûtant, dans la grande et pure tradition des romans anglais du 19ème ! A savourer.

Plon

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