28/03/18

Après l'incendie, de Robert Goolrick

En faisant référence, à tort ou à raison, au célébrissime roman de Margaret Mitchell, l'éditeur avait beau jeu de m'attirer dans ses filets ! En effet, l'histoire est tout ce qu'il y a de plus flamboyant et romanesque dans le genre.

APRÈS L’INCENDIE

Diana Cooke est une héroïne fascinante - cette beauté sudiste vit dans une magnifique propriété en Virginie et évolue avec aisance parmi la bonne société. Or, la réalité est moins glorieuse car la famille Cooke est ruinée. Pour sauver le domaine de Saratoga, ses parents n'hésitent pas à conclure un mariage avec le capitaine Copperton, un homme riche, puissant et parvenu. Diana a dix-huit ans, elle est naïve et intrépide, éblouie par les voyages en Europe et les toilettes clinquantes. Le réveil aura néanmoins un goût amer. Car cette parade, tristement banale, ne masque pas la brutalité d'un mariage vulgaire. Diana Cooke Copperton va pourtant connaître un destin incroyable, au sein duquel la flamme de la passion ne faiblira jamais.

Après un début laborieux, en raison d'un style lourd et ampoulé, j'ai finalement dévoré le roman en deux jours ! Clairement, j'ai été envoûtée par cette superbe fresque sentimentale, où se bousculent tous les clichés, avec des personnages caractériels, des élans du cœur déraisonnés, des drames en cascade et des émotions déchirantes. On se fond, avec un plaisir énorme, dans le décor de cette Amérique sudiste, accrochée à ses vieilles valeurs et ses grandes demeures historiques. De plus, le récit est surprenant et sensuel, avec une Diana en maîtresse absolue, femme entière, qui livre son corps et son cœur à ses instincts charnels, sans retenue, sans tabou.

Le roman parle donc d'amour, de fureur et de passion, évoque aussi la famille et l'héritage, relie le passé et le présent, en somme c'est ensorcelant. Au-delà d'un certain penchant pour les démonstrations excessives, la lecture se révèle époustouflante. Il n'y a qu'à fermer les yeux et s'imaginer qu'on part pour un long voyage ! Grandiose, vraiment. ☺ 

10/18 (2018) - Traduit de l’anglais (États-Unis) par Marie de Prémonville

Après l’incendie est suivi d’une nouvelle autobiographique inédite, Trois lamentations : le récit autobiographique d'une année où un très jeune Goolrick a partagé sa classe avec trois jeunes filles rejetées par le groupe : une prolétaire, une obèse et la première fille noire scolarisée parmi les Blancs.

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19/03/18

Un traître à Kensington Palace, d'Anne Perry

UN TRAÎTRE À KENSINGTON PALACEJ'aime beaucoup Anne Perry - dont je lis sans déroger toutes les parutions spéciales pour les fêtes de Noël - par contre j'ai accusé beaucoup de retard dans sa célèbre série du couple Charlotte et Thomas Pitt, dont voici le 32ème volume ! Ahem. Je tiens donc à saluer l'initiative des éditions Thélème qui proposent la version audio du titre. Pourquoi celui-ci, et pas le tout premier - L'étrangleur de Cater Street ? J'avoue que cela m'échappe, mais je n'ai pourtant pas boudé mon plaisir. Si je peux enfin recoller les wagons éparpillés et suivre cette série par livre audio, ce serait pour moi une formidable aubaine ! Un autre titre est d'ailleurs annoncé pour avril 2018, soit L'attentat de Lancaster Gate (n°31), qui confirme le choix de publier la série à rebours. Un détail discutable, malgré tout.

La vie de Thomas Pitt a grandement évolué depuis ses débuts dans L'étrangleur de Cater Street, et près de vingt ans ont passé quand on le retrouve dans Un traître à Kensington Palace ! Marquée par son veuvage et la vieillesse, la Reine Victoria convoque Thomas dans ses appartements privés pour évoquer la mort de son ami John Halbert, dont le corps a été repêché dans la Serpentine. Si l'enquête policière a conclu à une noyade accidentelle, la Reine souhaite en avoir le cœur net et demande à Pitt de dissiper ses soupçons. Ses rapports avec son fils Edouard ne sont pas au beau fixe, le Prince semblant s'attirer des amitiés à controverse, il revient à Thomas d'enquêter en toute discrétion pour éviter l'incident diplomatique. La mission est tendue, car Thomas est livré à lui-même et ne peut se confier à personne. Son épouse Charlotte ressent toute sa frustration mais va parvenir, avec sa vivacité légendaire et la complicité de sa sœur Emily, à aiguiller habilement les démarches de son mari.

L'intrigue policière est basique, on suit un Thomas Pitt confronté à sa conscience et forcé d'éprouver les limites de sa loyauté, d'où ce sentiment d'un homme tiraillé tout au long de son affaire, mais l'évasion historique est irréprochable (l'époque victorienne et son tableau sociétal). C'est la grande force de la série, en plus des personnages et de la satisfaction de les retrouver, livre après livre. La lecture audio faite par Frédérique Dufour pour les éd. Thélème est sobre et épurée (sans réalisation sonore). Cela peut déconcerter au début - le texte est livré dans son jus, sans artifice. La simplicité a du bon aussi !

10/18 Collection Grands Détectives (2017) / traduit par Florence Bertrand

(P)2016 Éditions Thélème. Lu par Frédérique Dufour. Durée : 9h env. -- Téléchargeable sur Audible

Couverture de Un traître à Kensington Palace

 

Le mot de l'auteur 

La série Pitt démarre en 1879 – le décor idéal d’un roman policier. Entre faste et misère, optimisme et désespoir, rien n’est plus romanesque que ces somptueux costumes, l’éclairage au gaz, les fiacres ou des empreintes dans la brume… Et puis, l’envie, la crainte, l’espérance, la disgrâce et l’avidité restent entièrement semblables hier ou aujourd’hui. Comme, malheureusement, les maux de cette société victorienne. Avec la famille Pitt nous explorons autant la pittoresque histoire de Londres que les vies singulières, les liens, ou encore les triomphes et les désastres de ses membres.

ANNE PERRY

03/01/18

Les premières enquêtes de Miss Silver : Le Masque gris, de Patricia Wentworth

LES PREMIÈRES ENQUÊTES DE MISS SILVER collectorFuyant une déception sentimentale, Charles Moray a longuement voyagé loin de son Angleterre natale, qu'il retrouve avec une pointe de nostalgie. Mais le soir où il se rend dans la grande demeure familiale, il surprend une réunion secrète dans la chambre de sa mère. Des individus complotent le meurtre d'une jeune héritière. Or, Charles reconnaît parmi eux la silhouette de Margaret Langton, son ancienne fiancée. Impossible pour lui de prévenir la police. Il parvient alors à la recontacter et la découvre en compagnie d'une jolie blonde, qui n'est autre que Margot Standing, la riche héritière qu'on cherche à éliminer. Sur les conseils de son ami Archie Millar, Charles embauche les services discrets de Miss Silver, “une petite personne, à la mine chiffonnée, aux traits insignifiants, aux cheveux grisonnants, soigneusement réunis en une lourde torsade sur la nuque”. Cette détective affable passe son temps à tricoter, tout en prêtant une oreille attentive aux confidences des uns et des autres. D'abord méfiant, Charles Moray va rapidement s'étonner de la vivacité d'esprit de cette étrange personne.

Miss Silver n'occupe toutefois pas le rôle clef de cette histoire, et même si elle est la contemporaine d'une certaine Miss Marple, notre héroïne est loin de l'égaler. Ceci dit, la lecture n'en reste pas moins charmante et pleine d'élégance ! L'intrigue policière se révèle habile et distrayante, avec ce soupçon de désuétude absolument ravissant, où l'on plonge avec délice dans une ambiance fin des années 20 - début des années 30, riche en insouciance et légèreté. Les personnages sont des caricatures frivoles et soupe au lait, mais inspirent aussi beaucoup de sympathie. En somme, c'est chic et sophistiqué. Pétillant comme une bulle de champagne.

La couverture signée Emmanuel Romeuf pour cette édition spéciale réunissant les trois premières enquêtes de Miss Maud Silver (Le masque gris, L'affaire est close, Le chemin de la falaise) vaut à elle seule la raison d'acquérir cet ouvrage ! 

10-18 collector, 2017, trad. Sophie Vincent pour Le Masque Gris (Grey Mask)

 

20/12/17

Lumikko, de Pasi Ilmari Jääskeläinen

LumikkoCe roman est tout simplement hors du commun ! J'ignorais tout de son contenu, si ce n'est que la couverture fort séduisante me faisait de l'œil et m'invitait à m'y pencher. C'est maintenant chose faite, et j'avoue n'avoir pas été déçue du voyage.
Direction un petit village finlandais, à Jäniksenselkä, où Ella Milana découvre, en corrigeant ses copies, que l'exemplaire de Crime et Châtiment, emprunté par un élève à la bibliothèque, est truffé d'erreurs. Elle se rend sur place pour rencontrer la responsable, Ingrid Kissala, qui balaie le problème d'une main désinvolte, avant de confiner l'exemplaire dans une pièce à part. Ella Milana ne renonce toutefois pas à comprendre cette incongruité et va s'embarquer dans une traque insensée pour percer, entre autres, la personnalité de Laura Lumikko, célèbre auteur de romans pour la jeunesse, également connue pour avoir créé une Société littéraire dont l'entrée est verrouillée. Chance incroyable, Ella est conviée à devenir le dixième membre... Mais au cours de la cérémonie de son intronisation, une effroyable tempête de neige ravage tout sur son passage et fait disparaître la maîtresse des lieux. Ella est alors à la croisée des chemins et a la sensation d'avoir été assise sur un strapontin. Qu'importe, elle décide de poursuivre son enquête et s'applique à suivre les règles tordues du Jeu - qui consiste à se faufiler chez les autres sociétaires et les obliger à “déverser”, en usant parfois de méthodes douteuses. Les dés sont lancés, la partie de “strip-tease psychique” peut commencer. Ella Milana va ainsi pénétrer dans les coulisses d'une société secrète avec des écrivains dont les révélations vont faire chavirer la barque ! 
Au final c'est drôlement vicieux, assez étrange et malgré tout fascinant. J'admets avoir été parfois paumée ou mal à l'aise, mais pas du tout rebutée par ce que je lisais. Au contraire, en dépit des excentricités et autres divagations, j'avais toujours envie de découvrir la suite ! Car cela reste une expérience de lecture peu banale, et plutôt enthousiasmante. Il y a pas mal de charme, de mystère et de “réalisme magique” au menu. Une ambiance singulière et des personnages pas du tout attachants. Mais c'est ce mélange qui rend l'aventure incroyable, puisqu'on s'égare volontiers dans les méandres de cette histoire où se mêlent le processus d'écriture, la création littéraire, la mythologie, les spectres et les croyances. Cela foisonne en toute allégresse. Résultat, la lecture est à la fois tendre, ironique, subtile et troublante. Elle procure une immersion originale et marquante ! ☺

“Les détectives amateurs dont regorge la littérature l'avaient toujours agacée par leur manque de crédibilité. Elle n'avait aucune intention de devenir une petite fouineuse du dimanche façon Miss Marple ou une version bon marché de l'homme de Baker Street, et elle n'avait pas la moindre envie de finir dans les gros titres des journaux à sensation. Ce n'était pas ainsi qu'on bâtissait une carrière universitaire. Elle ne voulait pas être le bras de la justice, elle voulait simplement écrire une bonne étude littéraire et gagner sa vie.”   

10x18 (2017) - Trad. Martin Carayol

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Un Noël à New York, de Anne Perry

Un noel à new yorkEn ce mois de décembre 1904, Jemina Pitt traverse l'Atlantique pour se rendre à New York avec son amie Delphinia Cardew qui doit épouser le fils de l'associé de son père. Accueillie chaleureusement par la famille Albright, Jemina est également séduite par le nouveau continent et par son ambiance cosmopolite. Harley Albright, le frère du fiancé, s'est même offert d'être son guide personnel durant son séjour. Ainsi, au détour de leurs flâneries, celui-ci s'épanche sur la possible menace qui plane sur les prochaines noces. En effet, il a eu écho du retour en ville de la mère de Delphinia, qu'on croyait disparue depuis des années. Harley craint qu'elle ne s'approche de sa fille pour lui extorquer de l'argent. Afin d'empêcher tout scandale, Jemina accepte de faire équipe et de mener une enquête discrète. Mais les affaires de famille peuvent parfois se révéler périlleuses, entraînant dans leur sillage la réputation et l'innocence de notre héroïne.
L'ambiance hivernale et le paysage new-yorkais à l'approche des fêtes plantent le décor et sont les principaux atouts de cette lecture. L'histoire est délicieuse, nous présentant la fille de Thomas Pitt comme étant une demoiselle indépendante, au tempérament affirmé et doué de bon sens. Ce qui se trame en coulisses est également charmant et captivant (dîners dans la haute société, secrets et non-dits). J'étais pleinement intriguée, curieuse d'aller plus loin et désireuse de fouiller encore. Hélas, le format du conte traditionnel est court (moins de 200 pages), ce qui ne permet guère à l'histoire de se déployer. Or, j'avais envie d'ampleur et de ne pas m'arrêter en si bon chemin. Au lieu de ça, le livre se termine trop tôt, avec un dénouement précipité. Je suis franchement frustrée, car j'avais anticipé un rendez-vous à la hauteur des promesses vendues. Dommage. La lecture est loin d'être mauvaise, mais nous laisse une sensation de dispersion et de brusquerie en raison de son format imposé. Les contes de Noël façon Anne Perry demeurent, malgré tout, une rencontre incontournable en cette période ! ☺

10-18 Grands Détectives, 2016 - Trad. Pascale Haas

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19/12/17

Un Noël en Sicile, de Anne Perry

“En ce mois de décembre, la neige ne tarderait pas à tomber chez lui en Angleterre, mais là, tout près de la Sicile, la brise chargée d'embruns était d'une extrême douceur. (...) Passer trois semaines à Noël sur une île volcanique de la Méditerranée changerait-il quelque chose ? Ce séjour le guérirait-il de ce sentiment de désespoir, de petits échecs sans fin ?”

Un noel en sicileÂgé d'une quarantaine d'années, James Latterly se sent déjà vieux et rongé par l'amertume. L'homme vient de perdre son épouse, mais n'éprouve aucun réel chagrin. Outre un parcours professionnel gratifiant, James pose un regard vide sur le reste de son expérience. En s'isolant sur l'île de Stromboli, il espère au mieux oublier ses idées noires et retrouver l'élan qui lui fait défaut. Dans la petite pension qu'il occupe, notre homme croise d'autres vacanciers en déroute - un écrivain pompeux, un colonel guindé, des époux mal assortis et un vieillard malade. Seule une jeune adolescente, Candace Finbar, détonne en débordant de joie et de vie dans ce paysage sinistre. S'ajoutent, en toile de fond, les grondements sourds et insistants du volcan situé non loin de leur logis. Débonnaire, leur hôte assure que la situation est sous contrôle, mais James pressent un drame en puissance. Bingo. Quelques chapitres plus loin, c'est une avalanche de catastrophes qui s'abat sur l'histoire et les personnages. Quel revirement de situation ! La lecture, qui affichait pourtant un rythme de croisière pépère, devient soudainement plus intense et tragique. C'est aussi dans une atmosphère apocalyptique que l'on avance dans ce récit, où les corps tombent comme des mouches, mais où l'instinct de survie prévaut. Si James en doutait encore, cette réalité brutale va lui secouer les puces.
Au final, j'éprouve la sensation confuse d'avoir lu un roman décousu et échevelé, mais où le charme et l'élégance d'Anne Perry priment et travaillent en force pour vaincre les réticences. Je ne suis pas profondément déçue, les récents titres de cette collection ont déjà prouvé leurs limites, toutefois c'est enrichissant d'aller à la rencontre des personnages secondaires des sagas fétiches de l'auteur (James est le frère d'Hesther Monk). De plus, la promesse d'évasion est remplie, à défaut de baigner dans une ambiance de Noël digne de ce nom. ☺

10-18 Grands Détectives, 2017 - Trad. Pascale Haas

 

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Le secret de la manufacture de chaussettes inusables, d'Annie Barrows

À offrir ! Édition de poche collector avec couverture à rabats.

LE SECRET DE LA MANUFACTURE DE CHAUSSETTES INUSABLES COLLECTOR

Fâchée avec son sénateur de père, qui souhaitait la fiancer contre son gré, Layla Beck accepte le premier job venu - écrire l'histoire de Macedonia, une petite ville de Virginie-Occidentale, pour le compte d’une agence gouvernementale. Contre toute attente, cette expérience va s'avérer grisante et pleine de surprises ! Layla s'installe chez les Romeyn, dans la moiteur d'un été caniculaire, et découvre chez cette famille un passé cerné d'ombres et de fantômes. À force de fouiller dans les archives de la ville et les anecdotes des habitants, la jeune femme va se connecter avec un secret familial, doublé d'un drame sentimental, qui a plongé Jottie Romeyn, son frère Félix et leurs proches dans un silence pesant et expliquerait leur mode de vie engourdie.

Ce roman, très attendu depuis que j'avais été enchantée par Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates, co-écrit par Annie Barrows et sa tante Mary Ann Shaffer, ne lui arrive sans doute pas à la cheville, mais offre malgré tout un instant de lecture absolument réjouissant. L'histoire nous balade gentiment à travers les rues de Macedonia, en compagnie d'une brochette de personnages attachants, qui se plaisent à colporter toutes sortes de fables et dressent ainsi un tableau de la ville particulièrement cocasse. On se sent vite comme un coq en pâte, pas mécontent de notre visite. À côté de ça, le secret de la famille Romeyn nous taraude. Et c'est grâce à la curiosité insatiable de la jeune Willa, douze ans, que certains mystères du passé vont se lever. Pourquoi Jottie se refuse d'aimer à nouveau ? que fabrique Félix dès lors qu'il s'échappe de la maison pour revenir les poches pleines d'argent ? quels mensonges Vause Hamilton a-t-il emportés dans sa tombe ? qu'est-ce qui a pu briser leur amitié avec Sol McKubin ?

Même si le rythme est lent et le roman copieux, la lecture n'inspire aucun ennui. Au contraire, j'ai été charmée par l'ambiance, captivée du début à la fin. J'avais l'impression de décrocher avec la réalité qui m'entourait pour voyager dans un décor dépaysant mais chaleureux. Cela m'a beaucoup plu. Les histoires de famille et les petites villes américaines n'ont pas fini d'exercer leur attrait sur moi ! ♥☼

10-18 COLLECTOR, 2017 -  672 pages - Traduit par : Claire ALLAIN, Dominique HAAS

 

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31/08/17

Le parfum des fraises sauvages, d'Angela Thirkell

LE PARFUM DES FRAISES SAUVAGESIl semblerait que le fil rouge de mon été se soit jalonné de petites préciosités anglaises, promptes à me propulser dans de délicates ambiances désuètes, qui n'ont pas été pour me déplaire. Dernière trouvaille : Angela Thirkell, petite-fille du peintre Edward Burne-Jones, cousine de Rudyard Kipling et filleule de J. M. Barrie. Excusez du peu.
Elle a su concocter, avec Wild Strawberries, un savoureux cocktail d'humour, d'insouciance et de joyeux badinage. L'histoire se passe dans les années 30, dans le domaine cossu de Rushwater, où la famille Leslie déploie une vive excentricité dans leur manière de vivre. Ici, tout paraît plus lisse, plus simple, plus facile. Les repas sont signalés d'un gong discret, servis avec célérité par le majordome, les enfants rechignent à avaler leur porridge, lady Emily disserte de longues minutes avant de prendre place dans l'église, mettant la patience du révérend au supplice, son époux ne s'embarrasse d'aucun détail domestique et veille à choisir scrupuleusement le nom de son bétail qui s'exporte en Argentine...
Dans ce fabuleux tohu-bohu, la jeune Mary Preston débarque pour passer l'été auprès de la famille de sa tante et tombe sous le charme de David, dont les prétentions artistiques n'éveillent plus chez ses proches qu'un vague intérêt feint. Mais la jeune femme est émoustillée par ses attentions (un paquet de fraises sauvages), ses balades au clair de lune ou ses virées à Londres. C'est assez pour étourdir notre oie blanche à l'âme si douce et romantique ! 
Ce tableau de famille est également rehaussé par une brochette de personnages secondaires, dont un certain flagorneur ou une famille française, lesquels sont épinglés avec cocasserie, pas loin d'une certaine férocité, tant leur bêtise est étalée dans toute sa splendeur, mais sans volonté de nuire.
Car l'ambiance générale est heureusement délectable et bienveillante. L'auteur s'applique à dépeindre une saison à la campagne, chez des jeunes gens aisés et oisifs, sans distiller un soupçon de manichéisme, juste dans le souci de partager une tranche de vie frivole et guillerette.
Le rendu fait mouche. Et on goûte avec délice aux nombreux ingrédients qui constituent cette comédie rafraîchissante et légère. C'est dégoulinant de charme vintage, et c'est tout bon !

10-18 Littérature étrangère / 2017 - Trad. par Florence Bertrand

 

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Le jardin blanc, de Stephanie Barron

LE JARDIN BLANCJo Bellamy, une jeune paysagiste américaine, est envoyée à Sissinghurst pour s'inspirer du célèbre Jardin Blanc, aménagé par Vita Sackville-West et son mari Harold Nicolson dans les années 30, afin d'en reproduire une copie pour une riche cliente new-yorkaise.
Sur place, Jo fait rapidement l'étonnante découverte d'un vieux journal intime, ayant probablement appartenu à son aïeul - la jeune femme n'ayant jamais caché ses motivations personnelles à se rendre dans le Kent, où son grand-père Jack a vécu et œuvré en tant que jardinier au château.
D'après les notes du journal, celui-ci aurait également croisé le chemin de Virginia Woolf, au cours du printemps 1941. Fait marquant, cette dernière se serait suicidée le 28 mars, du moins son corps n'a été retrouvé que trois semaines après sa disparition, d'où de folles spéculations quant au déroulement des événements durant ce laps de temps.
Et là, point de grand discours, mais un emballement total pour cette lecture excitante, pleine de pep's et de rebondissements, avec une galerie de personnages pittoresques et des aventures rocambolesques. J'ai franchement adoré. 
Entre clins d'œil romanesques, chausse-trappes et délires audacieux, j'ai pris un plaisir fou à me balader dans la verte campagne anglaise, foulant de magnifiques jardins, traquant aussi le spectre de la femme de lettres, auréolée de mystères. C'est prodigieux. Et puis, qu'importe les libertés prises, les raccourcis, les concomitances trop belles pour être crédibles... on plonge sans rechigner dans cette comédie érudite et enlevée, qui ébouriffe les sens et procure un vrai bonheur de lecture.
Un vif succès, pour les amoureux de littérature, de nature, d’amour et de suspense. ☺

10x18 Littérature étrangère / 2015 - Trad. par Isabelle D. Philippe

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Blackout Baby, de Michel Moatti

BLACKOUT BABY

Londres, 1942. Alors que la ville sombre en plein chaos, essuyant les bombardements intempestifs de la Luftwaffe, la population se rue dans les abris et panse ses plaies dans l'attente de jours meilleurs. Pourtant, les britanniques ne se démontent pas et enchaînent leur routine avec morgue et insouciance.
Dans ce tumulte indescriptible, un type hante les rues de la ville, se faufile parmi la foule et séduit des jeunes femmes au gré de ses rencontres. Ses inclinations ont néanmoins un sévère penchant vers la folie furieuse et le morbide, car ce dangereux pervers assassine froidement et sauvagement ses conquêtes.
On n'ignore hélas rien de ses pulsions, encore moins de ses obsessions ni de son modus operandi, car on le suit dans ses dérives, on assiste avec effroi à ses séances de torture et on retient son souffle.
Les services de police aussi sont aux abois, face à ce « Blackout Ripper » qui réveille les vieux cauchemars du tristement célèbre Jack R. D'où l'apparition d'Amelia Pritlowe, infirmière déjà croisée dans Retour à Whitechapel, sollicitée pour apporter ses lumières et se servir de son expérience pour soulager cette inquiétante enquête.
L'histoire, inspirée de faits réels, nous plonge dans une atmosphère opaque et oppressante, et c'est là une grande richesse. Elle donne en effet à la lecture une aura particulière, non dénuée d'intérêt. Sensible à l'époque et aux détails historiques, j'ai été transportée dans ce roman globalement prenant et rondement mené.

10x18 Grands Détectives / 2016

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