08/06/19

Orgueil et préjugés, par Jane Austen

ORGUEIL ET PRÉJUGÉSMiam miam miam. Que c'était bon.
Une relecture pleine d'esprit et d'humour, pour un roman qui raconte si bien la chasse aux maris au sein d'une famille tumultueuse et ô combien capricieuse.
Cette fois, on a une ambiance beaucoup moins mélancolique que Persuasion et tellement plus primesautière que Raison et Sentiments. L'histoire se résume simplement : Elizabeth et Darcy ne s'apprécient guère lors de leur première rencontre et n'auront de cesse de démontrer l'étendue de leurs tiraillements. En fait, ils ne sont jamais sur la même longueur d'ondes. Soit c'est trop tôt, soit c'est trop tard. Et jamais ils n'éprouvent les bons sentiments aux bons moment. Ils parlent souvent avant de réfléchir ou bien réfléchissent trop, à tel point que leurs supputations, leurs inclinations et leurs déclarations tombent à plat.
Quels idiots... Du moins, dois-je avouer qu'Elizabeth n'est pas mon héroïne fétiche. Depuis toujours elle m'insupporte. C'est une donneuse de leçons qui s'ignore mais son attitude hautaine ne trompe personne (pas moi, en tout cas). A contrario de Darcy, magnifiquement taciturne et terriblement gentleman. Soupirs extatiques à profusion. Cette fois, je remettrai la palme du potentiel insoupçonné à Mr Collins. Yep. Ce bougre d'âne est franchement risible ! Sans lui, le roman n'aurait sans doute pas la même saveur.
Ce cousin des Bennet ne doute pas de son sex-appeal. Sa convoitise est forcément un cadeau du ciel. Recevoir une demande de sa part n'est bien évidemment qu'évidence et gratitude profonde. Amen !
Sur ce, je rassemble mes impressions et mes souvenirs. J'emballe tout ça avec un joli ruban. Hop, c'était au niveau de mes espérances. Moins long, plus piquant, assez sensuel et néanmoins mystérieux. C'était miam, quoi !

©Editions Christian Bourgois pour la traduction par V. Leconte et Ch. Pressoir - Repris en poche chez 10x18 dans de magnifiques couvertures

Il existe une version audio des Brumes de Mars avec Évelyne Lecucq en narratrice. Et c'est excellent ! 11 heures d'écoute virevoltante et enjouée avec une réalisation sonore musicale qui nous plonge dans l'ambiance. Je ne peux que recommander.

Orgueil et préjugés brumes de mars

 

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06/06/19

Persuasion, de Jane Austen

PERSUASIONAnne Elliot est une beauté fanée de 27 ans. Éternelle célibataire. Son père, trop orgueilleux et dépensier, doit céder son domaine à un couple de locataires qui ramène dans son sillage une vieille connaissance.
Huit ans plus tôt, Anne a rompu ses fiançailles avec Frederick Wentworth, alors jeune lieutenant sans le sou. Son amie et bienfaitrice l'avait en effet persuadée de ne pas s'engager aussi hâtivement dans un avenir trop incertain.
Les années passant, Anne s'est donc éteinte. Mais son aura n'en demeure pas moins attrayante aux yeux de ses proches qui voient en elle une demoiselle discrète et compatissante. Sa compagnie est ainsi prisée... comme atteste la prévénance de son cousin, qui ne masque pas son intrigue.
Le retour de Frederick embrouille néanmoins l'esprit de notre héroïne, pas seulement parce qu'il est toujours d'une grande beauté et possède désormais de l'aisance. Plutôt parce qu'il se montre distant et rancunier. On l'acoquine même avec une demoiselle de leur cercle, après sa chute accidentelle sur la jetée.
Le lecteur ne peut que retenir son souffle car ce roman est excellent !
Avec un sens de la dramaturgie inégalable. Des regards et des silences insondables. Sans parler de sa tension insoutenable lors de deux épisodes clefs - la promenade tragique à Lyme et le soir du concert aux Rooms. Et cette lettre finale dont la seule réponse implique de censurer toute bienséance. Cours Anne, cours !
J'avais (presque) oublié le tourbillon romanesque de cette lecture... Que d'émotions, que de frissons. C'est super bon. J'en sors conquise et émoustillée.
Maintenant, imaginez Rupert Penry-Jones dans la peau du capitaine Frederick Wentworth et vous soupirez d'aise. C'est épique, vraiment !

©1980 Christian Bourgois éditeur. Traduction d'André Belamich ©1996 pour la présente édition 10x18

Il existe une version audio parue aux éditions Thélème.

Par contre, il s'agit d'un texte adapté & lu par Camille Cobbi (durée : 5 h env.)

Couverture de Persuasion

 

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04/06/19

Raison et sentiments, de Jane Austen

Raison et sentimentsMes souvenirs de lecture ayant été embrumés par le film d'Ang Lee, j'avais l'impression de redécouvrir le roman de Jane Austen pour la toute première fois. D'où une certaine tiédeur dans les premiers chapitres car je trouvais les sœurs Dashwood beaucoup moins sympathiques.
Célibataires sans le sou, Elinor et Marianne doivent quitter leur domaine pour un cottage plus modeste en perdant tout espoir d'un avenir radieux... mais vont adroitement retomber sur leurs pieds. Ceci dit, leur prospérité ne sera acquise qu'après quelques déboires puisqu'elles s'entichent de prétendants qui vont aussi leur échapper. La première s'incline, en toute humilité. La bonne âme. Par contre la deuxième, plus expansive, frise l'indécence en bombardant l'élu de son cœur avec des petits mots doux qui ne trouvent pas écho. 
Cette Marianne... J'ai longtemps cru partager les mêmes passions et soutenir ses excès. Vingt ans ont passé. Et là, me dis-je, que fait sa mère ?! Ce serait néanmoins trop réducteur de résumer Jane Austen à de simples badinages amoureux. Les émotions sont en effet plus profondes et subtiles. Point de séquences théâtrales. Place à une société oisive, qui babille en toute insouciance et qui colporte d'incessantes rumeurs sur le voisinage, tout en mariant les uns et les autres pour occuper de longues heures creuses. 
Les héroïnes de Jane Austen apparaissent toujours un peu superficielles et sottes au premier abord. Je tiens d'ailleurs à souligner le potentiel insoupçonné de Lucy Steele (et le plaisir manifeste de l'auteure à tailler son portrait et épingler ses travers). C'est caustique à souhait. On adore.
Car il y a de l'humour derrière tout ça... Lorsque Marianne rencontre le Colonel Brandon, celui-ci évoque sans complexe ses rhumatismes et ses gilets en flanelle ! OMG. Oubliez le remarquable Alan Rickman... (et sa sublime mission de sauvetage). Las, les hommes n'ont probablement pas le plus beau rôle dans notre affaire. Et tous ces Edward, Willoughby ou autres spécimens ont finalement bien peu de valeurs. L'auteure les utilise comme des pions, jouant de leur vie et de leurs sentiments, avec une somptueuse malice.
C'est la leçon à retenir. Ou du moins, la perspective réjouissante d'une relecture sans accroc et la garantie d'une admiration sans borne.

©1979 Christian Bourgois Éditeur. Traduction de Jean Privat ©2012 pour la présente couverture chez 10x18

(P)2017 Audiolib lu par Cachou Kirsch (durée : 12h env.)

Couverture de Raison et sentiments

 

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25/04/19

Am Stram Gram, de M. J. Arlidge

Am Stram Gram lizzieSuis très perplexe après cette lecture. 
Qui, pourtant, démarre fort : des couples sont enlevés pour être séquestrés dans des lieux sordides. Ils n'ont pas d'eau, pas de vivres, mais un pistolet chargé d'une seule balle. Le deal est clair : pour survivre, il faut éliminer l'autre. 
Ce jeu morbide va hélas faire des adeptes et essaimer ses victimes dans tout Southampton. Pour l'équipe du commandant Helen Grace, la traque est dès lors obsessionnelle et sans pitié. Qu'importe si l'assassin est coriace, avec toujours une longueur d'avance.
L'ambiance au bureau est aussi tendue par la connaissance d'une taupe au sein de la brigade. Qui livre des infos au tortionnaire ? qui marchande des bribes de l'enquête à la presse ? En gros, tout fout le camp. Et on continue d'avaler des pages et des pages de scènes immondes avec un stoïcisme anormal. 
Comme si ça ne suffisait pas, la vulgarité s'invite à la fête. À croire qu'on aurait pu oublier combien c'est glauque. Une surenchère inutile. Déjà que l'héroïne est particulièrement tordue dans son genre : chaleureuse comme un bloc de marbre et aimant pratiquer une vie sexuelle riche en sensations fortes.
Voilà, voilà. Des réjouissances peu folichonnes pour un roman dégobillant les travers et autres perversités de notre société. Je m'attendais peut-être à autre chose, je ne sais pas, je suis écœurée par tout ce que j'ai lu. Même le dénouement fout un coup au moral. C'est lugubre, très désagréable comme sensation.
Je vais digérer un peu avant d'ouvrir Il court, il court, le furet.

©2015 Éditions Les Escales, pour la traduction française. Traduit par Élodie Leplat (P)2019 Lizzie

        REPRIS EN POCHE CHEZ 10-18

        Am Stram Gram 1018

 

25/01/19

La fille de l'hiver, par Eowyn Ivey

LA FILLE DE L'HIVERMabel et Jack ont tout plaqué pour s'installer en Alaska, dans une petite cabane en bois, au milieu de nulle part. Les conditions de vie sont rudes et les désillusions abondent au cours de cet hiver 1920. Le couple se demande s'il ne ferait pas mieux renoncer de cultiver la terre pour travailler à la mine. L'arrivée de leurs rares voisins, les Benson, leur conseillant de tuer un élan et de faire des pancakes au levain en attendant des jours meilleurs, leur redonne finalement de l'espoir. Auraient-ils pu aussi imaginer qu'un simple bonhomme de neige allait bouleverser leur existence ? Ou comment expliquer l'illusion d'un renard et d'une fillette rôder autour de leur maison ? Pour Mabel, fragilisée par ses fausses couches, il ne fait aucun doute que cette apparition est un don de la nature.

Il appartient ensuite au lecteur de succomber ou pas au charme de ce conte, pétri de réalisme magique, qui nous transporte dans une bulle hors du temps. Côté ambiance, on se croirait dans la petite maison dans la prairie, promis, c'est confondant. L'histoire peut sembler étrange et abstraite, alors qu'elle est pleine d'amour et d'abnégation. C'est fascinant. Entre rêve et réalité, on hésite et on se perd facilement. De plus, la nature est magnifique. On découvre une Alaska sauvage et énigmatique, véritable ouverture à voyager et méditer. Ainsi, on oublie tout. On largue les amarres. On chavire. On disparaît dans un méli-mélo onirique. On gobe son pouvoir ensorcelant et mystique. On s'imprègne de sa lumière et on savoure sa poésie. C'était bizarre, mais drôlement beau.

10-18 (2014) - traduit par Isabelle Chapman

titre VO : The Snow Child 

 

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20/01/19

Lola Bensky, de Lily Brett

Lola BenskyFin des années 60. Lola Bensky a 19 ans et travaille pour un magazine australien spécialisé dans les nouvelles figures du rock. Entre Londres et New York, Lola rencontre ainsi Mick Jagger, prend le thé avec Paul McCartney, prête ses faux cils à Cher, sauve Jimi Hendrix d'un accident de voiture, discute kilos en trop avec Mama Cass, évoque l'héritage juif avec Janis Joplin et résiste au charme vénéneux de Jim Morrison.
Toutes ces anecdotes font naturellement le piquant de cette lecture, où l'auteur s'incarne dans cette jeune journaliste mal dégrossie, qui souffre de son image, de son poids et d'être fille de rescapés des camps de concentration. Elle revient sur sa famille, les traditions et la religion, son avenir à Melbourne, ville où elle a suivi ses parents et rencontré un petit copain volage.
En fin de lecture, on retrouve Lola Bensky dans un appartement new-yorkais pour un dîner chez des amis. Elle a une soixantaine d'années et croise Mick Jagger, qui lui sourit avec tendresse. Nul ne sait s'il se souvient de cette époque tumultueuse et canaille, s'il a reconnu en elle l'illuminée qui parlait de choux dans le ghetto de Lodz en Pologne. Après tout, quelle importance ? Chacun dorlote ses souvenirs et entretient avec la nostalgie une relation intime et pudique.
En attendant, ce roman se picore par petites bouchées. Et j'ai adoré son ambiance rocknroll, la folie des années 60, la nouvelle scène, les excès, le glamour, la liberté... C'est assez exaltant. Plongée dans cette frénésie, Lola Bensky n'est pourtant pas une rigolote : complexée et triste comme un bonnet de nuit, on la sent davantage simple spectatrice et engluée dans ses problèmes. Au bout du compte, j'ai un peu mis de côté la part confidentielle de Lola pour me consacrer à son travail, ses rencontres surréalistes et légendaires. Pour ça, rien que pour ça, j'ai beaucoup aimé ce roman. Sensation grisante d'avoir voyagé dans le temps et d'avoir touché les étoiles. Un pur bonheur.

10-18 (2016) - traduit par Bernard Cohen

éditions de La Grande Ourse (2014)

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19/01/19

La face cachée de Ruth Malone, d'Emma Flint

LA FACE CACHÉE DE RUTH MALONEUn soir d'été, Ruth Malone supporte difficilement la chaleur et la fatigue dans son petit appartement du Queens. Profitant du sommeil de ses enfants, elle sort fumer et promener le chien dans le quartier. Le lendemain matin, elle découvre la chambre vide de ses mômes et signale aussitôt leur disparition.
La police est néanmoins circonspecte quant au déroulement de la soirée. Pour les enquêteurs, il ne fait aucun doute que Ruth Malone est coupable. L'opinion publique aussi se dresse contre elle : Ruth Malone n'est pas affligée par le drame qu'elle vit. Parce que Ruth Malone est une femme séduisante, séparée de son époux. On apprend aussi qu'elle est serveuse dans un bar et collectionne les liaisons.
Dans cette Amérique des années 60, le portrait de Ruth Malone devient sulfureux et blâmable. Et au lieu de se défendre, celle-ci s'enferme dans son mutisme. Elle refuse de coopérer ou de se soumettre au détecteur de mensonge. Elle clame son innocence. Mais elle ne pleure pas, elle ne s'effondre pas en public et elle continue de voir ses amants.
Un journaliste va tenter de donner une meilleure image de Ruth Malone. Chroniqueur au Herald, Pete Wonicke est fasciné par la jeune femme, dont il tombe peu à peu amoureux. Il va mener sa propre enquête et multiplier les articles pour percer “la face cachée de Ruth Malone”.
En somme, toute cette affaire n'est qu'une histoire d'acharnement et de jugement des apparences. Certes, le personnage de Ruth est difficile à cerner et exacerbe toutes les passions. La lecture en devient étrange et palpitante à sa façon. On tourne les pages avec l'envie de comprendre, de savoir, de faire tomber les masques. Le dénouement est effarant.
Entre compassion et écœurement, on referme non sans amertume le dossier de cette affaire très, très complexe. C'est poignant. Et lourd à porter. Délicat et sensible. En bref, ce roman ne laisse pas indifférent.

10-18 (2018) - traduit par Hélène Amalric

Titre VO : Little Deaths

 

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30/10/18

Vintage, de Grégoire Hervier

vintage gregoire hervier

Thomas Dupré, journaliste occasionnel, est un passionné de guitares et de musique rock. Attendu en Écosse pour une commande spéciale, il se rend au manoir de Jimmy Page, proche du Loch Ness, pour rencontrer un collectionneur excentrique. Celui-ci va néanmoins lui confier ses déboires. On vient de lui voler la mythique Moderne de Gibson, mais sans preuve tangible, les assurances réclament un gage de son existence. Il embauche donc Dupré pour partir par monts et par vaux en quête de cette guitare de légende.

Ladite enquête va s'annoncer pleine de surprises et d'inattendus : on va de découvertes en avancées, toutes rocambolesques, décalées et déjantées, voire audacieuses et périlleuses. L'aventure est complètement dingue et excitante. J'ai adoré l'épopée en Amérique, sur les traces d'Elvis, et toutes les anecdotes insolites et savoureuses. Miam miam.

Au final, la lecture est entraînante, sur près de 9 heures d'écoute, dont on ressort avec une sensation échevelée et émoustillante. C'est tellement bon... tellement grisant. J'étais comblée. Voilà un super roman, rock-n-roll et décoiffant : une découverte qui rend l'âme voyageuse et survoltée. Franchement top !

©2016 Au Diable Vauvert. Repris en poche chez 10-18

(P)2018 Audible Studios. Lu par : Hervé Carrascosa

  • Durée : 9 h env.

Pour pimenter tout ça, Hervé Carrasco assure le show avec exaltation, sans tomber dans l'excès. C'est tout aussi excitant à lire, à écouter, à imaginer, à apprendre. Longue vie à la Gibson !

>> Ce livre audio en version intégrale vous est proposé en exclusivité par Audible et est uniquement disponible en téléchargement.

vintage gregoire hervier audible

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12/09/18

Aujourd'hui tout va changer, de Maria Semple

AUJOURD'HUI TOUT VA CHANGER 1018« Allongée ce matin dans mon lit, j'avais mis la barre ridiculement bas : regarder les gens dans les yeux, s'habiller, sourire ! Ça devait être une promenade de santé. Et puis cette crapule de Réalité s'est pointée dans un pick-up devant moi, et s'est mise à me balancer des pastèques en pleine figure. Et il n'était même pas encore treize heures ! »
N'en doutez plus, voilà un roman étonnant ! C'est l'histoire d'une femme mariée et mère de famille, installée à Seattle depuis une dizaine d'années après une vie trépidante à New York et une carrière de scénariste pour un dessin animé à succès. Depuis, ses journées se résument à sortir le chien, préparer le petit-déjeuner et envisager de mettre le point final à son roman graphique entamé depuis des lustres. Ce matin-là, pourtant, rien ne va se dérouler comme elle l'espérait : son  mari se cogne la tête contre la table de la cuisine et se fait porter pâle à son cabinet, leur fils Timby se plaint d'avoir mal au ventre et refuse de rester à l'école. Eleanor n'a pas d'autre choix que de l'embarquer pour une journée parfaitement dingue : rendez-vous avec un poète, déjeuner avec un ancien stagiaire, folles emplettes chez Gap, réconciliation autour d'un stand de poissons panés...
Complètement foutraque mais carrément barré ! Une fois qu'on saisit le ton, l'humour, la supercherie, on gobe le tout en gloussant. Eleanor Flood est une héroïne impétueuse, pleine de mauvaise foi, à l'existence brouillonne et loin des clichés attendus. J'ai trouvé incroyable son aventure sur une journée : cela part dans tous les sens et c'est raconté avec malice. J'avoue, j'ai bien aimé.

Traduit par Carine Chichereau pour les éditions Plon / repris en poche 10-18 (2018)

 

Dans le même style, j'ai récemment lu le roman de Sue Townsend : Dans la peau de Coventry.

DANS LA PEAU COVENTRY

Un roman tout aussi déjanté, avec une héroïne qui zigouille son voisin et prend la poudre d'escampette. Elle abandonne son foyer, s'installe à Londres et multiplie les rencontres farfelues. L'histoire est cocasse et exubérante. Une expérience originale, assez marquante avec son humour un peu cash.

 

 

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06/09/18

Les proies du lac, de Kate Watterson

Les proies du lacBryce Grantham pensait se ressourcer dans le calme du chalet familial, à Loon Lake, dans le Wisconsin, pour terminer l'écriture de son roman, profiter de la fraîcheur de l'arrière-saison, prendre quelques verres au bar...
Un soir, il rencontre une étudiante qu'il accepte de dépanner en la raccompagnant chez elle. Le lendemain, voulant lui rendre son téléphone qu'elle aurait oublié dans sa voiture, il comprend que quelque chose de grave est arrivé à Melissa : traces de sang, meubles renversés, la jeune femme est introuvable.
Il alerte la police sans se douter que les enquêteurs sont déjà à cran : cette disparition s'ajoute à une série de plus en plus inquiétante. À leurs yeux, Bryce Grantham cumule les détails troublants et devient le suspect idéal. Soit l'homme est victime d'un engrenage infernal, soit c'est un manipulateur redoutable.
Seule Ellie MacIntosh refuse de tirer des conclusions hâtives. Par contre, elle n'ose pas encore l'admettre, mais elle est en train de tomber sous le charme de cet homme très séduisant...
Bien que de facture classique, le roman est assez saisissant à lire et offre même quelques frissons tant l'intrigue tient en haleine, avec son rythme soutenu, qui donne envie de tourner les pages vite, très vite, pour connaître le dénouement.
J'ai également beaucoup aimé l'ambiance automnale de cette campagne isolée, en bord de lac, avec des personnages dont on ignore encore s'il faut donner du crédit ou pas à ce qu'ils prétendent être (chasseur et proie se livrent un cache-cache angoissant).
En somme, c'est classique et efficace. L'auteur a depuis continué sa série, cf. Parmi les cendres & Secrets enterrés, je ne vous cache pas que cela me réjouit particulièrement ! Une bonne pioche, sans surprise.

Traduit par Valérie Malfoy pour les éditions Presses de la Cité - repris en poche chez 10 x 18 (Domaine Policier), 2015

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