07/08/08

La nouvelle amie - Emily Perkins

Naître, vivre et mourir. Telle pourrait être la devise de ce bled paumé où grandissent Julia, Rachel et Chicky, trois lycéennes de dix-sept ans. L'inactivité est la principale maîtresse, les jeunes traînent, font les quatre cent coups, boivent, fument de la drogue, couchent ensemble. Cette jeunesse désoeuvrée, livrée à elle-même, n'a guère d'autres choix : la rivière est polluée, la piscine fermée par suite d'un drame survenu trois ans auparavant, et la bibliothèque en rupture de stock.
Heureusement l'arrivée de Miranda, universitaire tout droit débarquée de la grande ville, va donner de l'animation en proposant un atelier de découverte de soi durant tout l'été.
Julia se sent étrangement attirée par cette jeune femme, intriguée et fascinée par ce qu'elle représente : une bouffée d'air frais. Assez belle, très maquillée, sapée de tenues originales, Miranda détonne. Or, très vite, il apparaît qu'elle va se transformer (un peu malgré elle) en assistante sociale chargée d'écouter, d'aider et de soutenir cette communauté sclérosée. D'un autre côté, sa présence dérange car elle révèle et fait exploser ce que cette bourgade a toujours mis sous soupape de sécurité.
Julia ne le sait pas encore, mais ses camarades le perçoivent déjà, car cet été va être un grand tournant dans leur vie.   

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L'auteur ne triche pas à décrire ce qu'est l'ambiance de ce bled paumé, habité par des ringards, pas tous des mauvais bougres, mais la jeunesse est particulièrement désespérante, ruant droit dans le mur pour reproduire le schéma parental. Au début, c'est plombant et grinçant. Cette "version pétasses des trois soeurs de Tchekov" est assez saoulante et excessive... avant de se révéler attachante puis touchante.
Car finalement on ne fait pas que "suivre" le trio des trois meilleures amies, mais aussi leur famille. Ce microcosme nous offre une carte postale flippante de leur vie - ce n'est pas morose mais statique. Des générations entières s'encroûtent dans ce bled paumé, se complaisent dans leurs cancans et n'hésitent pas à se jeter sur la nouveauté, en l'occurence Miranda qui déboule avec ses grandes idées, prête à remodeler leur train-train, alors qu'on ne sait rien d'elle ; et ce n'est pas plus mal : la jeune femme ne s'en vante pas, mais elle fuit le spectre d'une liaison douloureuse.

Âmes désespérées et perdues, douleurs de l'adolescence, ce sont en gros les ficelles du roman. Après un décollage difficile, l'histoire parvient à s'ouvrir et nous capturer. C'est une chronique d'un été, décrite dans un milieu qui n'est ni tendre ni doucereux, et pourtant ce n'est pas non plus dévastateur. Le moral reste au beau fixe, tant on s'intéresse à chaque personnage et on souhaite en savoir toujours plus sur chacun. Un peu passé inaperçu au moment de sa sortie en 2003, ce roman s'offre une deuxième chance, en format poche, qu'il serait dommage de louper !

10/18, juillet 2008 - 300 pages (Plon, mars 2003)

traduit de l'anglais par Anouk Neuhoff

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06/08/08

Edimbourg Express - Alexander McCall Smith

J'avais bien aimé le tome 1, sans sauter au plafond.
En lisant le deuxième tome je me rends compte, finalement, que je m'étais beaucoup attachée à cette communauté du 44 Scotland Street.
Cette fois-ci, ce n'est pas Bruce Anderson qui nous agace, mais Irene Pollock. La maman de Bertie, cinq ans trois-quart, est une femme abusive, qui nourrit des ambitions démesurées pour son fils. Ce dernier ne rêve que d'une chose : être un enfant comme les autres, pouvoir jouer au rugby, arrêter de porter du rose et sa salopette framboise, qu'il aimerait troquer contre un jean par exemple.
Ses entretiens avec le Dr Fairbairn l'ennuient, et le garçon a l'intime conviction d'être le lien de transition entre cet homme et sa mère, qui seraient secrètement amoureux l'un de l'autre.
Heureusement, Stuart, le père, se charge de s'impliquer dans l'éducation de son fils et devient un contre-poids fort appréciable (la virée à Glasgow, pour récupérer le véhicule oublié depuis des mois, est mémorable !).

Qu'en est-il de Bruce, alors ? Notre ancien expert immobilier se lance dans une nouvelle carrière et décide d'ouvrir une "vinothèque" grâce au fonds d'investissement d'un copain d'école. L'arrivée d'une fiancée va faire tanguer la barque et la suite de l'entreprise s'annonce particulièrement "poilante" !

Sa colocataire, Pat, va renconter un séduisant barman, Peter, grâce à Domenica. Mais le gros problème est de savoir si oui ou non ce jeune homme est gay. Autre révélation le concernant : c'est un nudiste, et Pat est cordialement invitée à se joindre à un pique-nique dans les jardins de Moray Place pour son "initiation". Osera-t-elle se jeter à l'eau ? Ce serait pour elle l'occasion de "grandir", de s'afficher et s'affirmer. De cerner ce qu'elle désire, dans la vie. Elle vient déjà d'annoncer à son père qu'elle abandonnait St Andrews pour l'université d'Edimbourg.
Un bon début, qui soulage ce papa anxieux...

A la galerie Something Special, Matthew cherche toujours un sens à sa vie. Il s'aperçoit que son père, Gordon, ne s'embarrasse pas d'en profiter et lui présente sa nouvelle fiancée, Janis, qui n'est pas au goût du fiston.
Et la vie continue à Scotland Street, avec son lot de bonnes nouvelles et de rebondissements surprenants (Bruce, encore et toujours !).

A noter qu'un troisième livre est déjà publié en Angleterre, qui donne la parole à ce cher Bertie. Cette suite est évidemment attendue avec une gentille expectative. Ce n'est peut-être pas ma lecture préférée, mais j'éprouve une grande amitié pour tous les personnages (principaux et secondaires) de cette chronique sans prétention, et qui dépayse du climat californien (la série d'Armistead Maupin) pour la contrée écossaise ! Et puis un certain retournement de situation, en fin de ce tome 2, ne peut qu'inciter à découvrir cette suite !
A déguster, donc.... avec plaisir.

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Editions 10/18, 2008 pour la traduction française - 430 pages - 14€

traduit de l'anglais par Elisabeth Kern

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04/08/08

44 Scotland Street - Alexander McCall Smith

Une adresse : 44 Scotland Street. Pat Macgregor, vingt ans, a choisi d'y élire domicile le temps d'une nouvelle année sabbatique. Son colocataire se nomme Bruce Anderson, un expert en immobilier qui a une grande passion... pour sa petite personne. Un temps, Pat se sent attirée par lui et croit tomber amoureuse.

Dans la galerie d'art où elle travaille, la jeune fille pense découvrir un tableau du peintre Peploe, qui pourrait s'évaluer à quelques milliers d'euro. Elle informe son patron, Matthew, un fils à papa qui manque d'initiatives, et se voit confier l'oeuvre qu'elle cache dans son appartement. C'est alors que notre Bruce tout-puissant choisit d'en faire don lors d'une cérémonie organisée par son patron et son épouse, où il doit faire la connaissance de leur fille, Lizzie.

Au 44 Scotland Street, on trouve aussi Bertie, un génie de cinq ans, qui joue du saxophone et parle l'italien comme sa poche. Sa mère, Irene, lui fait rencontrer le Dr Fairbairn qu'elle trouve particulièrement intéressant.
Et pour finir, Domenica, la voisine excentrique d'une soixantaine d'années, prend sous son aile Pat et lui confie quelques secrets du quartier.

Exquise chronique écossaise, publiée sous forme de feuilleton à l'origine, ce livre du "papa" de Mma Precious Ramotswe n'égale pourtant pas la pertinence des comédies façon Friends (je m'abstiens d'évoquer Maupin, que je n'ai pas lu!). Cela se lit facilement, ce n'est pas insupportable mais il manque le truc en plus. Personnellement je suis restée sur ma faim.
Cela ne m'empêchera pas de lire le deuxième tome, pour rester informée du devenir de tous les personnages, auxquels on s'attache forcément !

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Editions 10/18, 2007 pour la traduction française - 412 pages - 14€

traduit de l'anglais par Elisabeth Kern

Poche, juin 2008 - 7€

Le site : http://www.44scotlandstreet.co.uk/

L'avis (enthousiaste) d'Amanda & de Miss Alfie

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02/08/08

Crime au Moulin vert - Kerry Greenwood

La nouvelle enquête de Phryne Fisher commence dans un dancing, au Moulin vert, où un assassinat vient d'être commis lors d'un marathon de danse. C'est son cavalier, Charles Freeman, qui est le principal suspect de l'affaire. Mais la mère de celui-ci, "rien qu'évanouissements et sels en apparence, mais de l'acide prussique pur au-dessous", supplie Phryne de prouver le contraire. Or, il faut d'abord mettre la main sur le fuyard ; le soir du crime, sitôt aperçu le cadavre, Charles s'est porté pâle et a prétexté se rafraîchir aux toilettes avant de prendre la poudre d'escampette.
Dans ce nouveau volume, Phryne va s'étourdir de jazz (dans les bras d'un joueur de banjo) et s'envoler à bord de son intrépide Gipsy Moth pour le bush australien. Folle ambiance d'un côté, milieu âpre et plus aventurier pour la suite... C'est la cinquième enquête de Phryne Fisher, exubérante et fantasque, amoureuse inaccomplie mais croqueuse d'hommes. C'est vrai que cette série mérite son intérêt par sa peinture exceptionnelle - ambiance des années folles à Melbourne - et par son héroïne attachante et pleine de punch. L'intrigue policière est charmante, l'impression de lecture légère, féminine et tourbillonnante.
Je suis définitivement accro !

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Editions 10/18, juillet 2008 (pour la traduction française) - 280 pages

traduit de l'anglais par Pascale Haas

Les autres titres de la série

  1. Cocaïne et tralala

  2. Trafic de haut vol

  3. Un train pour Ballarat

  4. Phryne et les anarchistes

20/07/08

L'été solitaire - Elizabeth von Arnim

 

Début mai, Elizabeth annonce à son mari, l'Homme de Colère, son intention de rester seule durant l'été "afin de retrouver les racines mêmes de la vie". Bougon, l'homme discrédite ce projet mais l'accepte par respect pour sa douce. Il parie intérieurement que son épouse ne pourra se plier à pareille restriction et finira par craquer lorsque la pluie et l'ennui la gagneront.

Les mois passent et Elizabeth se prélasse dans le calme et la pureté de son jardin, respirant les bonnes odeurs, se délectant de la lecture de ses auteurs fétiches. La jeune comtesse savoure le bonheur de son jardin allemand, car en fait, ce journal est la suite d'un titre précédemment paru (Elizabeth et son jardin allemand).

Dans la vraie vie, Elizabeth est mariée à un aristocrate prussien rencontré en Italie et s'installe avec lui à Berlin. Cinq ans plus tard, le couple emménage à la campagne où la comtesse se découvre une vraie passion pour la vie rurale et le jardin. Elle commencera à écrire et publiera anonymement son premier ouvrage où elle confie ses réflexions sur "la rudesse de cette Allemagne du nord et ses tentatives de création d'un jardin à l'anglaise".

Enhardie par ce succès, Elizabeth von Arnim offrira une suite à cette chronique... gentille, contemplative et assez sentencieuse, toute imprégnée d'un luthérianisme rigide qui pèse sur toute la vie sociale (un missionnaire lui rappelle sinistrement qu'elle habite dans la Vallée des Larmes et qu'elle aura, tôt ou tard, son lot de malheurs pour fouetter sa béatitude présente...). Brrr.

J'ai été un peu déçue par ce livre, je n'ai pas retrouvé le peps savouré dans Avril Enchanté par exemple (et que je conseille plus fortement!). Cela reste toutefois l'appréciation d'un style élégant et guindé, joliment poétique, que j'aimerais comparer à la touche anglaise, mais non. Elizabeth von Arnim demeure un auteur à découvrir coûte que coûte !

 

L'été solitaire

Salvy éditeur, 1991 pour la traduction française / 10-18, 1997

traduit de l'anglais par François DUPUIGRENET-DESROUSSILLES

A été lu par Nanne, plus sensible à cette contemplation

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20/06/08

Autant en emporte la femme - Erlend Loe

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Marianne est une jeune femme étonnante, pas casse-pieds mais délicieusement arrangeante, du genre à s'inscruster avec le sourire. L'amour qu'elle offre en retour, ou la promesse d'amour, est un pis aller vers une vie de couple que le narrateur accueille avec un air bêta. Bah oui, un jour Marianne déboule avec douze cartons de taille moyenne et une commode ocre. Ce sera sûrement bien, se dit le narrateur. Mais très vite, notre bon bougre va être dépassé et devenir le béni-oui-oui de sa dulcinée. Toutes les décisions lui échappent, lorsqu'il pointe le doigt sur la petite commode à la couleur suspecte, la demoiselle rebondit et propose de coordonner les murs de l'appartement avec la teinte de son meuble. Et pourquoi pas acheter le même, en plus gros ? !

Vous l'avez compris, l'histoire est gentille, absurde et rigolote. Elle raconte en 300 points la débandade pré-annoncée. "Le voile d'éternité qui enveloppait notre relation se ratatine. Je reconnais que nous sommes éphémères tous les deux." Il faut suivre les soliloques de cet homme qui ne manque ni de flegme ni de cynisme, mais tout doux, tout lisse. C'est avec immensément de philosophie qu'il nous narre les situations grotesques de sa vie de couple, cela pourrait être banal (les jours coulent tranquillement, tout deux s'aiment ou se font la tronche, ils partent en voyage aussi...). C'est le cliché d'une histoire presque ordinaire, qui vous rappelle la difficulté de conjuguer au présent et au futur, et à la première personne du pluriel. Ouf, c'est diabolique et hilarant ! A cautionner en cas de blues.

Gaïa éditions, 2005 pour la traduction française / 10 - 18, mars 2008 - 237 pages.

traduit du norvégien par Jean-Baptiste Coursaud.

A été apprécié par Cathulu

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04/03/08

Les portes du sommeil - Fabrice Bourland

portes_du_sommeilDeux ans après leur premier exploit rencontré dans Le fantôme de Baker Street, les détectives Singleton et Trelawnay ont choisi de faire une pause entre deux enquêtes. Andrew se rend à Paris pour résoudre l'étrange mystère qui plane autour du suicide - présumé - de Gérard de Nerval. Là, il est approché par le commissaire Fourier de la Sûreté Nationale sous prétexte d'une affaire débusquée par un journaliste qui a fait le rapport entre la récente mort du marquis de Brindillac et celle du poète Pierre Ducros survenue quelques mois plus tôt. Tout deux ont été emportés dans leur sommeil, avec un masque d'effroi sur le visage. Ces deux cas ont, de même, en commun d'avoir croisé sur leur chemin un singulier bougre au regard sidérant. L'individu se couvre de postiches et de patronymes différents, difficile de mettre la main dessus.

Cette affaire du « Sommeil qui tue » prend un pas dans l'étrange, car Andrew Singleton est lui-même frappé de rêves hallucinatoires où une jeune femme blonde, à la beauté extraordinaire, lui communique des messages de prudence et des conseils sur l'enquête à tenir. Avec son acolyte James Trelawney, il s'embarque donc à bord de l'Orient-Express pour la destination de Vienne, où nos deux détectives espèrent comprendre la signification des Portes du sommeil, évoquées lors d'une réunion de la Société Métapsychique à Paris.

Le surnaturel rejoint vite les ficelles de cette enquête, qui me semble plus étoffée que dans Le fantôme de Baker Street, mais à la rigueur ceci n'est qu'un détail auquel j'attache très peu d'importance ! J'aime tellement l'ambiance de cette série policière, où la littérature sert d'indices pour démêler les faits crapuleux. Ici nous croisons le surréalisme avec André Breton à la terrasse du Café de la place Blanche, et nous approchons Gérard de Nerval au sommet de la tour Saint-Jacques. Si le spiritualisme était à l'honneur dans le 1er tome, il s'agira davantage de la signification des rêves dans ce livre. C'est prenant, très bien écrit, le tout dans une ambiance des années 30 merveilleusement repeinte, on s'y croirait ! Une fantastique invitation, que je vous engage à découvrir !

10-18, coll. Grands Détectives, 250 pages.

A lire : interview de Fabrice Bourland

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03/03/08

Le fantôme de Baker Street - Fabrice Bourland

fantome_de_baker_streetNous sommes à Londres en 1932. Andrew Singleton et son ami James Trelawney ont quitté le nouveau continent pour s'installer dans la capitale anglaise en espérant faire prospérer leur agence de détectives. Ils résident à Montague Street, qui était aussi la première adresse fictive de Sherlock Holmes. D'ailleurs, l'animal semble leur servir de bon samaritain, car les voilà vite honorés de la visite de lady Conan Doyle, la veuve de l'illustre écrivain, qui vient requérir leur service pour démasquer une affaire douteuse dans le quartier de Baker Street. Depuis que la municipalité a attribué le n°221 à la maison du major Hipwood, le salon du premier étage semble hanté. Les amateurs de séances spirites y voient là l'interpellation de l'esprit du détective, qui chercherait à exister au-delà de la mort de son créateur.

Lady Conan Doyle est bien perplexe. En revenant sur la nuit précédant la mort de sir Arthur, elle se rappelle certains faits étranges et attire l'attention des apprentis détectives sur une série de meurtres qui frappent les bas quartiers de Londres et qui ne semblent pas connaître d'accalmie. Forte de la réputation du paternel d'Andrew Singleton, éminent conseiller en spiritisme outre-atlantique, lady Conan Doyle confie à nos férus d'enquêtes à la Sherlock Holmes l'occasion de mettre la main à la pâte.

Et en effet, l'influence est grande car l'enquête se dessine sur les pas de l'écrivain et de son fin limier ! Singleton et Trelawney vont se rendre au 221 Baker Street, assister à une séance de spiritisme, se rendre compte par leurs propres yeux de l'improbable situation dans laquelle ils se trouvent confontrés ! Singleton, grand passionné de littérature, réalise également que la série de meurtres lui rappelle des faits survenus ... dans les oeuvres romanesque ! Il semblerait alors que des héros fictifs soient en libération et courent dans les rues de Londres, des personnages aussi redoutables que Jack l'éventreur, Dracula, Mr Hyde ou Dorian Gray !

Bizarre, bizarre ? Que vous ayez les deux pieds ancrés sur le sol ferme n'y changera rien, ce roman de Fabrice Bourland va vous transporter au-delà des limites du réel. Amateurs de fantômes ou de Sherlock Holmes, vous en aurez tout votre soûl ! Le livre est formidablement renseigné, truffé d'indices et de références à la littérature victorienne, c'est une plongée superbe et réaliste, dans un Londres des années 1930 et qui flirtent sans vergogne avec l'époque des monstres sacrés du genre policier (Conan Doyle, Wilkie Collins, H.G. Wells, Stevenson, etc.). C'est un délicieux cocktail qui mélange la littérature dans le roman, avec moult détails savants, et le fil rouge du Grand détective (toutefois, l'enquête n'est pas transcendante, mais on s'en moque !). Tout est dans l'esprit, dans l'atmosphère ... ça s'apprécie ainsi, et moi j'ai adoré !

10 - 18, coll. Grands Détectives. 245 pages.

A été également lu par Lou et Charlie Bobine

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11/10/07

Phryne et les anarchistes - Kerry Greenwood

phryne_et_les_anarchistesPhryne Fisher a toujours le don de se trouver là où elle ne devrait pas, et ainsi d'être au coeur des événements souvent sanglants, très certainement déplaisants ! Ce soir-là, au volant de son Hispano-Suiza, Phryne est prise pour cible et voit son pare-brise exploser. Puis, elle trouve un beau jeune homme blond, mortellement blessé, qui s'éteint dans ses bras !
Le sang de la belle ne fait qu'un tour, il lui faut les coupables, et de suite ! Ce qu'elle ignore encore, c'est que son chemin va emprunter celui du milieu malfamé des anarchistes, où l'on découvre une communauté de Lettons mettant au point un complot pour assassiner Staline !
D'un autre côté, Phryne est contactée par un gentilhomme de la bonne société de Melbourne pour retrouver sa fille de 14 ans, Alice Waddington-Forsythe, mystérieusement disparue. Cette dernière avait le désir d'être religieuse, mais son père s'y était opposé. Aujourd'hui, la Mère Supérieure du couvent prétend n'avoir jamais vu la demoiselle.
Phryne Fisher va une nouvelle fois user de ses charmes, de ses costumes et de sa bravoure pour déjouer tous ces vilains plans qu'on dresse autour d'elle. Pas de grands coups de théâtre, comme à l'ordinaire.
Ce titre est le quatrième de la série - dont les qualités majeures reposent sur la personnalité de la détective futile et fantaisiste. J'ai bien aimé, mais sans plus.

10 - 18 / 222 pages / Octobre 2007.  Traduit de l'anglais par Pascale Haas.

Les autres titres de la série

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01/08/07

Le livre de Joe - Jonathan Tropper

Le_livre_de_joeDe retour dans sa ville natale de Bush Falls, Joe Goffman sait qu'il court à sa perte et se rue droit vers la guillotine. Jeune écrivain à succès, âgé de 34 ans, il vient de vivre une ascension fulgurante avec la parution de son premier roman, humblement intitulé "Bush Falls", où il racontait sa jeunesse dans cette petite bourgade du Connecticut. Or, ses révélations ont déplu, son livre a vite été taxé de ramassis d'injures impardonnables. Son retour sur les lieux du crime s'annonce sans pitié !

Pourquoi revient-il ? Cela faisait dix-sept ans que le garçon était parti, un peu en brouille avec sa famille, sa petite amie d'alors, ses rares amis, etc. Il vit désormais à New York, mène une existence futile et superficielle, bref le vide intersidéral ! S'il rentre, donc, c'est pour se rendre au chevet de son père mourant. Mais ils sont nombreux à l'accueillir avec froideur, sourire crispé et désir de lui faire payer son arrogance.

Pour ma part, j'appuie ce comité d'accueil car l'individu Goffman m'horripile au plus haut point ! J'ai d'ailleurs beaucoup aimé la mise au point qu'un type lui fiche en pleine figure vers la fin du roman, je trouvais qu'elle lui pendait au nez depuis belle lurette ! C'est clair, du début à la fin, je n'ai pu m'empêcher d'être agacée par ce personnage imbuvable. Et dans l'ensemble j'ai trouvé que l'histoire était un peu cousue de fil blanc, prévisible jusqu'au bout, avec une fin "en apothéose" complètement risible. Désolée.

Pas totalement déçue non plus, j'ai parcouru ce roman sans relâche, y reconnaissant les bonnes ficelles efficaces. De l'ironie, du mordant, un peu d'humour (noir) et de l'émotion gratuite ... voilà de quoi vous divertir, vous aider à passer de bonnes heures de lecture. Mais, point transcendant non plus !

Traduit de l'américain par Nathalie Peronny - 405 pages - Fleuve noir, Janvier 2006 / 10-18, Février 2007.

  • ... euh, vous êtes déjà très nombreux à l'avoir lu, apprécié ou pas ... je vous laisse inclure vos liens dans les commentaires !  ;o)

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