10/05/15

En poche ! # 45

Une jolie moisson de nouveautés, pour de belles heures de lecture au parfum de vacances ! 

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Tombée du ciel   DIEU ME DÉTESTE   MISS ALABAMA ET SES PETITS SECRETS

Tombée du ciel, de Cecelia Ahern  [LU]

Dieu  me déteste, de Hollis Seamon

Miss Alabama et ses petits secrets, de Fannie Flagg

 

VACANCES À L’ANGLAISE   LES COULEURS DE L’ESPOIR   LE BEAU MONDE

Vacances à l'anglaise, de Mark Haddon

Les Couleurs de l'espoir, de Julie Kibler

Le beau monde, d'Harriet Lane  [LU]

 

 

Londres par hasard   Une dernière danse   Un si beau jour

Londres par hasard, d'Eva Rice

Une dernière danse, de Victoria Hislop  [LU]

Un si beau jour, d'Elin Hilderbrand

 

L'oubli, d'Emma Healey   Les Dieux sont vaches

L'oubli, d'Emma Healey

Les Dieux sont vaches, de Gwendoline Hamon  [LU]

 

N'oublier jamais   GUIDE À L’USAGE DES JEUNES FEMMES À BICYCLETTE SUR LA ROUTE DE LA SOIE   À la claire rivière, de Katherine Webb

N'oublier jamais, de Michel Bussi  [LU]

Guide à l'usage des jeunes filles à bicyclette sur la route de la soie, de Suzanne Joinson

À la claire rivière, de Katherine Webb

 

ABOMINATION   LA MORT S’HABILLE EN CRINOLINE   LA DERNIÈRE CARTE

Abomination, de Jonathan Holt

La mort s'habille en crinoline, de Jean-Christophe Duchon-Doris

La dernière carte, de Carin Gerhardsen

 

Le duel   Ce qui n'est pas écrit   Un assassinat de qualité

Le duel, d'Arnaldur Indridason  [LU]

Ce qui n'est pas écrit, de Rafael Reig  [LU]   

Un assassinat de qualité, d'Ann Granger

 

Les suprêmes   La petite communiste qui ne souriait jamais

Les Suprêmes, d'Edward Kelsey Moore  [LU] ♥

La Petite Communiste qui ne souriait jamais, de Lola Lafon  [LU]

 

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18/04/15

En poche ! # 43

Nouvelle sélection des dernières nouveautés en format poche...

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creme anglaise   Fiançailles, de Chloe Hooper

Crème anglaise, de Kate Clanchy

Fiançailles, de Chloe Hooper

 

Entre les jours   LES MENSONGES

Entre les jours, d'Andrew Porter

Les mensonges, de Karen Perry

 

LA VIE ÉPICÉE DE CHARLOTTE LAVIGNE

La vie épicée de Charlotte Lavigne (tome 3) de Nathalie Roy

 

Sagan 1954   Je ne renie rien

Sagan 1954, d'Anne Berest

Je ne renie rien, de Françoise Sagan

 

SOUS LA TERRE   Faillir être flingué

Sous la terre, de Courtney Collins

 Faillir être flingué, de Céline Minard

 

Black-out

Black-out, de John Lawton ♦ INÉDIT ♦

 

Irrésistible alchimie   Etiquette et espionnage

Irrésistible alchimie, de Simone Elkeles

Étiquette et espionnage (Le Pensionnat de Mlle Géraldine #1), de Gail Carriger

 

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26/03/15

Tout ce que je suis, d'Anna Funder

TOUT CE QUE JE SUIS

Ruth a toujours vénéré sa cousine Dora qui, par son tempérament enflammé, prend tous les risques pour défendre les causes auxquelles elle croit. Toutes deux juives, vivant en Allemagne, elles sentent enfler la menace du nazisme et assistent attérées à la montée en puissance de Hitler. Elles décident alors de se réfugier à Londres, où elles vont poursuivre leur lutte contre le totalitarisme, pensant alerter l'opinion publique internationale.

Ce roman raconte non seulement une histoire politique auprès d'activistes gauchistes mais mêle aussi leurs tourments sentimentaux. Ruth est folle amoureuse d'un journaliste, Hans, qui brillait par son arrogance dans la société berlinoise mais qui ne va pas supporter l'anonymat dans lequel il sombre en s'installant à Londres. Dora multiplie les liaisons, sans parvenir à se détacher de l'écrivain, Toller, dont les troubles psychologiques le rendent difficile à cerner.

Derrière le romanesque, se cache aussi une grand part de vérité en s'inspirant de personnages réels, Ernst Toller, Hans Wesemann, Dora Fabian, Ruth Becker, Berthold Jacob etc. ayant tous existé ! L'auteur a donc réussi à confondre le fictif à l'historique avec beaucoup de brio. De fait, l'histoire de ces militants est franchement passionnante, digne d'un véritable roman d'amour et d'espionnage. Lecture captivante, poignante, un peu longuette à démarrer, mais lecture intelligente, nous plongeant illico dans les rouages de la résistance, entre suspicion, trahison et refus d'abdiquer.

On suit quatre destinées éclaboussées par le désordre qui règne en Allemagne, d'où surgira l'obscurantisme, qui déploiera ses tentacules par-delà les frontières. Cette force de frappe est stupéfiante, on le découvre dans ce roman brillant et imprégné d'authenticité. Plus d'une fois, on se sentira le cœur pris en étau, éprouvant de l'admiration, de la pitié, de la tristesse et de l'effroi. L'intrigue est complexe, parfois lourde, parfois lente, mais elle est riche de parcours étonnants, courageux et bouleversants. 

10/18 ♦ janvier 2015 ♦ Traduit par Julie Marcot & Caroline Mathieu

pour les éditions Héloïse d'Ormesson (All That I Am)

TOUT CE QUE JE SUIS Broche

16/01/15

Ici ça va, de Thomas Vinau

Ici ça va

Un couple d'amoureux prend un nouveau départ, en s'installant dans la maison d'enfance de l'homme, qu'ils viennent d'acquérir malgré son état de délabrement. Ce retour aux sources les galvanise. Elle, au jardin, sifflote des airs guillerets, tandis que lui ressasse ses souvenirs. Ensemble ils réapprennent les plaisirs simples de la vie, comme marcher pieds nus dans l'herbe, se baigner dans la rivière, contempler les étoiles, nourrir un bébé ragondin au biberon, lire des vieux bouquins ou écouter des vinyles...  

Rarement un livre aussi court (130 pages), avec une histoire aussi succincte, n'a réussi à autant me charmer sans déployer le moindre effort. C'était comme une évidence. En quelques phrases, j'étais éberluée, conquise par la poésie et la pureté du récit. C'est magnifique ! Un condensé d'émotions, offert en toute générosité et « écrit naturellement ». 

Histoire d'amour, histoire familiale. Histoire de retour, de reconstruction et de rénovation. Le livre met aussi en avant les petits riens qui font tout le bonheur du quotidien. Simplicité, émotion, tendresse, partage. C'est lumineux. De toute beauté. Et cela met du baume au cœur. Ma 1ère pépite de 2015 ! ♥

10/18 ♦ août 2014

 

« Je me méfie. J'ai toujours peur que ça ne dure pas. Dès qu'il y  un moment de bonheur, de paix, je me répète que ça ne durera pas. Que le temps est un menteur. Qu'avoir quelque chose c'est commencer à le perdre. C'est comme cela que je fonctionne. C'est ce que la vie m'a appris. Si tôt. La perte. Le peu de fois où je l'ai oublié, le boomerang m'est revenu dans les dents. (...) La confiance ne se déclame pas. Il faut l'apprendre. Tout doucement. Il faut que quelqu'un d'autre vous l'apprenne. À grands coups de demains et de câlins. »

 

heart

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13/01/15

En mer, de Toine Heijmans

en mer

Donald a largué les amarres, à bord de son voilier rouge, pour une virée en mer du nord durant trois mois. Moral en berne, boulot peu épanouissant, vie de couple en stand-by. Ce besoin de partir devenait vital. Son épouse, Hagar, l'a immédiatement soutenu, gageant que cette aventure le rendrait meilleur à son retour. 

Et puis, deux-trois jours avant la fin du périple, Donald propose de récupérer leur fille de sept ans, Maria, lors d'une escale au Danemark. Il rêve de voguer en duo avec la prunelle de ses yeux. Il s'y voit déjà et se fait un film dans la tête : osmose fabuleuse, complicité évidente et expérience inoubliable.

La petite Maria s'invite donc à bord, avec ses Barbie, sa peluche préférée et ses questions à la pelle. Ensemble, ils mangent des sardines grillées, nagent en pleine mer, dévorent des tartines au chocolat, regardent le ciel... menaçant. Un gros rouleau de nuages sombres s'annonce à l'horizon. L'orage approche. Donald se crispe et multiplie les signaux d'alerte. Surtout, ne pas faillir. Être à la hauteur. Ne pas décevoir.

Ce court roman de 160 pages réussit l'exploit de nous bluffer en partageant l'état d'esprit du narrateur, un type plein d'allant, animé d'intentions louables, mais vite gagné par l'angoisse et saisi d'une paranoïa démentielle lorsque surgit le doute. Celui qui fait perdre tous les repères et noircir un tableau jusque là idyllique. 

J'ai beaucoup apprécié cette plongée vertigineuse et délirante, le suspense psychologique et la construction en flashback qui nous tient d'autant plus en haleine ! Puis survient la fin ... véritable soufflé sorti du four trop tôt, dégonflé par l'air ambiant.

Sérieusement, quelle déception ! Quelle supercherie. J'en attendais davantage, ou disons que je regrette que l'éditeur ait osé faire des promesses non tenues. Une belle arnaque, cette comparaison avec Sukkwan Island. Mais les 3/4 de la lecture n'en demeurent pas moins stupéfiantes !

10/18 (littérature étrangère), septembre 2014 ♦ traduit du néerlandais par Danielle Losman ♦ Prix Médicis Étranger 2013

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12/11/14

L'Âge des miracles, de Karen Thompson Walker

Lagedesmiracles

Un jour d'octobre, l'humanité découvre avec stupeur que la rotation de la Terre a ralenti.

« Il n'y avait aucune image à montrer à la télévision, ni immeubles en feu, ni ponts effondrés, ni bouts de ferraille tordue, ni terre brûlée, ni maisons emportées par un glissement de terrain. Aucun blessé. Aucun mort. Ce fut, au début, une tragédie invisible. »

L'histoire ne sera finalement pas celle d'un roman post-apocalyptique auquel on est en droit de s'attendre, ici pas de sensationnalisme, juste de la nuance dans ce que vit et ressent la narratrice de douze ans, Julia, à travers un récit subtil, émouvant et très à fleur de peau. On ne s'intéresse pas à l'échelle mondiale, l'histoire se passe en Californie, chez Julia, dont la vie tourne autour du collège, du foot, du piano et de la maison. Un cocon douillet, rassurant. Sauf que tout a été chamboulé. 

Sa mère tombe malade, son père mène une double vie, sa meilleure amie déménage, une marge de la population décide de rejoindre des mouvements protestataires (les partisans du temps réel), son voisinage se déchire, les amis vont et viennent, d'autres se révèlent... Julia aussi se détache de l'enfance, sans être totalement prête pour la prochaine étape, au vu des observations faites sur ses congénères qui la laissent perplexe et désorientée (poussée hormonale ?). Elle est donc coincée dans un entre-deux, pas très à l'aise.

Est-ce seulement la faute du ralentissement ? Pas sûr. « Ç'avait peut-être commencé avant, pourtant je ne m'en suis rendu compte qu'après : mes amitiés se désintégraient. Tout se délitait. C'était une traversée difficile, celle qui menait de l'enfance à l'âge suivant. Et comme n'importe quel périple éprouvant, tout n'y survivrait pas. »

C'est en fin de compte un roman tout en sobriété et pudeur, où les répercussions sur les émotions et les petits riens d'une vie (qui pourrait être la nôtre) sont à peine perceptibles. Pourtant, les effets du phénomène existent et s'insinuent dans l'ordinaire de la vie de manière sournoise. Le contre-coup est déstabilisant, mais c'est ce qui rend cette lecture si attachante. Son aura mystérieuse et le ton nonchalant laissent une empreinte délicate et captivante sur le lecteur. C'est beau. Très touchant. 

« L'amour s'usait et les humains échouaient, le temps passait, les pages se tournaient. »

10/18, février 2014 ♦ traduit par Alice Delarbre (The Age of Miracles)


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« De nombreuses études ont été consacrées aux effets physiques du mal de la gravité, mais l'histoire ne rendra jamais compte de toutes les vies métamorphosées par les changements de caractère, plus subtils, qui accompagnèrent le ralentissement. Pour des raisons que nous n'avons pas entièrement comprises, le ralentissement, ou plutôt ses effets ont modifié la chimie de certains cerveaux, transformant de façon notable l'équilibre précaire entre pulsions et maîtrise de soi. »

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« Nous étions des enfants de la plage, du soleil. Nous ne connaissions rien à la neige. Je n'en avais jamais vu tomber, je ne savais pas qu'elle était si légère au début, qu'elle cédait si facilement sous les semelles, je n'avais jamais entendu ce crissement unique. Je ne savais pas, avant ce jour, que la neige étouffait tous les sons, assourdissant à sa façon le vacarme du monde. »

 

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07/10/14

La Mort dans une boule de cristal, d'Alan Bradley

La mort dans une boule de cristal de Alan Bradley

Lors de la traditionnelle kermesse paroissiale, Flavia se faufile sous la tente d'une diseuse de bonne aventure pour y découvrir son avenir. Mais, maladroite et bouleversée par ce qu'elle entend, la jeune fille provoque un incendie involontaire et déguerpit derrière le stand de tir de noix de coco. La pauvre femme est sauvée de son magma de voiles enfumées grâce à l'intervention du médecin. Flavia,  balbutiante de confusion, propose à la vieille gitane de planter sa roulotte sur les terres familiales, sans se douter que ce n'est pas sa première fois. 

Des années auparavant, Fenella et son mari Johnny Faa avaient été accueillis par la mère de Flavia, avant d'être chassés par son père. La réaction de celui-ci s'annonce encore une fois houleuse, mais la cadette des De Luce n'écoute que son courage. Or, le danger rôde et devient plus pressant : Fenella est victime d'une nouvelle agression, sa petite-fille effrontée, Porcelaine, rapplique, toutes griffes dehors, et le corps d'un pendu est retrouvé à la fontaine de Poséidon. Toujours sur les terres de Buckshaw. Flavia de Luce est aux premières loges, poussée par une curiosité insatiable et son goût certain pour les détails macabres (et les progrès de la science !).

Ainsi, sur sa bicyclette Gladys, elle parcourt les routes de Bishop's Lacey, rencontre des témoins, interroge ses voisins, fait tourner la tête de l'inspecteur Hewitt et essuie les mesquineries de ses sœurs, en veillant à ne pas agacer son père, lui-même contrarié par des soucis financiers. En fil rouge, le mystère sur Harriet, sa mère disparue lors d'une expédition au Tibet dix ans plus tôt, reste entier mais saisit aux tripes et au cœur tant la jeune héroïne est avide d'indices et de détails supplémentaires. Cette absence lui pèse, la règle du silence aussi.

Bref, encore un épisode réussi qui complète cette charmante saga de manière classieuse et distinguée. On ne frissonnera pas pour l'ambiance noire et l'intrigue policière au machiavélisme échevelé. Au contraire, c'est british et old-fashioned, similaire à un roman d'Agatha Christie, à savourer donc autour d'une tasse de thé, en toute quiétude. De plus, les notes d'humour et le flegme de l'héroïne sont purement jubilatoires. Je me languis après la parution d'un prochain livre en VF, alors que les éditions du Masque semblent avoir jeté l'éponge depuis 2012. Pourtant il existe 6 livres (bientôt un 7ème tome) en édition anglaise ! Croisons les doigts.

10/18 ♦ coll. Grands Détectives, avril 2014 ♦ traduit par Hélène Hiessler pour les éditions du Masque (A Red Herring Without Mustard)

« Juste sous mon nez, sur la table de nuit, se trouvait une tasse de chocolat chaud.
La vision de l'épaisse peau brune qui s'était formée à la surface du liquide telle de la glace sur une mare gelée me donna un haut-le-cœur. Il y a peu de choses que je déteste catégoriquement, mais la peau du lait se classe haut la main en tête de celles-ci.
Même la pensée de la merveilleuse transformation chimique qui permet à la substance de se former - les protéines du lait baratté, pulvérisés par la chaleur de l'ébullition, se rassemblent ensuite pour former, en refroidissant, une peau gélatineuse - ne suffit pas pour me consoler. Plutôt manger des toiles d'araignées que cette substance infâme. »

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12/09/14

Un jour, de David Nicholls

Un jour de David NICHOLLS

15 juillet 1988. Dexter et Emma viennent de passer une nuit ensemble. Fraîchement diplômés, des rêves plein la tête, ils envisagent leur avenir avec espoir et fringale. Dexter part en Europe et en Asie à la découverte de lui-même (sa famille est aisée, il n'a pas ce souci alimentaire). Emma a envie de Londres, d'écriture, de cercle intellectuel... On les retrouvera tous les ans, à la même date, le 15 juillet, à des moments de leur existence pas toujours au top de leurs espérances. Même leur amour naissant, qui a laissé place à une amitié forte et équivoque, va endurer les affres du temps qui passe, des caractères changeants, des désillusions, des rencontres hasardeuses... David Nicholls ne nous vend pas du rêve et dessine un portrait désabusé d'un couple qui n'a jamais cessé de se croiser et d'être attiré comme un aimant, sans réussir à l'exprimer clairement, car il n'a jamais su être en phase avec les désirs de l'autre au bon moment. Argh, c'est terriblement complexe, frustrant, désabusé et énervant. L'histoire s'éternise sur vingt ans, de quoi bien enfoncer le clou de l'amertume. On quitte le livre au bord de la déprime ! Cela ne m'a pas beaucoup plu. 

10/18, février 2012 ♦ traduit par Karine Reignier pour les éditions Belfond (One day)

A été adapté au cinéma !

- Vu et davantage apprécié. - ☺

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15/07/14

Saint Michel, priez pour eux de Jean-Pierre Alaux

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Printemps 1978. Suite au naufrage de l'Amoco Cadiz, Séraphin Cantarel, conservateur des monuments français, doit s'assurer que la baie du Mont Saint-Michel n'a subi aucun outrage, au vu de son futur classement au patrimoine de l'Unesco. Il doit aussi mettre au point la prochaine opération de restauration de la flèche du sanctuaire. En survolant la baie en hélico, Séraphin est ainsi témoin d'une scène macabre - le corps d'un moine retrouvé mort sur la plage. Pourtant, à aucun moment, il ne s'improvise détective. Un inspecteur de police est déjà en place et ne noue aucune affinité avec notre homme. La lecture se veut donc placide et enlevée, puisqu'on suit les personnages (le conservateur, son épouse égyptologue et son jeune assistant Théo) au gré de leurs pérégrinations conviviales. ^-^

Résultat, c'est de bon goût. J'ai pprécié le charme ambiant, c'est gourmand, gourmet, intellectuel et littéraire. À envisager comme une plongée pleine d'esprit et débordante de culture, plantée dans un décor - encore une fois - fabuleux et enchanteur ! Pas de lecture échevelée, mais un rendez-vous apaisant et agréable. Je cautionne.

10/18 ♦ coll. Grands Détectives ♦ décembre 2013

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14/05/14

La terre fredonne en si bémol, par Mari Strachan

« Le ciel est parfait, ce soir. Une fois, en cours de dessin, j'ai mélangé toutes mes gouaches pour obtenir un ciel identique : d'un bleu profond et dense dans le creux de la voûte, qui s'éclaircit et tire sur le blanc en rencontrant la terre, au niveau des collines de Llyn - qui semblent avoir été découpées dans du papier et collées là. M. Parry m'a dit que c'était trop beau pour être vrai, mais c'était pourtant bien ce que je voyais. Je veux m'envoler pour regarder les étoiles scintiller à travers ce bleu. La nuit dernière je n'ai pas voulu regarder en bas. Ni vers la ville ni vers la mer. J'ai plané sur le dos pour écouter le chant de la terre, les yeux perdus dans le ciel. Je me demande où il s'arrête. Et où se trouve le paradis ? Je n'ai jamais rencontré d'esprits là-haut. Je me demande s'il y a d'autres gens qui vivent aussi loin que les étoiles. Des extraterrestres. Les extraterrestres sont toujours des monstres dans les films. Mais s'ils étaient comme nous ? Est-ce qu'ils seraient quand même des monstres ? »

la terre fredonne

Gwenni, douze ans, est une enfant rêveuse et curieuse. La nuit, dans son lit, elle rêve qu'elle vole au-dessus de la campagne galloise. Le retour à la réalité est plus amer, sa mère ne lui fait pas de cadeau, sa sœur Bethan se moque d'elle. Bref, elle trouve un certain réconfort auprès de Mrs Evans, ses deux fillettes et les nombreux livres qui encombrent leur maison. Mais le jour où elle se rend chez elle et la découvre en larmes, Gwenni comprend que son époux, Ifan, a mis les voiles, avec son gros chien noir.

Aussitôt la nouvelle court en ville, les adultes savent mais se taisent, ce qui rend perplexe Gwenni. Elle décide alors de placarder des avis de recherche, mais cette entreprise audacieuse va mettre sa mère en colère, elle ne veut pas, n'entend pas donner libre court à son esprit feu-follet. Les gens jasent, surtout pas de cinglée dans la famille ! Quand l'étrange disparition d'Ifan Evans finit par s'éclaircir, Gwenni est aux premières loges de l'enquête et fait cavaler son imagination débridée.

J'ai beaucoup aimé cette histoire singulière, portée par une jeune héroïne très attachante, une écriture poétique et une atmosphère à part, magique, envoûtante... On y avance à petit pas, en suivant les observations de Gwenni, dont l'esprit vif et romanesque nous livre une version extravagante d'une histoire hélas beaucoup plus sombre, cruelle et poignante. Et c'est ce mélange qui rend la lecture tellement plus attrayante !

On a une jeune fille dans toute sa candeur, qui ne réalise pas toutes les subtilités d'un monde adulte qui l'entoure, avec ses secrets et ses mensonges, dont on devine avant elle toute la noirceur. C'est bouleversant, mais tellement bien raconté que jamais on n'a le sentiment d'avoir le moral plombé. Au contraire, c'est drôle et grave, tendre et émouvant. On trempe dans un univers complètement décalé, et le résultat est prodigieux. Je suis littéralement tombée sous le charme de cette très belle révélation !

10-18 ♦ traduit par Aline Azoulay-Pacvon pour les éditions NiL ♦ décembre 2013 pour la présente édition

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