06/01/14

Le songe d'une nuit d'automne, Tome 1 : La neuvième nuit, par Lesley Livingston

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Kelley a tout quitté pour s'installer à New York et assouvir sa passion pour le théâtre. Elle vient d'ailleurs de décrocher le rôle principal dans la pièce de Shakespeare, Le Songe d'une Nuit d'été. Un jour, après avoir totalement perdu ses moyens sur scène, Kelley se réfugie dans Central Park et fait une rencontre particulièrement étrange... Un cheval est en train de se noyer dans un cours d'eau ! La jeune fille s'empresse de lui venir en aide, mais le retrouve peu de temps après, dans son son appartement, et plus précisément sous la douche.

Là, je sens que je vous en bouche un coin (j'ai moi-même cru à une bonne blague), mais ce cheval est en fait une créature féerique, chose à laquelle Kelley n'entend strictement rien. C'est un séduisant jeune homme, Sonny Flannery, qui va tenter de l'introduire à cet univers enchanteur, ravagé par la guerre des clans (la cour d'été, la cour d'hiver et la cour d'automne). Lui est un Janus, autrement dit un gardien des portes qui séparent le monde des mortels à celui des immortels, il travaille pour Aubéron, le roi Unseelie, dont la réputation n'est plus à faire, et il est tombé sous le charme de Kelley qu'il veut à tout prix protéger.

Vous obtenez ainsi une lecture facile, légère, charmante et absolument divertissante. Trame romanesque classique, folklore féerique sans surprise, personnages gentils et malléables, voués à vivre une passion amoureuse conflictuelle... demandez le programme ! On savoure, on craque pour les jolies scènes romantiques et pour le (faux) suspense de l'intrigue. On succombe à l'interdit et au pouvoir toxique de la féerie. En tout cas, moi, je suis cliente ! Certes tout n'est pas parfait, mais cela ne me pose aucun problème, à partir du moment où j'ai passé un très bon moment qui nous affranchit de toute réalité pendant 350 pages. La suite est déjà disponible (tome 2 : Les quatre cours). 

Panini Books, coll. Scarlett, juin 2013 - traduit par Cécile Tasson


12/12/13

Le Cercle des confidentes, 1. Lady Megan par Jennifer McGowan

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Londres, 1559. Meg Fellowes, 17 ans, comédienne de la troupe de la Rose d’Or, est arrêtée pour vol et se sait condamnée à la potence. Pourtant, on lui propose une alternative : accepter de faire partie d’un groupe de demoiselles d’honneur très spéciales - des espionnes au service de la reine Élisabeth d’Angleterre. Meg est chargée d'être les yeux et les oreilles de la souveraine, auprès de qui elle doit faire un rapport sur tout ce qu'elle entend et voit (la jeune fille est dotée d'une mémoire exceptionnelle, elle est notamment capable de réciter une conversation entière en espagnol alors qu'elle n'y comprend goutte).

Mais les intrigues de la cour sont nombreuses, fourbes et tordues. Meg doit jouer sur plusieurs fronts et se retrouve forcée de faire des choses qui vont à l'encontre de sa conscience (trahir ses amis, espionner la reine elle-même, avoir un faible pour un courtisan peu recommandable). De plus, elle a appris que la précédente jeune fille qui avait tenu son rôle a été assassinée au cours de ses fonctions, de quoi lui donner le tournis et quelques frayeurs supplémentaires. Meg vient de pénétrer dans une arène cernée de dangers, d'interdits et de mensonges.

Superbe introduction d'une nouvelle série historique alliant charme et mystère (dans la même veine que The Agency de Y.S Lee ou La maison du magicien de Mary Hooper) ! La lecture rassemble une intrigue efficace, avec du suspense et de l'espionnage, des trahisons et des complots politiques à foison. L'héroïne est une fonceuse, qui ne doute de rien et qui fait aussi preuve de droiture et de noblesse du coeur. Par contre, l'action est assez lente, l'histoire est ultra détaillée, compacte et parfois confuse, elle est également ralentie par des éléments insignifiants (les discussions, les leçons, les passages secrets à débusquer...). C'est un ensemble, certes, mais c'est générateur d'une pointe d'ennui à mi-parcours du livre.

Sans quoi, l'intrigue amoureuse, aussi minime soit-elle, est mignonne et croustillante, il me tarde d'en connaître les développements dans les prochains tomes à paraître ! Car cette série est attachante, riche d'un contexte historique qui refuse de faire tapisserie. Quelques défauts seront à corriger, sinon c'est très bien pour un début ! Cela donne envie d'en lire un peu plus...

éditions Milan, coll. Macadam, septembre 2013 - traduit par Marie Cambolieu

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09/12/13

#8PM, par Jeff Sampson

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J'ai été agréablement surprise par ce roman, même s'il m'a demandé un peu de temps pour m'habituer à son histoire fort mystérieuse, j'ai fini par lui trouver un certain potentiel. Car malgré les petits défauts ci et là, je suis sûre qu'ils seront corrigés par la suite pour offrir une intrigue plus dense, plus palpitante. Pour l'heure, c'est la mise en bouche, on goûte, on tâte, on s'interroge et on attend. Emily Webb est une jeune fille de 16 ans, réputée calme, discrète et timide. Pourtant, tous les soirs, après 8 heures (8pm), elle se transforme en une fille délurée, en quête de sensations fortes, de rencontres et d'interdits à braver. C'est plus fort qu'elle, comme si elle était soumise à une incontrôlable pulsion, sa personnalité se dédouble. Ce n'est pas seulement gênant, mais inquiétant pour elle, car depuis quelques jours un tueur en série rôde dans les rues de la ville et a déjà fait deux victimes.

Il faudra toutefois un peu de patience pour dépatouiller le croustillant derrière l'amoncellement d'informations et autres spéculations que nous sert l'auteur en début de roman. Cela peut paraître brouillon, alors que cela a le simple dessein de planter un décor et de cerner le contexte. On peut cependant se satisfaire de l'humour particulièrement corrosif de la jeune Emily et du suspense prégnant de bout en bout ! Pour un avant-goût prometteur, c'est plutôt pas mal. La série s'annonce étonnante et excitante, en trois tomes, la suite est déjà disponible #8PM : Effets Secondaires.

éditions Milan, coll. Macadam, octobre 2013, traduit par Mim (Deviant : 1.Vesper) ♦ Déception pour la couverture & le titre français, j'ai une préférence pour la maquette de l'édition américaine (en un clic). 

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05/12/13

Le Faux Prince, par Jennifer A. Nielsen

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Au royaume de Carthya, le roi Eckbert, son épouse et leur fils aîné Darius, héritier légitime du trône, viennent d’être assassinés, mais la nouvelle est encore tenue secrète pour éviter de semer le chaos dans le pays. Un homme, membre de la cour, Conner, va tirer profit de la situation en écumant tous les orphelinats de la région pour retenir quatre garçons et les emmener chez lui. Il va leur offrir une meilleure éducation, apprendre l'art de la guerre, monter à cheval, briller en société, se montrer rusé et perpiscace en toutes circonstances, car Conner compte faire croire que l'un d'eux est en fait le fils cadet, le prince Jaron, disparu en mer quatre ans plus tôt. C'est ainsi que Saige, Roden, Lattamer et Tobias entrent dans cette course folle. Sitôt que l'un d'eux montre qu'il n'est pas intéressé, il est aussitôt exécuté d'une flèche en plein coeur. Pas de cérémonie. La partie qui s'annonce promet d'être tout sauf une partie de rigolade !

C'est plus particulièrement Saige que nous suivons et encourageons : ce garçon intrépide, surgi de nulle part, est un voleur et un menteur patenté, il est aussi effronté et buté car il n'a nullement envie d'entrer dans les petites combines de Conner. Cette forte tête a toutefois trouvé son maître, et il devra se plier aux ordres et aux règles sans tergiverser. Les élèves ne disposent, en effet, que de quinze jours pour leur formation. Qu'adviendra-t-il des “candidats” non retenus ? Parmi leurs épreuves, les garçons vont également rencontrer la princesse Amarinda, la promise du prince, et la tester lors de son bref passage au domaine de Conner, en se faisant passer pour des serviteurs à son service. Ce n'est pas la seule demoiselle au tableau, puisqu'il faudra aussi espérer d'une certaine Imogen un rôle à jouer dans la suite de ces aventures !

Complots, conspirations et révélations sont attendus au terme de cette lecture épique. J'ai toutefois trouvé qu'elle s'adressait avant tout à de jeunes lecteurs (niveau collège) dans sa narration très marquée (simpliste et virevoltante), son héros audacieux et son twist final (eh oui !). C'est aussi le premier tome d'une série en trois volumes. Une lecture sympathique, comme une bouffée d'air frais. 

Bayard jeunesse, novembre 2013 - traduit par Vanessa Rubio-Barreau

23/10/13

“Looking for Narnia ? You’re in the wrong universe.”

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A North Hampton, petite bourgade cossue, nichée au bord de l'océan, vivent trois sorcières, Joanna, la mère, et ses deux filles, Freya et Ingrid. [Oui, il s'agit de la même Freya qui a guéri Oliver de son addiction !] Elles ont toutefois l'interdiction de pratiquer leur magie et doivent se fondre dans la masse, vivre comme des humaines, sans attirer l'attention sur leurs particularités.

La tentation est pourtant grande, nos sorcières vont ainsi glisser des touches de magie dans leur existence ordinaire : Freya en concoctant des filtres d'amour au bar où elle bosse, Ingrid en tressant des nœuds pour permettre aux femmes de démêler leurs soucis intimes, comme tomber enceinte, et Joanna en distrayant un petit garçon, en volant sur son balai, en mijotant de bons gâteaux, etc.

La vie semble leur sourire, Freya vient de se fiancer à Bran Gardiner, le célibataire le plus convoité de la côte, et est convaincue d'avoir trouvé son élu. Pourtant, le soir de ses fiançailles, la jeune femme rencontre le frère cadet, Killian, et succombe à ses charmes. Les jours suivants, impossible pour elle d'oublier ou de résister, elle court se jeter dans ses bras, tout en ressentant de l'amertume et de la culpabilité, tout de même !

C'est une relation qui semble un peu tirée par les cheveux, et puis finalement qui trouvera son explication dans les derniers chapitres. Sinon, globalement le roman se lit vite et bien, il est superficiel, léger, assez prenant, truffé de clichés et de facilités. C'est du Melissa de la Cruz, donc c'est très distrayant et sans prise de tête. Par contre, ce n'est pas une série pour ados, malgré les apparitions de Mimi Force, les personnages sont adultes, font des allusions sexuelles, et pas que (mais ce n'est pas graveleux, ni vulgaire non plus).

C'est un bon début de série, qui se déclinera en trois tomes, la suite est déjà disponible : Le Doux baiser du serpent. A noter aussi qu'une série tv, Witches of the East End, inspirée de la série, est actuellement diffusée sur Lifetime aux USA.

Les Sorcières de North Hampton, par Melissa de la Cruz (Orbit, janvier 2013 - traduit par Hélène Bury)


22/10/13

“People lied. That's just what they did.”

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Très, très bon roman que voilà ! Son ambiance sombre, son ton vif, ses personnages à fleur de peau, son danger alentour et ses garous particulièrement effrayants font de cette lecture un rendez-vous incontournable. Le résultat est en effet captivant ! Tout de suite, on plonge dans une histoire noire et pleine d'amertume, marquée par la mort d'une adolescente. Son groupe d'amis est dévasté, chacun cherche un refuge, que ce soit dans l'alcool ou dans le besoin d'avoir des réponses, pour avancer et oublier le drame. Mackenzie est une jeune fille qui se juge quelconque, mais qui, finalement, est une nana entourée par deux potes irrésistibles, qui se chamaillent pour obtenir son attention et décrocher son cœur, oui, un triangle amoureux est au programme, attention les yeux, mais franchement c'est plutôt bien amené, pas trop nunuche non plus. L'héroïne fait même preuve d'auto-dérision à ce sujet :

« Nom de Dieu ! Ma vie n'allait quand même pas devenir aussi débile que toutes ces séries pour ados !
Une coulée de graviers et de poussière a dévalé la pente. Je me suis retournée. Kyle était au sommet de la colline. J'ai senti ma poitrine qui se fendait en deux. Sans un mot, il a fait demi-tour. Et voilà, c'était officiel : ma vie était digne d'une série débile. »

Autour, nous avons aussi une enquête criminelle, pour cerner le mystère qui entoure le meurtre d'Amy. L'arrivée en ville d'une milice privée sème la zizanie, Mac se heurte à leur chef et devient une cible à éliminer. Elle réalise dans le même temps que ses amis proches lui cachent aussi de nombreux secrets, parfois assez déconcertants. Et ce climat de délation, de suspicion et de peur panique autour des garous finit par enfoncer le clou : c'est globalement sombre, vif et envoûtant. L'auteur n'a pas versé dans la facilité, elle malmène ses personnages, elle dessine une histoire pas toujours joyeuse, ça change un peu et ça fait du bien. C'est le 1er tome d'une trilogie, la suite est déjà disponible en VO : Thornhill.

Hemlock, par Kathleen Peacock (La Martinière J., juin 2013 - traduit par Nathalie Azoulai)

27/09/13

“ Cela dépasse l'imagination. Et c'est d'une beauté sans nom, et cela sent si bon. ”

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Comment vous expliquer ce roman ? Je me casse la tête à son sujet, parce que je ne sais pas par quel bout le prendre. Et pourtant, c'est un fichu bon roman, qui vous embarque dans un imaginaire riche et instructif. Il ne se contente pas de nous raconter une histoire dont le suspense grossit au fil des chapitres, il nous confronte à des idées plurielles qu'il faut prendre avec recul, analyser, adopter ou rejeter. De toute façon, je crois bien qu'à la fin du livre tous les solutions ne sont pas apportées non plus !

Nous sommes à Kéraël, sur une île encerclée par du sable, eh oui, l'eau est rare et bénie (d'où la mobilisation générale dès que les brouillards s'abattent sur leurs contrées pour installer des pièges à eau). Lunerr est un enfant rêveur et curieux. Il vit seul avec sa maman, depuis la disparition inexpliquée du père des années auparavant. Leur mode de vie en a été ébranlée, car désormais ils ont emménagé dans un quartier modeste de la ville.

Le jour de son anniversaire, Lunerr est perdu dans ses pensées lorsqu'il prononce à voix haute le mot « Ailleurs ». C'est un blasphème, aussitôt le garçon est fouetté, exclu de l'école et banni du temple. Même sa mère est frappée de déshonneur et perd son emploi. C'est alors qu'entre en scène Ken Werzh, un vieux type, très puissant. Il vit à l'écart de la ville, dans une maison immense. On raconte tout et son contraire à son sujet, Lunerr flippe à mort mais n'a plus trop le choix et doit accepter son étrange proposition.

L'histoire se déroule essentiellement sur un rythme nonchalant, puis subitement elle s'emballe, devient folle, ça fuse dans tous les coins, pour terminer sens dessus dessous. C'est stupéfiant. Si l'effet recherché était de nous secouer les puces, c'est particulièrement réussi ! Le jeune héros est également accompagné d'un Pitwak, une sorte de créature indéfinissable, fort attachant car il ne fait que des bêtises et n'est pas avare de propos pertinents, sous sa carapace de laidron ! Forcément, j'ai été séduite et je lirai avec grand plaisir les deux autres tomes qui suivront (à venir, en janvier 2014 : Lunerr Morgan).

Lunerr, par Frédéric Faragorn (Ecole des Loisirs, septembre 2012 - illustration de couverture : Gabriel Gay)

23/09/13

“It is one thing to ask questions; what do you do with the answers?”

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Kyla, seize ans, vient de subir une opération. Elle a été « effacée ». C'est une coutume courante, décrétée par les hautes instances, pour éradiquer la délinquance galopante. Des jeunes gens en crise ou désoeuvrés sont reprogrammés pour une nouvelle vie, avec une mémoire toute neuve, les émotions bridées par le port d'un Nivo greffé au bras. Toute montée d'adrénaline peut désormais les mettre en danger. Ce sont ainsi une flopée de jeunes gens aux sourires niais, qui ne se posent pas de questions, qui évoluent dans un semblant de vie ordinaire. Leurs nouvelles familles sont accueillantes, mais prudentes, car le système en place surveille tout, contrôle les moindres faits et gestes, et la police (les Lorders) n'hésite pas à arrêter tout élément perturbateur. Bizarrement, Kyla est consciente du climat pesant et suspicieux qui règne autour d'elle. Toutefois, elle a bien compris qu'il fallait qu'elle garde pour elle ses interrogations. Son opération aurait posé un léger couac, elle n'a pas la même attitude ni les mêmes compétences que ses pairs. Elle est innocente et naïve dans sa façon d'être avec les autres, et pourtant son esprit est vif dès lors qu'elle capte une anomalie dans son paysage (la disparition de camarades dans son lycée). Kyla a aussi des flashs durant son sommeil, elle est réveillée par des cauchemars qui lui dictent de vieux souvenirs, mais elle ne sait pas encore ce qu'ils cherchent à lui révéler.

J'ai aimé, beaucoup aimé ce livre. L'histoire, aussi captivante soit-elle, ne s'écoule pas sur un rythme effréné, au contraire c'est plutôt lent, mais on prend le temps d'apprendre un tas de petites choses, de savourer l'ambiance, assez glauque et flippante, de se poser des questions et de se surprendre à attendre la suite avec impatience. Ce roman vous réservera bien des surprises ! Au départ, il m'a un peu rappelé celui de Rachel Cohn, Version BETA, sans son parfum sulfureux, mais il est beaucoup plus angoissant, sombre et oppressant. C'est franchement fascinant, j'ai été scotchée.

Effacée, par Teri Terry (La Martinière J., septembre 2013 - traduit par Maïca Sanconie)

17/09/13

Faire partie de ceux grâce à qui tout est à sa place dans le monde. ♥☺

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Ava, 14 ans, est envoyée chez son oncle Vincent pour les vacances d'été, le temps que ses parents règlent leur divorce. Ce dernier vit dans un manoir sur l'île de Jersey, un cadre magnifique, toutefois Ava ne connaît pas son oncle, qui l'accueille fraîchement, car lui aussi semble préoccupé par l'organisation d'une expo sur un trésor viking. Peu de temps après son arrivée, une jeune femme est assassinée. Billie Gombrowicz était jeune, belle et venait de trouver fortune avec son grand-père. Pourquoi, mais pourquoi a-t-on voulu lui nuire ? Billie erre comme une âme en peine, devenue fantôme, elle se sent dépossédée, victime d'une injustice.

C'est alors qu'elle réalise que la petite Ava, dans son coin, est capable de la voir et de lui parler. Elle fait style de rien, mais elle possède un don hors du commun, depuis l'âge de trois ans, elle est capable d'entrer en contact avec les fantômes. Un peu ringard, pense-t-elle, après avoir tenté de camoufler cet aspect des années durant. La voici donc confrontée à son pire cauchemar, sauf qu'elle ne va pas trop déchanter ... ou du moins, jusqu'à ce qu'elle réalise qu'on tente de l'empoisonner avec son thé !

Est-il besoin de préciser que j'ai beaucoup apprécié ce roman ? C'est dit. J'ai adoré cette magnifique promenade sur l'île de Jersey, où l'auteur n'a pas lésiné sur les moyens pour nous donner l'impression d'y être pour de vrai, avec force détails et descriptions pointilleuses, c'est un régal. On s'attache aussi à son héroïne, Ava est une jeune fille simple, réfléchie, avec les deux pieds sur terre, mais ne frisant pas la crise cardiaque lorsqu'elle est confrontée à du sang ou des fantômes. Non, c'est une ado courageuse et intelligente, qui vit avec son temps mais qui ne se prend pas la tête non plus en futilités.

L'intrigue aussi est passionnante, l'ambiance en général m'a d'ailleurs un peu rappelé les romans d'Alan Bradley avec son héroïne Flavia de Luce. Si vous recherchez un récit ponctué de suspense, de thé Earl Grey, de poison, de complots, de trésor et de vieilles histoires sur la guerre, vous aurez tout loisir de trouver votre compte avec cette lecture ! C'est un excellent début de série, baignant dans un cadre enchanteur, la promesse d'une évasion dont on souhaiterait ne pas revenir trop vite...

Ava préfère les fantômes, par Maïté Bernard
Syros, février 2012 - ill. de couverture : Jérôme Meyer-Bisch

23/07/13

“You cannot change what you are, only what you do.” (Les Royaumes du Nord)

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Quelle aventure époustouflante ! J'ai vécu cette plongée littéraire au son de la voix tonitruante de Jean-Claude Drouod, excellent comédien, puissant et extraverti dans sa manière de nous raconter l'histoire de Lyra, c'était ébouriffant ! Je connaissais la série de réputation, me promettant de la découvrir tôt ou tard, c'est enfin chose faite. Un miracle ! Mais je ne regrette pas non plus, d'autant plus que j'avais su me préserver de l'histoire et aussi de l'adaptation cinématographique, car je tenais à plonger en terre inconnue.

Donc, Lyra est une jeune orpheline, qui grandit dans les couloirs du poussiéreux Jordan College, à Oxford, dans l'ombre des Erudits qui cultivent leurs secrets avec un soin scrupuleux. Or, Lyra a soif d'aventures palpitantes et s'ennuie dans son coin. Quand elle découvre que des enfants sont enlevés par les Enfourneurs et emmenés dans les Royaumes du Nord, elle n'hésite plus une seconde pour trouver le moyen de s'échapper de son pensionnat. C'est ainsi qu'elle rencontre Mme Coulter, sa nouvelle bienfaitrice, qui la conduit à Londres en lui promettant de rejoindre le nord dans les semaines à venir.

Le temps passe, Lyra végète sur place et se sent comme un animal domestique, prisonnière d'une cage dorée. Et de nouveau, elle saisit l'occasion pour partir à l'aventure, au gré de ses rencontres et autres découvertes, elle flotte sur les eaux avec les gitans, vole dans le ciel à bord d'un aéronaute, s'agrippe au dos d'un ours polaire, confie son destin à des sorcières... C'est tout bonnement étourdissant ! Cette lecture possède un véritable souffle romanesque, qui ne nous laisse guère le temps de nous reposer, l'histoire est menée tambour battant, s'appuyant sur un imaginaire débordant de trouvailles. En somme, j'ai été totalement charmée.

A la croisée des mondes : Les Royaumes du Nord, par Philip Pullman
Gallimard jeunesse, coll. Ecoutez Lire, 2007  (ou) Folio junior, 2000 - traduit par Jean Esch
Lu par Jean-Claude Drouod (durée d'écoute : env. 14 heures)