16/07/13

“Dans cette atmosphère si particulière, l'imagination avait tous les droits !” (Le Manoir)

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Liam a quinze ans et vient de passer ces dernières années à lutter contre un cancer. Pour sa convalescence, ses parents ont choisi de l'envoyer dans un manoir où règne une atmosphère particulièrement étrange. Les autres patients s'habillent de façon extravagante, ils semblent venir d'autres époques et lui parlent aussi comme s'ils sortaient de vieux manuels d'histoire. Le garçon est abasourdi et pense avoir atterri dans un asile pour fous !

Avec l'arrivée de la jeune Cléa, ravagée par un chagrin insurmontable, Liam va peu à peu vouloir trouver sa place au sein du manoir (d'où il a tenté de s'enfuir à maintes reprises, sans résultat). Les propos de la jeune fille sont décousus et incohérents, mais il ressort une sombre histoire d'enlèvement qui fait froid dans le dos. Liam se lance alors dans une longue enquête, au cours de laquelle il va également soulever d'autres secrets, et surtout d'autres indices concernant le manoir et ses résidents.

N'essayez pas d'en savoir plus, car tout le talent du roman réside dans son ambiance mystérieuse et envoûtante ! Le climat de doute et d'angoisse que distille l'auteur est un moment de pure délectation. On avance dans l'histoire à tâtons, on échafaude quelques théories et on se laisse griser par ce parfum entêtant. Si l'idée était de capturer l'intérêt du lecteur, au cœur d'un récit au charme nébuleux, c'est parfaitement réussi ! J'ai aimé me perdre dans les couloirs de ce manoir pour y découvrir son secret et frissonner de plaisir... Un deuxième tome doit paraître à l'automne 2013.

Le Manoir, tome 1 : Liam et la carte d'éternité, par Evelyne Brisou-Pellen
Bayard jeunesse, 2013


26/06/13

L'Incandescent, Tome 1 : La Société de vigilance permanente (☺♥)

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Théo a une grave maladie qui l'oblige à garder la chambre, dans une grande et vieille maison, Empire Hall, qui appartient au Docteur Saint. Le garçon ne connaît rien du monde extérieur, toutes ses connaissances lui viennent de ses lectures, et il ne voit personne, à part le docteur, le majordome et la jeune domestique, Clarisse.

Une nuit, deux individus s'introduisent dans sa chambre et le découvrent avec stupeur. Ils ne s'attendaient certainement pas à tomber sur un gamin et commencent à paniquer. Les choses dérapent quand, par un simple toucher, Théo fait fondre l'un des cambrioleurs. Panique à bord, le garçon s'enfuit et rencontre le double de Clarisse.

On apprend alors l'existence de deux sociétés secrètes, avec des bons et des méchants, avec aussi des créatures fabuleuses comme les garghouls, les smoglodytes ou un Dodo géant. La ville entière repose sur des tunnels souterrains, abritant des laboratoires et des planques pour coincer son ennemi. Mais inutile d'en dévoiler davantage, tant le plaisir de partir à l'aventure et faire ses propres découvertes est inestimable !

J'avais été intriguée par la couverture, que je trouve mystérieuse et envoûtante, j'ai donc plongé le nez dans le livre sans me douter de ce qui m'attendait, je n'ai pas été déçue. L'atmosphère est captivante, à vous donner des petits frissons, au fil des rencontres ou des révélations. Théo est un héros naïf, secondé par une nouvelle amie pleine de ressources, il va se frotter à son destin, sans se démonter.

De toute façon, tous les personnages sont épatants, riches et complexes. Ils évoluent dans un univers qui est, lui aussi, fascinant et assez original. C'est donc tout naturel de s'enthousiasmer pour cette lecture, qui est aussi le début d'une série prometteuse !

L'Incandescent, Tome 1 : La Société de vigilance permanente, par Glenn Dakin
Bayard jeunesse, coll. MilléZime, 2013 - traduit par Karine Suhard-Guié
illustration de couverture : Thomas Ehretsmann

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27/05/13

☁♨ Le Réveil des Créatures ♨☁

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Matt et Emily Calder sont des jumeaux de 12 ans, qui vivent à Londres avec leur maman, Sandie. Profitant que l'attention de celle-ci soit détournée, lors d'une visite à la National Gallery, les enfants se mettent à dessiner pour tromper leur ennui mais dévoilent ainsi leurs extraordinaires capacités à pouvoir mettre en vie leurs dessins. Aussitôt leur mère comprend qu'ils ne doivent plus traîner en ville et courent se réfugier sur une île écossaise, chez leur grand-père paternel, simplement appelé Renard.

Les enfants vont alors découvrir l'existence des Animare et des Gardiens. Une Société secrète se doit de les protéger et de canaliser leur folle imagination. Ils doivent aussi veiller à ce que leurs dons ne tombent pas entre de mauvaises mains, car les membres de la Société n'ont pas tous les mêmes objectifs et redoutent les jumeaux, dont le père a mystérieusement disparu, enfin ceci est une autre histoire...

A vrai dire, ce roman m'a plu instantanément. J'avais à peine lu les premiers chapitres que déjà je me surprenais à dévorer le reste du roman en un temps record. Non seulement le rythme est entraînant, mais l'histoire aussi est passionnante. Et puis c'est vif, intrépide, captivant. Les images sont presque réelles, les descriptions nous transportent dans cet univers fantastique, avec un pied dans le Moyen Âge où tout aurait débuté, dans le Monastère d'Era Mina, sur l'île d'Auchinmurn, qu'occupe aujourd'hui le grand-père R.

Je vous invite à découvrir cette lecture, préalablement ciblée jeunesse, tant elle est agréable et épatante, écrite en partie par John Barrowman, plus connu sous le nom de Captain Jack, alias M. Torchwood ! C'est le 1er tome d'une trilogie, j'espère que la suite verra jour, car il devient trop courant dans l'édition actuelle de stopper des séries en cours. Elle est cependant déjà disponible en VO, [[The Bone Quill]].

Le Réveil des Créatures, par John & Carole E. Barrowman
Albin Michel jeunesse, coll. Wiz, 2013 - Traduit par Raphaële Eschenbrenner
couverture : Laurent Besson

20/05/13

“Life is too short to say maybe.”

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J'ai adoré ce livre ! L'histoire dénonce les dangers du virtuel et du tout-numérique, qui enferme la société dans une bulle en lui faisant croire que c'est pour son bien, pour la protéger des dangers du monde extérieur, nous sommes en 2060, et pourtant le message peut s'appliquer à notre monde d'aujourd'hui. Vivre à travers un écran, c'est aussi et surtout se priver de véritables sensations que la vie digitale est incapable de reproduire (ou procurer), donc j'ai aimé cet aspect du roman, mais j'ai surtout trouvé adorable la relation qui se nouait entre les deux personnages que sont Maddie et Justin.

Elle est l'héritière de l'Ecole Numérique, lui est le fils de terroristes qui combattent ce système. Elle croit en des valeurs que lui rejette. Entre eux, beaucoup de secrets, de non-dits et de tension amoureuse... si, si. Et c'est ce qui est clairement le plus attachant ! Dès lors que Justin fait irruption dans son existence, la vie de Maddie va devenir plus intense et excitante, de là à revoir ses priorités et être tentée de s'échapper de son cocon pour enfin mordre la vie à pleines dents. Sauf que lui aussi, de son côté, ne mène pas une vie facile et simple. Il s'est entouré de barrières, il pense n'avoir pas de temps pour l'amour, mais bon ... la demoiselle est coquine et tenace !

Bref, c'est donc essentiellement l'histoire d'une renaissance, ou d'une éclosion. A travers une jolie histoire d'amour, qui se dessine en finesse et avec tendresse. La séduction entre Maddie et Justin s'opère tout en douceur, c'est franchement adorable, du moins, moi j'ai vraiment craqué. Ce n'est certes pas un livre d'action, mais plutôt d'émotion. Je n'avais pas d'attente précise concernant cette lecture, et elle m'a prise au dépourvu. Pile ce qu'il me fallait, au moment où je l'ai entamée. C'est seulement parce que j'ai d'autres livres à lire, mais sinon je suis très tentée de me plonger dans la suite, déjà parue en VO, intitulée [[Middle Ground]]. Série en 3 tomes. J'aime beaucoup, pour l'instant ! ♥

La révolte de Maddie Freeman, par Katie Kacvinsky
PKJ. (2013) - Traduit par Cécile Chartres

" Tu as grandi en pensant que l'amour avait pour unique but d'assurer ta sécurité. Mais c'est comme vivre dans une bulle. C'est une autre forme de domination. Moi, j'ai grandi en pensant qu'aimer les gens, c'était leur faire suffisamment confiance pour les laisser partir. Ça permet d'emporter cet amour avec soi, de créer d'autres liens. "

13/05/13

“Never Forget Who You Are Because Its Like Forgeting Water Is Wet, The Sun Is Bright, Snow Is Cold.”

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Gene, le narrateur, est un humain qui vit parmi les vampires. Il doit, bien évidemment, masquer sa condition de pauvre homiféré en se faisant passer pour un vamp, aussi entretient-il une hygiène de vie irréprochable (se raser le corps, l'enduire d'une bonne couche d'onguent pour ne pas attraper de coup de soleil, ne pas transpirer, ne jamais sourire, afficher un air terne et stoïque, ne pas faire preuve d'intelligence en classe...). C'est son père qui lui a tout appris, avant que celui-ci succombe à son tour à une morsure.

Désormais seul, blindé pour survivre coûte que coûte parmi leurs ennemis, Gene se rend la nuit au lycée et tente de mener l'existence ordinaire d'un adolescent comme les autres. Lui aussi participe à l'excitation collective au sujet de la Loterie, qui consiste à désigner une poignée de gagnants pour participer à une traque monumentale des quelques homiférés élevés en batterie, nourris et soignés pour gâter les appétits des chasseurs.

Eh oui, c'est particulièrement glauque et peu ragoûtant, mais cela peut faire son petit effet auprès des lecteurs avides de sensations fortes. Pour ma part, je n'ai pas trop adhéré à cette histoire, où l'on ne nous explique pas pourquoi l'ennemi a pris la place de l'homme, ni pourquoi Gene tient absolument à se jeter dans la gueule du loup et à vivre au sein de leur communauté. Certes, il n'y aurait pas d'histoire non plus. Mais j'ai trouvé celle-ci maladroite, passable et racontée sur un ton morne et ennuyeux.

De plus, Gene n'est pas un héros digne de ce nom, au contraire il s'avère souvent couard et passif lors de circonstances déterminantes, au mieux il suit la tendance, au pire il subit ce qui se précipite autour de lui. Même son histoire d'amour avec l'éblouissante, mais non moins mystérieuse, Ashley June n'a pas su allumer la plus petite étincelle d'intérêt chez moi. En fait, j'ai fini par être exaspérée par le personnage de Gene, très mauvais dans son rôle, ce qui a altéré le plaisir que j'aurais pu avoir à découvrir ce roman.

Traqué, par Andrew Fukuda
Michel Lafon, 2013 - traduit par Benjamin Kuntzer


09/05/13

“Imagine there was a cure, but finding it would cost you everything. It would completely ruin your life. What would you do?”

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Encore un roman futuriste, qui emprunte cette fois sa ligne conductrice au conte de fées ! Cinder est notre Cendrillon des temps modernes. Elle est à moitié humaine et à moitié cyborg. Orpheline, elle a été placée sous la tutelle d'un scientifique, qui a été foudroyé par la létumose. Cette terrible maladie est en train de décimer la population de la planète, les gouvernements s'arrachent les cheveux pour trouver un antidote, même l'empereur de la Communauté asiatique est alité, à l'article de la mort, et son fils, le prince Kai, est accablé, d'autant plus que la reine Levana, du royaume lunaire, lui met la pression pour conclure des accords de paix impliquant une alliance conjugale.

Cinder est mécanicienne, dans un petit atelier tout sale sur la place du marché. Un jour, le prince Kai lui-même se présente à sa porte et lui demande de réparer son androïde. C'est urgent. Mais les événements vont brusquement s'accélérer autour d'elle : sa sœur va tomber malade, sa belle-mère ne va pas le supporter et va choisir de léguer le corps de Cinder à la recherche médicale. C'est là qu'entre en scène le docteur Erland, avec sa science et son savoir. On craint le pire et on sent le stress nous envahir. A partir de là, le suspense ne va cesser d'enfler !

Car, après un début assez ardu, dans lequel j'avais l'impression de m'engluer avec tous les détails techniques et les cyber-trucs, je n'ai pas tardé à m'enthousiasmer pour cette histoire passionnante. L'héroïne est foncièrement attachante, loin d'être une gamine naïve et spectatrice de son sort, elle est très indépendante et volontaire, ça fait plaisir ! Même son histoire avec le prince Kai se déploie en douceur, avec beaucoup de finesse et de pudeur. C'est adorable, pas du tout mièvre, ce qui a le don de me plaire davantage. Et puis l'intrigue autour des personnages est forte, habile, redoutable, on devine certaines ficelles mais on se laisse tout de même prendre au piège, c'est diabolique et envoûtant.

La série comptera exactement quatre tomes, la suite est déjà disponible en VO ( Scarlet) mais il faudra attendre un an pour la traduction française.

Cinder, par Marissa Meyer
PKJ. (2013) - traduit par Guillaume Fournier

06/05/13

“I'm a monster, you know. I'm one of the dangerous ones.”

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Peut-être parce que j'avais déjà lu le premier roman d'Alexandra Bracken, Brightly Woven, que j'avais fortement apprécié, et parce que les commentaires étaient tous plus élogieux les uns que les autres sur sa nouvelle série, qui se présente avec Les insoumis, j'avais probablement de grandes espérances quant à ma lecture mais le résultat ne s'est pas avéré aussi concluant.

Ruby est une gamine de dix ans lorsqu'elle est internée, à l'instar de milliers d'autres, dans un camp pour éradiquer le virus foudroyant qui frappe toute leur génération. Ceux qui survivent sont donc considérés avec prudence et crainte, aussi le gouvernement préfère les avoir à l'œil. Six années vont passer avant que Ruby saisisse sa chance pour s'enfuir. Son secret semble avoir été démasqué et ses jours sont en danger. En effet, Ruby possède le don de télépathie. Elle est capable de fouiller les pensées et de les manipuler à sa guise.

Ils sont une poignée de jeunes à ainsi se révéler une force en puissance, c'est ce qu'elle va découvrir au hasard de sa fuite. En chemin, elle croise Liam, Zu et Chubs, trois adolescents également évadés, qu'elle va accompagner pour échapper aux chasseurs de prime et aux forces spéciales qui sont à leurs trousses, mais aussi pour tenter de trouver la fameuse Terre Promise, East River, où se rejoignent tous les insoumis.

Globalement, j'ai apprécié cette découverte, que j'ai trouvée riche en rebondissements, en action et en folles péripéties. Les émotions et les palpitations sont au rendez-vous. Par contre, je suis un peu déçue par la mécanique de l'intrigue, qui consiste à entrecouper ces séquences rythmées avec de lentes et longues considérations existentielles. On passe, naturellement, un temps fou à tout bien détailler et mettre en place : le contexte politique, l'évolution de Ruby, qui est tout sauf une rebelle dans l'âme, et ses sentiments dans toute cette aventure.

Résultat, j'ai souvent eu la méchante sensation d'être dans l'expectative pendant une grande partie du roman. Malgré les bonnes idées et la promesse d'avoir une lecture passionnante, il m'a semblé que l'ensemble était inégal et un peu long. Paradoxalement, la suite ne devrait être que meilleure car désormais toutes les cartes sont sur table !

Les insoumis, par Alexandra Bracken
La Martinière J. (2013) - traduit par Daniel Lemoine

30/04/13

“You were the one who saved my life.”

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Dans le sous-sol d'une ferme, vivent cinq garçons placés sous l'œil scrutateur d'un chercheur et sa fille (Anna), pour le compte d'une Agence secrète. Les garçons ont perdu la mémoire, ils sont étudiés pour servir à une prochaine mission. Lorsque les dirigeants se présentent enfin pour passer à la prochaine étape du projet, les choses s'accélèrent, avec la fuite des cobayes qui ont embarqué Anna en monnaie d'échange.

C'est une histoire survoltée, qui se lit rapidement et nous fait vivre un train d'enfer. Chaque ligne de l'intrigue est pensée pour titiller le lecteur, exacerber ses doutes, le tenir en haleine et exciter son intérêt pour absolument connaître la réponse à toutes les questions. On ne s'ennuie pas une seconde ! Les garçons, Cas, Trev, Nick et Sam, sont des machines redoutables, programmées pour zigouiller tout élément dérangeant, sans état d'âme, seule la présence d'Anna semble les maintenir sur la corde raide, toujours à l'affût de ses ordres ou autres souhaits.

Alors, oui c'est assez violent, ça sent la baston, la castagne, la poudre du flingue, le sang qui éclabousse les visages et les tshirts, ça roule à vive allure car l'histoire se transforme en course-poursuite éperdue dans le fin fond de l'Amérique. Il y a un soupçon de romance, très pudique, assez décoratif, mais c'est plutôt tendre et adorable. Ce qui compte, essentiellement, c'est d'avancer à l'aveugle dans cette mascarade mise en scène par des truands, des traîtres, des dupes. On va de surprise en surprise, et c'est plutôt pas mal comme programme. Une suite est donc attendue, car tout n'est que partiellement résolu à la fin du livre !

Amnesia, par Jennifer Rush
Albin Michel jeunesse, coll. Wiz, 2013 - traduit par Cécile Chartres

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22/04/13

"I'm your worst nightmare come to life."

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Un matin, Jessica se réveille tordue par les douleurs de la transformation : elle est en train de devenir un loup garou ! Voilà qui n'était pas prévu. Ce phénomène extraordinaire doit aussitôt être tenu au secret, puisqu'une vieille légende court sur les femelles garou qui n'ont pas droit de vie car elles pourraient provoquer chaos et destruction. Heureusement, le père de Jessica est l'Alpha de la Meute et entend protéger sa fille coûte que coûte. Il lui astreint une garde rapprochée, protégeant ses moindres faits et gestes, à l'affût de l'ennemi qui opère plus vite que son ombre. Plus un doute n'est permis : un traître se cache parmi eux !

Nouvelle série, premier tome et une mythologie qui fait peau neuve : Amanda Carlson a su se retrousser les manches pour nous embarquer dans son univers particulièrement brut de décoffrage. L'héroïne n'est pas une mijaurée, elle est loup-garou, la seule et unique femelle à l'horizon, elle possède une force phénoménale et ne cesse d'appréhender des dons et talents cachés. C'est aussi une décidée, qui n'hésite pas à ruer dans les brancards, elle a pour boulet un flic teigneux qui ne la quitte pas d'une semelle et cherche à percer son secret. En même temps, Jessica veut prouver sa loyauté au clan, cerner sa louve, sans trop la brider non plus, et découvrir qui cherche à l'éliminer.

Résultat, l'ensemble est foisonnant, très cash mais un peu lourdaud aussi. Il n'y a pas une once de sensualité dans l'histoire, c'est de l'urban fantasy sans romance, et oui ça m'a manqué ! Même sa rencontre avec Rourke, l'inconnu à la voix sexy, ne vaut pas tripette. En un battement de cils, Jessica et lui réalisent que ... Mais franchement, c'est trop court, trop soudain, sans glamour. C'est du flan tout flasque, allégé en sucre. Par contre, l'histoire est menée à un train d'enfer, on a du rebondissement sur rebondissement, et énormément de bla-bla pour bien nous expliquer où l'on se trouve et comment cela fonctionne. La découverte est donc intéressante, mais pas aussi excitante que je l'avais supposé.

Sang nouveau (Jessica McClain #1), par Amanda Carlson
Livre de Poche, coll. Orbit, 2013 - traduit par Isabelle Pernot

19/04/13

Retrouver quelque chose d'essentiel, mais quoi ?

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Anaïa et ses parents viennent d'emménager dans le mas provençal, qui appartenait à son grand-père, et s'installent avec bonheur dans une nouvelle vie au pays des oliviers et de la lavande. Dès son premier jour de fac, Anaïa retrouve une amie d'enfance, Garance. Elles font route ensemble tous les matins, suivent à peu près les mêmes cours. Les premiers chapitres défilent ainsi, sur un train de vie routinier et très ordinaire. Seule ombre au tableau : toutes les nuits, Anaïa rêve qu'elle rencontre quelqu'un dans une tour. De plus, les grains de beauté sur sa main gauche commencent à se multiplier et forment un dessin étrange.

La vie amoureuse de la jeune fille est également plate, même si deux beaux garçons gravitent autour d'elle : Eidan, le musicien taciturne et aux humeurs changeantes, et Enry, le viking sûr de son charme. Mais toujours pas de cœur qui palpite ! A bientôt 18 ans, Anaïa ignore tout des élans passionnés. Même elle commence à trouver ça pénible. C'est d'autant plus bizarre que ni Eidan ou Enry ne lui font du rentre-dedans, tous deux demeurent évasifs avec leurs propos sibyllins, selon lesquels Anaïa doit plonger dans ses souvenirs pour découvrir qui elle est vraiment.

J'ai passé un moment très sympathique à parcourir ce livre, en compagnie d'une héroïne tantôt cruche, tantôt soupe-au-lait, mais jamais agaçante. Son cadre de vie est tout aussi ordinaire, on s'y sent comme un poisson dans l'eau, et sincèrement j'ai énormément apprécié l'ambiance générale. L'intrigue est plutôt simple, mais ponctuée de petites scènes attachantes, ou drôles, ou mystérieuses. C'est globalement bien fichu, j'ai été moi-même surprise du plaisir ressenti chaque fois que je reprenais ma lecture, c'est plutôt bon signe ! De plus, l'auteur saupoudre son histoire de petits détails pertinents, avec beaucoup de références musicales et un bon gros clin d'œil à Autant en emporte le vent (film fétiche). Donc, je suis séduite, conquise, curieuse de connaître la suite ... qui justement vient de paraître ! Cf. Le brasier des souvenirs.

Phaenix, tome 1 : Les Cendres de l'oubli, par Carina Rozenfeld
Robert Laffont, coll. R (2012)

... il y a une scène dans ce livre qui est bouleversante (merci la musica !)

Posté par clarabel76 à 09:45:00 - - Commentaires [15] - Permalien [#]
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