16/03/20

Une famille presque normale, de M. T. Edvardsson

Une famille presque normaleFaites connaissance avec la famille Sandell... nous annonce la présentation de l'éditeur.
Le père Adam est un pasteur respecté dans la petite ville de Lund. Sa femme Ulrika est une brillante avocate. Leur fille Stella fête son dix-neuvième anniversaire et prépare son voyage en Asie.
Ce soir-là, la famille se retrouve au restaurant pour un repas formel. La jeune fille s'éclipse rapidement pour retrouver son amie Amina et son petit copain Chris. Mais les événements durant la soirée vont déraper. Quelques jours plus tard, la police vient arrêter Stella.
Chris Olsen a été poignardé. Une voisine est catégorique sur la présence de celle-ci au moment du crime. Stella plaide coupable et attend son procès en refusant de voir ses parents. Pour son père, la nouvelle est un choc. Il refuse l'évidence et mène sa propre enquête... n'hésitant pas à prendre tous les risques (mentir, cacher des preuves).

L'histoire est ainsi divisée en trois parties racontées par les trois membres de la famille, chacun venant éclaircir le tableau (et l'affaire). Mais la vérité est triste. D'abord elle survient façon grosse production hollywoodienne, ensuite elle ne surprend pas. J'étais pratiquement sûre des annonces qui ont été faites. Mais j'étais déjà plongée dans une sensation d'amertume. En fait cette lecture m'a déprimée parce qu'elle met en scène des situations plausibles avec des personnages cohérents. Car le drame que vivent les Sandell fait remonter d'autres non-dits survenus au cours des années. Ça pèse lourd dans la balance et au moral... Après, le contexte actuel n'est pas folichon non plus. Je lis, pour m'occuper l'esprit, mais bof bof. Manque un truc.

©2019 Sonatine Éditions pour la traduction française. Traduit par Rémi Cassaigne. (P)2020 Lizzie

Choix judicieux de proposer trois comédiens pour interpréter les trois personnages du roman : aucune confusion, on s'y retrouve facilement et on plonge dans cette histoire sombre et glaçante.

⭐⭐.5


24/02/20

L'Empreinte, par Alex Marzano-Lesnevich

L'EmpreinteJe me suis lancée dans cette lecture sans savoir qu'elle traitait d'une expérience personnelle pour son auteure, d'où ma naïveté suivie de ma grande perplexité à tenter de comprendre le lien entre ces bouts de vie éparpillés.
Un enfant a été assassiné, son coupable arrêté et son procès scruté par une étudiante en droit qui songe également à sa propre famille. On jongle ainsi entre passé et présent, portrait des uns et des autres, analyses intimes et réflexions embrouillées.
Mais c'est très compliqué à garder le fil en main. La lecture est lente, longue et confuse. Ajoutez une ambiance clinique, hyper froide. J'ai vite saturé et abdiqué avant la fin.

©2017 / 2019 Titre original : "The Fact of a Body, a Murder and a Memoir" / Sonatine Éditions pour la traduction française (P)2020 Lizzie

  • Lu par : Audrey Sourdive
  • Durée : 13 h env.
  • Grand Prix des Lectrices de Elle 2019, Prix du Livre étranger 2019 France Inter / JDD.

Etudiante en droit à Harvard, Alexandria Marzano-Lesnevich est une farouche opposante à la peine de mort. Jusqu'au jour où son chemin croise celui d'un tueur emprisonné en Louisiane, Rick Langley, dont la confession l'épouvante et ébranle toutes ses convictions. Pour elle, cela ne fait aucun doute : cet homme doit être exécuté. Bouleversée par cette réaction viscérale, Alexandria ne va pas tarder à prendre conscience de son origine en découvrant un lien entre son passé, un secret de famille et cette terrible affaire qui réveille en elle des sentiments enfouis. Elle n'aura alors cesse d'enquêter inlassablement sur les raisons profondes qui ont conduit Langley à commettre ce crime épouvantable.

Dans la lignée de séries documentaires comme Making a Murderer, ce récit au croisement du thriller, de l'autobiographie et du journalisme d'investigation, montre clairement combien la loi est quelque chose d'éminemment subjectif, la vérité étant toujours plus complexe et dérangeante que ce que l'on imagine. Aussi troublant que déchirant.

08/02/20

Pour un instant d'éternité, de Gilles Legardinier

Pour un instant d'éternitéRien ne va plus... entre Gilles Legardinier et moi.
Découvert en 2013 avec Demain j'arrête, j'ai enchaîné les romans avec jubilation. Un enthousiasme jamais altéré. Vraiment top. Coïncidence ou pas, depuis son changement d'éditeur, ça ne colle plus. J'aime de moins en moins ce qu'il propose (Le premier miracle, Une fois dans ma vie, J'ai encore menti). Bof bof.
Tout me semble lourd, long et redondant.

Ce nouveau titre n'a pas fait exception : l'histoire est confuse et lassante... malgré un programme alléchant. En plein Paris du début du Siècle, qui consacre l'Expo Universelle, on fait connaissance avec une équipe de cerveaux habiles à concevoir des cachettes à trésors et à démêler les énigmes. Dépassés par leur réputation, ils seront hélas confrontés à des personnages peu recommandables et deviendront incidemment des cibles à éliminer.
Un peu d'aventures, un peu d'intrigue criminelle, un soupçon de pouvoirs occultes... un peu fourre-tout au final. La lecture est fastidieuse car elle n'accroche pas et retombe facilement sur de vieux acquis. Les discours, les relations, les tours et détours, les rebondissements, les personnages aussi... c'est du déjà vu.
En fait le roman est très inégal : parfois je me surprenais à écouter l'histoire avec intérêt, parfois je me demandais combien de temps encore avant la fin ! ? Bref. Un peu trop sinueux, si vous voulez mon avis. D'où l'ennui et la déception.
Tant pis.

©2019 Editions Flammarion (P)2019 Editions Gallimard

Fort de l’inventivité et de l’humanité qui ont fait sa marque, Gilles Legardinier sait nous emporter au coeur de destins qui basculent. Combinant tous les talents qui font son exceptionnel succès, il nous offre ici une aventure captivante dans un univers énigmatique, une histoire qui enflamme notre imagination et nos émotions.

⭐⭐.5

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22/01/20

Le Troisième Jumeau, de Ken Follett

Le Troisième JumeauVoici donc un roman de Ken Follett initialement paru dans les années 90 ! Oui, ça se sent... (on parle de disquette d'ordinateur). Ah, ah. Et puis les réflexions mesquines sur les hommes, sur les femmes, c'est tellement misogyne, tellement banal. De toute façon, les personnages sont lamentables. Tous. Entre la brillante chercheuse en génétique, le séduisant étudiant en droit et les méchants pourris jusqu'au trognon, on nous joue la sérénade habituelle. Gros soupirs. Roulement des yeux. Ça m'a agacée... mais vraiment !

En revanche, l'histoire est plutôt pas mal : Jeannie Ferrami cherche à déterminer si l'humain se distingue par sa génétique ou son éducation. Elle cherche à étudier des jumeaux aux parcours dissemblables pour appuyer son propos. Elle fait ainsi la rencontre de Steve (son frère est un criminel récidiviste) qui ne lui cache pas son attirance, sauf qu'il est plus jeune donc elle préfère le tenir à distance. Sur ces entrefaites, Steve est arrêté par la police pour viol : identification du témoin, analyse biologique... tout colle. Le gars tombe des nues et jure son innocence. De son côté, Jeannie ne va pas renoncer si facilement à son cobaye et redouble d'efforts pour démêler cet imbroglio, tout en se heurtant à des magouilleurs sans vergogne.

Dans l'univers très machiavélique de Follett, les ordures ont la belle vie et nous démontrent l'étendue de leurs talents sans craindre d'être mis à mal. C'est souvent très exagéré mais c'est ce qui rend la lecture aussi sordide et stimulante. Chapeau la rouerie de l'auteur : franchement exemplaire. Reste cependant à supporter sa vision étriquée ou limite ringarde (les balbutiements amoureux et tout ça... berk !). Pour le reste, son scénario est ficelé comme une production hollywoodienne et ça distraie décemment le lecteur. Prochain titre audio à découvrir : Le Pays de la liberté

©1997 Éditions Robert Laffont (P)2019 Audiolib

Marie Bouvier offre une belle performance de comédienne / lectrice et nous fait passer un agréable moment à suivre cette nébuleuse histoire où se côtoient politiciens véreux et scientifiques aveuglé par les gros sous... Les révélations sonnent farfelues, mais pourquoi pas ? Action, rythme et rebondissements font ainsi bon ménage dans ce roman. 

⭐⭐.5

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18/01/20

Et le désert disparaîtra, de Marie Pavlenko

Et le désert disparaîtraSamaa a toujours connu le désert mais désire ardemment suivre les chasseurs de sa tribu (une mission exclusivement réservée aux hommes). Elle décide donc de s'éclipser en douce pour suivre la partie de chasse. Malheureusement son escapade tourne court : Samaa se perd, tombe dans une crevasse et se blesse.
Terrorisée, elle n'en est pas moins surprise de découvrir un filet d'eau et surtout un arbre immense. Le Graal des chasseurs qui cherchent justement du bois pour le vendre.
Les jours passent dans une morosité ambiante. Samaa rumine ses idées noires, revient sur son éducation, sur la place des femmes dans leur société, sur la nature en souffrance, sur les solutions à trouver pour guérir un monde exsangue.
Avec ses barres chocolatées pour seules provisions, elle calcule très scrupuleusement ses rations pour survivre le plus longtemps possible. Forcément, elle s'affaiblit et commence à confondre la réalité et les rêves...
Alors, c'est tout sauf une lecture renversante, une lecture menée à un train d'enfer ou une lecture enflammée dressant son héroïne contre l'ordre établi... disons plutôt que c'est simplement un appel à se poser un instant pour prendre le temps de réfléchir sur la vie, la nature, la planète, tout ça. Huis clos oblige, le roman s'enferme dans une atmosphère accablante et pleine d'amertume. Vision contemplative ou conte écologique... ce roman peut déjà rejoindre Céleste, ma planète sur vos étagères !

©2019 Éditions Flammarion (P)2019 Éditions Gallimard

Très, très jolie lecture faite par Delphine Cogniard : sa voix claire et limpide nous enveloppe et fait oublier la réalisation sonore inexistante (aucun fond musical). Pour d'autres, c'est apaisant car moins racoleur. Cette perspective se discute, mais dans le cas présent, cette absence de fioritures apporte sagesse, solennité, écoute et sérénité. J'ai bien aimé ! 

♪♫ Elle pleure, elle pleure, elle pleure ma planète !
Elle sent que sa fin est proche
Et ça la rend folle !
Dites-leur, dites-leur, dites-leur qu'ils sont fous !
La Terre en a ras le bol un point c'est tout ! ♫♪

 

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