11/10/18

Billy Blaireau, Tome 2 : Son plan hurluberlu-farfelu pour sauver oncle Shawn (qui n'en a pas besoin) de A. L. Kennedy

Billy Blaireau Son plan hurluberlu pour sauver oncle shawn

On pensait notre ami Billy Blaireau et sa bande de lamas en sécurité chez l'oncle Shawn, surtout après avoir frôlé la mort dans l'épisode précédent, cf. Son enlèvement (presque) réussi mais finalement raté.
On les imaginait donc si heureux qu'ils en avaient des chatouillis dans les orteils, en train de savourer de la limonade et des crêpes.
Eh bien, non. Un terrible danger va de nouveau s'abattre sur ce paradis terrestre. Un sinistre individu aux cheveux luisants rôde non loin. Planqué dans des buissons, il prend des notes sur tout ce qu'il observe en douce. Et il est profondément agacé.
Celui-ci se présente en tant que Dr. G'Nakr, spécialiste mondial de la loufoquerie. Il parcourt toute la lande écossaisse au volant de son fourgon grisâtre pour prendre en charge les cas les plus graves. Agir vite et bien, voilà son credo. Selon lui, la loufoquerie est une maladie contagieuse et très dangereuse.
Au cours de son périple, le Dr. G'nakr comprend qu'il aura fort à faire avec le dénommé oncle Shawn, que tous décrivent comme le type le plus incroyable et farfelu de la contrée. Et comme le véritable dessein de notre pseudo spécialiste c'est éliminer toute trace de bonheur en écrabouillant la loufoquerie, il doit faire disparaître cet oncle Shawn.
Caramba ! Ce dernier n'est pas dupe et échafaude un plan... sans prévenir ses compères à la ferme. Résultat, Billy Blaireau et les lamas sont chamboulés par les paroles mielleuses et hypnotisantes du docteur G'nakr. Bim... le piège est tendu, tordu. Nos amis mordent à l'hameçon.
Et quel micmac ! Par contre, ça vous tricote une petite intrigue rigolote avec des rebondissements insensés et pas mal de détails saugrenus. Les plus jeunes, dès 8-9 ans, apprécieront l'audace et la farce ! Ce qui m'a plu, en particulier, ce sont les illustrations et les commentaires après chaque ouverture de chapitres (Où il y a une pause déjeuner sans déjeuner, ce qui est toujours très triste. Et des yeux écarquillés et des propos un peu malpolis. Et aussi de la Loufoquerie !). Voilà, voilà.
La série est sympa, surtout si on aime les héros hurluberlus et les lamas un peu dingues.

Casterman (2018) - traduit par Valérie Le Plouhinec

illustrations de Gemma Correll

 

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11/01/07

Le contentement de Jennifer Wilson - A.L Kennedy

contentement_de_jennifer_wilson"Dites mon nom. Seulement le prénom. Sa-vi-nien. Comme si vous mangiez un mets savoureux, qui devient encore plus savoureux, le meilleur étant à la fin, Sa-vi-nien. Regardez-moi dans les yeux et dites-le. S'il vous plaît." - C'est ainsi que va commencer la troublante histoire d'amour de Jennifer Wilson, 35 ans, célibataire, et qui exerce le métier de "voix" pour une station de radio écossaise, après sa rencontre avec un inconnu amnésique, grand écrivain incompris, et qui dit s'appeller Savinien de Cyrano de Bergerac.

L'histoire ressemble à une fable où le rêve emboîte le pas à une confession troublante d'une jeune femme un peu décalée. Jennifer Wilson est éloquente et nous parle de son existence dans le moindre détail, depuis son enfance où les souvenirs lui viennent à la pelle mais décousus, ses rapports souvent ambigus avec l'autre, sa pratique du sado-masochisme avec un ex lui rappelle combien il est temps pour elle de tourner la page, puis son quotidien dans sa grande maison où se croisent d'autres personnalités évanescentes, son travail qui n'a ni queue ni tête, sa maladie qui lui donne une fiève à nourrir des hallucinations de plus en plus poussées. "Personne ne devrait croire en des choses impossibles, cela crée de l'espoir. Oh, je sais, c'est très cynique, ce que je dis là, et l'espoir, en tant qu'idée, qu'inspiration, est admirable. Je le sais. Mais l'espoir ne fait pas de bien."

Il est fort délicat de donner un avis définitif sur ce roman, son charme est réel, son contenu est par contre plus complexe, rempli d' "hallucinations platoniques", et il y a aussi quelques longueurs. Voilà de quoi décourager le plus brave des lecteurs, et pourtant ce serait un tort de ne pas aller au-devant de cette Jennifer Wilson, une fille un peu toquée mais suffisamment sensée pour se décrire en des termes qui vous laissent rêveur, elle parle d'elle avec recul et intelligence, évoque "son calme, d'autres l'ont appelé insensibilité, manque d'implication, excès de contrôle, tempérament de poisson froid".

J'ai aimé son portrait, sa narration et j'ai parcouru ce roman avec un profond attachement pour cette personne. Il y a des zones opaques, des chemins secrets, des contradictions, des mensonges même, mais Jennifer assume tout. Et puis, il y a l'histoire entre Jennifer et Savinien, où les mots d'amour sont trempés dans des pots de miel, garants d'onctuosité, un peu d'amertume et d'espièglerie, mais jamais imprégnés de sentimentalisme foudroyant... Tout ça pour conclure à une note d'espoir et d'envie : Jennifer Wilson est cette inconnue qu'on croise dans la rue, elle vous sourit, vous la regardez avec étonnement, tiens je la connais, et pourtant ???

  • C'est ça, le problème avec les rêves blancs comme neige, inféodés à l'émotion, le lendemain matin, ils vous fichent invariablement une terrible gueule de bois.

Editions de l'Olivier

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