04/10/19

La cage dorée, de Camilla Läckberg

La cage doréeCamilla Läckberg est très perturbante dans ce changement de registre.
Certes, son héroïne fait froid dans le dos : après des années de mariage, Faye est larguée comme une vieille chaussette par un mari cavaleur et tyrannique. Des années à bafouer son estime de soi et son ambition. On se dit, déchire-tout. Venge-toi. Ne lâche rien.
Ça tombe bien car Faye choisit de prendre sa revanche. Elle met au point un plan redoutable et sans scrupule. Elle ne laisse rien au hasard et rend le lecteur complice malgré lui.
Sauf que c'est difficile de compatir à sa situation. En plus de l'amertume ambiante, l'histoire est truffée de sexe... toutes les cinq minutes. C'est vulgaire et gratuit. Franchement indigeste.
De toute façon, dans ce roman, tout le monde en prend pour son grade : les hommes qui veulent des maîtresses au bureau et des potiches en cuisine, les femmes qui renoncent trop vite, qui sont condamnées par le temps, l'âge et les kilos en trop, sans oublier les clichés suédois devenus un fantasme (et un business).
Bref. Camilla Läckberg avait la rage au ventre quand elle a commencé à écrire ce roman ! C'est pas possible autrement. Il faut avertir les aficionados du couple Erica Falck / Patrik Hedström, ceux qui préfèrent les paysages idylliques de Fjällbacka. Le choc risque d'être insoutenable.
Cette fois, on quitte ce cocon douillet pour une vision plus sombre et écœurante de la vie de famille, de la vie de couple et des relations amoureuses. C'est déstabilisant... Et pourtant, cela a réussi à me tenir en haleine. Comme une plongée en apnée dans cette histoire sordide et dérangeante.
Comme quoi, cette Camilla, elle assure !

Un tombereau d'applaudissements pour la lecture faite par Odile Cohen... la classe jusqu'au bout. Chapeau.

©2019 Titre original : "En bur av guld" / ACTES SUD, pour la traduction française par Rémi Cassaigne (P)2019 Actes Sud

La vengeance sera douce et impitoyable : il lui a tout pris, elle ne lui laissera rien. 

La Cage dorée est un thriller glaçant qui résonne funestement avec l’ère #MeToo. Pour la première fois, Camilla Läckberg quitte Fjällbacka pour explorer la perversité de l’homme dans les hautes sphères de la société stockholmoise. Et montrer combien il peut être fatal de sous-estimer une femme.

 

 


27/06/19

ADN, par Yrsa Sigurðardóttir

ADN Yrsa SigurðardóttirUn premier chapitre bluffant et une ambiance glaçante tout au long de la lecture... voilà qui annonce la couleur.
Car j'ai flippé comme une malade !

L'enquête met pourtant mal à l'aise avec ses crimes sadiques et malsains mais elle vous prend dans ses filets en brouillant les pistes et les idées. C'est sombre et amer - parfois trop long - avec un dénouement tout aussi perturbant.

Cette nouvelle série islandaise met en scène l'inspecteur Huldar et la psychologue pour enfants Freyja. Deux personnages ordinaires et qui se coltinent les mêmes clichés habituels ou autres soucis personnels. Par contre, je n'avais pas envie de les connaître ou de sympathiser plus que de raison. Le climat est beaucoup trop lourd pour relâcher la pression... ça vous éreinte !

Actes Sud coll. Actes Noirs (2018) - Traduit par Catherine Mercy

 

PRÉSENTATION DE L'ÉDITEUR

Elísa Bjarnadóttir méritait d’être punie. Elle devait payer. Mais quelle faute pouvait justifier une telle violence ? On vient de retrouver la jeune femme à son domicile, la tête en­tourée de gros scotch, exécutée de la façon la plus sordide. L’agonie a dû être atroce. Sa fille de sept ans a tout vu, cachée sous le lit de sa mère, mais la petite se mure dans le silence.
Es­pérant l’en faire sortir, l’officier chargé de l’enquête se tourne alors vers une psychologue pour enfants. C’est sa seule chance de remonter jusqu’au meurtrier. Ce dernier n’a pas laissé de trace, juste une incompréhensible suite de nombres griffon­née sur les lieux du crime.
Alors que les experts de la police tentent de la déchiffrer, un étudiant asocial passionné de cibi reçoit à son tour d’étranges messages sur son poste à ondes courtes. Que cherche-t-on à lui dire ? Sans le savoir, il va se retrouver mêlé à l’une des séries de meurtres les plus terrifiantes qu’ait connues l’Islande.

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28/04/19

La Dernière Nuit à Tremore Beach, de Mikel Santiago

la derniere nuit à tremore beachJ'ai adoré l'ambiance de ce roman carte-postale : une maison isolée sur une plage irlandaise. Clenhburran, comté de Donegal. La pluie, le vent, l'orage... c'est somptueux.
Un homme vit seul, en retraite forcée après un divorce douloureux et une carrière en souffrance - il est pianiste de renommée internationale. Peter n'est plus capable de composer et boit trop. Un soir de tempête, en se rendant chez ses voisins, il est victime d'un accident et est frappé par la foudre. Hospitalisé en urgence, il ressort quasi indemne mais souffre de migraines atroces.

Les jours passant, la douleur peine à s'effacer et Peter constate qu'il fait de de plus en plus de rêves étranges, paranoïaques ou prémonitoires, en fait notre homme est convaincu que ses amis vont mourir. Impossible pour lui d'expliquer ce phénomène. La médecine aussi est impuissante. Et ça tourne en boucle comme de la paranoïa aiguë ou une grosse crise hallucinatoire. On nage en plein délire.
Résultat, on trépigne d'envie de savoir ce qui se trame car la narration est lente et longue. Certes, elle fait traîner le suspense et entretient savamment un flou artistique sur les rêves de Peter. Mais c'est parfois un peu trop disparate - heureusement que le décor est magnifique, ça fait passer le temps - aussi on pardonne tous les petits défauts de ce roman chaotique à ses heures perdues. Le dénouement est d'ailleurs explosif - d'un seul coup, sans prévenir. On a un enchaînement intense et vibrant... mais est-ce un rêve ou la réalité ?
En tout cas, le dépaysement a été appréciable. Je me sentais ailleurs durant ma lecture. Complètement transportée.

Roman traduit de l'espagnol par Delphine Valentin (Actes Sud, 2016 pour la traduction)

Repris en poche BABEL NOIR (2018)

 

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27/02/18

Ne reviens jamais, de David Bell

Ne reviens jamaisApprenant par la police la mort de sa mère, seule, dans sa maison, Elizabeth Hampton, étudiante en master d'histoire à l'université de l'Ohio, se rend aussitôt au chevet de son frère handicapé, Ronnie, qui vivait avec elle. Les inspecteurs posent quelques questions d'usage, avant de placer le jeune homme dans un centre spécialisé pour le soigner.

Sous le choc, Elizabeth avoue s'être disputée avec sa mère six semaines plus tôt et ne pas lui avoir reparlé depuis. Il ne lui reste que son oncle Paul pour la soutenir dans cette épreuve. Et très vite, les mauvaises nouvelles vont se succéder - en fait, sa mère est morte étranglée, elle a modifié son testament peu avant son décès, l'appartement a été fouillé, d'étranges coups de fil sont passés et Ronnie est traité comme le principal suspect. 

Dès lors, Elizabeth plonge dans une sordide affaire familiale, découvrant un passé inavoué et de nombreux non-dits. Des secrets refont surface, de vieilles connaissances tombent le masque. Elizabeth n'est pas au bout de ses découvertes ! Le lecteur est tout aussi ahuri de ce qu'il va apprendre au fil des chapitres. Pour cela, l'intrigue est plutôt bien ficelée, avec des rebondissements inattendus et une tension psychologique remarquable. 

Et pourtant, alors que les pages défilent à vive allure et l'intérêt ne faiblit jamais, on reste malgré tout en retrait de la lecture. On ne s'attache pas aux personnages, on suit leur histoire, on sursaute, on tombe des nues. Mais rien ne nous accroche. Tout est froid, sans âme, sans empathie. Pour dire, j'avais à peine refermé le roman que je l'avais quasiment oublié ! Difficile à expliquer cette sensation. C'est sombre et captivant, mais on trébuche sur la dernière marche. Plouf... 

Actes Sud (Actes Noirs) 2017 - Traduit de l'anglais (USA) par Claire-Marie Clévy

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11/07/17

Quelques heures à tuer, de Heidi Pitlor

Quelques heures à tuerAprès dix-neuf ans de vie commune, Hannah et Lovell sont lassés de leur routine et se disputent pour des broutilles. Il a donc suffi d'une énième altercation pour pousser Hannah vers la sortie, laissant sa famille dans le flou et l'incertitude. Les heures passent, puis les jours, Hannah ne donne aucune nouvelle. Lovell tente de sauver la face pour préserver ses enfants, mais la police s'immisce dans leur histoire et vient titiller ce mari trop irréprochable pour être honnête. De son côté, Lovell fait son examen de conscience et ressasse sa dernière discussion avec Hannah, décryptant chaque mot, chaque geste, chaque détail anodin pouvant éclairer la situation confuse. Quelle parole de trop aurait incité Hannah à agir de la sorte ? Lovell a failli avoir un geste malheureux, serait-ce là aussi un début d'explication ? Et pourquoi n'adresse-t-elle aucun signe à ses enfants inquiets ? Hannah n'en a-t-elle finalement plus rien à secouer de son quotidien, de sa famille, ne regrette-t-elle pas son ancien fiancé, sa vie d'avant, où tout baignait dans le luxe et la richesse ? Lovell est accablé par le doute et l'angoisse. Même le journal local soulève cette disparition préoccupante et vient dresser le portrait de Lovell, en tant qu'homme au self-control impeccable mais déroutant. Toute la famille est prise dans la tourmente et retient son souffle dans l'attente d'un dénouement latent.

Vu comme ça, on croirait un réchauffé du roman de Gillian Flynn, Les apparences (Gone Girl). On retrouve en effet l'archétype du couple éreinté, la querelle en guise d'élément déclencheur, l'épouse envolée, le mari suspect, puis dans l'intervalle, on découvre le parcours de la “disparue” et le déroulement des événements de cette journée. On jongle ainsi entre deux visions d'une intrigue tortueuse, où les masques vont tomber pour mettre à nu des émotions complexes et perturbantes, qui nous entraînent loin, bien loin de ce qu'on espérait glaner. Globalement, c'est assez triste. L'état des lieux quant aux “misères de la vie conjugale” est effroyable. Plus on avance dans la lecture, et plus s'éloigne le spectre de G. Flynn. On a ici un roman plein de nœuds et d'anecdotes inconfortables, un projecteur sur les faux-semblants qui minent toute perspective d'avenir réjouissant, un étalage de frustrations, un cumul de non-dits et une lente agonie du couple... Brr, on a franchement envie de s'ébrouer au moment de refermer le livre. C'est plein, plein d'amertume là-dedans.

ACTES SUD / COLL. ACTES NOIRS - 2017

TRAD. Alain Defossé [The Daylight Marriage]

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17/10/16

Le Dompteur de lions, de Camilla Läckberg

LE DOMPTEUR DE LIONS

S'agissant déjà du 9ème tome de la série, ce roman de Camilla Läckberg ne crée plus la surprise et se contente de renouer des retrouvailles en bonne et due forme avec un ensemble déjà calibré (le couple Hedström, le commissariat de Tanumshede, les multiples conjectures familiales, sans oublier la ville de Fjällbacka). On se sent en territoire familier et ça a du bon aussi.  

Patrik et ses collègues enquêtent donc sur la disparition d'une adolescente, dont on vient de retrouver le corps fauché par une voiture, en notant les nombreux sévices subis, dont les yeux brûlés à l'acide. Cette découverte est pétrifiante et mine le moral des troupes. Les camarades de la jeune victime, qui fréquentent toutes le même centre équestre, sont effondrées. De plus, une psychose gagne les parents dès que leur progéniture disparaît du radar à la moindre seconde. Serial killer ou pas, la police veille au grain.
De son côté, Erica travaille sur son nouveau bouquin traitant d'une affaire survenue trente ans plus tôt, où une fillette aurait été martyrisée au sein de son foyer, battue par son père, avec la complicité de sa mère. Emprisonnée, celle-ci a toujours refusé de s'exprimer sur les circonstances du drame, mais fait une entorse pour Erica, qui a obtenu l'autorisation de la rencontrer pour recueillir ses premières confidences timides. Drôle de personnage, se dit l'écrivain qui s'interroge sur son crime et son absence d'émotions, et qui l'interpelle aussi dans son rôle de mère. Elle-même se débat avec son quotidien, ses mômes intenables, son boulot, son mari, sa sœur, sa belle-mère... Un tourbillon incessant, au centre duquel on perd vite pied. Et pourtant... Erica a besoin de creuser pour approfondir son sujet, et quoi de mieux pour s'aérer l'esprit que de fouiner dans les dossiers de son cher époux ! ? ^-^
Eh oui. On en revient toujours au même problème : Erica la mêle-tout. Même Camilla Läckberg se moque de son vice, tout en l'excusant, et la compare de façon éhontée aux fières tricoteuses des romans anglais ! Ah, ah. On devine sans peine. Et c'est comme ça qu'on recoupe tous les petits morceaux du puzzle. La façon dont l'auteur bricole ses intrigues n'est plus surprenante, mais c'est difficile de lui en vouloir. Ses lecteurs sont au rendez-vous et s'en satisfont. J'avoue faire partie du lot, même si les mignardises domestiques ont tendance à m'exaspérer (oh, Anna... encore et toujours, la 8ème plaie d'Egypte à elle seule). Mais j'aime l'ambiance générale, à la suédoise, qui est agréable et pleine de charme. Cela a aussi un côté rassurant. Le fond de l'histoire n'est pourtant guère lénifiant, puisqu'il questionne le lecteur sur l'instinct maternel et son droit à ne pas en être. La trame romanesque est profonde, poignante et sombre, au-delà de la façade affichée de déculpabiliser les mamans débordées ou qui ont le sentiment de négliger leurs enfants. Un roman davantage féminin que féministe.

Par contre, côté technique, Jean-Christophe Lebert, l'interprète pour Audiolib, est fâché après les adolescentes. Sa manière de singer leurs voix et de gérer leurs crises ne les rend franchement pas sympathiques. L'écoute en souffre un peu, sans en pâtir complètement, l'interprétation des voix féminines demeurant un problème récurrent chez ce comédien. ^-^

 Texte lu par Jean-Christophe Lebert pour Audiolib (durée :  13h 12) Août 2016

Traduit par Lena Grumbach pour les éditions Actes Sud

le dompteur de lions

 

30/08/16

Traqué, de Simon Lewis

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Jake et Will, deux étudiants anglais, ont choisi de s'octroyer une année sabbatique à travers le Sud-Est asiatique. L'un a échoué à ses examens, l'autre veut panser une peine de cœur. À mi-chemin entre la Chine et le Laos, ils décident de partir à l'aventure en suivant un dénommé Howard, du genre hippie hirsute, qui leur promet un site inconnu du grand public situé en pleine jungle. Baignades et rencontres avec des indigènes font aussi partie du programme. Alors que Jake est surexcité par leur expédition, Will boude dans son coin, plus méfiant et craintif que jamais. Son angoisse monte d'un cran lorsqu'il découvre qu'ils débarquent en plein carrefour stratégique où le trafic de teck, de jade, de drogues ou de réfugiés a régulièrement cours. Sous l'emprise d'un euphorisant, Jake plane totalement, prend son pied en plongeant cul nu dans l'eau et séduit une beauté locale. Will, par contre, rechigne à lâcher prise. Le retour à l'hôtel va hélas s'avérer particulièrement épique. De rencontres importunes en réactions fébriles et maladroites, la situation va dégénérer et placer nos globe-trotters en mauvaise posture. Après quoi, les coups fourrés vont s'enchaîner. La lecture bascule alors dans une surenchère de catastrophes et de violence avec un scénario gavé jusqu'à la surdose. Le rythme est vif, l'action intrépide, mais les personnages sont affligeants de sottise et agissent constamment de manière irréfléchie. C'est usant. Le roman promettait du dépaysement, des émotions fortes... à la fin, il devenait urgent de mettre un terme à cette folie ambiante ! 

Traduit par Julie Blanc pour les éditions Actes Sud / Coll. Actes Noirs, Mai 2015 (Border Run)

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04/02/16

Sidney Chambers et l'ombre de la mort (Les Mystères de Grantchester), de James Runcie

Sidney Chambers et l'ombre de la mort

Les amateurs des séries policières du dimanche soir, sur France 3, connaissent probablement déjà Sidney Chambers et ils ont bon goût car Grantchester est une série de qualité, inspirée des livres de James Runcie. Sidney Chambers est donc chanoine à Grantchester, près de Cambridge, c'est aussi un jeune homme charmant et célibataire, disponible pour ses ouailles et prêtant volontiers une oreille compatissante dès lors qu'on le sollicite pour s'épancher. C'est ainsi qu'il reçoit la confidence d'une femme éplorée par la mort de son amant, qui vient de se suicider, or celle-ci refuse de croire cette théorie et implore le pasteur de mener une enquête discrète. Après quoi, notre Sidney va prendre goût aux intrigues policières et s'investir, souvent à la demande de son ami, Geordie Keating, inspecteur à Scotland Yard, dans des histoires louches, impliquant des vols, des empoisonnements et même des meurtres ! Soudain la vie cléricale vous paraît tellement plus excitante... si grisante qu'elle éloigne notre homme d'église de ses fonctions premières, au grand dam de son assistant, Leonard Finch. Le livre se compose donc de six petites histoires, qui s'enchaînent sur 350 pages, tout en entretenant un lien invisible entre elles. On y retrouve ainsi la même brochette de personnages pittoresques, comme Mrs Maguire, la gouvernante revêche, ou la pétillante Amanda Kendall, une amie de longue date, désormais sa tendre complice, avec ambiguité amoureuse perceptible, sans oublier le chien Dickens, nouvelle coqueluche du village. Le contexte des années 50 participe aussi au charme et à l'élégance de la lecture, et si l'esprit général est assez poudré, cela n'occulte pas des thèmes subversifs, comme la violence sexuelle et l'homophobie, qui viennent quelque peu noircir le tableau bucolique. Grantchester reste néanmoins une série d'ambiance et de caractère bon chic bon genre, où l'action lente et la réflexion métaphysique prennent le pas aux pérégrinations de notre chanoine préféré, amateur de jazz, de backgammon, de whisky et de bière brune. C'est sans esbroufe et très classique, mais plaisant à lire pour qui recherche une forme de détente dépaysante (et apprécie la formule du “cozy mystery so british”). ;-)

Actes Sud / coll. Actes Noirs ♦ Janvier 2016 ♦

Traduit par Patrice Repusseau (Sidney Chambers and the Shadow of Death, 2013)

Grantchester

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bannerfans_16489672 (63)  Challenge ABC Policier Thriller

20/10/15

Étape 4 #Challenge Halloween : un auteur qui vous hante depuis des années…

Étape 4 : Le 20 octobre
La fin de cette randonnée vous a entrainés vers un cimetière de campagne, isolé, à des kilomètres du prochain village. Au détour d'une allée, vous vous penchez pour lire une inscription. "Ci-gît"...
A vous de décider qui est censé résider à cet endroit : une célébrité locale chez les créatures ou un auteur qui vous hante depuis des années…

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Stieg Larsson, auteur de la série Millenium (publiée en Suède entre 2005 et 2007)
décédé d'une crise cardiaque le 9 novembre 2004 

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Je débarque après tout le monde, en me lançant seulement maintenant dans la lecture de cette série à succès (alors même que vient de paraître un quatrième titre, écrit par l’auteur suédois David Lagercrantz, d’après les personnages créés par Stieg Larsson). Youhou ! Je ne me sens même pas has-been. Juste fabuleusement rebelle ! ;-) Et sinon, cette lecture ? C'était si bien que ça ? 

Pour la petite histoire. Mikael Blomkvist, rédacteur de la revue “Millénium”, traverse une mauvaise passe depuis qu'il s'est cassé les dents contre un ponte de l'économie, en perdant son procès pour diffamation. Pour se sortir de cette impasse, il accepte de rendre service à l'industriel Henrik Vanger, qui cherche à comprendre les raisons de la disparition de sa nièce Harriet, seize ans au moment des faits. Mikael prend ses quartiers sur l'île de Hedestad et se plonge quarante ans en arrière dans les secrets de la famille Vanger. Il sera assisté d'une redoutable chasseuse d'infos introuvables -Lisbeth Salander- au caractère tranchant et aux méthodes aguerries. 

Le risque, quand on se lance dans une lecture portée aux nues, c'est d'estimer logique d'être épatée en applaudissant bien fort des deux mains tellement c'est bon et fort et époustouflant. À la hauteur des attentes, donc. C'est aussi le problème, voyez-vous. En me lançant dans cette lecture (tome 1), j'ignorais ABSOLUMENT TOUT de l'histoire. J'avais réussi à passer à travers les résumés, les commentaires, les séries et les films existant sur le marché. J'étais une terre en friche qui ne demandait qu'à être cultivée. ^-^ C'était aussi mon challenge de l'été - sous le soleil, au bord de la piscine, sur le transat... j'écoutais Millenium et je découvrais Lisbeth Salander. J'avoue, je ne suis pas tombée à la renverse. Lisbeth est une jeune femme sur la corde raide, qui m'a souvent laissée sceptique (les scènes de torture, d'entrée de jeu... ahem). Je conçois cependant qu'elle dégage un certain charme canaille et une fragilité sous la façade qui ne demande qu'à être explorée. Mikael Blomkvist, par contre, m'a inspiré une vive antipathie (sa façon de traiter les femmes)... c'en est rageant. Ceci dit, l'histoire, aussi longue soit-elle, est captivante, tortueuse, fouillée et mystérieuse à souhait car elle relève principalement d'un secret de famille à dépiecer au scalpel. 

Voici donc pour une première approche, suffisamment concluante pour me lancer dans la suite ! 

LES HOMMES QUI N'AIMAIENT PAS LES FEMMES - MILLÉNIUM 1 ♦ Audiolib / Juin 2008 ♦ Texte lu par Emmanuel Dekoninck (durée : 17h 45) ♦ Traduit par Lena Grumbach & Marc De Gouvenain (Män som hatar kvinnor) pour les éditions Actes Sud

14/01/15

Cyanure, de Camilla Läckberg

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Une lecture coupe-faim pour tous les amateurs des enquêtes d'Erica Falck et Patrik Hedström, sauf que notre couple phare n'apparaît pas entre ces pages et laisse la vedette à Martin Molin, le jeune policier au cœur d'artichaut.

À l'approche des fêtes de Noël, Martin part en weekend avec sa petite amie Lisette, sur l'île de Valö, où se réunit toute sa famille. Mais le séjour tourne au vinaigre lorsque le grand-père Ruben, après un exercice de remontage de bretelles pour toute la tablée, s'écroule la tête dans son assiette. L'homme a été empoisonné ! Martin agit aussitôt en conséquence et rassemble les témoins dans la bibliothèque. Plus besoin de sauver les apparences, ils sont tous à couteaux tirés. L'ambiance est glaciale, voire explosive. De plus, à cause de la tempête, ils se retrouvent bloqués sur l'île jusqu'à nouvel ordre.

Cette lecture ressemble tellement à un roman d'Agatha Christie, l'illusion est parfaite qu'on s'y croirait ! L'enquête se déroule en vase clos, autour d'une assemblée familiale aux aguets, notre détective débutant a privilégié la posture du gars attentif, qui observe et interroge les suspects, puis ressasse ses réflexions en buvant du café et en dégustant des brioches à la cannelle, au coin du feu. C'est une atmosphère très cosy, qui pourrait en déconcerter plus d'un, mais qui a su me charmer malgré les nombreuses maladresses de l'intrigue.

Le dénouement déçoit naturellement, par sa résolution précipitée et son clin d'œil impromptu à Sherlock Holmes. Un tour de passe-passe que je trouve facile et frustrant. Mais cela a tout de même été gratifiant de retrouver l'île de Valö, cf. La faiseuse d'anges, et plus généralement le cadre nordique et familier de Camilla Läckberg.

Actes Sud, coll. Actes Noirs, novembre 2011 ♦ traduit du suédois par Lena Grumbach  

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