12/06/17

Le Secret du mari, de Liane Moriarty

Le secret du mari AudiolibEn fouillant dans son grenier, Cecilia découvre par hasard une lettre testamentaire écrite par son mari. Surprise, puis curieuse, elle cherche à comprendre, à résister à l'envie de l'ouvrir pour la lire, puis finit par interroger le concerné. La réaction de celui-ci ne finira pas de la surprendre...
Tess apprend de la bouche de son époux qu'il est tombé amoureux de Felicity, sa cousine. Blessée, mais surtout vexée, la jeune femme plie bagage et part avec son fils chez sa mère. En inscrivant Liam à l'école de son enfance, elle tombe également sur Connor, son premier amour...
Rachel, vieille femme aigrie par la vie, est désabusée d'apprendre que son fils, sa femme et leur garçon quittent le pays pour New York où sa bru vient de décrocher un nouveau poste. C'est surtout sa séparation avec Jacob, son petit-fils, qui la meurtrit au plus haut point. Cela exacerbe également les souvenirs jamais éteints de la perte de sa fille, assassinée trente ans plus tôt. Son crime laissé impuni, Rachel n'a jamais cessé de spéculer sur l'identité du coupable, se méfiant de tous, accusant non sans honte, souffrant d'être incomprise, ruminant sa vengeance...

Ainsi, ce roman brasse et embrasse trois destinées de femmes bousculées par la vie, acculées dans leur coin, forcées de tout remettre en question et relancer leur fortune. À l'instar de Petits secrets, grands mensonges, le suspense est savamment distillé et donne à lire un roman où chaque lien est inextricablement noué, avec du fil invisible, car on ne voit généralement venir la répercussion qu'au détour d'un chapitre, ou dans les dernières pages du livre, dans un dénouement chaotique et fracassant.
Dans ce roman, Liane Moriarty se montre également plus grave en évoquant des sujets comme le deuil, le poids de la culpabilité, les secrets de famille, le sentiment de trahison, l'adultère et la rédemption. L'émotion est palpable, le désarroi des personnages contagieux. On ressent toute la solennité du roman, son aura dramatique et bouleversante. Implicitement, cela se lit avec beaucoup de retenue et de compassion. 
Contrairement aux promesses vendues, je n'ai pas trouvé ce roman pétillant ou plein d'humour, mais plein de délicatesse, incitant aussi à la réflexion autour de thèmes d'une grande humanité. La lecture faite par Nathalie Hugo est impeccable dans ce registre. De la sincérité, de la sensibilité, de la justesse. C'est tout bon. 

©2015 Albin Michel / Traduit par Béatrice Taupeau

(P)2017 Audiolib / Texte intégral lu par Nathalie Hugo (durée : 12h 06)

 

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11/02/17

L'Effet Papillon / Les Enquêtes du Département V (n°5), par Jussi Adler Olsen

l'effet papillon

Ce cinquième tome signe mes retrouvailles avec le Département V, au sein duquel l’inspecteur Carl Mørck et son équipe continuent de crouler sous les dossiers “cold case” qui s'empilent sur leurs bureaux, piochant au gré des envies et du temps. Ce sont plus précisément Assad et Rose qui dictent désormais les règles à leur chef, lequel se charge d'adopter une attitude blasée et arrogante qui exaspère ses supérieurs. D'ailleurs, il y a du remue-ménage au niveau supérieur (départ en retraite, nouvelle direction, changement de politique). Carl doit se coltiner un stagiaire sans jugeote, Gordon Taylor, en guise de sanction. 
Après une première enquête sur le corps calciné d'une femme découvert dans une péniche (qui, entre nous, ne sert strictement à rien), le Département V s'intéresse à la disparition d'un dénommé William Stark dont la belle-fille a placardé des avis de recherche dans toute la ville depuis trois ans. Cet homme aurait été mêlé à une affaire de corruption au Cameroun, impliquant des fonds du gouvernement danois dédiés à une association humanitaire. Pour étouffer ce scandale, les grosses têtes ont donné carte blanche à un gang de gitans, auquel appartient le jeune Marco, sauf que celui-ci en a assez de ces combines crapuleuses et file sans demander son reste. Mais en quittant “la famille” Marco signe son arrêt de mort. Et ils sont nombreux à ses trousses, car le garçon est désormais la clé de voûte d'un engrenage infernal. 
Ce numéro de cache-cache interminable n'est pas nouveau, cf. Profanation où un seul personnage avait mis en branle une intrigue complète. Outre le sentiment du réchauffé, je n'ai pas été inspirée par cette course-poursuite dans les rues de Copenhague. Comment un môme de quinze ans parvient à déjouer toutes les polices et tous les tueurs les plus aguerris ? Pour moi, Jussi Adler Olsen se repose trop sur ses lauriers, l'intrigue criminelle est correcte, mais l'ensemble tombe parfois dans la caricature. Les personnages, Assad, Rose ou Carl, sont attachants mais n'évoluent plus. Le mystère du réfugié syrien reste entier, les excentricités de la jeune femme ne se renouvellent pas, le chef d'équipe est un goujat fini (il couche avec Lisbeth la bibliothécaire pour se consoler de sa rupture avec Mona puis s'en mord les doigts). Bref. J'aime bien la série du Département V - je suis une mordue des lectures se déroulant dans les pays nordiques - mais je lui trouve aussi un côté plan-plan, à la mécanique trop bien huilée, qui ne m'étourdit plus. Il faudrait sortir des clous maintenant, Hr. Jussi Adler Olsen ! 

Sur un plan technique, Julien Chatelet assure, comme à son habitude, une lecture impeccable, efficace et captivante. Par contre, ce serait bien si Audiolib pouvait raccrocher avec la cadence imposée par Albin Michel (le tome 6 est sorti en janvier 2016, le tome 7 en mars 2017). Help ! ☺

Audiolib - Janvier 2017 (durée : 16h 52)
Traduction de Caroline Berg pour les éditions Albin Michel

26/01/17

Petits secrets, Grands mensonges, de Liane Moriarty

Petits secrets grands mensongesAu cours d'une soirée quizz organisée par l'école du quartier, des parents anormalement émêchés se donnent en spectacle de manière scandaleuse et déplacée. Ils se lancent des noms d'oiseaux, en viennent aux mains, se bousculent. Puis la farce vire au drame, une victime est déplorée, la communauté est sous le choc. Commence aussitôt une enquête qui ne dévoile rien de l'identité de la victime ou des responsables de la cohue. Rien ne filtre, si ce n'est quelques détails distillés avec parcimonie.
Cette mise en scène redoutable, au suspense bien ficelé, est diablement efficace et rend la lecture captivante ! On plonge sans se douter dans une abominable histoire de harcèlement, d'injustice et de préjugés, alors que tout se passe dans une simple classe de maternelle au cœur une banlieue chic et cossue. Jane vient d'y emménager avec son fils Ziggy lorsque celui-ci est accusé de persécuter une petite camarade. La mère outrée monte au créneau et use de son influence pour intimider les nouveaux venus, tandis qu'une résistance s'organise autour de la jeune maman célibataire en dénonçant le lynchage en règle. La guerre des mères est déclarée et elle s'annonce sanglante.
On pourrait se moquer du sordide de la situation, si ce n'est que cela démontre aussi l'acharnement bête et méchant à entraîner les uns et les autres dans une ronde infernale qui exacerbe toutes les passions (divorce, famille recomposée, adolescence, carrière, procrastination, humiliation, coups et violence). On n'imagine pas les drames cachés dans ces doux foyers en apparence ordinaires et aisés. C'est tout à la fois poignant, révoltant, délicat et émouvant. On se croirait presque dans une nouvelle saison de Desperate Housewives ! De plus, le rythme est incroyablement bon, angoissant et haletant. On ne voit rien venir des révélations finales, on se fait même manipuler sur toute la ligne et on applaudit le tour de force.
Ce roman est addictif, ingénieux et surprenant ! Franchement top. 

La voix de Danièle Douet peut vous paraître familière, puisqu'elle double notamment Nicole Kidman, Kristin Scott Thomas, Gillian Anderson et Felicity Huffman (Lynette Scavo dans Desperate Housewives). C'est une voix chaleureuse et très agréable à écouter, qui s'amuse ici à accentuer les défauts ou les particularités des uns et des autres, sans surjouer ou friser le ridicule. On assiste avec un certain effroi à cette comédie sinistre sur les drames domestiques en prenant note du poids des secrets et des mensonges qui peuvent parfois faire tout basculer. Malentendus, ragots, rumeurs alimentent le quotidien de ce petit monde qui vit en vase clos. Effroyable et sidérant. ☺

Texte intégral lu par Danièle Douet pour Audiolib (Janvier 2017) - durée : 15h 23

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21/11/16

Le Temps des regrets, de Mary Higgins Clark

LE TEMPS DES REGRETSLe procès de l'année fait la une de tous les journaux : Betsy Grant est accusée d'avoir tué son mari, un riche médecin atteint d'un Alzheimer précoce. Les auditions s'enchaînent et blâment la veuve à qui on reproche d'avoir entretenu une liaison secrète avec son amour de jeunesse. Seule la journaliste Delaney Wright prêche son innocence auprès de ses amis Alvirah et Willy Meehan, lesquels n'osent pas lui avouer être sur le point de retrouver l'identité de sa mère biologique. Vingt-six ans plus tôt, celle-ci a en effet accouché en cachette et a été contrainte par ses parents d'abandonner l'enfant en le vendant à un couple désireux de fonder une famille. Ce vide a longtemps hanté Delaney, en dépit d'une enfance heureuse et aimante. La révélation qui s'annonce risque également de chambouler la couverture du procès. 

Mais trêve de suspense. J'ai trouvé qu'il manquait de la consistance à l'intrigue et aux personnages. L'ensemble sonne creux, superficiel et attendu. J'aime bien les histoires judiciaires, celle-ci n'a pas failli à la règle, par contre je regrette sincèrement l'absence de machiavélisme dans son déroulement. Je n'ai pas franchement ressenti d'attente angoissée à l'écoute de l'histoire qui dévoile son plan placidement. J'avais tout deviné et n'ai donc pas été surprise par l'aboutissement de l'enquête. L'interprétation par Cécile Musitelli demeure la note appréciable de cette lecture. 

Traduit par Anne Damour pour les éditions Albin  Michel / Lu pour Audiolib, novembre 2016 (durée : 7h 49)

12/09/16

Le Coma des Mortels, de Maxime Chattam

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Pierre, trente ans, est atteint d'une terrible malédiction : quiconque l'approche finit par mourir tragiquement. Devant le corps d'une jeune femme, retrouvée morte dans son appartement, et face à des enquêteurs circonspects, le type se lance dans une longue justification en racontant son histoire... à rebours.
Qui est-il ? Que cherche-t-il ? Que fait-il dans la vie (à part ramasser les crottes des animaux du zoo de Vincennes) ? Comment et pourquoi son existence est en train de basculer dans une spirale infernale où la folie douce semble y faire son nid en toute quiétude ?
Maxime Chattam sort de son registre habituel pour livrer une histoire pour le moins sinistre et déprimante. Le narrateur - Pierre - est un type aussi cynique que désabusé, du coup sa confession oscille facilement entre l'amertume et le désespoir, tout en épinglant ci et là les travers de notre société, à grand renfort de pointes sarcastiques.
Je n'ai pas été totalement conquise par cet essai - d'abord, le type verse facilement dans l'atermoiement mais ne suscite guère d'empathie. Son parcours relève ensuite d'une longue série de rencontres excentriques et farfelues - une amoureuse qui collectionne les suicides, une collègue qui confond littérature et sexualité, un psy psychopathe qui ne cesse de le harceler, un vieux bonhomme qui possède le don de retrouver des objets perdus... Lui-même joue à la pêche téléphonique, en composant des numéros au hasard dans le but de discuter avec des anonymes.
Bref. On sait que Pierre a renoncé à ses amis, à sa famille. Il se dit mortifié par sa malédiction, dépossédé de son destin, mais cherche un sauf-conduit pour échapper à cette terrible fatalité. Sa vie est clairement insipide, solitaire et affligeante. Et lire ou écouter son histoire s'avère une expérience tétanisante, même si elle n'est pas aussi traumatisante qu'avec Que ta volonté soit faite.
On y trouve du sexe, du sang, du sordide, de l'humour noir, de la mélancolie, du suspense, de l'émotion, de l'ironie... Un beau patchwork bariolé, qui vous file aussi une étrange sensation de malaise. Paradoxalement ce grand déballage a su m'accrocher jusqu'au bout. Envie de connaître le fin mot de l'histoire, curiosité malsaine, agacement grandissant pour le personnage central etc. Mea culpa.
On nous vend du David Lynch (oui... pour les tableaux à base de mouches mortes) et un soupçon d'Amélie Poulain sous LSD. L'échappée est certes singulière et conduite avec maestria, mais je n'ai pas trouvé ce roman à la hauteur de mes attentes. Vivement la fin d'année pour plonger enfin dans le dénouement de la série Autre-Monde ! Hâte. ☺

Texte lu par Damien Ferrette pour Audiolib (durée : 9h 11) / Août 2016

 

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30/08/16

Agatha Raisin enquête : La Quiche fatale & Remède de cheval, de M. C. Beaton

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Quelle exquise série ! Agatha Raisin est une héroïne hors pair, fantasque, fonceuse, décidée à tout péter dans ce petit village des Cotswolds où elle vient de s'installer, quittant une vie londonienne bouillonnante d'activités et une brillante carrière au sein de son agence de communication.

C'était son rêve de toujours de s'acheter un cottage à la campagne pour y couler une retraite à la hauteur de ses espérances. Las, son adaptation à la vie de Carsely n'est pas un franc succès. Les autochtones sont excessivement polis mais distants. Agatha a beau multiplier les efforts d'intégration, rien n'y fait. Elle se sent seule, isolée et elle s'ennuie. Son dernier espoir consiste à participer à un concours de quiche - qu'elle court acheter chez un traiteur à Londres. Or, peu après sa dégustation, le président du jury meurt empoisonné ! Agatha jure ses grands dieux qu'elle est innocente et avoue honteusement sa supercherie. L'enquête tourne court, mais contrarie notre héroïne qui cherche à démontrer au jeune agent Bill Wong qu'un véritable crime vient d'être commis à la barbe de tous. Cette chère Agatha met les pieds dans le plat, tout en culot et en maladresse, pour nous régaler de son histoire décapante et savoureuse.

Un cozy mystery pur jus, planté dans un décor de carte postale, avec des personnages toqués, de l'humour et une intrigue pétaradante. Un régal ! 

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Et donc, j'ai enchaîné avec le deuxième tome des aventures d'Agatha Raisin (Remède de cheval). ^-^

Après bien des déboires et des hésitations, Agatha a choisi de rester à Carsely. La présence de son nouveau voisin, James Lacey, qui affiche prestance et célibat, n'est pas pour influencer notre héroïne qui n'est plus à une excentricité près (s'envoler aux Baléares en imaginant des vacances en tête-à-tête !). Evidemment, son manque de tact effarouche notre ermite, déjà alarmé par les excès de prévenance des dames du village. James n'entend pas se caser et s'enferme chez lui pour rédiger ses mémoires militaires, mais affronte le syndrome de la page blanche, tout en contemplant derrière le rideau de ses fenêtres les allées et venues de sa voisine hyperactive.

Agatha vient en effet de rallier les rangs des abeilles butineuses agglutinées dans la salle d'attente du nouveau cabinet de vétérinaire. En effet, Paul Bladen est plutôt bel homme, avec son regard pénétrant et des mains sensuelles, en plus d'être célibataire. Justement, Agatha trouvait que son chat était en petite forme. Raison de plus pour consulter le véto au plus vite... Ses efforts ne seront d'ailleurs pas vains, puisqu'elle décroche un rendez-vous galant auquel elle ne pourra se rendre en raison d'une tempête de neige exceptionnelle. Mais elle s'accroche. Et nous offre des séquences hilarantes qui prouvent que le ridicule n'existe pas. 

L'annonce de la mort de Paul Bladen va forcément troubler la communauté de Carsely, principalement sa population féminine, frileuse à l'évocation de son assassinat, embarrassée de quelques secrets peu avouables. Pour l'occasion, Agatha va s'allier à James pour rompre leur routine et rendre service à l'agent Wong. Notre duo de choc se livre à une enquête de terrain particulièrement piquante et cocasse (lire la scène des WC du pub pour s'en convaincre) et pare ainsi ce volume d'anecdotes truculentes et enlevées.

Encore une lecture de confort, pour les amateurs de meurtres à l'anglaise, qui doit aussi son succès à la personnalité haute en couleurs de son héroïne. À suivre avec grand plaisir ! 

Traduit par Esther Ménévis pour les éditions Albin Michel (Juin 2016)

La suite est déjà prévue en Octobre : Pas de pot pour la jardinière (T.3) et Randonnée mortelle (T.4)

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05/07/16

La Mariée était en blanc, de Mary Higgins Clark & Alafair Burke

La mariée était en blanc

La productrice Laurie Moran consacre sa nouvelle émission tv à l'affaire de la Mariée envolée. Cinq ans plus tôt, Amanda Pierce, une jeune et belle héritière, disparaît quelques heures avant la cérémonie. Tous les soupçons se portent sur le fiancé - désormais marié à la demoiselle d'honneur - mais les indices sont maigres et ont conduit l'enquête de police vers une impasse. Laurie et ses assistants se passionnent immédiatement pour cette énigme, obtenant de tous les protagonistes une participation pleine et active. Ils vont ainsi tous se réunir à Palm Beach, dans le même hôtel de luxe où était prévu le mariage, et reconstituer les dernières heures d'Amanda d'après les témoignages de ses proches. La tension est palpable, malgré une coopération collective irréprochable. Laurie et son animateur Alex ont conscience des façades trompeuses et traquent la faille dans cette photograhie d'une famille parfaite, entourée de leurs amis décontractés et heureux. 

Le binôme Alafair Burke / Mary Higgins Clark fonctionne encore une fois très bien. L'écriture est simple, efficace, au service d'une intrigue aux rouages bien huilés. On passe un agréable moment à découvrir les ressorts de cette histoire de mariage loupé, où le scénario s'élabore de façon basique, en plantant le décor et en présentant les personnages, tout en glissant des détails troublants pour semer le doute et déjouer les déductions trop rapides. Les chapitres sont courts, bien soutenus, ponctués de rebondissements et de suspense. La recette classique par excellence, avec en bonus des personnages récurrents et des sentiments amoureux qui cherchent un sens. Cela se lit / s'écoute très vite. Idéal pour les vacances ou un weekend de détente. 

Texte lu par Marcha Van Boven (durée : 7h 41) pour Audiolib, mai 2016

La mariée était en blanc | Livre audio

 Traduit de l'anglais par Anne Damour et Sabine Porte pour les éditions Albin Michel.

Disponible en téléchargement sur Audible.

 

05/05/16

Lontano, de Jean-Christophe Grangé

LONTANO CD

Convoqué par son père, une barbouze aux bras longs, Erwan Morvan se rend en Bretagne pour enquêter sur l'issue tragique d'un weekend d'intégration - un jeune élève d'une école militaire a trouvé la mort dans des circonstances douteuses. Les révélations du dossier font peu à peu renaître le spectre de l'Homme-Clou, un ancien tueur en série arrêté dans les années 70 par Morvan père en Afrique. Alors que les victimes s'enchaînent, la signature se confirme et le vieux règlement de comptes pointe également son museau. Mais dans Lontano, c'est aussi une histoire de famille dont il est question. Le clan Morvan dans toute sa superbe. Un clan brouillon, déglingué et pas franchement attachant. Le père règne en maître et se prend pour un chef mafieux. La mère reçoit ses coups sans moufter. Erwan obéit aux injonctions du père qui joue avec sa carrière de flic. Loïc, devenu un richissime trader, est camé jusqu'à l'os, englué dans un divorce. Gaëlle, la cadette, après un long combat contre l'anorexie et des séjours à l'hôpital, perpétue sa rébellion en vendant son corps dans les palaces, dans l'attente de percer au cinéma. Ce piètre tableau de famille dévoile sans surprise des liens distendus et usurpés, où l'on se ment et on triche, couche avec la femme du frangin, joue avec les sentiments, etc. Malgré tout, le clan ne cède rien dès qu'un des leurs roule hors-piste. La cavalerie accourt et applique ses méthodes non conventionnelles. Les rangs se resserrent, laissant apparaître un semblant d'affection sincère, mais les non-dits continuent de flotter dans l'air. D'où Congo Requiem (Albin Michel, mai 2016).

Ma lecture de Lontano n'a pourtant pas été un long fleuve tranquille, puisque j'y ai trouvé des longueurs, des tacles répétitifs contre la politique, un ton péremptoire qui semble donner son avis sur tout, oui, parfois Lontano s'égare... La fin aussi est beaucoup trop rapide. Le Mal est éradiqué stupidement, avec un grand ménage dans les règles de l'art, tout ça après un  marathon de 777 pages ou 23h 48 en livre audio ! Cela aurait pu être fignolé. De même, une œuvre plus condensée aurait permis une intrigue plus intense et une lecture encore plus percutante. Mais je chipote, car je lirai bien évidemment le prochain roman avec avidité. Direction le Katanga !

Texte lu par Hugues Martel pour Audiolib (23h 48) - Octobre 2015 / Albin Michel, 2015

Techniquement, Hugues Martel, comédien de son état, a mis à profit son timbre grave pour lire cette histoire abracadabrante de magie yombé, de vendetta personnelle et de secrets familiaux. Espérons qu'il reprendra du micro pour la parution prévue en juin prochain de Congo Requiem pour Audiolib.

 

01/02/16

Dossier 64 / Les Enquêtes du Département V (n°4), par Jussi Adler Olsen

DOSSIER 64

Les affaires roulent, pour notre équipe du Département V, qui a le vent en poupe. Même si, pour l'heure, leur principale préoccupation semble être de résister à l'épidémie de grippe qui sévit dans le commissariat, les vieux dossiers s'empilent sur les bureaux et réclament à cor et à cri leur attention. L'inspecteur Carl Mørck, toujours autant à côté de la plaque, voit ses vieux spectres resurgir, concernant la fusillade dont il a réchappé in extremis, contrairement à ses deux partenaires. Des zones d'ombre persistent, empoisonnent son existence et son moral, notre inspecteur est à cran, aussi cède-t-il de bonne grâce aux insistances de ses assistants, Assad et Rose, pour se préoccuper de la disparition, dans les années 80, de Rita Nielsen, une fan de Madonna, également connue pour vivre de ses charmes. Le département V l'ignore encore, mais cette affaire est plus que sulfureuse, voire carrément glauque et scandaleuse. Car elle va mettre à jour des pratiques honteuses de la médecine, avec la complicité des services sociaux et sous l'égide d'un parti politique extrêmiste. Il était une fois, l'île de Sprogø... où des filles paumées étaient envoyées dans un institut d'aliénées pour y subir, en plus des sévices corporels, des stérilisations forcées et des tortures mentales. Franchement, abject. Parmi elles, se trouvait la jolie Nete Hermansen, une victime abusée parmi tant d'autres, sauf que... Trente ans plus tard, Nete est résolue à se venger et décide d'inviter ses anciens bourreaux à prendre le thé, pour solde de tout compte. Accrochez-vous aux détails et aux descriptions dégoûtantes et méprisables... c'est assez tendu et démoralisant. Pour le reste, c'est avec grand plaisir qu'on suit les frasques de notre trio de choc - Carl et sa relation amoureuse avec sa psy sexy, Assad et ses nombreux secrets sur son passé et ses origines, Rose, fantasque et rebelle, dont on comprend un peu mieux les troubles de la personnalité... Bref. On ne s'ennuie pas. J'ai même trouvé que l'auteur s'éclatait davantage à dessiner son petit monde et privilégiait cette belle connivence, parfois au détriment de l'enquête qui décolle quelque peu tardivement. En tout cas, cette lecture a le goût des retrouvailles pittoresques et déjantées, avec une équipe complètement barrée, mais tellement attachante qu'il me tarde déjà de renouer avec. Les personnages sont, incontestablement, le point fort de la série.

Audiolib / Janvier 2016 ♦ Texte lu par  Julien Chatelet (Durée : 16h 51) ♦ Traduit par Caroline Berg (Journal 64) pour les éditions Albin Michel ♦ Sortie Le Livre de Poche, Janvier 2016 également. ;-)

Dossier 64   Challenge Nordique 2016

15/12/15

Toute la lumière que nous ne pouvons voir, d'Anthony Doerr

Toute la lumière que nous ne pouvons voir

Avant même de commencer ce livre - et bien loin de prendre note de toute l'agitation autour, vu son prix Pulitzer & la vive recommandation du président Obama himself - j'avais très envie de le lire et d'en tomber amoureuse. Pleine d'indulgence pour ce qu'elle me réserverait, je me suis donc lancée dans l'aventure, sans savoir à quelle sauce elle me mangerait !

J'ai donc été pleinement séduite de débarquer entre les murs de St-Malo. L'histoire s'ouvre en 1944, sous les bombardements. Une jeune fille aveugle, Marie-Laure Leblanc, attend seule le retour de son père, tandis que non loin de là, Werner, un garçon allemand, s'échine à décoder la transmission radio pour mettre à mal la résistance. On s'imagine alors que le destin des deux personnages va entrer en collision, mais c'est sans se douter du tournant de l'intrigue ! Car il faudra faire preuve de patience, remonter le fil du temps, suivre deux parcours distincts, croiser des figures plus ou moins aimables, partir en quête d'un diamant rare et attendre son heure pour le rendez-vous au 4 rue Vauborel. Le procédé est subtil, mais nous engage aussi sur une voie beaucoup trop longue à mon goût. Le roman n'en est pas moins ingénieux, habilement construit, ne négligeant aucun détail, plaçant chaque pièce du puzzle avec une minutie toute calculée... Mais du fait de son ambition, le roman sert une histoire qui a tendance à s'essouffler, à force de longueurs. J'ai ainsi passé un bon moment, sans avoir été transcendée non plus. C'est poignant juste comme il faut, plein de tact et de sensibilité. C'est aussi une façon originale d'aborder la guerre et ses ravages sans tomber dans les travers du genre.

Audiolib / Octobre 2015 ♦ Texte lu par Denis Laustriat (durée : 16h 13) ♦ Traduit par Valérie Malfoy pour les éditions Albin Michel (All the Light We Cannot See)

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