12/11/12

L'histoire du soir #15 : Swinging Christmas, un conte musical de Benjamin Lacombe (d'après une nouvelle d'Olivia Ruiz)

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Il faut que je vous avoue une chose : j'avais cru que l'histoire de Swinging Christmas serait lue par Olivia Ruiz. Aussi, en glissant le CD dans le mange-disque, quelle surprise ! Pas d'histoire lue, mais une floppée de notes musicales... Olivia & The Red Star Orchestra en bande sonore, c'est tout de même un bel accompagnement !

Dans un paysage hivernal et enneigé, nous faisons connaissance avec Robin, qui n'aime ni l'école, ni les livres. Un jour, sa mère le charge de porter des provisions chez le pauvre ermite qui vit seul dans son manoir. La perspective fiche la trouille au garçon, mais il n'a pas le choix.

A l'approche de la maison, il sera toutefois accueilli par une musique qui lui fait l'effet d'une caresse ! L'enfant est sous le charme, à tel point qu'il oublie d'avoir peur au moment de rencontrer monsieur Bernard, engoncé dans son manteau de fourrure. L'homme ne se vexe pas du tout d'impressionner le jeune Robin, il lui parle aussitôt de Gargantua et propose de lui faire un peu de lecture puisqu'il ne connaît pas.

Aussitôt, la magie des mots associée au pouvoir de la musique transporte le garçon. Robin est conquis, il tente de poser quelques questions sur la belle chanteuse qui s'affiche partout, sur les murs de la maison, mais monsieur Bernard ne dit pas un mot. Ce sera pour un autre jour. Et le temps va passer, ces deux-là vont tisser une relation tendre et complice. Robin va apprendre à ne plus craindre les livres, car les mots sont comme la musique, il faut trouver le bon tempo.

J'ai refermé le livre, et pratiquement au même instant la musique d'Olivia Ruiz avait fini son tour de piste. Un court moment, je suis restée songeuse. J'étais tellement imprégnée par l'ambiance musicale et poétique, j'étais comme troublée d'en sortir. A vrai dire, l'histoire de monsieur Bernard m'a bouleversée, c'est triste comme secret, j'étais émue à la fin. Aussi, je me suis sentie sincèrement nostalgique d'avoir terminé de lire ce joli conte. L'espace de quelques précieuses minutes, j'avais été enfermée dans une petite bulle, complètement sous le charme, avec les belles illustrations de Benjamin Lacombe, et cette mélodie d'un autre temps... c'était très agréable ! 

Swinging Christmas, un conte musical de Benjamin Lacombe, d'après une nouvelle d'Olivia Ruiz
avec un Cd de 5 chansons d'Olivia Ruiz & The Red Star Orchestra 
Albin Michel jeunesse, 2012

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@ ILLUSTRATIONS :  BENJAMIN LACOMBE

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23/10/12

L'histoire du soir #1 : Les Aventures Agricoles d'Harry l'Agriculteur, par Christophe Nicolas & Ronan Badel

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Je vous présente Harry, l'agriculteur heureux et fier de sa profession. Il adore faire pousser des végétaux. C'est son dada. Sa raison d'être. Dans son village, tout le monde le comprend. Ils sont nombreux à pratiquer le même métier, vivre la même passion.
Mais tout va mal le jour où plus rien ne pousse dans son champ. Ni dans celui du voisin, et encore moins dans les environs. C'est le calme plat. Pas une pousse, pas un radis, ni une salade, rien de rien. Le pire, lorsque Harry fouille ses sillons, c'est de ne trouver aucune graine dans la terre. Là, ça va vraiment mal.
Notre agriculteur prend le taureau par les cornes et mène son enquête. Il veut connaître la vérité, la débusquer et la mettre en joue. Il n'est pas né celui qui lui volera toutes ses plantations ! Et ce petit bonhomme, dans sa blouse blanche, qui cherche à lui refourguer ses graines génétiquement modifiées, bah mon lascar, il peut bien se les garder pour lui.
Personne ne veut d'une telle cochonnerie !
Le petit monde d'Harry l'agriculteur est celui des produits vrais et des graines non miraculeuses (à bas les OGM !), c'est un album du terroir, arrosé d'humour façon Ronan Badel pour les illustrations. C'est un petit bijou d'authenticité.

Les Aventures Agricoles d'Harry l'Agriculteur, par Christophe Nicolas et Ronan Badel
Albin Michel jeunesse, 2012

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05/10/12

"Chocolate doesn't solve everything, Nana." - It solves a whole heck of a lot, though."

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Divin. Savoureux. Excitant. Drôle. Bête. Méchant. Injuste. Révoltant. Déchirant. Enfin, pff ! quoi. Ce roman m'en a fait voir de toutes les couleurs. Heureusement, j'ai adoré. L'histoire se passe dans un futur lointain, en 2083, à Manhattan, le chocolat et la caféine sont des produits illicites, d'où la contrebande et les activités mafieuses. Le père d'Anya Balanchine était un criminel très célèbre, aimé et détesté, il a finalement été assassiné sept ans plus tôt. Depuis, Anya tente de s'occuper de sa famille (sa mère aussi a été tuée) du mieux qu'elle peut.

Chez les Balanchine, la famille c'est sacré ! Et pourtant, même si elle a l'étoffe d'une meneuse, Anya tient à tout prix à se maintenir à l'écart des affaires crapuleuses de son clan, lesquelles se rappellent toujours à elle d'une manière ou d'une autre. On n'efface pas son nom, son passé, son héritage aussi facilement. De plus, Anya s'est entichée de Win Delacroix, fils du nouvel assistant du procureur, ce qui place notre jeune couple sous la bonne étoile des amants maudits. Youhou.

Mais bon, il est préférable d'en dévoiler le moins possible, de toute façon il se passe tellement de choses que l'ensemble n'est qu'une suite logique, mais il n'empêche, il y a des moments où les papillons voltigent allègrement dans le ventre, parce que c'est mignon, ne nous voilons pas la face, mais on pousse des râles de colère aussi, devant l'accumulation des problèmes ou les choix impensables à envisager. C'est follement romanesque, j'assume, mais c'est tellement bon. Il y a quelques petites imperfections, comme une construction bancale, la manie d'expédier des détails ou le refuge derrière le catholicisme que pratique l'héroïne avec ferveur (oui, parfois ça m'a gonflée). Rien de bien rédhibitoire non plus.

C'est un roman qui se lit avec une facilité décontertante, l'histoire est passionnante, dans un contexte excitant (bien entendu, j'ai pensé à Boardwalk Empire !), en plus les personnages sont vraiment attachants (Anya au caractère franc et frondeur, Win absolument romantique et craquant jusqu'au bout, Scarlet et son grain de folie, Natty et Leo pour leur détresse, et aussi Nana, Imogen, Yuji Ono...). J'ai totalement succombé à ce petit monde, me suis baladée avec bonheur dans cet univers et je suis impatiente de lire la suite (déjà disponible en VO !).

La Mafia du Chocolat, par Gabrielle Zevin
Albin Michel jeunesse, coll. Wiz, 2012 - traduit par Cécile Chartres

27/09/12

“Come on, Mercer. Me, you, the cellar. What could go wrong?”

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Ce tome est la conclusion parfaite d'une série qui a su jouer avec intelligence avec les codes des romans pour jeunes ados, en mêlant romance, action, magie et humour sans se prendre au sérieux. Résultat, le cocktail est enivrant ! On retrouve une Sophie Mercer rescapée d'un désastre sans nom survenu à Londres, ses alliés les plus fidèles ont disparu et c'est au sein du clan des soeurs Brannick, ses ennemies, qu'elle trouve refuge. Bizarre, bizarre. L'auteur a réussi là une belle pirouette, un projet de série spin-off est d'ailleurs à l'étude, quelle coïncidence !

Pendant toute la première partie, nous explorons l'univers de ces sorcières chasseuses de démons et faisons connaissance avec de nouveaux personnages, en soupirant bien fort pour les retrouver tôt ou tard. Puis, retour aux sources, à Hex Hall, le lieu de tous les dangers... je n'en dévoile pas davantage, mais la tension va être poussée d'un cran et on va subir des bouffées d'angoisse et de stress au fil des chapitres, d'autant plus que le rythme va vicieusement ralentir, l'intrigue piétiner et nous faire râler in petto. Dans la dernière ligne droite, subitement ça s'énerve, les solutions affluent mais les dangers ne sont pas écartés, ni les sacrifices non plus (une pensée particulière pour UN personnage dont on taira l'identité, cette scène est douloureuse !!!).

J'ai relu ce roman en une soirée et l'ai pleinement savouré. J'y ai retrouvé tous les éléments qui avaient su m'enchanter dès la première lecture, avec le tome 1. Pour moi, c'est l'exemple parfait de la série qui sait divertir sans forcément rouler des mécaniques, et cet enthousiasme est communicatif. Vous connaissez des petites lectrices de 12-13 ans qui ne savent pas quoi lire ? Conseillez Hex Hall, c'est le succès assuré !

Hex Hall, tome 3 : Le sacrifice, par Rachel Hawkins
Albin Michel jeunesse, coll. Wiz, 2012 - traduit par Raphaële Eschenbrenner

26/09/12

Pêle-mêle Clarabel #53

C'est l'automne ! Voici donc un panaché de lectures savoureuses, et de saison (tant qu'à faire). Les trois albums s'inscrivent dans des registres différents, le premier est volontairement désopilant, le deuxième nous transporte vers un dépaysement total mais plante sa petite graine dans notre coeur parce qu'on ressent beaucoup de chaleur et de confort pour l'histoire, et enfin le troisième, tout simplement superbe, réveille en nous notre fibre artistique, mais surtout notre sensibilité à la poésie. Vous verrez, vos yeux vont rouler dans tous les sens pour ne pas louper le moindre détail. 

Catégorie Lecture désopilante : 

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Pour ravir les papilles de sa dulcinée Leila-la-laie, Jean-Glier se met en quatre pour lui préparer son menu préféré, à savoir : un caneton farci aux oeufs de grenouilles, des marrons grillés et une glace à l’eau. La belle est exigeante, il ne faudrait pas la décevoir. Alors il lui demande de venir le trouver chez lui, sitôt qu'un filet de fumée s'échappera de sa cheminée. Les mois vont passer, Jean-Glier va chasser et pêcher ses ingrédients, il va les installer chez lui, les engraisser et les bichonner, oui c'est bizarre, on commence à se poser des questions. Notre sanglier instaure une relation de plus en plus proche avec ses ingrédients, lesquels deviennent de grands enfants intelligents. Ils ne sont pas nés de la dernière pluie et vont comprendre les motivations cachées de leur hôte... bouh, quelle horreur ! Panique à bord, les amis. Mais Véronique Komai ne va pas franchir les limites interdites et peaufiner son dénouement. La tendresse est de mise, dans ce texte ponctué d'humour et de jeux de mots qui prêtent à sourire. 

Le menu préféré de Leila-la-laie, par Véronique Komai (Pastel, 2012)

Catégorie Lecture Cocooning : 

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Tout commence quand Suzie Truie et Simon Cochon partis en vadrouille rentrent chez eux et découvrent leur petit nid occupé puis ravagé par Léone Oursonne et Vincent Elan. Bon, pas besoin de se mettre en pétard car tout ce petit monde se connaît et s'apprécie. Pourquoi ne pas vivre tous ensemble et construire une grande maison pour l'hiver ? ! Après avoir passé un coup de fil aux castors, les travaux débutent aussitôt et voient sortir de terre une demeure imposante et pleine de charme. Ça sent le confort douillet, la chaleur du feu de bois, les bonnes odeurs en cuisine, la tisane qu'on avale le soir avant de filer sous la couette... La description de la routine est saisissante de familiarité, et c'est ce qui fait qu'on se sent heureux et à son aise entre les pages de cet album. Les animaux se comportent comme des humains (ils se servent du téléphone, ils conduisent des camions, ils se rendent en ville pour faire des emplettes). Et puis la facture s'élève à une montagne de sandouiches au beurre de cacahuètes ! C'est tellement bon de se plonger dans ce royaume de la simplicité, de l'amitié et de l'entraide. Une lecture pleine de révélations, pour moi ! 

La maison dans les bois, par Inga Moore (Pastel, 2012)

Catégorie Lecture pour épater la galerie : 

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J'avais lu et beaucoup apprécié le premier album de Gwendal Le Bec, Le Roi des Oiseaux, qui a reçu la Pépite de l'album 2011, Prix du Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil. J'avais aussi déjà vu fleurir sur les blogs des libraires leurs avis élogieux concernant ce nouveau titre et, ma foi, je n'ai pas été déçue non plus. L'auteur nous prend par la main et nous invite à nous pencher sur son livre, et plus particulièrement sur les détails de la faune et la flore d'un bois. Là, le mulot pointe son museau mouillé sous les feuilles craquantes, ici la belette se glisse entre deux pierres froides, ou un faisan se fraie un chemin parmi les fougères, un blaireau laboure l'humus de son museau pointu et le sanglier se roule bruyamment dans une mare de boue (oui, c'est peut-être Jean-Glier attendant sa belle Leila-la-laie !).

Les couleurs de cet album sont superbes, elles soulignent le jour déclinant, les mouvements des animaux et de la forêt, certains cherchent un coin pour se cacher ou dormir, d'autres se réveillent et entament une ronde nocturne. C'est beau, tout simplement. Précis et délicat, assez poétique aussi dans sa façon de raconter son histoire. L'auteur s'emploie également à trouver les mots justes, les mots vrais pour décrire cette nature si belle et énigmatique aux yeux des enfants. C'est ce qu'on pourrait nommer un petit bijou, non ?

Un bois, par Gwendal Le Bec (Albin Michel jeunesse, 2012)
pour vous convaincre, lisez le magnifique billet de Bauchette -) ICI ! 


11/09/12

C'était marrant, au début, de se balader dans le temps et surtout on n'avait rien de mieux à faire au présent...

Un parfum d'autrefois, des illustrations aux petits oignons, un goût d'enfance et d'adolescence, un air de ne pas y toucher, des confidences, des rires et des clins d'oeil partagés, c'est ce que nous réserve cette lecture gracieuse et délicate, une belle lecture, en fait.

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Par la magie d'un roman (Les aventures de Nelly Olson), Edie, Frankie, Paula et Lili vont devenir amies et comparer leur mode de vie. Toutes les quatre ont dix ans, ne vivent pas dans les mêmes quartiers, mais surtout pas à la même époque. L'histoire se passe de 1890 à 1960, l'occasion de faire un petit tour d'horizon sur les différentes moeurs d'un autre temps (danser le twist, manger des gâteaux, passer du temps avec maman, ou pas, échapper aux leçons, guetter les soirées des adultes...). Au fil des saisons, le voile se désépaissit et d'autres vérités apparaissent : en fait nos héroïnes forment les quatre générations d'une même lignée familiale où, de mère en fille, le livre magique s'est transmis.

Cette lecture évoque la transmission, mais surtout l'évolution de la femme dans la société... A sa façon, délicate et sensible, Nine Antico nous fait partager des pans de vie en toute intimité. On ne se contente pas d'admirer les belles façades des demeures, on peut soulever les fenêtres à rabat pour apercevoir les filles dans leur salle de bains ou dans leur chambre, dans le couloir près de la rambarde de l'escalier ou dans la cuisine au coin du feu. C'est une sensation extrêmement douce et conviviale, parce qu'on a encore plus le sentiment de partager les confidences des quatre filles. En cela, c'est une jolie réussite ! Et puis le trait de Nine Antico est l'élégance même. Comment ne pas être admirative ?

Quatre Filles : Journaux croisés 1890 - 1960, par Nine Antico
Albin Michel jeunesse, 2012

De toute façon, ça devenait trop compliqué ; on ne faisait plus que se disputer. C'était marrant, au début, de se balader dans le temps et surtout on n'avait rien de mieux à faire au présent... Mais on s'est lassées, chacune est occupée de son côté.

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10/09/12

"Nous rapportons vos secrets. Vos secrets nous rapportent."

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Au 43, rue du Vieux-Cimetière, vit un jeune garçon de onze ans, Les Perrance, dont les parents se trouvent actuellement en Europe pour démontrer scientifiquement que les fantômes n'existent pas. Le problème, c'est que leur fiston croit tout le contraire. Et il a bien raison : sous la coupole de la maison, se trouve une certaine Adèle I. Vranstock. Propriétaire morte depuis des années, elle continue de hanter ses murs, jusqu'à ce que ses talents de romancière soient un jour reconnus, clame-t-elle.

C'est l'été, Ignace Bronchon, célèbre auteur de livres pour enfants, a loué la vieille demeure pour y écrire le nouveau volume de sa série à succès, mais il ignore qu'il devra cohabiter avec un enfant, un chat et un fantôme ! Forcément, il est très mécontent. Bronchon est un mauvais coucheur, qui doit reprendre de la plume pour des raisons financières, sauf que l'homme est frappé du syndrome de la page blanche. La belle aubaine, pour Adèle !

C'est une histoire qui se lit extrêmement vite, puisqu'elle n'est composée que de lettres et de coupures de journaux. L'ensemble est de plus très aéré et illustré par des dessins simples mais rigolos. Point de vue esthétique, c'est vraiment un chouette ouvrage ! Quant à l'intrigue, très classique, elle se laisse découvrir avec grand plaisir. Bronchon est un faux méchant, au départ son caractère est détestable mais il va évoluer au cours de l'aventure. Les et Adèle forment une jolie paire attachante, surtout quand on connaît les antécédents familiaux du garçon... Enfin bref, on passe un bon moment, l'ambiance est délicieusement rétro, tout en charme et en finesse. Je conseille ! 

43, rue du Vieux-Cimetière (Livre Un : Trépassez votre chemin) par Kate & M. Sarah Klise 
Albin Michel jeunesse, coll. Witty, 2012 - traduit par Mickey Gaboriaud

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06/09/12

Il y a toujours un moment où il faut partir, pense Pomelo.

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C'est décidé, Pomelo part pour une Grande Aventure, une aventure sans but, sans destination, guidée selon son instinct (et un petit caillou). C'est l'Aventure de la Vie, la Vraie. Celle qui fait grandir, qui fait découvrir le monde. Sur son chemin, il y a des rencontres qui font réfléchir, parfois on enrage alors qu'on croyait en sa bonne étoile, parfois on n'ose pas y croire tellement c'est bon, c'est chaud et réconfortant.

La Grande Aventure promet de l'exaltation, avaler des kilomètres en sentant le vent dans les oreilles, ou manger des saucisses pour la première fois, mais elle est aussi source de déconfitures et de découragement. Des moments de papamaman, comme il dit. De la solitude, des doutes, une perte de confiance... Et puis, heureusement ça repart au quart de tour.

La Grande Aventure est une histoire d'Amitié et de Partage. Il y a des Ombres Silencieuses qui vous poussent dans le dos en vous soufflant du courage et de l'espoir. Il y a les étoiles dans le Ciel qui racontent des histoires avec des messages secrets. Il y a finalement une petite étoile de mer qui vous accueille avec le regard qui pétille, qui a des tas d'idées géniales et des jeux rigolos, qui revisite le monde au coin du feu, et qui fait dire que tout ça ressemble à la Grande Aventure. On n'aurait pu en rêver de plus belle ! 

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Une lecture aux effets magiques ! Des retrouvailles incontournables avec Pomelo, une philosophie de vie et un regard sur notre monde qui vous redonne comme un coup de boost pour repartir de plus belle. Forcément, c'est indispensable.

Pomelo et la Grande Aventure, par Ramona Badescu & Benjamin Chaud
Albin Michel jeunesse, 2012

10/07/12

♠ Poliedrum ♠ ♂

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J'ai commencé ma lecture débordante d'enthousiasme, tous les ingrédients pour me plaire étaient sous mes yeux : trois adolescents se retrouvent autour de leur passion commune, la littérature fantastique, dans une librairie où ils ont créé le Club de l'arrière-boutique. Et puis, paf ! leur auteur préféré est assassiné dans le parc, l'un d'eux a été témoin de la scène et les voilà introduits auprès d'une société secrète qui va les lancer dans un jeu de rôles particulièrement diabolique, un jeu où la réalité et le fantasme se tiennent main dans la main.

Jusque là, ma curiosité était intacte. C'est peu à peu que j'ai commencé à perdre le fil de l'histoire, parce qu'il faut bien admettre que c'est plus d'une fois confus et troublant, à tel point que j'ai failli me perdre à plusieurs reprises. Et là, j'étais franchement dépitée.

C'est finalement en bout de course que j'ai retrouvé un sourire de vainqueur. La fin, avouons-le à demi-mot, est parfaitement démoniaque. La démonstration d'une intrigue retorse et pernicieuse. Néanmoins, je m'interroge : vraisemblablement destiné à un lectorat jeune, le livre tient grâce à une narration d'une simplicité confondante, mais à côté l'intrigue s'avère un tantinet tordue à certaines occasions, du coup je ne sais plus trop à qui cette lecture s'adresse dans l'idéal. Trop simpliste pour certains, trop tiré par les cheveux pour d'autres, ce début de série par un auteur à succès, en Espagne, s'annonce bien problématique.

Poliedrum, par Rafael Abalos
Albin Michel jeunesse, coll. Wiz, 2012 - traduit de l'espagnol par Maryvonne Ssossé

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01/06/12

Ce jour-là, ma vie a changé pour toujours.

Je n'ai été amoureuse que de deux garçons. Et qui portaient le même nom de famille. Conrad était le premier, et je l'aimais comme on ne peut aimer que la première fois. Les yeux fermés, parce qu'on refuse de les ouvrir. Avec étourdissement, bêtise et ferveur. Un genre d'amour qui ne se reproduit jamais.
Ensuite, il y a eu Jeremiah. Dans son regard, je voyais le passé, le présent et le futur. Il ne connaissait pas seulement celle que j'avais été, mais celle que j'étais devenue, et il m'aimait toujours.

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Terriblement émouvant, c'est ce qui ressort de cette lecture (en fait, une relecture... et cela a du bon, mes nerfs n'étaient plus électrisés, je savais ce qui m'attendait, j'avais juste besoin / envie de me rassasier de l'air marin de Cousins). Et il faut dire que la série de Jenny Han possède un charme inégalable : c'est beau, c'est doux, c'est touchant. Cela vous berce et cela vous rappelle votre jeunesse, alors qu'on est une toute jeune fille en train de faire ses premiers pas dans le monde des grands. Être adulte, ça ne veut pas simplement dire porter des talons hauts et jurer fidélité ad vitam æternam à son amoureux. C'est surtout une prise de risque de chaque instant, savoir dire oui, saisir la chance au tournant, affirmer ses choix, reconnaître ses erreurs, oser, aimer, chavirer, rompre, y retourner encore et toujours.

La jeune Belly nous réserve donc un dénouement poignant et qui promet d'affoler les battements de votre coeur. Ce dernier tome sera celui des grandes décisions et des nouveaux départs ; je pense qu'il ne manquera pas de vous étonner, de vous décevoir et de vous bouleverser à plus d'un titre. L'ambiance n'est plus à la rigolade, le passé doit être rangé dans des boîtes en carton, comme une maison qu'on referme après les vacances d'été. Pour bien faire, les souvenirs vont et viennent, ils aident à compléter l'histoire et à fignoler les contours des personnages, ils sont aussi les petits cailloux invisibles pour nous guider jusqu'à la fin.

Cette deuxième lecture a su me réconcilier avec le sentiment d'amertume ressenti la toute première fois, alors que j'avais avalé avec gourmandise et incompréhension les tours et détours proposés par l'auteur. Non, je n'étais pas contente. J'étais outrée. Il y avait tromperie sur la marchandise. Et puis le temps a passé, j'ai replongé et j'ai aimé. J'ai retrouvé tout ce qui avait su me séduire et me conquérir dès les premières notes : la nostalgie, la famille, les amours compliquées, les blessures de l'enfance, les rêves de l'adolescence, le calme de la maison de la plage, et l'impression de velours dans le déroulement de l'histoire... en bref, j'étais totalement sous le charme.

Je conserve donc un profond attachement à cette série et aux trois livres qui la composent, car au-delà du ton doucereux qui semble être la marque de fabrique, il y a aussi une réelle tristesse et détresse derrière chaque mot, chaque choix de vie. Et forcément, cela me parle...

L'été devant nous, par Jenny Han
Albin Michel, coll. Wiz, 2012 - traduction par Alice Delarbre