20/02/12

”You are very loved.”…”You need to work harder at loving yourself.”

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J'ai beaucoup aimé ce roman.
Holly a perdu sa maman et, dans la foulée, la sensation d'avoir tout perdu, de ne plus rien ressentir. Alors, elle couche avec un type sous prétexte qu'il est beau, gentil et attentionné. Elle ment à son meilleur ami. Elle se lie d'amitié avec une fille qu'elle trahit en douce. Elle boit, trop. Elle passe à côté du bonheur parce qu'elle a la trouille.
A première vue, c'est un roman triste et doux-amer mais ça ne lui enlève ni la tendresse ni la sincérité qu'il inspire. Le ton est juste, l'histoire poignante, les personnages sont attachants, ils ne sont pas parfaits, parfois trop romantiques ou affreusement égoïstes, au centre Holly commet ses propres maladresses, elle grandit, elle apprend, elle doit se reconstruire, ce qui n'est pas facile parce que tout le monde lui rappelle qu'elle ressemble à sa mère. Personnellement j'ai ressenti un vrai élan de tendresse pour elle.
En clair, j'ai été touchée par cette histoire, c'est simple, adorable et mélancolique aussi, ça parle d'amour, d'amitié et de trahison, de ces petits riens qui nous filent entre les doigts. Holly va faire preuve d'une grande maturité dans les derniers chapitres, en adoptant la méthode du lâcher prise et en l'assumant. Et cela me touche vraiment, parce que je n'avais pas envie de quitter Holly sans être rassurée quant à son avenir. Je devine que la fin va en déconcerter plus d'un, mais elle est juste parfaite. Porteuse d'espoir, et de renouveau. 
Dernière chose, j'ai totalement craqué pour Nils ! ♥

La toute première fois, par Lauren Strasnick
Albin Michel jeunesse, coll. Wiz, 2012. Traduit par Sarah Tardy. 


08/02/12

“Just like there's always time for pain, there's always time for healing.”

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Valérie doit se reconstruire après le massacre orchestré par son petit copain, Nick. Tout est parti d'une liste recensant tout ce (et surtout ceux) qu'ils détestaient au lycée. Val et Nick étaient les victimes des petites mesquineries qui se jouent dans les cours de récré, c'est violent, c'est injuste, c'est dur mais cela n'excuse pas.
Désormais Valérie est seule face à ses questions, à ses souvenirs et à sa responsabilité. Après de longs mois d'hospitalisation et de séances chez le psy (formidable docteur Hieler !), Valérie retourne au lycée et affronte ses camarades. Ce qu'elle y retrouve ressemble à ce qu'elle a connu, la culpabilité en plus. 
D'emblée, ce que j'ai surtout apprécié dans ce roman, c'est sa grande part d'humanité. Valérie est une jeune fille accablée, non seulement elle se sent coupable pour Nick, pour la liste et pour ce jeu débile qui a dérapé, elle s'en veut aussi pour son ignorance et pour son amour, parce qu'elle ne peut pas oublier alors qu'elle devrait.
Elle ne comprend plus le monde dans lequel elle vit, ses parents lui mènent la vie impossible, la confiance s'est envolée, même ses amis de toujours lui ont tourné le dos, et c'est bizarrement auprès d'une fille qui lui a mené la vie dure qu'elle trouve un appui, sauf qu'elle ne se sent pas prête. 
C'est un roman poignant, glaçant mais remarquable. Impossible à reposer. Et pourtant, qu'est-ce qu'il vous serre le coeur à force de lire et découvrir le calvaire de Valérie, sa solitude et sa détresse, même sa propre famille n'a pas su être présente au moment où elle en avait le plus besoin. Pff, ce n'est pas gai. 
Mais il y a des choses tellement vraies, tellement fortes dans ce livre qu'il ne faudrait surtout pas passer à côté. Dès les premières pages, on ne peut plus se retenir de lire pour en savoir plus. L'histoire de Valérie et Nick apparaît par intermittence, et bizarrement ce qu'on découvre sur elle est attendrissante. Comme je le soulignais, ce roman sait véritablement nous toucher, comme à vouloir décrire Nick comme un être sensible et généreux, et pas seulement comme celui qui s'est tiré une balle dans la tête après avoir zigouillé ses camarades de la cafétéria...
Le roman ne cherche pas à accuser, pas à excuser non plus, et encore moins à comprendre, je me rends compte. Il expose une réalité sordide, notre responsabilité à tous dans nos actes et nos paroles, notre égoïsme aussi. La haine fait partie de la vie, ce qui ne veut pas dire qu'il faut basculer dans les extrêmes, c'est juste que c'est là, qu'on vit avec...
Et tous nos ressentiments apparaissent plus amers, plus lourds soudain.
C'est un grand roman que celui-là. Un roman bouleversant, avec une fin très émouvante. 

Hate List, par Jennifer Brown
Albin Michel jeunesse, coll. Wiz, 2012. Traduction de Céline Alexandre. 

People hate. That's our reality. People hate and are hated and carry grudges and want punishments.

24/12/11

★☆ Ce soir ! ★☆

Passez un beau weekend de fêtes, en compagnie de Benjamin Lacombe et Sébastien Perez, 

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ABSOLUMENT SUPERBE ! L'album est de toute beauté, autant par son histoire que par les illustrations. On suit un botaniste russe, détaché du cabinet des sciences occultes de Raspoustine, dans la forêt de Brocéliande. Il est à la recherche de plantes médicinales mais va découvrir d'autres légendes...L'Herbier des Fées se compose d'observations, de croquis, de brochures de journaux, de lettres échangées, mais aussi d'états d'âme, de doutes, d'émerveillement et d'incrédulité. Les deux auteurs nous font un magnifique cadeau, avec cet album tout en dentelle, mijoté aux petits oignons.
Une promenade poétique et onirique, tout simplement.

L'Herbier des Fées, par Benjamin Lacombe & Sébastien Perez
Albin Michel, 2011 - illustrations de B. Lacombe 
Gaëlle aussi est totalement sous le charme.   

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08/12/11

Avec des bagues aux doigts, des nœuds dans les cheveux.

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La vie de Sophie sans sa soeur Emily ne ressemble plus à rien. Juste du vide, un gouffre immense, impossible à combler. Toute communication avec la mère est rompue. Elles se fuient, l'une dans sa chambre pour maugréer ou se réfugier sur le toit d'une terrasse, l'autre dans son bureau, à bichonner sa collection d'objets perdus. Pourquoi tout ce gâchis ? 

C'est en parcourant son journal intime, entamé exprès dans l'exercice de sa thérapie, que nous suivons Sophie dans sa vie de tous les jours. C'est triste, on s'attache à ses secrets, on a envie de comprendre ce qui la ronge, on aimerait lui venir en aide, mais à la place on la perd. Sophie fait des crises de panique, elle est émotive et instable, elle se fâche avec sa meilleure amie, tombe amoureuse, s'accroche à ses souvenirs et porte un fardeau trop lourd pour elle. Comment vit-on en se sentant coupable, responsable de la perte d'un proche ? Comment accepter l'inacceptable ? 

Au milieu de ce brouillard, on trouve une petite éclaircie avec la poésie (et les cafés poétiques !). Sophie, qui pensait n'avoir aucune sensibilité artistique, découvre le pouvoir des mots. La poésie sert en effet à exprimer en quelques mots, quelques phrases, tout ce qu'on n'arrive plus à prononcer à voix haute. Et c'est ce long cheminement que le roman raconte, un travail de deuil, de reconstruction, de douleur et de remords que l'on absorbe (car ce n'est que vers la dernière partie du roman qu'on découvre exactement le drame qui a frappé cette famille). En attendant, c'est triste, c'est vrai, mais c'est une bonne tristesse pour tirer vers le haut, pour faire bouger les choses. Dans ce sens, cela fait du bien. J'ai juste pleuré à deux reprises, mais je ne pense pas que l'intention de l'auteur était de verser dans le pathos. C'est juste moi qui... Bref, après un premier roman bouleversant, cf. Ne t'inquiète pas pour moi, Alice Kuipers confirme avec ce roman doux et triste tout le bien que je pense d'elle. 

2 Filles sur le Toit par Alice Kuipers
Albin Michel jeunesse, coll. Wiz, 2011. Traduit de l'anglais par Dorothée Zumstein. 

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15/11/11

You make me feel like a natural woman.

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Lottie Biggs va mieux, merci ! Elle voit un psy néo-zéalandais, le sosie de Johnny Depp, qui l'aide à absorber les hauts et les bas de son existence, sans que ça vire à la débandade, et jusqu'à présent ça fonctionne plutôt bien pour elle. Sa vie sentimentale est au beau fixe, Gareth Stingecombe est le petit ami parfait, et Lottie est folle de ses cuisses ! 
A l'approche de la rentrée, Lottie et sa meilleure amie Goose vont pourtant rencontrer quelques difficultés de communication, et paf c'est le clash. Elles sont fâchées et n'arrivent plus du tout à se comprendre. Lottie refuse de se morfondre, même si ça la ronge de plus en plus, elle préfère se confier à son ami Winnie, un chinchilla très âgé, que sa mère a récupéré pour une bouchée de pain. 
Le samedi, Lottie se rend également au salon de coiffure de Mrs Stingecombe, la maman de Gareth, où la musique de Carole King passe en boucle, où un parfum de délicieuse ringardise flotte dans l'air, où tout le monde ne cesse de clamer des mamours, avec des sourires à la pelle. C'est le salon du bonheur ! Mais Lottie frôle la crise de nerfs, à essuyer les coups de peigne et de ciseaux de sa belle-mère, sans broncher, même si ça la fait ressembler à Elizabeth II. Argh ! 
Autre moment fort du livre, c'est la soudaine révélation de Lottie : elle veut croquer la pomme ! Depuis que la demoiselle a aperçu le caleçon de Britney Spears de son petit ami (!), elle ne pense plus qu'à ça. Elle est totalement obsédée par LA CHOSE. 
Mais qu'est-ce que ça veut dire ? Pour mieux comprendre ce qui lui arrive, Lottie gribouille donc son nouveau cahier à émotions, et nous livre ainsi de grands moments de drôlerie. Le ton est plus léger que le premier tome, et souvent je me suis surprise à éclater de rire face aux illustrations ou aux propos de la jeune auteur. Absolument désopilant ! Je recommande fortement la lecture !

Lottie Biggs n'est presque pas désespérée, par Hayley Longsmileyc002
Albin Michel jeunesse, coll. Bliss, 2010. Traduit de l'anglais par Dorothée Zumstein. 
illustration de couverture : Pénélope Bagieu 

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03/11/11

“And I am more alone than ever before.”

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Deux silhouettes féminines, enveloppées dans des capes rouges, se baladent dans la forêt, armées d'une hache et de couteaux aiguisés. Elles guettent les Fenris, ces créatures humaines qui se métamorphosent en loups dès que le désir pour la chair fraîche les tenaille. Scarlett et Rosie March sont soeurs, l'aînée a été défigurée sept ans plus tôt en voulant protéger sa famille, elles sont seules au monde, entraînées pour livrer un combat acharné contre leurs ennemis. 
Silas, leur ami d'enfance, est de retour dans leur petite ville de Géorgie. Il a longtemps été le partenaire de Scarlett jusqu'à ce qu'il décide de prendre l'air pour profiter un peu de la vie. C'est ce qu'il tente de suggérer aux soeurs March, de souffler, de ne pas se consacrer entièrement à la chasse. Rosie, plus sensible, se laisse séduire par les discours du garçon et tombe sous son charme. Scarlett, par contre, refuse de se laisser attendrir et sent un fossé se creuser entre elle et sa cadette. 
Parce que les évènements à Ellison deviennent plus douloureux à gérer, les trois camarades comprennent qu'il faut bouger et emménager à Atlanta pour poursuivre leur traque. Ils ont en effet eu connaissance de l'existence d'un Potentiel, le seul et véritable appât qui captive les Fenris. Trouver celui-ci permettrait aux March et à Silas de remporter un avantage considérable. 
Mais Atlanta est une ville impressionnante, où Scarlett perd pied et considère ses repères habituels complètement inexistants et inefficaces. De son côté, Rosie devient libellule et s'éloigne de plus en plus de sa soeur. 

D'une part, la complicité entre Scarlett et Rosie est très, très importante dans le roman. C'est le ciment de l'histoire, au-delà des scènes d'action (nombreuses) et du climat d'ensemble (lourd et oppressant). La relation des soeurs est forte et fragile à la fois, teintée de sentiments multiples comme la reconnaissance, l'amour, la culpabilité et les non-dits. Le désir d'indépendance de l'une est très mal vécu par l'autre, laquelle refuse d'admettre sa propre fragilité et son besoin de pouvoir compter sur son socle familier (sa soeur et son ami d'enfance). Silas, à sa façon, devient le petit grain de sable qui affecte l'équilibre désormais précaire puisque sa présence fait battre le coeur d'une demoiselle March, et on voit bien que cette prise de conscience la perturbe énormément, ça l'attire et l'effraie, cela implique un brusque changement qu'elle n'est pas encore capable d'assumer. 
Globalement, le roman se lit vite et bien. Son aspect sombre et implacable n'est pas sans charme, il s'agit bel et bien d'un conte cruel, où des filles sont harcelées, pourchassées, agressées et tuées. Beaucoup de violence, donc. Le sens de la justice de Scarlett est très prononcé, en parallèle la personnalité de Rosie est au stade de l'épanouissement (et personnellement, j'ai trouvé qu'elle était plus intéressante à suivre). C'est naïf, et pourtant chargé de sous-entendus sexuels (le cours de dessin, par exemple... un grand moment !). 
Dans l'ensemble, j'ai bien aimé mais j'ai trouvé l'intrigue sans surprise. J'avais tout deviné avant la fin, et j'aurais apprécié que l'auteur aille jusqu'au bout de ses idées. 
La couverture est très jolie !  

Sisters Red, par Jackson Pearson
Albin Michel jeunesse, coll. Wiz, 2011 - 425 pages - 15€
traduit de l'anglais (USA) par Patricia Reznikov 

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02/11/11

“Remember all fairy tales end at some point.”

Voici l'avant-dernier tome de la série des Vampires de Manhattan

La Promesse

Direction Le Caire ! Theo et Jack veulent sauver leur amour, retrouver Catherine de Sienne et protéger l'héritage des Van Alen, mais les rues sont dangereuses et les rencontres parfois impromptues. Les Venator tombent comme des mouches, l'ancienne équipe de Kingsley Martin est sur les dents, c'est ainsi qu'on retrouve Deming Chen et sa soeur jumelle, assorties des frères Lennox, en mission pour contrer le couple chouchou. De son côté, Mimi Force, accompagnée d'Oliver, s'est jurée de sortir son amant des griffes de l'Enfer et plonge ainsi dans le Monde des Abîmes sans le moindre remords. Son histoire de lien avec Abaddon n'est pas terminée pour autant, il faut en finir même si cela demande de passer par un sacrifice ultime.
Sans en révéler davantage, les troupes de l'Ennemi se rassemblent (sur et SOUS Terre !), la menace se précise. Theodora commence à prendre conscience de son rôle à jouer. De plus, l'histoire de sa mère, Allegra, est dévoilée par petites touches, son lien avec Charles et sa romance avec Ben ne paraissent plus si anodins, les indices sont encore maigres mais les éléments ici présentés font comprendre qu'ils seront déclencheurs d'autres bouleversantes découvertes dans le prochain tome.
Rendez-vous est donc pris à Londres ... Le très attendu tome 7, The Gates of Heaven en VO, sortira en janvier 2013 - ouch pour les nerfs ! Pour celles qui hésitent encore, cette série a su déjouer les pièges de la superficialité entrevue dans les premiers tomes pour installer une vraie et étonnante intrigue au fil des tomes. Cela n'a franchement plus rien à voir avec les débuts, la mythologie est judicieusement exploitée (des vampires, oui... mais des anges avant tout !). C'est une lecture habile, addictive, faussement glamour parce que les dessous de l'intrigue sont retors et difficiles à percer. Bienheureux qui pourra deviner le final de cette saga ! 

La Promesse des Immortels - Melissa de la Cruz
Albin Michel jeunesse, coll. Wiz, 2011 - 385 pages - 13,50€
traduit de l'anglais (USA) par Valérie Le Plouhinec 

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19/10/11

(...) du jour où il partit sur les routes, il s'éprit de chevalerie, de bonté, de dignité, de liberté et de courtoisie...

Le jeu du chevalier          

Depuis le décès de leur mère, les enfants Bell ont choisi de se réfugier dans le jeu du chevalier pour oublier leur chagrin. Le jeu a été spécialement créé par l'aîné, Sébastien, qui s'est autoproclamé Lancelot, autour de la Table Ronde, dans leur cabane transformée en Camelot, et chacun des membres de la famille est soit écuyer, page ou chevalier. Corrie, onze ans, est en totale admiration devant son grand frère. Toutefois, elle se rend compte que des petits détails ne collent pas, Sébastien s'éloigne de la réalité, parce qu'il veut oublier ses soucis personnels, c'est un garçon très émotif et sensible, mais plus il s'enferme dans son jeu, plus il perd toute notion de perspicacité. 
Corrie est la seule à s'alarmer, elle ne veut pas prévenir son père, enfermé dans son bureau, occupé à préparer ses cours ou à rédiger son roman. Sa soeur Rose préfère tourner le dos et veut vivre une vraie vie d'adolescente, elle se moque du jeu et compte bien passer à autre chose. Tout le monde tourne autour du pot, mais jamais personne ne veut taper du poing sur la table. Plus le temps passe, et plus Corrie est moralement minée. 
Sa nouvelle meilleure amie, Meredith, tente de lui changer les idées. Au lieu de s'en réjouir, Corrie trouve qu'elle empiète trop dans son existence et cherche à s'immiscer dans sa famille. Or, la famille, c'est sacré ! Bouclier intégral autour de la maison. Il faut préserver le cocon. C'est ce que Sébastien s'échine à expliquer, Corrie est du même avis. C'est tellement plus réconfortant de se réfugier chez soi parmi ses rêves, ses jeux et ses lectures. Le monde y apparaît plus doux et rassurant, au diable la vie qui veut vous faire grandir. Corrie n'est pas prête. 

Kit Pearson a su donner le ton en décrivant une ambiance du quotidien délicieusement désuète (nous sommes en 1958 après tout), la grande maison familiale apparaît accueillante et rassurante, on comprend le désir des enfants Bell à ne pas vouloir en sortir pour se confronter au monde extérieur. Et pourtant, ils n'ont plus le choix. Sébastien est en train de sombrer dans une spirale dangereuse pour sa santé mentale, il est temps de se ressaisir et d'assumer ses responsabilités. 
Pour y parvenir, l'auteur n'a nullement recours à la sensiblerie, point de morale ou de divine providence non plus. Jusqu'au bout, le roman peaufine son rythme ronronnant, éclairant les contrariétés et la détresse des protagonistes, avec justesse et intelligence. Plus que tout, j'ai savouré cette ambiance délicate et me suis lovée parmi les pages avec un sentiment de bien-être et de compassion. Car on s'attache à la famille Bell, on les aime tellement qu'on leur souhaite de tout coeur de trouver les bonnes voies et d'être les plus heureux possible. 
Un très bon roman, révélant un auteur prodigieux. 

Le Jeu du Chevalier, par Kit Pearson smileyc002
Albin Michel jeunesse, 2011 - 280 pages - 13,50€
traduit de l'anglais par Alice Seelow 

Perfect Gentle Knight  -) l'édition originale, avec sa très belle couverture ! 

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12/10/11

Pêle-mêle Clarabel #42

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Les boutiques d'Angélique est un album savoureux, au charme irrésistiblement rétro et élégant (et vous me connaissez, j'adore ça !). Nous suivons Angélique accomplir son shopping avec sa liste de courses à la main. Il lui faut : une rose jaune, un tuyau d'arrosage, une grappe de raisin, des patins à roulettes, un cacatoès, un mirliton siffleur, un tapis d'Orient, un pichet rayé, une tartelette aux cerises et une sucette en forme de coeur.

Boutique après boutique, Angélique poursuit son bout de chemin. Parviendra-t-elle à trouver tous les articles de sa liste ? C'est d'un pas dansant et alerte qu'elle s'engage dans la grand-rue. (A tour de rôle, il faut noter la particularité de son entrée dans chaque boutique - elle entre sans façon, en gambadant ou tout doucement... C'est le petit fil rouge du livre, chut !) Chaque chapitre est une invitation à la lecture à voix haute, les mots sonnent et roulent sur un fil, c'est tout aussi ravissant ! Les intérieurs des boutiques se dévoilent sous des pages à rabat, alors là, bonjour, c'est une explosion de détails qui s'étalent sous nos yeux. Une jolie, très jolie découverte.

Les Boutiques d'Angélique, par Alice Melvin  (Albin Michel jeunesse, 2011) smileyc002
également salué par notre chère Gaëlle 

Autre découverte fabuleuse, 

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Dans ce coffret, on trouve une maquette pour construire une maison avec ses pièces et ses meubles en kit, plus un journal intime. La maquette est sensationnelle, chaque petit détail a été fignolé et c'est un réel bond dans le temps qui nous est proposé. Direction Paris, 1911. La lecture du journal intime nous apprend donc la très brève histoire de  Tamara Karsavina, une danseuse des ballets russe, en représentation dans la capitale française. La jeune femme découvre, s'émerveille, redonne vie à une époque révolue, évoque Cocteau et Poulbot, parle de sa passion pour la danse, décrit les ballets et les costumes, tout en s'imprégnant de l'air parisien, le charme est immédiat. Le journal est enrichi de photographies, de cartes postales, de gravures de mode et d'articles de journaux qui complètent l'illusion. On a vraiment le sentiment de s'échapper du temps et du monde qui nous entoure ! C'est remarquable.

Une idée de cadeau, tiens !  Le projet est dévoilé ici : http://pascale.debert.pagesperso-orange.fr/edition.htm

La Maison de Tamara, par Pascale Debert (Albin Michel jeunesse, 2011)

Et pour celles qui se passionnent de danse classique, découvrez encore 

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L'histoire de Delphine, Justine, Sabine, Clémentine, Catherine, Marilyne, Amandine et Caroline était réglée comme du papier à musique, de la danse, de la discipline, sur quatre rangs de deux bien alignées... et puis arrive Célestine, la neuvième petite ballerine. Où la caser ?!

8 petites ballerines, par Grace Maccarone et Christine Davenier (Albin Michel jeunesse, 2010)

mais aussi, IMG_5555 

Danse, Prosper, danse ! par Laure Monloubou : parce que la danse, ce n'est pas que pour les filles - pardi ! Prosper adore danser et se réjouit lorsque ses parents l'inscrivent au cours de danse, mais les filles se moquent de lui. Les garçons jouent au foot, les filles font de la danse... voyons. Au fil des jours, Prosper perd son enthousiasme et veut abandonner. Mais il va leur apprendre, à ces nanas, comment exécuter des pirouettes sans tomber sur les fesses. Tout le monde n'a pas la chance d'avoir un Hyperman dans sa vie (et des chaussettes Hyperman, aussi) ! 
Encore une jolie réussite de Laure Monloubou, c'est drôle, tendre et les illustrations sont adorables.
paru chez Kaléidoscope, 2011. 

08/10/11

Et il y aura assez de galettes au miel pour deux enfants...

Magnifique, Anouketh

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Anouketh est une petite fille en colère et elle l'exprime sans ménagement en écrasant les petites fourmis rouges sur son chemin. Ces dernières protestent, hé ho ! ça suffit le massacre. Même ses camarades imaginaires (les enfants des dieux Anubis, Horus...) sortent du rang pour la cajoler et comprendre ses soucis. Or, Anouketh se renferme et prend la poudre d'escampette. Elle dépasse les limites de son terrain de jeu autorisé, se retrouve près des rives du Nil et laisse exploser la raison de son mécontentement. Et pour preuve, elle lance une grosse pierre, plouf, qui tombe dans l'eau mais qui entraîne dans sa chute la fillette. Vite, un papa à la rescousse ! 

Anouketh est un album MAGISTRAL. Les illustrations sont parfaites, de toute beauté. L'histoire est piquante, cocasse grâce aux apartés des fourmis, c'est obligé de sourire. La colère de la petite fille est mignonne, elle a pour objectif d'atténuer la jalousie entre l'aînée et l'enfant à naître. Ce plongeon dans l'Egypte antique aussi produit un effet magique, à la fois dépaysant et fascinant, oui j'étais complètement sous le charme ! Anouketh figure parmi mes albums préférés du duo talentueux (j'ai nommé, François Roca et Fred Bernard).  

Anouketh, par Fred Bernard et François Roca (Albin Michel jeunesse, 2011) 

Epinglée, notre Gaëlle aussi a craqué pour les fourmis rouges ... 

Une autre petite histoire d'amour filial, IMG_5558 

“Moi, j’aime quand Papa me donne le bout de la baguette chaude…
Moi, j’aime quand Papa il me prend sur ses épaules …
Moi, j’aime quand Papa il fait des blagues au téléphone ..
Moi, j’aime quand Papa il regarde avec moi le rugby à la télé
Moi, j’aime quand Papa il fait une surprise à Maman …”

Un concentré des petits moments de vie pleins de tendresse et de complicité entre un papa et son fils. Mignon tout plein.

Moi, j'aime quand papa... par Arnaud Alméras et Robin (Gallimard jeunesse, coll. Giboulées, 2011)