21/03/12

“My life sucks pretty hard right now. So, yeah. I’m making jokes.”

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J'étais excitée comme une puce avant de lire ce tome 3 ... et au final, je suis contente, un peu triste, un peu frustrée, mais pas surprise non plus.
J'ai bien aimé la première partie, qui avait la lourde et délicate charge d'assurer le passage de relais, et franchement l'auteur a bien géré son affaire : on retrouve Sophie, son humour, sa détermination et son flegme, elle doit rejoindre sa mère et se rend chez les Brannicks où d'étonnantes révélations l'attendent.
Et de nouveau l'histoire nous transporte vers d'autres lieux, je vais éviter d'en dévoiler trop, mais ça tourbillonne pas mal et ça nous réserve de belles surprises, parfois un peu crispantes, le climat est plus tendu, les enjeux ne sont plus l'innocence d'antan, et Sophie se voit investie d'une mission déterminante pour l'avenir des Prodigium.
Mais à longtemps chercher des solutions, à tâtonner dans le vide et le noir, à se poser des questions sur le comment et pourquoi, l'intrigue finit par tourner sur elle-même, tel un long statu-quo qui nous fait ronger notre frein, franchement je me demandais quand l'action allait démarrer !
C'est un peu le reproche que je ferai à ce dernier tome, l'activité est plus lente, même un peu plus cérébrale (sauf que j'avais déjà remarqué que c'était une manie de l'auteur), et donc tout se met en branle dans les 70 dernières pages, c'est un peu rapide, avouons-le, le défi final laisse un goût amer, et certaines solutions peuvent être jugées trop faciles.

Il n'en demeure pas moins que j'ai beaucoup apprécié cette lecture, qui boucle gentiment la série. Hex Hall se classe à jamais parmi mes meilleures séries de divertissement. Si l'intrigue peut paraître gentillette, la série est sauvée par le charisme de ses personnages, leur humour et leurs sarcasmes. C'est frais, léger, ça donne des petites palpitations et on passe vraiment un bon moment avec Sophie Mercer.
Je ne regrette pas un seul instant d'avoir découvert cette série, qui a toujours su remplir son office : distraire le lecteur !

Spell Bound (Hex Hall #3) - Rachel Hawkins
Published March 13th 2012 by Hyperion Book 

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19/03/12

Joe Millionnaire

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Le père de Joe a fait fortune en créant un papier toilette révolutionnaire, mais ce n'est pas du goût de ses camarades de Saint-Cuthbert (une école privée, huppée, snobissime). Résultat, Joe n'a pas de copain, il se sent seul, plus seul que jamais. Il a beau être riche et pouvoir s'offrir tout ce qu'il désire, l'argent n'achète pas l'amitié. Il pense qu'en s'inscrivant au collège public, sous couvert d'anonymat, il aura plus de chance pour être apprécié pour ce qu'il est. Et c'est comme ça qu'il va rencontrer Bob.

Bob est un sacré numéro, c'est un bonhomme qui n'a pas de chance, il est grassouillet, pas méchant pour deux sous, ses camarades d'école se moquent de lui, c'est une bille au cross mais il tient à prouver qu'il n'est pas si nul que ça en redoublant d'efforts (tout, mais pas dernier à la course !). Et pourtant il n'hésite pas à échanger sa place avec Joe, au risque d'essuyer les moqueries des autres. Ceci étant, nos deux complices viennent de signer un pacte d'amitié, un vrai. C'est le début du bonheur. 

C'est le deuxième titre que je lis de David Walliams, après Le jour où je me suis déguisé en fille, et quel régal! Attendez-vous à une lecture très drôle, qui s'appuie sur des aventures foldingues et des personnages attachants. Dans l'absolu, c'est très proche de l'humour de Roald Dahl. 
C'est aussi une histoire touchante, susceptible de sensibiliser le lecteur sur les vraies nécessités dans la vie (on parle beaucoup d'argent et de possessions matérielles, sans oublier la solitude, la tromperie, les relations bidons, la convoitise et le manque de confiance). Certes l'ensemble se veut farfelu et excessif, mais il ne faut pas négliger la réflexion qu'elle suscite chez le lecteur. 
Ou alors celui-ci se contentera d'admirer la typographie pas banale de l'ouvrage (avec des listes de tout et n'importe quoi, des recettes et des menus, des exclamations de rire, des freins qui crissent, des coups dans la porte, des gros mots, des questions qui font des vagues...), en plus de suivre cette belle histoire d'amitié, et même les illustrations de Tony Ross s'approprient sans effort les rouages de l'intrigue, en se fondant à merveille dans le décor.
Un bon moment à partager.

Joe Millionnaire, par David Walliams
Albin Michel jeunesse, coll. Witty, 2012 (nouvelle collection pour les 8-12 ans) 
traduit de l'anglais par Valérie Le Plouhinec 

  • entretien avec Béatrice Vincent, directrice de collection, chez Gaëlle ICI

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01/03/12

Music is love.

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Rien que pour les références musicales, ce livre est extra ! Sans quoi, c'est l'histoire d'Allie, seize ans, qui vit à Berkeley, la ville universitaire, avec sa mère divorcée. Elle travaille chez un disquaire, Bob & Bob, où elle croise d'autres allumés comme elle, des passionnés de musique et de vintage, dont le très mystérieux M, sur lequel Allie craque et nourrit toutes sortes de fantasmes.
Elle a aussi créé un blog, Princesse Vinyle, qui, espère-t-elle, devrait révolutionner la blogosphère et l'industrie musicale : parce qu'elle veut rassembler tous les aficionados autour de la même passion, déclencher un vent protestataire contre le rock aseptisé, le téléchargement, le numérique, le matraquage publicitaire.
Dans le même temps, une série de cambriolages a lieu dans le quartier où Allie bosse, elle va naturellement chercher à éclaircir ses doutes en compagnie de sa meilleure amie, Kit, en pleine détresse sentimentale. Oui, parce qu'on se doute un peu du schmilblick, mais faisons comme si. De son côté, la mère d'Allie tente de reconstruire sa vie amoureuse, tandis que son père annonce qu'il va de nouveau être papa. Tout ça fait sourire ou grincer des dents, mais c'est la vie, Allie est très philosophe, à seulement seize ans elle fait preuve d'un bel esprit zen et pas rancunier, et rien que pour ça, c'est très appréciable !
En fait, ce petit roman raconte la vie de tous les jours d'Allie, ce qui rend la lecture presque ordinaire, mais surtout proche du lecteur, car c'est une histoire faite de belles rencontres, du temps qui passe, de vacances d'été, d'intuitions désagréables selon lesquelles on se serait bien trompé en tirant le mauvais numéro, de la fin d'un rêve et de la décision de passer à autre chose. C'est finalement banal, mais pas désagréable, et c'est ponctué de musique, bien entendu. A ce sujet, Allie est très snob en la matière, elle a le droit, ses goûts sont sûrs, sélectifs et irréprochables. L'occasion de faire de belles découvertes, comme Billy Bragg et son tube California Stars ! 

Princesse Vinyle, par Yvonne Prinz
Albin Michel jeunesse, coll. Wiz, 2012. Traduit par Madeleine Nasalik. 

20/02/12

”You are very loved.”…”You need to work harder at loving yourself.”

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J'ai beaucoup aimé ce roman.
Holly a perdu sa maman et, dans la foulée, la sensation d'avoir tout perdu, de ne plus rien ressentir. Alors, elle couche avec un type sous prétexte qu'il est beau, gentil et attentionné. Elle ment à son meilleur ami. Elle se lie d'amitié avec une fille qu'elle trahit en douce. Elle boit, trop. Elle passe à côté du bonheur parce qu'elle a la trouille.
A première vue, c'est un roman triste et doux-amer mais ça ne lui enlève ni la tendresse ni la sincérité qu'il inspire. Le ton est juste, l'histoire poignante, les personnages sont attachants, ils ne sont pas parfaits, parfois trop romantiques ou affreusement égoïstes, au centre Holly commet ses propres maladresses, elle grandit, elle apprend, elle doit se reconstruire, ce qui n'est pas facile parce que tout le monde lui rappelle qu'elle ressemble à sa mère. Personnellement j'ai ressenti un vrai élan de tendresse pour elle.
En clair, j'ai été touchée par cette histoire, c'est simple, adorable et mélancolique aussi, ça parle d'amour, d'amitié et de trahison, de ces petits riens qui nous filent entre les doigts. Holly va faire preuve d'une grande maturité dans les derniers chapitres, en adoptant la méthode du lâcher prise et en l'assumant. Et cela me touche vraiment, parce que je n'avais pas envie de quitter Holly sans être rassurée quant à son avenir. Je devine que la fin va en déconcerter plus d'un, mais elle est juste parfaite. Porteuse d'espoir, et de renouveau. 
Dernière chose, j'ai totalement craqué pour Nils ! ♥

La toute première fois, par Lauren Strasnick
Albin Michel jeunesse, coll. Wiz, 2012. Traduit par Sarah Tardy. 

08/02/12

“Just like there's always time for pain, there's always time for healing.”

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Valérie doit se reconstruire après le massacre orchestré par son petit copain, Nick. Tout est parti d'une liste recensant tout ce (et surtout ceux) qu'ils détestaient au lycée. Val et Nick étaient les victimes des petites mesquineries qui se jouent dans les cours de récré, c'est violent, c'est injuste, c'est dur mais cela n'excuse pas.
Désormais Valérie est seule face à ses questions, à ses souvenirs et à sa responsabilité. Après de longs mois d'hospitalisation et de séances chez le psy (formidable docteur Hieler !), Valérie retourne au lycée et affronte ses camarades. Ce qu'elle y retrouve ressemble à ce qu'elle a connu, la culpabilité en plus. 
D'emblée, ce que j'ai surtout apprécié dans ce roman, c'est sa grande part d'humanité. Valérie est une jeune fille accablée, non seulement elle se sent coupable pour Nick, pour la liste et pour ce jeu débile qui a dérapé, elle s'en veut aussi pour son ignorance et pour son amour, parce qu'elle ne peut pas oublier alors qu'elle devrait.
Elle ne comprend plus le monde dans lequel elle vit, ses parents lui mènent la vie impossible, la confiance s'est envolée, même ses amis de toujours lui ont tourné le dos, et c'est bizarrement auprès d'une fille qui lui a mené la vie dure qu'elle trouve un appui, sauf qu'elle ne se sent pas prête. 
C'est un roman poignant, glaçant mais remarquable. Impossible à reposer. Et pourtant, qu'est-ce qu'il vous serre le coeur à force de lire et découvrir le calvaire de Valérie, sa solitude et sa détresse, même sa propre famille n'a pas su être présente au moment où elle en avait le plus besoin. Pff, ce n'est pas gai. 
Mais il y a des choses tellement vraies, tellement fortes dans ce livre qu'il ne faudrait surtout pas passer à côté. Dès les premières pages, on ne peut plus se retenir de lire pour en savoir plus. L'histoire de Valérie et Nick apparaît par intermittence, et bizarrement ce qu'on découvre sur elle est attendrissante. Comme je le soulignais, ce roman sait véritablement nous toucher, comme à vouloir décrire Nick comme un être sensible et généreux, et pas seulement comme celui qui s'est tiré une balle dans la tête après avoir zigouillé ses camarades de la cafétéria...
Le roman ne cherche pas à accuser, pas à excuser non plus, et encore moins à comprendre, je me rends compte. Il expose une réalité sordide, notre responsabilité à tous dans nos actes et nos paroles, notre égoïsme aussi. La haine fait partie de la vie, ce qui ne veut pas dire qu'il faut basculer dans les extrêmes, c'est juste que c'est là, qu'on vit avec...
Et tous nos ressentiments apparaissent plus amers, plus lourds soudain.
C'est un grand roman que celui-là. Un roman bouleversant, avec une fin très émouvante. 

Hate List, par Jennifer Brown
Albin Michel jeunesse, coll. Wiz, 2012. Traduction de Céline Alexandre. 

People hate. That's our reality. People hate and are hated and carry grudges and want punishments.


24/12/11

★☆ Ce soir ! ★☆

Passez un beau weekend de fêtes, en compagnie de Benjamin Lacombe et Sébastien Perez, 

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ABSOLUMENT SUPERBE ! L'album est de toute beauté, autant par son histoire que par les illustrations. On suit un botaniste russe, détaché du cabinet des sciences occultes de Raspoustine, dans la forêt de Brocéliande. Il est à la recherche de plantes médicinales mais va découvrir d'autres légendes...L'Herbier des Fées se compose d'observations, de croquis, de brochures de journaux, de lettres échangées, mais aussi d'états d'âme, de doutes, d'émerveillement et d'incrédulité. Les deux auteurs nous font un magnifique cadeau, avec cet album tout en dentelle, mijoté aux petits oignons.
Une promenade poétique et onirique, tout simplement.

L'Herbier des Fées, par Benjamin Lacombe & Sébastien Perez
Albin Michel, 2011 - illustrations de B. Lacombe 
Gaëlle aussi est totalement sous le charme.   

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08/12/11

Avec des bagues aux doigts, des nœuds dans les cheveux.

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La vie de Sophie sans sa soeur Emily ne ressemble plus à rien. Juste du vide, un gouffre immense, impossible à combler. Toute communication avec la mère est rompue. Elles se fuient, l'une dans sa chambre pour maugréer ou se réfugier sur le toit d'une terrasse, l'autre dans son bureau, à bichonner sa collection d'objets perdus. Pourquoi tout ce gâchis ? 

C'est en parcourant son journal intime, entamé exprès dans l'exercice de sa thérapie, que nous suivons Sophie dans sa vie de tous les jours. C'est triste, on s'attache à ses secrets, on a envie de comprendre ce qui la ronge, on aimerait lui venir en aide, mais à la place on la perd. Sophie fait des crises de panique, elle est émotive et instable, elle se fâche avec sa meilleure amie, tombe amoureuse, s'accroche à ses souvenirs et porte un fardeau trop lourd pour elle. Comment vit-on en se sentant coupable, responsable de la perte d'un proche ? Comment accepter l'inacceptable ? 

Au milieu de ce brouillard, on trouve une petite éclaircie avec la poésie (et les cafés poétiques !). Sophie, qui pensait n'avoir aucune sensibilité artistique, découvre le pouvoir des mots. La poésie sert en effet à exprimer en quelques mots, quelques phrases, tout ce qu'on n'arrive plus à prononcer à voix haute. Et c'est ce long cheminement que le roman raconte, un travail de deuil, de reconstruction, de douleur et de remords que l'on absorbe (car ce n'est que vers la dernière partie du roman qu'on découvre exactement le drame qui a frappé cette famille). En attendant, c'est triste, c'est vrai, mais c'est une bonne tristesse pour tirer vers le haut, pour faire bouger les choses. Dans ce sens, cela fait du bien. J'ai juste pleuré à deux reprises, mais je ne pense pas que l'intention de l'auteur était de verser dans le pathos. C'est juste moi qui... Bref, après un premier roman bouleversant, cf. Ne t'inquiète pas pour moi, Alice Kuipers confirme avec ce roman doux et triste tout le bien que je pense d'elle. 

2 Filles sur le Toit par Alice Kuipers
Albin Michel jeunesse, coll. Wiz, 2011. Traduit de l'anglais par Dorothée Zumstein. 

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15/11/11

You make me feel like a natural woman.

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Lottie Biggs va mieux, merci ! Elle voit un psy néo-zéalandais, le sosie de Johnny Depp, qui l'aide à absorber les hauts et les bas de son existence, sans que ça vire à la débandade, et jusqu'à présent ça fonctionne plutôt bien pour elle. Sa vie sentimentale est au beau fixe, Gareth Stingecombe est le petit ami parfait, et Lottie est folle de ses cuisses ! 
A l'approche de la rentrée, Lottie et sa meilleure amie Goose vont pourtant rencontrer quelques difficultés de communication, et paf c'est le clash. Elles sont fâchées et n'arrivent plus du tout à se comprendre. Lottie refuse de se morfondre, même si ça la ronge de plus en plus, elle préfère se confier à son ami Winnie, un chinchilla très âgé, que sa mère a récupéré pour une bouchée de pain. 
Le samedi, Lottie se rend également au salon de coiffure de Mrs Stingecombe, la maman de Gareth, où la musique de Carole King passe en boucle, où un parfum de délicieuse ringardise flotte dans l'air, où tout le monde ne cesse de clamer des mamours, avec des sourires à la pelle. C'est le salon du bonheur ! Mais Lottie frôle la crise de nerfs, à essuyer les coups de peigne et de ciseaux de sa belle-mère, sans broncher, même si ça la fait ressembler à Elizabeth II. Argh ! 
Autre moment fort du livre, c'est la soudaine révélation de Lottie : elle veut croquer la pomme ! Depuis que la demoiselle a aperçu le caleçon de Britney Spears de son petit ami (!), elle ne pense plus qu'à ça. Elle est totalement obsédée par LA CHOSE. 
Mais qu'est-ce que ça veut dire ? Pour mieux comprendre ce qui lui arrive, Lottie gribouille donc son nouveau cahier à émotions, et nous livre ainsi de grands moments de drôlerie. Le ton est plus léger que le premier tome, et souvent je me suis surprise à éclater de rire face aux illustrations ou aux propos de la jeune auteur. Absolument désopilant ! Je recommande fortement la lecture !

Lottie Biggs n'est presque pas désespérée, par Hayley Longsmileyc002
Albin Michel jeunesse, coll. Bliss, 2010. Traduit de l'anglais par Dorothée Zumstein. 
illustration de couverture : Pénélope Bagieu 

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03/11/11

“And I am more alone than ever before.”

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Deux silhouettes féminines, enveloppées dans des capes rouges, se baladent dans la forêt, armées d'une hache et de couteaux aiguisés. Elles guettent les Fenris, ces créatures humaines qui se métamorphosent en loups dès que le désir pour la chair fraîche les tenaille. Scarlett et Rosie March sont soeurs, l'aînée a été défigurée sept ans plus tôt en voulant protéger sa famille, elles sont seules au monde, entraînées pour livrer un combat acharné contre leurs ennemis. 
Silas, leur ami d'enfance, est de retour dans leur petite ville de Géorgie. Il a longtemps été le partenaire de Scarlett jusqu'à ce qu'il décide de prendre l'air pour profiter un peu de la vie. C'est ce qu'il tente de suggérer aux soeurs March, de souffler, de ne pas se consacrer entièrement à la chasse. Rosie, plus sensible, se laisse séduire par les discours du garçon et tombe sous son charme. Scarlett, par contre, refuse de se laisser attendrir et sent un fossé se creuser entre elle et sa cadette. 
Parce que les évènements à Ellison deviennent plus douloureux à gérer, les trois camarades comprennent qu'il faut bouger et emménager à Atlanta pour poursuivre leur traque. Ils ont en effet eu connaissance de l'existence d'un Potentiel, le seul et véritable appât qui captive les Fenris. Trouver celui-ci permettrait aux March et à Silas de remporter un avantage considérable. 
Mais Atlanta est une ville impressionnante, où Scarlett perd pied et considère ses repères habituels complètement inexistants et inefficaces. De son côté, Rosie devient libellule et s'éloigne de plus en plus de sa soeur. 

D'une part, la complicité entre Scarlett et Rosie est très, très importante dans le roman. C'est le ciment de l'histoire, au-delà des scènes d'action (nombreuses) et du climat d'ensemble (lourd et oppressant). La relation des soeurs est forte et fragile à la fois, teintée de sentiments multiples comme la reconnaissance, l'amour, la culpabilité et les non-dits. Le désir d'indépendance de l'une est très mal vécu par l'autre, laquelle refuse d'admettre sa propre fragilité et son besoin de pouvoir compter sur son socle familier (sa soeur et son ami d'enfance). Silas, à sa façon, devient le petit grain de sable qui affecte l'équilibre désormais précaire puisque sa présence fait battre le coeur d'une demoiselle March, et on voit bien que cette prise de conscience la perturbe énormément, ça l'attire et l'effraie, cela implique un brusque changement qu'elle n'est pas encore capable d'assumer. 
Globalement, le roman se lit vite et bien. Son aspect sombre et implacable n'est pas sans charme, il s'agit bel et bien d'un conte cruel, où des filles sont harcelées, pourchassées, agressées et tuées. Beaucoup de violence, donc. Le sens de la justice de Scarlett est très prononcé, en parallèle la personnalité de Rosie est au stade de l'épanouissement (et personnellement, j'ai trouvé qu'elle était plus intéressante à suivre). C'est naïf, et pourtant chargé de sous-entendus sexuels (le cours de dessin, par exemple... un grand moment !). 
Dans l'ensemble, j'ai bien aimé mais j'ai trouvé l'intrigue sans surprise. J'avais tout deviné avant la fin, et j'aurais apprécié que l'auteur aille jusqu'au bout de ses idées. 
La couverture est très jolie !  

Sisters Red, par Jackson Pearson
Albin Michel jeunesse, coll. Wiz, 2011 - 425 pages - 15€
traduit de l'anglais (USA) par Patricia Reznikov 

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02/11/11

“Remember all fairy tales end at some point.”

Voici l'avant-dernier tome de la série des Vampires de Manhattan

La Promesse

Direction Le Caire ! Theo et Jack veulent sauver leur amour, retrouver Catherine de Sienne et protéger l'héritage des Van Alen, mais les rues sont dangereuses et les rencontres parfois impromptues. Les Venator tombent comme des mouches, l'ancienne équipe de Kingsley Martin est sur les dents, c'est ainsi qu'on retrouve Deming Chen et sa soeur jumelle, assorties des frères Lennox, en mission pour contrer le couple chouchou. De son côté, Mimi Force, accompagnée d'Oliver, s'est jurée de sortir son amant des griffes de l'Enfer et plonge ainsi dans le Monde des Abîmes sans le moindre remords. Son histoire de lien avec Abaddon n'est pas terminée pour autant, il faut en finir même si cela demande de passer par un sacrifice ultime.
Sans en révéler davantage, les troupes de l'Ennemi se rassemblent (sur et SOUS Terre !), la menace se précise. Theodora commence à prendre conscience de son rôle à jouer. De plus, l'histoire de sa mère, Allegra, est dévoilée par petites touches, son lien avec Charles et sa romance avec Ben ne paraissent plus si anodins, les indices sont encore maigres mais les éléments ici présentés font comprendre qu'ils seront déclencheurs d'autres bouleversantes découvertes dans le prochain tome.
Rendez-vous est donc pris à Londres ... Le très attendu tome 7, The Gates of Heaven en VO, sortira en janvier 2013 - ouch pour les nerfs ! Pour celles qui hésitent encore, cette série a su déjouer les pièges de la superficialité entrevue dans les premiers tomes pour installer une vraie et étonnante intrigue au fil des tomes. Cela n'a franchement plus rien à voir avec les débuts, la mythologie est judicieusement exploitée (des vampires, oui... mais des anges avant tout !). C'est une lecture habile, addictive, faussement glamour parce que les dessous de l'intrigue sont retors et difficiles à percer. Bienheureux qui pourra deviner le final de cette saga ! 

La Promesse des Immortels - Melissa de la Cruz
Albin Michel jeunesse, coll. Wiz, 2011 - 385 pages - 13,50€
traduit de l'anglais (USA) par Valérie Le Plouhinec 

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