02/11/11

“Remember all fairy tales end at some point.”

Voici l'avant-dernier tome de la série des Vampires de Manhattan

La Promesse

Direction Le Caire ! Theo et Jack veulent sauver leur amour, retrouver Catherine de Sienne et protéger l'héritage des Van Alen, mais les rues sont dangereuses et les rencontres parfois impromptues. Les Venator tombent comme des mouches, l'ancienne équipe de Kingsley Martin est sur les dents, c'est ainsi qu'on retrouve Deming Chen et sa soeur jumelle, assorties des frères Lennox, en mission pour contrer le couple chouchou. De son côté, Mimi Force, accompagnée d'Oliver, s'est jurée de sortir son amant des griffes de l'Enfer et plonge ainsi dans le Monde des Abîmes sans le moindre remords. Son histoire de lien avec Abaddon n'est pas terminée pour autant, il faut en finir même si cela demande de passer par un sacrifice ultime.
Sans en révéler davantage, les troupes de l'Ennemi se rassemblent (sur et SOUS Terre !), la menace se précise. Theodora commence à prendre conscience de son rôle à jouer. De plus, l'histoire de sa mère, Allegra, est dévoilée par petites touches, son lien avec Charles et sa romance avec Ben ne paraissent plus si anodins, les indices sont encore maigres mais les éléments ici présentés font comprendre qu'ils seront déclencheurs d'autres bouleversantes découvertes dans le prochain tome.
Rendez-vous est donc pris à Londres ... Le très attendu tome 7, The Gates of Heaven en VO, sortira en janvier 2013 - ouch pour les nerfs ! Pour celles qui hésitent encore, cette série a su déjouer les pièges de la superficialité entrevue dans les premiers tomes pour installer une vraie et étonnante intrigue au fil des tomes. Cela n'a franchement plus rien à voir avec les débuts, la mythologie est judicieusement exploitée (des vampires, oui... mais des anges avant tout !). C'est une lecture habile, addictive, faussement glamour parce que les dessous de l'intrigue sont retors et difficiles à percer. Bienheureux qui pourra deviner le final de cette saga ! 

La Promesse des Immortels - Melissa de la Cruz
Albin Michel jeunesse, coll. Wiz, 2011 - 385 pages - 13,50€
traduit de l'anglais (USA) par Valérie Le Plouhinec 

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19/10/11

(...) du jour où il partit sur les routes, il s'éprit de chevalerie, de bonté, de dignité, de liberté et de courtoisie...

Le jeu du chevalier          

Depuis le décès de leur mère, les enfants Bell ont choisi de se réfugier dans le jeu du chevalier pour oublier leur chagrin. Le jeu a été spécialement créé par l'aîné, Sébastien, qui s'est autoproclamé Lancelot, autour de la Table Ronde, dans leur cabane transformée en Camelot, et chacun des membres de la famille est soit écuyer, page ou chevalier. Corrie, onze ans, est en totale admiration devant son grand frère. Toutefois, elle se rend compte que des petits détails ne collent pas, Sébastien s'éloigne de la réalité, parce qu'il veut oublier ses soucis personnels, c'est un garçon très émotif et sensible, mais plus il s'enferme dans son jeu, plus il perd toute notion de perspicacité. 
Corrie est la seule à s'alarmer, elle ne veut pas prévenir son père, enfermé dans son bureau, occupé à préparer ses cours ou à rédiger son roman. Sa soeur Rose préfère tourner le dos et veut vivre une vraie vie d'adolescente, elle se moque du jeu et compte bien passer à autre chose. Tout le monde tourne autour du pot, mais jamais personne ne veut taper du poing sur la table. Plus le temps passe, et plus Corrie est moralement minée. 
Sa nouvelle meilleure amie, Meredith, tente de lui changer les idées. Au lieu de s'en réjouir, Corrie trouve qu'elle empiète trop dans son existence et cherche à s'immiscer dans sa famille. Or, la famille, c'est sacré ! Bouclier intégral autour de la maison. Il faut préserver le cocon. C'est ce que Sébastien s'échine à expliquer, Corrie est du même avis. C'est tellement plus réconfortant de se réfugier chez soi parmi ses rêves, ses jeux et ses lectures. Le monde y apparaît plus doux et rassurant, au diable la vie qui veut vous faire grandir. Corrie n'est pas prête. 

Kit Pearson a su donner le ton en décrivant une ambiance du quotidien délicieusement désuète (nous sommes en 1958 après tout), la grande maison familiale apparaît accueillante et rassurante, on comprend le désir des enfants Bell à ne pas vouloir en sortir pour se confronter au monde extérieur. Et pourtant, ils n'ont plus le choix. Sébastien est en train de sombrer dans une spirale dangereuse pour sa santé mentale, il est temps de se ressaisir et d'assumer ses responsabilités. 
Pour y parvenir, l'auteur n'a nullement recours à la sensiblerie, point de morale ou de divine providence non plus. Jusqu'au bout, le roman peaufine son rythme ronronnant, éclairant les contrariétés et la détresse des protagonistes, avec justesse et intelligence. Plus que tout, j'ai savouré cette ambiance délicate et me suis lovée parmi les pages avec un sentiment de bien-être et de compassion. Car on s'attache à la famille Bell, on les aime tellement qu'on leur souhaite de tout coeur de trouver les bonnes voies et d'être les plus heureux possible. 
Un très bon roman, révélant un auteur prodigieux. 

Le Jeu du Chevalier, par Kit Pearson smileyc002
Albin Michel jeunesse, 2011 - 280 pages - 13,50€
traduit de l'anglais par Alice Seelow 

Perfect Gentle Knight  -) l'édition originale, avec sa très belle couverture ! 

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12/10/11

Pêle-mêle Clarabel #42

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Les boutiques d'Angélique est un album savoureux, au charme irrésistiblement rétro et élégant (et vous me connaissez, j'adore ça !). Nous suivons Angélique accomplir son shopping avec sa liste de courses à la main. Il lui faut : une rose jaune, un tuyau d'arrosage, une grappe de raisin, des patins à roulettes, un cacatoès, un mirliton siffleur, un tapis d'Orient, un pichet rayé, une tartelette aux cerises et une sucette en forme de coeur.

Boutique après boutique, Angélique poursuit son bout de chemin. Parviendra-t-elle à trouver tous les articles de sa liste ? C'est d'un pas dansant et alerte qu'elle s'engage dans la grand-rue. (A tour de rôle, il faut noter la particularité de son entrée dans chaque boutique - elle entre sans façon, en gambadant ou tout doucement... C'est le petit fil rouge du livre, chut !) Chaque chapitre est une invitation à la lecture à voix haute, les mots sonnent et roulent sur un fil, c'est tout aussi ravissant ! Les intérieurs des boutiques se dévoilent sous des pages à rabat, alors là, bonjour, c'est une explosion de détails qui s'étalent sous nos yeux. Une jolie, très jolie découverte.

Les Boutiques d'Angélique, par Alice Melvin  (Albin Michel jeunesse, 2011) smileyc002
également salué par notre chère Gaëlle 

Autre découverte fabuleuse, 

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Dans ce coffret, on trouve une maquette pour construire une maison avec ses pièces et ses meubles en kit, plus un journal intime. La maquette est sensationnelle, chaque petit détail a été fignolé et c'est un réel bond dans le temps qui nous est proposé. Direction Paris, 1911. La lecture du journal intime nous apprend donc la très brève histoire de  Tamara Karsavina, une danseuse des ballets russe, en représentation dans la capitale française. La jeune femme découvre, s'émerveille, redonne vie à une époque révolue, évoque Cocteau et Poulbot, parle de sa passion pour la danse, décrit les ballets et les costumes, tout en s'imprégnant de l'air parisien, le charme est immédiat. Le journal est enrichi de photographies, de cartes postales, de gravures de mode et d'articles de journaux qui complètent l'illusion. On a vraiment le sentiment de s'échapper du temps et du monde qui nous entoure ! C'est remarquable.

Une idée de cadeau, tiens !  Le projet est dévoilé ici : http://pascale.debert.pagesperso-orange.fr/edition.htm

La Maison de Tamara, par Pascale Debert (Albin Michel jeunesse, 2011)

Et pour celles qui se passionnent de danse classique, découvrez encore 

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L'histoire de Delphine, Justine, Sabine, Clémentine, Catherine, Marilyne, Amandine et Caroline était réglée comme du papier à musique, de la danse, de la discipline, sur quatre rangs de deux bien alignées... et puis arrive Célestine, la neuvième petite ballerine. Où la caser ?!

8 petites ballerines, par Grace Maccarone et Christine Davenier (Albin Michel jeunesse, 2010)

mais aussi, IMG_5555 

Danse, Prosper, danse ! par Laure Monloubou : parce que la danse, ce n'est pas que pour les filles - pardi ! Prosper adore danser et se réjouit lorsque ses parents l'inscrivent au cours de danse, mais les filles se moquent de lui. Les garçons jouent au foot, les filles font de la danse... voyons. Au fil des jours, Prosper perd son enthousiasme et veut abandonner. Mais il va leur apprendre, à ces nanas, comment exécuter des pirouettes sans tomber sur les fesses. Tout le monde n'a pas la chance d'avoir un Hyperman dans sa vie (et des chaussettes Hyperman, aussi) ! 
Encore une jolie réussite de Laure Monloubou, c'est drôle, tendre et les illustrations sont adorables.
paru chez Kaléidoscope, 2011. 

08/10/11

Et il y aura assez de galettes au miel pour deux enfants...

Magnifique, Anouketh

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Anouketh est une petite fille en colère et elle l'exprime sans ménagement en écrasant les petites fourmis rouges sur son chemin. Ces dernières protestent, hé ho ! ça suffit le massacre. Même ses camarades imaginaires (les enfants des dieux Anubis, Horus...) sortent du rang pour la cajoler et comprendre ses soucis. Or, Anouketh se renferme et prend la poudre d'escampette. Elle dépasse les limites de son terrain de jeu autorisé, se retrouve près des rives du Nil et laisse exploser la raison de son mécontentement. Et pour preuve, elle lance une grosse pierre, plouf, qui tombe dans l'eau mais qui entraîne dans sa chute la fillette. Vite, un papa à la rescousse ! 

Anouketh est un album MAGISTRAL. Les illustrations sont parfaites, de toute beauté. L'histoire est piquante, cocasse grâce aux apartés des fourmis, c'est obligé de sourire. La colère de la petite fille est mignonne, elle a pour objectif d'atténuer la jalousie entre l'aînée et l'enfant à naître. Ce plongeon dans l'Egypte antique aussi produit un effet magique, à la fois dépaysant et fascinant, oui j'étais complètement sous le charme ! Anouketh figure parmi mes albums préférés du duo talentueux (j'ai nommé, François Roca et Fred Bernard).  

Anouketh, par Fred Bernard et François Roca (Albin Michel jeunesse, 2011) 

Epinglée, notre Gaëlle aussi a craqué pour les fourmis rouges ... 

Une autre petite histoire d'amour filial, IMG_5558 

“Moi, j’aime quand Papa me donne le bout de la baguette chaude…
Moi, j’aime quand Papa il me prend sur ses épaules …
Moi, j’aime quand Papa il fait des blagues au téléphone ..
Moi, j’aime quand Papa il regarde avec moi le rugby à la télé
Moi, j’aime quand Papa il fait une surprise à Maman …”

Un concentré des petits moments de vie pleins de tendresse et de complicité entre un papa et son fils. Mignon tout plein.

Moi, j'aime quand papa... par Arnaud Alméras et Robin (Gallimard jeunesse, coll. Giboulées, 2011)

05/10/11

Pomelo et les couleurs ♥

Un nouvel album de Pomelo signifie hola de joie dans la maison et promesse d'une lecture bidonnante ! C'est parti.

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Quand tout lui semble noir ou blanc, Pomelo regarde autour de lui et redécouvre soudain...

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le rouge hypnotisant de l'amour

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le jaune jamais pareil du pipi

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le rose cul-cul la praline du bonheur

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le vert de quand on n'y arrive pas

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le noir de l'aventure

etc.

Cet album, c'est une formidable leçon de choses à travers l'évocation de couleurs déclinées de façon poétique et humoristique. On y trouve des associations souvent désopilantes, tellement caractéristiques de l'esprit propre à Pomelo (oui, il existe !) . C'est facétieux, un peu coquin et ça fait marrer dans les chaumières. Et à chaque fois, c'est le regret d'avoir fini trop vite. Pomelo c'est aussi une relecture rien que pour le plaisir de pêcher les petites perles que j'aurais oubliées les fois d'avant.

Pomelo et les Couleurs, par Ramona Badescu & Benjamin Chaud smileyc002
Albin Michel jeunesse, 2011

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22/09/11

Les merveilles du monde

Lire, rêver, voyager, s'évader, découvrir, apprendre...

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Virginie Aladjidi et Emmanuelle Tchoukriel nous invitent à découvrir 86 trésors culturels, situés partout dans le monde. Cet inventaire permet d'admirer le travail d'hommes et de femmes à travers les siècles, c'est un outil riche et instructif sur le plan culturel, mais c'est aussi une manière agréable de visiter et revisiter les sites les plus beaux, les plus curieux, les plus mystérieux de notre planète. Ou comment s'offrir un tour du monde dans son canapé. De façon plus ludique, c'est un régal de lire à haute voix des noms aussi poétiques, et magiques, que les rizières en terrasses de Banaue, sur l'île de Luçon, la Cité sacrée d'Anuradhapura ou le minaret en spirale de la grande mosquée de Samarra... Chaque site offre un remarquable dépaysement et porte l'empreinte de civilisations vivantes ou disparues. Il va sans dire que les aquarelles d'Emmanuelle Tchoukriel font des merveilles et apportent une rare finesse et élégance au projet !  

Inventaire illustré des Merveilles du Monde, par Virginie Aladjidi et Emmanuelle Tchoukriel
Albin Michel, 2011. 

un petit coup d'oeil, par ici : http://tchouk-tchouk.blogspot.com/2011/09/le-petit-dernier.html et ici aussi : http://virginiealadjidi.blogspot.com/2011/09/planche-9-et-24.html

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26/07/11

Sur le chemin des vacances #5

IMG_4732 Une famille d'homo sapiens quitte la plaine en quête d'un nouveau territoire plus hospitalier. Petit Sapiens, le cadet du clan, nous raconte son quotidien : la chasse avec papa, le chef du clan, la cueillette avec maman, les jeux avec sa soeur, les veillées avec pépé, et mémé qui n'arrête pas de se perdre... Petit Sapiens est le témoin de sa famille qui s'est sédentarisée. Avec son regard d'enfant et poussé par sa curiosité, il s'imprègne de son environnement.

J'ai enfin découvert la série Petit Sapiens de Ronan Badel. Et j'aime beaucoup ! C'est fin, très drôle, espiègle, tendre et farfelu. Il y a aussi des petits détails sur la Préhistoire qui pourront intéresser les plus jeunes lecteurs. C'est une lecture qui donne le sourire et qui ne cherche pas à se prendre au sérieux.

Petit Sapiens, tome 1 : La vie de famille - Ronan Badel (éditions Lito, 2005)

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Deux parents se disputent sous le nez de leur enfant et provoquent malgré eux une tempête. Aussitôt un vent terrible s'engouffre dans la cuisine, une pluie tropicale s'abat violemment sur le carrelage, sur les assiettes, partout... La maison tout entière est inondée, le ventre de la maison tremble, grogne et craque. La tempête se déchaîne, laissant les parents penauds et honteux, quand ils réalisent que l'enfant a disparu. Il s'est réfugié dans l'arbre d'où il espérait voir la mer...

L'histoire se veut une métaphore des chamailleries entre adultes, face auxquelles les enfants souvent assistent en les percevant de façon violente et incontrôlée. Laurent Moreau nous assaisonne tout ça de son trait de crayon parfaitement identifiable à des kilomètres à la ronde - j'aime beaucoup !
En voir plus,
 http://zeroendictee.free.fr/index.php?/ongoing/lenfant-dans-la-tempete/

L'enfant dans la tempête - Laurent Moreau (Rouergue, 2009)

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C'est l'histoire d'un petit garçon qui disait toujours non. Au début ses parents s'inquiètent et s'interrogent, puis finissent par ne plus s'étonner et composent avec le NON systématique de leur fiston. Non, c'est non. Ce n'est pas une volonté de contrarier ou d'embêter le monde, c'est tout simplement pour masquer une extrême sensibilité. C'est lorsque la nouvelle élève fait son apparition en classe que tout va se décanter... C'est un album charmant et tout mignon. Les illustrations de Soledad Bravi sont un régal, c'est drôle et très expressif.

Le petit garçon qui disait toujours non - David Foenkinos & Soledad Bravi (Albin Michel jeunesse, 2011)

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La petite beauté que voilà ! Lenka est une petite fille toute ronde et très solitaire. Sa maman la pousse à sortir de sa chambre pour se joindre aux autres enfants qui jouent dans la rue. Hélas, les filles et les garçons de son âge la fuient, se moquent d'elle et refusent de partager leurs activités. Seul Palko, un drôle de garçon qui fait de la trottinette, va s'approcher d'elle pour admirer ses dessins car Lenka est douée et met de la couleur dans sa vie grâce à ses petites craies. C'est une très jolie histoire sur l'amitié, une jolie découverte qui vient de Hongrie, tant les illustrations de Katalin Szegedi sont ravissantes ! 

Lenka - Katalin Szegedi (Océan Ti Lecteurs, 2011)

Petite pensée, aussi...

01/07/11

Croquer Big Apple à pleines dents

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C'est l'été et Carrie débarque à New York pour suivre un séminaire d'écriture. Son rêve se réalise enfin ! Après quelques déboires pour se loger, elle s'incruste chez Samantha Jones, alors fiancée à un passionné de base-ball et bossant comme une dingue dans la publicité, puis fait la connaissance de Miranda Hobbes, en pleine manifestation contre la pornographie devant un grand magasin. Eh oui, tous ces noms ne vous sont pas inconnus, fans de la série que vous êtes ! 

Qu'est-ce que c'est drôle, d'ailleurs, d'imaginer nos nanas dans les années 80 ! Carrie est encore au stade de wannabe, elle est de toutes les soirées, rencontre du monde, tombe amoureuse d'un dramaturge célèbre, bosse sur sa pièce, décroche une lecture publique, assure sa promo, prend la grosse tête, renie ses racines, se fâche avec sa meilleure amie de Castlebury, ne reconnaît plus son père, se plaint des hommes, de l'amour et du sexe. Les fondamentaux prennent racine !!! 

Avouez que, franchement, tous les ingrédients sont là, rendant la lecture savoureuse, légère et divertissante ! C'est vintage dans l'âme, mais tellement frais aussi. On parcourt les 488 pages avec facilité, bonheur, grisé par la nostalgie et les retrouvailles avec Carrie Bradshaw et ses copines. Et puis New York, tout simplement...

Summer and the City - Candace Bushnell
Albin Michel, coll. Wiz, 2011 - 488 pages - 18€
traduit de l'anglais (USA) par Valérie Le Plouhinec 

13/06/11

"You don't have to do those things. You don't have to become a hero, Seth."

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C'est le troisième livre de la série, et je suis définitivement sous le charme. Quel univers. Melissa Marr peut s'enorgueillir d'avoir créé un monde fascinant, où les amours sont désespérées, les passions contrariées, la mélancolie omniprésente, les confiances bafouées, les secrets inavoués. Tout ceci rend l'atmosphère sombre, déchirante mais belle et touchante ! Je suis conquise.

Aislinn est partagée entre son amour pour Seth et son devoir de reine auprès de Keenan. Celui-ci cherche à la séduire, insidieusement. Il a accepté la relation qu'elle entretient avec son mortel, car il a conscience de sa fragilité. En échange, il renoue avec Donia, laquelle est une femme blessée, torturée par son attirance, son amour et ses devoirs. Ce qui est incroyable dans cette série, c'est que tout le monde se connaît de façon très intime mais se trouve désormais coincé dans des voies sans issue, l'imbroglio sentimental donne du fil à retordre et exacerbe désir, soif de vengeance et conquête de l'impossible. La paix entre les cours semble donc précaire, elle ne tient qu'à un fil.

Seth est jaloux, au fond de lui il ne supporte pas de partager sa dulcinée, il n'est pas aveugle des agissements sournois de Keenan, cette tension prend racine et le garçon veut agir et ne plus observer. Son ami Niall tente de le raisonner, en le plaçant sous sa protection, il titille le roi de l'été, mais Keenan s'en sert à bon escient. Le schéma qui s'établit entre chaque personnage est troublant, fascinant. Toute cette vicissitude donne lieu à une intrigue encore plus désespérante, les conséquences s'accumulent et repoussent toujours plus loin la frontière entre la tolérance et la provocation, et avivent la discorde. Au centre, l'impossible Bananach joue son rôle de folle avec superbe, elle a soif de sang, elle chatouille les faes et les mortels, ce qu'elle veut, nul doute qu'elle l'obtiendra !

Vous n'en pouvez plus des lectures trop romantiques parce que trop mielleuses ? Révisez votre jugement en découvrant cette série, même si le premier tome laisse perplexe, la suite n'aura de cesse de vous surprendre pour mieux vous plaire. J'aime beaucoup son charme langoureux, me délecte de son écheveau d'intrigues et suis subjuguée par la personnalité trouble et complexe des protagonistes. De plus, l'auteur ne cède jamais à la facilité, même la fin déjoue toutes les attentes, c'est fort et magnifique, comme j'aime ! Encore deux tomes avant la conclusion.

Ne jamais t'embrasser (Wicked Lovely #3) - Melissa Marr  smileyc002
Albin Michel, coll. Wiz, 2011 - 427 pages - 15€
traduit de l'anglais (USA) par Blandine Longre

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18/05/11

Un jour, ce sera ton bon vieux temps.

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Ce roman est une véritable énigme ! Quel climat ! Que de tours et détours à chaque coin de page ! Je ne suis toutefois pas sûre d'avoir cerné à qui il se destinait, dans l'idéal, partant du principe que Peter, le héros, avait dix ans... J'imaginais naïvement qu'il s'agissait d'un roman pour junior, maintenant je suis moins convaincue de mon fait, car un jeune lecteur risque d'être dérouté par cette histoire tantôt fascinante, captivante et avec une foule de rebondissements, mais où règne aussi une atmosphère sombre, pesante, avec un soupçon de mélancolie dans l'air.

Peter vit avec sa mère, son grand-père et son chat dans un musée. La nuit, il aime se balader dans la bibliothèque où il va faire la rencontre d'une très vieille femme. Celle-ci lui confie un livre, qu'elle lui interdit formellement d'ouvrir et de lire. Au lieu de ça, il faut qu'il remette l'ouvrage à l'Enfant Eternel. Peter n'obtiendra pas davantage d'explication, lui qui s'inquiétait de la santé de son grand-père, le voilà propulsé dans un univers inconnu, dans les coulisses de la bibliothèque. Son arrivée impromptue affole son Gardien, la jeune Festival, qui doit le guider dans sa mission, souvent à l'aveuglette, car les deux enfants vont de découverte en découverte. Et le lecteur aussi.

C'est un univers foisonnant, où tout n'est jamais tout rose et gai. Les rencontres sont bouleversantes, parfois violentes et c'est avec étonnement qu'on suit le garçonnet de dix ans affronter ces périples avec un grand courage (et aussi quelques larmes, c'est normal et rassurant). Plus on avance dans la lecture, et plus on s'interroge sur ce que l'aventure nous réserve. Certes, l'enthousiasme ne répond pas tout le temps à l'appel et certains passages peuvent paraître fastidieux. L'atmosphère est cependant troublante et séduisante, à la fois un cocon pour ce qui concerne le musée, et un monde magique, enchanteur et terrifiant pour la bibliothèque. "Là, il faisait chaud, et l'air, chargé d'histoire, exhalait une odeur douce et enveloppante, une odeur de temps très anciens, un parfum intemporel de vestiges et de ruines."

Un roman avec des bons et des mauvais points, donc.

Les 100 Portes Secrètes - Colin Thompson
Coll. Wiz chez Albin Michel jeunesse (2011) - 234 pages - 12€
traduit de l'anglais par Alice Seelow

How_to_live_forever  La couverture originale est magnifique !

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