29/01/16

Le Comte de Monte-Cristo, d'Alexandre Dumas

Le comte de Monte-Cristo I

Il m'aura fallu pas moins de six jours pour lire et écouter les deux fois vingt-cinq heures de cette œuvre remarquable et, heureusement, captivante ! Pfiou. Quelle lecture, mais quelle lecture ! L'histoire commence à Marseille, en 1815. Le jeune Edmond Dantès, un marin de dix-neuf ans, débarque chez son père pour fêter sa bonne fortune - il sera prochainement promu capitaine de son propre navire et va épouser celle qu'il aime, Mercedès. C'était sans se méfier des jalousies de son entourage, dont le dénommé Danglars, comptable à bord du Pharaon, et Fernando, son ami d'enfance, également amoureux de sa jolie fiancée catalane. Ces deux-là rédigent une lettre de dénonciation contre le pauvre Dantès, accusé de soutenir Bonaparte en exil sur l'île d'Elbe, et n'ont aucun scrupule à le savoir expédié au Château d'If pour une longue, longue peine de quatorze ans. Edmond n'a pas le temps de réagir lorsque la foudre s'abat sur lui pour bousiller sa vie. Il est sonné, naïf et incrédule, il n'a de cesse de plaider sa cause, soutient son innocence, mais ne se doute pas d'être le pion central dans une tragi-comédie orchestrée par ses semblables. Au bord du désespoir, se sachant oublié des siens, Edmond doit son salut à son voisin de cellule, l'abbé Faria, qui le mettra en garde et lui confiera son projet d'évasion, avec un trésor à la clef. Après quoi, Dantès va reprendre du poil de la bête et se prétendre la main vengeresse de Dieu. Il deviendra le mystérieux Comte de Monte-Cristo, qui va se faufiler comme une anguille parmi ses ennemis pour les démolir sournoisement les uns après les autres. 

Voilà une magistrale interprétation, par Eric Herson-Macarel, d'une œuvre époustouflante et étonnante de modernité ! On ne voit pas le temps passer tant le rythme est enlevé, l'action dense et la trame romanesque flamboyante. Et puis il y a un vrai suspense au cœur de l'intrigue, où l'on ne devine pas tout des ressentiments de Dantès, ou du moins ne partage-t-on pas tous ses plans machiavéliques pour assommer ses ennemis. On le surprend dans la peau de Simbad le marin, de l'abbé Busoni ou de lord Wilmore, on le découvre derrière une porte dérobée au chevet d'une jeune fille qu'on tente d'empoisonner, il est ici ou là, partout et ailleurs, insaisissable et implacable. Chaque petite pièce apportée n'est jamais anodine et vient compléter un tableau magistral pour assouvir sa vendetta personnelle. Chaque intrigue secondaire, chaque anecdote ou chaque rencontre est introduite exprès pour servir un ensemble arachnéen. Dumas tisse fil par fil la trame de son roman, piochant dans les éléments du théâtre (rebondissements, déguisements, suspense et révélations) ou préfigurant le genre policier et les romans d'aventure avec le super-héros masqué qui fait justice lui-même. C'est prodigieux. J'ai été complètement soufflée. 

Sixtrid / Décembre 2015 ♦ Texte intégral lu par Eric Herson-Macarel

 

“A tous les maux il est deux remèdes: le temps et le silence.”

 

et la suite... Le comte de Monte-Cristo II

Le comte de Monte-Cristo s’est installé à Paris. Par sa magnificence, sa spiritualité et ses étranges manières, il devient la personnalité la plus recherchée de la haute société. C’est justement ce qu’il voulait afin de pouvoir mettre en place son implacable vengeance. Son plan redoutable est conduit sur un rythme haletant et réserve bien des révélations qui ne cessent de surprendre. Quel final ! ;-)

Sixtrid / Décembre 2015 ♦ Texte interprété par Eric Herson-Macarel

Rappelons aussi le lobbying de miss Cécile dont l'enthousiasme débordant a su me motiver pour découvrir cette œuvre classique d'une richesse extraordinaire. Merci d'avoir contribué à cette découverte !  😘

Posté par clarabel76 à 09:00:00 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
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