07/11/17

Lotto Girl, de Georgia Blain

lotto girlRéfugiée dans le désert sous une fausse identité, Fern attend qu'on vienne l'exfiltrer. Car Fern est en réalité une ancienne “lotto girl” - une fille au profil génétique haut de gamme. Son sort a été joué à la loterie, du fait des revenus trop modestes de ses parents, qui visaient un avenir meilleur pour leur progéniture. Dès l'âge de cinq ans, Fern a donc rejoint l'institut Halston dirigé par la société BioPerfect pour y suivre une éducation de qualité. Elle y rencontre Lark, Ivy et Wren, également des lotto girls, et est chaperonnée par une gouvernante, Miss Margaret. Fern s'adapte rapidement au rythme des études et comble également toutes les attentes... contrairement à ses camarades, plus en difficulté et rongées par la nostalgie de leur enfance. Le parcours de Fern se découvre au fil des chapitres où s'entrecroisent son présent et son passé. La jeune fille est actuellement réfugiée dans une communauté rudimentaire, où un certain Chimo la prend sous son aile en la traitant de princesse. Fern est cependant sur ses gardes, après avoir été alertée que BioPerfect avait envoyé des espions pour la retrouver coûte que coûte. Et de s'interroger alors sur le cataclysme qui a suscité cette descente en enfer !

J'ai été séduite par cette lecture, dont l'ambiance est hypnotisante à force d'être énigmatique et néanmoins captivante. Rien ne se devine, tout se dessine avec lenteur. J'ai beaucoup aimé, retrouvant dans Halston les esquisses et l'atmosphère de Never let me goFern est une narratrice troublante, pas une rebelle dans l'âme, mais une fille imparfaite, parfois égoïste, et c'est tout à son honneur de ne rien cacher de ses doutes et autres faux pas. Elle est aussi un pion entre les mains des uns et des autres, normal qu'elle repousse farouchement toute forme de contrainte, la privant de son libre-arbitre. Par contre, j'ai été frustrée par le dénouement hâtif et confus. J'aurais préféré une suite, mais Georgia Blain étant décédée en décembre 2016, mes espoirs s'éteignent à leur tour. Je ressens la même amertume que celle inspirée par Version Beta de Rachel Cohen (publié sans suite chez Robert Laffont). Profonds soupirs.

Casterman, 2017 - Trad. Alice Delarbre [Special]

 

 

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03/10/17

Lily et Po #1 : Rencontres et rendez-vous, de Lauren Oliver

Lily et Po Rencontres et rendez-vous hachetteInconsolable depuis la mort de son père, un an plus tôt, Lily souffre également d'être enfermée dans le grenier de sa maison. C'est sa belle-mère qui l'oblige à vivre sous les toits, lui interdisant toute sortie ou autre compagnie. La jeune fille occupe donc son temps à dessiner, toujours près de la fenêtre. Un jour, le fantôme de Po fait irruption dans sa chambre. Loin d'être surprise, Lily lui demande au contraire un service - retrouver son père de l'Autre Côté et lui transmettre son message. Le garçon comprend qu'il ne peut rien lui refuser et se lance à sa recherche.
C'est sur ces entrefaites qu'entre en scène le jeune Will, un orphelin recueilli par l'alchimiste, qui parcourt les rues de la ville pour livrer ses potions. Mais le garçon a interverti deux coffrets, l'un destiné à la riche comtesse Prima Donna, l'autre à l'entrepreneur des pompes funèbres, ce qui a déchaîné la colère de son patron et propulsé par inadvertance la jeune Lily dans cet improbable imbroglio. 
Mêlant savamment action et émotion, cette série de Lauren Oliver transporte le lecteur dans un univers fantastique et quelque peu nostalgique, avec une histoire qui évoque le deuil, le chagrin, la perte, le désarroi, et qui affiche malgré tout la volonté de “rendre de la couleur et de la vie à un monde devenu gris et morne”. O
n y croise donc une poignée de personnages aux intentions pas toujours louables, des jeunes héros fougueux et déterminés, tous avançant au pas de charge dans les méandres d'un voyage étonnant. L'amitié et la famille y sont mis à l'honneur, ainsi que l'aventure, l'humour et la fantaisie. Une découverte charmante et enthousiasmante, accessible dès 8-10 ans.
Par contre, j'aurais préféré un bon gros bouquin de 300 pages, au lieu des trois éditions de 150 pages, dont vingt à trente pages rien que pour les extraits des tomes suivants, ce qui laisse un arrière-goût de remplissage, et une dépense de 9.90€ le volume. Pas cool. :/ 

Hachette, 2012 - Trad. Alice Delarbre

 

Tome 2 - Fuites et poursuites

Tome 3 - Fin du voyage et retrouvailles

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07/07/17

Replica, de Lauren Oliver

REPLICADeux filles. Deux histoires. Un même roman. C'est sur cette promesse que Lauren Oliver nous embarque dans un univers d'expériences interdites en s'intéressant aux parcours de deux héroïnes, qui vont évidemment se croiser pour mieux confronter les visions aperçues de part et d'autre.

Gemma souffre de son image. Elle est en surpoids, a effectué plusieurs séjours à l'hôpital et a le sentiment d'être un monstre, d'ailleurs ses camarades au lycée le lui rendent bien. Elle a pour seule amie April, qui déploie des trésors d'ingéniosité pour lui chasser ses idées noires. Chez elle, Gemma se sent également incomprise, entre une mère angoissée et un père accaparé par son boulot, pour lequel il s'absente constamment en désertant le foyer. La jeune fille va finalement comprendre que ses parents sont des cachotiers en découvrant le nom de son père associé à l'institut Haven, connu pour sa réputation sulfureuse, et pire encore en apprenant que le lieu a été la cible d'un acte terroriste. Gemma part sur un coup de tête pour percer les mystères de ce laboratoire aux expériences scientifiques inqualifiables. Elle entraîne dans son expédition un ancien camarade de primaire et le fils d'un blogueur qui enquêtait sur les actions de Haven avant de disparaître du circuit. Au cours de son périple, elle tombe alors sur Lyra.

Lyra est le produit des expériences honteuses de l'institut de Haven - en gros, Lyra est un clone. Son existence non plus n'a pas été doucereuse et sans heurt. C'est ce qu'on découvre dans l'autre partie du livre, en quelques 200 pages visant à compléter les révélations divulguées par Gemma. Mais j'avoue avoir ressenti une pointe de lassitude au moment d'enchaîner avec cette lecture alternative. J'ai alors réalisé que j'avais ingurgité ce roman alambiqué sans réel entrain, ni étincelle d'excitation. J'avais tenté par goût pour l'auteur (cf. sa série Delirium) mais suis, pour le coup, déçue du résultat - les personnages sont fades, l'action est convenue, avec des rebondissements improbables, l'ensemble sonne monotone. N'étant peu d'humeur aux concessions, j'ai donc lâché l'affaire. Sans regret.

Hachette Romans, 2017 - Trad. Alice Delarbre

 

 

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11/01/17

Le Musée des Monstres, Tome 1 : La tête réduite, de Lauren Oliver & H.C. Chester

Le Musée des MonstresLe Musée des Horreurs et Autres Curiosités de Dumfrey est le lieu des plus incroyables excentricités, imaginez l'homme-éléphant, la plus grosse dame du monde, la femme à barbe, le garçon contorsionniste, les jumelles albinos, le garçon-crocodile, la mentaliste, le magicien, la lanceuse de couteaux... et la tête réduite, tous réunis pour épater la galerie. Ce phénomène de la tête est d'ailleurs le clou du spectacle. Mais lorsque celui-ci vire au chaos - une vieille dame assise au premier rang tombe dans les pommes - le journaliste présent dans la salle s'empare du sujet pour en faire une mauvaise publicité. L'affaire prend un tour sérieux lorsqu'on retrouve le corps de cette vieille dame au pied de son immeuble et qu'on accuse la tête réduite d'être responsable de sa mort. Les affaires de Dumfrey coulent à pic. Pour sauver leur gagne-pain, Sam, Philippa, Thomas et Max, quatre enfants particuliers, décident de mener l'enquête.
Sans surprise, le premier point fort du livre réside dans son esthétisme et les illustrations de Benjamin Lacombe. Un choix indiscutable et pertinent. Le résultat est fabuleux et rend compte d'une ambiance sombre, inquiétante, vraiment captivante. Puis, vient l'histoire se déroulant dans un cadre mythique, celui du musée des monstres, lequel est plongé dans la tourmente et doit se défendre des calomnies qui accablent son intégrité. Même si ce sont quatre mômes qui vont conduire le bal, c'est loin d'être une petite promenade de santé parsemée de quelques séquences saisissantes. Il y a bel et bien de l'action, des meurtres à répétition, des rebondissements et du suspense au  menu. De quoi surprendre et piquer la curiosité à bon escient. Le succès récent des séries comme Miss Peregrine ou Lemony Snicket a permis d'autres lectures du genre de pulluler, dès lors qu'elles combinent l'étrange et le merveilleux, la production se multiplie. Je n'imaginais pas m'immerger aussi pleinement dans cet univers a priori farfelu car je ne supposais pas découvrir une histoire aussi élaborée et astucieuse. Mais la lecture se révèle réellement stupéfiante, capable à la fois de faire rêver, frissonner et tenir en haleine. Un roman riche et bon. 

Hachette Romans - Octobre 2016
Traduction d'Alice Delarbre / Illustrations de Benjamin Lacombe

Titre VO : The Shrunken Head (The Curiosity House #1)

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30/11/16

Cette Obscure Clarté, par Estelle Laure

Cette Obscure ClartéL'été touche à sa fin, mais n'annonce pas pour Lucille un retour à la normalité. Sa mère est partie de la maison, en prétextant reprendre contact avec leur père, interné de force pour un état dépressif sévère, sauf que cela fait maintenant quinze jours qu'elle ne donne plus de nouvelles. Lucille doit gérer seule le quotidien et veiller sur Wren, sa sœur de neuf ans. Pour ne pas alerter les services sociaux, elle masque la vérité et raconte des mensonges à ses voisins, se met à chercher un petit boulot et convient avec son amie Eden, au courant de sa situation, de garder sa sœur pendant son service le soir. 
Mais Lucille perd les pédales en découvrant son frigo rempli par des anges gardiens anonymes et visiblement soucieux du bien-être des frangines. Qui, quoi, comment ? Eden et son frère Digby sont témoins de la scène et assistent avec impuissance à sa détresse. Après quoi, le navire prend l'eau. Les deux amies se fâchent, le garçon devient sa nouvelle bouée de secours, même si elle a conscience de rêver éveillée car il a déjà une petite amie, mais c'est plus fort qu'elle, elle se sent chamallow tout mou, les neurones court-circuités en sa présence. 
Pour sa défense, avec sa vie qui part dans tous les sens, Lucille a aussi le droit de s'éparpiller dans ses sentiments et ses émotions. Que le ciel lui vienne en aide !
Allergique aux drames populaires, j'ai légitimement craint de basculer dans une lecture trop larmoyante, mais l'histoire évite le piège du pathos en usant d'une écriture pleine de finesse et empreinte d'humour. J'ai été à la fois émue et séduite par tant de poésie pour évoquer l'amour, l'amitié, la famille et la résilience, en admirant d'autant plus la personnalité de Lucille qui refuse de s'apesantir sur son sort mais cherche à dégainer ses armes selon ses petits moyens.  
Dans le fond, l'histoire est attachante mais absolument improbable. Entre les problèmes survolés, la fin idyllique et l'avenir incertain, l'auteur ne s'embarrasse pas avec les détails. J'ai comme l'impression d'avoir lu un bouquin bourré de charme, de tendresse, de fulgurances sentimentales (pas mièvres). C'est adorable, ça ne fait pas de mal mais ça ne va pas bouleverser la face du monde non plus. Et c'est tant mieux aussi. Il est bon de lire des romans sans prétention et qui vous touchent par leur naïveté. 

Traduit par Alice Delarbre [This Raging Light] pour les éditions Hachette

Septembre 2016 - 322 pages

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31/07/15

La Ville orpheline, de Victoria Hislop

LA VILLE ORPHELINE CD

Été 1972. La ville de Famagouste, à Chypre, héberge la station balnéaire la plus enviée de la Méditerranée. Le couple Papacosta fête l'inauguration de son complexe hôtelier, le Sunrise, avec faste. L'avenir leur apparaît radieux et ambitieux. Pourtant, deux ans plus tard, le pays sombre dans le chaos, avec un putsch militaire qui va diviser l'île peuplée de communautés grecques et turques. On suit alors deux familles voisines, les Georgiou et les Özkan, tentant de survivre dans la ville enclavée où ils ont choisi de se cacher. 

Tristesse et mélancolie composent l'essentiel de cette histoire, mais sa puissance romanesque demeure remarquable. J'ai été enveloppée par les descriptions de ce décor de rêve (le soleil, les plages dorées, les complexes hôteliers et les boîtes de nuit). C'était magique, franchement dépaysant ! Quand la situation tourne au vinaigre, j'ai été autant tenue en haleine par la tension dramatique et le destin des familles croisées. Ce titre ne possède peut-être pas les mêmes atouts que L'île des oubliés, mais cette escapade sur l'île chypriote n'en demeure pas moins captivante.

L'enregistrement audio est également un succès et un choix judicieux pour les vacances. Maia Baran, la lectrice pour Audiolib, parvient à nous charmer par son intonation calme et envoûtante. Elle s'accompagne aussi d'une réalisation sonore de grande qualité, qui prolonge à merveille la sensation de dépaysement.

Audiolib / Juillet 2015 ♦ Texte lu par Maia Baran (durée : 12h 26) ♦ Traduit par Alice Delarbre pour les éditions Les Escales (The Sunrise)

12/11/14

L'Âge des miracles, de Karen Thompson Walker

Lagedesmiracles

Un jour d'octobre, l'humanité découvre avec stupeur que la rotation de la Terre a ralenti.

« Il n'y avait aucune image à montrer à la télévision, ni immeubles en feu, ni ponts effondrés, ni bouts de ferraille tordue, ni terre brûlée, ni maisons emportées par un glissement de terrain. Aucun blessé. Aucun mort. Ce fut, au début, une tragédie invisible. »

L'histoire ne sera finalement pas celle d'un roman post-apocalyptique auquel on est en droit de s'attendre, ici pas de sensationnalisme, juste de la nuance dans ce que vit et ressent la narratrice de douze ans, Julia, à travers un récit subtil, émouvant et très à fleur de peau. On ne s'intéresse pas à l'échelle mondiale, l'histoire se passe en Californie, chez Julia, dont la vie tourne autour du collège, du foot, du piano et de la maison. Un cocon douillet, rassurant. Sauf que tout a été chamboulé. 

Sa mère tombe malade, son père mène une double vie, sa meilleure amie déménage, une marge de la population décide de rejoindre des mouvements protestataires (les partisans du temps réel), son voisinage se déchire, les amis vont et viennent, d'autres se révèlent... Julia aussi se détache de l'enfance, sans être totalement prête pour la prochaine étape, au vu des observations faites sur ses congénères qui la laissent perplexe et désorientée (poussée hormonale ?). Elle est donc coincée dans un entre-deux, pas très à l'aise.

Est-ce seulement la faute du ralentissement ? Pas sûr. « Ç'avait peut-être commencé avant, pourtant je ne m'en suis rendu compte qu'après : mes amitiés se désintégraient. Tout se délitait. C'était une traversée difficile, celle qui menait de l'enfance à l'âge suivant. Et comme n'importe quel périple éprouvant, tout n'y survivrait pas. »

C'est en fin de compte un roman tout en sobriété et pudeur, où les répercussions sur les émotions et les petits riens d'une vie (qui pourrait être la nôtre) sont à peine perceptibles. Pourtant, les effets du phénomène existent et s'insinuent dans l'ordinaire de la vie de manière sournoise. Le contre-coup est déstabilisant, mais c'est ce qui rend cette lecture si attachante. Son aura mystérieuse et le ton nonchalant laissent une empreinte délicate et captivante sur le lecteur. C'est beau. Très touchant. 

« L'amour s'usait et les humains échouaient, le temps passait, les pages se tournaient. »

10/18, février 2014 ♦ traduit par Alice Delarbre (The Age of Miracles)


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« De nombreuses études ont été consacrées aux effets physiques du mal de la gravité, mais l'histoire ne rendra jamais compte de toutes les vies métamorphosées par les changements de caractère, plus subtils, qui accompagnèrent le ralentissement. Pour des raisons que nous n'avons pas entièrement comprises, le ralentissement, ou plutôt ses effets ont modifié la chimie de certains cerveaux, transformant de façon notable l'équilibre précaire entre pulsions et maîtrise de soi. »

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« Nous étions des enfants de la plage, du soleil. Nous ne connaissions rien à la neige. Je n'en avais jamais vu tomber, je ne savais pas qu'elle était si légère au début, qu'elle cédait si facilement sous les semelles, je n'avais jamais entendu ce crissement unique. Je ne savais pas, avant ce jour, que la neige étouffait tous les sons, assourdissant à sa façon le vacarme du monde. »

 

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26/09/14

Panic (Le Jeu de la Peur), de Lauren Oliver

Panic

Panic est un jeu aux règles officieuses, passablement interdit et créé par des anonymes, dont l'idée s'est répandue dans les couloirs du lycée, incitant année après année les élèves à s'inscrire pour braver des épreuves censées doper l'adrénaline. Heather a suivi sa meilleure amie Nat dans cette incroyable aventure. Pour fausse excuse, elle croit vouloir se venger de son ex. Ceci dit, l'appât du gain aussi motive les troupes (Heather rêve de quitter la petite ville de Carp, où l'avenir y est bouché). Très vite, la jeune fille prend goût au risque et aux sensations que cela procure et n'a qu'une envie : gagner.

Dodge, un autre concurrent, risque bien de lui mettre des bâtons dans les roues : il veut réparer l'injustice causée à sa sœur, clouée dans un fauteuil, les jambes brisées, suite à une épreuve truquée par un autre candidat. Le frère de celui-ci est désormais son adversaire, le type est hargneux et arrogant mais ça lui sert plutôt de carburant car Dodge est plus vindicatif que jamais, et les filles comptent bien s'en servir ! La jolie Nat lui fait tourner la tête, le garçon y est sensible, conclut un pacte, et puis...

L'histoire, plutôt banale, se lit donc sans surprise. C'est triste à avouer. Mais s'il n'avait été pas écrit par Lauren Oliver, jamais je n'aurais pensé lire ce livre, dont l'idée globale est franchement quelconque et peu originale. Les personnages ne sont pas attachants, l'ambiance est déprimante et le jeu d'aventures est loin, très loin de susciter un soupçon d'excitation. Bref, j'ai été assez déçue mais je reste une fan de première heure de l'auteur de la série Delirium !!

Hachette, coll. Black Moon, juin 2014 ♦ traduit par Alice Delarbre

25/06/14

L'été des secondes chances, de Morgan Matson

morganmatson

Sortez les mouchoirs ! Ce livre est tout sauf une lecture estivale, légère et distrayante. C'est un concentré d'émotions fortes et poignantes, loin d'être un ersatz de la fabuleuse trilogie de Jenny Han (L'été où je suis devenue jolie), C'est très triste et cela nous laisse, de surcroît, d'humeur morose ! L'histoire raconte les dernières vacances d'une famille bientôt confrontée au deuil. Le père, malade, a voulu passer l'été auprès des siens, pour ressouder le clan et profiter de chaque instant ensemble. Pour Taylor, c'est aussi l'occasion de revoir ses amis d'enfance qu'elle avait quittés, sans un adieu, cinq ans plus tôt. L'heure des explications a sonné, mais la demoiselle se la joue toujours mutine et insaisissable... hmm ! Autant l'avouer, je n'ai pas su m'attacher à l'héroïne. Elle a mille fois l'occasion de tout dévoiler, au lieu de quoi elle maintient le mystère et se drape dans une image peu glorieuse. On perd un temps fou à s'interroger sur la raison de sa lâcheté, qui se révèle scandaleusement puérile, et on finit par se demander s'il était utile de broder une partie de l'histoire sur une trame aussi neuneu. Parce que c'est tellement futile, en comparaison du sort qui s'acharne sur cette famille face à la maladie. La bluette adolescente me laisse donc un goût mitigé, à côté de ça j'ai aimé la tendre complicité entre Taylor et son père, toute l'émotion, la fin déchirante et bouleversante. On a le cœur si lourd après !...

Hachette jeunesse, coll. Bloom ♦ juin 2014 ♦ traduit par Alice Delarbre

19/05/14

Six semaines pour t'oublier, par Abby McDonald

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Sadie se languit d'amour pour Garrett depuis deux longues années. Ils cultivent tous deux les mêmes goûts pour les livres, les films, la musique. Ils adorent écrire et ont d'ailleurs postulé pour un stage d'écriture durant l'été. Six semaines ensemble, en plus osmose intellectuelle et créatrice. Sadie s'y voit déjà. La parfaite occasion pour faire flancher son béguin de toujours et transformer cette amitié en véritable histoire d'amour.

Mais les choses vont se compliquer, lorsque la jeune fille reçoit une lettre de refus. Garrett part, mais elle doit s'occuper seule durant tout l'été. Elle décroche un boulot dans un café, perd carrément la boule à force de penser à lui, de perdre ses illusions et de soupirer à n'en plus finir. Ses collègues décrètent l'état d'urgence : un plan de détox pour oublier Garrett Delaney. Elle renoue aussi avec sa voisine et amie d'enfance, Kayla, qui va lui changer les idées en la faisant sortir et rencontrer de nouvelles têtes.

Ce qui semblait pathétique et affligeant au début (pauvre Sadie !) va peu à peu se transformer en une quête de survie absolument jouissive et exaltante ! En gros, on cesse de s'appesantir et on rêve de se joindre à sa nouvelle bande d'amis. Le fil de l'histoire est extrêmement bien dessiné, puisqu'on suit pas à pas l'état de manque, l'obsession amoureuse, puis la prise de conscience de sa dépendance : Sadie avait modelé ses goûts en fonction de Garrett, même son caractère avait été absorbé par sa relation fusionnelle. Il était temps d'agir !

Garrett, lui, n'apparaît vraiment pas sous son meilleur jour, d'un point de vue extérieur, on se braque d'office, on le juge et on le condamne pour son égotisme et son snobisme. Zou, du balai ! Un copain, certes... mais pas le parfait candidat à la love-story fantasmée. Cette lecture se révèle donc extrêmement plaisante sur le long cours et a un effet étonnamment euphorisant. Mine de rien, elle fait réfléchir et se remettre en question, pointe du doigt les relations toxiques, même en amitié. Cela fait pas mal ruminer, et c'est très bien ! J'ai aussi beaucoup apprécié le ton, l'humour et les références littéraires du roman. Je me sentais un peu triste de tourner la dernière page...

Albin Michel jeunesse, coll. Wiz, mai 2014 - traduit par Alice Delarbre