26/09/14

Panic (Le Jeu de la Peur), de Lauren Oliver

Panic

Panic est un jeu aux règles officieuses, passablement interdit et créé par des anonymes, dont l'idée s'est répandue dans les couloirs du lycée, incitant année après année les élèves à s'inscrire pour braver des épreuves censées doper l'adrénaline. Heather a suivi sa meilleure amie Nat dans cette incroyable aventure. Pour fausse excuse, elle croit vouloir se venger de son ex. Ceci dit, l'appât du gain aussi motive les troupes (Heather rêve de quitter la petite ville de Carp, où l'avenir y est bouché). Très vite, la jeune fille prend goût au risque et aux sensations que cela procure et n'a qu'une envie : gagner.

Dodge, un autre concurrent, risque bien de lui mettre des bâtons dans les roues : il veut réparer l'injustice causée à sa sœur, clouée dans un fauteuil, les jambes brisées, suite à une épreuve truquée par un autre candidat. Le frère de celui-ci est désormais son adversaire, le type est hargneux et arrogant mais ça lui sert plutôt de carburant car Dodge est plus vindicatif que jamais, et les filles comptent bien s'en servir ! La jolie Nat lui fait tourner la tête, le garçon y est sensible, conclut un pacte, et puis...

L'histoire, plutôt banale, se lit donc sans surprise. C'est triste à avouer. Mais s'il n'avait été pas écrit par Lauren Oliver, jamais je n'aurais pensé lire ce livre, dont l'idée globale est franchement quelconque et peu originale. Les personnages ne sont pas attachants, l'ambiance est déprimante et le jeu d'aventures est loin, très loin de susciter un soupçon d'excitation. Bref, j'ai été assez déçue mais je reste une fan de première heure de l'auteur de la série Delirium !!

Hachette, coll. Black Moon, juin 2014 ♦ traduit par Alice Delarbre


25/06/14

L'été des secondes chances, de Morgan Matson

morganmatson

Sortez les mouchoirs ! Ce livre est tout sauf une lecture estivale, légère et distrayante. C'est un concentré d'émotions fortes et poignantes, loin d'être un ersatz de la fabuleuse trilogie de Jenny Han (L'été où je suis devenue jolie), C'est très triste et cela nous laisse, de surcroît, d'humeur morose ! L'histoire raconte les dernières vacances d'une famille bientôt confrontée au deuil. Le père, malade, a voulu passer l'été auprès des siens, pour ressouder le clan et profiter de chaque instant ensemble. Pour Taylor, c'est aussi l'occasion de revoir ses amis d'enfance qu'elle avait quittés, sans un adieu, cinq ans plus tôt. L'heure des explications a sonné, mais la demoiselle se la joue toujours mutine et insaisissable... hmm ! Autant l'avouer, je n'ai pas su m'attacher à l'héroïne. Elle a mille fois l'occasion de tout dévoiler, au lieu de quoi elle maintient le mystère et se drape dans une image peu glorieuse. On perd un temps fou à s'interroger sur la raison de sa lâcheté, qui se révèle scandaleusement puérile, et on finit par se demander s'il était utile de broder une partie de l'histoire sur une trame aussi neuneu. Parce que c'est tellement futile, en comparaison du sort qui s'acharne sur cette famille face à la maladie. La bluette adolescente me laisse donc un goût mitigé, à côté de ça j'ai aimé la tendre complicité entre Taylor et son père, toute l'émotion, la fin déchirante et bouleversante. On a le cœur si lourd après !...

Hachette jeunesse, coll. Bloom ♦ juin 2014 ♦ traduit par Alice Delarbre

19/05/14

Six semaines pour t'oublier, par Abby McDonald

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Sadie se languit d'amour pour Garrett depuis deux longues années. Ils cultivent tous deux les mêmes goûts pour les livres, les films, la musique. Ils adorent écrire et ont d'ailleurs postulé pour un stage d'écriture durant l'été. Six semaines ensemble, en plus osmose intellectuelle et créatrice. Sadie s'y voit déjà. La parfaite occasion pour faire flancher son béguin de toujours et transformer cette amitié en véritable histoire d'amour.

Mais les choses vont se compliquer, lorsque la jeune fille reçoit une lettre de refus. Garrett part, mais elle doit s'occuper seule durant tout l'été. Elle décroche un boulot dans un café, perd carrément la boule à force de penser à lui, de perdre ses illusions et de soupirer à n'en plus finir. Ses collègues décrètent l'état d'urgence : un plan de détox pour oublier Garrett Delaney. Elle renoue aussi avec sa voisine et amie d'enfance, Kayla, qui va lui changer les idées en la faisant sortir et rencontrer de nouvelles têtes.

Ce qui semblait pathétique et affligeant au début (pauvre Sadie !) va peu à peu se transformer en une quête de survie absolument jouissive et exaltante ! En gros, on cesse de s'appesantir et on rêve de se joindre à sa nouvelle bande d'amis. Le fil de l'histoire est extrêmement bien dessiné, puisqu'on suit pas à pas l'état de manque, l'obsession amoureuse, puis la prise de conscience de sa dépendance : Sadie avait modelé ses goûts en fonction de Garrett, même son caractère avait été absorbé par sa relation fusionnelle. Il était temps d'agir !

Garrett, lui, n'apparaît vraiment pas sous son meilleur jour, d'un point de vue extérieur, on se braque d'office, on le juge et on le condamne pour son égotisme et son snobisme. Zou, du balai ! Un copain, certes... mais pas le parfait candidat à la love-story fantasmée. Cette lecture se révèle donc extrêmement plaisante sur le long cours et a un effet étonnamment euphorisant. Mine de rien, elle fait réfléchir et se remettre en question, pointe du doigt les relations toxiques, même en amitié. Cela fait pas mal ruminer, et c'est très bien ! J'ai aussi beaucoup apprécié le ton, l'humour et les références littéraires du roman. Je me sentais un peu triste de tourner la dernière page...

Albin Michel jeunesse, coll. Wiz, mai 2014 - traduit par Alice Delarbre