04/03/17

La vengeance du chat assassin, de Véronique Deiss, d'après Anne Fine

la vengeance du chat assassin

Le chat Tuffy est de retour dans une version bande dessinée de ses folles aventures ! Il s'agit déjà du troisième opus, et c'est toujours un régal de retrouver ce chat sassassin, doublé d'une mauvaise foi et d'un humour très sournois. Cette fois, la maman de la jeune Ellie annonce fièrement qu'elle se lance dans une carrière d'artiste ! Son sujet de prédilection n'est autre que le chat de la maison. Tuffy peste et enrage. Il n'apprécie pas du tout son portrait qui trône dans le salon. C'est décidé, sa vengeance sera acérée. Quelques coups de griffes par ci, par là... ni vu, ni connu. Mais la maman d'Ellie enchaîne les créations, avec de la poterie ! Son mari aussi fait grise mine et tente de corrompre Tuffy en l'incitant à quelques maladresses. Le chat n'est pas dupe et résiste fermement. Le duel entre les deux allergiques aux œuvres d'art est jalonné de coups bas, de sourires mielleux, de crevettes et de chantilly ! C'est franchement drôle et délicieusement féroce. Dans cet épisode, Tuffy ne se rend pas coupable de zigouiller les petites bestioles innocentes du voisinage, mais massacre avec un certain angélisme les créations qui piquent aux yeux en s'attachant le soutien de la famille. Pour le coup, Tuffy n'avait pas prévu d'être le héros du jour et se console du mieux qu'il peut. “J'ai peut-être perdu une manche, mais j'ai regagné notre champ de bataille !” Yes. Une lecture désopilante, aux illustrations pleines d'imagination et d'humour.  

Rue de Sèvres, février 2017

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21/10/15

Le Retour du Chat assassin, de Véronique Deiss

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D'après la série d'Anne Fine ! Ce deuxième tome est toujours aussi désopilant.

Ellie et ses parents partent une semaine en vacances et confient le chat Tuffy au pasteur Barnham, qui se révèle un véritable tortionnaire aux yeux de notre ami félin. Imaginez toute la sainte journée à supporter le vrombissement de l'aspirateur ou la même pâtée insipide servie à chaque repas pour ne pas gaspiller la nourriture... Un comble. Notre Tuffy décide d'entrer en rébellion. La petite voisine est si charmante, si attentionnée, si compréhensive... Pourquoi ne pas combler ses espoirs les plus fous ? Hop, un bonnet en dentelle et une grosse robe à froufrous, Tuffy devient Jeannette et se sent comme un coq en pâte. Lui, si gras, désormais la risée de ses potes ? Cela ne va pas se passer comme ça ! 

L'adaptation en bande dessinée de la série d'Anne Fine est une parfaite réussite grâce aux illustrations aérées et pleines d'humour de Véronique Deiss, qui connaît le chat assassin comme sa poche (elle illustre aussi les livres). C'est une lecture courte, mais dynamique, où s'enchaînent gags et situations grotesques à chaque page. Et c'est franchement très drôle. Pour tous les âges.

Rue de Sèvres / Octobre 2015

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Rendez-vous, tous les mercredis d’octobre, pour la lecture BD de la semaine avec le #Challenge Halloween ! 

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03/11/14

Journal d'un chat assassin, de Véronique Deiss

Journal Chat Assassin

Qui mieux que Véronique Deiss pouvait adapter en bande dessinée la série d'Anne Fine (Journal d'un chat assassin) pour laquelle elle illustre déjà les 6 romans existants ? ! Personne, évidemment. C'est elle, la seule, l'unique, experte ès Tuffy, ce gros matou paresseux et menteur, qui rend chèvre tout son petit monde, à commencer par les parents de la petite Ellie. 

Cette bande dessinée de 45 pages reprend toutes les grandes lignes du tome 1 : Tuffy assassine des petits animaux sans défense et dépose ses trophées sur le paillasson de la maison, ce qui offense les âmes sensibles de la famille (cris d'horreur et d'épouvante en cascade). Mais le plus grand drame survient quand sa nouvelle victime n'est autre que le lapin du voisin. C'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Pour parer à tout conflit, le père d'Ellie met au point une opération commando nocturne (que les chats du quartier, témoins au moment des faits, vont rapporter avec un sens de la dérision absolument divin...). Le résultat est d'une drôlerie ! 

L'esprit de la série, caractérisé par son humour caustique, son héros de mauvaise foi et ses intrigues aux retournements burlesques, trouve ici une exécution fantastique. La mise en scène est diablement redoutable et provoque cet enchaînement de situations improbables combinées à des fous rires. C'est radical. Qu'est-ce qu'on rit...  

Véronique Deiss se fait plaisir et rend une copie sans faute. C'est une franche réussite, à l'enthousiasme communicatif. La bande dessinée complète la lecture de la série des livres ou invite à mieux la découvrir. D'ailleurs, si vous ne connaissiez pas encore (quelle erreur), n'hésitez pas ! Cela s'apprécie à tous les âges, foncez, vous ne le regretterez pas. 

Rue de Sèvres, octobre 2014 ♦ d'après la série écrite par Anne Fine, éditée à l' École des Loisirs 

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04/09/14

Le Passage du Diable, d'Anne Fine

Le passage du diable

Daniel ne connaît rien du monde extérieur, il a grandi entre les quatre murs de sa chambre, seul avec sa mère qui le traite comme un malade. Il a pour principale occupation la lecture, en plus d'une grande maison de poupées pour s'inventer des histoires. Un jour, un médecin fait irruption dans leur demeure et arrache le garçon à sa vie momifiée. La mère est internée, tandis que lui retrouve force et insouciance dans le jardin de sa famille adoptive. Puis, le garçon apprend l'existence d'un oncle, qui vit toujours dans la maison natale de sa mère. Nouveau choc, c'est la réplique exacte de la maison de poupées. Coïncidence troublante... vraiment !? Daniel se montre prudent, mais prend plaisir à découvrir tout un pan méconnu de l'enfance de sa mère. Celle-ci a fui un passé douloureux, marqué par les drames et une terrible malédiction, avant de sombrer dans la folie. Peut-être souhaitait-elle vraiment protéger son fils d'un danger proche ? N'en doutez plus, le roman d'Anne Fine file les jetons en vous plongeant dans une ambiance mystérieuse et glaçante, c'est une totale réussite sur toute la ligne. La couverture, magnifique, annonçait déjà la couleur, car elle n'est pas sans rappeler la maison du couple Bates dans Psycho !! L'histoire joue avec les nerfs, s'inspire des romans gothiques en recréant une toile de fond angoissante, avec beaucoup de suspense. Plus qu'une mode, c'est un effet de style grandiose et efficace. J'y ai complètement succombé, appréciant cet esprit sauvage et tourmenté comme il est rarement permis de rencontrer dans les livres de l'auteur. Une vraie bonne surprise ! 

L'École des Loisirs, janvier 2014 ♦ traduit par Dominique Kugler (The Devil Walks)

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19/02/14

Brochettes à gogo, d'Anne Fine

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Prié de débarrasser le plancher durant les travaux de rénovation de la cuisine, Harry supplie son oncle Tristram de l'inclure dans ses projets, à savoir passer une semaine de vacances sur une île, où habite sa petite copine prénommée Belle de Jour. Cette dernière est une baba-cool, qui loge dans une vieille maison près d'un ruisseau, et qui passe son temps à entrer en harmonisation avec l'Univers ou à communiquer avec les fées dans les champs.

Les garçons, eux, sont sceptiques. Ajoutez que le régime alimentaire constitué de thé à l'oseille, terrine d'orties ou pâte à tartiner à base de pissenlits ne les fait pas sauter au plafond ! Mais ils sont coincés là une semaine, plus de bateau avant le samedi suivant, les carottes sont cuites. Aussi, voient-ils en lot de consolation la perspective de la fête du village où ils pourront se gaver de frites et participer au concours de brochettes.

Pour tuer l'attente, Harry et son oncle nous font vivre des péripéties déjantées au coeur d'une campagne sauvage, hantée par des silhouettes fantomatiques, mais carrément excentriques sitôt qu'on s'accroche d'elles ! Les habitants baragouinent un langage incompréhensible et portent tous la barbe, à l'exception d'un jeune agent de police... Belle de Jour n'y serait pas étrangère. Méfiance !

Quelle lecture joyeuse et farfelue ! Anne Fine s'est fait plaisir à écrire cette histoire, tout comme Agnès Desarthe a pris autant de bonheur à la traduire, cela se ressent tout de suite. Le lecteur est ainsi embarqué dans une aventure débordante d'humour et de dérision. C'est un vrai régal, surtout que certaines scènes sont franchement cocasses et qu'on trouve une belle brochette de doux-dingues prêts à être internés ! Chouette couverture d'Adrien Albert, au passage...

Neuf de l'École des Loisirs, traduit par Agnès Desarthe - illustration de couverture : Adrien Albert

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27/02/13

"C'est trouver l'amour qui compte. C'est ça, le principal."

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"Ça faisait mal. Très mal. Et il y avait beaucoup de sang, aussi." C'est la première phrase de la première nouvelle parmi les huit qui constituent ce recueil. Une phrase racoleuse, qui vous place tout de suite dans l'ambiance. Parce qu'il faut le reconnaître, ils sont drôlement forts, ces Anglais. Ils vous balancent leurs histoires courtes avec un aplomb redoutable, beaucoup de finesse et une drôlerie qui fait mouche, sans compter le ton et la forme qui ne font pas dans la dentelle, mais qui bien évidemment parleront instinctivement aux adolescents.

Dans le lot, on trouve tout de même deux textes classiques, le premier de Mary Hooper, le deuxième de Bali Rai. Ce sont deux histoires qui se passent ailleurs, dans l'Angleterre victorienne ou en Inde, deux cultures différentes, mais avec des parcours de femmes marquées durement par la vie et le désespoir. Sans quoi, on plonge sans complexe dans le petit monde des adolescents, à l'heure où les désirs ne sont plus tabous, où l'on est curieux, impatient, craintif et rêveur. L'incursion est réaliste, jamais déplacée, je pense que les auteurs ont été, à plusieurs occasions, bien en phase avec leur public.

A mon sens, Patrick Ness tire véritablement son épingle du jeu avec un texte percutant sur l'homosexualité, et dont la particularité veut que les mots les plus violents et crus soient dissimulés par un trait noir, ce qui laisse encore plus de place à l'imagination. Quant aux autres nouvelles, de qualité très honorable, elles séduiront immédiatement les ados par leur volonté de faire simple, juste, crédible et actuelle. L'ensemble est parfois cru, mais jamais déplacé, même la grossièreté est justifiée.

Voilà un recueil à faire lire dans les écoles (niveau collège et plus), pour rappeler à nos jeunes impatients / curieux de goûter le fruit défendu qu'il existe des règles essentielles : l'impact émotionnel. Car après tout, "le moment où on cesse d'être puceau est un truc intime qui devrait se trouver derrière un trait noir, plutôt que les insultes et les conneries sur le sexe". Parce que, "faire l'amour pour la première fois, ce n'est vraiment pas très important. C'est trouver l'amour qui compte. C'est ça, le principal."

La première fois (recueil de nouvelles) par Anne Fine, Bali Rai, Jenny Valentine, Keith Gray, Mary Hooper, Melvin Burgess, Patrick Ness & Sophie McKenzie
Gallimard jeunesse, coll. Scripto, 2011 - traduit par Laetitia Devaux et Emmanuelle Casse-Castric

07/12/11

La star du spectacle

D'accord, si vous voulez, mettez-moi à bouillir dans un bain à  bulles ! Peut-être que je n'ai pas été très délicat en marchant sur le rebord de la baignoire et que quelques bouteilles de shampoing et autres lotions ont basculé sur le carrelage. Mais ce n'est pas moi qui avais mal rebouché les flacons. Donc expliquez-moi comment j'aurais pu imaginer que ces bouteilles allaient causer un tel désordre : une énorme flaque visqueuse, gluante et mousseuse. Moi, j'essayais juste de me trouver un endroit calme, où personne ne viendrait m'embêter.
Eh oui, peut-être que choisir de me cacher en dessous de la magnifique robe de soirée, argentée, de la mère d'Ellie, n'était pas une idée très intelligente.
Mais je n'ai pas arraché cette stupide chose de son cintre, elle est tombée toute seule quand je me suis précipité dans le placard. Oui, j'ai un peu bataillé pour bien m'installer. Mais je ne pensais pas que ça arracherait tous les sequins. Moi je voulais juste faire une petite sieste. Est-ce qu'un chat n'a pas le droit à une petite sieste dans sa propre maison ?
Eh bien, non ! La mère d'Ellie s'effondre sur le tapis, enlève un à un les poils de chat de sa robe en loques, et pleure à chaudes larmes.
Je vous le demande : ce bain de larmes est-il vraiment nécessaire ? 

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Impossible Tuffy ! Il va faire vivre un Noël d' enfer aux parents d'Ellie, aux cousins Lucille et Lancelot, à la tante Anne et son mari Brian. (Par contre, le lecteur, lui, ne cesse de se bidonner.) Bien entendu, ce n'est jamais sa faute, ses circonstances sont nombreuses et excusables, il a juste une fâcheuse manie d'être au mauvais endroit au mauvais moment, sans compter qu'il est généralement victime de sa maladresse légendaire ... et pas du tout de mauvaise foi, oh non ! Jusqu'au bout, l'animal nous réserve une partie de rigolade qui culmine jusqu'à la cime du sapin de Noël. Ou comment faire du réveillon un véritable fiasco. 

Une belle partie de rigolade en perspective, avec des illustrations qui parfois boostent le comique de situation. C'est déjà le 5ème tome, mais on ne s'en lasse pas. 

Le Noël du chat assassin, par Anne Fine
Mouche de l'Ecole des Loisirs, 2011. Traduit de l'anglais par Véronique Haïtse.
Illustrations de Véronique Deiss. 

Existe aussi LE GRAND LIVRE DU CHAT ASSASSIN qui regroupe les trois premiers tomes : Journal d'un chat assassin ; Le chat assassin, le retour ;  La vengeance du chat assassin. 

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10/06/09

Journal d'un chat assassin (chut ! les livres lus...)

C'est en apprenant sa poésie, Le chat et l'Oiseau par Jacques Prévert, que ma fille s'est rappelée l'histoire du Journal d'un chat assassin d'Anne Fine. Et dans la foulée nous avons découvert ce cd issu de la nouvelle collection, chut ! les livres lus de l'école des loisirs (à découvrir ici, pour le site : http://chut.ecoledesloisirs.com/)

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L'écoute du cd ne dure que 33 minutes - oui, c'est court. Mais le roman lui-même se lit également très vite ! C'est un livre court, percutant, à l'humour mordant. L'histoire est lue par David Jisse (également producteur d'émissions sur France Culture) sur une musique de Sylvain Kassap, interprétée par un ensemble de contrebasse, batterie, percussions et clarinettes. Le tout donne un air jazzy, idéal pour mettre en valeur l'humour noir et caustique du chat Tuffy.

N'hésitez pas à visiter le site de cette collection, pour découvrir des extraits et l'ensemble du catalogue.
Sont également disponibles (par exemple) :
Le hollandais sans peine, de Marie-Aude Murail  /  Verte, de Marie Desplechin  / Lettres d'amour de 0 à 10 ans, de Susie Morgenstern.

Oui, je suis une grande amatrice des livres-cd ! Comme j'ai également longtemps écouté les feuilletons à la radio (les histoires noires, sur France Bleue, le dimanche soir, très tard... je me rappelle d'un épisode glaçant alors que j'étais sur une aire d'autoroute, paumée, il faisait tout noir, bref je n'en menais pas large !).
Cela ne remplace pas un roman, c'est simplement une autre façon de lire et de partager une lecture.

Très bonne écoute !
Le Journal du chat assassin en cd coûte 9,50€

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20/01/09

« je viens pour tuer vos animaux de compagnie et arracher avec les dents vos mains droites »

 

Les aventures de Djerik - Natalia Noussinova

41KLmqb1ncL__SS500_En fait, ce roman est une surprise. Pour la collection neuf, il est bien épais (mais presque 40 pages en fin de roman sont dédiées au lexique). Ce n'est pas que ce soit trop compliqué, c'est juste que, d'après l'auteur, tout un pan de la vie racontée dans ce livre est devenu incompréhensible. C'est une histoire très simple, à vrai dire. Cela commence par l'envie d'un chien, mais cela s'étend à raconter une jeunesse soviétique. Natalia a sept ans, elle vit avec ses parents à Moscou, son père est cinéaste, sa mère est belle comme un coeur, elle a une soeur, Tania, et des grands-parents remarquables, le grand-père est un vieux bolchévique et la grand-mère cuisine des beignets de viande et de chou à faire pâlir d'envie. Au début, les parents de Natalia sont formellement opposés à accueillir un chien dans leur appartement, puis la cousine leur amène un fox-terrier noir, très sale et avec l'oreille en sang. Il vient de tenir tête à une bande de bergers allemands féroces, et il n'a pas bronché. Djerik fait donc son entrée chez les Noussinov. Avant de se montrer le fier toutou intelligent, il est plutôt déprimé, il ne mange pas, il reste dans son coin. On explique aux petites que c'est normal, c'est une brave bête, ce chien est un prince frappé par un mauvais sort et il veut rester fidèle à son premier amour.

Le roman se déroule ainsi bien gentiment, avec beaucoup de tendresse et d'amour. C'est l'époque de Brejnev, il y a toujours des aperçus de la révolution mais la famille Noussinov s'en tire plutôt pas mal dans l'histoire. C'est d'ailleurs un beau portrait de famille que propose ce livre, avec pour decorum le climat suspicieux et facilement délateur du pays. Il y a des commissions pour autoriser à voyager à l'étranger, des cancanières qui n'aiment pas les chiens ni les juifs, il y a des propriétaires de datcha sans vergogne qui promettent de conduire deux canetons vers les pays chauds en train, et des voisins au bord des larmes devant leur poule blessée à cause de Djerik. Ce chien, qui est aussi le héros du livre, va vivre (et nous faire vivre) de belles péripéties, comme celle d'être une star de cinéma. Et c'est ainsi qu'on passe un très bon moment de lecture, avec un petit air d'autrefois, mais surtout entretenu par un chaleureux sentiment de bonheur, d'innocence et d'affection.
C'est bien comme tout. Cela dépayse.

Ecole des loisirs, coll. neuf - 2008 - 195 pages / 9,50€
traduit du russe par Katia Flouest-Sell
Illustration de couverture : Gwen le Gac

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Ivan le terrible - Anne Fine

414fO2v2jzL__SS500_Tout commence parce que Boris parle russe. Un nouvel élève vient d'arriver à l'école St Edmund - Ivan, son air renfrogné, ses saluts à la taille et son amabilité façon : "Salutations à vous tous, pauvres vers tremblants". Boris est mortifié, il ne veut absolument pas traduire les propos odieux de ce garçon, alors il triche. Il édulcore, il améliore, il arrondit les angles. Toutefois Ivan est vraiment infect et pousse le bouchon de plus en plus loin. La patience de Boris a-t-elle des limites ? Faut-il continuer de jouer le jeu, d'excuser Ivan et donc de passer sous silence ses méchancetés, au risque d'être un peu complice ?

Tout à fait bon enfant, ce roman est un genre de comédie à l'humour subversif, qui plaira davantage aux plus jeunes, sans pour autant leur assurer qu'ils pourront comprendre toutes les troublantes motivations d'Ivan le terrible. La fin est une sorte de pied-de-nez à cette vaste mascarade. On y trouve son compte, ou pas du tout. C'est selon. Mais franchement je préfère de loin les aventures caustiques du chat assassin.
Petit roman plaisant, voilà tout.

Ecole des loisirs, coll. neuf, 2008 - 80 pages / 8€
traduit de l'anglais par Nadia Butaud
Illustration de couverture : Soledad Bravi

l'avis de Mélanie (Book in)

 

Et je découvre le nouveau morceau de U2, Get on your boots !
C'est un peu tôt pour juger, mais je sais que cela ne m'accroche pas plus que ça.
Toutefois je suis fan devant l'éternel, et forcément j'ai précommandé l'album qui sort le 2 mars:
No line on the horizon.

01/12/08

Il était une fois un chat assassin

J'ai le syndrome d'Ally McBeal, car en même temps que je lisais les aventures de Tuffy le chat, j'entendais Barry White chanter dans ma tête ! Mais cela colle plutôt bien, surtout quand on a une petite idée de la personnalité de Tuffy.

journalchatassassincouvertureC'est un chat assassin, oui. Son journal raconte sa semaine mortifère. Lundi, c'est l'oiseau qui tombe dans sa gorge. Mercredi, c'est une souris morte qu'il ramène sur le tapis du salon. Et jeudi, c'est Thump. Il s'agit du lapin des voisins, et là Ellie et sa famille n'en peuvent plus. Tuffy est jugé de lapincide par préméditation, et ça va barder pour lui. Pourtant le chat plaide non-coupable et nous l'explique avec flegme et humour dans son journal qui remporte un gros succès auprès du jeune lectorat (et du grand, aussi !!!). C'est raconté avec un tel mauvais esprit, une mauvaise foi évidente, et pourtant ce n'est jamais abominable ou répréhensible. On savoure, on déguste et on plaindrait presque ce pauvre Tuffy, victime malgré lui d'un concours de circonstances qui se dévoile au fil des pages.

Il faut lire les apartés du chat et de ses compagnons, lesquels rapportent les péripéties des humains avec un regard porté sur notre espèce tout à fait grotesque et pathétique. C'est du vrai humour en fine bouche, ça fait friser les poils des moustaches !

Et le succès aidant, il existe une suite : Le chat assassin, le retour. Cette fois-ci, Tuffy est aux prises avec le Pasteur Barnham qui ne l'aime pas du tout et le lui rend bien. La famille d'Ellie est partie en vacances, le chat reste à demeure, pensant se payer une bonne tranche de plaisir (farnienter, commettre des menus délits, être libre). Or, son 'chat-sitter' est un monsieur redoutable et pas très sympa. Il préférerait la délicieuse Mélanie qui aime sa jolie fourure toute douce... mais les choses se compliquent aussi.

41lKdXeCv1L__SS500_Et cerise sur le gâteau, un troisième livre vient de paraître : La vengeance du chat assassin. On n'arrête pas la machine en marche et ce serait bêta de bouder son plaisir à replonger dans les aventures de Tuffy. Quel chat ! Cette fois, l'animal s'en prend à la mère d'Ellie et la flagellerait bien sur place avec son regard noir et son air renfrogné. Mais la dame trouve son minois adorable et prend un cliché qui finira en portrait accroché au mur. Horreur et damnation. Toutes griffes dehors, la tronçonneuse de la rebellion passe à l'action et sabote le portrait. Le massacre ne fait que commencer et la guerre des nerfs est déclarée. A ce petit jeu, on devine Tuffy expert et gagnant. C'est un redoutable adversaire, la mère d'Ellie a la malchance de vouloir exprimer son Art (peinture, poterie, etc.). Cela n'est pas du goût de notre chat assassin ... jusqu'à l'arrivée inopinée d'un autre allié, dans cette bagarre. Les pions sont maintenant chamboulés. Et Tuffy n'apprécie pas du tout, mais alors pas du tout, d'être manipulé par ce grossier personnage. Sa vengeance promet d'être vicieuse, espiègle et hilarante !

Naturellement c'est tellement drôle et décalé, on sourit de bout et bout, on ne gobe pas une miette des propos de Tuffy. Ce chat veut donner l'impression d'être un saint avec l'auréole qui brille au-dessus de la tête. Ce n'est qu'une image polie et arrangée. En vérité, Tuffy est rusé, roublard et menteur. Il agit pour son seul profit, d'où sa belle pirouette en fin de roman. Il en sort comme un grand seigneur, surtout aux yeux d'Elie la nouille (comme il la décrit), mais en fait ça le chiffonne d'avoir accompli ce qu'on attendait de lui. Car ce n'est pas dans ses principes... On s'en doute ! Un autre round serait-il en écriture ?

N'attendez plus de faire la connaissance avec le caustique chat assassin ! Tuffy va vous en conter de toutes les couleurs, c'est désopilant. On apprécie le second degré de son journal, et les illustrations de Véronique Deiss entrent littéralement en communion avec le style mordant d'Anne Fine. Il n'y a pas d'âge pour savourer !

Journal du chat assassin - 1997
Le chat assassin, le retour - 2006
La vengeance du chat assassin - 2008

Ecole des Loisirs - 75 pages - de 7 à 8,50€

 

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