20/11/19

Ça peut pas faire de mal : Les femmes écrivains, lu et commenté par Guillaume Gallienne

Les femmes écrivains ça peut pas faire de malCette émission radio, diffusée sur France Inter, est excellente ! Elle m'accompagne souvent sur les routes des vacances et offre à découvrir un large panel de lectures et d'univers littéraires.
Cette fois, ce sont les femmes écrivains qui sont à l'honneur. De grandes dames comme Marguerite Duras, Annie Ernaux, Simone de Beauvoir et Marguerite Yourcenar. Comme le souligne Leïla Slimani en préface, il n'existe pas d'écriture féminine mais il y a une urgence pour les femmes à raconter leur histoire. « À lever le voile sur des expériences, des émotions, des combats qui ont été trop longtemps passés sous silence. L'avortement. Le viol. L'érotisme. La maternité. La domination sociale et le combat pour la liberté. »
Toutes ont aussi puisé dans les livres une émancipation, une échappatoire. Elles ont bouleversé l'ordre, changé de classe sociale, affronté le regard des autres, bousculé la pudeur. Elles ont ainsi fait preuve de courage, de lucidité ou de tendresse à raconter leur parcours. Leurs romans évoquent des femmes qui s'affranchissent, qui font des études, qui aiment librement, qui se détournent du patriarcat. Tous les quatre nous touchent à leur façon et pourraient encore éveiller des consciences endormies. Hé-ho, ça se passe ici et ça peut pas faire de mal !
J'ai donc passé deux heures trente fabuleuses à me bercer de mots, de musique d'ambiance et d'extraits de romans où l'on respire un parfum quelque peu suranné... j'aime beaucoup !

"C'est un drôle de truc, l'écriture."
Marguerite Duras

 "Être femme, c'est le résultat d'une histoire."
Simone de Beauvoir

"Il est des livres qu'on ne doit pas oser avant d'avoir dépassé quarante ans. On risque avant cet âge de méconnaître l’existence des grandes frontières naturelles qui séparent l'infinie variété des êtres."
Marguerite Yourcenar

 "Il n’y a pas de vraie mémoire de soi."
Annie Ernaux

©2018 France Inter (P)2019 Editions Gallimard

Guillaume Gallienne rend hommage avec délice à quatre grandes écrivaines, accompagné au piano par Philippe Dubosson et au violoncelle par Ernesto Insam. L’écoute en classe de ce CD est autorisée par l’éditeur.

 

 


24/10/16

Mémoire de fille, d'Annie Ernaux lu par Dominique Reymond

Mémoire de fille

Annie Ernaux replonge dans l'été 1958, alors qu'elle était une toute jeune fille d'à peine dix-huit ans, sortant de son école religieuse, innocente de la vie et du monde. Elle débarque à la colonie de S. dans l'Orne en tant que mono et tombe sous le charme de son supérieur, H. Ce type abuse d'elle honteusement, mais la jeune Annie, tellement naïve, s'accroche à lui et ne s'apesantit pas sur sa première nuit (loupée) avec cet homme, qui cherche un plaisir brutal et égoïste.

Le compte-rendu est extrêmement violent, donnant des détails crûment, sans trace d'émotion ni le moindre état d'âme. Comme une volonté franche et résolue de s'affranchir de la petite Annie Duchesne. La fille de 58 cherche en effet à s'émanciper de son éducation de jeune campagnarde et envisage la sexualité comme une étape pour appartenir à un groupe, aussi elle se donne sans réfléchir et se soumet au désir de l'autre. Mais son attitude est raillée, la jeune fille tombe en dépression, son corps exprime son traumatisme (boulimie, aménorrhée).

L'écoute du livre audio devient rapidement une expérience douloureuse, d'abord parce que le récit est lu très froidement par Dominique Reymond, d'une voix grave et sensible, quasi atone, ce qui ne favorise pas un sentiment d'empathie. Puis, l'étalage de l'agressivité sexuelle est déplaisant, en plus de mettre mal à l'aise. Je me sentais dans la peau d'une voyeuse, dépositaire d'une histoire confiée sans retenue, supportant un troublant jeu de rôles entre le “elle” et le “je” pour bien marquer la distance intectuelle et la condamnation de la petite Annie D. (“son désir, sa folie, son idiotie et son orgueil, sa faim et son sang tari”). Je n'ai pas adhéré au principe, trouvant cette attitude désagréable et prétentieuse.

Ce livre, non vraiment, n'a pas su me toucher, ni m'émouvoir. Je l'ai trouvé insupportable à écouter, à comprendre, à cerner. Je vais à contre-courant de la tendance générale qui crie au génie dès qu'un livre d'A. Ernaux sort en librairie, mais personnellement je trouve ses récits de plus en plus lassants. 

Lu par Dominique Reymond pour Gallimard, coll. Ecoutez Lire / Octobre 2016

Durée : env. 3h 30

Bibliobs > VIDÉO. Faut-il lire “Mémoire de fille”, d'Annie Ernaux ?

Posté par clarabel76 à 08:45:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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18/06/15

Les Années, par Annie Ernaux

Les années

Le récit s'ouvre sur un album-photos que consulte l'auteur, comme pour se souvenir ou se raconter une histoire. Celle d'une fillette qui grandit au lendemain de la guerre, dans la petite ville d'Yvetot, adolescente engoncée, élève brillante, jeune femme impatiente, entre la Normandie et Paris...

Mais le tableau ne s'attache à aucun point, le regard survole et s'échappe de toute ébauche autobiographique pour se focaliser sur l'époque et livrer une rétrospective globale.

C'est alors un drôle de récit qu'on écoute, au son de la belle voix de Marina Moncade, un récit sur les années écoulées, au rythme du chamboulement politique, économique et social des quatre dernières décennies, un récit qui nous rappelle notre enfance, celle de nos parents ou grands-parents, et qui mêle aussi le parcours de l'auteur. Touchant, sans être attachant. Sensible, mais pas nostalgique.

On retient de ce diaporama des bribes d'anecdotes plus ou moins intéressantes, débitées sur un ton volontairement neutre et impersonnel. Et hélas trop distant. On attend simplement du lecteur d'être attentif mais peu impliqué, inutile d'envisager de se fondre ou d'écouter d'une traite ce récit au déroulement assez glaçant.

Je ne sais pas si cette absence d'émotion est liée à l'écoute, ou si la lecture impose tout simplement des barrières. Toujours est-il qu'une découverte par petites bouchées serait mieux indiquée.

Gallimard / Écoutez Lire ♦ avril 2015 ♦ texte lu par Marina Moncade (durée : env. 7 h)  

L'écoute en classe du CD est autorisée par l'éditeur.

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« Sauver quelque chose du temps où l'on ne sera plus jamais. »

Posté par clarabel76 à 18:30:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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