21/01/19

Changer l'eau des fleurs, de Valérie Perrin

Changer l'eau des fleursViolette travaille dans un cimetière. Elle prend soin des allées, des fleurs, des plaques, des tombes. Elle connaît chacun des occupants, leurs histoires et leurs familles. Elle propose souvent un café ou un thé, des petits gâteaux, une oreille attentive aux gens de passage. Par sa gentillesse et sa discrétion, elle rend l'instant plus doux. Par contre, tous ignorent que Violette a aussi ses propres fantômes. Abandonnée à la naissance, elle a rencontré son mari très jeune. Un jour, celui-ci disparaît sans crier gare, laissant Violette dans le flou. Pourtant, elle ne s'en inquiète pas et trace sa route auprès de ses morts, jusqu'à ce que débarque Julien, un commissaire venu chercher une réponse aux dernières volontés de sa mère.
Ne nous voilons pas la face : on a du charme, de la tendresse et beaucoup de mélancolie dans cette histoire. Cela donne un roman poignant mais très triste aussi. Au début, on savoure chaque bouchée. On retrouve la délicatesse des Oubliés du dimanche : le style simple et sans fausse note, les petites vies ordinaires et les secrets de famille. Puis, trop de parcours s'entrecroisent, déposent leurs complaintes, plombent l'ambiance et laissent une impression décousue. Entre la soumission de Violette, le grand amour caché de Paul et Irène, la double vie de Philippe Toussaint, les rêves de Sasha, la disparition de Léonine, les tourments de Françoise Pelletier, cela fait beaucoup de drames intimes. Mis bout à bout, ils imposent aux 15 heures de cette lecture un arrière-goût d'amertume. On reste malheureusement en retrait, face à des personnages peu charismatiques, qui nous touchent sans nous attacher réellement. C'est embêtant car l'histoire devient trop longue et déprimante. On se croirait dans un interminable mois de novembre, monotone et lugubre, avec une narratrice résignée et larmoyante.
Au final, ce n'est pas le plus foufou des romans, même s'il dispose de qualités indéniables et dégage une sincère bienveillance. Techniquement, 
Marine Royer est merveilleuse dans son rôle. C'est toujours agréable de l'écouter. 

©2018 Albin Michel (P)2018 Audible Studios

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16/01/19

Le jour du chien (Chris Kovac 1), de Patrick Bauwen

le jour du chienUn soir, après son service, le docteur Chris Kovac est victime d'une agression dans le train. Il découvre après coup les images sur internet et là c'est le choc car il surprend dans la foule le visage de son épouse décédée trois ans plus tôt.
Comment est-ce possible ? Avec son beau-frère Sam, il a identifié le corps de Djeen. Pleuré sa mort. Maudit le coupable. Jamais effacé ce souvenir. Et aujourd'hui, son fantôme resurgit brutalement et fait vaciller ses remparts.
Kovac décide de relancer l'enquête, au grand dam de la police. Et ce faisant, il va remuer les cendres et s'attirer des antipathies. À commencer par le Chien, un psychopathe en cavale, farouchement obsédé par la femme qu'il a poussée sous les roues du métro.

Tout ça m'a fait penser, au départ, à un roman de Harlan Coben : les fausses certitudes, les réapparitions du passé, les vieux démons qui bondissent hors des placards, le pauvre type qui se débat comme un diable pour débusquer la vérité...
Je pensais avoir toutes les cartes en main, et puis pas du tout. Patrick Bauwen nous en bouche un coin. Il va clairement nous balader et tracer son histoire en empruntant des pistes inattendues. Suspense, surprise et révélations s'en donnent à cœur joie. Résultat, c'est pas mal du tout.
On a une lecture audio entraînante - Sylvain Agaësse est formidable - au cœur d'une mécanique redoutable et efficace. Elle donne parfois l'illusion d'un cauchemar éveillé et nous abandonne sur une perspective glaçante que 
La nuit de l'ogre devrait dissiper sans tarder. Affaire à suivre, donc...

©2017 Albin Michel (P)2017 Audible Studios

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14/01/19

Le Réseau Corneille, de Ken Follett

Le réseau corneilleFrance, 1944. Le Débarquement est imminent. Tous les réseaux clandestins et les services d'espionnage sont aux cent coups. Depuis Londres, Betty met en place son Réseau Corneille, lequel rassemble six femmes avec pour mission de s'infiltrer dans un château occupé par des allemands pour y saboter le système de communication. Betty n'a que quelques jours pour mettre au parfum des novices, parfois dotées d'un tempérament volage ou trop caractériel. C'est peu, assez frustrant, mais Betty n'a plus le choix. Sur le terrain depuis des mois, figurant parmi les meilleurs agents, elle craint désormais pour sa couverture récemment menacée.
Petit rembobinage sur la scène d'ouverture du roman. Gran-diose ! Près de Reims, un groupe de résistants tente une action de force contre l'occupant mais l'opération tourne court. Betty parvient à s'échapper avec son mari, Michel, salement blessé. Tous leurs camarades ont été arrêtés, probablement torturés et donc passibles de livrer des secrets. Betty sait que son temps est compté. Mais elle veut tenter le tout pour le tout.
Face à elle, un officier allemand, Dieter Frank, pourrait bien lui mettre des bâtons dans les roues. C'est un homme redoutable, comme elle, il est rusé et parvient à anticiper les faits et gestes de l'ennemi. Je ne compte plus le nombre de fois où mon cœur a fait des bonds de cabri tant j'étais affolée à suivre Betty et Dieter dans ce jeu du chat et de la souris particulièrement féroce.
Vous l'avez compris : j'ai dévoré ce roman, écouté en une dizaine d'heures au cours de séquences que j'entrecoupais avec frustration. J'étais totalement captivée par l'histoire - merveilleusement lue par Caroline Klaus - j'étais comme devant un film de guerre, au scénario plein de suspense, entre frissons, angoisse, terreur et émotion. J'étais 100% au cœur de l'intrigue.
J'ai aimé sa mise en scène, ses personnages, même ses envolées sentimentales ont fini par m'attendrir (je roulais des yeux quand Betty et Paul roucoulaient tendrement...). Bref. Ken Follett possède un vrai talent de conteur. Et ça passe très, très bien en format audio : on ne voit pas le temps passer. On trépigne après chaque piste, on enchaîne les chapitres... C'est terriblement addictif. Et l'hommage rendu aux héroïnes de l'ombre est, par sa simplicité, d'une grande noblesse.

©2002 Éditions Robert Laffont. Traduit par Jean Rosenthal. (P)2018 Audiolib

 

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11/01/19

Repartis pour un tour (Blue Heron 3), de Kristan Higgins

Repartis pour un tourPour ce troisième rendez-vous à Blue Heron, on se concentre sur un satellite de la famille Holland, à savoir Colleen O'Rourke, meilleure amie de Faith, également propriétaire avec son frère jumeau du bar éponyme. Colleen est célibataire et a pour réputation de butiner en toute désinvolture, sans jamais s'attacher, préférant collectionner les relations sans lendemain. Elle préfère de loin jouer les entremetteuses et voir son entourage heureux (hello la princesse poulet). En fait, nul ne sait qu'elle cache un chagrin d'amour et qu'elle n'a jamais oublié Lucas Campbell. D'où le choc d'apprendre son retour en ville.
Appelé au chevet de son oncle mourant, Lucas doit également mettre du plomb dans la tête de son cousin Bryce avant de rentrer à Chicago où il a construit sa vie. Pour lui aussi, sa présence à Manningsport est un crève-cœur et ravive de douloureux souvenirs. Entre les anciens amants, l'attirance est encore fatale mais les vieilles blessures émergent à gros bouillons. Pourquoi est-il parti pour en épouser une autre ? pourquoi a-t-il toujours refusé d'avouer ses sentiments ? Et j'en passe.
En fait, cet épisode est assez lassant car l'alchimie du couple ne fonctionne pas. Pas totalement. On retrouve l'humour, la communauté exubérante, les rôles secondaires si poilants... et néanmoins, on a un homme et une femme qui se débattent avec leurs non-dits et ça pèse lourd dans la balance. Les raisons invoquées pour expliquer la rupture et la trahison sont vaines, archi vaines. Lucas est un type torturé, avide de cellule familiale mais convaincu d'être l'éternel rejeté. Colleen aussi abuse de son attitude volage et détachée. On n'y croit pas une seconde. Et puis ça manque de finesse, bonté divine, faites place au rouleau compresseur, j'étais surprise de certaines réflexions ou autres attitudes.
Je suis également dubitative quant à la lecture faite par Camille Lamache, sa morgue pour incarner Colleen et sa voix éraillée pour jouer les mâles dominants, mouaip... pas très convaincant. En bref, ce n'est pas le roman le plus exaltant de la série. Toutefois, je reste une lectrice indécrottable de Kristan Higgins : ses romances sont sans égal et savoureuses. Elles offrent généralement une belle échappatoire pour rêver et glousser sans honte. On reprend vite des nouvelles avec 
N'y pense même pas ! pour assister aux tumulteuses aventures de Jack Holland. Chic.

©2016  HarperCollins. Traduit par Sandrine Jehanno (P)2018 Audible Studios

 

08/01/19

Noël à la petite boulangerie (La petite boulangerie 3), de Jenny Colgan

Noël à la petite boulangeriePour son dernier épisode se déroulant sur l'île emblématique de Mount Polbearne, Jenny Colgan nous donne rendez-vous pour une aventure attachante durant les traditionnelles fêtes de fin d'année.

Son héroïne Polly a le rose aux joues, son existence baigne dans une douce torpeur, au diable les fins de mois difficiles. Elle mène une vie de rêve auprès de Huckle dans leur phare impossible à chauffer. Mais la réalité se rappelle à elle quand son amie Kerensa a le moral en berne : elle a trahi la confiance de son mari et n'ose rien lui avouer en apprenant qu'elle est enceinte. Seule Polly est dans la confidence de son secret, mais interdite d'en parler à Huckle, lequel comprend que sa compagne est dans ses petits souliers et suppose bêtement qu'elle ne souhaite plus l'épouser.

Petites embrouilles au sein du couple. Gros quiproquos de gauche à droite. De nouveau, l'histoire nous embarque dans une série d'anecdotes saugrenues et très superficielles. On se lasse, un peu. On soupire, beaucoup. En fait, à part le tout premier roman de la série, savoureux et enchanteur, les autres livres n'ont pas réussi à reproduire la même étincelle. Je n'en reste pas moins indulgente, car totalement sous le charme de l'ambiance chaleureuse et bienfaisante de Mount Polbearne. L'histoire est sans conteste creuse et niaise, même si le final apporte son flonflon miraculeux qui recolle aussitôt un sourire cruche sur nos lèvres. Ce dernier tour de piste est sans surprise, totalement nunuche et assumé. Je quitte Polly et ses amis avec une pointe de regret (j'ai tant aimé ce petit bout de paradis perdu) et leur souhaite bien du bonheur à l'avenir. 

L'accent américain de Christel Touret est toujours très perturbant à écouter : le personnage de Huckle a perdu tout sex-appeal ! 

©2017 Prisma. Traduit de l'anglais par Anne Remond (P)2017 Audible Studios

Disponible en format poche chez POCKET (2018)

Noel à la petite boulangerie Pocket

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Une saison à la petite boulangerie (La petite boulangerie 2), de Jenny Colgan

Une saison à la petite boulangerieJe n'ai vraisemblablement jamais évoqué ma première rencontre avec Polly Waterford sur ce blog, bonté divine, ma lecture remonte à l'été 2017 et j'en garde un souvenir délicieux. Ces retrouvailles s'annonçaient donc enchanteresses, car l'évasion promise à Mount Polbearne, une île des Cornouailles, était déjà une invitation à ne pas louper.
Nous avions laissé une Polly heureuse et comblée : la boulangerie tourne à merveille, ses amours avec Huckle et Neil le macareux complètent son bonheur parfait. Alors, quoi de neuf ? Sa propriétaire casse sa pipe et son neveu reprend ses affaires, sauf qu'il n'entend rien au commerce et chasse Polly de ses fourneaux. Déprimée, notre héroïne se retrouve dans un vieux van brinquebalant et peine à joindre les deux bouts. Son amoureux doit rentrer au pays, creusant une distance qui met leur relation à mal. Même sa meilleure amie est dans la tourmente et vient de quitter l'île pour reprendre sa vie londonienne. Ajoutez que l'épouse de son ancien amant vient traîner sa déprime dans son phare et noue une étrange amitié avec Polly, sans se douter que... Et Neil le macareux est sauvagement agressé et doit retourner dans sa réserve pour survivre dans son habitat naturel.
En bref, on ressent une plénitude à s'imprégner du bon air marin et des odeurs du pain chaud qu'on imagine croquant et savoureux, tout ça, tout ça. Cette part de magie est réelle et efficace. Par contre, l'intrigue est assez stérile et platounette. On ne se régale pas autant. En plus, le format audio octroie une voix insupportable au personnage de Huckle (genre patate chaude dans la bouche) : c'était crispant ! Malgré tout, je n'ai pas boudé mon plaisir : la substance est décevante, mais la lecture n'en demeure pas moins plaisante et douillette. Elle inspire une profonde sympathie et procure une sensation apaisante. Soupirs. J'ai même passé 
Noël à la petite boulangerie, c'est dire...

©2016 Prisma. Traduit par Eve Vila (P)2017 Audible Studios

Disponible en format poche chez POCKET (2017)

Une saison à la petite boulangerie pocket

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05/01/19

Les Enchantements d'Ambremer (Le Paris des Merveilles 1), de Pierre Pevel

les enchantements d'ambremer audible

Quelle extraordinaire lecture, où l'on découvre un univers original et fabuleux sous la plume de Pierre Pevel.
L'histoire se déroule dans un Paris des Merveilles, un Paris pittoresque et vieillot, celui de la Belle Époque, avec ses Grands Boulevards, ses immeubles haussmanniens, ses rues pavées, ses canotiers et ses corsets... mais aussi ses sirènes dans la Seine, ses saules rieurs, ses chats ailés, ses farfadets, ses gnomes, ses dragons et ses licornes...
Oui, imaginez un monde féerique, où se mêleraient magie et enquête policière, avec des personnages truculents en sémillants porte-drapeaux. Voici donc l'univers flamboyant que nous propose cette série. De quoi se frotter les mains avec jubilation. 
Louis Denizart Hippolyte Griffont est mage du Cercle Cyan. Ingénieur excentrique, il prête également ses lumières pour résoudre des mystères... de là à être impliqué dans un trafic d'objets enchantés, il n'y a qu'un pas qu'il va franchir avec aisance. En chemin, il croisera également sa délicieuse épouse, Isabel de Saint-Gil, une habituée des arnaques. Même si entre eux, le mariage appartient désormais au passé, une profonde tendresse demeure. D'où une association inopinée face à des sorciers maléfiques qui vont sortir du bois et présager une prolifération de sombres complots.
Verdict : c'est entraînant, étourdissant, captivant. J'ai adoré cet univers follement original, la plume enjouée de l'auteur, les personnages fantasques, l'humour guilleret et l'influence romanesque de Maurice Leblanc ou Gaston Leroux. On se croirait dans un grand feuilleton du 19ème avec une touche fantastique pour éblouir davantage le lecteur. J'ai totalement adhéré.
Je suis déjà parée pour écouter la suite proposée en exclusivité par Audible Studios : Maud Rudigoz livre une performance enchanteresse et très plaisante pour l'oreille. Le cocktail est savoureux. Un régal, vraiment.

©2015 Bragelonne (P)2018 Audible Studios

Également disponible en Collection Folio SF (n° 571)

A79325

Parution : Mars 2017

04/01/19

La Cité du feu sacré (The Mortal Instruments 6), de Cassandra Clare

La cité du feu sacré PKJPresque dix ans après avoir découvert cette série, je plonge enfin dans le dernier tome consenti par l'auteur. Cassandra Clare m'a en effet donné l'impression d'étirer en longueur sa saga, en multipliant les volumes et les ramifications.
Il est à noter que de nombreux liens sont d'ailleurs recoupés dans ce livre, lesquels nous invitent à lire encore et toujours plus (Codex: Le guide du chasseur d'ombresLes chroniques de Magnus BaneLes origines ou Renaissance de La Cité des Ténèbres). Les pistes ne manquent pas et les aficionados n'ont pas fini de baigner dans cet univers foisonnant.
Pour ce final, l'auteur a su renouer avec l'étincelle du début : on retrouve de l'action, des rebondissements, des drames, des trahisons et de l'émotion. C'est réussi. J'avais sincèrement plaisir de reprendre ma lecture et de suivre les aventures de Jace, Clary et tous leurs compagnons.
Certes, la menace est plus grande que jamais. Sebastian a rassemblé une armée et attaque à tout bout de champ, prenant de court les Chasseurs d'Ombres. L'Enclave est aux abois, les instituts sont fermés à travers le monde, tous se replient à Alicante et convoquent leurs alliés pour consolider leurs accords. Forcément, les vestes se retournent, les sentences tombent et les sacrifices découlent.
J'ai applaudi des deux mains. Ce roman est dense, lourd de 800 pages et s'écoute sur plus de 20 heures, pourtant je n'ai nullement trouvé le temps long. C'est palpitant de bout en bout. L'auteur mêle la noirceur et la nostalgie, distille de la tendresse et de la passion dans ses chapitres. Quelques passages un peu plats interviennent à mi-parcours, mais je ne suis pas rancunière.
À vrai dire, en plus d'être comblée, je me sentais réconciliée avec la série qui nous offre un dénouement décisif. Je quitte un monde extraordinaire et fascinant avec la certitude d'y rentrer tôt ou tard (envie de recroiser Tessa, Will et Jem par exemple). Après deux volumes en demi-teinte, la série se boucle donc sur une note satisfaisante. C'était bon d'y croire encore !

©2015 PKJ. Traduit de l'anglais par Julie Lafon (P)2018 Audible Studios

La cité du feu sacré

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18/12/18

Lion, de Saroo Brierley & lu par Julien Allouf

Lion Saroo Brierley

Au départ, cette lecture ne m'enchantait pas particulièrement, d'où mon agréable surprise de découvrir un récit d'une grande fluidité, lu impeccablement par Julien Allouf et soutenu par un rythme entraînant.

Ce roman raconte l'histoire de Saroo qui, à l'âge de cinq ans, s'est endormi dans un train pour se réveiller dans une ville inconnue, loin de sa famille. L'enfant va errer comme un malheureux dans les rues de Calcutta avant d'être confié à un orphelinat pour être adopté par un couple d'Australiens. Exilé loin de ses racines, le garçon va grandir en espérant reprendre des nouvelles des siens. Bien des années plus tard, Saroo va retracer la route du chemin de fer sur Google Earth et ainsi obtenir les indices précieux qui vont le guider jusqu'à sa famille indienne. Un vrai miracle.

Aussi stupéfiante soit-elle, cette histoire est tirée de l'expérience personnelle de l'auteur. Saroo Brierley n'a en effet rien inventé et nous raconte son incroyable épopée en toute modestie, sans jouer les héros, sans titiller la corde sensible non plus. Il relate les faits avec sobriété et émotion. Si cela avait été une simple fiction, j'aurais franchement tiré la langue. Au lieu de ça, j'avais les yeux écarquillés à l'écoute de son histoire : j'ai eu peur quand il était livré à lui-même et aux rencontres hasardeuses, j'ai usé la rétine de mes yeux à scruter son écran d'ordi pour scanner comme un forcené des kilomètres et des kilomètres d'un territoire étranger, j'ai croisé les doigts pour raviver la flamme du souvenir, j'étais bouleversée à l'heure des retrouvailles, tout en me demandant quel accueil lui serait réservé ou comment sa famille adoptive appréhenderait cette entreprise.

C'est une lecture assez courte (environ 6 heures) et pourtant les événements se bousculent. Saroo n'en demeure pas moins lucide quant à la dualité de son parcours, entre son appartenance au présent et son attachement au passé. Mais son aventure est exceptionnelle et inspire magie, espoir et merveilleux. Car Saroo est né sous une bonne étoile, promis à un destin hors du commun et nous inspire autant d'admiration que d'empathie. Très bonne découverte écoutée pour le #ClubAudible de décembre 2018 !

©2017 City Éditions. Traduit de l'anglais par Christophe Cuq (P)2018 Audible Studios

Adapté au cinéma par Garth Davis (2016) : Regarder la bande-annonce sur YouTube


Discussion FB entre les partenaires blogueurs membres du  #ClubAudible, autour de la version audio de « Lion » de Saroo Brierley, lue par Julien Allouf. 

Pour bien commencer, voici la première question : Quel est votre avis sur "Lion" ? Avez-vous apprécié l'histoire ? La performance de Julien Allouf a-t-elle su vous convaincre, vous émouvoir ?

Avis positif ! Au départ, cette lecture ne m'enchantait pas particulièrement, d'où mon agréable surprise de découvrir un récit d'une grande fluidité, lu impeccablement par Julien Allouf et soutenu par un rythme entraînant. Je n'ai pas été émue mais charmée par la simplicité avec laquelle l'histoire s'écoule.

Deuxième question : Qu'avez-vous pensé du style de l'auteur Saroo Brierley, qui narre sa propre histoire ?

Le style est simple, sans chichis. J'ai apprécié qu'il ne verse pas dans le mélo et se contente de raconter son parcours incroyable (perdre sa famille à 5 ans, déjouer les pièges, quitter son pays, être adopté, retrouver ses racines en scannant google earth comme un forcené...). Si cela avait été une fiction, j'aurais été franchement sceptique. Saroo est assez modeste également, il ne joue pas les héros, va à l'essentiel, ne s'appesantit jamais, est reconnaissant envers sa bonne étoile. Il raconte assez bien la dualité de sa vie, son appartenance au présent et son attachement au passé. Il a su me tenir en haleine car son récit est prenant.

Troisième question : Qui connaissait cette histoire avant de lire le livre ? Qui parmi vous a vu le film "Lion" sorti en 2016 ? Et que pensez-vous de l'adaptation cinématographique ?

Je ne connaissais pas du tout, pas vu le film non plus.

Quatrième question : Quel a été votre passage préféré ? et le moment qui vous a plus ému(e) ?

Je ne pense pas avoir de passage préféré ou quoi que ce soit. J'ai considéré ma lecture comme un ensemble à parcourir avec avidité. Et comme l'auteur raconte son parcours vite et bien, on suit le mouvement entre stupeur et émotion. En gros, on a peur quand il est un enfant de 5 ans seul dans les rues indiennes (erk les rencontres vicieuses à la gare), on scrute à ses côtés son écran d'ordi pour retracer son chemin, on frissonne d'excitation quand il retourne enfin auprès des siens en se demandant quel accueil lui sera réservé, on se demande aussi comment sa famille adoptive va appréhender cette entreprise. Tout est tellement providentiel, c'est incroyable ! On a le sentiment qu'il a survolé son histoire, finalement. Peut-être aurais-je aimé qu'il rencontre des difficultés ou des désillusions... *gnak gnak* Un peu de croquant sous la dent !

Cinquième question : Avez-vous le sentiment qu'il manque quelque chose dans le récit ? Ou au contraire ? Auriez-vous souhaité plus/moins de détails ?

Il manque peut-être un peu de matière à cette histoire trop-belle-pour-être-vraie : des épreuves, des échecs, des doutes, des déceptions. Un peu d'amertume. Et après tout... pourquoi pas ? Saroo est un homme extraordinaire, né sous une bonne étoile. Son destin est hors du commun. Donc, c'est merveilleux et je suis très heureuse pour lui.

Sixième question : Finalement, que retenez-vous de cette fantastique histoire ?

Elle est tellement fantastique qu'on reste les yeux écarquillés en l'écoutant (quasiment) d'une traite ! C'était une aventure exceptionnelle.

 

Toute la discussion ! 

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La vie est belle et drôle à la fois, de Clarisse Sabard

La vie est belle et drôle à la foisConviée par sa mère à passer les fêtes en famille, Léna se rend dans un petit village de Haute-Provence la mort dans l'âme. La jeune femme déteste Noël et a la désagréable surprise de trouver une maison vide à son arrivée. Son frère et sa grand-mère sont également au rendez-vous mais n'en savent pas davantage, seule Léna sent venir le traquenard à des kilomètres. Qu'importe. Elle accepte de poser ses valises et de profiter de l'instant présent... Ses retrouvailles avec son amour de jeunesse auraient pesé dans la balance ? Han-han. Le lecteur hoche béatement la tête et replonge fissa le nez dans son bouquin pour connaître la suite des réjouissances. Ceci dit, la lecture ne va pas nous en boucher un coin non plus. On se doute qu'au menu, roucoulades et sérénades romantiques seront servies avec faste. Et c'est tant mieux. Après tout, on a bien besoin de guimauve et de tendresse dans ce monde de brutes. Pourtant, ce n'était pas gagné au début. J'ai même pris sur moi pour encadrer l'héroïne trop caricaturale, ses jérémiades et son cynisme sonnaient surfaits. C'est donc pour l'ambiance festive et pour la promesse d'une histoire de famille, avec des secrets enfouis, que j'ai poursuivi mon aventure. Depuis la disparition tragique du grand-père, vingt ans plus tôt, le temps semble s'être arrêté pour Léna et ses proches. Nul n'évoque cet accident en la présence de la jeune femme, qui en a fait un blocage. Mais cela ne peut plus durer. Elle a depuis compris qu'elle doit fouiller dans ses souvenirs pour raviver la scène dont elle a été témoin durant son enfance. Et se délester du poids qui handicape ses relations amoureuses. À côté de ça, on a une mère fan d'Elvis en quête de nouvelles aventures, un frère en pleine crise conjugale, une adolescente sur la corde raide, un père cavaleur et néanmoins repenti, une grand-mère qui s'éclate sur Meetic et incollable sur The Walking Dead. Cela fait tellement cliché, j'avoue. Toutefois, l'histoire est douce, chaleureuse et bienveillante. Comme beaucoup, je pense, c'est précieux en ce moment. Bon point, donc, pour cette lecture adorable et très distrayante. Dernière ligne droite avant les fêtes : on n'hésite pas !

©2018 Leduc.s (P)2018 Audible Studios