18/12/18

Lion, de Saroo Brierley & lu par Julien Allouf

Lion Saroo Brierley

Au départ, cette lecture ne m'enchantait pas particulièrement, d'où mon agréable surprise de découvrir un récit d'une grande fluidité, lu impeccablement par Julien Allouf et soutenu par un rythme entraînant.

Ce roman raconte l'histoire de Saroo qui, à l'âge de cinq ans, s'est endormi dans un train pour se réveiller dans une ville inconnue, loin de sa famille. L'enfant va errer comme un malheureux dans les rues de Calcutta avant d'être confié à un orphelinat pour être adopté par un couple d'Australiens. Exilé loin de ses racines, le garçon va grandir en espérant reprendre des nouvelles des siens. Bien des années plus tard, Saroo va retracer la route du chemin de fer sur Google Earth et ainsi obtenir les indices précieux qui vont le guider jusqu'à sa famille indienne. Un vrai miracle.

Aussi stupéfiante soit-elle, cette histoire est tirée de l'expérience personnelle de l'auteur. Saroo Brierley n'a en effet rien inventé et nous raconte son incroyable épopée en toute modestie, sans jouer les héros, sans titiller la corde sensible non plus. Il relate les faits avec sobriété et émotion. Si cela avait été une simple fiction, j'aurais franchement tiré la langue. Au lieu de ça, j'avais les yeux écarquillés à l'écoute de son histoire : j'ai eu peur quand il était livré à lui-même et aux rencontres hasardeuses, j'ai usé la rétine de mes yeux à scruter son écran d'ordi pour scanner comme un forcené des kilomètres et des kilomètres d'un territoire étranger, j'ai croisé les doigts pour raviver la flamme du souvenir, j'étais bouleversée à l'heure des retrouvailles, tout en me demandant quel accueil lui serait réservé ou comment sa famille adoptive appréhenderait cette entreprise.

C'est une lecture assez courte (environ 6 heures) et pourtant les événements se bousculent. Saroo n'en demeure pas moins lucide quant à la dualité de son parcours, entre son appartenance au présent et son attachement au passé. Mais son aventure est exceptionnelle et inspire magie, espoir et merveilleux. Car Saroo est né sous une bonne étoile, promis à un destin hors du commun et nous inspire autant d'admiration que d'empathie. Très bonne découverte écoutée pour le #ClubAudible de décembre 2018 !

©2017 City Éditions. Traduit de l'anglais par Christophe Cuq (P)2018 Audible Studios

Adapté au cinéma par Garth Davis (2016) : Regarder la bande-annonce sur YouTube


Discussion FB entre les partenaires blogueurs membres du  #ClubAudible, autour de la version audio de « Lion » de Saroo Brierley, lue par Julien Allouf. 

Pour bien commencer, voici la première question : Quel est votre avis sur "Lion" ? Avez-vous apprécié l'histoire ? La performance de Julien Allouf a-t-elle su vous convaincre, vous émouvoir ?

Avis positif ! Au départ, cette lecture ne m'enchantait pas particulièrement, d'où mon agréable surprise de découvrir un récit d'une grande fluidité, lu impeccablement par Julien Allouf et soutenu par un rythme entraînant. Je n'ai pas été émue mais charmée par la simplicité avec laquelle l'histoire s'écoule.

Deuxième question : Qu'avez-vous pensé du style de l'auteur Saroo Brierley, qui narre sa propre histoire ?

Le style est simple, sans chichis. J'ai apprécié qu'il ne verse pas dans le mélo et se contente de raconter son parcours incroyable (perdre sa famille à 5 ans, déjouer les pièges, quitter son pays, être adopté, retrouver ses racines en scannant google earth comme un forcené...). Si cela avait été une fiction, j'aurais été franchement sceptique. Saroo est assez modeste également, il ne joue pas les héros, va à l'essentiel, ne s'appesantit jamais, est reconnaissant envers sa bonne étoile. Il raconte assez bien la dualité de sa vie, son appartenance au présent et son attachement au passé. Il a su me tenir en haleine car son récit est prenant.

Troisième question : Qui connaissait cette histoire avant de lire le livre ? Qui parmi vous a vu le film "Lion" sorti en 2016 ? Et que pensez-vous de l'adaptation cinématographique ?

Je ne connaissais pas du tout, pas vu le film non plus.

Quatrième question : Quel a été votre passage préféré ? et le moment qui vous a plus ému(e) ?

Je ne pense pas avoir de passage préféré ou quoi que ce soit. J'ai considéré ma lecture comme un ensemble à parcourir avec avidité. Et comme l'auteur raconte son parcours vite et bien, on suit le mouvement entre stupeur et émotion. En gros, on a peur quand il est un enfant de 5 ans seul dans les rues indiennes (erk les rencontres vicieuses à la gare), on scrute à ses côtés son écran d'ordi pour retracer son chemin, on frissonne d'excitation quand il retourne enfin auprès des siens en se demandant quel accueil lui sera réservé, on se demande aussi comment sa famille adoptive va appréhender cette entreprise. Tout est tellement providentiel, c'est incroyable ! On a le sentiment qu'il a survolé son histoire, finalement. Peut-être aurais-je aimé qu'il rencontre des difficultés ou des désillusions... *gnak gnak* Un peu de croquant sous la dent !

Cinquième question : Avez-vous le sentiment qu'il manque quelque chose dans le récit ? Ou au contraire ? Auriez-vous souhaité plus/moins de détails ?

Il manque peut-être un peu de matière à cette histoire trop-belle-pour-être-vraie : des épreuves, des échecs, des doutes, des déceptions. Un peu d'amertume. Et après tout... pourquoi pas ? Saroo est un homme extraordinaire, né sous une bonne étoile. Son destin est hors du commun. Donc, c'est merveilleux et je suis très heureuse pour lui.

Sixième question : Finalement, que retenez-vous de cette fantastique histoire ?

Elle est tellement fantastique qu'on reste les yeux écarquillés en l'écoutant (quasiment) d'une traite ! C'était une aventure exceptionnelle.

 

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La vie est belle et drôle à la fois, de Clarisse Sabard

La vie est belle et drôle à la foisConviée par sa mère à passer les fêtes en famille, Léna se rend dans un petit village de Haute-Provence la mort dans l'âme. La jeune femme déteste Noël et a la désagréable surprise de trouver une maison vide à son arrivée. Son frère et sa grand-mère sont également au rendez-vous mais n'en savent pas davantage, seule Léna sent venir le traquenard à des kilomètres. Qu'importe. Elle accepte de poser ses valises et de profiter de l'instant présent... Ses retrouvailles avec son amour de jeunesse auraient pesé dans la balance ? Han-han. Le lecteur hoche béatement la tête et replonge fissa le nez dans son bouquin pour connaître la suite des réjouissances. Ceci dit, la lecture ne va pas nous en boucher un coin non plus. On se doute qu'au menu, roucoulades et sérénades romantiques seront servies avec faste. Et c'est tant mieux. Après tout, on a bien besoin de guimauve et de tendresse dans ce monde de brutes. Pourtant, ce n'était pas gagné au début. J'ai même pris sur moi pour encadrer l'héroïne trop caricaturale, ses jérémiades et son cynisme sonnaient surfaits. C'est donc pour l'ambiance festive et pour la promesse d'une histoire de famille, avec des secrets enfouis, que j'ai poursuivi mon aventure. Depuis la disparition tragique du grand-père, vingt ans plus tôt, le temps semble s'être arrêté pour Léna et ses proches. Nul n'évoque cet accident en la présence de la jeune femme, qui en a fait un blocage. Mais cela ne peut plus durer. Elle a depuis compris qu'elle doit fouiller dans ses souvenirs pour raviver la scène dont elle a été témoin durant son enfance. Et se délester du poids qui handicape ses relations amoureuses. À côté de ça, on a une mère fan d'Elvis en quête de nouvelles aventures, un frère en pleine crise conjugale, une adolescente sur la corde raide, un père cavaleur et néanmoins repenti, une grand-mère qui s'éclate sur Meetic et incollable sur The Walking Dead. Cela fait tellement cliché, j'avoue. Toutefois, l'histoire est douce, chaleureuse et bienveillante. Comme beaucoup, je pense, c'est précieux en ce moment. Bon point, donc, pour cette lecture adorable et très distrayante. Dernière ligne droite avant les fêtes : on n'hésite pas !

©2018 Leduc.s (P)2018 Audible Studios

14/12/18

Gare aux fantômes : qui vivra verra ! (Agatha Raisin enquête 14), de M. C. Beaton

Agatha Raisin enquête Gare aux fantomes

Il y a encore du remue-ménage dans la vie d'Agatha Raisin. Ayant eu vent de ses talents d'enquêtrice, son nouveau voisin, Paul Chatterton, la convie chez une vieille dame acariâtre qui prétend que son manoir est hanté. La police a fait peu de cas de son affaire et ses voisins sont tous d'avis que c'est une vieille peau détestable. Agatha et Paul sont également reçus comme des malpropres et estiment qu'ils ont tout à gagner de retirer leurs billes avant le massacre. Dommage pour Agatha qui commençait à trouver excitant de passer du temps avec son nouvel ami...
Je vous vois venir, mais rassurez-vous, point de béguin à l'horizon. L'homme est marié, même si son épouse est absente. Et Agatha Raisin est vaccinée contre les peines de cœur. D'ailleurs, j'étais juste en train de songer à Charles Fraith que... tadam... le voici le voilà dans toute sa superbe. Le tandem qu'Agatha et lui forment figure parmi les plus attachants et improbables !
Mais revenons à notre intrigue : quid des fantômes chez l'horrible Witherspoon ? Sont-ce des affabulations d'une grand-mère esseulée et désireuse d'attirer l'attention ? Roulement de tambours. Et nouveau crime en perspective. On soupire d'aise à retrouver l'énergie positive d'Agatha Raisin. Même si la tournure de l'intrigue ne surprend plus, on apprécie énormément l'humour et les paysages anglais de ce rendez-vous incontournable. Je regrette un peu le personnage de John Armitage, au profit de ce Paul Chatterton, dont le rôle demeure encore très ambivalent (on apprend à se méfier aussi). L'enquête criminelle est également plus décousue, avec moins de substance croquante, par contre elle se conclut sur une perspective hautement réjouissante. À suivre, donc, très prochainement... et plus précisément fin février 2019 !
Bravo aussi à Françoise Carrière dont l'interprétation pleine de verve donne du piquant à cette lecture : sa participation est essentielle au succès de la série. Je ne cesse de le répéter.

©2003 / 2018 M.C. Beaton / Éditions Albin Michel. Traduit par Clarisse Laurent. Titre VO : Agatha Raisin and the Haunted House

(P)2018 Audible Studios

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Sleeping Beauties, de Stephen King & Owen King

sleeping beautiesEmbarquement immédiat pour Dooling, petite ville des Appalaches, où les habitants ne sont ni plus ni moins des êtres ordinaires. En apparence. Dans la prison pour femmes, une nouvelle prévenue vient semer la zizanie : Evie Black est inquiétante et mystérieuse. Avec son aura puissante, elle envoûte ses comparses, sous l'œil goguenard du personnel impuissant. Commence alors un étrange phénomène : les femmes s'endorment et ne se réveillent plus. À la place, leur corps est recouvert par un cocon qu'il est déconseillé de transgresser (sous peine de voir les endormies se métamorphoser en folles furieuses). Bientôt, le syndrome Aurora frappe toute la communauté féminine de Dooling et d'ailleurs.
Comme souvent dans les romans de Stephen King, on se focalise sur un monde en vase clos, on scrute les comportements humains en situation désespérée et on laisse l'auteur s'en donner à cœur joie pour dépeindre des vies banales fouettées par un vent de panique. Ce faisant, il épingle sans vergogne toutes les bassesses possibles et inimaginables et gratine, non sans humour, ses congénères dans cette vision d'une société qui les priverait de compagnie féminine (devinez quoi ! ... les WC seraient d'une crasse monumentale). Bref. Vous gloussez bien derrière votre bouquin à les imaginer se dépatouiller sans vous.
Maintenant, parlons technique, car ce livre audio est le prolongement d'un roman de 830 pages, soit près de 28 heures d'écoute. Oui, tout ça. Un vrai marathon de lecture qui semble interminable... et pourtant je suis bon public. Seulement, mon ami, j'ai jugé qu'il y avait trop de tours et de détours pour toucher au but. Et à force de tourner autour du pot, on trépigne d'impatience, on geint et on a l'impression de s'abrutir. Ceci dit, je ferme les yeux (loin de moi le syndrome Aurora) car j'ai été littéralement hypnotisée par l'ambiance sordide de Dooling et par le caractère étrange et fantastique de l'intrigue. Cette histoire écrite à quatre mains (père et fils) se voudrait un hommage à nous les femmes, nous le charme (pauvres diables que sont les hommes). Un brin caustique et déjanté.
Bravo à la fabuleuse Marie Bouvier qui a lu ce texte avec patience et dévotion : j'ai totalement adhéré à ses interprétations car elle multiplie sans relâche les voix selon les personnages (et ils sont nombreux) ou leurs personnalités. On peut plus facilement se repérer et avancer dans l'histoire avec aisance. Une véritable prouesse.

© 2018 Éditions Albin Michel. Traduit par Jean Esch  (P)2018 Audiolib 

 

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29/11/18

Vers la beauté, de David Foenkinos

vers la beautéAntoine Duris était professeur aux Beaux-Arts de Lyon quand il a décidé de tout plaquer pour devenir gardien au Musée d'Orsay. Rupture amoureuse difficile ? L'homme ne laisse rien transparaître. Lui semble se satisfaire d'être “au plus près de la beauté”. Il pourrait en effet contempler des heures les œuvres de Modigliani, quitte à mettre son grain de sel dans les exposés de son collègue... qui voit rouge. Ceci n'est pourtant qu'une mascarade. Car Antoine porte en lui le souvenir d'une étudiante au destin tragique. Camille avait seize ans, c'était une jeune fille brillante et passionnée par la peinture. Mais du jour au lendemain, son monde a chaviré. Son humeur s'est terni. Camille était prisonnière d'un drame qu'elle ne pouvait confier à personne.
Un matin, Antoine décide de kidnapper sa directrice, Mathilde Mattel, et se rend dans un cimetière pour alléger son fardeau. L'heure de vérité va enfin sonner. Malheureusement, je sors de cette lecture mi-figue mi-raisin. Au départ, cela ressemble totalement à un roman de David Foenkinos : primesautier, parisien, élégant, galant... Ce n'est pas ce que j'affectionne, mais cela reste un domaine familier donc tout à fait confortable. Vient ensuite l'histoire de Camille... comme un prolongement de Charlotte, son précédent succès littéraire. Ambiance plus lourde, plus sombre, plus pesante. On plonge dans le cauchemar de l'adolescente. Tellement douloureux et dévastateur. On vit sa descente en enfer, la spirale infernale de son traumatisme. Dur, dur.
L'heure est au recueillement, hélas j'avais hâte d'en sortir même si la lecture est courte (5h environ). Le texte est lu par Xavier Béja (très bon) dont l'empathie est sincère et transparente. On ressent comme lui de la compassion, du dégoût, du désœuvrement. C'était au final une expérience déconcertante mais, je le crains, peu amène et enthousiasmante. Le chagrin qui colle à ce roman est trop profond, trop grave. Ce n'était pas idéal en cette saison.

©2018 Éditions Gallimard (P)2018 Éditions Gallimard, coll. Écoutez Lire

 

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28/11/18

Valentine ou la belle saison, d'Anne-Laure Bondoux

Valentine ou la belle saison lizzie

Une héroïne dans le creux de la vague, un retour aux sources et des fantômes dans les placards... Ce roman d'Anne Laure Bondoux nous plonge dans une douce introspection familiale : celle d'une sœur et d'un frère qui découvrent le secret de leurs parents, mais qui doivent aussi panser leurs propres blessures (séparation, divorce, carrière en berne).
En s'installant dans la maison de Monette, à la campagne, Valentine et Fred retrouvent de vieux amis avec lesquels ils forment une petite bande de pieds nickelés fort sympathiques. Entre parties de vélo et séances de running, tous cherchent un nouveau souffle, parlent de politique (campagne électorale 2017) et prennent la vie comme elle vient, avec son lot de promesses (brisées, déçues) ou d'espoirs (des grands, des beaux, des forts).
Cette lecture, sans prétention, va donc nous faire doucement mariner dans notre jus. L'histoire est tranquille, l'ambiance paisible, on se croirait dans du Anna Gavalda ou du Barbara Constantine, pour l'esprit communauté solidaire et famille d'adoption. Les personnages ici ne sont pas des naïfs, rêveurs ou inconscients, mais ils veulent encore saisir toutes les secondes chances que la vie leur offre.
Résultat, la lecture est sympa, c'est parfait pour la détente et ça vous change du quotidien tristoune. Le texte est lu par Fabienne Loriaux et Benoît Grimmiaux, deux voix agréables pour nous accompagner dans ce parcours des âmes désœuvrées en quête de paix intérieure. Un rendez-vous très intéressant.

©2018 Fleuve Éditions, département d'Univers Poche (P)2018 Lizzie, un département d'Univers Poche

 

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21/11/18

Club Audible : Le maître du haut château, de Philip K. Dick & lu par Bernard Gabay

Le maitre du haut chateau banderole

En 1947 avait eu lieu la capitulation des alliés devant les forces de l'axe. Cependant que Hitler avait imposé la tyrannie nazie à l'est des Etats-Unis, l'ouest avait été attribué aux japonais. Quelques années plus tard la vie avait repris son cours normal dans la zone occupée par les nippons. Ils avaient apporté avec eux l'usage du Yi-King, le livre des transformations du célèbre oracle chinois dont l'origine se perd dans la nuit des temps. Pourtant, dans cette nouvelle civilisation une rumeur étrange vint à circuler. Un homme vivant dans un haut château, un écrivain de science-fiction, aurait écrit un ouvrage racontant la victoire des alliés en 1945.

Au sortir de cette lecture, une impression confuse me gagne : la lecture n'est pas inintéressante, mais peine à s'imprimer dans mon subconscient de lectrice. Je ne comprends pas pourquoi. L'histoire semblait prometteuse, par contre j'ai été surprise que le contexte reste si peu exploité. L'action est lente, sans sursaut, juste quelques pistes lancées, dans le vide. Même les révélations sur le Yi King, censées tout chambouler, tombent à plat car il y avait déjà trop d'insinuations tout au long du texte. 

Ce n'est pas un pétard mouillé, simplement cela rejoint le sentiment qu'on attend beaucoup et qu'au final ce n'est pas aussi spectaculaire. Il règne juste une ambiance solennelle dans cette histoire qui glace un peu et ne nous embarque pas vers l'infini et au-delà... J'en reviens toujours à cet aspect de distance générale : je découvre une histoire, je rencontre des personnages, je suis le chemin tracé par l'auteur, j'aime la voix du narrateur, je trouve tout ça propre et lisse. Vient le point final. Je ne suis pas mécontente, pas déçue. En fait, je ne suis rien. Comme un grand vide, une impression de coquille vide. Ou peut-être aurait-il mieux valu que je me contente du roman papier, car le format audio ne semble guère adapté à l'univers de Philip K Dick. 

J'ai bien aimé la voix de Bernard Gabay. Écoute très agréable de ce côté.

©1962 / 2012 The man in the high castle, traduit de l’anglais par Michelle Charrier. / J’ai Lu pour la traduction française.

(P)2018 Audible Studios.

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1 - Qu’avez-vous pensé de ce livre ? Avez-vous aimé ? La voix de Bernard Gabay vous a-t-elle plu ?

Impression confuse : une lecture pas inintéressante, mais qui peine à s'imprimer dans mon subconscient de lectrice. Je ne comprends pas pourquoi. J'ai bien aimé la voix de B. Gabay. Écoute très agréable de ce côté.

2 - Est-ce votre premier titre de Philip K. Dick ? Si non, pouvez-vous relier ce livre à un autre de ces romans ?

C'était mon premier titre de Philip K. Dick également ! Je connaissais l'auteur de nom (en fait j'ai découvert que nombre de ses histoires ont été adaptées au cinéma). J'ai voulu tenter. Bon. Ok. Je ne pense pas retenter un autre titre. En fait ça ne me correspond pas tellement. 

3 - Qu’avez-vous pensé de la contextualisation de cette fiction ? Aussi bien temporelle que spatiale ?

L’idée est géniale : l’Allemagne et le Japon ont gagné la guerre, les Etats-Unis sont divisés entre les vainqueurs et l'histoire se passe dans les années 60. Je n'en attendais pas moins, et puis non. Dommage : idée pas assez exploitée.

4 - Quelle a été votre plus grosse surprise dans ce récit ?

D'abord, grosse surprise d'avoir une action aussi lente, sans sursaut, juste quelques pistes lancées, dans le vide. Et les révélations sur le Yi King sont censées surprendre, sauf qu'il y avait déjà trop d'insinuations tout au long du texte. Ce n'est pas un pétard mouillé, simplement cela rejoint le sentiment qu'on attend beaucoup et qu'au final ce n'est pas aussi spectaculaire. Frustration, frustration.

5 - L’emploi des noms de familles allemands et japonais, ainsi que les accents du narrateur vous ont-ils aidé à vous immerger dans l’histoire ?

Ni plus ni moins. Mais le jeu de B. Gabay est irréprochable. Il règne juste une ambiance solennelle dans cette histoire qui glace un peu et ne nous embarque pas vers l'infini et au-delà... Après, ce n'est pas facile d'identifier tout le monde ou surtout d'admettre que les personnages auront très peu (voire aucune) interactivité entre eux.

6 - L’uchronie dans l’uchronie : quel rôle dans le récit a selon vous le livre « Le Poids de la sauterelle » ?

C'est le grain de sable qui vient gripper la belle mécanique ! :) Roman souvent évoqué, virant à l'obsession pour certains, et puis... et puis... on réalise alors et enfin... Bref, il vient tout remettre en question et chambouler la perspective que Dick semblait tracer. Il nous roule bien dans la farine, le filou.

7 - Quel a été votre personnage préféré ? Qu’avez-vous pensé globalement des personnages ? Car ils possèdent presque tous une double identité.

Difficile d'avoir un personnage préféré ou de s'attacher à l'un d'eux en particulier. J'en reviens toujours à cet aspect de distance générale : je découvre une histoire, je rencontre des personnages, je suis le chemin tracé par l'auteur, j'aime la voix du narrateur, je trouve tout ça propre et lisse. Vient le point final. Je ne suis pas mécontente, pas déçue. En fait, je ne suis rien. Comme un grand vide, une impression de coquille vide. Gloups. Ou peut-être aurait-il mieux valu que je me contente du roman papier, car le format audio ne semble guère adapté à l'univers de Philip K Dick.

©1962 / 2012, The man in the high castle, traduit de l’anglais par Michelle Charrier.

(P)2018 Audible Studios. Lu par : Bernard Gabay. Durée : 10 h env.

le maitre du haut chateau club audible

>> Ce livre audio en version intégrale est proposé en exclusivité par Audible et est uniquement disponible en téléchargement.

 

20/11/18

Amelia, de Kimberly McCreight

Amelia Kimberly McCreightKate est anéantie en apprenant que sa fille vient de sauter du toit de son école. Amelia avait quinze ans, c'était une élève appliquée, sportive et discrète. Toutes deux avaient une relation de confiance, du moins le supposait-elle. Kate est avocate dans un gros cabinet de New York et culpabilisait de privilégier sa carrière à sa vie familiale. Nulle trace du père, silence radio à son sujet. L'annonce du suicide provoque une onde de choc. Cela ne cadre pas avec l'image de sa fille. Elle pensait tout connaître à son sujet mais va vite faire marche arrière et plonger dans le déni. Un message l'avertissant que sa fille « n'a pas sauté » va finalement la soutenir dans son idée que les véritables causes sont encore cachées. Que cache le suicide d'Amelia ? Mensonges, non-dits, règlements de compte, coups bas et trahisons. Un spectacle désolant des bassesses des ados qui s'activent sur les réseaux sociaux pour déchaîner leur violence. Et la vérité va s'imposer dans toute son horreur. On tombe sur des hyènes hystériques et anonymes qui déballent façon Gossip Girl pour exacerber la jalousie, la rivalité, la rancœur et l'intimidation. C'est affreux et affligeant. Les mômes sont sans pitié et pensent désormais que l'attaque est la meilleure défense. Résultat, je n'ai pas du tout accroché. Ni l'histoire ni les personnages n'ont su me toucher. Ce roman est glaçant et cruel. Tout ce qu'il révèle est également triste, sombre et dramatique. Malgré mes attentes, ça ne prend pas. J'ai trouvé la lecture trop amère et écœurante : je suis totalement passée à côté.

©2015 Le Cherche Midi, traduction d'Élodie Leplat. Titre original : Reconstructing Amelia (P)2018 Lizzie, un département d'Univers Poche. 

 

14/11/18

Par un matin d'automne, de Robert Goddard

Par un matin d'automneLeonora Galloway est en pèlerinage dans la Somme pour se recueillir sur la tombe de son père et confier à sa fille tous les secrets entourant son histoire de famille. En effet, le mystère a longtemps plané sur ses parents : sa mère est morte peu après sa naissance, laquelle est survenue un an après la disparition de son père, mort au combat. Cette ombre au tableau familial a ainsi profité à la seconde épouse de son grand-père, une séductrice impénitente, qui a également manipulé son entourage pour dérober l'héritage et exacerber le sentiment de culpabilité de Leonora. Le temps a passé mais les souvenirs sont toujours vivaces. C'est, du moins, ce que m'inspire cette lecture, intense, romantique et captivante. On replonge dans le passé des personnages, dans une Angleterre isolée, en pleine campagne, là où se situe le manoir de Meongate. On revit les bonheurs et malheurs de la narratrice, le drame de ses parents, et tant d'autres vies fauchées ou emportées par le destin impitoyable... J'avoue avoir préféré, de loin, toute la première partie du roman, à Meongate, qui colle typiquement aux grands classiques anglais, car la suite réserve plus ou moins de bonnes surprises (la succession de rebondissements s'avère un peu pénible car peu crédible au final). Somme toute, la lecture est facile, elle s'écoute non sans une certaine dévotion et on y prend goût ! Au casting, Olivier Chauvel est excellent, Bénédicte Charton tient la distance même si elle accentue un poil trop la note mélodramatique à son interprétation.

©2010 Sonatine. Traduit de l'anglais par Marie-José Astre-Démoulin (P)2017 Audible Studios

 

08/11/18

Chantage au presbytère (Agatha Raisin enquête 13), de M. C. Beaton

Chantage au presbytère Agatha Raisin 13

Chaaaaleur dans le village de Carsely : le nouveau vicaire fait sensation ! Il faut dire que Tristan Delon est particulièrement sexy. Toutes les femmes sont folles de lui. Et pourtant sous la façade du gendre idéal, le type se révèle odieusement arriviste. Couic, le bellâtre est assassiné dans le salon du pasteur, faisant de ce cher Alf Bloxby le principal suspect aux yeux de la police.
Son épouse (et amie proche d'Agatha Raisin) la supplie de leur venir en aide. Une aubaine pour notre héroïne, grande amatrice d'intrigues à résoudre, et qui justement soupirait d'ennui dans son cottage, sans nouvelles de James Lacey, de Charles Fraith ou de Roy Silver. Son nouvel acolyte se nomme John Armitage, un écrivain séduisant, qui ne la laisse pas insensible... sauf que Agatha a également appris de ses erreurs passées !
Au commencement de ma lecture, j'ai sans doute trouvé qu'il y avait une grande similitude avec l'histoire du vétérinaire (cf. Tome 2 : Remède de cheval). Ce sont en effet toujours les mêmes ficelles, les mêmes situations incongrues qui alimentent le quotidien d'Agatha Raisin. Les personnages sont tous interchangeables, Tristan Delon, Paul Bladen, James Lacey, John Armitage... bref, c'est de bonne guerre, du moment que l'humour est sauf, tout va bien !
Cette série de MC Beaton est du divertissement pur et dur. Je suis bonne cliente, car elle me fait passer un bon moment. Et la version audio, lue par Françoise Carrière, est également réjouissante ! Rendez-vous est d'ailleurs pris pour fin novembre et la parution du 14ème tome : Gare aux fantômes !

©2018 Albin Michel. Traduction de Françoise du Sorbier (P)2018 Audible Studios