12/10/16

Satan était un ange, de Karine Giébel

Satan etait un angeAvec Karine Giébel, les livres se suivent et ne se ressemblent pas. Mes appréciations de lectrice non plus, hélas. Car cette lecture a été une énorme déception. Ni plus ni moins.
C'est l'histoire d'un gars en fuite, François, un avocat en pleine déprime après avoir appris qu'il était atteint d'une maladie incurable. Par fierté, il choisit de prendre le large, loin de son foyer, ne voulant pas imposer à sa femme sa prochaine déchéance. En route, il croise un jeune autostoppeur.
Paul rentre chez lui à Marseille. C'est un môme charismatique, et pourtant pas très honnête. Car François découvre vite que le garçon est un délinquant recherché pour meurtres et trafic de drogue. Cette réalité le fait sortir de ses gonds, d'autant plus qu'il est maintenant embarqué dans la même cavale, avec une bande de tueurs à leurs trousses. Et malgré tout, François se sent incapable de tourner le dos à Paul. 
Entre ces deux-là, existe désormais une relation semblable à celle d'un père et d'un fils. En dépit des disputes, des mensonges, des écarts sociaux et des différences culturelles, François et Paul ont extirpé de leur rencontre incongrue cette petite étincelle d'espérance en l'avenir. 
Ouhlàlà. J'ai vérifié plusieurs fois le nom de l'auteur sur le bouquin tant j'ai cru halluciner. On est loin, très loin des histoires poignantes et remarquables de K. Giébel. Il s'agit tout juste d'une histoire de traque semée de cadavres, qui ne conduit même pas à un final bluffant. C'est même surprenant de conformisme, gonflé de bons sentiments et louable pour la forme (à vouloir dénoncer le marché honteux des déchets nucléaires). C'est pour moi une franche déception. Une lecture longue et ennuyeuse, écrite de façon trop maniérée, et qu'on lit comme une éternelle errance vers le vide. 

Texte lu par François Tavares pour Audible FR (durée : 8h 19)

©2014 Univers Poche (P)2016 Audible FR

Satan était un ange | Livre audio

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06/10/16

Phobos² : Il est trop tard pour oublier, de Victor Dixen

Phobos2

J'ai donc enchaîné avec la suite de Phobos en téléchargeant dès que possible la version audio, toujours lue par Maud Rudigoz pour Audible. Pratique pour replonger aussitôt dans cette ambiance stellaire.
On retrouve ainsi nos douze pionniers face au choix de leur vie : poursuivre la mission sur Mars ou exiger de rentrer chez eux, après avoir eu connaissance des risques du métier. Et cela va durer, pas moins d'1 heure 30, pour parvenir à un compromis. Le bras de fer entre nos candidats et leur productrice n'est pas une partie de rigolade. Les mines sont tendues. Et chacun se méfie des coups bas. Car Serena McBee est maîtresse en la matière, même si ses adversaires ont quelques atouts en leur possession.
Plus loin, dans le désert du Wyoming ou ailleurs, un camping-car noir file à toute allure pour semer les patrouilleurs qui veulent l'empêcher de pirater le programme Genesis. Mais Andrew Fisher est un fils éploré, avide de vengeance et de justice. Il a pour alliée la très éthérée Harmony McBee, ou disons plutôt la fille cachée de la future vice-présidente des USA, qui promet d'être une “bombe à retardement”. 
Après une première exploration électrisante de l'univers de Phobos, j'espérais renouer avec cette même sensation fébrile d'une histoire prête à déployer ses ailes. Et pourtant, je n'ai pas retrouvé la même excitation à la lecture du deuxième tome, dont l'histoire m'est apparue longue et lassante. L'action traîne la patte, le suspense n'est qu'un feu de paille. On passe essentiellement du temps à gazouiller entre jeunes gens amoureux ou aux prémices du sentiment amoureux. C'est d'une niaiserie abyssale, avec des envolées lyriques à faire grincer des dents. Je n'étais clairement plus la cible visée.
La partie SF du roman est également sous-exploitée et semble tâtonner entre plusieurs pistes. C'est vide, lent, dilué. En gros, cela reste assez simpliste et ne nous laisse guère dans l'expectative. Frustration, ô frustration. Ou comment un bouquin loupe son virage en volant dans le décor et ne termine pas sa course malgré les attentes du lecteur. Tant pis. 
Je pense zapper le tome intermédiaire - 
Phobos Origines - essentiellement parce que je ne suis pas cliente des produits dérivés, et encore moins lorsque les personnages (filles ou garçons confondus) me laissent passablement indifférente. Connaître le passé du casting masculin n'offre donc, pour moi, aucun intérêt. Trop de stéréotypes et trop de clichés à craindre. C'est bon. Je vais patienter jusqu'en novembre pour lire le troisième tome.

Texte lu par Maud Rudigoz pour Audible FR / Août 2016  (durée : 12h 35)

©2015 Robert Laffont (P)2016 Audible FR

Phobos : Il est trop tard pour oublier (Phobos 2) | Livre audio

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03/10/16

Phobos : Il est trop tard pour regretter, de Victor Dixen

Phobos1

J'ai profité de l'édition audio proposée en exclusivité sur Audible pour découvrir cette nouvelle série de Victor Dixen, dont j'avais déjà beaucoup apprécié Animale, la malédiction de Boucle d'Or. Cette fois, on plonge dans un univers aux émotions fortes garanties avec un voyage cosmique qui vend de l'amour et du danger à bord, ce qui promet une immersion brûlante dans les étoiles ! 
Six filles et six garçons ont été sélectionnés pour partir sur Mars, dans le cadre du Programme Genesis, un jeu de télé-réalité qui consiste à former des couples pour implanter une colonie sur la planète rouge. Les douze prétendants ont donc cinq mois pour se séduire “et choisir le partenaire avec qui enfanter” au cours de séances de speed-dating, derrière une paroi vitrée, car garçons et filles vivent dans des compartiments séparés, mais sous l'œil de caméras embarquées.
Zoom instantané sur Léonor, la sculpturale rousse, au caractère volcanique et farouche, qui cache aussi de nombreux complexes. Orpheline de dix-huit ans, elle porte de lourdes cicatrices traumatisantes, liées à son enfance malheureuse et rejetée. Depuis, Léonor a développé une attitude de défiance et a opté pour une stratégie psychorigide pour aborder son aventure, même si deux garçons ne vont pas tarder à percer sa carapace et la toucher plus que de raison. 
L'héroïne n'est pas l'unique cas d'école dans ce casting taillé sur-mesure, où défilent des personnalités qui semblent toutes sortir du même moule (famille dysfonctionnelle, stigmates, plaie béante, besoin d'une seconde chance). Bref. On ne tombe pas de haut à la lecture des révélations prodiguées, mais ce choix de retenir des candidats aux abois est proprement délibéré de la part de la productrice de l'émission. Serena McBee, la figure médiatique qui cristallise tous leurs espoirs, est en effet animée d'une ambition dévorante, comme il apparaîtra vite dans le déroulement de l'histoire, en dévoilant l'envers du décor avec ses plus féroces abjections.  
Voilà qui fait miroiter une lecture palpitante et jouissive, qui se réserve aussi le droit de nous servir des clichés sur plateau doré, avec des personnages gnangnan et des intrigues qui ne risquent pas de nous défriser, mais c'est le pari à prendre en YA. Malgré tout, j'ai été agréablement surprise par ma lecture. Une lecture qui a su littéralement me “happer” et m'entortiller dans ses grosses ficelles. C'était résolument excitant. J'avais beau souffler, rouspéter, froncer les sourcils, je refusais néanmoins de lâcher l'affaire. J'étais comme le poisson dans l'eau, complètement ferrée.
Et diantre que c'est bien fichu ! Douze jeunes gens qui partent la fleur au fusil, avec des rêves d'amour plein la tête, puis qui comprennent dans quel traquenard ils sont tombés, hélas tardivement. On devient alors ce téléspectateur derrière son écran, avide de sensations nouvelles, se demandant qui décrochera la première étoile dans chaque classement, s'attendant à des interactions impétueuses, se demandant jusqu'où notre vilaine de service va tisser sa toile pour piéger davantage de nigauds, spéculant sur l'issue du voyage avant de pester contre ce point final qui survient au moment crucial. Bah voyons.
Je suis donc en train d'écouter le deuxième épisode, 
Phobos : Il est trop tard pour oublier (Phobos 2). ^-^

Texte lu par l'adorable Maud Rudigoz pour Audible FR / Juillet 2016  (durée : 11h 36)

©2015 Robert Laffont (P)2016 Audible FR

Phobos : Il est trop tard pour regretter (Phobos 1) | Livre audio

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Le premier tome de la nouvelle série de Victor Dixen, double lauréat du Grand Prix de l'Imaginaire.

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23/09/16

Agatha Christie, le chapitre disparu, de Brigitte Kernel

Agatha Christie, le chapitre disparu

Au cours de l'hiver 1926, déjà éprouvée par le décès de sa maman, Agatha Christie découvre la liaison de son mari Archie avec sa secrétaire et se sent trahie. L'écrivain s'effronde, n'envisage pas le divorce et quitte le domicile sur un coup de tête. Au volant de sa Morris Cowley, Agatha prévoit de se jeter dans l'étang de Silent Pool, mais le destin va en décider autrement. Agatha Christie va alors mettre en scène sa disparition avant de se planquer au Swan Hydropathic Hotel à Harrogate dans le Yorkshire. Pendant dix jours, l'épouse bafouée va changer son apparence et prétendre être Teresa Neele, une veuve sud-africaine, tandis que la presse se déchaîne en faisant les gros titres de la mystérieuse disparition de l'éminente Agatha Christie ! Assassinat ou kidnapping, les spéculations n'en finissent plus de pleuvoir. Le colonel Archibald Christie est sous les feux de la rampe, suspecté d'être un maillon de la chaîne, après la révélation de sa relation adultérine avec la jeune Nancy Neele. Quel scandale ! Mais Agatha n'exulte pas dans son coin. Repliée dans sa chambre d'hôtel, l'écrivain est au plus mal. Malheureuse, déboussolée, trompée, et malgré tout amoureuse, elle se console dans l'écriture d'un roman sentimental (Loin de vous ce printemps, qu'elle publiera sous le pseudonyme de Mary Westmacott). Elle prétend aussi souffrir de pertes de mémoire et anticipe déjà sa sortie de scène. Car le temps est compté, même si la reine du crime a humilié publiquement son mari et la police, elle a encore toutes les cartes en main et compte bien jouer son dernier atout ! 

Brigitte Kernel s'empare du chapitre V de l'autobiographie d'Agatha Christie, ce fameux chapitre V qui évoque sa disparition en décembre 1926, et au sujet duquel elle n'entend éclaircir aucun point. C'est le chapitre fantôme ! À partir de là, B. Kernel se glisse dans la peau d'Agatha pour reconstituer les heures sombres et dramatiques de son passage à vide. Le but n'est pas de crier victoire en tirant des conclusions personnelles, chacun est amène de juger si ce portrait de la romancière anglaise correspond à ses attentes. En ce qui me concerne, j'ai fortement apprécié l'idée, le subterfuge, la dérobade ! L'image d'Agatha est certes moins rigoureuse, femme fragile et borderline, avec un penchant pour le mélodrame. Toutefois, cette histoire qui mêle amour, vengeance et manipulation a fait d'Agatha Christie l'héroïne de sa plus belle énigme et peut se targuer d'être LE mystère qui ne sera jamais pleinement élucidé. Le reste n'est que littérature. Brigitte Kernel, en tant que romancière, s'est emparée du sujet avec beaucoup de tact et de classe. En tant qu'interprète, elle livre aussi une belle prestation et on reconnaît là son expérience de dame de la radio !  Très bon à lire, ou à écouter ! 

Texte lu par Brigitte Kernel - durée : 5h 13

©2016 Flammarion (P)2016 Le Livre Qui Parle

Agatha Christie, le chapitre disparu : La reine du crime a-t-elle été kidnappée ? | Livre audio

>> Livre audio disponible en exclusivité sur Audible (uniquement en téléchargement).

 

 

« Voilà, le livre est fini. J’ai posé le point final. Le titre : Une autobiographie. Je ne me sens pas très à l’aise. Mon éditeur va s’en rendre compte… Des pages manquent : ma disparition à l’hiver 1926. Pourtant, j’ai bien écrit ce chapitre. Des pages et des pages, presque un livre entier. Mon secret. Ma vie privée. Une semaine et demie qui n’appartient qu’à moi. »

 

 

 

 

14/09/16

Écoutez lire : Le Petit Nicolas & autres histoire inédites, de Sempé & Goscinny

Pour chasser le blues de la rentrée, retrouvons le Petit Nicolas dans ses savoureuses histoires qui font passer l'école, les copains, les parents et la routine pour des valeurs sûres et réconfortantes ! ... Allez zou, dans la playlist !  

Six histoires inédites du Petit Nicolas

Au programme ! Nicolas et ses copains ont très envie d'aller au cinéma pour voir le dernier film sur D'Artagnan, mais décrocher l'accord du père n'est pas une sinécure. Nicolas a eu une mauvaise note en orthographe, au grand mécontentement paternel, seulement le garçon va fortement l'impressionner en étalant sa culture au moment de répondre aux questions d'un jeu à la radio en toute spontanéité. Le lecteur, lui, comprendra. Lors de la visite des parents dans la classe des garçons, les adultes ne tarissent pas d'éloges sur le comportement irréprochable des enfants, tous sages et appliqués, comme la maîtresse leur avait demandé, et puis un problème de mathématiques va soudain chiffonner les papas qui se chamaillent quant à sa solution. Le père de Nicolas reçoit la visite d'un vieux camarade de classe, mais celui-ci va briser l'image modèle en racontant des anecdotes coquines sur les bêtises de leur enfance. 

Ce sont grosso modo 43 minutes de bonheur à écouter des histoires pleines d'humour et de fraîcheur sur la vie de Nicolas et ses copains. Un petit vent de nostalgie souffle aussi sur la lecture, qui n'est pas pour me déplaire. 

Les trois comédiens, Alain Chabat, Patrick Timsit et Elie Semoun, prêtent à tour de rôle leur voix au Petit Nicolas (chacun jugera de la prestation réciproque, en notant des petites préférences) mais globalement ils ont tous su restituer la candeur et l'espièglerie des jeunes héros. 

Musique originale: Christian Piget

La bonne surprise et autres histoires inédites du Petit Nicolas

Changement de disque, mais le contenu lui reste le même : des farces, des batailles, des punitions, des bonnes blagues et de la rigolade. Sept histoires inédites pour faire rire et sourire les petits et les grands.

En classe, Nicolas a réalisé le plus beau lapin en pâte à modeler et montre fièrement sa création à la maison, et là c'est le drame. Crise familiale avec grosse dispute hystérique. Franchement, le talent de Nicolas est incompris ! Pour avoir ramené une mauvaise note en arithmétique, Nicolas essuie la colère de papa et doit prendre des cours particuliers avec un jeune étudiant qui prend des billes et des rails de train pour faire sa leçon, seulement il se fait prendre la main dans le sac et claque la porte de la maison, sous le coup de l'humiliation. 
Le Bouillon est remplacé par Monsieur Mouchabière pour surveiller les garnements pendant la récréation, il est nouveau et beaucoup plus jeune. Les enfants choisissent de jouer aux avions et se donnent des noms de pilotes, mais Geoffroy veut être Buffalo Bill ! Dispute, punition, etc. Le surveillant ne rigole pas, puis s'emballe à force de regarder les garçons jouer aux aviateurs, et bam ! ... face-à-face avec le directeur et le Bouillon. Gloups. 
Nicolas et ses copains veulent bâtir un château-fort à la hauteur de leurs moyens (bouts de carton, feutres, babioles), quand papa décide d'intervenir en se lançant dans un projet toujours plus fou et ambitieux ! C'est sans se douter que les garçons ont également prévu de jouer à la guerre...
En rentrant à la maison, papa annonce une bonne surprise : 
une nouvelle voiture, toute verte. Au même moment, un gendarme lui colle une contravention car il a garé sa voiture devant sa propre porte de garage. Maman également est fâchée de n'avoir pas été concertée pour ce nouvel achat, son voisin se mêle des affaires de papa, Nicolas est rabroué, bref c'est la dispute générale et la surprise qui prend un goût de vinaigre.
Et pour finir, 
Marie-Edwige, la fille des voisins, une jolie petite blonde, invite Nicolas à jouer dans son jardin, le garçon découvre alors un nouveau jeu : l'infirmière. Puis tente de battre la fillette aux courses, mais aussi à la pétanque. Rien n'y fait, Marie-Edwige arrange les règles à sa sauce. Nicolas se lasse de perdre et décide de prendre sa revanche aux dames. Quel mauvais joueur ! ^-^

Benoît Poelvoorde est un narrateur excellent dans le genre: dynamisme, humour, fraîcheur, drôlerie. On ne se lasse pas d'écouter les histoires de Nicolas !

Musique originale : Michel Korb.

Le ballon et autres histoires du Petit Nicolas

On enchaîne avec les disques, on ne compte plus, c'est tellement rigolo à lire et à écouter ! Voici de nouveau sept histoires qui évoquent à merveille l'enfance, l'insouciance, les bêtises et les copains... 

Nicolas n'a pas de chance, sa mère vient de lui acheter un ridicule pull-over bleu avec un petit canard et se doute que ses copains vont se moquer de lui à l'école. Il est hargneux, cherche la bagarre mais la maîtresse calme le jeu à force de cajoleries qui font rougir toute la classe. Résultat, tous les copains réclament à leur maman le même pull ! 
Une nouvelle épicerie vient de s'ouvrir, selon un tout nouveau concept : pas de vendeur dans les rayons, on prend ce qu'on veut, on remplit son chariot métallique, puis on passe en caisse. Et là, c'est la fin du mythe. Ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de vendeur que tout est gratuit ! Le supermarché vient de voir le jour, bonjour le choc des cultures ! ^-^
Nicolas prend connaissance d'un concours pour gagner une voiture. Le jeu est simple : il suffit de reconnaître des monuments célèbres. Le garçon se voit déjà au volant de son bolide et crâne devant ses copains. Et déjà les mômes se chamaillent car tous veulent monter dans la belle voiture mais Nicolas est très pointilleux. Finalement, ça fait trop d'histoires avec les copains, et aussi à la maison, du coup Nicolas renonce au concours.  
Pour s'occuper sur leur terrain vague, la bande a l'idée de créer un cirque. Les garçons se distribuent leur rôle (dompteur, acrobate, clown, etc.), ils prévoient la musique et la publicité avec de grandes affiches. Et les indispensables cacahuètes à vendre à l'entrée... Ah oui, le jeu devient un vrai cirque ! 
Nicolas se rend avec sa maman Au Grand Magasin et reçoit en cadeau un ballon de baudruche. Au retour, au moment de monter dans le bus, la mère surprend un bambin avec le même ballon qui éclate sous leur nez. Perplexe, maman décide de rentrer à pied sans demander son reste. Le chemin est long, pénible. Même papa est déjà rentré avant eux ! En voyant le ballon de Nicolas, papa a aussitôt envie de faire une blague à leur voisin M. Blédurt. Il glisse le ballon le long de la haie, juste au moment où M. Blédurt passe son sécateur, et bim ! Le père et le fils sont hilares, alors que maman est en pétard.
Geoffroy explique à ses copains qu'il prend des cours de judo et tente de faire une prise sur Alceste... Alceste, ce bon costaud qui ne décolle pas du sol. Les garçons pouffent de rire, et ça dérape : leurs
 jeux de brutes sont réprimandés par Le Bouillon qui n'entend rien à l'école de la loyauté. 
Et enfin, c'est l'Évènement. 
Tonton Eugène, le frère de papa, invite toute la famille au théâtre pour voir une opérette. Nicolas est fou de joie et s'embrouille avec les copains, certainement jaloux, mais rien n'entâche l'excitation du môme. Il n'a pas faim, a peur d'arriver en retard, est complètement survolté. Sa mère s'inquiète et pense qu'il est un peu fatigué. Non, non, Nicolas s'accroche à son rêve comme un forcené. Au moment d'arriver au théâtre, l'ambiance ouatée et chaleureuse enveloppe le garçon.. qui va s'écrouler de fatigue sur l'épaule de sa maman !  

Une lecture un brin nostalgique, avec ses chaussettes hautes, son vouvoiement, son mode de vie un brin désuet, ses vieux clichés sexistes, qui donnent néanmoins des repères réconfortants en recréant cette ambiance qu'ont connu vos parents ou grands-parents. Les activités sont dans l'ensemble enfantines, jamais mesquines. Certes, on se chamaille beaucoup entre copains, mais on se réconcilie aussi très vite ! C'est tout le bonheur de l'enfance, tout le charme et toute la tendresse... Benoît Poelvoorde y est excellent. 

Musique originale de Michel Korb.


Gallimard Jeunesse, coll. Écoutez Lire - en téléchargement sur Audible

 

Audible été enfant


07/09/16

Juste une ombre, de Karine Giébel

Juste une ombre

Cloé Beauchamp ne connaît pas l'échec : à trente-sept ans, elle est à deux doigts de décrocher le poste de directrice générale d'une agence de publicité et file le parfait amour avec le beau Bertrand. Brillante et ambitieuse, elle ne doute de rien. Pourtant, depuis quelques semaines, rien ne va plus dans sa vie parfaite.
La jeune femme est en effet persuadée d'être traquée par un individu mais ne parvient pas à convaincre son entourage ni la police de cette probabilité. Et à force de vouloir leur bourrer le mou, elle passe pour une folle. Pire, on la sent sur la corde raide, victime de surmenage et sensible aux hallucinations. En fragile équilibre sur une pente glissante.
Ainsi, tout ce qu'elle avait réussi à construire est en train de se casser la figure (boulot, amour, amitié, famille). Rien ne va plus dans la vie de Cloé, au bord de la crise de nerfs. Quand, enfin, elle décroche l'attention d'un flic, elle soupire d'aise et compte se servir de lui pour prouver à tous qu'elle n'est pas dingue. Or, Alexandre Gomez n'est pas un flic ordinaire.
Mis sur la touche après une bavure, le type, qui ne surmonte pas son récent veuvage, est en train de partir en roue libre. Il est grossier et odieux, n'est pas tendre avec Cloé, n'éprouve aucune compassion pour elle et la trouve insupportable. Il s'accorde néanmoins à reconnaître l'existence d'un détraqué qui la harcèle à l'insu de tous.
Soulagement général ? Que nenni. 
L'histoire continue de prendre un plaisir sadique à brouiller les pistes et à nous faire croire tout et n'importe quoi. C'est très perturbant. On partage le désarroi de l'héroïne, sans trop savoir sur quel pied danser. On ne s'apitoie pas trop sur son sort non plus, car Cloé n'est pas du tout attachante, même si on trouve sa situation vachement tordue à vivre. De toute manière, la frontière entre le vrai, l'acquis et le fantasme est hyper mince. On croit détenir un bout de la vérité, et bam c'est l'impasse.  
Cette lecture est juste diabolique, elle se joue du lecteur sur toute la ligne, elle est à la fois pesante, longue, lourde et frustrante. Par contre, elle est remarquable de rouerie. La fin, clairement, déchire tout. C'est bluffant jusqu'au point final. Et ça rattrape tous les défauts mineurs du roman. Chapeau.  

 

Texte lu par Nathalie Spitzer en exclusivité pour Audible (durée : 15h 08) / Août 2016

2012 Univers Poche (P)2016 Audible FR

Juste une ombre | Livre audio

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05/09/16

Le Rituel de l'ombre, par Eric Giacometti & Jacques Ravenne

Le Rituel de l'Ombre

L'histoire s'ouvre en avril 1945. Le Troisième Reich est sur le point de s'effondrer. Sur ordre de dignitaires nazis, un convoi SS quitte Berlin en flammes pour évacuer de mystérieuses caisses. Au même moment, un professeur de neurologie est sauvagement assassiné, suivant le rituel évoquant la mort d'Hiram. Un coup de masse sur l'épaule, un sur la nuque, le dernier sur le front. 

Soixante ans plus tard, une archiviste est exécutée sur le même mode. Détail troublant, son travail consistait à éplucher des documents d'archives maçonniques qui avaient été pillés par les nazis, récupérés par les Russes et rendus aux francs-maçons. La même nuit, à l'université hébraïque de Jérusalem, un archéologue en possession d'une énigmatique pierre gravée est tué à son tour. Comme Hiram. 

Le commissaire Antoine Marcas, maître maçon, et Jade Zewinski, responsable de la sécurité de l'ambassade de France à Rome, vont mener l'enquête ensemble clopin-clopant. La jeune femme nourrit une rancune féroce à l'égard des francs-maçons, tandis que Marcas en affiche toute la panoplie et l'érudition. Le duo est au départ explosif, avant de se découvrir une attirance soudaine et incontrôlable. Ce revirement de situation a juste été risible, mais passons.

Marcas et Zewinski ont contre eux des tueurs chevronnés, appartenant à la Société Thulé, une confrérie occulte qui combat la maçonnerie depuis des lustres. Leurs agissements sont implacables et sans limites. L'histoire plonge judicieusement dans une atmosphère sombre et angoissante, selon une mécanique bien ficelée.  

De manière générale, Éric Giacometti et Jacques Ravenne nous introduisent dans une série sans prétention, avec pour toile de fond l'énigmatique franc-maçonnerie dont on découvre les coulisses, les rouages et le passé historique à grand renfort de descriptions pertinentes. Des points faibles demeurent : l'intrigue globale manque de force et les personnages de charisme, trop de discours fleuve et une sensation de bavardages inutiles. L'action aussi est en demi-teinte, et le dénouement en-dessous des attentes.

Je me lance cependant dans la lecture du prochain tome pour mieux juger cette série et croire au final que ce livre est une simple mise en bouche dont les longues explications ont un peu alourdi la dégustation.

Le lecteur choisi par Audible n'est autre que l'excellent Julien Chatelet. Son interprétation est limpide, agréable et donne justement envie d'écouter la suite. 

>> Ce livre audio est en exclusivité sur Audible - disponible en téléchargement.

©2005 Univers Poche (P)2016 Audible FR

Texte lu par Julien Chatelet (durée : 13h 12)

Le rituel de l'ombre (Antoine Marcas 1) | Livre audio

 

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Mémoire cachée, de Sebastian Fitzek

Mémoire cachée roman

Le point de départ de ce thriller évoque celui de La Mémoire dans la peau, de Robert Ludlum, mais aussi L’Armée des 12 singes, de Terry Gilliam. Un type se réveille dans Berlin, blessé et amnésique. Il ne sait plus qui il est (le nom Noah est tatoué dans sa paume droite). Il n’a aucune idée d’où il vient. Il ignore pourquoi il se trouve à Berlin mais comprend rapidement qu'il est en danger. Recueilli par Oscar, un sans-abri, il part avec lui en quête de son destin.

Au même moment, à Manille, un foyer de grippe se déclare, qui bientôt se transforme en pandémie. La planète entière est touchée. Les aéroports de New York sont placés en quarantaine. On compte les victimes par dizaines de milliers. Et la psychose s'installe. Un groupe d’extrémistes semble s'en frotter les mains, quand la question soudain se pose : Noah est-il complice ou victime ?

Le début de l'intrigue est redoutable : suspense, rythme, mystères et rebondissements font du roman un rendez-vous appréciable, qui surprend, qui accroche et qui tient en haleine. J'ai pendant longtemps été interpellée par les ressorts de l'histoire, dont l'intensité dramatique est remarquable (un héros frappé d'amnésie, des tueurs à ses trousses, une pandémie de grippe galopante = jackpot gagnant). 

Les événements s'enchaînent sur une cadence régulière et soutenue. Puis, l'ensemble s'essouffle et se noie en détails improbables, en explications lentes, longues et laborieuses. D'où une petite déception qui déteint sur l'enthousiasme d'entrée de jeu. Mauvais point aussi sur la place que prennent les rôles féminins dans l'intrigue : de simples potiches, sujettes à leurs troubles hormonaux. Pff.

La version audio est lue par Alexandre Donders, très bon dans sa lecture, son intonation des voix, son interprétation des rôles, veillant à ne pas se ridiculiser avec les voix féminines. Une lecture appréciable, qui aurait été plus percutante avec un dénouement moins abscons.

Traduit de l'allemand par Céline Maurice pour L'Archipel (2016).

>> Ce livre audio en exclusivité sur Audible - uniquement disponible en téléchargement.

Texte lu par Alexandre Donders (durée : 15h 41)

Mémoire cachée

 

 

03/08/16

Vous prendrez bien un dessert ? de Sophie Henrionnet

Vous prendrez bien un dessert

Un réunion au sommet attend la famille Labarre, tous conviés à fêter Noël et les 90 ans du patriarche dans un chalet loué à la montagne. L'occasion est trop belle pour passer au crible les acteurs de cette comédie grinçante, dont le principal ressort n'est pas de divertir mais bien de rappeler que les portraits figés n'existent que sous cloche ! 
Il y a entre autres le grand-père grivois, la grand-mère léthargique, les rejetons déglingués, le fils aîné qui se débat avec des soucis financiers pour maintenir à flot l'entreprise familiale, le frère avocat qui brille au volant de sa décapotable et au bras d'une bimbo à la carrosserie tout aussi impressionnante, la fille engluée dans une maternité qui l'encombre, un petit-fils qui s'excuse d'exister, une autre qui s'emmêle les pinceaux à avouer son désir de plaquer ses études de commerce, une copine venue exprès pour la soutenir et qui subit les mains baladeuses du pépé... 
Ce réveillon tourne à la soupe à la grimace, et c'est ça qui rend ce roman caustique et mordant ! 
On savoure les secrets dévoilés, les mensonges, les frustrations, les ressentiments et les aigreurs en puissance. C'est du lourd. N'imaginez pas vous attabler auprès d'une tribu chaleureuse et conciliante, ici les sourires sont contrits et les rires jaunes. On n'éprouve aucune compassion, à l'exception du petit Paul, et on a juste envie de glisser un laxatif dans leurs coupes de champagne pour constater les effets en gloussant.
Le ton n'est pas drôle, pas volontairement, il se veut cruel et acide, il égratigne et bouscule la bienséance, il déstabilise et use de son cynisme pour piquer à merveille. Personnellement, j'aime les histoires de famille, j'aime y pointer les dysfonctionnements qui font reprendre à zéro les acquis et qui donnent une autre idée du clan symboliquement uni et solidaire.
Chez Sophie Henrionnet, les masques tombent pour mieux révéler des figures effrayantes ! On en grincerait des dents. ^-^
Les portraits manquent sans doute d'étoffe, les personnalités sont trop stéréotypées, on voit défiler un panel d'individus sans goût, sans odeur et on n'en retient qu'une brève essence, mais ce n'est pas grave. L'auteur a du talent et prouve aussi qu'elle peut changer de registre avec tact et intelligence. Ce jeu de chaises musicales n'est pas pour me déplaire ! 

Texte lu par Benoît Allemane (Durée : 4 h 31) pour Audible FR (juillet 2016)

Vous prendrez bien un dessert ? | Livre audio

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©2015 Daphnis et Chloé (P)2016 Audible FR

 

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29/07/16

Jusqu'à ce que la mort nous unisse, de Karine Giébel

Jusqu'à ce que la mort nous unisse

Après deux lectures pleinement enthousiasmantes (De force, Les Morsures de l'ombre), confirmant le potentiel de Karine Giébel, je découvre Jusqu'à ce que la mort nous unisse. Un roman qui se passe dans les montagnes, avec Vincent Lapaz, un guide meurtri par une rupture amoureuse qu'il ne parvient pas à cicatriser (et dont il cherche à exorciser la douleur en collectionnant les conquêtes sans jamais s'attacher) et la jeune Servane Breitenbach, fraîche recrue de la gendarmerie. 

Entre ces deux-là, naît une tendre complicité, sans ambiguïté. Ils ont pour terrain de jeu la nature belle et sauvage, mais parfois hostile, avec ses braconniers, ses coups bas et ses cadavres. Touché personnellement, Vincent se décide à réclamer justice en se lançant dans une enquête sensible avec le soutien sans faille de Servane. C'est ensemble qu'ils vont donc remuer le fumier masquant les magouilles entre notables, qui voient d'un mauvais œil cette intrusion (et emploieront les grands moyens pour y mettre un terme). 

Je dois reconnaître que l'ambiance rustique et montagnarde renferme un charme fou. On s'y sent à l'étroit, à crapahuter sur des chemins rocailleux, toujours au bord du précipice, la sensation de vertige est tenace, mais le cadre est parfait pour y camoufler ses petits secrets et mener une existence à l'abri des regards curieux. Seulement, au bout d'un moment, l'histoire continue d'emprunter des tours et détours qui, après m'avoir longtemps fait espérer un intérêt quelconque dans le déroulement de la trame romanesque, ont fini par me lasser. Ce roman est extrêmement déroutant dans sa conduite poussive et nous bricole deux, trois sursauts pour ne pas sombrer dans l'inertie, mais c'est bien pour sauver les apparences. L'intrigue est en effet routinière, elle manque d'action et de rebondissements, elle est aussi beaucoup trop longue et sans grande surprise au final. Une lecture un brin décevante eu égard à mes attentes.  

Texte lu par Olivier Blond pour Audiolib (Juillet 2016) durée : 15h 20

Jusqu'à ce que la mort nous unisse | Livre audio

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©2009 Univers Poche (P)2016 Audible FR

 

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