09/05/18

Mange prie aime, de Elizabeth Gilbert

Changer de vie, on en a tous rêvé... Elle a osé !

Mange, prie, aime

Dans le genre « je réfléchis à ma vie et je cherche la voie du bonheur » - façon Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n'en as qu'une de Raphaëlle Giordano - je dis STOP. Je n'en peux plus. Car je réalise que je ne suis PAS DU TOUT réceptive à cette tendance. Preuve avec ce roman d'Elizabeth Gilbert qui m'a semblé long, bavard et peu intéressant.

À 31 ans, pleurant à chaudes larmes dans sa salle de bains, Elizabeth comprend qu'elle n'est pas heureuse et décide de mettre un terme à son mariage. Elle se console auprès d'un amant toxique, sombre dans la dépression avant de partir pour un voyage vers de nouvelles expériences. En Italie, Elizabeth cède à ses instincts d'épicurienne. Pâtes, pizza, pains et glaces... Elle fait une razzia, prend douze kilos mais se sent en paix avec son corps. Elle continue son périple en se rendant en Inde où elle s'installe dans un ashram et s'astreint à une rigueur ascétique pour parfaire sa quête spirituelle. Après quoi, elle part à Bali et rencontre un homme d'affaires brésilien. Elle est séduite, comprend que le temps de la disette sexuelle est révolu. Amen. Elizabeth est pleinement épanouie et peut rentrer à la maison.

Tout ceci résonne un peu trop nombriliste et simpliste. De plus, son personnage incarne également l'archétype de l'américaine complaisante, égocentrique et sans difficulté financière (tant mieux) mais inspire au final beaucoup d'ennui et peu empathie. En bref, j'ai trouvé son parcours peu convaincant. Et ma lecture décevante.

À noter que l'interprétation de Catherine Creux - pas désagréable mais un peu pédante - a sans douce exarcerbé mon scepticisme. Mais ceci n'est qu'une affaire de goût... J'aimerais donner une 2nde chance à l'auteur en suggérant La Tentation du Homard à Audiolib ou Audible Studios. Merci. ☺

©2008 Calmann-Lévy. Traduit par Christine Barbaste

(P)2018 Audiolib / durée : 14h 30 env.

Le roman a été adapté au cinéma en 2010, avec Julia Roberts et Javier Bardem (jamais vu, pas envie non plus).

 

Posté par clarabel76 à 15:30:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,


01/05/18

Minute, papillon ! d'Aurélie Valognes

Sélection #Club_Audible AVRIL 2018

minute papillonÀ 18 ans, Baptiste annonce à sa mère qu'il quitte la maison pour s'installer chez sa petite copine. Rose est effondrée. En claquant la porte, le garçon a également lancé un ultimatum - il ne reprendra contact qu'après avoir eu vent de l'identité de son père ! Dans la foulée, Rose perd son boulot de nounou et accepte de devenir dame de compagnie pour une famille complètement toquée.
Cinq heures plus tard, on ressort de cette histoire avec un sourire niais. Et la conscience aigüe d'avoir lu une bluette légère et suintante de bons sentiments. C'est tellement doux et miraculeux. Gare aux allergiques à la guimauve, autant de providence peut donner envie de se cogner la tête contre le mur !
Aurélie Valognes propose néanmoins un roman sans prétention, qui évoque avec sincérité la conflictuelle relation entre une mère et son enfant. Pour elle, « le roman se veut une pause, un merci particulier dans ce monde qui fonce, un minute papillon pour se recentrer sur ce qui est important et pour dire les choses à ceux qui comptent vraiment... ».
Le ton est cependant simpliste et bourré de clichés - l'accent de Jane Birkin, le brushing de Catherine Deneuve, le petit air de Jessica Chastain. On retrouve aussi facilement le même humour, les mêmes séquences téléphonées et les mêmes personnages stéréotypés. Il n'y a pas d'originalité et on a la sensation de toujours lire la même chose. De plus, c'est très court. D'où l'impression que le roman survole les détails et demeure trop superficiel.
Ceci dit, la lecture est charmante et distrayante. Elle offre une vraie tranche de bonne humeur (très appréciable). Mais j'ai préféré Nos adorables belles-filles ou Mémé dans les orties du même auteur, car ici les personnages ne sont pas attachants.
Très bonne lecture audio, réalisée par Maia Baran (voix plaisante et intonation enjouée).

 

©2017 Mazarine / Librairie Arthème Fayard

(P)2018 Audiolib. Texte lu par Maia Baran (durée : 5h env.)

 

1- Quel est votre avis général sur l’histoire ? 

Histoire agréable, pleine de bons sentiments, mais qui en fait beaucoup trop pour que l'ensemble soit crédible.

2- Quel a été votre passage préféré ? Et celui que vous avez le moins aimé ? 

Tout est lisse et attendu, à tel point que rien ne se distingue en bien ou en mal. 

3- Rose : l’avez-vous perçue comme faible ou forte ? Vous êtes vous retrouvé en elle ? Ou souhaitiez-vous lui donner des conseils ? 

Rose est faible et beaucoup trop passive ! Des conseils ? Qu'elle cesse d'être spectatrice de sa vie. Et surtout, qu'elle rabroue son fils ! 

4- Selon vous, peut-on véritablement parler d’une évolution psychologique du/des personnage(s) ? 

Je ne pense pas que ce roman prétende être autre chose qu'une lecture légère et sans prise de tête. Évolution psychologique ? - do you speak french ?

5- Connaissiez-vous déjà l’auteure ? La narratrice ? 

Déjà lu Aurélie Valognes en audio. Déjà écouté d'autres livres lus par Maia Baran (Twilight, Entre ciel et Lou, La ville orpheline).

6- Pensez-vous qu'une suite soit possible ?

Non, inutile ! ☺

Posté par clarabel76 à 19:45:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

19/04/18

Les Misérables, de Victor Hugo

Édition abrégée, lue par Philippe Sollier.

les miserablesUne hérésie aux yeux de certains, un compromis pour d'autres... Cette édition abrégée peut diviser, pour ma part j'ai choisi mon camp - quelques 7 heures d'écoute contre 56 heures en version intégrale. Amen. Mais il n'est pas dit que je n'y reviendrai pas un jour ou l'autre !
Cette édition est avant tout une invitation au public jeunesse à s'imprégner d'un grand classique, d'en picorer l'essence et d'en savourer la flamboyance. En bref, se réconcilier avec les œuvres intemporelles. Ces dernières sont souvent le fruit de lectures contraintes, de mauvais souvenirs scolaires, de monuments impénétrables et d'auras interdites. 
Il est bon de dépoussiérer tout ça et de faire sa propre expérience... petit bout par petit bout. D'où cette lecture par Philippe Sollier dont la voix énergique et caressante nous embarque dans cette fresque romanesque aux côtés de Jean Valjean.

Ancien forçat, celui-ci voit sans cesse son passé le rattraper et doit à une rencontre providentielle sa résolution de devenir un homme bon et pieux. Il va ainsi disparaître quelques années, prendre une nouvelle identité (M. Madeleine) et se bâtir une existence prospère à Montreuil-sur-mer.
Jean Valjean a opéré une totale rédemption. Il est désormais un homme respecté quand il croise la malheureuse Fantine, puis l'inspecteur Javert, mais comprend que son sort est jeté. Il doit de nouveau s'enfuir et se cache dans un couvent à Paris, non sans avoir tenu sa promesse en tirant la petite Cosette des griffes des Thénardier... L'homme et la fillette vont ainsi vivre à l'abri du monde et prennent le nom d'emprunt de Fauchelevent.
Pendant ce temps, Marius fait son apparition. Fougueux et idéaliste, ce fils de la bourgeoisie rompt avec son milieu pour rejoindre un groupe de révolutionnaires. Il roule dans la misère, croise une jolie demoiselle au jardin du Luxembourg, tombe fou amoureux et sombre dans le désespoir après le départ de sa dulcinée. L'âme en peine, il rejoint les barricades et livre une farouche résistance aux côtés de ses camarades.

La littérature contemporaine est, par comparaison, bien pâlichonne quand on ressort de cette lecture ! L'histoire est en effet captivante - même si elle a été tronquée, ne respectant plus le travail de l'auteur, dont on cherche à bâillonner la pensée, diront les plus récalcitrants. Et blablabla. Fin du débat.
Cette version abrégée n'enlève rien du génie. De la perspective d'une épopée grandiose. De la sensation grisante de plonger dans une ambiance électrique. De vivre une quinzaine d'années auprès de personnages mémorables. De s'attacher à leurs parcours, leurs amours et leurs drames.
On aime, on déteste. Je trouve que cette édition est pleine de mérite et offre une vision exaltante du courant romantique du XIXe siècle. C'est un premier pas vers une arène plus grande, plus riche, plus foisonnante...“Il faut de l'inutile dans le bonheur. Le bonheur, ce n'est que le nécessaire.”

 

(P)2018 Audiolib. Texte lu par Philippe Sollier en 7h 42.

Les cinq volumes des Misérables bénéficient également d'un enregistrement exceptionnel prodigué par les éditions Thélème. Texte lu par Michel VuillermozÉlodie HuberPierre-François Garel,Louis ArèneMathurin Voltz

 

« Ce n'est rien de mourir ; c'est affreux de ne pas vivre. »

 

Posté par clarabel76 à 18:45:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , ,

16/04/18

Je te vois, de Clare Mackintosh

Tu fais la même chose tous les jours - Quelqu'un d'autre le sait

je te vois clare mackintoshLors de son trajet de retour dans le train, Zoe Walker croit reconnaître sa photo dans un journal à petites annonces mais sa famille la détrompe en arguant qu'elle se fait des illusions. Toutefois, ce détail la turlupine et la pousse à compulser les précédentes éditions pour découvrir d'autres portraits de jeunes femmes illustrant le même site de rencontres. La panique la gagne quand elle réalise que certaines auraient été agressées, et vraisemblablement traquées par des abonnés qui les pisteraient grâce à des informations achetées sur un site internet. Par chance, Zoe trouve une oreille compatissante en la personne de Kelly Swift, ancienne enquêtrice criminelle, désormais affectée à la brigade des transports publics. Elle aussi rumine une ancienne affaire d'agression sexuelle, dont elle revit les heures sombres à travers le cas de Zoe. Persuadée que ses angoisses sont bien fondées, l'agent Swift va outrepasser ses fonctions et aborder la question sans détour. Résultat, je m'attendais à une lecture assez ordinaire et au final, je me retrouve avec un roman au suspense bien maîtrisé - et dont je n'avais absolument pas deviné la fin ! Rien que pour ça, cela vaut le coup de s'y attarder. Au programme, attendez-vous à de l'action lente, à de la manipulation mentale, à de la névrose et à la perspective glaçante d'être une cible potentielle à force de répéter la même routine ou d'afficher sa vie sur la toile. Paradoxalement, cette histoire installe un vrai climat de confiance, où l'on s'imprègne des pensées des personnages, on partage leur vie familiale et on côtoie leurs drames intimes. En même temps, on perçoit une voix inquiétante et la sensation malsaine du danger imminent, donc la position est loin d'être confortable. Certes, tout n'est pas parfait (longueurs et lourdeurs) mais globalement le roman s'en tire bien grâce à son tour de passe-passe final. J'ai d'ailleurs préféré ce titre au précédent, Te laisser partir.

© 2017 Pour la traduction française par Françoise Smith pour Hachette Livre (Marabout)

(P)2018 Audiolib. Texte lu par Marcha Van Boven. Durée : 12h

Très bonne lecture faite par Marcha Van Boven ... qu'on retrouve également dans la série Laurie Moran de Mary Higgins Clark & Alafair Burke.

Posté par clarabel76 à 18:45:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , ,

13/04/18

Les loyautés, de Delphine de Vigan

les loyautés delphine de viganHélène, professeur de SVT au collège, constate des signes alarmants chez un élève. Théo a treize ans et souffre du divorce de ses parents qui se déchirent. Son père a perdu son boulot, vit cloîtré chez lui, n'a plus un sou en poche et s'abrutit d'expédients pour oublier sa déchéance. Le môme a interdiction d'en parler à quiconque. Même pas à son meilleur copain Mathis, dont la mère s'inquiète de son influence néfaste et lui ordonne de ne plus le fréquenter. Mais les garçons ont trouvé ensemble un nouveau jeu : boire le plus possible d'alcool et tester leurs limites. Et puis, tout s'emballe. Mathis ne veut pas laisser tomber son pote et ment à sa mère, qui découvre avec horreur les agissements haineux de son mari sur internet. Théo cherche le point de non-retour, tandis que Hélène sent ses propres souvenirs remonter à la surface. J'avoue qu'aux premières notes de la lecture, je me demandais dans quelle galère j'étais tombée. Tout est grisâtre, amer et désolant. Et pourtant, la petite musique a su me happer. Le roman est court, il s'écoute en seulement 4 heures mais il frappe fort. L'enchaînement des portraits est mécanique et intransigeant, les vérités sont implacables, l'intimité est dévoilée dans toute sa fragilité... C'est bouleversant. Cela résonne comme un cri désespéré et pourtant l'écho est silencieux. L'écriture est élégante, à la fois subtile et concise, pour décrire le désarroi. L'ensemble est bon mais lourd, surtout quand on a déjà le moral dans les chaussettes. Cette somme de circonstances malheureuses inspire en effet des sentiments multiples, où se mélangent la perplexité, la fascination et l'engourdissement. Un roman sombre qui risque bien de hanter son lecteur au-delà du point final...

©2018 Éditions Jean-Claude Lattès (P)2018 Audiolib

Texte lu par Marie Bouvier, Odile Cohen et Olivier Martinaud. Trois chants sensibles pour évoquer la corde raide de ces âmes en peine. Très belles interprétations.

 

 


30/03/18

La disparition de Josef Mengele, par Olivier Guez

Sélection #Club_Audible Mars 2018

La disparition de Josef Mengele1949 : Josef Mengele arrive en Argentine. Caché derrière divers pseudonymes, l'ancien médecin tortionnaire à Auschwitz croit pouvoir s l'inventer une nouvelle vie à Buenos Aires. L'Argentine de Perón est bienveillante, le monde entier veut oublier les crimes nazis. Mais la traque reprend et le médecin SS doit s'enfuir au Paraguay puis au Brésil. Son errance de planque en planque, déguisé et rongé par l'angoisse, ne connaîtra plus de répit... jusqu’à sa mort mystérieuse sur une plage en 1979.

1- Qu’avez-vous pensé du ton du narrateur/auteur ?

Détaché. Morne. Glaçant. 

2- Selon vous le problème émanait-il du ton du narrateur ou du récit en lui-même ?

Certes le texte est lourd, mais le ton du narrateur est beaucoup trop solennel et déprimant.

3- Quelle a été votre assiduité d’écoute ? 

Je pensais l'écouter rapidement (6h, c'est peu) et puis j'ai vite freiné des deux pieds car l'histoire est lourde, le personnage de Josef est détestable au possible, sans compter les informations qui deviennent vite étouffantes à force de les accumuler. Du coup j'ai ralenti, pour souffler et tenter de mieux apprécier la lecture.Mais cela a été difficile.

4- Avez-vous été choqué/surpris/dérangé par les actes réalisés par Joseph Mengele et décrits dans le livre ?

Choquée, horrifiée, dégoûtée... ce type incarne l'ignominie humaine dans toute sa splendeur. Sans scrupules. Absence de remords. Conviction de son bon droit. Refus de débattre de ses actes. Lâcheté. Mépris total etc. Une belle ordure ! Et ses expériences, au nom de la science, mygod, on a beau avoir eu connaissance de telles horreurs dans nos manuels d'histoire, c'est toujours une claque d'en découvrir l'ampleur dans un roman. 

5- Quel a été votre passage préféré ?

Préféré, aucun. L'ensemble du livre a eu sur moi un effet de marée noire. J'étais comme engluée, franchement écœurée et j'ai suffoqué à maintes reprises, par contre j'étais curieuse de comprendre l'étendue de la fuite des nazis après-guerre, la large complicité et les réseaux organisés pour complaire à leurs exigences, couvrir leurs actes et identités. La prise de conscience de l'holocauste dans la mémoire collective est survenue progressivement, d'où les nouvelles chasses à l'homme et les combats menés par les Klarsfeld par ex. Au final, c'est plein de petits passages marquants.

- Dernière question : quel rôle donnez-vous à l'interview finale de l'auteur par rapport au récit et au travail de l'auteur ?

L'interview est complémentaire à l'écoute du roman. C'est toujours éclairant de comprendre les motivations de l'auteur et son approche avant de se lancer dans l'écriture.

 

©2017 Éditions Grasset & Fasquelle

(P)2018 Audiolib. Texte lu par Olivier Guez (durée : 5h 47)

La disparition de Josef Mengele est une plongée inouïe au cœur des ténèbres. Anciens nazis, agents du Mossad, femmes cupides et dictateurs d'opérette évoluent dans un monde corrompu par le fanatisme, la realpolitik, l'argent et l'ambition. Voici l'odyssée dantesque de Josef Mengele en Amérique du Sud. Le roman-vrai de sa cavale après-guerre.

 

Posté par clarabel76 à 20:00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

21/03/18

Trois baisers, de Katherine Pancol

Trois baisersBim bam boum, ils sont de retour ! Ils s'étalent sur 845 pages, prennent leurs aises pendant 20 heures, se livrent et se confessent, jouent, trichent et s'éparpillent... Les Plissonnier-Cortès, Valenti, Grobz, Courtois, Dupin et compagnie nous font tourner la tête et toujours battre le cœur, au cours d'une lecture passionnante et ô combien réconfortante.

Cela ressemble à une réunion familiale au sommet. Une convocation générale pour prendre des nouvelles des uns et des autres - Hortense prépare sa première grande collection avec un défilé sensationnel au Plaza, comprend la notion de désir dans un escalier du Fouquet's et harcèle Junior de questions sur son grand peut-être, Zoé s'interroge sur son avenir, carmélite ou actionnaire, elle chancèle, le cœur palpitant, comme sa maman Joséphine, qui panique de n'être plus aimée, éternellement sotte et fragile, Gary arpente les trottoirs de New York et est sidéré face à un vin français, foudroyé par la révélation, Calypso s'endort pour cent ans, Stella retrousse ses manches, lave à coup de javel les souvenirs meurtris, Adrian rêve en grand, Tom tombe amoureux, Ray Valenti brille de mille feux, Fernande s'envole pour Mexico, Henriette et Elena font des affaires...

En gros, les histoires se nouent, s'emmêlent, se tendent et éclatent dans un joyeux bordel. Ça fait des étincelles et ça crépite ! La communion est sacrée. Ce que le public ressent est lié à ce que vivent les personnages. Les espoirs, les envies, les doutes, les peurs, les sombres pensées. On partage tout, on rit, on tremble, on pleurniche, on hurle, on inspire, on cherche le staccato, on gratte les tickets de tombola, on regarde les Oscars à la télé, on reçoit des trempes, on se rebiffe, on ouvre des livres, on fait ses courses, on danse sur du Cloclo. C'est tout bon. Pas forcément intense et palpitant. Mais on se sent bien. Et puis, on a clairement nos préférences (Hortense ! Gary !), nos attentes et nos impatiences, on relève les transitions, les creux, les flous, les fièvres (euh... Junior ? du grand d'importe quoi !). On a conscience que le gros navire, parfois, tangue et s'égare, tout en adoptant un rythme de croisière agréable et délassant. En tout cas, j'ai pris place à bord, en frétillant de bonheur, et j'ai beaucoup aimé mon voyage !

Marie Ève Dufresne est également indissociable à mon plaisir de lecture. Son interprétation est impeccable, élégante, mesurée et enveloppante. J'aime infiniment. Sa voix fait aussi partie du succès de la saga - un rendez-vous incontournable avec mon autre tribu, une famille de papier où toutes les personnalités s'incarnent et forment un ensemble attachant. C'est difficile de les abandonner ! ☺

©2017 Éditions Albin Michel (P)2018 Audiolib (durée : 20h env.)

==================================================

« Partons dans un baiser pour un monde inconnu. » Alfred de Musset

Posté par clarabel76 à 08:45:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

09/03/18

La Sélection, de Kiera Cass & lu par Claire Tefnin

la sélection audiolibEn toute franchise, cette série est loin d'être une découverte - car déjà lue lors de sa parution en 2012. J'avais, à l'époque, été totalement séduite par l'emballage et la mièvrerie ambiante. En apprenant que la série était maintenant disponible en format audio, mon cœur de midinette a de nouveau fait boum. Je suis faible, je suis curieuse, je suis guimauve jusqu'au bout des ongles. Amen. J'ai ainsi replongé dans quelques 7 heures d'une lecture pleine de fanfreluches, de sucre et de miel. C'est assumé. Et j'ai suivi une Claire Tefnin se métamorphoser en America Singer, héroïne ô combien décriée, dans cette jolie bluette romantique.

Trois cents ans ont passé, durant lesquels les États-Unis ont croulé sous les dettes, subi l'invasion de la Chine puis lutté pour leur indépendance, d'où la création du royaume d'Illéa, une monarchie basée sur un système de castes. Afin de plaire au peuple, le palais a coutume d'organiser un grand jeu télévisé, la Sélection, au cours duquel 35 filles de toutes origines doivent se distinguer pour ravir le cœur du prince héritier, Maxon. Parmi elles, se trouve la rousse et volcanique America Singer, dont les motivations sont purement matérielles et détachées, car la belle a le cœur brisé par un autre soupirant, qu'elle voyait en cachette depuis deux ans. Bien évidemment, America tape dans l'œil du prince et survole la compétition et ses concurrentes. Elle incarne  l'indépendance, la franchise, la noblesse, l'abnégation et la bienveillance. Elle connaît le peuple, elle comprend les coups durs, elle a les pieds sur terre et elle n'affiche aucune ambition dévorante. En gros, c'est une sainte et c'est agaçant.

L'histoire ressemble donc à un conte de fées, avec son cadre enchanteur et son prince charmant, ses sentiments balbutiants et sa tendresse dégoulinante. Le jeu télévisé est passablement mis en avant, on songe même à un mix approximatif du Bachelor & des Hunger Games, même si ce n'est ni sexy ni trash, mais seulement niais et lisse. Il y a quelques pestes dans le lot, des attaques de renégats, des vérités voilées et des discours pompeux qui font paraître le prince affreusement obséquieux. Tout n'est que poudre aux yeux, et c'est justement pour ça qu'on mord à l'hameçon. En dépit des défauts manifestes, le roman exerce une vraie addiction sur l'auditeur. Impossible de décrocher une fois qu'on a la mélodie dans les oreilles. La mise en scène est agréable, la réalisation musicale distrayante et la voix de Claire Tefnin entraînante. Et bim, j'ai été complètement possédée. Mais qui n'a jamais cédé à quelques plaisirs coupables dans sa vie de lectrice ?

Ce roman à la couverture sublime est donc un pur moment de délectation, simple et sans équivoque ! ☺

©2012 Kiera Cass / Éditions Robert Laffont, traduction de Madeleine Nasalik

(P)2018 Audiolib. Texte lu par Claire Tefnin. Durée : 7h env.

Parution du Tome 2 courant mai 2018

==============================================

Posté par clarabel76 à 10:00:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , ,

05/03/18

Élisabeth Princesse à Versailles 1. Le Secret de l'automate - 2. Le Cadeau de la reine, d'Annie Jay

Elisabeth princesse à VersaillesCette charmante série, découverte depuis 2015, connaît un joli succès en librairie, avec ses 10 titres en rayon et ses emballages délicieusement poudrés. Audiolib s'empare à son tour du phénomène en éditant les deux premiers tomes réunis sous le même format, à écouter en moins de 3 heures, grâce à l'interprétation élégante et enjouée de Charline Paul.

Dans le courant des années 1770, l'éducation des princesses, Élisabeth et Clotilde, est confiée à Madame de Mackau, une sous-gouvernante chargée de canaliser le tempérament capricieux et indiscipliné de la cadette. Vexée de passer pour une idiote, Élisabeth accepte de rentrer dans le rang mais refuse de se séparer de sa nouvelle camarade, Angélique. En plus d'avoir tissé une amitié sincère, toutes deux se passionnent pour les énigmes. Elles viennent en effet de trouver un billet caché dans un automate, avec un message codé qu'elles doivent déchiffrer pour poursuivre leur enquête. De Versailles à Choisy, les copines parcourent les jardins, les salons et autres recoins secrets du château, sans jamais sacrifier leurs leçons et autres devoirs d'usage liés au rang de la princesse et sa demoiselle de compagnie. Au fil de leurs aventures, elles vont s'attacher l'aide non moins précieuse du jeune page, Théophile de Villebois, et du fringant apprenti valet, Colin.

En somme, cette lecture déborde de grâce et de fraîcheur. Annie Jay excelle dans le registre des séries historiques, avec une écriture intelligente et soucieuse du détail, elle nous fait voyager dans le temps et entrouve avec discrétion des portes habituellement fermées. On croise ainsi la famille royale dans son quotidien, on découvre les us et coutumes de la Cour de Versailles, avec son étiquette corsetée mais enjolivée exprès pour un auditoire (dès 8 ans) fasciné par le faste et le tralala. Ici, les princesses sont exubérantes et bousculent les traditions, toujours partantes pour vivre des intrigues pleines de mystère et d'audace. C'est adorable et pimpant ! J'ai vraiment passé 3 heures d'écoute agréable, avec juste une pointe de naïveté qui compose savamment le récit. C'est à déguster sans réserve !

©2015 Albin Michel Jeunesse (P)2018 Audiolib

Texte lu par Charline Paul. Durée: 2h 50 env.

La série est illustrée par Ariane Delrieu.

 

26/02/18

On la trouvait plutôt jolie, de Michel Bussi

On la trouvait plutot jolie

Dans son petit HLM à Port-de-Bouc, près de Marseille, Leyli Maal élève seule ses trois gosses - Bamby, Alpha et Tidiane - et tient à une cohésion familiale envers et contre tout. Comme l'obligation de prendre ensemble le repas du soir, à heure fixe. Mais les aléas du quotidien rendent parfois les promesses difficiles à tenir, car l'une part en quête de ses origines, l'autre se lance dans le business et le petit dernier de dix ans défend son rituel de la lecture avant le coucher. La belle Leyli mène plusieurs combats de front et rêve du jour où elle pourra enfin poser les armes (trouver un grand appartement, un job sous CDI, de la confiance, de l'amour, du bonheur). C'est auprès de son voisin, Guy, qui affiche sans honte son aversion pour “l'exotisme”, ou Ruben, son nouveau patron déjanté, qu'elle confie son histoire, depuis son enfance à Segou, un petit village près de Bamako, sa brusque cécité, son choix de l'exil et sa rencontre avec une association chargée de venir en aide aux migrants...

Se dresse ainsi un long parcours chaotique, interrompu à plusieurs reprises par l'avancée d'une enquête policière (un type est assassiné dans une chambre d'hôtel, puis un deuxième et ainsi de suite). L'histoire frise parfois la profession de foi, avec une Leyli qui évoque son itinéraire douloureux et son espoir en une vie meilleure. On passe facilement en revue toutes les vicissitudes du système, les flux migratoires, les dérapages politiques, les dénonciations voilées et la misère humaine comme bouc émissaire. J'entends tout ça, mais je ne suis pas emballée, c'est trop lisse et bien-pensant, ancré dans un registre trop d'actualité. L'histoire de Leyli est touchante, les personnages aussi sont attachants, mais disons que la sauce ne prend pas. La lecture est loin d'être aussi captivante que les autres romans de Michel Bussi déjà lus. J'ai été moins tenue en haleine, et même si je n'ai pas vu venir le fameux “twist”, je n'ai pas non plus été abasourdie !

Un rendez-vous de routine, pas mal en attendant mieux la prochaine fois. ☺

 

©2017 Michel Bussi / Presses de la Cité (P)2017 Audiolib

Texte lu par Marie Bouvier. Durée : env. 14 h.

==================================

 

 

Posté par clarabel76 à 11:45:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,