13/06/19

En attendant le jour, de Michael Connelly

En attendant le jourLieutenant de police dans la brigade de nuit, quartier Hollywood, Renée Ballard a coutume de transférer ses dossiers à la fin de son service car l'enquête ne lui appartient plus. Cette fois, elle ne se résout pas à abandonner aussi facilement sa double affaire de fusillade et d'agression mais obtient un sursis pour approfondir le dossier.
Cette partie de l'histoire n'est pas très originale dès lors qu'on lit souvent du Connelly car on retrouve grosso modo ses bonnes vieilles ficelles usées.

Par contre, LA nouvelle héroïne de l'auteur n'est franchement pas sympathique. Elle vit seule avec son chien. Elle a grandi à Hawaï sur une planche de surf jusqu'au jour où son père a disparu en mer. Elle n'a plus que sa grand-mère pour se soucier d'elle. Elle a d'abord été journaliste avant de s'engager dans la police. Ses rapports avec ses collègues sont également problématiques (son poste serait d'ailleurs une punition).
Par contre, Ballard est un produit 100% Connelly - un personnage de flic entier et sans concession, buté et farouche, défiant sa hiérarchie et les conclusions hâtives. Mais elle demeure trop inaccessible et froide. Juste un nom, même pas un prénom. Car l'auteur insiste sur du Ballard tout du long... jamais Renée. C'est saoulant et l'écart se creuse.
Non vraiment j'ai été moyennement conquise par cette lecture. L'enquête criminelle est plate et factuelle. Bien sûr l'auteur adresse un clin d'œil à son personnage iconique et sous-entend qu'il va faire une apparition dans le prochain roman. En attendant, cette nouvelle série n'a pas été à la hauteur de mes espérances.

©2017 / 2019 Titre original (États-Unis) : The Late Show / Traduction de Robert Pépin pour Calmann-Lévy (P)2019 Audiolib

Très bonne écoute grâce à une interprétation pondérée de la lectrice. Du rythme, de la tenue, de l'intrigue. Un format audio tout à fait convaincant !

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04/06/19

Raison et sentiments, de Jane Austen

Raison et sentimentsMes souvenirs de lecture ayant été embrumés par le film d'Ang Lee, j'avais l'impression de redécouvrir le roman de Jane Austen pour la toute première fois. D'où une certaine tiédeur dans les premiers chapitres car je trouvais les sœurs Dashwood beaucoup moins sympathiques.
Célibataires sans le sou, Elinor et Marianne doivent quitter leur domaine pour un cottage plus modeste en perdant tout espoir d'un avenir radieux... mais vont adroitement retomber sur leurs pieds. Ceci dit, leur prospérité ne sera acquise qu'après quelques déboires puisqu'elles s'entichent de prétendants qui vont aussi leur échapper. La première s'incline, en toute humilité. La bonne âme. Par contre la deuxième, plus expansive, frise l'indécence en bombardant l'élu de son cœur avec des petits mots doux qui ne trouvent pas écho. 
Cette Marianne... J'ai longtemps cru partager les mêmes passions et soutenir ses excès. Vingt ans ont passé. Et là, me dis-je, que fait sa mère ?! Ce serait néanmoins trop réducteur de résumer Jane Austen à de simples badinages amoureux. Les émotions sont en effet plus profondes et subtiles. Point de séquences théâtrales. Place à une société oisive, qui babille en toute insouciance et qui colporte d'incessantes rumeurs sur le voisinage, tout en mariant les uns et les autres pour occuper de longues heures creuses. 
Les héroïnes de Jane Austen apparaissent toujours un peu superficielles et sottes au premier abord. Je tiens d'ailleurs à souligner le potentiel insoupçonné de Lucy Steele (et le plaisir manifeste de l'auteure à tailler son portrait et épingler ses travers). C'est caustique à souhait. On adore.
Car il y a de l'humour derrière tout ça... Lorsque Marianne rencontre le Colonel Brandon, celui-ci évoque sans complexe ses rhumatismes et ses gilets en flanelle ! OMG. Oubliez le remarquable Alan Rickman... (et sa sublime mission de sauvetage). Las, les hommes n'ont probablement pas le plus beau rôle dans notre affaire. Et tous ces Edward, Willoughby ou autres spécimens ont finalement bien peu de valeurs. L'auteure les utilise comme des pions, jouant de leur vie et de leurs sentiments, avec une somptueuse malice.
C'est la leçon à retenir. Ou du moins, la perspective réjouissante d'une relecture sans accroc et la garantie d'une admiration sans borne.

©1979 Christian Bourgois Éditeur. Traduction de Jean Privat ©2012 pour la présente couverture chez 10x18

(P)2017 Audiolib lu par Cachou Kirsch (durée : 12h env.)

Couverture de Raison et sentiments

 

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10/05/19

L'Égarée, de Donato Carrisi

l'égarée audiolibPoint final d'une trilogie entamée avec Le Chuchoteur puis avec L'Écorchée, ce roman m'a premièrement désarçonnée car il n'y avait aucune trace de Mila Vasquez ni le moindre éclaircissement sur ce qu'on avait fait miroiter.
Ceci dit, la lecture n'a pas longtemps souffert de cette contrariété et j'ai vite mordu à l'hameçon en focalisant mon attention sur l'histoire de Samantha Andretti, une disparue qui refait surface au bout de 15 ans. Un psychiatre à son chevet cherche à comprendre le dédale dans lequel elle s'est perdue. La police veut mettre la main sur son tortionnaire. Et un détective privé reprend du service pour solder la dette qu'il a vis-à-vis de la famille.
Globalement le roman est angoissant, pesant et affolant. Carrisi a coché chaque case du cahier des charges pour produire un thriller contemporain efficace. L'affaire est lourde, l'enquête brumeuse. Bref. La lecture nous glace le sang dans les veines mais le pompon revient aux derniers chapitres. Ou comment l'auteur nous retourne le cerveau avec virtuosité.
Sans trop en dévoiler, c'est excellent ! J'aurais pu parier que c'était joué d'avance... et puis je hausse les épaules de bonne grâce. Voilà. La boucle est bouclée. On redresse le museau et on respire un bon coup. Cette trilogie vaut qu'on s'y arrête malgré les atrocités qu'elle contient et sa galerie de personnages cabossés. Elle incarne le Mal là où on ne s'y attend pas et cette perspective est à elle seule sidérante donc redoutable.

©2018 Calmann-Lévy. Traduit par Anaïs Bouteille-Bokobza. Titre VO : L'Uomo del Labirinto (P)2019 Audiolib

Grande lectrice de livres audio, j'ai appris à reconnaître les voix et faire le tri parmi les comédiens - Antoine Tomé figure hélas sur ma liste noire. Désolée. Mais sa propension à caricaturer les personnages féminins est insupportable. C'est crispant comme pas possible. Il faut écouter la Trilogie Bill Hodges de Stephen King pour s'en rendre compte. Imaginez une intrigue pétrifiante avec une intonation nasillarde - non, vraiment - c'est éreintant. Pour cette fois, le roman étant relativement court, j'ai vaincu mes réticences et passé un bon moment.

PS : À quand la suite des aventures de Marcus le prêtre amnésique (cf. Le tribunal des âmes) ? Roman lu par Jean-Michel Vovk.

 

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09/05/19

Rituels, par Ellison Cooper

Rituels ellison cooperCe roman est tortueux à souhait !

Sayer Altair croyait avoir tout compris des profils psychologiques des tueurs en série mais une récente enquête risque de chambouler toute sa science ! On vient de trouver, dans une maison abandonnée, le corps d'une jeune fille à qui l'on a injecté une drogue hallucinogène utilisée par les shamans durant les cérémonies rituelles. D'étranges symboles mayas sont également découverts, mais les indices n'ont pas fini d'orienter les enquêteurs vers un criminel à la logique implacable.

Scènes de crimes complexes, un tueur en série particulièrement retors, des enquêteurs baladés du début à la fin... j'ai même craint que trop de fausses pistes tuent le dénouement. J'ai déjà lu ça et cela a flingué le roman (cf. ce bon vieil Harry Quebert).
Mais bon, là franchement, je n'ai rien vu venir. Et c'est plutôt pas mal.
Il y a aussi un aspect addictif dans cette histoire (rythme, tension, mouvement) qui a rendu ma lecture obsédante et remarquable. On ne perd pas de temps, on cavale de gauche à droite. On suit Sayer dans une course contre la montre, avec un regard circonspect autour de soi. On vit ce roman à fond ! Et l'héroïne n'a pas tout dit donc on risque fort de la retrouver.
Par contre, l'explication finale est pour le moins paradoxale. Je dis ça, je dis rien.

Dernière chose, la lecture audio a aussi été profitable à cette lecture : Audrey d'Hulstère est excellente. Ajoutez une réalisation sonore pertinente, avec effets spéciaux ou vocaux, ce qui nous plonge littéralement dans l'ambiance. J'ai tendu l'oreille jusqu'à la dernière minute pour ne rien louper de ce scénario complexe et tendu. 

©2018 Le cherche midi. Traduit par Cindy Colin Kapen. Titre VO : Caged. (P)2019 Audiolib

 

05/05/19

Au petit bonheur la chance, d'Aurélie Valognes

Au petit bonheur la chanceLorsque Jean débarque pour vivre chez sa grand-mère Lucette, à seulement six ans, c'est rude d'être séparé de sa mère. Granville, c'est le bout du monde. Il faudra une éternité avant leurs retrouvailles.
Chez sa mémé, le garçon apprend d'abord à compter les saisons puis s'adapte aux nouveaux rendez-vous : la messe, le tricot, le potager, les vacances avec les cousins, le maître d'école, les lignes à copier, le copain facteur, les cartes de Paris.
Les années passent. Entre le môme et sa mémé, se tisse également un attachement profond et sincère que les aléas du destin vont mettre à mal. Car Lucette vieillit et accuse des coups de fatigue. Il est temps pour Jean de reprendre place dans sa famille.
Coup de fil à la maman. Rencontre sur un quai de gare. Le garçon n'a toutefois plus les yeux remplis d'amour aveugle envers celle qui lui a donné naissance. La réalité s'impose à lui - sa vraie vie l'attend, en Normandie. Bref.
Au début, l'histoire m'a beaucoup plu. C'est frais, simple, adorable et innocent, un peu vintage aussi, avec ce goût de l'enfance dans les années 68-70. Très sympa, sans prétention. J'étais d'humeur guillerette à écouter cette jolie comédie... jusqu'à ce que ça vire au mélo et là, j'ai moins accroché. OK pour la tendresse et l'émotion, on en a toujours besoin, par contre ça sonne creux. C'est gentillet, lisse, complaisant. En fait, à part Mémé dans les orties, il me semble que les romans d'Aurélie Valognes se mélangent tous dans ma tête et ne me laissent aucun souvenir - oups.

La voix audio choisie est masculine - choix étonnant - on ne s'attend pas du tout à une voix grave pour raconter le parcours d'un enfant de six ans. D'un autre côté, Patrick Borg vient ainsi casser l'idée d'une lecture trop mielleuse.Tendez l'oreille, c'est aussi la voix de David Boreanaz (Seeley Booth ou Angel pour les amateurs). Résultat, j'ai bien aimé ce décalage même si le roman n'offre pas non plus une gymnatisque sensationnelle, tout juste une évasion vivifiante.

©2018 Mazarine (P)2019 Audiolib

 

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03/05/19

Il est grand temps de rallumer les étoiles, de Virginie Grimaldi

Il est grand temps de rallumer les étoilesAprès une série noire de lectures qui me filaient le bourdon, j'ai accueilli ce roman avec un sourire béat aux lèvres. Quel bien fou il apporte ! Son histoire est pourtant simple : une mère acculée par les dettes choisit de tout plaquer au volant d'un camping-car pour filer droit jusqu'au Pôle Nord. Ses deux filles râlent mais qu'importe... c'est désormais une question de survie.
Durant deux mois, Anna, Lily et Chloé vont vivre des aventures fabuleuses et miraculeuses. En compagnie d'un groupe de globe-trotteurs, elles vont parcourir la Scandinavie mais surtout crever l'abcès qui gangrène leur relation : une maman trop absente, un papa mis au piquet, une ado en quête d'amour et une autre en manque de confiance (qu'elle donne à son rat ou à son journal Marcel).
C'est drôle de les suivre et de participer à leur road-trip qui raconte aussi les hauts et les bas de la vie de famille, les secrets, les non-dits, les mensonges, les câlins, les coups de gueule, les désirs et les envies. Ça dit aussi qu'être maman à plein temps n'est jamais facile (on a le droit de se louper). Que les enfants grandissent trop vite et qu'ils n'ont pas toujours le bon mode d'emploi pour avancer sans trébucher. En tout cas, ça inspire un bonheur immense et ça invite à lâcher prise.
Parce que ce roman est léger, joyeux et bienveillant. Parce qu'il croit au destin et aux secondes chances. Parce qu'il arrondit les angles et fait grossir les yeux d'étonnement. Tout ça vaut bien 5 étoiles dans mon champ cosmique personnel. La version audio est de loin la formule crème fouettée du roman ! J'ai adoré la performance de Nathalie Hugo : on a l'intelligence, la tendresse, l'humour et la sensibilité. C'est parfait. On s'attache aux personnages, on voyage, on rit, on sourit, on s'esclaffe, on peste, on se dit ... quoi, non, pas possible, encore. Une lecture arrivée pile poil au bon moment.

©2018 Librairie Arthème Fayard (P)2019 Audiolib

 

01/05/19

Mon amie Adèle, de Sarah Pinborough

mon amie adelePouah pouah pouah. Quelle arnaque.
Je me souviens des avis dithyrambiques à la sortie du livre et de ma curiosité à découvrir ce phénomène. Quelques mois plus tard, je prends enfin connaissance du sujet : un homme et une femme se rencontrent dans un bar et échangent un baiser. 
Mais l'homme est marié. Il est aussi le nouveau patron de Louise. Son épouse Adèle devient son amie pour tromper sa solitude. Louise et David ont également une liaison dans le dos d'Adèle. De ce triangle amoureux, rien de bon ne peut en sortir. 
Évidemment on n'a pas tout lu ni eu connaissance de toutes les infos. Car Adèle n'est pas une victime. Elle fait de Louise sa complice, sa confidente. David devient un tyran dont on craint les réactions. Emballez c'est pesé. Sauf qu'on a encore tout faux !
En fait, ce roman s'amuse à raconter un peu n'importe quoi. Au fil des chapitres les versions n'ont de cesse de se renouveler. Manque de bol, tout ça m'a plutôt éreintée. 
Je n'ai pas été convaincue non plus par l'option prise par l'auteur pour boucler son roman. Là on atteint des sommets ! Je n'ai pas du tout adhéré. J'ai été agacée aussi par les personnages - la Louise qui fonce bille en tête et se mêle d'une affaire qui ne la regarde pas. Entre nous, c'est abusé et carrément tordu. D'où ma très grande déception. J'en espérais tellement...

©2017 Librairie Générale Française pour la traduction par Paul Benita. Titre VO : Behind her eyes (P)2019 Audiolib

Très bonne performance des trois lecteurs choisis par Audiolib pour incarner ce trio infernal : ambiance sombre et pesante pour thriller psychologique tendance malsaine et dérangeante... C'est du lourd !

 

29/04/19

Avalanche Hôtel, de Niko Tackian

Avalanche HôtelLe roman ne commence pas de façon très originale : un type se réveille la mémoire en vrac. Il croit travailler dans un hôtel luxueux puis découvre qu'il est policier et enquête sur la disparition d'une jeune fille. Ceci explique sans doute pourquoi il s'est perdu dans les montagnes enneigées, sauvé in extremis par un bon samaritain.
Enfin. Tout n'est pas clair dans cette histoire. Les première pistes nous laissent à penser une version et l'instant d'après d'autres révélations nous guident vers de nouveaux sentiers. Il faut croire que l'auteur manipule exprès le lecteur avec son personnage amnésique qui confond souvenirs enfouis et divagations oniriques. Sauf que...
On part loin, très loin dans un imbroglio pas possible. Où la vérité est ailleurs. Oubliez néanmoins Fox MulderJack Torrance ou même Jason Bourne. Joshua Auberson est un type ordinaire, semblant souffrir de troubles psychiques, lesquels vont l'entraîner dans une expérience bizarre mais pénible à suivre. La frontière entre rêve et réalité est d'ailleurs très mince - on bascule aussi entre présent et passé - mais on reste dans un brouillard sans fin et impénétrable.
Ce n'est pas facile d'apprécier un tel voyage. Quand bien même ça se lit rapidement, le rythme n'est étonnamment pas si vif et trépidant. Au contraire, j'ai trouvé que c'était plat, agrémenté d'un zeste de suspense, hélas peu croustillant au vu des attentes.
D'où une frustration au final - cette lecture ne m'a pas semblé aussi aboutie qu'un Vertige de Thilliez, voire L'Anneau de Moebius. Et puis l'ambiance devient de plus en plus lugubre et moins fantasmagorique en bout de course. Cela me laisse sceptique. À noter que la performance d'Olivier Chauvel, lecteur pour Audiolib, est excellente ! On ressent pleinement le mystère des lieux et les tourments du personnage, on a la sensation d'une immersion totale, dans le froid, le flou, la psychose... c'est glaçant.

©2019 Calmann-Lévy (P)2019 Audiolib

 

 

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Sœurs, de Bernard Minier

Sœurs Bernard MinierEn 1993, Martin Servaz débutait dans la police criminelle avec une affaire particulièrement corsée : deux frangines assassinées, attachées à des troncs d'arbres dans des tenues de communiantes. Comme elles idolâtraient un écrivain célèbre, les inspecteurs vont le prendre pour cible - interrogatoire musclé etc. - mais un événement inattendu va boucler le dossier précipitamment.
Vingt-cinq ans plus tard, l'épouse de cet écrivain est assassinée. Servaz est de nouveau sur le coup et retrouve un homme brisé. Encore une fois, l'enquête démontre que la fiction empiète le réel. Que cet homme cristallise de nombreux fantasmes. Au flic de tout démêler sans trop se perdre dans ce marasme.
Après ma lecture hallucinée de Nuit, il me fallait reprendre du service au plus vite. Si je n'ai pas lu Soeurs avec la même intensité ou la même fringale, je n'en sors pas mécontente non plus. Cette lecture n'est en effet pas avare en crimes tordus et autres rebondissements saisissants. En prime, elle offre une confrontation implacable entre deux personnalités pour le moins biaisées. Servaz qui revient de l'enfer, Lang qui flirte avec... On a aussi une orchestration millimétrée - aucun détail superficiel - et une histoire qui déroule son fil dans une ambiance pesante et dramatique.
Franchement, on a les synapses en surchauffe tant la manipulation est étudiée magistralement. On se surprend à relâcher la pression après le point final, réalisant alors qu'on n'en menait pas large ! Par contre, les personnages ne me touchent pas. Et apparemment, Servaz tire sa révérence dans cet épisode. Bon vent à lui ! Que voulez-vous...
Je n'oublierai pas de sitôt ce roman au caractère obsédant et qui se penche sur le milieu des écrivains, leur inspiration et leur public parfois trop envahissant. Bon point aussi pour la lecture audio faite par Hugues Martel !

©2018 XO éditions (P)2018 Audiolib

        REPRIS EN POCHE CHEZ POCKET (2019)

        

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08/04/19

L'Unité Alphabet, de Jussi Adler-Olsen

L'Unité AlphabetCourant 1944, deux pilotes de la RAF se crashent dans la campagne allemande et trouvent refuge dans un convoi de malades se rendant dans un hôpital militaire réservé aux officiers SS atteints de troubles psychiatriques. James Teasdale et Bryan Underwood comprennent aussitôt qu'ils doivent faire profil bas et se font passer pour des soldats allemands traumatisés. Sauf que leurs agissements ne passeront pas inaperçus au sein de leur unité... Mépris sur leurs intentions, ils seront malheureusement au cœur d'une terrible imposture dont ils vont subir les dommages collatéraux.

Au final, Bryan va réussir à s'échapper mais conservera longtemps le sentiment d'avoir abandonné son ami. Quand, trente ans plus tard, une délégation britannique pour les JO de Munich cherche à le recruter, il se fait violence pour retourner en Allemagne afin de boucler son enquête. Sur place, d'autres révélations. D'autres fantômes. Et des réponses insoupçonnées. Avec ce tout premier roman de Jussi Adler Olsen, publié en 2007, je partais confiante à l'idée de découvrir un autre univers que celui du Département V - oubliez ce cher Assad et la très bipolaire Rose, ça rigole moins. L'histoire est lourde et lente (peu d'action et personnages assez fades). Donc imaginez 16 heures à écouter une lecture ronronnante... j'ai eu ma dose rapidement. Impossible d'embarquer à bord. C'est plat, sans surprise. J'ai juste aimé Laureen et Bridget - qui tiennent des rôles secondaires mais qui sont deux bouffées d'oxygène dans ce décor opaque et étouffant. Un petit rendez-vous loupé... par contre je recommande de loin sa série avec Carl Mørck (tome 1 : Miséricorde lu par l'excellent Éric Herson-Macarel) : l'auteur a amélioré son style en distillant de l'humour... c'est mieux !

©2018 Albin Michel (P)2018 Audiolib

 

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