14/10/14

La théorie Gaïa, de Maxime Chattam

La Théorie Gaïa

Un couple de scientifiques, Peter et Emma DeVonck, accepte sans réfléchir une mission secrète qui va les conduire, l'un à l'observatoire du pic du Midi et l'autre à Fatu Hiva, en Polynésie française, dans le but de vérifier si les équipes de chercheurs sur place ne profiteraient pas de financements occultes pour se livrer à des expériences interdites. Or, la réalité sur le terrain est beaucoup plus effarante.

À l'instar des personnages totalement incrédules, on avance à l'aveugle, dans ce cauchemar sans nom. L'histoire, racontée par alternance, donne également le tournis en proposant deux ambiances différentes, l'une glaciale et l'autre tropicale. Mais toutes deux ont en commun d'être mystérieuses et angoissantes à souhait. L'auteur n'a pas fini de nous surprendre et nous réserve encore un tas de surprises et de sensations fortes. Car Chattam est redoutable, dans ce livre il fait peu de cas de l'action (lente et quasi inexistante), au profit de la suggestion. Un principe que j'ai trouvé diaboliquement efficace ! Du moins, les émotions sont palpables et le suspense entier. Chaque fin de chapitre est terriblement frustrante, puisqu'il faut généralement attendre le tour prochain pour connaître la suite (surtout pour l'histoire d'Emma... nettement plus effrayante, j'enrageais après chaque chute !).

En bref, c'est du bon, du brut, du suggestif, pour un thriller qui donne à réfléchir sur nos actes et les conséquences sur la planète (réchauffement climatique). La tension constante du récit est parfaitement rendue par l’interprétation sobre et intense de Laurent Jacquet. Excellent audiolib qui fait passer les 14 heures d'écoute comme une lettre à la poste. 

Audiolib, juin 2008 ♦ texte intégral lu par Laurent Jacquet (durée d'écoute : 14h environ) ♦ suivi d'un entretien de 45 minutes avec l'auteur 

Ce livre s'inscrit dans le Cycle de l'homme et de la vérité, en troisième position après Les arcanes du chaos et Prédateurs. Nul besoin de les lire dans l'ordre établi.


10/10/14

La Forêt des Mânes, de Jean-Christophe Grangé

La Forêt des mânes

En pleine détresse amoureuse, Jeanne Korowa, magistrate, célibataire, sans enfant, détourne les écoutes de son ex lors de ses séances chez son psy. Elle veut comprendre les raisons de leur rupture, mais découvre des échanges troublants entre le médecin et l'un de ses patients, un père d'origine espagnole, dont le fils, particulièrement instable, pourrait être le suspect principal dans la série de meurtres cannibales survenus dernièrement à Paris. Jeanne hésite à en parler à son ami François, chargé de l'enquête, et puis les événements se précipitent... La suite bascule dans l'horreur, et Jeanne plaque tout pour devenir une Lara Croft en puissance.

Côté positif, la lecture est rapide, prenante, bien ficelée... avec une héroïne frondeuse, qui tient les rênes et entraîne le lecteur à ses trousses. Mais l'ensemble manque parfois de cohérence et de véracité (oui, c'est souvent tiré par les cheveux !), accompagné d'une surenchère de violence, jusque dans les détails et la description des massacres. Un peu lourd à digérer. Le dénouement aussi m'a déçue, car je n'ai pas du tout été surprise. Toutefois, j'ai accroché de bout en bout, sans vouloir zapper la moindre piste. Ce n'est sans doute pas le meilleur J-C. Grangé, mais l'auteur parvient à nous lier à son univers sombre et angoissant. Rien que pour ça, je suis cliente !

Audiolib, novembre 2009 ♦ texte intégral lu par Laurence Haziza (durée : 16h 54) ♦ en format papier : Albin Michel ou Livre de Poche

Laurence Haziza se révèle une excellente interprète et donne à sa lecture un rythme tendu qui souligne la présence obsédante du mal. J'ai beaucoup apprécié écouter sa voix et sa manière de nous lire l'histoire ! 

09/10/14

Fakirs, d'Antonin Varenne

Fakirs

Une relecture, en version audio ! (top)

Un fakir se donne la mort sur scène, en pleine représentation. Pour John, son compatriote et seul ami, la nouvelle résonne comme une onde de choc. Il se rend immédiatement à Paris et rencontre le lieutenant Guérin et son adjoint Lambert, deux répudiés de la bridage du 36, mis au placard au département des suicidés.

Alan était un type désabusé et camé, mais sa disparition a le goût amer d'une mise à mort. Fait troublant, à peine un pied dans la capitale française, John est pris en chasse par deux types, qui lui réclament une dette laissée par Alan. Ce passage à tabac sonne pour lui le démarrage d'une enquête, en compagnie d'un ancien taulard qui vit reclus dans une cabane dans les bois, avec son chien.

Forcément, notre affaire se révèle plus pernicieuse, glauque et désolante. C'est noir de chez noir. Sans une once d'espoir à l'horizon. Les personnages sont des ombres errantes, des êtres désabusés, voués à finir brisés. Les derniers chapitres sont d'ailleurs éloquents, mais quel fichu bon roman ! Il vous colle une claque, vous cloue sur place.

De toute manière, c'est tout un ensemble qui se dévoile, pas seulement l'intrigue en elle-même (pourtant sans pitié), c'est aussi la forme : l'écriture incisive, le rythme narratif, l'atmosphère étouffante, le ton juste, sans concession. Et Jean-Michel Vovk, le lecteur pour Audiolib, adopte un accent grave, qui colle admirablement au caractère du récit. Un succès fort mérité pour ce roman réussi, récompensé par le prix Michel Lebrun en 2009.

Audiolib, septembre 2014 ♦ texte intégral lu par Jean-Michel Vovk  (durée : 8h 27)  suivi d'un entretien avec l'auteur

25/09/14

Hunger Games II - L'Embrasement, de Suzanne Collins

La suite, toujours aussi choquante et bouleversante ! 

Hunger Games II

Katniss a survécu aux Jeux mais doit affronter la colère du Capitole. La riposte, forcément, sera brutale, violente et sans pitié. En cause, la rescapée du District 12 a allumé la flamme de l'espoir. Celui d'un monde nouveau, libéré de ses chaînes. Katniss a cependant mis le feu aux poudres, sans intention de nuire au pouvoir en place. C'est trop tard pour s'en défendre. Désormais non seulement sa vie ne tient plus qu'à un fil, mais ses proches aussi sont menacés - le président Snow lui en a fait la promesse.

J'avais oublié à quel point ce livre était prenant et capable de vous mettre la tête à l'envers. Il est en effet très difficile de résister à la tension dramatique et l'impact émotionnel qui règnent tout du long. La mise en place est assez lente, alourdie par les interrogations de l'héroïne (Katniss ne brille pas par son discernement, hélas !!), ses atermoiements amoureux tellement puérils et secondaires, au vu de la colère en marche. Les peuples se rebiffent, le mécontentement gronde mais elle ne capte rien. C'est sa façon d'être, se barricader derrière une façade d'indifférence, afin de se préserver pour ne pas souffrir etc. Katniss ignore encore qu'elle est devenue un Symbole pour toute une nation... Bref, les enjeux politiques prennent ici une forme plus conséquente, même s'ils sont élaborés de manière plus pernicieuse et intestine.

C'est terriblement excitant, un peu rageant, mais palpitant. Dès l'annonce des prochains Jeux d'expiation (aux règles tordues), l'histoire s'emballe et les émotions sont fortes, ça vous noue l'estomac, vous colle une boule dans la gorge, vous prend aux tripes... dès lors, on retient son souffle jusqu'au point final. Re-dou-ta-ble. Carrément. L'immersion est totale, encore une fois j'étais à fond dans l'histoire. J'ai tout vécu, sans retenue. J'en suis sortie k-o. C'est fort, puissant et bouleversant. Mais tellement bon.

Bravo à Kelly Marot, la voix française de Jennifer Lawrence dans les films, de savoir entretenir le mythe et de participer à sa façon au phénomène de cette saga. L'une des meilleures sur le marché, n'hésitez pas !!

Audiolib, septembre 2014 ♦ texte intégral lu par Kelly Marot (durée d'écoute : 12h 02) ♦ traduit par Guillaume Fournier pour les éditions Pocket jeunesse

Le 3ème volet sort en Audiolib à la mi-Octobre !  

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23/09/14

La Faiseuse d'anges, de Camilla Läckberg

La Faiseuse d'anges

Que s'est-il passé le samedi de Pâques 1974, sur l'île de Valö ? Toute une famille a disparu, abandonnant une fillette d'un an, Ebba. Aujourd'hui, celle-ci est de retour sur l'île, avec son mari. Pas dans le but de fouiller le passé, mais pour fuir les souvenirs d'un drame récent : la perte de leur fils. À Valö, ils espéraient être en paix mais reçoivent en comité d'accueil une salve de violence inexpliquée : début d'incendie, coups de feu, tentatives d'intimidation et messages de mort. Patrik Hedström mène son enquête.

Erica, son épouse, est sur les charbons ardents. Son prochain sujet de livre porte justement sur la disparition de Valö ! Quelle coïncidence. Sans prévenir son mari, elle emberlificote Gösta, qui a connu l'affaire trente ans plus tôt, pour lui extorquer le maximum d'infos. Et étrangement, celui-ci, d'habitude nonchalant, manifeste un zèle hors norme et entend se dépouiller pour tirer au clair tout ce mystère. Ce drôle de duo va avancer à tâtons, mais avec efficacité.

D'autres arcanes se dressent dans l'ombre (les témoins du passé réunis pour briser l'omerta, les silences pesants d'Anna ou de Martin, l'inconnue Dagmar, tristement célèbre pour être la fille de « la Faiseuse d'anges »...), autant d'indices qui viendront se télescoper dans les dernières pages du livre. Un schéma déjà éprouvé, et pourtant bougrement redoutable !! J'ai cru mourir de frustration à un tournant de l'action, pfiou... c'est rude pour les nerfs.

Qu'on se rassure, on vibre, on tremble, on étouffe, on compatit mais on est pris dans l'engrenage. C'est un livre très réussi, qui combine le suspense, l'émotion, le lourd héritage du passé et un éclairage politique (terrifiant) qui devrait faire réfléchir « sur la direction que prend notre société ». Camilla Läckberg procède avec délicatesse, mais beaucoup de sensibilité féminine, ce qui rend ses livres toujours plus attachants à mes yeux.

Audiolib, août 2014 ♦ texte intégral lu par Jean-Christophe Lebert (durée d'écoute : 15h 03) ♦  traduit par Lena Grumbach pour les éditions Actes Sud

Lecture plaisante de Jean-Christophe Lebert, qui a repris du service et enchaîne les tomes depuis La sirène. C'est propre, sans fausse note, peut-être un peu grinçant dans son interprétation des voix féminines, mais c'est un détail sur lequel je suis très pointilleuse, donc je chipote souvent car je suis rarement satisfaite ! Mais j'apprécie le lecteur et sa voix, donc l'écoute est toujours très agréable, 15 heures et des brouettes en sa compagnie ne sont pas subies, mais pleinement entraînantes et vécues à ses côtés.



22/09/14

L'Homme aux cercles bleus, de Fred Vargas

« Victor, mauvais sort, que fais-tu dehors ? » 

L'homme aux cercles bleus

Un Fred Vargas tout jeunot (1996), qui nous introduit un Jean-Baptiste Adamsberg fraîchement promu au commissariat du 5ème arrondissement... here I go ! Et de le découvrir faire ses premiers pas auprès d'une équipe pantoise face à ses méthodes de travail peu orthodoxes : l'homme se perd régulièrement dans de longues réflexions intérieures, les bras croisés sur son buste, se livre à du gribouillage sur un bout de papier posé sur les genoux, ou se balade la nuit, souvent près d'un cours d'eau... il dort peu, et rarement seul. Adamsberg n'est pas un romantique, mais son âme est torturée par les souvenirs d'une petite chérie, silhouette fugace, croisée, aimée puis échappée sans crier gare. L'homme est nostalgique et a le cœur ravi.

Pas étonnant que son intérêt de flic s'arrête sur des affaires sordides, comme ces cercles bleus qui pullulent dans Paris. Il prévient Danglard, ça s'annonce mal. Un matin, ça va saigner... En attendant, il rencontre une océanographe de renom, Mathilde Forestier, qui se vante d'avoir croisé l'homme aux cercles bleus et d'être capable de le reconnaître. Adamsberg, forcément, est interpellé et pénètre dans l'appartement cossu de la scientifique, où se côtoient d'autres figures insolites : un bel homme aveugle et une vieille dame solitaire, accro aux petites annonces. Ce refuge de bras cassés est aussi l'antre des soirées arrosées, à soliloquer sur le monde et sur l'enquête du commissaire. Franchement, on sourit, on jubile, on gobe tout et on en redemande.

Ah mais c'est redoutable, sous couvert de tendres excentricités, on ne soupçonne pas l'incroyable ingéniosité de l'intrigue. Et c'est écrit avec rondeur, en jouant sur les mots, en se moquant des personnages avec affection, en distillant de l'humour aussi. Bref, c'est décalé, un brin philosophe, finaud et clairvoyant. On se régale ! Mais à quand une nouveauté, madame !??

Audiolib, août 2014 ♦ texte intégral lu par Jacques Frantz (durée d'écoute : 6h 23) ♦ disponible aussi aux éditions Viviane Hamy ou en poche J'ai Lu

19/09/14

Complètement cramé ! de Gilles Legardinier

Complètement cramé

Andrew Blake, un anglais très riche, n'a plus le goût de rien et se sent seul. Il décide de tout plaquer pour vivre en France, où il vient de se faire embaucher comme majordome dans un manoir. Une mise au vert qu'il pense bénéfique. Sur place, toutefois, il est tenté de faire machine arrière, effarouché par ses rencontres : Mme Beauvillier vit cloîtrée dans ses appartements, dans le culte de son mari décédé, la cuisinière, Odile, est revêche et guindée, le régisseur, Magnier, est un rustre sans cervelle, seule la femme de chambre, Manon, lui inspire une sincère sympathie (elle a l'âge de sa fille, qui lui manque cruellement). Malgré tout, l'oiseau fait son nid. Et par sa simple présence, Blake va révolutionner la vie des habitants du manoir... un pur bonheur !

Certes, le roman sifflote en ritournelle « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ». Car tout est bienfaisant, bien-pensant et insuffle tendresse et compassion. Eh oui, encore une lecture qui prône les valeurs de l'entraide et du partage. Ici l'auteur propose de faire table commune des petits malheurs des uns et des autres pour une coordination salutaire. Youhou. C'est délicieusement utopique, sans cynisme, tout simplement drôle et attachant. Et moi je raffole de ces lectures douillettes, qui laissent entrevoir un monde doux et joyeux, avec des spécimens rares et précieux, capables de redonner goût aux plaisirs simples de la vie.

Philippe Résimont enchante le lecteur par son interprétation virevoltante du flegme britannique confronté aux frilosités d'une petite communauté française, pourtant encline à succomber à son grain de folie. Oui, ce livre fait du bien. Gilles Legardinier nous démontre une nouvelle fois que, sans l'aide d'artifices grossiers, on peut raconter une histoire en toute simplicité et ainsi toucher le lecteur. Bim bam boum. J'ai adoré !

Audiolib, septembre 2014 ♦ texte intégral lu par Philippe Résimont (durée : 9h 37) ♦ disponible en papier chez Fleuve Noir ou Pocket

La Vie en mieux, d'Anna Gavalda

La Vie en mieux

Deux histoires de jeunes gens de notre temps, repus, mais affamés, polis, mais enragés, qui préfèrent encore prendre le risque de se tromper de vie plutôt que de n’en vivre aucune. Alléchant résumé, mais piètre exécution ! ... J'ai eu la mauvaise surprise de découvrir un « nouveau ton Anna Gavalda », qui se veut cynique et vulgaire. Quelle déception. Mathilde perd son sac, contenant une grosse somme d'argent, dans un bar et le retrouve quelques jours après en faisant la rencontre d'un drôle d'énergumène. Une rencontre fatale, qui va ébranler sa petite existence insipide et médiocre. La 2ème histoire raconte aussi comment le héros, Yann, va être tourneboulé par sa soirée passée chez son voisin, après lui avoir filé un simple coup de main. Face à tant d'étalage de séduction et truculence, notre jeune homme dit amen mais n'en sortira pas indemne. Ça tourne en rond et l'effet rendu est quelconque, convenu et irritant. L'auteur entend démontrer qu'elle refuse de s'enfermer dans une case et brise son image lisse et proprette... au point de désoler ses lecteurs de la première heure. Bah oui, c'est tant pis.
Très bonne interprétation des deux comédiens, Lola Naymark et Benjamin Jungers, mais l'exercice de style n'a pas suffi à m'enchanter sur la durée (alors que la lecture ne fait que 4 h 52 !!). Le livre pose un réel problème, de fond et de forme, moi ça ne me touche pas du tout.

Audiolib, septembre 2014 ♦ texte intégral lu par Lola Naymark et Benjamin Jungers (durée : 4h 52)  © le dilettante

06/09/14

Trois mille chevaux vapeur, d'Antonin Varenne

Trois mille chevaux vapeur

Après une mission désastreuse en Birmanie, le sergent Arthur Bowman s'est réfugié à Londres, où il traîne dans des bouges infâmes, alcoolique et opiomane. Mais l'homme se voit accusé d'un crime et clame son innocence, sauf que les tortures subies par la victime lui rappellent étrangement son expérience cauchemardesque dans la jungle birmane. Pétri de doutes, il décide de retrouver tous ses compagnons d'infortune pour démasquer parmi eux le véritable coupable. Commence alors un (interminable) périple qui conduira notre héros taciturne jusqu'au fin fond de l'Amérique, dans la Sierra Nevada, lui faisant croiser au passage d'autres âmes dévastées et maudites.

Le décor est planté, et quelle lecture ! L'écoute audio, en 19 heures, a bien failli ébranler ma patience tendue à l'extrême. Car ce roman ambitieux fascine, autant qu'il effraie son lecteur. En majeure partie, je l'ai trouvé très bon, entraînant, écrit sans complaisance, porté par un personnage central charismatique, un type bourru et brisé par les nombreuses désillusions. L'histoire prend vite la tournure d'un western, dévoilant des décors magnifiques, authentiques et bruts. De plus, l'auteur ne triche pas, c'est âpre, sans état d'âme. Un emballage peaufiné, pour une histoire sombre et amère.

Et pourtant, quel sacerdoce ! De longues descriptions, un récit qui s'enlise... les 19 heures d'écoute représentent une rude épreuve. Pas dans le sens où l'interprétation de Philippe Allard est décevante, ou pénible, ou loupée, c'est simplement une question de dosage. Pour ce livre, c'était trop lourd et accablant. Néanmoins, pour qui aime les récits épiques aux multiples péripéties, la trouvaille est parfaite ! 

Audiolib, mai 2014 ♦ texte intégral lu par Philippe Allard (durée : 19h 05) ♦ suivi d'un entretien avec l'auteur ♦ en format papier : Albin Michel 

05/09/14

L'Allée du sycomore, de John Grisham

Allée du sycomore

Accablé par la maladie, Seth Hubbard décide de mettre fin à ses jours mais rédige un testament de dernière minute qui va mettre le feu aux poudres. En effet, il choisit de déshériter ses enfants au profit de sa femme de ménage, Lettie Lang. Soudainement, une femme noire se trouve à la tête d'une fortune colossale. Dans le comté de Clanton, la nouvelle met les esprits en ébullition. La communauté avait déjà été fortement chamboulée, dix ans plus tôt, avec le procès Hailey (cf. Non coupable, rééd. Le Droit de tuer), et c'est de nouveau l'avocat Jack Brigance (incarné par Matthew McConaughey au cinéma) qui est chargé de défendre les intérêts du défunt.

J'ai pris un réel plaisir à plonger dans cette lecture, après une première rencontre avec l'auteur pas très concluante (cf. Le Manipulateur). J'aurais eu vraiment tort de me priver de ce rendez-vous distrayant et palpitant ! Grisham nous fait vivre les coulisses d'un grand procès à l'américaine, avec force détails dans le déroulement et la mise en scène d'une telle procédure. L'histoire repose moins sur le clivage racial, même s'il soulève un problème et révèle d'autres histoires cachées. Cette fois, c'est surtout l'appât du gain qui est au cœur de l'intrigue, mettant en lumière le rapport ambivalent qu'entretient la société avec l'argent, et sur ce point on ne peut blâmer personne.

La construction de l'histoire est basique, mais produit l'effet attendu. On vit la lecture à fond. Sans temps mort. On est attentif à chaque détail, chaque soubresaut, et on s'interroge tout du long sur les motivations du défunt, pourquoi se pendre à un sycomore, pourquoi un testament olographe, etc. On est complètement vendu à la mécanique Grisham !! C'est diablement américain, mais fichtrement bien mené. Rarement les 19 heures (et 41 minutes) d'écoute m'auront paru aussi divertissantes et aisées ! Certes, le scénario est facile et arrondi sur les angles (surtout vers la fin). Qu'importe. Cela reste un très bon roman, au suspense redoutable, et passionnant dans sa ligne de conduite. 

Audiolib, juillet 2014 ♦ texte intégral lu par Stéphane Ronchewski (durée : 19h 41) ♦ traduit par Dominique Defert (Sycomore Row)

Excellente interprétation de Stéphane Ronchewski ! Voix très agréable, sans fausse note... une bonne pioche. 



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