25/01/19

Passage des ombres (Trilogie des ombres 3), de Arnaldur Indridason

Passage des ombres

Un vieil homme meurt dans son lit, avec d'anciennes coupures de presse à ses côtés. Sa voisine interpelle un inspecteur à la retraite pour fouiller dans son passé.

En 1944, pendant l'occupation de l'armée américaine, le corps d'une jeune femme est découvert en ville. L'enquête révèle une triste histoire de viol mais piétine dans le vide, ou disons que les conclusions vont laisser un goût amer aux détectives (Flovent et Thorson). Konrad va y remettre un peu d'ordre en nous propulsant dans un contexte délicat, pendant la guerre et la cohabition avec l'armée américaine. À l'époque, les demoiselles batifolent joyeusement avec les officiers aux noms d'acteurs, rêvant d'une vie meilleure ou d'amour romantique, avant de retomber lourdement dans la réalité. On racontait alors que « c'était la faute des elfes » et on méprisait ces filles naïves ou honteusement abusées. Pour Konrad, cette affaire n'a pas tout dit et est vraisemblablement porteuse d'une honte indélébile. À son tour de traquer sans relâche les fantômes du passé, de pointer les erreurs et les condamnations hâtives, lesquelles auraient obnubilé son enquêteur des années durant.

En écoutant cette histoire, je me faisais la réflexion que plus rien ne me surprenait chez Arnaldur Indridason. En fait, je pense en avoir fait le tour. Je reconnais désormais son style, ses personnages, ses intrigues, toujours les mêmes tourments et solutions. Oui, tout est écrit d'avance. On connaît le chemin et on ne se trompe pas. Ce n'est pas un reproche. Après tout, la lecture est classique et convenue. Tout est propre, lisse, attendu. Sans surprise. La lecture par Philippe Résimont est solennelle et au diapason avec les révélations (haro sur les voix féminines, j'insiste). L'auteur joue subtilement avec les émotions en distillant cette touche de nostalgie et de dramaturgie dans ses enquêtes. On en ressort à chaque fois avec le cœur lourd. En somme, c'est incontournable.

©2018 Traduction française, Éditions Métailié (P)2018 Audiolib

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14/01/19

Le Réseau Corneille, de Ken Follett

Le réseau corneilleFrance, 1944. Le Débarquement est imminent. Tous les réseaux clandestins et les services d'espionnage sont aux cent coups. Depuis Londres, Betty met en place son Réseau Corneille, lequel rassemble six femmes avec pour mission de s'infiltrer dans un château occupé par des allemands pour y saboter le système de communication. Betty n'a que quelques jours pour mettre au parfum des novices, parfois dotées d'un tempérament volage ou trop caractériel. C'est peu, assez frustrant, mais Betty n'a plus le choix. Sur le terrain depuis des mois, figurant parmi les meilleurs agents, elle craint désormais pour sa couverture récemment menacée.
Petit rembobinage sur la scène d'ouverture du roman. Gran-diose ! Près de Reims, un groupe de résistants tente une action de force contre l'occupant mais l'opération tourne court. Betty parvient à s'échapper avec son mari, Michel, salement blessé. Tous leurs camarades ont été arrêtés, probablement torturés et donc passibles de livrer des secrets. Betty sait que son temps est compté. Mais elle veut tenter le tout pour le tout.
Face à elle, un officier allemand, Dieter Frank, pourrait bien lui mettre des bâtons dans les roues. C'est un homme redoutable, comme elle, il est rusé et parvient à anticiper les faits et gestes de l'ennemi. Je ne compte plus le nombre de fois où mon cœur a fait des bonds de cabri tant j'étais affolée à suivre Betty et Dieter dans ce jeu du chat et de la souris particulièrement féroce.
Vous l'avez compris : j'ai dévoré ce roman, écouté en une dizaine d'heures au cours de séquences que j'entrecoupais avec frustration. J'étais totalement captivée par l'histoire - merveilleusement lue par Caroline Klaus - j'étais comme devant un film de guerre, au scénario plein de suspense, entre frissons, angoisse, terreur et émotion. J'étais 100% au cœur de l'intrigue.
J'ai aimé sa mise en scène, ses personnages, même ses envolées sentimentales ont fini par m'attendrir (je roulais des yeux quand Betty et Paul roucoulaient tendrement...). Bref. Ken Follett possède un vrai talent de conteur. Et ça passe très, très bien en format audio : on ne voit pas le temps passer. On trépigne après chaque piste, on enchaîne les chapitres... C'est terriblement addictif. Et l'hommage rendu aux héroïnes de l'ombre est, par sa simplicité, d'une grande noblesse.

©2002 Éditions Robert Laffont. Traduit par Jean Rosenthal. (P)2018 Audiolib

 

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14/12/18

Sleeping Beauties, de Stephen King & Owen King

sleeping beautiesEmbarquement immédiat pour Dooling, petite ville des Appalaches, où les habitants ne sont ni plus ni moins des êtres ordinaires. En apparence. Dans la prison pour femmes, une nouvelle prévenue vient semer la zizanie : Evie Black est inquiétante et mystérieuse. Avec son aura puissante, elle envoûte ses comparses, sous l'œil goguenard du personnel impuissant. Commence alors un étrange phénomène : les femmes s'endorment et ne se réveillent plus. À la place, leur corps est recouvert par un cocon qu'il est déconseillé de transgresser (sous peine de voir les endormies se métamorphoser en folles furieuses). Bientôt, le syndrome Aurora frappe toute la communauté féminine de Dooling et d'ailleurs.
Comme souvent dans les romans de Stephen King, on se focalise sur un monde en vase clos, on scrute les comportements humains en situation désespérée et on laisse l'auteur s'en donner à cœur joie pour dépeindre des vies banales fouettées par un vent de panique. Ce faisant, il épingle sans vergogne toutes les bassesses possibles et inimaginables et gratine, non sans humour, ses congénères dans cette vision d'une société qui les priverait de compagnie féminine (devinez quoi ! ... les WC seraient d'une crasse monumentale). Bref. Vous gloussez bien derrière votre bouquin à les imaginer se dépatouiller sans vous.
Maintenant, parlons technique, car ce livre audio est le prolongement d'un roman de 830 pages, soit près de 28 heures d'écoute. Oui, tout ça. Un vrai marathon de lecture qui semble interminable... et pourtant je suis bon public. Seulement, mon ami, j'ai jugé qu'il y avait trop de tours et de détours pour toucher au but. Et à force de tourner autour du pot, on trépigne d'impatience, on geint et on a l'impression de s'abrutir. Ceci dit, je ferme les yeux (loin de moi le syndrome Aurora) car j'ai été littéralement hypnotisée par l'ambiance sordide de Dooling et par le caractère étrange et fantastique de l'intrigue. Cette histoire écrite à quatre mains (père et fils) se voudrait un hommage à nous les femmes, nous le charme (pauvres diables que sont les hommes). Un brin caustique et déjanté.
Bravo à la fabuleuse Marie Bouvier qui a lu ce texte avec patience et dévotion : j'ai totalement adhéré à ses interprétations car elle multiplie sans relâche les voix selon les personnages (et ils sont nombreux) ou leurs personnalités. On peut plus facilement se repérer et avancer dans l'histoire avec aisance. Une véritable prouesse.

© 2018 Éditions Albin Michel. Traduit par Jean Esch  (P)2018 Audiolib 

 

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30/11/18

Les Mondes d'Ewilan #2 : L'œil d'Otolep, de Pierre Bottero

L'œil d'Otolep EwilanCycle 2, épisode 2. Ewilan tente de trouver une certaine routine à Gwendalavir où elle suit des cours à l'académie qui forme les futurs dessinateurs et autres sentinelles. Loin de Salim, toujours par monts et par vaux auprès d'Ellana pour son apprentissage, notre héroïne est devenue proche de Liven, lequel chatouille sa sensibilité et roucoule des mots doux. Ceci dit, Ewilan est troublée mais le repousse en valorisant l'amitié coûte que coûte.
De toute façon, la jeune fille a d'autres objectifs en tête : elle souhaite ardemment se joindre à la délégation chargée de conduire Illian dans sa famille. Elle se sent attachée à l'enfant, lui aussi enlevé par Eléa Rim'Morienval et victime de ses sinistres expériences. Depuis, elle refuse de l'abandonner. Consciente du danger et du pouvoir de son ennemie, Ewilan a également du courage et de la détermination à revendre.
Mais aura-t-elle la ressource nécessaire pour affronter un nouveau piège ? Liven et elle ont découvert qu'une méduse cherchait à s'infiltrer dans l'Imagination. Trop tard. Ewilan va être touchée de plein fouet. Affaiblie, elle va puiser dans ses dernières capacités pour mener sa mission jusqu'au bout.
L'aventure promet d'être plus haletante que jamais ! Et c'est tout le talent de Pierre Bottero, sa maîtrise et son habileté à verrouiller son univers : c'est dense, c'est palpitant, c'est sombre, c'est poignant. Tant d'émotions, tant de sensations... c'est prodigieux. On vit aussi la lecture au sens propre - l'interprétation de Kelly Marot est excellente. Elle nous plonge au cœur de l'angoisse, mais on sourit aussi face à la tendresse et à la complicité du groupe. Évasion garantie. C'est charmant !

©2004 Rageot Éditeur (P)2018 Audiolib

 

 

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19/11/18

L'Élue (La Sélection #3), de Kiera Cass & Lu par Claire Tefnin

la sélection l'élueDernière ligne droite pour les candidates de la Sélection, toutes désirant ravir le cœur du Prince Maxon, lequel hésite encore pour proclamer son élue. Ceci dit, le jeune homme semble s'être lassé des humeurs changeantes de cette chère America, qui détenait jusqu'à présent l'attention exclusive du galant. Ce désamour n'a évidemment pas manqué de piqué au vif sa jalousie et son orgueil. La demoiselle veut donc reprendre sa place de favorite et rejouer les héroïnes flamboyantes, sincères et éprises... mais disons qu'au terme de trois romans, la mascarade a cessé de faire illusion. On ne croit plus du tout ses discours, ses combats, ses motivations. C'est fini. Ce dernier tome a eu raison de ma patience : la série est romanesque, passionnelle et chichiteuse (on absorbe sucre et guimauve à fortes doses). C'est assez magique, j'avoue avoir été éblouie au début. Mais le caractère de l'héroïne est trop pénible. Elle cristallise tout ce qui agace, incarne un idéal éculé (la nana issue d'un milieu très défavorisé, venue défendre ses chances pour le bien de ses proches, qui symbolise la flamme de l'espoir parce qu'elle part en roue libre et s'exprime sans filtre). Ça fait très poudre aux yeux et paillettes dans les airs, donc limite indigeste. Il n'y a, de plus, aucune grande surprise dans ce dénouement, les solutions sont apportées sur un plateau d'argent et on a le sentiment d'un calme plat sur presque toute la lecture (seules les 30 dernières minutes veulent nous tirer de notre torpeur). Un peu maladroit. Au final, ce n'est pas une mauvaise lecture, simplement elle est beaucoup trop lisse et attendue. C'est aussi trop mielleux pour évoquer l'injustice, la rébellion, la pasionaria... on reste en surface. Par contre, c'est super romantique et proche du conte de fées donc ça ne peut que plaire auprès du public !

©2014 THE ONE / Kiera Cass / Éditions Robert Laffont. Traduit par Madeleine Nasalit

(P)2018 Audiolib. Lu par Claire Tefnin. Durée d'écoute : 6h 50

 

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30/10/18

Mort sur le Nil, d'Agatha Christie & lu par Samuel Labarthe

Mort sur le nil audiolibCe titre d'Agatha Christie est sans doute celui dont j'ai vu et revu le plus souvent l'adaptation TV, à tel point que l'histoire a fini par s'imprimer dans mes petites cellules grises. Je connais l'intrigue, je connais le dénouement, je connais les ruses, je connais les répliques... mais qu'importe. Je signe pour une nouvelle escapade et j'ai pris grand plaisir à voguer sur le Nil en compagnie de ces voyageurs crapuleux (la brochette de personnages est large et croustillante), en plus d'assister à un mélodrame de premier ordre, qui s'avère poignant jusqu'au bout. 

Scandale dans la bonne société anglaise ! La belle et riche héritière, Linnet Ridgeway, vient d'épouser son régisseur, Simon Doyle, auparavant le fiancé de sa meilleure amie, Jacqueline de Bellefort. Le couple convole en justes noces en Égypte, avec l'extrême désagréable surprise de trouver l'amoureuse déchue à leurs trousses. Voilà une attitude fortement désobligeante. Jacqueline se défend d'être jalouse ou haineuse, mais son attitude prouve tout le contraire. Hercule Poirot, lui, est également troublé pour l'entêtement de la demoiselle, dont il avait déjà croisé le chemin à Londres, alors qu'elle se trouvait en galante compagnie et ne cachait rien de ses sentiments amoureux. Pour notre détective belge, c'était assurément une démonstration excessive et préoccupante. Alors que ce joli monde embarque à bord de la même croisière sur le Nil, l'ambiance est aussi lourde de sensualité que de cupidité autour de ce singulier trio. Et le danger gronde...

Un très, très grand roman, admirablement lu par Samuel Labarthe, connu en tant que commissaire Laurence dans Les Petits Meurtres d'Agatha Christie (ou voix française de George Clooney). C'est divinement bon. N'hésitez pas à publier d'autres romans de la Duchesse du crime en format audio SVP !

©1937 Agatha Christie Limited / Éditions du Masque / Éditions Lattès. Traduit par Elise Champon et Robert Nobret

(P)2016 Audiolib :

 

 

 

18/09/18

Le carnet d'Allie #1 : Le déménagement, de Meg Cabot

le carnet d'allieLes parents d'Allie viennent d'acheter une nouvelle maison (en fait, une vieille maison à rénover) et annoncent à leurs trois enfants qu'ils vont bientôt déménager. Pour la fillette de 9 ans, c'est tout un monde qui s'effondre, et ce malgré les promesses de glaces à gogo et de chaton adorable à adopter.
Un déménagement implique d'abandonner ses copines et sa collection de 200 cailloux, d'aller dans une nouvelle école... Mais le comble de l'horreur, pour Allie, c'est l'idée de vivre dans une maison hantée. Et ça, pas question ! Elle met un point d'honneur à sauver sa famille (car elle a appris qu'une main de zombie squattait le grenier de cette bicoque maudite).
Bref. Allie ne se laisse pas démonter et résiste aux chants des sirènes (sa voisine qui pourrait devenir sa nouvelle meilleure amie, son école avec sa maîtresse hyper cool...). La fillette garde la tête froide. Et rédige dans son petit carnet un plan infaillible, à partir de règles un peu folles mais ô combien sérieuses du haut de ses 9 ans.
Même si on a n'a plus l'âge pour de telles histoires, c'est drôlement rafraîchissant à lire ! Et puis Meg Cabot ne triche pas. Elle s'adapte à son public, adopte leur ton et comprend leurs préoccupations avec une facilité déconcertante. Certes, Allie possède une imagination débordante, elle est capable de dramatiser pour un rien et est extrêmement naïve. C'est parfois agaçant, mais son caractère pétillant fait oublier ce détail. Après tout, le jeune public appréciera.
Comme il ne manquera pas d'adhérer à la version audio du roman, lue par Camille Donda à travers une réalisation adorable et enjouée (qui fait d'ailleurs très dessin animé).  

©2012 Hachette Livre. Édition originale : "Allie Finkles's Rules for Girls - Moving Day". Traduit par Véronique Minder (P)2018 Audiolib

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06/09/18

Les huit montagnes, de Paolo Cognetti

les huit montagnes

Pietro et Bruno ont onze ans quand ils se rencontrent à Grana, dans la vallée d'Aoste. Bruno est berger, Pietro en vacances avec ses parents. Tout les sépare mais les garçons ont beaucoup à partager : l'un la lecture, l'autre la nature. Entre eux aussi, viennent s'immiscer les longues randonnées dans les montagnes animées par le père de Pietro. Mais les années passant, le garçon va se lasser des virées alpines, s'éloigner de Grana et rompre le lien filial. Après la mort du père, Pietro a 31 ans et retourne sur les terres de son enfance pour la première fois depuis longtemps. Héritier d'un lopin de terre, il retrouve Bruno, devenu maçon, pour construire ensemble une petite maison. Leur amitié est sans faille, entretenue par ses parents en toute discrétion. Pietro se rend compte également du chemin parcouru, du père qu'il connaissait à peine, de la complicité établie entre Bruno et lui. La réalité est douce-amère et pourtant vivifiante, car à aucun moment on ne ressent d'animosité au sein de cette histoire. Elle s'écoule paisiblement, décrit la vie avec ses hauts et ses bas, révèle ce qu'on chuchote et met à plat les relations de famille, d'amitié et d'amour. C'est pur. Simple et poétique. J'ai découvert un roman, savouré une ambiance, apprécié chaque intonation d'Emmanuel Dekoninck, voyagé et rêvé. La fin est poignante, mais inéluctable. Une belle rencontre, vraiment.

©2016 / 2017 Paolo Cognetti / Éditions Giulio Einaudi, Turin / Éditions Stock, tous droits réservés. Traduit par Anita Rochdy (P)2018 Audiolib

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05/09/18

Lumière noire (D. D. Warren 8), de Lisa Gardner

Lumière noireUne jeune femme entre dans un bar et commence à boire plusieurs verres en séduisant les hommes de passage. Grisée par l'alcool, elle accepte de suivre un inconnu mais tombe dans un traquenard... dont elle échappe en brûlant le corps de son kidnappeur. La police réalise alors qu'elle fait face à Flora Dane - une survivante ayant passé 472 jours de séquestration auprès de son tortionnaire. Depuis, celle-ci suit une thérapie et traque les prédateurs en faisant sa propre justice. Le commandant D.D. Warren est perplexe et rencontre le docteur Samuel Keynes, victimologue de son état, pour cerner sa personnalité. Peu de temps après, la mère de Flora avertit la police que sa fille a de nouveau disparu. Son appartement est pourtant verrouillé, mais nulle trace de la jeune femme. Le suspense monte d'un cran et l'enquête s'intensifie. Même si elle est en restriction d'activité en raison de sa blessure (cf. À même la peau), D.D. Warren est dopée à l'action et ne se résoud pas à demeurer dans son bureau, encore moins à déléguer. Et pendant que l'enquêtrice se débat avec ses soucis, le lecteur est dans la confidence du calvaire que vit Flora Dane... et pire encore, on replonge dans son passé pour découvrir sa relation ambivalente sous l'emprise de son agresseur. Tout ça est très, très perturbant. Non seulement on avance dans l'histoire avec la chair de poule, mais on est assailli par le doute, l'horreur et l'angoisse. Je n'ai pas suivi la série donc je découvre au pif un épisode avec une héroïne récurrente, pas facile pour se familiariser, mais cela reste une bonne pioche et une invitation à fouiller davantage dans les romans de Lisa Gardner. C'est noir, c'est prenant (un peu facile dans la dernière ligne droite) mais ça tient en haleine de bout en bout.

©2016 / 2018 Lisa Gardner, Inc. / Éditions Albin Michel. Traduit par Cécile Deniard (P)2018 Audiolib

 

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La Reine du bal (Laurie Moran 4) de Mary Higgins Clark & Alafair Burke

La reine du bal

Au cours du prestigieux gala du Metropolitan Museum of Art de New York, une riche donatrice fait une chute mortelle du toit de l'immeuble. Ses héritiers soupçonnent son amant - un jeune coach sportif dévoré d'ambition - mais l'enquête tombe à plat. Trois ans plus tard, l'équipe de Laurie Moran, la célèbre productrice de l'émission Suspicion, met les projecteurs sur ce mystère pour leur prochain prime-time. Moralement, la jeune femme est au plus bas : ses déboires sentimentaux submergent ses pensées. Déjà éprouvée par la perte tragique de son mari, Laurie avait trouvé du réconfort auprès d'Alex... mais leur relation est dans l'impasse depuis qu'il a quitté les studios et dédié son temps à sa carrière en s'installant à Washington. J'avoue que j'ai écouté cette histoire sans grande passion, mais sans désintérêt non plus. Je savais dans quoi je m'embarquais, donc je n'étais pas déçue. La lecture est classique, prenante sans être stressante. Une mise en scène sans surprise, mais efficace. Par contre, les atermoiements amoureux de Laurie sont naïfs et risibles. Cela n'apporte rien, je n'ai pas trouvé qu'ils rendaient les personnages plus attachants ou concrets. Sans ces détails, la série est distrayante à écouter. Elle n'enflamme sans doute pas l'imagination mais offre un passe-temps agréable de quelques heures...

©2017 "Every Breath You Take" / Éditions Albin Michel. Traduit par Anne Damour (P)2018 Audiolib