06/09/14

Trois mille chevaux vapeur, d'Antonin Varenne

Trois mille chevaux vapeur

Après une mission désastreuse en Birmanie, le sergent Arthur Bowman s'est réfugié à Londres, devenu alcoolique et opiomane, il traîne dans des bouges infâmes. Mais l'homme se voit accusé d'un crime et clame son innocence, sauf que les tortures subies par la victime lui rappellent étrangement son expérience cauchemardesque dans la jungle birmane. Pétri de doutes, il décide de retrouver tous ses compagnons d'infortune pour démasquer parmi eux le véritable coupable. Commence alors un (interminable) périple qui conduira notre héros taciturne jusqu'au fin fond de l'Amérique, dans la Sierra Nevada, lui faisant croiser au passage d'autres âmes dévastées et maudites.

Le décor est planté, et quelle lecture ! L'écoute audio, en 19 heures, a bien failli ébranler ma patience tendue à l'extrême. Car ce roman ambitieux fascine, autant qu'il effraie son lecteur. En majeure partie, je l'ai trouvé très bon, entraînant, écrit sans complaisance, porté par un personnage central charismatique, un type bourru et brisé par les nombreuses désillusions. L'histoire prend vite la tournure d'un western, dévoilant des décors magnifiques, authentiques et bruts. De plus, l'auteur ne triche pas, c'est âpre, sans état d'âme. Un emballage peaufiné, pour une histoire sombre et amère.

Et pourtant, quel sacerdoce ! De longues descriptions, un récit qui s'enlise... les 19 heures d'écoute représentent une rude épreuve. Pas dans le sens où l'interprétation de Philippe Allard est décevante, ou pénible, ou loupée, c'est simplement une question de dosage. Pour ce livre, c'était trop lourd et accablant. Néanmoins, pour qui aime les récits épiques aux multiples péripéties, la trouvaille est parfaite ! 

Audiolib, mai 2014 ♦ texte intégral lu par Philippe Allard (durée : 19h 05) ♦ suivi d'un entretien avec l'auteur ♦ en format papier : Albin Michel 


05/09/14

L'Allée du sycomore, de John Grisham

Allée du sycomore

Accablé par la maladie, Seth Hubbard décide de mettre fin à ses jours mais rédige un testament de dernière minute qui va mettre le feu aux poudres. En effet, il choisit de déshériter ses enfants au profit de sa femme de ménage, Lettie Lang. Soudainement, une femme noire se trouve à la tête d'une fortune colossale. Dans le comté de Clanton, la nouvelle met les esprits en ébullition. La communauté avait déjà été fortement chamboulée, dix ans plus tôt, avec le procès Hailey (cf. Non coupable, rééd. Le Droit de tuer), et c'est de nouveau l'avocat Jack Brigance (incarné par Matthew McConaughey au cinéma) qui est chargé de défendre les intérêts du défunt.

J'ai pris un réel plaisir à plonger dans cette lecture, après une première rencontre avec l'auteur pas très concluante (cf. Le Manipulateur). J'aurais eu vraiment tort de me priver de ce rendez-vous distrayant et palpitant ! Grisham nous fait vivre les coulisses d'un grand procès à l'américaine, avec force détails dans le déroulement et la mise en scène d'une telle procédure. L'histoire repose moins sur le clivage racial, même s'il soulève un problème et révèle d'autres histoires cachées. Cette fois, c'est surtout l'appât du gain qui est au cœur de l'intrigue, mettant en lumière le rapport ambivalent qu'entretient la société avec l'argent, et sur ce point on ne peut blâmer personne.

La construction de l'histoire est basique, mais produit l'effet attendu. On vit la lecture à fond. Sans temps mort. On est attentif à chaque détail, chaque soubresaut, et on s'interroge tout du long sur les motivations du défunt, pourquoi se pendre à un sycomore, pourquoi un testament olographe, etc. On est complètement vendu à la mécanique Grisham !! C'est diablement américain, mais fichtrement bien mené. Rarement les 19 heures (et 41 minutes) d'écoute m'auront paru aussi divertissantes et aisées ! Certes, le scénario est facile et arrondi sur les angles (surtout vers la fin). Qu'importe. Cela reste un très bon roman, au suspense redoutable, et passionnant dans sa ligne de conduite. 

Audiolib, juillet 2014 ♦ texte intégral lu par Stéphane Ronchewski (durée : 19h 41) ♦ traduit par Dominique Defert (Sycomore Row)

Excellente interprétation de Stéphane Ronchewski ! Voix très agréable, sans fausse note... une bonne pioche. 

02/09/14

La Patience du diable, de Maxime Chattam

Il est clairement préférable d'avoir lu La Conjuration primitive avant celui-ci.

La Patience du diable

L'histoire nous renvoie auprès de Ludivine Vancker, lieutenant à la Section de Recherche de Paris. La jeune femme est encore fortement traumatisée après les douloureux évènements survenus dix-huit mois plus tôt. Elle a tout tenté pour garder la tête hors de l'eau, même un stage chez le criminologue Richard Mikelis, avec qui elle a appris à cerner la sombre psyché des dangereux sociopathes. Très attachée à son boulot, elle peut s'appuyer sur une équipe solide et efficace, dont Segnon, son socle, sa valeur sûre, qui veille sur elle comme un bon papa gâteau.

Bref, un soir, en région parisienne, l'équipe intervient pour une arrestation de dealers, mais découvre avec horreur qu'ils ne transportent pas de la drogue, mais de la peau humaine ! Une découverte que les inspecteurs ne recoupent pas tout de suite avec la soudaine épidémie de violence qui sévit en France : deux ados qui tirent sur les passagers d'un TGV, des bombes artisanales déposées dans des salles de cinéma, des pistolets à eau remplis d'acide abandonnés dans un centre commercial, un commando suicide dans un restaurant... Le monde est devenu fou !

Mais tout ceci rappelle tristement à Ludivine la sinistre « conjuration primitive », une théorie flippante à laquelle elle avait été confrontée, et qui semble se rejouer sur les mêmes accords, à un seul détail près : l'implication du diable en personne. Hallucinations ou nouveaux préceptes délirants? La gendarmerie est à cran. Le lecteur aussi. Parce qu'on nous assomme de nouveau avec une succession de violence, avec force détails macabres et sanguinolents, et qu'on n'a pas le temps de dire ouf que les faits nous abreuvent, nous étouffent.

C'est la mécanique imparable de M. Chattam, et c'est sombrement efficace. Le livre est peut-être un tout petit peu moins bon que le précédent, avec un goût de réchauffé, mais le résultat est au final infaillible : on ne lâche jamais le morceau et on gobe tout !! La version Audiolib est en cela angoissante à souhait. La réalisation sonore étant quasi inexistante, cela vous fige une ambiance, glaciale et stressante, c'est bluffant. La lecture a de nouveau été confiée à Sylvain Agaësse, qui avait parfaitement réussi à instaurer une tension palpable dans le précédent opus et renouvelle brillamment l'exploit.

On sort de là avec le sentiment d'avoir vu ses cauchemars réveillés et sa paranoïa exacerbée ! Un cocktail de sensations dérangeantes mais tellement grisantes, qui nous fait revenir livre après livre...

Audiolib, juillet 2014 ♦ texte intégral lu par Sylvain Agaësse (durée d'écoute : 14h 45) ♦ éditions Albin Michel, mai 2014

24/07/14

Le bleu de tes yeux, par Mary Higgins Clark

« Toi, dis à ta mère qu’elle est la prochaine. Puis ce sera ton tour… »
Cela fait désormais cinq ans que le jeune Timmy vit sous la menace du tueur qui a abattu froidement son père devant lui. De son côté, sa mère Laurie, grande productrice télé, lance une nouvelle émission, Suspicion, traitant des plus célèbres cold cases (dossiers non résolus). Le premier épisode revient sur l’affaire du « Gala des lauréates » : vingt ans plus tôt, la mondaine Betsy Powell et son mari organisaient une grande soirée en l’honneur du diplôme de leur fille et de ses trois amies. La nuit même, Betsy meurt étouffée… Réunis pour la première fois depuis le drame, les protagonistes s’apprêtent à reconstituer la scène du crime dans un climat de suspicion générale.

Le bleu de tes yeux

Le début de l'histoire se révèle une agréable suprise, grâce à une construction certes basique mais rudement habile pour allécher le lecteur. Quel est le mystère derrière ce fameux gala des lauréates, et qu'ont les anciennes amies à dissimuler avec autant d'ardeur et de crainte ? C'est plutôt pas mal comme point de départ. On suit ainsi pas à pas chacun des personnages, partageant leurs pensées intimes et leurs secrets les plus inavouables, lesquels sont cependant enrobés dans un voile de suspense bien épais. Principe judicieux, mais long. Au final, l'étonnement du début s'effrite au fil des chapitres lorsqu'on constate combien l'intrigue stagne et repose sur ses acquis. L'auteur brode à l'infini autour des mêmes indices et autres soupçons potentiels, elle n'introduit plus aucun nouvel élément mais accentue un sentiment de redondance (au mieux) ou proche de l'ennui. J'étais tout de même curieuse de connaître la fin... et quelle déception ! Peu de surprise, une action précipitée, aucune crédibilité par-dessus le marché, bouh. Le dénouement est une consternation sans nom. Tout ça pour ça, quoi. Moi qui n'avais plus lu de Mary Higgins Clark depuis ma tendre adolescence, je réalise avec dépit que la recette est éculée et manque de saveur. Trop lisse, pompeux, huilé à merveille. Cela manque d'écueil ! 

Par contre, j'ai beaucoup apprécié la lecture faite par Marcha Van Boven pour Audiolib. L'interprétation est subtile et nous plonge au cœur d'une intrigue qui se veut machiavélique, en brouillant les pistes à travers une multiplication de points de vue et l'ébauche de non-dits. Si la structure du livre m'a franchement peu convaincue, sa mise en scène m'aura véritablement séduite par sa simplicité et son écoute très agréable !

Audiolib, juillet 2014 ♦ Texte intégral lu par Marcha Van Boven (durée d'écoute : 8h 39) ♦ traduit par Anne Damour pour les éditions Albin Michel

Hunger Games, de Suzanne Collins

Hunger Games

Dans un futur sombre, sur les ruines des États-Unis, un jeu télévisé est créé pour contrôler le peuple par la terreur. Douze garçons et douze filles tirés au sort participent à cette mise en scène sinistre. Pour gagner : survivre dans l'arène en éliminant sans scrupule ses adversaires. Katniss Everdeen, qui vit dans le District 12 (le plus pauvre), a conscience du danger lorsqu'elle se porte volontaire. Mais elle n'a plus le choix, puisque c'est le nom de sa sœur, Primrose, qui a été désigné. 
Commence alors une lente et très glaçante dégringolade dans l'horreur, que l'on ressent via le ton de la voix de Kelly Marot (également l'actrice qui double Jennifer Lawrence dans le film). C'est sobre, assez morne, limite déprimant. Au départ, j'avoue, cela a failli me déplaire. Car Katniss est une héroïne animée par la rage, la colère et la frustration. Je m'étais donc préparée à une lecture plus pêchue. Une conduite dynamique et passionnée.
Finalement, c'est assez différent... sans toutefois être décevant. Car le rythme a suivi, l'ensemble a fait corps, entre l'intrigue haletante et les personnages dévastés, le ton apparaît alors assuré, farouche et inflexible. J'ai très vite été dans mon élément ! Certes, ce n'était plus une découverte (lu le roman à sa sortie, vu le film, etc.). Le plaisir de la découverte est ravalé, mais la sensation de satisfaction demeure intacte. Cela reste une plongée époustouflante pour une relecture toujours aussi palpitante !
Cette fois, place aux émotions et aux introspections (Katniss qui se défend d'être une héroïne, au sens de rébellion encore en gestation, le poids de la culpabilité d'avoir à éliminer ses concurrents, sa nature froide et sans cœur enfin fragilisée par sa rencontre avec Peeta...). Ce n'était plus la fringale insatiable et vorace, mais c'était autrement, un beau et doux sentiment qui rend cette lecture vraiment à part !

Audiolib, juin 2014 ♦ texte intégral lu par Kelly Marot (durée d'écoute : 11h 40) ♦ traduit par Guillaume Fournier pour les éditions Pocket jeunesse

Les deux prochains volets sortiront à l'automne !   

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23/07/14

La Planète des singes, de Pierre Boulle

La Planète des singes

Un jeune couple, en croisière dans l'espace, trouve une bouteille contenant un manuscrit. L'histoire qu'il renferme raconte comment deux scientifiques et un journaliste ont atterri sur une planète inconnue, peuplée par des singes civilisés et des hommes réduits à l'état sauvage.
Le narrateur, Ulysse Mérou, livre alors un témoignage stupéfiant, rendant compte de l'intelligence exponentielle des primates, au détriment de la race humaine. Ses compagnons d'infortune sont, au mieux, des animaux de compagnie ou de foire, sinon des cobayes en laboratoire ou du simple gibier de chasse.
Quel cauchemar ! Ulysse est horrifié, mais ne trouve aucune explication à une telle dégénérescence de ses semblables. Pris au piège, il doit lui aussi se livrer à des simagrées et calquer son comportement à celui de son espèce (entièrement nu, il doit gesticuler et pousser des cris comme une bête). Car, pour sa survie, il doit absolument préserver ses capacités intellectuelles et en dévoiler le moins possible.
Le roman de Pierre Boulle est un grand classique, qui date de 1963, rendu célèbre au cinéma par Franklin J. Schaffner (1968) puis, plus récemment, par Tim Burton (2001), Rupert Wyatt (2011) et Matt Reeves (2014). J'ai vu toutes les adaptations en question, mais n'avais jamais lu le livre jusqu'à présent. Une lacune enfin réparée ! Et force a été de reconnaître que l'œuvre n'est nullement vieillissante, poussiéreuse ou datée... Bien au contraire. Elle apparaît résolument moderne, surprenante et prodigieuse.
Même si l'intrigue n'avait pour moi aucun secret, j'étais tout de même captivée par la lecture proposée par Bernard Gabay, habitué à doubler des acteurs au cinéma (Robert Downey Jr, Andy Garcia, Viggo Mortensen ou Daniel Day-Lewis), il a su insuffler puissance, angoisse et oppression à ce récit bluffant, “où les hommes sont confrontés à la barbarie de ces primates qui les ont pris pour modèles”.
Bref, c'est un texte court, mais de grande qualité, avec une intensité dramatique poignante... Et naturellement c'est à lire ou relire, destiné à tous les âges, son propos saisissant est aussi sujet à une réflexion pertinente et (éventuellement) une étude en classe pour les nombreuses interprétations qu'il recèle. INDISPENSABLE !!

Audiolib, juillet 2014 ♦ texte intégral lu par Bernard Gabay (durée d'écoute : 6h 01)

À noter : « La Planète des singes –L’Affrontement » sortira dans les salles de cinéma en France, le 30 Juillet ! Il s’agit de la suite de « La Planète des singes – Les origines », réalisée par Matt Reeves. Bien que le personnage de James Franco ne soit pas repris dans ce volet, c’est toujours Andy Serkis (Gollum) qui interprète le rôle de César.  

BANDE-ANNONCE  ici

 

La Planète des singes L’Affrontement

 

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17/07/14

Muchachas (3) de Katherine Pancol

Muchachas3

Clap de fin pour la saga des Muchachas, mais l'auteur n'a pas dit son dernier mot ! Et effectivement, le lecteur est en droit de réclamer la suite des amours tumultueuses entre Gary et la belle Hortense...
Celle-ci, plus ambitieuse que jamais, voit enfin l'aboutissement de ses projets : lancer sa première collection. Mais son travail l'accapare et elle néglige le reste, sa famille, son amoureux, New York, Paris... bref, elle a soif d'apprendre et de vivre son rêve. Gary, de son côté, exploite à fond sa sensibilité artistique, en compagnie de la douce Calypso, son alter ego en la matière. Cette découverte le trouble... et l'envoûte. Rhaaa, je ne vous raconte pas combien j'étais en pétard contre lui.
Des personnages comme Joséphine, Shirley ou Zoé sont, par contre, complètement survolés, on doit se contenter de quelques bribes de leurs vies, non sans amertume et frustration. En revanche, Léonie et Stella font leur retour en force. Et quel retour ! La mère et la fille vont se parler à cœur ouvert et évoquer le passé, la discussion est virulente, mais bouleversante ! Stella est tour à tour en colère, dépitée et quémandeuse. C'est très émouvant !
La saga se boucle sur une note positive et heureuse. Certes, certains dossiers ont été mis au placard un peu trop rapidement, la fin aussi connaît un dénouement précipité, amené de façon très diplomatique. Malgré tout, j'éprouve une sincère affection pour la série, les personnages, leurs excès et leurs idéaux. C'est un univers familier, dans lequel je me sens à mon aise. J'ai hâte d'y retourner ! En attendant, il me prend l'envie de relire Scarlett, si possible !

Audiolib parfait, avec une Marie-Eve Dufresne dans son rôle de lectrice en chef de la saga ! Ne changez rien, c'est vraiment très agréable de l'écouter. D'une durée d'écoute de 14 heures, le livre audio suit un rythme de croisière confortable. Je n'ai pas vu le temps passer ! Le disque se conclut sur un entretien avec l'auteur, une initiative toujours très appréciable, qui complète la lecture en lui apportant une perspective nouvelle et très enrichissante. 

Audiolib, juillet 2014 ♦ texte intégral lu par Marie-Eve Dufresne (durée d'écoute : 14h 07) 

L'ombre du vent, de Carlos Ruiz Zafon

L'ombre du vent

Daniel a seulement dix ans lorsqu'il est pour la première fois introduit dans le cimetière des livres oubliés, sous la houlette de son père. La tradition veut qu'il sauve un livre au hasard pour le ramener chez lui et l'adopter. Son choix se porte sur un petit ouvrage, intitulé L'ombre du vent, d'un obscur écrivain (Julian Carax). Une rencontre décisive, puisqu'elle va sceller sa destinée ! Le garçon va en effet se lancer sur les traces de l'auteur, dont la vie mystérieuse va exciter sa curiosité, mais aussi son imaginaire, puisqu'il semblerait que leurs deux vies se renvoient souvent la même image. Mais que de patience pour parvenir au bout de toutes les zones d'ombre du récit, démêler le vrai du faux, fouiller le passé et revenir au présent, jouer de rencontres fortuites ou malheureuses, alimenter son existence en drames et autres atermoiements sentimentaux... C'est un véritable labyrinthe ou un immense puzzle à reconstituer avec une extrême minutie. Le roman-fleuve par excellence ! Certes, c'est romanesque et énigmatique à souhait, mais un poil trop long. En dépit des efforts réunis pour enflammer l'intérêt du lecteur et rassasier un roman épique aux ambitions gargantuesques, on flanche et on s'ennuie à mi-parcours. Les personnages se révèlent aussi peu attachants. (Daniel, Julian ou Fumero... un trio grotesque et caricatural !) :/
Durée d'écoute du livre audio : 17 h 30 ! Une entreprise colossale, à se réserver le temps des vacances...  mais brillante interprétation de Frédéric Meaux.
Merci Bladelor pour le prêt. 

Audiolib, juillet 2012 ♦ texte intégral lu par Frédéric Meaux (durée d'écoute : 17h 30) ♦ traduit par François Maspero pour les éditions Grasset

“ Avez-vous une idée de la raison pour laquelle quelqu'un voulait brûler tous les livres de Julian Carax ?
- Pourquoi brûle-t-on les livres ? Par stupidité, par ignorance, par haine... allez savoir.
- Mais vous, que croyez-vous ?
- Julian vivait dans ses romans. Ce corps qui a fini à la morgue n'était qu'une partie de lui. Son âme est dans ses histoires. Une fois, je lui ai demandé de qui il s'inspirait pour créer ses personnages, et il m'a répondu : de personne. Tous ses personnages étaient lui.
- Donc, si quelqu'un voulait le détruire, il devait détruire ces histoires et ces personnages, c'est cela ?
- Vous me rappelez Julian. Avant qu'il ne perde la foi.
- La foi en quoi ?
- En tout. 

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11/07/14

Muchachas (2) de Katherine Pancol

Muchachas2

Ce deuxième tome est entièrement consacré à la famille Cortès : la liaison tumultueuse entre Hortense et Gary, l'ambition dévorante de la jeune fille, le trouble naissant du garçon pour sa partenaire de musique, les petits soucis de Zoé, son sentimentalisme exacerbé, Joséphine en péril, son amour pour Philippe ébranlé, son amitié avec Shirley compromise... oh purée, là ça m'interpelle, j'ai envie d'en savoir plus, je fronce les sourcils, je peste, je souffle, fichtre alors ! Un peu plus loin, on a aussi droit à un aperçu de Junior, le môme a six ans et c'est toujours un extraterrestre, en gros il me saoule. Autre détail notable, il n'y a point de virée en Bourgogne, la série se recentre sur ses personnages initiaux, l'intrigue positionne ses pions, les électrons libres trouveront ou non leur place (sinon quel intérêt de les catalputer dans notre orbite ?). À ce stade, l'issue demeure pourtant la grande inconnue. Katherine Pancol sème le doute et embobine son lecteur. Et on accepte de jouer le jeu, en souriant. Ce deuxième tome sert essentiellement de transition, on y retrouve avec grand plaisir les personnages du cru, mais en soulignant aussi que le propos s'étiole sur la distance. Beaucoup de digressions, de personnages secondaires qui se dévoilent, des histoires ressassées, des réflexions qui ronronnent... Et l'ambiance générale est mystérieuse, pesante. C'est donc en toute logique qu'on plonge aussitôt dans le troisième tome !

Marie-Eve Dufresne, la lectrice pour Audiolib, interprète avec humour la saga des muchachas. Elle donne vie aux personnages, rend les fortes personnalités, comme Hortense ou Elena, admirables, mais agaçantes les petites natures que sont Zoé, sa mère ou Calypso. Chez K. Pancol, il faut briller et exulter pour susciter la convoitise... le reste, c'est “peanuts ” ! Bien entendu, l'auteur affectionne la deuxième catégorie, à mon grand dam. ;-)

Audiolib, mai 2014 ♦ texte intégral lu par Marie-Eve Dufresne (durée d'écoute : 8h 47)

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10/07/14

Une dernière danse, par Victoria Hislop

Une dernière danse

Sonia accepte d'accompagner une amie à Grenade en Espagne pour y parfaire leurs techniques de danse. Sur place, elle fait la rencontre d'un vieil homme, qui vit seul dans un bistro. De fil en aiguille, l'inconnu va lui confier l'histoire, belle et émouvante, des anciens propriétaires du café El Barril. Ou comment une famille ordinaire, le couple et leurs quatre enfants, a été foudroyée par la folie d'une guerre qui a déchiré un pays pendant trois ans. Sonia est anglaise, mariée, malheureuse. Elle découvre à travers la famille Ramirez l'histoire d'un pays qui va la bouleverser. De cette rencontre suivra un grand chamboulement dans sa vie... (Mais pour qui a déjà lu L'Île des oubliés, le déroulement de l'histoire risque peu de surprendre ! C'est juste le petit reproche que je ferai sur ce livre, qu'il soit construit de façon trop identique au titre précédent.) Sans quoi, c'est une plongée fabuleuse et dépaysante, vers un ailleurs ensoleillé et radieux, sauf lorsqu'on dépoussière les vieilles photos de famille, à l'ombre d'une terrasse, et qu'on écoute les souvenirs remonter à la surface... l'émotion vous saisit à la gorge. Une fois encore, le livre audio est magique et envoûtant ! Il participe grandement au charme et à l'émotion que l'histoire est susceptible de faire naître. J'ai été complètement séduite et j'ai vécu à fond l'histoire de la famille Ramirez. C'est une destinée poignante, “un récit de feu et de sang”, que Laëtitia Lefebvre met magnifiquement en scène. Sa voix enveloppe le lecteur dans un cocon de douceur, même si la portée du récit est souvent plus lourde et tumultueuse qu'en apparence. Bref, c'est une fantastique invitation au voyage, chargée d'émotions. Une lecture idéale pour les vacances.

Audiolib, juin 2014 ♦ texte intégral lu par Laëtitia Lefebvre (durée d'écoute : 14h 50) ♦ traduit par Séverine Quelet pour les éditions Les Escales