02/06/14

Le Caveau de famille, par Katarina Mazetti

Le Caveau de famille

J'ai donc lu, peu de temps après, la suite de l'histoire de Désirée la bibliothécaire et Benny le paysan, en version audio, toujours racontée par Marielle Ostrowski et Michelangelo Marchese. Une relecture, en fait. J'avais gardé le souvenir d'une grosse déception, teintée d'amertume et de désolation. Quelque part cela s'est confirmé, puisque le temps a passé, notre couple s'est redonné une chance mais s'est aussi enfoncé dans une routine déprimante. Pour le coup, j'ai ressenti beaucoup d'empathie pour Désirée, coincée dans un rôle de mère de famille, mère au foyer, épouse d'un agriculteur aux idées archaïques et machistes... Franchement, je l'ai plainte à maintes reprises. Benny, d'entrée de jeu, m'a énormément déçue par son attitude avec Maria. Par la suite, il a laissé très peu de place à Désirée pour son épanouissement, elle enchaîne les grossesses, se plie aux règles de la vie à la ferme, fait des efforts mais est dépassée par l'accumulation des tâches. C'est définitivement un portrait éteint d'une histoire d'amour qui a connu des débuts turbulents et qui a voulu conjuguer ses différences. Aujourd'hui elle ne cherche plus à vendre du rêve, des délires, de la fantaisie. Le constat est là, plat, triste et démoralisant. Les personnages grincent des dents, et nous avec.

Audiolib, décembre 2011 ♦ traduit par Lena Grumbach pour Gaïa éditions ♦ texte intégral lu par Michelangelo Marchese et Marielle Ostrowski (durée d'écoute : seulement 5h 08) 


29/05/14

Et puis, Paulette..., par Barbara Constantine

Et puis, Paulette

Ce livre est tout bonnement une promenade revigorante à la campagne, où l'on croise une brochette de personnages très sympathiques, Ferdinand, Guy, Marceline, Simone, Hortense, tous abonnés à la carte Vermeille, et qui vont décider de troquer leur solitude respective en une cohabitation joyeuse et mouvementée dans la ferme de Ferdinand. Leur communauté va également accueillir une jeune infirmière (Muriel) et un étudiant passionné d'agriculture (Kim), sans oublier les familles et les proches, Mireille, la belle-fille, et ses deux garçons, les Lulus. Enfin, vous imaginez bien le tableau aux couleurs bigarrées, animés de bons sentiments, c'est beau comme tout, lisse et impeccable, franchement on a la bouche en cœur devant une si parfaite félicité ! Barbara Constantine n'a pas écrit une grande histoire, structurée ou élaborée, au contraire elle n'est que simplicité, générosité, partage et entente exquise. Et ça fait du bien ! Pour bien faire, Daniel Nicodème livre une interprétation exceptionnelle, à la fois vivante et enlevée, on se régale à l'écouter nous faire l'étalage de cette histoire de vieillesse, avec perte et fracas, pulvérisée par une fabuleuse solidarité, turbulente et bienfaitrice. C'est un texte sans chichi, mais qui communique du bonheur et un optimisme ravageur. On sort de là ragaillardi et le sourire jusqu'aux oreilles.

Audiolib, mai 2012 ♦ texte intégral lu par Daniel Nicodème (durée : 5h 18) ♦ dispo aussi chez Calmann-Lévy et Livre de Poche

Le mec de la tombe d'à côté, par Katarina Mazetti

Le mec de la tombe

Relecture, mais en version audio, d'un roman découvert en octobre 2006 ! Et quel régal. Michelangelo Marchese et Marielle Ostrowski interprètent avec humour et dérision le couple Benny et Désirée qui font connaissance sur un banc, dans un cimetière. Ces deux-là n'ont strictement rien en commun, il n'est pour elle qu'un bouseux sans culture, elle est à ses yeux une femme beige, très quelconque. Et puis plouf, un sourire fait naître un malentendu et nos deux zozos ont les hormones en ébullition, et vas-y que ça caracole joyeusement au creux du ventre. Leur histoire m'a fait ricaner à maintes reprises, pas parce qu'elle est belle, romantique ou mielleuse, c'est tout le contraire, nos deux tourtereaux se vautrent dans la gadoue, n'en peuvent plus de nous délivrer leurs tourments, leurs espoirs, leurs désillusions... C'est le choc des cultures. Ainsi, les deux points de vue s'affrontent, par chapitres alternés, et c'est ce contraste énorme qui rend la lecture si jubilatoire ! Vous avez là un roman d'amour décalé, désopilant, grinçant et caustique. Il est à déconseiller aux fleurs bleues, mais cela en fait tout son charme aussi.

Audiolib, février 2011 ♦ traduit par Lena Grumbach et Catherine Marcus pour Gaïa éditions ♦ texte intégral lu par Michelangelo Marchese et Marielle Ostrowski (durée d'écoute : seulement 5h 10) 

26/05/14

Les anonymes, par R.J. Ellory

Les Anonymes

Dans un quartier propret de Washington, Catherine Sheridan devient la quatrième victime d'un tueur en série. Pour les inspecteurs Miller et Roth, l'enquête se corse lorsqu'ils commencent à se pencher sur le profil trop lisse et parfait de la femme. Ils vont également croiser le chemin d'une mère célibataire, probablement le seul témoin en lice, qui désire obtenir des réponses sur la mort brutale du père de sa fille, survenue quelques années plus tôt, dans des circonstances nébuleuses. Ajoutez aussi la confession d'un type, “John Robey”, qui sait tout, qui voit tout et qui serait la pièce manquante du puzzle. Vous espériez un roman haletant, estampillé thriller comme il se doit ? Eh bien, non. L'intrigue, finalement, prendra un détour déconcertant, en voulant dénoncer le système politique américain, qui intervient dans des zones géographiques à risques pour placer ses pions à l'aide de moyens très convaincants (mais peu reluisants). La révélation n'a toutefois pas fait l'effet d'une bombe. C'était aussi le premier roman de R.J. Ellory que je découvrais, et j'en sors sur une impression mitigée. L'ensemble m'a paru trop long, ambitieux et un rien compassé. J'ai fini par m'ennuyer, frustrée d'avoir anticipé une lecture plus palpitante, avant de m'apercevoir que le résultat n'offre qu'un semblant de polémique. Ce titre aura été pour moi une lecture en demi-teinte, mais je tenterai encore Vendetta et Seul le silence, qui sont en ma possession.

Audiolib, janvier 2011 ♦ traduit par Clément Baude pour les éditions Sonatine ♦ texte intégral lu par Charles Borg ♦ existe en format Livre de Poche (fév. 2012)

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05/05/14

Puzzle, par Franck Thilliez

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Ilan a sombré dans la dépression suite à la mort de ses parents, suivie peu de temps après par sa rupture avec sa petite copine Chloé. Lorsque celle-ci s'invite chez lui à l'improviste et le supplie de participer à un nouveau jeu, Ilan hésite avant de saisir l'occasion de décrocher le pactole pour retaper la demeure familiale. Le jeu, bien mystérieux, se présente comme une grande chasse au trésor et porte le nom de Paranoïa (tout un programme !). De fil en aiguille, il va conduire un petit nombre de candidats à s'enfermer dans un ancien établissement psychiatrique, dans les montagnes, sous une tempête de neige.

Tout, dans ce roman, est diaboliquement efficace, on se retrouve cloîtré comme les personnages dans un univers qui fait froid dans le dos, on est pris dans l'engrenage, bien malgré nous, on cherche à comprendre, à briser les arcanes du jeu, on ne cesse aussi de s'interroger sur les intentions de tous les participants, bref on vit un véritable enfer. Et rien que pour ça, l'auteur réussit son coup. L'orchestration est brillante, inspirée du modèle des “Dix Petits Nègres”, donc peu de surprise à prévoir, et pourtant on se laisse embobiner à merveille, car la lecture est saisissante !

Emmanuel Dekoninck, pour Audiolib, nous livre une interprétation tout aussi captivante et roublarde, qui rend la psychose ambiante encore plus palpable et flippante. Seul détail (négligeable), le comédien ne sait pas prononcer le mot “cobaye”... on en sourirait presque. Le concept de jeu suscite effroi, angoisse, stress et paranoïa (forcément), et a donc sur le lecteur l'effet escompté. C'est un puzzle déroutant, mais abouti et très convaincant. Une totale réussite ! 

Audiolib, avril 2014 ♦ texte intégral lu par Emmnauel Dekoninck (durée : 12h 54) ♦ Fleuve Noir, octobre 2013

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29/04/14

Esprit d'hiver, de Laura Kasischke

Le matin de Noël, Holly se réveille en retard, voit son époux partir en catastrophe chercher ses parents à l'aéroport, leur fille Tatiana est d'humeur grincheuse. D'abord, elle ne quitte pas sa chambre, ne répond pas quand on l'appelle, refuse de manger, se moque de sa mère, ne cesse de changer de toilettes, s'emporte pour des broutilles... Holly est inquiète.

Dehors, le blizzard s'est levé, les routes sont impraticables, les invités pour le déjeuner se décommandent les uns après les autres, Holly est tour à tour déprimée, en colère, impuissante, nostalgique, soucieuse et énervée. Elle n'en peut plus du mutisme de sa fille, de ses sautes d'humeur, rumine son désespoir et répète constamment « Quelque chose les avait suivis depuis la Russie jusque chez eux »...

De là, ses souvenirs s'évadent jusqu'au jour où le couple est allé en Sibérie pour adopter la petite Tatiana. Holly a aussitôt eu la sensation d'accueillir la huitième merveille du monde et de la sauver d'un univers sordide et sans avenir. Aujourd'hui, face à son adolescente de 15 ans, devenue une étrangère, elle se sent rejetée et déboussolée.

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Ce qui ressort de ce roman, construit à la manière d'un roman noir, c'est son ambiance mystérieuse et inquiétante à laquelle j'ai d'abord été très sensible, avant de finir par me lasser. En effet, plus on avance dans l'histoire, dont on a envie de cerner le fin mot, et plus on ressent le poids écrasant du climat lourd et malsain.

L'ensemble m'est alors apparu long, divaguant, confus, parsemé de nombreuses pistes qui ne mènent à nulle part. Car au final, il n'y en a que pour le personnage de Holly, poétesse en manque de reconnaissance, mère dévouée se sentant dépassée, femme privée de sa féminité et de son droit à la maternité, du fait d'une mutation génétique héréditaire... On la sent vite désabusée, perdue, sur la corde raide.

Et à force d'avoir lu les autres avis des lecteurs qui annonçaient une fin de roman particulièrement glaçante, je n'ai plus du tout été surprise par la fameuse révélation !! Pour moi, cette lecture n'aura pas su répondre à mon attente, tant dans son dénouement, que par la relation conflictuelle entre la mère et la fille (toutes deux très agaçantes). J'ai probablement surestimé le potentiel (certain) du livre, de même que l'interprétation d'Irène Jacob - pour l'Audiolib - m'a semblé parfois surfaite. Une rencontre en demi-teinte, dommage.

Audiolib, avril 2014 ♦ texte intégral lu par Irène Jacob (durée : 7h 57) ♦ traduit par Aurélie Tronchet pour Christian Bourgois éditeur

28/04/14

Solo (Une nouvelle aventure de James Bond), par William Boyd

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Intriguée par l'opération de lancement du livre lors d'une cérémonie fastueuse en Angleterre, j'ai aussitôt voulu lire cette nouvelle aventure de James Bond, par William Boyd. J'avoue connaître pour l'essentiel le héros de Fleming à travers ses prestations cinématographiques. Aussi, cette lecture m'aura davantage prise au dépourvu car j'attendais de ma rencontre peut-être plus de glamour et de séduction.

James Bond fête ses 45 ans et ressasse, avec une pointe d'amertume, son passé de soldat qui aurait encore laissé des traces (nous sommes en 1969). Perpétuellement en quête de sensations, il s'invite chez une belle inconnue avant de s'éclipser pour une mission en Afrique afin de mettre un terme à la guerre civile qui déchire le Zanzarim. Sur place, de nouvelles rencontres, des enjeux politiques inavoués, des mascarades et autres faux-semblants rendent l'infiltration plus pernicieuse et équivoque.

Tant et si bien que notre espion au service de Sa Majesté va opérer en “solo” pour solder un vieux compte personnel. Rebondissements à prévoir, coups bas et action à répétition in extenso. On pourrait se frotter les mains d'avance en espérant un bon divertissement, et pourtant l'ensemble m'a semblé froid, distant, avec un James Bond aguerri, sans humour, sans charme... plutôt peu convaincant et pas franchement prêt à nous vendre du rêve. L'intrigue aussi est dépourvue de gadgets et se conforme aux faits. Le résultat n'en est que terriblement impersonnel.

Thibault de Montalembert livre une interprétation lisse, mais irritante dans l'accentuation prononcée de “Bond”, qui apparaît 1 million de fois dans le livre, ce n'est pas possible... j'ai fait une fixation dessus, c'était fichu ! Au final, nous avons là un bon roman d'espionnage, qui offre une escapade dépaysante et très réussie vers l'Afrique des années 60. Pour le reste, j'ai surtout eu le sentiment que ma lecture froissait le mythe de l'agent 007 qui n'inspire aucune sympathie (mieux vaut se contenter de rêvasser sagement sur la plastique de Daniel Craig à l'avenir).

Audiolib, avril 2014 ♦ texte intégral lu par Thibault de Montalembert (durée : 9h 13) ♦ traduit par Christiane Besse pour les éditions Seuil

Le Duel, par Arnaldur Indridason

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Pendant l'été 1972, le monde a les yeux braqués sur la minuscule Islande qui accueille les championnats d'échec qui opposent l'américain Fischer au russe Spassky. Dans le même temps, le corps d'un adolescent est retrouvé poignardé dans un petit cinéma de quartier. Marion Briem et son collègue Albert se rendent sur place et procèdent à une enquête.

Pas d'Erlendur au programme, ce livre nous plonge dans le passé de son mentor, alias Marion Briem, se dépatouillant avec une affaire sur fond d'espionnage et de guerre froide, mais surtout on plonge dans son passé d'enfant malade de la tuberculose, envoyé dans un sanatorium au Danemark pour y suivre des soins, se faire à une vie isolée, ponctuée de rencontres éphémères, marquée par les pertes et les amitiés fugaces. Le type ne déborde pas d'un charisme dévastateur, l'intérêt du livre apparaît minime et seule la toute fin fait vaguement sourire. 

Malgré cet a priori peu reluisant, on se laisse prendre par l'histoire au rythme lancinant. Rouages parfaitement huilés, lecteur mené par le bout du nez, contexte politique haletant vécu à travers un duel d'échecs sur lequel on cherche à faire peser des enjeux, et puis... bon... C'est plutôt bluffant ! Même si elle est classique et très conventionnelle, l'intrigue reste agréable à écouter (grâce à un Jean-Marc Delhausse au taquet, bien à l'aise dans son rôle, et qui distille une interprétation toute en nuances).

La série s'offre ainsi un nouveau crochet, intéressant mais peut-être pas indispensable, en attendant le retour des nouvelles enquêtes de notre commissaire fétiche !  (NB : eh bien, changement de perspective ... avec un prochain tome qui sera la suite de celui-ci. Scrogneugneu !)

Audiolib, avril 2014 ♦ texte intégral lu par Jean-Marc Delhausse (durée : 9h 28) ♦ traduit par Éric Boury pour les éditions Métailié

22/04/14

Muchachas (1) de Katherine Pancol

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Dans Muchachas, on retrouve Hortense et Gary à New York... puis Joséphine à Londres, et Zoé qui n'en peut plus de vivre loin de son amoureux, obligeant sa mère à un énième sacrifice qui nous fait lever les yeux au ciel. Puis, on découvre Stella, au volant de son camion, et sa maman Léonie, hospitalisée, complètement démolie par son homme, Ray Valenti, la coqueluche de la ville.

Froncements de sourcils, perplexité, je n'étais pas sûre d'adhérer au nouveau programme. Puis, au fil des pages et des chapitres, l'histoire s'est envolée, a continué de livrer ses secrets, ses drames, ses peines. Impossible de demeurer insensible, j'étais au cœur du récit, parmi les personnages, partageant la même histoire. Sensation rare et grisante.

C'est, de plus, amené en douceur, avec tendresse et habileté. Katherine Pancol est réellement douée pour créer ce lien invisible. Certes, le sujet de fond (les violences faites aux femmes) me faisait peur, je redoutais du pathos et trop de misérabilisme. Et finalement, non. On découvre un récit prenant et poignant, traité avec beaucoup de pudeur, sans désinvolture, au contraire, on ressent une sincère empathie. Cela m'a plu, tout simplement.


Pour bien faire, Audiolib a accordé sa confiance à Marie-Eve Dufresne pour l'interprétation, un excellent choix qui a déjà fait ses preuves (cf. la précédente trilogie), on passe ainsi un très bon moment, grâce à une écoute agréable et apaisante, qui nous berce dans ce nouvel univers, désormais familier... J'ai hâte de découvrir la suite.

Audiolib, avril 2014 ♦ texte intégral lu par Marie-Eve Dufresne (durée : 9h 23) ♦ Albin Michel, février 2014

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14/04/14

Enfant 44, de Tom Rob Smith

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L'histoire se passe dans la Russie de Staline, en 1953, les agents du MGB traquent les dissidents et les font disparaître sans rencontrer la moindre riposte. Le peuple se tait, se camoufle, range sa rancœur au fond de la poche. Leo Stepanovitch Demidov est un agent haut placé, ancien héros de guerre, officier zélé et convaincu d'œuvrer pour le bien du parti. Lorsqu'il se rend chez un vieil ami en plein deuil, il rassure la famille en expliquant que leur fils n'a pas été assassiné, mais tué accidentellement.

Il rentre à Moscou sur les traces d'un vétérinaire, aux idées réactionnaires, qui s'est fait la malle, Leo lui sauve la vie en le repêchant dans un lac gelé, tombe malade. Au sortir de sa convalescence, il est convoqué pour une nouvelle arrestation : celle de son épouse, Raïssa dont la grande beauté fait décidément bien des jaloux... Terrible cas de conscience pour notre agent, qui risque de perdre ses privilèges en subissant un exil forcé dans un coin perdu de l'Oural.

De nouveau, des crimes inexpliqués, des corps éviscérés de jeunes garçons ou jeunes filles retrouvés dans la forêt, des interrogations en pagaille, mais aussi un acharnement manifeste à ne pas générer d'enquête plus aboutie, plus fouillée. On suit les grandes lignes du parti, ou on subit son courroux. Leo fait face aux failles du système, avec une connaissance accrue des drames qui se jouent en coulisses.

L'histoire est rondement menée pendant les 3/4 du roman, ambiance terriblement glaciale du régime stalinien, qui fait découvrir le revers de la médaille, avec les corruptions, ambitions personnelles, bourrages de crâne, drames conjugaux, petits et grands mensonges... Le roman tient ses promesses et est franchement prenant. Par contre, l'intrigue policière fait doucement glousser dès lors qu'on bascule vers la perspective d'un dénouement grossier et aberrant. Autant dire que j'ai trouvé ça frustrant, niais, passablement décevant.

Toutefois je lirai sans hésiter la suite, avec dans l'ordre : Kolyma et Agent 6, car j'ai été agréablement surprise par la vitesse avec laquelle j'ai parcouru cette lecture ! 

Audiolib, avril 2009 ♦ texte intégral lu par Frédéric Meaux (durée : 12h 20) ♦ traduit par France Camus-Pichon pour les éditions Belfond ♦ disponible en format poche chez Pocket, janvier 2010

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