11/10/16

Dear You saison 2, d'Emily Blaine & Jessica Monceau

Dear You 2

Trêve de suspense, entre Andrew Blake, le fantasme ambulant, et Dan, qui annule une soirée romantique pour un match de football, Kathleen a fait son choix. Mais la situation est loin d'être idyllique. Le couple ne fait que jongler entre avions, rendez-vous d'affaires et pression médiatique. Andrew cherche à préserver la jeune femme de l'inquisition journalistique, en pure perte. Kathleen est projetée sous les feux de la rampe, puis manque défaillir en constatant les effets sur Andrew. Paniqué à l'idée qu'un détraqué se serve d'elle pour se venger, le type abdique. Froidement, sèchement. La scène de rupture équivaut à une passe d'armes et fait vachement flipper. Dans le fond, c'est ridicule ET inutile car on se doute que, quelques pages plus loin, les réconciliations auront lieu. Et tout ça me fait soupirer haut et fort. C'est le souci d'une romance en plusieurs épisodes, étirer en longueur une intrigue rebattue. Résultat, ça saoule. Et ça vire à la stupidité. Les atermoiements mièvres du couple pompent l'air, la sérénade du je-t'aime-moi-non-plus m'inspire de grands cris de ras-le-bol. Et le je-te-quitte-pour-te-protéger, on nous l'a déjà fait. C'est bon, on n'en peut plus. Tout comme la représentation du personnage d'Andrew Blake - dominant et intransigeant, avec évidemment des failles secrètes - hello clichés. Kathleen, par contre, pourrait agréablement surprendre pour son punch et sa détermination à reconquérir son mec, même si je trouve ça pathétique et larmoyant comme entreprise. Enfin voilà. On tourne en rond. J'avais cru que la sensation apaisante de Dear You saison 1 aurait été perpétuée à la lecture du deuxième tome, mais non. D'entrée de jeu, j'ai rapidement craint pour ma capacité à endurer cette bluette. J'aurais dû m'abstenir et me contenter de l'appréciation correcte d'avoir écouté une jolie petite histoire d'amour sur sa période d'apprentissage. Ma curiosité me perdra... Sur ce, je vais faire l'impasse sur la “saison 3” qui sort pourtant ce mois-ci chez Audiolib, et malgré le suspense de la photographie qui me tenaille... Allez, j'avoue. En fouillant sur internet, j'ai obtenu ma réponse et je tombe des nues ! ^-^

Texte lu par Jessica Monceau pour Audiolib (durée : 8h 34) - septembre 2016

Agréable interprétation de Jessica Monceau, dont la voix douce nous berce et nous câline plaisamment. Le format audio est bénéfique au roman et lui donne une ambiance vaporeuse et ensorcelante. Les remerciements sont lus par l'auteur en personne, mais je ne la sens pas particulièrement à l'aise dans cet exercice.

 

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10/10/16

#Audiolib fait son cinéma !

LES ROMANS AUDIOLIB PORTÉS À L’ÉCRAN CET AUTOMNE …

UNE VIE ENTRE DEUX OCEANS de Derek Cianfrance avec Michael Fassbender, Alicia Vikander & Rachel Weisz
sortira en salle le 5 octobre
A (ré)écouter : la version Audiolib du roman de ML Stedman
lue par Martin Spinayer

Tom et Isabel vivent heureux sur l'île de Janus Rock, au large de Point Partageuse, au sud de Perth, en Australie. Tom est gardien de phare. Leur couple vit un bonheur parfait, rapidement obscurci par des fausses couches à répétition, qui les plongent dans un profond désarroi. Aussi, le jour où une barque échoue sur leurs côtes, avec à son bord un homme - mort - et un bébé, Isabel supplie son mari de le garder et de n'en parler à personne. Tom va agir par amour pour sa femme, il va masquer la vérité et truquer ses rapports. Il le fait, parce qu'il sent Isabel au bord du gouffre. Pour elle, l'arrivée de ce bébé est un cadeau du ciel, elle refuse d'envisager une autre solution. C'est son bébé, ou rien. La suite ne cessera de se révéler poignante et débordante d'émotions. Car ce livre est d'une sensibilité rare, qui évoque l'amour, l'isolement, le bonheur et la plénitude, mais surtout la maternité et tout ce qu'elle implique en folie et sacrifice. Un véritable déchirement. Et qui nous interroge : qu'aurions-nous fait à leur place ? Un roman bouleversant et très beau. Martin Spinhayer livre une interprétation poignante du récit, même si j'ai eu du mal avec les voix féminines, sinon la réalisation sonore est impeccable, la version envoûtante et carrément dépaysante.

#Jeu "Une vie entre deux océans" pour gagner 10 places de cinéma pour aller voir le film ou des livres en différents formats !

 

La fille du train

LA FILLE DU TRAIN de Tate Taylor avec Emily Blunt
sortira en salle le 25 octobre
A (ré)écouter : la version Audiolib du roman de Paula Hawkins
lue à trois voix par Valérie Marchant, Joséphine de Renesse et Julie Basecqz

Rachel prend le train tous les jours pour se rendre à Londres. Elle passe tous les matins devant son ancien quartier, où son regard effleure sa maison, désormais habitée par son ex et sa nouvelle compagne. Elle se complaît également dans le spectacle offert par le couple voisin, qui lui semble si parfait et infaillible. Or, un jour, Rachel surprend la jeune femme dans les bras d'un autre homme, en train de s'embrasser. Puis apprend qu'elle a disparu et que la police effectue des recherches actives. Rachel, convaincue de posséder des éléments essentiels, n'hésite pas à s'investir dans l'enquête... même si les inspecteurs la considèrent avec commisération et la traitent de témoin peu fiable, du fait de son alcoolisme notoire. Toute la force du roman provient ainsi des trois intervenantes dans l'histoire, dont les rôles interchangeables viennent complètement troubler notre perception de l'intrigue. On ne cerne plus la plus crédible ou la plus coupable des trois et c'est assez perturbant. Cela compense aussi avec le peu d'action dans notre affaire, qui tient la distance grâce à une pression psychologique constante et finement jouée. Qu'on aime ou pas, cela reste une lecture redoutable sur un plan machiavélique, et efficace pour le climat lourd, suspicieux et tendu de bout en bout. Les trois comédiennes, Valérie Marchant, Joséphine de Renesse et Julie Basecqz, apportent au livre audio (Audiolib) une dimension théâtrale très appréciable, en jouant chacune leur rôle avec une sensibilité qui leur est propre. Cette interprétation fausse aussi la partie et confond le lecteur résolument perplexe et désireux d'en découdre. Mieux qu’un thriller exceptionnel, l'éditeur parle de « piège paranoïaque et jubilatoire ». Écoutez-le, vous comprendrez pourquoi. 

 

Inferno au cinéma

INFERNO de Ron Howard (réalisateur de Da Vinci Code) avec Tom Hanks, Felicity Jones & Omar Sy
sortira en salles le 9 novembre
A (ré)écouter : la version Audiolib du roman de Dan Brown
lue par François d’Aubigny

Robert Langdon se réveille sur un lit d'hôpital à Florence, frappé d'amnésie sur les dernières trente-six heures. Pour échapper à une nouvelle tentative d'assassinat, il s'enfuit avec une jeune femme médecin, Sienna Brooks. Pour seul indice, Langdon possède une capsule avec une image de Botticelli, La Carte de l'Enfer, inspirée par le poème de Dante. C'est le fil rouge, le détail autour duquel il faudra tourner et retourner, comprendre les messages codés, chercher l'explication derrière des rendez-vous loupés, fuir un ennemi invisible, s'en remettre à cette jeune femme blonde, au passé mystérieux. L'intrigue est drôlement bien ficelée, avec soubresauts, entourloupes, rebondissements et gong fatal. On sursaute à plusieurs reprises, tout en reconnaissant que c'est facile, trop facile. On se laisse entuber comme des andouilles. Par principe, on ferme les yeux et on suit Langdon dans un dédale infernal, entre Florence, Venise et Istanbul. La lecture est calibrée pour capturer le lecteur dans ses filets, on en prend plein les yeux et la tête. Ou les oreilles. Le format Audiolib offre une perspective intéressante, car on se la coule douce au son de la voix de François d'Aubigny, qui fait tout le boulot, il nous met en situation, fait monter la pression, joue avec le suspense et nous impose un rythme particulièrement stressant.  Côté divertissement, c'est tout  bon.

 

 

MAL DE PIERRES réalisé par Nicole Garcia avec Marion Cotillard
sortira en salles le 19 octobre
A (ré)écouter : la version Audiolib du roman de Milena Agus
lue par Sandrine Willems

Direction la Sardaigne, où la narratrice raconte l'histoire de sa grand-mère, bien malheureuse d'être à 30 ans toujours célibataire et repoussée par ses soupirants. Elle va accepter par dépit d'épouser un type quelconque, au grand soulagement de ses parents qui se désespéraient de marier cette fille très belle, mais à la réputation d'allumée qui écrit des poèmes olé-olé à ses amoureux. La voilà donc mariée à un veuf qu'elle n'aime pas, mais lui non plus ne l'aime pas, il accepte de ne pas la toucher et court se soulager dans les maisons closes. L'histoire ensuite nous transporte durant l'automne 1950, au cours d'une cure thermale sur le continent, la grand-mère a 40 ans et rencontre le Rescapé. Entre eux va naître une belle histoire d'amour, qui marquera à jamais la grand-mère. Mais sait-on jamais tout de quelqu'un, aussi proche soit-il ? Ou quand l'amour devient une maladie, une folie et une malédiction. Voilà tout le propos de ce roman étourdissant, à l'histoire fascinante et aux personnages mémorables, qu'on quitte presque à regret. Par son sens de la musicalité, Sandrine Willems restitue toute la troublante beauté de Mal de pierres.

 

Rien à voir avec le roman, mais sinon il y a aussi :

Afficher l'image d'origineBRIDGET JONES BABY réalisé par Shannon Maguire avec Renée Zellweger, Colin Firth & Patrick Dempsey
en salle le 5 octobre
Pour comparer : la version Audiolib du roman de Helen Fielding
lue par Odile Cohen

Bridget Jones, dans le roman, est une veuve de 51 ans, qui tente de se reconstruire, surmonter sa douleur et élever seule ses deux jeunes enfants, Billy et Mabel. On pourrait verser sa petite larme, sauf que le ton est drôle, léger, nostalgique, poignant, sincère ET farfelu... C'est du Bridget Jones, après tout ! Délurée jusqu'au bout des ongles (elle ose Twitter et les rencontres sur internet, se fourvoie mais nous fait rire constamment). Possède sans conteste un solide sens de la dérision (les cheveux en pétard, le maquillage baveux, la robe trop apprêtée pour un rendez-vous professionnel, une bourde phénoménale dans l'écriture d'un scénario, son secourisme pathétique dans les arbres...). Bref. Bridget ne change pas. C'est toujours aussi désopilant, pétri de sarcasmes, avec toutefois la conscience aiguë du temps qui passe, du corps qui se transforme en bouée, de la solitude, du désœuvrement, du sentiment d'être bonne pour le recyclage... Cinquante ans, c'est un tournant dans la vie d'une femme. Et personnellement j'ai trouvé que Helen Fielding avait su traiter le sujet avec sincérité, tout en distillant un grain de folie appréciable. Bridget Jones m'a fait rire, mais rire. Certes, elle collectionne les expériences saugrenues, décide par exemple de s'offrir une séance de Botox, mais ressort avec une allergie qui lui crispe les lèvres et se met à baver (« un comble quand on sait que le but était de paraître plus jeune - comme si j'étais une vieille qui a eu une attaque dans une maison de retraite. Suis obligée de me tamponner sans arrêt avec un mouchoir »). Promesse tenue d'une lecture alerte et sans complexe, avec une héroïne pétillante et audacieuse, qu'on a bonheur de retrouver comme s'il s'agissait d'une bonne copine. Le livre a été lu par Odile Cohen qui figure parmi les interprètes féminines que je préfère en format audio : elle alterne avec brio le sens du ridicule et la corde sensible pour ce marathon de 12 heures qui ne nous semble jamais trop long. Et pour les plus nostalgiques, le nouveau Darcy tient la dragée haute aux sceptiques ! 

  

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05/10/16

L'Inconnu du pont Notre-Dame, de Jean-François Parot

L'inconnu du pont Notre-Dame

1786. Alors que le royaume s'agite autour du procès de l'affaire du collier, Nicolas Le Floch est envoyé en tant qu'émissaire à Rome pour rencontrer le pape Pie VI, puis rentre à Paris pour être aussitôt convoqué auprès de son ancien chef, Le Noir, désormais directeur de la Bibliothèque du roi. Celui-ci s'inquiète de la récente disparition de son conservateur au cabinet des médailles, le dénommé Halluin, pourtant un employé discret et zélé, mais autour duquel flotte aussi un vent de mystère. En fouillant son logement, Le Floch remarque, au vu des artifices trouvés dans son armoire, que les mœurs de l'homme seraient pour le moins particulières, mais qu'il détenait chez lui des contrefaçons de médailles tirées de la collection royale. Une enquête s'impose !
Paris, à la même heure, est en plein tohu-bohu autour du quartier du pont Notre-Dame. Les maisons sont rasées, le cimetière des Innocents déplacé. C'est une vraie pétaudière et la population s'agace. Forcément, au milieu du chantier, surgit le corps défiguré d'un homme. Et des conclusions s'imposent - serait-ce donc là l'insaisissable Halluin ? 
Notre commissaire aux affaires extraordinaires au Châtelet est bien en peine. Une autre affaire vient également le chatouiller sur le plan personnel. Lors d'une réception donnée par l'a
mbassadeur anglais, de passage à Paris, Nicolas rencontre son vieil ennemi, Lord Aschbury, ainsi que Lord Charwel et sa charmante épouse, la délicieuse Antoinette, qui n'est autre que son ancienne maîtresse et la mère de son fils Louis de Ranreuil. Cette dernière, espionne à la solde du roi Louis XVI, est infiltrée chez l'ennemi et doit demeurer aussi lisse et inexpressive que du marbre. Seulement Sartine s'en mêle et mande le jeune Ranreuil de servir de garde rapprochée à la lady, durant son séjour parisien. Bonjour la petite réunion familiale au sommet ! ^-^
Mais la politique reprend ses droits, et la menace gronde. La vie du roi est effectivement en danger, alors qu'il parcourt la campagne normande et se délecte de la liesse populaire, un complot digne d'un roman de Dumas voit le jour. Notre vaillant Nicolas va alors se jeter à corps perdu pour déjouer les plans machiavéliques des espions anglais. 

C'est un tome foncièrement palpitant, qui renoue avec les grands classiques aux intrigues enflammées, avec des figures aussi aimables et sympathiques que notre commissaire, son subordonné et ami, l'inspecteur Bourdeau, sans oublier le vieux Noblecourt, dont la santé est de plus en plus fragile, Catherine, la cuisinière alsacienne et la belle Aimée d'Arranet, qui boude dans son coin. C'est tout un univers familier qu'on retrouve avec grand plaisir. La lecture est également élégante, habile et instructive à brasser de judicieuses références historiques à une trame romanesque riche et enlevée. L'auteur lève le voile sur les origines de Le Floch, dresse aussi un portrait bienveillant de Louis XVI, un roi économe et précautionneux, qui détestait les jeux d'argent, et plante un Paris au bord de l'implosion avec les fumets de la révolution à l'horizon. D'ailleurs, on se régale toujours autant autour de la table de JF Parot ! Les descriptions abondent, les plats redoublent d'exotisme ou encensent le terroir, c'est goûteux et ça vous met l'eau à la bouche... Bref. Cette série est incontestablement savoureuse au sens propre et au sens large du terme. À découvrir sans attendre. 

10x18 Grands Détectives / Octobre 2016

Texte lu par François d'Aubigny (durée : 10h 51) pour Audiolib - Février 2016

L'Inconnu du pont Notre-Dame

20/09/16

Le jour où Anita envoya tout balader, de Katarina Bivald

Le jour où Anita envoya tout balader

En pleine déprime depuis le départ de sa fille pour l'université, Anita Grankvist fait le bilan de sa vie. À trente-huit ans, mère célibataire, employée au supermarché de la petite ville de Skogahammar qu'elle n'a jamais quittée, son horizon lui semble soudain brumeux et désolant. Aussi, décide-t-elle de se ressaisir en remplissant ses journées de façon pêle-mêle : elle prend des leçons de moto, rejoint le comité d'organisation de la Journée de la Ville et passe du temps avec sa mère sénile. Ses copines la poussent également à renouer avec les hommes et l'encouragent à draguer son jeune moniteur ! La vie pour Anita prend rapidement des couleurs chatoyantes, des allures cocasses, des séquences émouvantes et vraies. Bien évidemment, j'ai tout de suite accroché à ce petit bout de femme, à ses choix de vie, à son rôle de maman entière et complice, à son statut de fille sous la coupe d'une mère sévère et réservée (et qu'elle tente aujourd'hui de comprendre). Je me sentais en phase avec ses émotions, ses questions et ses doutes. C'est simple, sûr. Mais cette lecture est aussi un bon début pour mettre le pied à l’étrier et accompagner au petit trot le cheminement d'Anita dans sa reconquête d'elle-même. D'abord, dépoussièrer ses rêves d'ado, puis envisager de changer de vie. Un parcours clairvoyant et une héroïne remarquablement attachante pour une histoire pleine de sensibilité et d'humour.

Roman lu avec beaucoup de délicatesse, de tendresse et de badinerie par Marie Bouvier. Très agréable à écouter.

Texte lu par Marie Bouvier pour Audiolib (durée : 12h 56) - Juillet 2016

Traduit par Marianne Ségol-Samoy pour les éditions Denoël

 

16/09/16

Entre ciel et Lou, de Lorraine Fouchet

Entre ciel et lou

La mort de Lou a mis sa famille k-o. Sa santé vacillante, ses pertes de mémoire ont finalement conduit son époux Jo à la placer dans une maison spécialisée, à seulement cinquante-huit ans. Trop jeune pour être écartée, trop jeune pour s'éclipser. Leurs enfants, Cyrian et Sarah, n'ont jamais compris le choix de leur père et lui en tiennent rigueur.
La lecture du testament va conforter leur acrimonie, lorsque le notaire énonce à voix haute que Jo aurait “trahi” Lou, selon les dires de celle-ci. La suite du document est cependant confidentielle, les enfants sont priés de quitter l'office, non sans une certaine amertume. Très déçus par leur père, ils imaginent une tromperie impardonnable et repartent le cœur lourd.
Seulement, Lou a confié à son mari la délicate tâche de rendre leurs enfants heureux. Elle le sait, elle a été une épouse comblée, une mère épanouie, mais hélas Cyrian et Sarah n'ont pas hérité leur droit au bonheur. C'est au tour de Jo de rectifier le tir, en toute discrétion.
Cette mission n'enchante pas notre veuf éploré, depuis longtemps ses enfants et lui ont vécu des vies parallèles. Cyrian mène une existence bourgeoise, complètement éteinte, et se tient à distance de Groix, où il prétend ne pas y trouver sa place. Le jour où son corps a lâché l'affaire (handicap, corps bancal, risques génétiques etc.), Sarah a vu son fiancé lui tourner le dos et a depuis renoncé à l'amour en ne s'attachant à personne.
Comment consoler cette famille cabossée par les aléas de la vie, la réconcilier avec la notion de famille, synonyme de valeur sûre et d'entraide, quand il n'y en a jamais été question, ou seulement pour sauver les apparences, et pour soutenir la mater familias ? Vas-y Jo ! Vas-y fonce. ^-^  

J'avais hésité avant de me lancer dans cette lecture, craignant un roman trop sirupeux ou larmoyant - sans vouloir dénoncer A. Ledig ou A. Martin-Lugand dans le genre - mais là pas du tout. J'ai été agréablement surprise par cette belle histoire d'une famille qui va droit dans le mur, complètement paralysée par ses émotions, et qui a trop l'habitude de conserver pour elle ses vérités, en contenant aussi ses élans affectifs. Ooooh, comme ça me parle, dis donc ! 
Et puis il y a aussi le cadre de l'île de Groix, véritable pivot de l'intrigue, et surtout un appel du pied pour y déposer ses bagages. C'est un cocon hors du temps, un refuge bienveillant, avec des personnages attachants (Maëlle, sa petite Pomme, les copains de banquet, où l'on se rappelle entre rires et larmes que Lou était une piètre cuisinière...). Soudain les chagrins et les peines vous semblent moins lourds, moins insurmontables. On guérit de tout, à Groix ! Il faut croire.
Bref. Cette bulle a su m'envelopper tout naturellement, et je m'y suis sentie très bien. Parfaitement à mon aise. J'étais prête pour écouter l'histoire de Jo, face au nouveau challenge de sa vie, un défi pour le forcer à ne pas couler à pic non plus, car notre homme est vraiment très, très triste d'avoir perdu son alter ego.
Pour s'accrocher à la vie, il se tourne vers ses enfants qu'il ne comprend plus. Au départ, il est un peu pataud dans ses tentatives de “colmatage”, et puis au fil du temps ses stratagèmes vont prendre forme et approcher le rêve inaccessible. Youhou.
C'est vraiment une chouette lecture, qui envoie de bonnes ondes et qui fait se sentir #heureux. Le choix des quatre comédiens (Audiolib) apporte une touche affective et donne une perspective réjouissante à l'épanouissement de cette intrigue simple, charmante et riche d'émotions. Chaque voix tient son rôle, idéal pour une immersion totale. À renouveler ! 

Texte lu par Maia Baran, Patrick Descamps, Frédéric Meaux & Colette Sodoyez pour Audiolib

Durée : 9h 09 - Août 2016

 


15/09/16

Dear You - saison 1, par Emily Blaine & Jessica Monceau

Dear you

Après l'écoute de l'épisode 1, mis à disposition gratuitement sur toutes les plateformes de téléchargement légal, j'avais disposé d'un peu plus d'1 heure 30 pour me familiariser avec cette romance à succès. C'était bien trop court pour juger du potentiel addictif de l'intrigue, aussi j'ai patienté jusqu'au mois d'août pour me lancer dans cette première saison, préalablement publiée sous trois épisodes. En livre audio, forcément. 

Kathleen est concierge dans un palace, où elle s'applique à satisfaire les desiderata d'une riche clientèle exigeante. La jeune femme est célibataire, vit loin de sa famille, a très peu d'amis pour lui tenir compagnie, aussi consacre-t-elle facilement tout son temps au boulot. Son seul pêché mignon consiste à dévorer les petites annonces du New Yorker en rêvant du jour où l'une de ses bouteilles à la mer lui serait destinée. Sa routine bascule lorsque débarque Andrew Blake au Peninsula. Ce magnat de la presse impose très vite sa puissance et son assurance, Kathleen n'est pas totalement insensible à son charme mais se planque derrière son professionnalisme. Attention danger. Frontière à ne pas franchir. Et puis, elle vient d'accepter l'invitation de son nouveau collègue Dan. Un peu de lâcher prise dans son existence bien sage et trop calme. Mais Andrew Blake accentue également ses efforts pour lui plaire et use sans vergogne de son pouvoir pour obtenir ce qu'il veut.

La ligne générale est certes assez classique, l'histoire est simple, sans surprise, mais non moins charmante. On retrouve tous les codes du genre sentimental, ses clichés, son scénario bien rodé, ses personnages convenus et autres stéréotypes familiers. Cependant, la touche est fraîche, moderne, assez pétillante. Les dialogues sont naturels et spontanés. Je n'avais pas trop envie de rouler des yeux à tout bout de champ. Et puis, c'est une création française... cocorico ! Cerise sur le gâteau, pour la présente édition : la douce voix de Jessica Monceau, qui nous fait passer un très agréable moment. La deuxième saison est, par ailleurs, déjà disponible sous le même format. Il n'y a plus qu'à...

Texte lu par Jessica Monceau (durée : 8h 12) - Audiolib, août 2016

 

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12/09/16

Le Coma des Mortels, de Maxime Chattam

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Pierre, trente ans, est atteint d'une terrible malédiction : quiconque l'approche finit par mourir tragiquement. Devant le corps d'une jeune femme, retrouvée morte dans son appartement, et face à des enquêteurs circonspects, le type se lance dans une longue justification en racontant son histoire... à rebours.
Qui est-il ? Que cherche-t-il ? Que fait-il dans la vie (à part ramasser les crottes des animaux du zoo de Vincennes) ? Comment et pourquoi son existence est en train de basculer dans une spirale infernale où la folie douce semble y faire son nid en toute quiétude ?
Maxime Chattam sort de son registre habituel pour livrer une histoire pour le moins sinistre et déprimante. Le narrateur - Pierre - est un type aussi cynique que désabusé, du coup sa confession oscille facilement entre l'amertume et le désespoir, tout en épinglant ci et là les travers de notre société, à grand renfort de pointes sarcastiques.
Je n'ai pas été totalement conquise par cet essai - d'abord, le type verse facilement dans l'atermoiement mais ne suscite guère d'empathie. Son parcours relève ensuite d'une longue série de rencontres excentriques et farfelues - une amoureuse qui collectionne les suicides, une collègue qui confond littérature et sexualité, un psy psychopathe qui ne cesse de le harceler, un vieux bonhomme qui possède le don de retrouver des objets perdus... Lui-même joue à la pêche téléphonique, en composant des numéros au hasard dans le but de discuter avec des anonymes.
Bref. On sait que Pierre a renoncé à ses amis, à sa famille. Il se dit mortifié par sa malédiction, dépossédé de son destin, mais cherche un sauf-conduit pour échapper à cette terrible fatalité. Sa vie est clairement insipide, solitaire et affligeante. Et lire ou écouter son histoire s'avère une expérience tétanisante, même si elle n'est pas aussi traumatisante qu'avec Que ta volonté soit faite.
On y trouve du sexe, du sang, du sordide, de l'humour noir, de la mélancolie, du suspense, de l'émotion, de l'ironie... Un beau patchwork bariolé, qui vous file aussi une étrange sensation de malaise. Paradoxalement ce grand déballage a su m'accrocher jusqu'au bout. Envie de connaître le fin mot de l'histoire, curiosité malsaine, agacement grandissant pour le personnage central etc. Mea culpa.
On nous vend du David Lynch (oui... pour les tableaux à base de mouches mortes) et un soupçon d'Amélie Poulain sous LSD. L'échappée est certes singulière et conduite avec maestria, mais je n'ai pas trouvé ce roman à la hauteur de mes attentes. Vivement la fin d'année pour plonger enfin dans le dénouement de la série Autre-Monde ! Hâte. ☺

Texte lu par Damien Ferrette pour Audiolib (durée : 9h 11) / Août 2016

 

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02/09/16

Berezina, de Sylvain Tesson

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« Un vrai voyage, c’est quoi ?
– Une folie qui nous obsède, dis-je, nous emporte dans le mythe ; une dérive, un délire quoi, traversé d’Histoire, de géographie, irrigué de vodka, une glissade à la Kerouac, un truc qui nous laissera pantelants, le soir, en larmes sur le bord d’un fossé. Dans la fièvre…
– Ah ? fit-il.
– Cette année ce sont les deux cents ans de la Retraite de Russie, dis-je.
– Pas possible ! dit Gras.
– Pourquoi ne pas faire offrande de ces quatre mille kilomètres aux soldats de Napoléon ? »

 

Quelle formidable épopée racontée avec panache, émotion et passion ! C'est tout ce qu'inspire le récit fabuleux du road-trip de Sylvain Tesson sur un vieux side-car en compagnie de son ami Cédric Gras, de deux camarades russes et Thomas Goisque, l'ami photographe.

C'est suite à un salon du livre basé en Russie que notre trio un peu fou lance ce projet de rentrer à Paris en suivant les traces des troupes napoléoniennes. Treize jours pour tenir un pari insensé à rouler sur des routes enneigées, par un froid de canard et couvrir la retraite de l’Empereur sur plus de quatre mille kilomètres. L'auteur nous entraîne dans une épopée carnavalesque et réjouissante, entre soif d'histoire et hommage bouleversant. On replonge dans des chapitres oubliés, on revit les batailles enfiévrées et on imagine la détresse de ces Français en déroute, leur lutte acharnée et leur désespoir face à des stratégies militaires proche du suicide. On éprouve aussi un formidable élan d'admiration pour les Grognards qui n'ont rien lâché et ont tout donné jusqu'au bout, malgré les conditions rudes, malgré le froid, la faim et malgré la fuite de Napoléon qui a précipité son retour à Paris en solo. Le moral des troupes est au plus bas, mais ces hommes se démènent pour sauver l'honneur. Une notion au sujet de laquelle l'auteur débat, tout en s'interrogeant sur l'héroïsme et notre capacité aujourd'hui à nous sacrifier pour la nation. Une cause hélas décotée. Il compare alors le génie de Napoléon qui avait réussi à imposer son rêve par le verbe, à étourdir les hommes, à les enthousiasmer et à les associer à son projet. « Il avait raconté quelque chose aux hommes et les hommes avaient eu envie d'entendre une fable, de la croire réalisable. Les hommes sont prêts à tout pour peu qu'on les exalte et que le conteur ait du talent. »

J'ai beaucoup aimé partager cette aventure, en alternant les pages du roman aux épisodes lus à voix haute par Franck Desmedt pour Audiolib. Le comédien livre une performance vivante et captivante, nous donnant l'illusion d'être à bord du side-car (ou presque) et d'être au cœur du récit. C'est passionnant, à dévorer en une bouchée tant on se sent porté par le feu de l'action. Une expérience où le sublime flirte avec le grotesque. Unique. Et fascinant.

 

Texte lu par Franck Desmedt pour Audiolib (durée : 4h 51) - Juillet 2015

Repris en poche chez Folio / Mars 2016

 

Cédric Gras, en bon baroudeur, a également fait l'écho de son récit de voyage à travers la Russie d'Extrême-Orient dans L'hiver aux trousses (Folio, 2016). 

Rien à voir avec les Grognards et Napoléon ! Il s'agit d'une autre quête fabuleuse et folle, qui consiste à partir à “la chasse aux feuilles rouges”. Soit, accompagner l'automne par tous les moyens possible (à pied, en camion, sur des canots ou à bord de remorqueur). Ainsi, des contrées polaires à la mer du Japon, ses pas ont foulé des parcelles méconnues de cette Russie du Pacifique. Une lecture totalement dépaysante ! 

 

29/07/16

Un plus plus loin sur la droite, de Fred Vargas

Un peu plus loin sur la droite audiolib

Assis sur un banc dans un square parisien, Kehlweiler remarque un bout d'ossement humain dans des déjections canines et s'épanche auprès de l'exubérante Marthe, une ancienne entraîneuse, dont la gouaille mordante lui rétorque de ne pas pinailler. Ce serait mal connaître notre homme.
Après des heures d'observation et de réflexion, Louis finit par débusquer une piste conduisant dans un petit port breton, où il se rend avec son crapaud de compagnie et son nouveau complice, Marc Vandoosler, un médiéviste désargenté qui occupe une vieille baraque avec deux autres historiens, Mathias et Lucien, et son oncle Armand, un ancien flic (cf. Debout les morts), également une vieille connaissance de l'Allemand.
Et de nouveau, nos deux compères, friands d'intrigues alambiquées, se perdent en contemplations et autres conclusions aléatoires parmi des locaux revêches ou excessivement conviviaux, qui tenteraient de masquer un crime parfait derrière des bavardages futiles, des passions sordides ou des discussions embrumées dans les vapeurs de l'alcool.
Kehlweiler et Marc sont attentifs aux moindres détails, surveillant les habitudes ambiantes, écoutant les potins, rencontrant les figures de proue, sympathisant avec l'ennemi et réveillant parfois la flamme éteinte d'un premier béguin. 

C'est encore une fois une lecture peu coutumière du genre policier, Fred Vargas y trempe un orteil en brandissant les flonflons, les mystères, les crimes et les soifs de vengeance mais procède à une exécution atypique pour livrer son histoire, qui nous régale par sa dose d'excentricités, sa plume facétieuse et ses personnages insolites. 
Après des débuts lents et précautionneux, l'enquête amorce un virage plus complaisant pour retrouver cette atmosphère si caractéristique de l'auteur. Du charme, de la folie douce, de la finesse, de l'humour et de la subtilité font de cette lecture un rendez-vous excitant. Rien n'est laissé au hasard et, contrairement aux apparences, pas si banal ou pantouflard. Même le dénouement parvient à nous surprendre en nous cueillant là où on ne s'y attend pas. 

Très bonne lecture audio proposée par Philippe Allard, dont il s'agit du troisième enregistrement des ouvrages de Fred Vargas. Son interprétation est impeccable, pleine d'humour et de vivacité, respectant ainsi le registre de l'auteur avec brio, pour une écoute pertinente et très agréable. 

Audiolib, Juin 2016 - Lu par Philippe Allard (durée : 7h32)

 

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25/07/16

Le Temps est assassin, de Michel Bussi

Le temps est assassin

Durant l'été 1989, Clotilde passe ses vacances en Corse, sur les terres de la famille de son père. Elle a quinze ans, elle adore La Lambada, Le Grand Bleu et La Mano Negra. C'est une adolescente insouciante, dont le journal intime raconte ses exploits avec une spontanéité rafraîchissante. Sauf qu'au terme de cet été indolent, un accident de voiture va décimer le couple Idrissi et leur fils Nicolas, laissant orpheline la jeune Clotilde.
Vingt-sept ans plus tard, celle-ci est de retour sur les lieux du drame, avec son mari et son adolescente de fille. Son deuil est telle une plaie ouverte, impossible à combler. Aussi est-elle résolue à chasser ses fantômes et crever l'abcès en retrouvant tous les témoins de la tragédie, quitte à mettre en péril ses acquis.
Changement de cap pour l'auteur normand qui nous invite à poser notre serviette de plage sur l'île de beauté et se repaître de son caractère entier et farouche ! La presqu'île de la Revellata, entre mer et montagne, devient le théâtre de passions nombreuses et variées, de celles qui diabolisent une famille sur plusieurs générations, à celles qui ravivent des émotions et déterrent des secrets trop longtemps enfouis.
La construction du roman laisse de nouveau vagabonder notre imagination, entre passé et présent, la vigilance est de mise. Michel Bussi se joue du lecteur avec ses sempiternels chausse-trappes, exprès pour semer le doute et nous balader sur des fausses pistes. La pratique n'est pas nouvelle, mais nous abuse encore et toujours. C'est de bonne guerre.
Cette intrigue à suspense laisse donc entendre que la mère de Clotilde ne serait pas morte, d'après les improbables indices glissés sur son chemin (une lettre signée, un labrador du même nom, la table du petit-déjeuner dressée à l'identique du matin du drame). C'est suffisant pour rallumer la flammèche de l'espoir et l'entraîner sur des sentiers glissants.
Plus Clotilde s'obstine à fouiller le passé, plus ses proches se sentent délaissés et lui font des reproches, auxquels elle reste sourde. En comprenant que l'accident aurait sûrement des origines criminelles, que les apparentes infidélités de sa mère, trop belle et frivole, auraient servi à une triste mise en scène et précipité le drame que l'on sait, Clotilde n'envisage plus de rebrousser chemin mais redoute à plus forte raison de dévoiler la vérité (qui s'annonce à coup sûr poignante et bouleversante). 
Le scénario est certes rocambolesque, mais tient en haleine et participe au sensationnel du récit. Une lecture idéale pour la détente (soleil, vacances, secrets de famille, premières amours et retour aux sources). Tous les ingrédients sont réunis pour concocter une bonne mixture appétissante ! 

 

Texte lu par Julie Basecqz pour Audiolib (Juin 2016) durée : 15h 16

Le temps est assassin | Livre audio

Titre téléchargé sur la plateforme Audible

©2016 Michel Bussi et Presses de la Cité (P)2016 Audiolib

 

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