30/03/18

La disparition de Josef Mengele, par Olivier Guez

Sélection #Club_Audible Mars 2018

La disparition de Josef Mengele1949 : Josef Mengele arrive en Argentine. Caché derrière divers pseudonymes, l'ancien médecin tortionnaire à Auschwitz croit pouvoir s l'inventer une nouvelle vie à Buenos Aires. L'Argentine de Perón est bienveillante, le monde entier veut oublier les crimes nazis. Mais la traque reprend et le médecin SS doit s'enfuir au Paraguay puis au Brésil. Son errance de planque en planque, déguisé et rongé par l'angoisse, ne connaîtra plus de répit... jusqu’à sa mort mystérieuse sur une plage en 1979.

1- Qu’avez-vous pensé du ton du narrateur/auteur ?

Détaché. Morne. Glaçant. 

2- Selon vous le problème émanait-il du ton du narrateur ou du récit en lui-même ?

Certes le texte est lourd, mais le ton du narrateur est beaucoup trop solennel et déprimant.

3- Quelle a été votre assiduité d’écoute ? 

Je pensais l'écouter rapidement (6h, c'est peu) et puis j'ai vite freiné des deux pieds car l'histoire est lourde, le personnage de Josef est détestable au possible, sans compter les informations qui deviennent vite étouffantes à force de les accumuler. Du coup j'ai ralenti, pour souffler et tenter de mieux apprécier la lecture.Mais cela a été difficile.

4- Avez-vous été choqué/surpris/dérangé par les actes réalisés par Joseph Mengele et décrits dans le livre ?

Choquée, horrifiée, dégoûtée... ce type incarne l'ignominie humaine dans toute sa splendeur. Sans scrupules. Absence de remords. Conviction de son bon droit. Refus de débattre de ses actes. Lâcheté. Mépris total etc. Une belle ordure ! Et ses expériences, au nom de la science, mygod, on a beau avoir eu connaissance de telles horreurs dans nos manuels d'histoire, c'est toujours une claque d'en découvrir l'ampleur dans un roman. 

5- Quel a été votre passage préféré ?

Préféré, aucun. L'ensemble du livre a eu sur moi un effet de marée noire. J'étais comme engluée, franchement écœurée et j'ai suffoqué à maintes reprises, par contre j'étais curieuse de comprendre l'étendue de la fuite des nazis après-guerre, la large complicité et les réseaux organisés pour complaire à leurs exigences, couvrir leurs actes et identités. La prise de conscience de l'holocauste dans la mémoire collective est survenue progressivement, d'où les nouvelles chasses à l'homme et les combats menés par les Klarsfeld par ex. Au final, c'est plein de petits passages marquants.

- Dernière question : quel rôle donnez-vous à l'interview finale de l'auteur par rapport au récit et au travail de l'auteur ?

L'interview est complémentaire à l'écoute du roman. C'est toujours éclairant de comprendre les motivations de l'auteur et son approche avant de se lancer dans l'écriture.

 

©2017 Éditions Grasset & Fasquelle

(P)2018 Audiolib. Texte lu par Olivier Guez (durée : 5h 47)

La disparition de Josef Mengele est une plongée inouïe au cœur des ténèbres. Anciens nazis, agents du Mossad, femmes cupides et dictateurs d'opérette évoluent dans un monde corrompu par le fanatisme, la realpolitik, l'argent et l'ambition. Voici l'odyssée dantesque de Josef Mengele en Amérique du Sud. Le roman-vrai de sa cavale après-guerre.

 

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21/03/18

Trois baisers, de Katherine Pancol

Trois baisersBim bam boum, ils sont de retour ! Ils s'étalent sur 845 pages, prennent leurs aises pendant 20 heures, se livrent et se confessent, jouent, trichent et s'éparpillent... Les Plissonnier-Cortès, Valenti, Grobz, Courtois, Dupin et compagnie nous font tourner la tête et toujours battre le cœur, au cours d'une lecture passionnante et ô combien réconfortante.

Cela ressemble à une réunion familiale au sommet. Une convocation générale pour prendre des nouvelles des uns et des autres - Hortense prépare sa première grande collection avec un défilé sensationnel au Plaza, comprend la notion de désir dans un escalier du Fouquet's et harcèle Junior de questions sur son grand peut-être, Zoé s'interroge sur son avenir, carmélite ou actionnaire, elle chancèle, le cœur palpitant, comme sa maman Joséphine, qui panique de n'être plus aimée, éternellement sotte et fragile, Gary arpente les trottoirs de New York et est sidéré face à une bouteille de vin, foudroyé par la révélation, Calypso s'endort pour cent ans, Stella retrousse ses manches, lave à coup de javel les souvenirs meurtris, Adrian rêve en grand, Tom tombe amoureux, Ray Valenti brille de mille feux, Fernande s'envole pour Mexico, Henriette et Elena font des affaires...

En gros, les histoires se nouent, s'emmêlent, se tendent et éclatent dans un joyeux bordel. Ça fait des étincelles et ça crépite ! La communion est sacrée. Ce que le public ressent est lié à ce que vivent les personnages. Les espoirs, les envies, les doutes, les peurs, les sombres pensées. On partage tout, on rit, on tremble, on pleurniche, on hurle, on inspire, on cherche le staccato, on gratte les tickets de tombola, on regarde les Oscars à la télé, on reçoit des trempes, on se rebiffe, on ouvre des livres, on fait ses courses, on danse sur du Cloclo. C'est tout bon. Pas forcément intense et palpitant. Mais on se sent bien. Et puis, on a clairement nos préférences (Hortense ! Gary !), nos attentes et nos impatiences, on relève les transitions, les creux, les flous, les fièvres (euh... Junior ? du grand d'importe quoi !). On a conscience que le gros navire, parfois, tangue et s'égare, tout en adoptant un rythme de croisière agréable et délassant. En tout cas, j'ai pris place à bord, en frétillant de bonheur, et j'ai beaucoup aimé mon voyage !

Marie Ève Dufresne est également indissociable à mon plaisir de lecture. Son interprétation est impeccable, élégante, mesurée et enveloppante. J'aime infiniment. Sa voix fait aussi partie du succès de la saga - un rendez-vous incontournable avec mon autre tribu, une famille de papier où toutes les personnalités s'incarnent et forment un ensemble attachant. C'est difficile de les abandonner ! ☺

©2017 Éditions Albin Michel (P)2018 Audiolib (durée : 20h env.)

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« Partons dans un baiser pour un monde inconnu. » Alfred de Musset

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09/03/18

La Sélection, de Kiera Cass & lu par Claire Tefnin

la sélection audiolibEn toute franchise, cette série est loin d'être une découverte - car déjà lue lors de sa parution en 2012. J'avais, à l'époque, été totalement séduite par l'emballage et la mièvrerie ambiante. En apprenant que la série était maintenant disponible en format audio, mon cœur de midinette a de nouveau fait boum. Je suis faible, je suis curieuse, je suis guimauve jusqu'au bout des ongles. Amen. J'ai ainsi replongé dans quelques 7 heures d'une lecture pleine de fanfreluches, de sucre et de miel. C'est assumé. Et j'ai suivi une Claire Tefnin se métamorphoser en America Singer, héroïne ô combien décriée, dans cette jolie bluette romantique.

Trois cents ans ont passé, durant lesquels les États-Unis ont croulé sous les dettes, subi l'invasion de la Chine puis lutté pour leur indépendance, d'où la création du royaume d'Illéa, une monarchie basée sur un système de castes. Afin de plaire au peuple, le palais a coutume d'organiser un grand jeu télévisé, la Sélection, au cours duquel 35 filles de toutes origines doivent se distinguer pour ravir le cœur du prince héritier, Maxon. Parmi elles, se trouve la rousse et volcanique America Singer, dont les motivations sont purement matérielles et détachées, car la belle a le cœur brisé par un autre soupirant, qu'elle voyait en cachette depuis deux ans. Bien évidemment, America tape dans l'œil du prince et survole la compétition et ses concurrentes. Elle incarne  l'indépendance, la franchise, la noblesse, l'abnégation et la bienveillance. Elle connaît le peuple, elle comprend les coups durs, elle a les pieds sur terre et elle n'affiche aucune ambition dévorante. En gros, c'est une sainte et c'est agaçant.

L'histoire ressemble donc à un conte de fées, avec son cadre enchanteur et son prince charmant, ses sentiments balbutiants et sa tendresse dégoulinante. Le jeu télévisé est passablement mis en avant, on songe même à un mix approximatif du Bachelor & des Hunger Games, même si ce n'est ni sexy ni trash, mais seulement niais et lisse. Il y a quelques pestes dans le lot, des attaques de renégats, des vérités voilées et des discours pompeux qui font paraître le prince affreusement obséquieux. Tout n'est que poudre aux yeux, et c'est justement pour ça qu'on mord à l'hameçon. En dépit des défauts manifestes, le roman exerce une vraie addiction sur l'auditeur. Impossible de décrocher une fois qu'on a la mélodie dans les oreilles. La mise en scène est agréable, la réalisation musicale distrayante et la voix de Claire Tefnin entraînante. Et bim, j'ai été complètement possédée. Mais qui n'a jamais cédé à quelques plaisirs coupables dans sa vie de lectrice ?

Ce roman à la couverture sublime est donc un pur moment de délectation, simple et sans équivoque ! ☺

©2012 Kiera Cass / Éditions Robert Laffont, traduction de Madeleine Nasalik

(P)2018 Audiolib. Texte lu par Claire Tefnin. Durée : 7h env.

Parution du Tome 2 courant mai 2018

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05/03/18

Élisabeth Princesse à Versailles 1. Le Secret de l'automate - 2. Le Cadeau de la reine, d'Annie Jay

Elisabeth princesse à VersaillesCette charmante série, découverte depuis 2015, connaît un joli succès en librairie, avec ses 10 titres en rayon et ses emballages délicieusement poudrés. Audiolib s'empare à son tour du phénomène en éditant les deux premiers tomes réunis sous le même format, à écouter en moins de 3 heures, grâce à l'interprétation élégante et enjouée de Charline Paul.

Dans le courant des années 1770, l'éducation des princesses, Élisabeth et Clotilde, est confiée à Madame de Mackau, une sous-gouvernante chargée de canaliser le tempérament capricieux et indiscipliné de la cadette. Vexée de passer pour une idiote, Élisabeth accepte de rentrer dans le rang mais refuse de se séparer de sa nouvelle camarade, Angélique. En plus d'avoir tissé une amitié sincère, toutes deux se passionnent pour les énigmes. Elles viennent en effet de trouver un billet caché dans un automate, avec un message codé qu'elles doivent déchiffrer pour poursuivre leur enquête. De Versailles à Choisy, les copines parcourent les jardins, les salons et autres recoins secrets du château, sans jamais sacrifier leurs leçons et autres devoirs d'usage liés au rang de la princesse et sa demoiselle de compagnie. Au fil de leurs aventures, elles vont s'attacher l'aide non moins précieuse du jeune page, Théophile de Villebois, et du fringant apprenti valet, Colin.

En somme, cette lecture déborde de grâce et de fraîcheur. Annie Jay excelle dans le registre des séries historiques, avec une écriture intelligente et soucieuse du détail, elle nous fait voyager dans le temps et entrouve avec discrétion des portes habituellement fermées. On croise ainsi la famille royale dans son quotidien, on découvre les us et coutumes de la Cour de Versailles, avec son étiquette corsetée mais enjolivée exprès pour un auditoire (dès 8 ans) fasciné par le faste et le tralala. Ici, les princesses sont exubérantes et bousculent les traditions, toujours partantes pour vivre des intrigues pleines de mystère et d'audace. C'est adorable et pimpant ! J'ai vraiment passé 3 heures d'écoute agréable, avec juste une pointe de naïveté qui compose savamment le récit. C'est à déguster sans réserve !

©2015 Albin Michel Jeunesse (P)2018 Audiolib

Texte lu par Charline Paul. Durée: 2h 50 env.

La série est illustrée par Ariane Delrieu.

 

26/02/18

On la trouvait plutôt jolie, de Michel Bussi

On la trouvait plutot jolie

Dans son petit HLM à Port-de-Bouc, près de Marseille, Leyli Maal élève seule ses trois gosses - Bamby, Alpha et Tidiane - et tient à une cohésion familiale envers et contre tout. Comme l'obligation de prendre ensemble le repas du soir, à heure fixe. Mais les aléas du quotidien rendent parfois les promesses difficiles à tenir, car l'une part en quête de ses origines, l'autre se lance dans le business et le petit dernier de dix ans défend son rituel de la lecture avant le coucher. La belle Leyli mène plusieurs combats de front et rêve du jour où elle pourra enfin poser les armes (trouver un grand appartement, un job sous CDI, de la confiance, de l'amour, du bonheur). C'est auprès de son voisin, Guy, qui affiche sans honte son aversion pour “l'exotisme”, ou Ruben, son nouveau patron déjanté, qu'elle confie son histoire, depuis son enfance à Segou, un petit village près de Bamako, sa brusque cécité, son choix de l'exil et sa rencontre avec une association chargée de venir en aide aux migrants...

Se dresse ainsi un long parcours chaotique, interrompu à plusieurs reprises par l'avancée d'une enquête policière (un type est assassiné dans une chambre d'hôtel, puis un deuxième et ainsi de suite). L'histoire frise parfois la profession de foi, avec une Leyli qui évoque son itinéraire douloureux et son espoir en une vie meilleure. On passe facilement en revue toutes les vicissitudes du système, les flux migratoires, les dérapages politiques, les dénonciations voilées et la misère humaine comme bouc émissaire. J'entends tout ça, mais je ne suis pas emballée, c'est trop lisse et bien-pensant, ancré dans un registre trop d'actualité. L'histoire de Leyli est touchante, les personnages aussi sont attachants, mais disons que la sauce ne prend pas. La lecture est loin d'être aussi captivante que les autres romans de Michel Bussi déjà lus. J'ai été moins tenue en haleine, et même si je n'ai pas vu venir le fameux “twist”, je n'ai pas non plus été abasourdie !

Un rendez-vous de routine, pas mal en attendant mieux la prochaine fois. ☺

 

©2017 Michel Bussi / Presses de la Cité (P)2017 Audiolib

Texte lu par Marie Bouvier. Durée : env. 14 h.

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22/02/18

Couleurs de l'incendie, de Pierre Lemaitre

couleurs de l'incendieAvoir lu ou non Au revoir là-haut n'est finalement pas si crucial pour la bonne compréhension de ce roman - contrairement à ce que j'avais imaginé. On retrouve, certes, la famille Péricourt mais l'histoire s'attache à Madeleine, fille de Marcel. Le roman commence en février 1927, par des obsèques affreusement pompeuses, lesquelles sont perturbées par la chute tragique du jeune Paul, depuis le deuxième étage de la maison. Comment, pourquoi ? La foule horrifiée voit l'enfant conduit en urgence à l'hôpital, où sa mère apprend qu'il est miraculé mais paraplégique. L'annonce est brutale, le choc traumatisant. Leur quotidien est alors mis sens dessus dessous - Madeleine se décarcasse pour le confort de son fils, elle recrute une aide-ménagère polonaise (l'exubérante Vladi) et confie ses affaires courantes à l'avocat de la famille, Gustave Joubert. Sa confiance aveugle sera néanmoins trompée. Sans rien voir venir, Madeleine va être dupée et roulée dans la farine par ses plus proches confidents.

Et quelle prouesse ! Pour moi, ce roman s'inscrit dans la lignée des grands romans populaires, façon Balzac, Dumas et Zola. On découvre en effet un récit captivant et flamboyant, une sinistre comédie humaine ancrée dans son époque (on jurerait que Lemaitre a voyagé dans le temps pour s'imprégner des lieux, de l'ambiance, des codes romanesques en vigueur). Clairement, c'est une réussite sur ce plan. Après, l'histoire nous happe, nous attire dans ses filets et on se laisse porter par le fil narratif. On assiste ainsi au naufrage, on découvre la mascarade, on encaisse les revers de fortune et les illusions perdues, tout ça sans broncher. On ressent une profonde empathie pour Madeleine, on la juge trop sentimentale puis on applaudit son courage et sa force. En digne Péricourt, elle ne va pas rendre les armes mais va puiser dans l'humiliation infligée pour faire sa propre justice. Sa vengeance se tisse alors dans les règles de l'art, mitonnée aux petits oignons, ourdie en douce et élaborée avec patience. Ah, il y a de l'Edmond Dantès chez cette Madeleine ! Vraiment, on se régale. Moi qui avais conservé un souvenir flou et en demi-teinte du précédent Au revoir là-haut, j'ai été agréablement surprise par Couleurs de l'incendie qui a su me tenir en haleine pendant près de 14 heures ! 

La lecture faite par l'auteur lui-même est, de plus, tout à fait remarquable. J'avais déjà noté combien il excellait dans cet exercice, cf. Au revoir là-haut, et ai donc apprécié qu'il renouvelle l'exploit avec cet opus. L'auteur vit littéralement son récit, il module les intonations, connaît ses personnages, joue avec le lecteur. C'est une vraie pièce de théâtre qui se déroule dans nos oreilles, et on reste auditeur fasciné de bout en bout. Ce n'est pas donné à tout le monde de réussir pareille prouesse (certains sont de piètres lecteurs, en gros il ne suffit pas d'avoir écrit le livre pour s'improviser lecteur et transmettre au mieux ses émotions). Pierre Lemaitre figure parmi les exceptions - j'ai beaucoup aimé l'écouter ! L'effet immersif est, de plus, indéniable. 

Excellente pioche, donc. Une lecture pleinement enthousiasmante sous tous les formats. À conseiller. ☺


Avec la participation de Zygmunt Miloszewski pour les mots lus en polonais.

©2018 Éditions Albin Michel (P)2017 Audiolib

 

Sélection du #ClubAudible Février 2018

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19/02/18

Origine, de Dan Brown & lu par François d'Aubigny

origine dan brownInvité à participer à la grande conférence donnée par Edmond Kirsch, son ancien élève devenu un éminent futurologue, le professeur Robert Langdon débarque au musée Guggenheim de Bilbao, où règne une véritable effervescence, chacun débattant avec excitation sur les révélations promises. Ce soir-là, pourtant, la cérémonie tourne en eau de boudin. Kirsch est assassiné sur scène. Langdon est aux premières loges. C'est la panique générale. Comme toujours, notre ami Robert prend la situation en charge et s'isole avec Ambra Vidal, la directrice du musée, proche amie d'Edmond et récemment fiancée au prince héritier. Tous deux vont alors partir en croisade et mener le projet d'Edmond Kirsch jusqu'au bout, même si cette initiative n'est pas au goût de tous, entre l'église, le palais royal, les adeptes du complot et un ancien amiral recruté pour la sale besogne... Bref, Robert et Ambra sont lancés sur une piste parsemée d'embûches et suivent à l'aveugle les conseils avisés de Winston, une intelligence artificielle créée par Kirsch et dédiée à le suppléer.

Quand je pense à Dan Brown, j'imagine toujours une histoire pleine de péripéties et de rebondissements extraordinaires, une lecture vouée à la distraction et puis basta. Avec “Origine”, étonnamment, le rythme est plus mou et l'intrigue diluée. Il faut dire aussi que l'action se concentre sur 24 heures et se déroule intra-muros, d'où cette sensation de calme plat. Même les révélations finales, qu'on se languissait de découvrir, ont un effet de gaz éventé. Tout est vu, revu et convenu. On a pourtant les mêmes schémas narratifs, les sempiternels spectres complotistes, le super Robert en charmante compagnie, l'Église déterminée à préserver ses mystères, sans oublier les concepts arbitraires et les idées exubérantes sur l'humanité... Tout paraît si familier, sans doute trop, car la lecture m'a semblé ordinaire.

Aucune déception quant au format audio et ce, grâce au lecteur. Non mais quelle classe, ce François d'Aubigny ! Dès les premières notes, j'ai eu un instant de flottement car j'ai aussitôt pensé à Nicolas Le Floch (série de Jean-François Parot) dont il est aussi le lecteur récurrent. J'aime beaucoup sa voix grave, aux intonations nobles, avec beaucoup de caractère et de prestance. Cela me donne envie de replonger dans un JF Parot ! ☺

©2017 Éditions Jean-Claude Lattès. Traduction française par Dominique Defert et Carole Delporte.

(P)2017 Audiolib. Texte lu par François d'Aubigny. Durée : 15h env.

 

16/02/18

Quand sort la recluse, de Fred Vargas

Quand sort la recluseExilé sur les terres volcaniques islandaises, Adamsberg est pourtant rappelé en catastrophe à Paris où ses lumières sont attendues pour une énième affaire insoluble - une femme écrasée par un 4x4 et un amant qui clame son innocence malgré les invectives du mari. Jean-Baptiste soupire de dépit, mais a conscience que le mal-être au sein de son équipe est plus insidieux et va se confirmer autour d'une autre affaire, celle de la recluse, une araignée vengeresse qui assassinerait à tour de bras sans inquiéter police ou justice. Danglard proteste et entre en sécession. Le 36 retient son souffle. Fidèle à lui-même, Adamsberg trace sa route... Direction Nîmes où une petite bonne femme devient sa complice pour le guider dans cet embrouillamini de drames surgis du passé, sur fond de femmes emmurées vivantes et de passion arachnéenne. Tout un programme. 

J'ai retrouvé dans ce roman les dispositifs habituels de Fred Vargas, à savoir sa petite musique, ses personnages qu'elle affectionne tant, ses lubies, sa poésie, sa maîtrise du sujet et son air de ne-pas-y-toucher. D'où le sentiment d'être en territoire conquis et familier. Et j'aime ça. Qu'importe si j'ai flairé la manœuvre et deviné le dénouement avant l'heure... Cela se lit et s'écoute avec grand plaisir ! Thierry Janssen est une valeur sûre. Il endosse le rôle d'un Adamsberg plus capricieux et décidé que jamais, lancé sur ses sentiers perdus sans cavalerie autour. Le temps passe et notre Jean-Baptiste s'assagit auprès des femmes, est attentif aux siens mais reste pataud à déployer tout ça. 

C'était un rendez-vous incontournable, peu surprenant, mais inévitable. Je ne m'en lasse pas. Et rien que pour la rencontre entre le mutique Évangéliste et la Déesse Rétancourt, cela valait clairement le détour. ☺

©2017 Fred Vargas et Flammarion / Audiolib (P)2017 Audiolib

Texte lu par Thierry Janssen ; durée : env. 12 h

Figure parmi les dix titres sélectionnés pour le Prix Audiolib 2018 !

 

 

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05/02/18

Miss Peregrine #3: La Bibliothèque des âmes, de Ransom Riggs

Miss Peregrine la bibliotheque des amesAinsi se termine la série de Ransom Riggs, Miss Peregrine et les enfants particuliers...

Après l'épisode Hollow City, dans lequel Jacob et Emma tombaient de haut en pensant sauver leur Ombrune et découvraient en fin de compte une énorme supercherie, l'aventure reprend dans le Londres d'aujourd'hui, le long de la Tamise. Les enfants font la connaissance de Sharon, un énigmatique batelier qui accepte contre rémunération de leur faire traverser le fleuve. Nos jeunes amis vont pénétrer, non sans risque, dans l'Arpent du Diable, un lieu mal famé et hanté par des Estres. Ils y font une autre rencontre décisive, Myron Bentham, un ancien ami du grand-père de Jacob, qui va tout leur dévoiler de l'origine des particuliers et des dérives engendrées.

Pour avoir ressenti un soupçon d'ennui à la lecture du deuxième tome, j'avais quelques craintes avant de me lancer dans ce dernier volume, plus gros, plus conséquent. Mais la lecture a été une évasion riche en sensations. Une franche réussite. J'ai repris goût avec l'univers cryptique et singulier qui avait tant su me séduire au tout début. Cette fois, le suspense se déploie et l'action ne manque pas. On se passionne pour le sort des enfants particuliers kidnappés, pour les ignobles ruses et autres combines pour pomper leurs âmes, pour le mystère Bentham et pour Miss Peregrine, dont les secrets de famille viennent bouleverser le cours de l'histoire. Accrochés à Jacob et Emma, nous sommes entraînés au cœur du danger et assistons aux premières loges à des scènes de combats mémorables. 

Au final, la lecture se vit avec panache et émotion ! C'est fascinant et en même temps remarquable. Esthétiquement, les romans sont de toute beauté. Le format audio propose en compensation une interprétation dynamique et vibrante de Benjamin Jungers. Certes, il se joue de nous avec des intonations de voix exagérées mais donne surtout l'illusion d'une lecture qui file comme le vent. Légère, aérienne, merveilleuse et bizarre. La série se clôt avec brio, me laissant aussi un très bon souvenir.

©2015/2016 Ransom Riggs / Bayard Éditions, pour la traduction française

(P)2017 Audiolib. Lu par : Benjamin Jungers (durée  11h 40 env.)

02/02/18

L'Épreuve #3: Le remède mortel, de James Dashner & lu par Adrien Larmande

Suite et fin de la série de James Dashner, après Le Labyrinthe & La terre brûlée.

le remede mortel l'epreuve

Ce dernier tome, mené tambour battant, nous montre un Thomas en perte de repères - il ne fait plus confiance à Wicked, se sent trahi par Teresa, a été séparé de ses camarades et sent la mémoire lui revenir... à son grand dam, car ses résurgences lui donnent des sueurs froides. En conséquence de quoi, Thomas refuse de participer davantage à la mascarade mise en scène depuis le tout début par l'Organisation (il a triomphé du labyrinthe, survécu à la terre brûlée), or son statut d'immunisé fait également de lui une proie aux yeux des habitants de la ville ravagée par la braise (ce mal qui vous ronge à vous rendre fou). Jusqu'au bout, Wicked s'est joué de ses cobayes en enchaînant les épreuves et les tests. Cette fois, c'en est trop. Thomas ne veut plus s'y soustraire et entre en rébellion contre des forces invisibles.

En quelques 8 heures de lecture, le roman de James Dashner a pour lui de communiquer une sensation de transe et de nous embarquer séance tenante dans un monde en sursis, où chacun se démène comme un beau diable. L'action prédomine, en une succession de péripéties limite abrutissantes et foutraques. Sûr que ça piétine, ça traîne, ça use et ça embrouille pas mal. Mais cela m'a bien plu ! Au-delà des détails confus, il y a surtout un vrai potentiel addictif et une volonté de porter une histoire qui tienne debout. C'est donc tout naturellement que j'ai suivi les tours et détours pris par Thomas pour sauver ses amis, quitte à emprunter des voies impénétrables, ahem. Bon point pour le sprint final - sans pester sur les non-réponses déguisées sous des propos sibyllins. Après tout, l'auteur a depuis fait paraître une série prequel qui se déroule “avant le labyrinthe” et qui semble avoir comblé quelques lacunes. 

Audiolib a de nouveau fait un choix stratégique en confiant la lecture à Adrien Larmande, qui double également l'acteur Dylan O'Brien au cinéma. Le jeune public se trouve ainsi en territoire familier et peut prolonger le plaisir du film de Wes Ball à travers une version audio qui procure les mêmes sensations fortes.  Une série tout à fait correcte & qui conforte sa position de divertissement simple et efficace ! 

©2011 / 2014 James Dashner / Éditions Pocket Jeunesse.  Traduction française de Guillaume Fournier.

(P)2017 Audiolib. Texte lu par Adrien Larmande. Durée : 8h 20

 

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