19/02/18

Origine, de Dan Brown & lu par François d'Aubigny

origine dan brownInvité à participer à la grande conférence donnée par Edmond Kirsch, son ancien élève devenu un éminent futurologue, le professeur Robert Langdon débarque au musée Guggenheim de Bilbao, où règne une véritable effervescence, chacun débattant avec excitation sur les révélations promises. Ce soir-là, pourtant, la cérémonie tourne en eau de boudin. Kirsch est assassiné sur scène. Langdon est aux premières loges. C'est la panique générale. Comme toujours, notre ami Robert prend la situation en charge et s'isole avec Ambra Vidal, la directrice du musée, proche amie d'Edmond et récemment fiancée au prince héritier. Tous deux vont alors partir en croisade et mener le projet d'Edmond Kirsch jusqu'au bout, même si cette initiative n'est pas au goût de tous, entre l'église, le palais royal, les adeptes du complot et un ancien amiral recruté pour la sale besogne... Bref, Robert et Ambra sont lancés sur une piste parsemée d'embûches et suivent à l'aveugle les conseils avisés de Winston, une intelligence artificielle créée par Kirsch et dédiée à le suppléer.

Quand je pense à Dan Brown, j'imagine toujours une histoire pleine de péripéties et de rebondissements extraordinaires, une lecture vouée à la distraction et puis basta. Avec “Origine”, étonnamment, le rythme est plus mou et l'intrigue diluée. Il faut dire aussi que l'action se concentre sur 24 heures et se déroule intra-muros, d'où cette sensation de calme plat. Même les révélations finales, qu'on se languissait de découvrir, ont un effet de gaz éventé. Tout est vu, revu et convenu. On a pourtant les mêmes schémas narratifs, les sempiternels spectres complotistes, le super Robert en charmante compagnie, l'Église déterminée à préserver ses mystères, sans oublier les concepts arbitraires et les idées exubérantes sur l'humanité... Tout paraît si familier, sans doute trop, car la lecture m'a semblé ordinaire.

Aucune déception quant au format audio et ce, grâce au lecteur. Non mais quelle classe, ce François d'Aubigny ! Dès les premières notes, j'ai eu un instant de flottement car j'ai aussitôt pensé à Nicolas Le Floch (série de Jean-François Parot) dont il est aussi le lecteur récurrent. J'aime beaucoup sa voix grave, aux intonations nobles, avec beaucoup de caractère et de prestance. Cela me donne envie de replonger dans un JF Parot ! ☺

©2017 Éditions Jean-Claude Lattès. Traduction française par Dominique Defert et Carole Delporte.

(P)2017 Audiolib. Texte lu par François d'Aubigny. Durée : 15h env.

 


16/02/18

Quand sort la recluse, de Fred Vargas

Quand sort la recluseExilé sur les terres volcaniques islandaises, Adamsberg est pourtant rappelé en catastrophe à Paris où ses lumières sont attendues pour une énième affaire insoluble - une femme écrasée par un 4x4 et un amant qui clame son innocence malgré les invectives du mari. Jean-Baptiste soupire de dépit, mais a conscience que le mal-être au sein de son équipe est plus insidieux et va se confirmer autour d'une autre affaire, celle de la recluse, une araignée vengeresse qui assassinerait à tour de bras sans inquiéter police ou justice. Danglard proteste et entre en sécession. Le 36 retient son souffle. Fidèle à lui-même, Adamsberg trace sa route... Direction Nîmes où une petite bonne femme devient sa complice pour le guider dans cet embrouillamini de drames surgis du passé, sur fond de femmes emmurées vivantes et de passion arachnéenne. Tout un programme. 

J'ai retrouvé dans ce roman les dispositifs habituels de Fred Vargas, à savoir sa petite musique, ses personnages qu'elle affectionne tant, ses lubies, sa poésie, sa maîtrise du sujet et son air de ne-pas-y-toucher. D'où le sentiment d'être en territoire conquis et familier. Et j'aime ça. Qu'importe si j'ai flairé la manœuvre et deviné le dénouement avant l'heure... Cela se lit et s'écoute avec grand plaisir ! Thierry Janssen est une valeur sûre. Il endosse le rôle d'un Adamsberg plus capricieux et décidé que jamais, lancé sur ses sentiers perdus sans cavalerie autour. Le temps passe et notre Jean-Baptiste s'assagit auprès des femmes, est attentif aux siens mais reste pataud à déployer tout ça. 

C'était un rendez-vous incontournable, peu surprenant, mais inévitable. Je ne m'en lasse pas. Et rien que pour la rencontre entre le mutique Évangéliste et la Déesse Rétancourt, cela valait clairement le détour. ☺

©2017 Fred Vargas et Flammarion / Audiolib (P)2017 Audiolib

Texte lu par Thierry Janssen ; durée : env. 12 h

Figure parmi les dix titres sélectionnés pour le Prix Audiolib 2018 !

 

 

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05/02/18

Miss Peregrine #3: La Bibliothèque des âmes, de Ransom Riggs

Miss Peregrine la bibliotheque des amesAinsi se termine la série de Ransom Riggs, Miss Peregrine et les enfants particuliers...

Après l'épisode Hollow City, dans lequel Jacob et Emma tombaient de haut en pensant sauver leur Ombrune et découvraient en fin de compte une énorme supercherie, l'aventure reprend dans le Londres d'aujourd'hui, le long de la Tamise. Les enfants font la connaissance de Sharon, un énigmatique batelier qui accepte contre rémunération de leur faire traverser le fleuve. Nos jeunes amis vont pénétrer, non sans risque, dans l'Arpent du Diable, un lieu mal famé et hanté par des Estres. Ils y font une autre rencontre décisive, Myron Bentham, un ancien ami du grand-père de Jacob, qui va tout leur dévoiler de l'origine des particuliers et des dérives engendrées.

Pour avoir ressenti un soupçon d'ennui à la lecture du deuxième tome, j'avais quelques craintes avant de me lancer dans ce dernier volume, plus gros, plus conséquent. Mais la lecture a été une évasion riche en sensations. Une franche réussite. J'ai repris goût avec l'univers cryptique et singulier qui avait tant su me séduire au tout début. Cette fois, le suspense se déploie et l'action ne manque pas. On se passionne pour le sort des enfants particuliers kidnappés, pour les ignobles ruses et autres combines pour pomper leurs âmes, pour le mystère Bentham et pour Miss Peregrine, dont les secrets de famille viennent bouleverser le cours de l'histoire. Accrochés à Jacob et Emma, nous sommes entraînés au cœur du danger et assistons aux premières loges à des scènes de combats mémorables. 

Au final, la lecture se vit avec panache et émotion ! C'est fascinant et en même temps remarquable. Esthétiquement, les romans sont de toute beauté. Le format audio propose en compensation une interprétation dynamique et vibrante de Benjamin Jungers. Certes, il se joue de nous avec des intonations de voix exagérées mais donne surtout l'illusion d'une lecture qui file comme le vent. Légère, aérienne, merveilleuse et bizarre. La série se clôt avec brio, me laissant aussi un très bon souvenir.

©2015/2016 Ransom Riggs / Bayard Éditions, pour la traduction française

(P)2017 Audiolib. Lu par : Benjamin Jungers (durée  11h 40 env.)

02/02/18

L'Épreuve #3: Le remède mortel, de James Dashner & lu par Adrien Larmande

Suite et fin de la série de James Dashner, après Le Labyrinthe & La terre brûlée.

le remede mortel l'epreuve

Ce dernier tome, mené tambour battant, nous montre un Thomas en perte de repères - il ne fait plus confiance à Wicked, se sent trahi par Teresa, a été séparé de ses camarades et sent la mémoire lui revenir... à son grand dam, car ses résurgences lui donnent des sueurs froides. En conséquence de quoi, Thomas refuse de participer davantage à la mascarade mise en scène depuis le tout début par l'Organisation (il a triomphé du labyrinthe, survécu à la terre brûlée), or son statut d'immunisé fait également de lui une proie aux yeux des habitants de la ville ravagée par la braise (ce mal qui vous ronge à vous rendre fou). Jusqu'au bout, Wicked s'est joué de ses cobayes en enchaînant les épreuves et les tests. Cette fois, c'en est trop. Thomas ne veut plus s'y soustraire et entre en rébellion contre des forces invisibles.

En quelques 8 heures de lecture, le roman de James Dashner a pour lui de communiquer une sensation de transe et de nous embarquer séance tenante dans un monde en sursis, où chacun se démène comme un beau diable. L'action prédomine, en une succession de péripéties limite abrutissantes et foutraques. Sûr que ça piétine, ça traîne, ça use et ça embrouille pas mal. Mais cela m'a bien plu ! Au-delà des détails confus, il y a surtout un vrai potentiel addictif et une volonté de porter une histoire qui tienne debout. C'est donc tout naturellement que j'ai suivi les tours et détours pris par Thomas pour sauver ses amis, quitte à emprunter des voies impénétrables, ahem. Bon point pour le sprint final - sans pester sur les non-réponses déguisées sous des propos sibyllins. Après tout, l'auteur a depuis fait paraître une série prequel qui se déroule “avant le labyrinthe” et qui semble avoir comblé quelques lacunes. 

Audiolib a de nouveau fait un choix stratégique en confiant la lecture à Adrien Larmande, qui double également l'acteur Dylan O'Brien au cinéma. Le jeune public se trouve ainsi en territoire familier et peut prolonger le plaisir du film de Wes Ball à travers une version audio qui procure les mêmes sensations fortes.  Une série tout à fait correcte & qui conforte sa position de divertissement simple et efficace ! 

©2011 / 2014 James Dashner / Éditions Pocket Jeunesse.  Traduction française de Guillaume Fournier.

(P)2017 Audiolib. Texte lu par Adrien Larmande. Durée : 8h 20

 

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26/01/18

La Femme de l'ombre (Trilogie des ombres 2), par Arnaldur Indridason

La femme de l'ombreAlors qu'elle est sans nouvelles de son compagnon, une jeune femme quitte à regret le Danemark en guerre en montant à bord de l'Esja pour rentrer en Islande. Elle croise par hasard son ancien amant et apprend avec horreur que son fiancé est entre les mains des allemands. Au cours de ce voyage mouvementé, elle découvre aussi qu'un homme a fait une chute mortelle... peu après avoir prétendu être en mesure d'apporter des informations utiles sur la résistance et l'origine de l'arrestation du fiancé. Dès leur arrivée au pays, le frère du disparu va s'entêter à démasquer ce qui semble, à ses yeux, un crime crapuleux.

À Reykjavik, le tandem Flovent & Thorson fait face à plusieurs casse-tête - identifier la dépouille d'un jeune garçon battu à mort et jeté non loin d'un bar fréquenté par les soldats des troupes alliées, mais aussi rechercher une cliente mystérieusement disparue... Le souci majeur pour les enquêteurs revient surtout à marcher sur les plates-bandes des militaires, car l'entreprise va s'avérer délicate et houleuse. Ceci met toutefois en exergue la douloureuse cohabitation vécue comme une intrusion pour les locaux, même si certains en tirent profit pour s'enrichir ou s'évader en attendant des jours meilleurs.

Au final, on a une lecture structurée et hyper conformiste - c'est bien, mais peu surprenant. J'ai surtout eu le sentiment de me retrouver dans le prolongement du premier (Dans l'ombre). La conduite des intrigues criminelles est correcte, l'ambiance est toujours aussi dépouillée, le contexte de la guerre évoqué de loin en loin, les relations politiques sont tendues, et on tourne toujours autour du thème de la disparition (rappel à Erlendur). Par contre, calme plat sur les personnages. Il n'y a strictement aucune évolution, aucune épaisseur.  Rien, du vent. Je m'attendais à ce qu'ils tombent le masque, qu'ils sortent des clous, qu'ils entrouvent une petite porte... Que nenni. On stagne.

Suite aux promesses vendues, je trouve qu'on bute sur la marche avec ce deuxième tome. La série apparaît un peu fade, même si elle n'est pas déplaisante à lire. Je regrette aussi que Philippe Résimont donne à certains personnages des voix ridicules et caricaturales (Thorson, en premier). Et comme d'habitude, les personnages féminins sont loupés. Je prends néanmoins rendez-vous avec le prochain et dernier tome (Passage des ombres) à paraître dans le courant de l'année. 

 

© Éditions Métailié, Paris. Traduit par Eric Boury.  (P)2017 Audiolib.

Lu par Philippe Résimont. Durée : 9 h env.

 

Le Tome 1 est repris en poche chez Points : parution 8 février 2018


24/01/18

Le jour d'avant, de Sorj Chalandon

le jour d'avantUn matin de décembre 1974, deux jours après Noël, 42 mineurs trouvent la mort dans la fosse 3bis de Liévin. Toute une région est sous le choc, d'autant plus révoltée que la catastrophe aurait pu être évitée. La famille Flavent aussi est frappée de plein fouet par le drame - le fils aîné, Joseph, un jeune mineur, a été grièvement blessé avant de décéder sur son lit d'hôpital dans l'indifférence générale. Le père est brisé et met fin à ses jours. La ferme et les terres sont bradées. Le fils cadet, Michel, quitte le bassin minier pour y revenir quarante ans plus tard, avec en poche une lettre testamentaire : « venge-nous de la mine ».

Premier constat après lecture : voilà un roman bouleversant, qui ne dit pas tout et qui nous prend au dépourvu. Son histoire de famille traumatisée nous happe dès les premières pages. De suite, on plonge dans une enquête et une soif de vengeance aux côtés d'un  homme marqué par son passé. L'ambiance mortifère, le décor grisâtre, le caractère taiseux de Michel Flavent, tout est ancré dans une réalité sinistre et une volonté farouche de ne jamais se complaire des solutions faciles. L'écriture est sèche, exempte de toute affection. Le roman remue de vieux souvenirs et évoque les “gueules noires” en tant que héros sacrifiés. C'est assez lourd et néanmoins intense.

Mais la lecture est encore plus riche, plus poignante, une nouvelle lame de fond surgit, soudaine et violente... Un véritable coup de massue. J'avoue être restée sur le carreau au tournant, complètement sonnée. Dès lors, c'est une histoire encore plus complexe et déchirante qui se dévoile... mais d'où l'on extirpe toujours les mêmes spectres, les vieilles angoisses et les plaies béantes. C'est Sorj Chalandon lui-même qui m'avait donné envie de lire son roman, lors d'une interview entendue à la radio. Et j'avais biché son évocation (famille, non-dits, culpabilité et remords) sans me douter du chemin qu'il allait emprunter. C'est un vrai tour de force. Une écoute captivante - texte lu par Stéphane Boucher, avec une grande sobriété - et un contexte “Germinal” beaucoup moins oppressant et pourtant nécessaire à la portée de l'intrigue. Une lecture comme une onde de choc qui n'en finit plus de se propager. 

Très bon roman !

 

©2017 Éditions Grasset & Fasquelle (P)2017 Audiolib

Lu par Stéphane Boucher. Durée : env. 8h

Figure parmi les dix titres sélectionnés pour le Prix Audiolib 2018 !

 

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05/01/18

Miss Peregrine et les enfants particuliers #2: Hollow City, de Ransom Riggs

Miss Peregrine Hollow City** SPOILERS INSIDE ** Fait suite au tome 1 de la série Miss Peregrine. Et donc...

Après la violente attaque contre l'île de Cairnholm, où vivaient Miss Peregrine et les enfants particuliers dans leur boucle temporelle, l'Ombrune est piégée sous la forme d'un oiseau. Si Jacob et ses camarades souhaitent la libérer, ils n'ont pas d'autre choix que de se rendre à Londres pour y retrouver une certaine Miss Wren. Égarés dans un monde en pleine déroute, les enfants doivent se protéger des bombardements, déjouer les pièges de leurs ennemis et accorder leur confiance aux rencontres de passage (des chiens savants, une ménagerie fantastique, des gitans, des fillettes planquées dans des ruines). Un périple insolite et fastidieux, mais d'une lenteur parfois exaspérante.

Cette lecture m'inspire finalement des sentiments partagés - elle est à la fois étrange et captivante, et néanmoins décevante en raison des longueurs inutiles dans le récit. J'aime par-dessous tout son univers et son originalité, mais j'avais la sensation d'en avoir fait le tour car l'auteur ne nous embarque pas plus loin et lance ses personnages dans une quête lente et banale, sans puiser davantage dans le contexte. Livre audio oblige, toute la richesse esthétique de l'ouvrage est rendue inexistante - un bon point perdu. Cette mise à nu nous met aussi face à une intrigue simple et délayée. Bref. C'est frustrant, car il ne se passe pas grand-chose pendant les 3/4 du roman. Et quand je pensais les carottes cuites, soudain le dénouement ravive la flamme et prend une tournure surprenante et réussie ! Bien fait pour moi. ☺ La prochaine parution du troisième épisode - courant janvier 2018, chez Audiolib - est donc une véritable aubaine pour retrouver Jacob, Emma, Bronwyn, Horace et même Enoch dans la fin de leurs aventures extraordinaires.

©2014 Ransom Riggs / Traduction française : Sidonie Van den Dries pour Bayard Éditions

(P)2017 Audiolib. Texte lu par Benjamin Jungers. Durée : 10h 20

 

 

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04/01/18

Une fois dans ma vie, de Gilles Legardinier

une fois dans ma vieEugénie a toujours rêvé de travailler dans un théâtre, n'hésitant pas à entraîner son mari Victor dans ce projet fou. Mais pour la première fois de sa vie, la gardienne ressent un passage à vide qu'elle ne s'explique pas. Auprès de ses amies, Céline la couturière et Juliette la chorégraphe, Eugénie donne le change et cherche à s'investir au maximum pour les sauver de leur propre marasme - l'une entretient une liaison avec un homme marié et n'ose pas réclamer à son ex une pension digne de ce nom pour élever leur fils ; l'autre rêve d'un amour romantique et est convaincue d'avoir trouvé le bonheur auprès d'un garagiste timide.

S'écrit alors une charmante comédie sur la vie, l'amour, l'amitié autour d'une belle brochette de personnages attachants. Les séquences émouvantes donnent le change aux anecdotes truculentes. On sourit tout du long à l'écoute de cette histoire profondément humaine, sensible et bienveillante. C'est du Gilles Legardinier attendu et réconfortant. Peut-être pas le meilleur du lot, mais plein de bonnes intentions. Donc, précieux. 

Roman lu avec tendresse par Valérie Marchant. Un Audiolib fort agréable pour oublier la grisaille de cet hiver pluvieux.

©2017 Flammarion (P)2017 Audiolib - durée : 10h 55

 

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11/12/17

13 reasons why ►, de Jay Asher - lu par Florine Orphelin & Gauthier Battoue

« J'espère que vous êtes prêts, parce que je vais vous raconter l'histoire de ma vie. Ou plus exactement, la raison pour laquelle elle s'est arrêtée. Et si vous êtes en train d'écouter ces cassettes, c'est que vous êtes l'une de ces raisons. » 

Thirteen reasons why

Hannah Baker a mis fin à ses jours, mais avant de commettre son suicide, elle a tenu à raconter son histoire en s'enregistrant sur des cassettes qu'elle adresse aux différents maillons d'une même chaîne - ils sont donc treize - treize désignés coupables, lesquels par un mot de trop, un geste déplacé, une parole malheureuse, un jugement, un mensonge ou un colportage, ont entraîné le drame que l'on sait. Clay Jensen figure sur cette liste, sauf qu'il ne comprend pas pourquoi. Élève discret, sans histoire, il était fou amoureux de Hannah mais se sentait trop timide pour lui avouer. Peur du regard des autres ou de la déception ? Aujourd'hui, le garçon n'est plus qu'un paquet de larmes et de regrets. C'est donc armé de son walk-man, le casque vissé aux oreilles, qu'il chemine dans la ville, tout en sombrant dans l'amertume, à l'écoute de la confession de la jeune fille. Confession émouvante, injuste et révoltante... mais qui soulève aussi des questions. Et c'est toute la force du roman qui réussit à nous fasciner en nous entraînant dans les dédales de son histoire - cela se lit comme un roman à suspense. La construction est judicieuse, l'intrigue est alimentée sans cesse pour lancer de nouvelles pistes ou créer du mystère. Et pourtant, le malaise aussi nous ronge et prend de l'ampleur à mesure qu'on découvre la spirale infernale, le point de non-retour, la détresse incurable. On se vautre dans la saveur amère du gâchis, et on ressent un profond malaise. La boucle est bouclée. Hannah Baker a gagné son pari de nous hanter.

J'avais déjà lu le roman à sa sortie, en 2010, pour découvrir aujourd'hui qu'il a inspiré une série netflix. Très bonne appréciation, et blablabla. En optant cette fois pour le format audio, je ne pouvais qu'être au plus près de Clay Jensen, en train d'écouter une voix d'outre-tombe, vaincue et dégoûtée par l'emballement frénétique de l'ostracisme adolescent. C'est franchement moche, très dérangeant. Même l'initiative de Hannah Baker me pose un problème de conscience, ce qui est sans doute voulu par l'auteur. Au final, on ressort de cette expérience audio en ressentant un vrai soulagement. On salue la performance des deux lecteurs - Florine Orphelin et Gauthier Battoue - également les voix françaises dans la série. Et on réfléchit à la vie, si précieuse et si fragile... 

©2007 "Thirteen Reasons Why", première publication. Traduction française : Éditions Albin Michel (P)2017 Audiolib, texte lu par Florine Orphelin & Gauthier Battoue (durée : 6h 25)

La Quête d'Ewilan #3 : L'Île du destin, par Pierre Bottero

Ewilan l'île du destin 3Troisième tome de la série - désormais l'univers est planté, les enjeux sont déterminés, le rythme s'intensifie et les personnages embrassent leur destinée sans frémir.
Ewilan a compris qu'elle ne pourra jamais mener sa mission sans l'aide de son frère et doit donc retourner dans l'autre monde pour l'enrôler bon gré mal gré. Ce nouveau pas de côté a du bon, puisqu'il va notamment permettre à la jeune fille d'éclairer les circonstances de son adoption et relancer l'enquête de la police avec une arrestation impromptue ! Salim et Bjorn se mettent dans de beaux draps, et le lecteur savoure ce moment. ☺
À Gwendalavir, l'aventure se poursuit également. Entre les Ts'liches, les Sentinelles ou les Frontaliers, les conflits grondent mais les affrontements s'émoussent. Finalement, l'histoire tire sa révérence en traçant des points de suspension ; une partie du problème a sans doute trouvé sa solution, mais la lutte contre le mal est loin d'être terminée. 
Clap clap clap de joie. Je suis évidemment séduite par la perspective de me lancer dans un nouveau cycle de lecture. Près de quinze ans après sa publication, la série conforte son souffle, sa force, sa richesse. J'envie les jeunes lecteurs de découvrir cet univers fantastique et captivant - avec son héroïne courageuse et attachante. L'histoire est pleine de tours et détours cachés, aux inspirations nombreuses et à l'imagination florissante.
Pour moi, je n'envisage plus de la suivre autrement qu'en livre audio. Kelly Marot, qui est aussi la voix française de Katniss dans Hunger Games, est une interprète talentueuse et agréable à écouter. Elle joue habilement avec les émotions, l'humour et le suspense. C'est tout bon ! Je suis définitivement conquise.

©2003 / 2006 Rageot Éditeur, Paris (P)2017 Audiolib, texte lu par Kelly Marot (durée : 6h 32)

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