24/01/17

Tom, petit Tom, tout petit homme, Tom, de Barbara Constantine

Tom Petit TomQuel bonheur, ce roman ! Chaque livre de Barbara Constantine est un onguent pour adoucir les petits bobos de l'âme car on y retrouve avec certitude des histoires sans prétention, qui se lisent avec un sourire aux lèvres et qui nous donnent envie de croire à une vie simple et authentique auprès de personnages insolites. C'est dommage que l'auteur ne publie plus rien depuis Et puis, Paulette... en 2012.
L'histoire de Tom, Petit Tom, Tout Petit Homme, Tom est une ritournelle charmante, pimpante et tintinnabulante. C'est en effet un roman extrêmement joyeux et léger, même s'il ne nous raconte pas que des choses tendres et insouciantes non plus. Mais c'est justement parce que le sujet est traité sans misérabilisme que la pilule est plus agréable à avaler. Tom a onze ans. Il vit avec sa mère Joss dans un vieux mobil-home. Cette dernière n'a même pas vingt-cinq ans, elle collectionne les petits boulots et néglige souvent son rôle de maman pour sortir faire la fête sur sa mobylette. Tom a grandi en se débrouillant seul. Souvent, il se faufile dans le jardin de ses voisins, un couple d'excentriques qui se disent vous et qui parlent avec un accent anglais, pour leur chiper des légumes ou pour regarder la télévision derrière leur fenêtre. Il ignore tout de son père, ne doit surtout pas ennuyer Joss avec des questions inutiles et a l'obligation de l'appeler par son prénom, sinon elle se fâche. De toute façon, Tom est un môme accommodant. Il aime aussi se rendre utile, comme avec Madeleine, une vieille dame solitaire, qui a la mémoire flageoleante et qui oublie de manger au point de s'évanouir dans ses plans de choux. Heureusement, Tom veille au grain ! Mais qui vient à la rescousse du Petit Tom ? Pour ça, les anges gardiens ne manquent pas. Entre Samy, l'ami d'enfance de Joss devenu croque-mort, Archibald et Odette, les voisins pas si aveugles, et aussi sa propre mère qui exprime avec maladresse son amour pour son petit homme et qui apprend à grandir en même temps que lui...
Bref. Il règne par-dessus tout une humeur radieuse dans ce livre. Et c'est tant mieux. Tous les petits tracas sont balayés en un tour de main. Chaque personnage constituant le maillon d'une formidable chaîne humaine, la solidarité est inaliénable à la bonne coordination de l'intrigue. On s'attache aux uns et aux autres, on se soucie de leurs problèmes, on les retourne sans complexe et on sourit devant l'évidence, on ne badine pas avec les sentiments, on s'aime sans trop l'avouer, et puis on s'offre des cadeaux sous toutes les formes (une robe, des madeleines de commercy ou des bocaux de sauce tomate). Cela coule de source et ça fait un bien fou ! C'est finalement une promenade bucolique rafraîchissante et chaleureuse.

Je recommande également la version audio lue par Benjamin Jungers qui apporte son lot de tendresse, de fantaisie et de folie douce à cette histoire qui revendique une véritable noblesse de cœur. Le comédien adopte à juste titre un ton enfantin, pas bêtifiant, mais qui souligne l'innocence de Tom face à des situations parfois dramatiques. Le môme ne manque pas de ressources et nous le prouve tout au long du roman qui rappelle que l'entraide et la générosité constituent une façon toujours délicate d'avancer au mieux dans la vie. J'ai follement aimé. ☺

Texte intégral lu par Benjamin Jungers pour Audiolib (Janvier 2017) - durée : 4h 03

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03/01/17

La Carrière du Mal, de Robert Galbraith

Un livre audio lu par Lionel Bourguet (durée : 19h 06) pour Audiolib

la carriere du mal

Dans ce troisième tome des aventures de Cormoran Strike, détective privé à la carrière fluctuante, les affaires prennent du plomb dans l'aile quand sa secrétaire reçoit par colis une jambe de femme tranchée. La presse s'empare du sujet pour en faire les gros titres. Et leurs clients se débinent, préférant la discrétion à un professionnel sous les feux de la rampe. Strike est fou de rage. Voulant ménager la sensibilité de Robin, il préfère lui en dévoiler le moins possible mais ne peut lui cacher soupçonner un spectre de son passé désirant refaire surface pour lui nuire sciemment. Malgré les recommandations de son patron, Robin se lance également dans la traque du sadique... ne doutant pas une seconde être elle-même dans la ligne de mire d'un dangereux maniaque obsessionnel. 
Ce sont donc plusieurs intrigues éparses qui se mêlent à une idée de vengeance assez floue, plusieurs intrigues où les profils de suspects se superposent et où les fantômes d'hier viennent hanter le présent du détective. Strike est encore et toujours confronté à son histoire personnelle, impliquant sa mère et ses mauvais choix amoureux, tandis que sa jeune secrétaire est également chahutée et s'implique dans des enquêtes sordides pour piéger des prédateurs sexuels. Si l'intensité est bien flippante au début, elle faiblit sur la distance car les enquêtes sont trop dispersées et pêchent à tenir en haleine. Par contre, ce sont les personnages qui nous surprennent et nous font vivre des sensations fortes - Robin est face à son destin et ne sait plus ce qu'elle veut. Ce tumulte sentimental se répercute sur le lecteur. Du coup, on continue de détester Matthew, de souffler et de pester contre la fiancée indécise, de rabrouer Strike qui s'interdit de jouer son va-tout. Et que d'émotions dans les nouvelles révélations glissées un soir de déprime ! ... 
Si Robert Galbraith n'assure pas sur tous les plans et se perd dans des enquêtes plus ou moins croustillantes, l'auteur réussit parfaitement à installer son univers et faire évoluer ses personnages en les enrichissant livre après livre. C'est l'atout principal de la série. Strike et Robin forment un duo attachant et solide d'une complicité qui ne dit pas son nom. C'est très touchant, et assez palpitant dans le genre ! J'ai hâte de les retrouver dans de nouveaux épisodes ! 
Pour la note technique, on retrouve Lionel Bourguet qui avait laissé sa place à  pour Le ver à soie et qui sert avec brio cette lecture où l'on plonge “dans les ténèbres des perversions les plus troublantes” en s'attachant aussi à brosser avec tendresse le tandem de choc et de charme ! 

Texte intégral lu par Lionel Bourguet pour Audiolib, Juin 2016
Traduit par Florianne Vidal pour les éditions Grasset

En cours de tournage, BBC One prépare une série TV adaptée de la série de Robert Galbraith avec dans les rôles de Robin Ellacott : Holliday Grainger & Tom Burke pour un Cormoran Strike plus que séduisant ! 

 

24/11/16

Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n'en as qu'une, de Raphaëlle Giordano

Ta deuxieme vieLa première fois que j'ai découvert ce livre remonte à l'hiver dernier, lors d'un shopping chez Nature & Découvertes. Je trouvais la couverture ravissante, et le titre à rallonge m'intriguait, mais je me demandais s'il s'agissait d'un roman ou d'un ouvrage sur le développement personnel. J'ai donc passé mon chemin, jusqu'à ce que je recroise celui-ci en version audio. J'ai tenté ma chance, au vu des commentaires globalement élogieux à son sujet.
Camille, trente-huit ans, mariée et mère d'un enfant, se sent lassée de l'existence qu'elle mène. Sa rencontre avec Claude, un routinologue, lui fait entrevoir qu'elle souffre d'une “affection de l'âme” assez répandue et lui propose un singulier accompagnement pour la sortir de son état de désenchantement. Cela se résume à des petites choses anodines, comme dresser la liste du bon et du moins bon dans notre vie, des réflexions concrètes sur des désirs secrets, des bilans sur sa vie de couple ou son parcours professionnel, des expériences à tenter... En somme, ce sont des petits riens qui, mis bout à bout, redonnent confiance en soi et améliorent grandement le quotidien. 
Je synthétise, mais le bouquin lui-même fait bref et ne cherche pas à s'enliser dans des théories-fleuves car son intention est avant tout de vulgariser le positivisme en véhiculant des messages fondamentaux qu'il est toujours bon de rappeler. C'est en gros une approche simple et légère du développement personnel, pour le rendre accessible à tous.
Par contre, j'ai un doute sur le choix du format romancé, car j'ai trouvé l'ensemble plat, sans saveur, banal. Les discours de Claude sont ennuyeux, le parcours de Camille est plan-plan. Je suis finalement assez déçue, car peu transportée par la stimulation intellectuelle et créative qu'est censée renvoyer la lecture. Trop pragmatique, sûrement, je n'ai pas été sensible aux bonnes ondes du livre. Cela reste un concept hybride intéressant, même s'il ne me touche pas personnellement.
Très bonne interprétation de Valérie Muzzi.  

Texte lu par Valérie Muzzi pour Audiolib (Octobre 2016)

Durée : 5h 46  - © Groupe Eyrolles, 2015

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21/11/16

Le Temps des regrets, de Mary Higgins Clark

LE TEMPS DES REGRETSLe procès de l'année fait la une de tous les journaux : Betsy Grant est accusée d'avoir tué son mari, un riche médecin atteint d'un Alzheimer précoce. Les auditions s'enchaînent et blâment la veuve à qui on reproche d'avoir entretenu une liaison secrète avec son amour de jeunesse. Seule la journaliste Delaney Wright prêche son innocence auprès de ses amis Alvirah et Willy Meehan, lesquels n'osent pas lui avouer être sur le point de retrouver l'identité de sa mère biologique. Vingt-six ans plus tôt, celle-ci a en effet accouché en cachette et a été contrainte par ses parents d'abandonner l'enfant en le vendant à un couple désireux de fonder une famille. Ce vide a longtemps hanté Delaney, en dépit d'une enfance heureuse et aimante. La révélation qui s'annonce risque également de chambouler la couverture du procès. 

Mais trêve de suspense. J'ai trouvé qu'il manquait de la consistance à l'intrigue et aux personnages. L'ensemble sonne creux, superficiel et attendu. J'aime bien les histoires judiciaires, celle-ci n'a pas failli à la règle, par contre je regrette sincèrement l'absence de machiavélisme dans son déroulement. Je n'ai pas franchement ressenti d'attente angoissée à l'écoute de l'histoire qui dévoile son plan placidement. J'avais tout deviné et n'ai donc pas été surprise par l'aboutissement de l'enquête. L'interprétation par Cécile Musitelli demeure la note appréciable de cette lecture. 

Traduit par Anne Damour pour les éditions Albin  Michel / Lu pour Audiolib, novembre 2016 (durée : 7h 49)

10/11/16

Le Premier miracle, de Gilles Legardinier

On ne répétera jamais assez que le nouveau roman de Gilles Legardinier - cru 2016 - n'est pas une comédie mais un vrai roman d'aventures entraînant un historien et un agent du gouvernement britannique dans de folles péripéties à travers le monde ! 

LE PREMIER MIRACLE

Déprimé de ne pas être aimé en retour par sa camarade d'études et de recherches, Benjamin Horwood peine à tourner la page quand il rencontre Karen Holt lors de ses vacances en France. Celle-ci ne fait pas dans la demi-mesure et lui pointe son arme sous le nez pour l'obliger à rejoindre leur cellule secrète qui enquête sur une série de vols d'objets historiques. Horwood n'a pas d'autre choix que de remplacer son ancien mentor, le professeur Wheelan, victime d'un accident de voiture, et ainsi prêter ses lumières à une traque infernale et complexe.
Habitué à son confort et à sa routine, il ignore encore qu'il va s'embarquer pour une équipée frénétique et mouvementée au cours de laquelle Benjamin va explorer les recoins cachés des plus grands musées, approcher des collections privées et des trésors insoupçonnés. Cette mission menée dans l'urgence l'expose également à des dangers, meurtres en série, figures fanatiques et autres révélations historiques révolutionnaires qui pourraient perturber la perception académique de sa profession. Mais Horwood est un éternel émerveillé face aux nouvelles connaissances et prend rapidement goût à la tâche.
De plus, son duo avec Karen Holt fonctionne à la perfection. Notre agent spécial est pragmatique et inflexible, notre historien attaché au British Museum est nonchalant et ironique, deux tempéraments opposés qui font pourtant mouche. Les traits d'humour et les taquineries fusent, tandis que la connivence s'installe et donne à la lecture une tonalité printanière très agréable. C'est emporté dans ce même élan que Horwood combine tous les rôles, depuis Robert Langdon à Indiana Jones, en passant par James Bond. Notre dandy érudit charme les foules et masque sa vulnérabilité par des pirouettes... sans totalement tromper la galerie.
Cette tendresse qu'on trouve dans les personnages est la marque de fabrique de l'auteur, sa très grande force, associée à son sens du partage, son goût du romanesque et son instinct à formuler avec justesse des émotions vraies. Il peut à loisir nous raconter une histoire trépidante sur les mystères de la science et de l'Histoire, une histoire qui confronte des théories du passé à de nouvelles prétendument visionnaires, une histoire ésotérique un brin rébarbative et pompeuse... Du moment qu'il compose avec la fantaisie, la fraîcheur, l'humour et l'authenticité, c'est dans la poche !  
Au final, cette lecture n'est pas désagréable à parcourir, l'écoute audio est entraînante, le rythme de l'histoire est endiablé et l'interprétation de David Manet flirte avec l'insouciance et la badinerie pour notre plus grand bonheur. C'est très plaisant à écouter, cela donne de la rondeur et de la joliesse à l'ensemble. En bref, je ne regrette pas du tout d'avoir embarqué à bord de cette escapade effrénée... même si j'ai une petite préférence pour les comédies de Gilles Legardinier, je n'ai pas boudé mon plaisir à le découvrir dans un registre différent. 

Texte lu par David Manet pour Audiolib (durée : 13h 41) - Novembre 2016
©2016 Flammarion (P)2016 Audiolib

 

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07/11/16

Rêver, de Franck Thilliez

REVERPour son nouveau roman à suspense, Franck Thilliez fait montre d'une abominable rouerie en explorant les arcanes du sommeil et des rêves via son héroïne atteinte de narcolepsie. Abigaël souffre de cette maladie depuis des années et a souvent recours à des brûlures ou des scarifications pour distinguer le vrai du faux. Tout s'embrouille dans un flou constant, ce qui empoissonne naturellement sa vie.
Psychologue chevronnée, spécialisée en criminologie, elle prête souvent son concours aux enquêteurs pour débroussailler le terrain et les guider vers des issues possibles. Depuis plusieurs mois, tous s'échinent à démasquer un kidnappeur d'enfants, le mystérieux Freddy, en référence au personnage créé par Wes Craven, qui prend plaisir à infliger à ses victimes des tortures insoutenables. Mais la vie d'Abigaël bascule dans le cauchemar, alors qu'elle accompagne son père avec sa fille pour un weekend de détente, leur voiture est accidentée en rase campagne, seule Abigaël sort indemne de la carcasse et n'a aucun souvenir du choc. Six mois plus tard, toujours effondrée et shootée aux calmants, Abigaël tente de se raccrocher à son travail, avec le soutien de son ami Frédéric, enquêteur de police. Elle tente, parallèlement, de reconstituer les dernières heures qui ont précédé son accident de voiture et va pointer des détails troublants dans le planning de son père.  Et lorsque certaines pistes recoupent celles de l'immonde Freddy, le sang d'Abigaël ne fait qu'un tour. 
Certes, la lecture est assez laborieuse car il faut prêter attention, à chaque instant, aux dates et aux lieux des événements, ne pas lâcher le fil de l'intrigue, aussi ingénieuse soit-elle, et se dépêtrer du brouillard perpétuel qui enveloppe les pensées et les faits de la jeune femme. La maladie d'Abigaël entre souvent en jeu et vient un peu compliquer la donne : entre l'acquis et le supposé, les frontières s'effacent. Et c'est le point fort du roman. F. Thillez dupe facilement le lecteur en lui faisant croire tout et n'importe quoi, mais le piège est facile et pleinement consenti. J'ai apprécié suivre le mouvement, perdre mon équilibre et culbuter d'une idée à l'autre. Lorsque la brume se désépaissit et laisse filtrer un début de vérité, c'est encore plus flippant et excitant. 
Résultat, ce roman m'a beaucoup plu. Au départ je trouvais l'interprétation de Clémentine Domptail glaçante et mécanique, puis l'atmosphère générale a réussi à me convaincre que cela collait au personnage d'Abigaël. Constamment sur le fil du rasoir. Cela n'empêche pas non plus les émotions de se faufiler, on a le choix entre frissonner de dégoût et trembler de peur, se questionner sur la santé mentale de l'héroïne et éprouver aussi de la compassion. Entre séquences fortes et instants dramatiques, la balance, en tout cas, est parfaite. Ce cru 2016 s'émancipe du duo Hennebelle & Sharko et offre sans aucun doute une bonne échappatoire à la routine ! 

Texte lu par Clémentine Domptail pour Audiolib (durée : 13h 14) - Octobre 2016
© California Dreamin', The Mamas and the Papas - Universal Music Division Barclay.
© 2016, Fleuve éditions, département d'Univers Poche

24/10/16

Cinq petits cochons, par Agatha Christie

Cinq petits cochons

Seize ans plus tôt, Caroline Crale a été condamnée pour avoir empoisonné son mari, le peintre Amyas Crale, sous prétexte que celui-ci allait la quitter pour sa jeune maîtresse, l'affriolante Elsa Greer, qui lui servait aussi de modèle pour son dernier tableau. 
Venant tout juste de se fiancer, leur fille, Carla Lemarchant, convoque le passé et demande à Hercule Poirot de reprendre l'enquête pour l'éclaircir. Celui-ci s'y plie avec bonne grâce et rencontre les acteurs du drame, soit Meredith Blake, l'expert en plantes, son frère Philip, l'amoureux refoulé, la nouvelle lady Dittisham, par qui le scandale est arrivé, mais aussi Cecilia Williams, la gouvernante acariâtre, et Angela Warren, la demi-sœur de Caroline qui n'était qu'une adolescente revêche et dissipée à l'époque. 
L'un après l'autre, ces témoins livrent leur version de l'histoire en accablant Caroline, dont les crises de jalousie acerbes et très violentes faisaient grand bruit dans la maison. Le couple était au bord de la rupture, le mari volage affichait sa nouvelle conquête sous le nez de l'épouse bafouée, qui n'a pas supporté pareille humiliation. Chacun y va de son commentaire ou de son jugement relatif, pendant ce temps Hercule écoute patiemment. 
Les intrigues d'Agatha Christie sont comme des petites mailles tricotées en point très serré. Qu'on ne s'y trompe pas. Ce ne sont pas les mêmes propos qui sont ressassés à l'envi ni les mêmes conflits qui sont rapportés dans le vide, l'histoire n'est jamais statique et tout est dans le détail, car rien n'est jamais anodin dans les histoires de la duchesse ! Non seulement la lecture déploie une prodigieuse mise en scène dans l'art de ménager le suspense, instaurant au passage une ambiance très théâtrale à l'ensemble, mais elle aborde aussi des thèmes d'avant-garde, dont le libertinage et la sensualité, qui n'étaient pas légion dans les romans de 1942 ! ^-^
Ce roman ne vieillit pas et est, de plus, excellemment servi par l'interprétation de haute volée de Samuel Labarthe, alias le commissaire Laurence dans Les Petits Meurtres d’Agatha Christie sur France 2. À noter aussi qu'il existe une adaptation par ITV (saison 9, épisode 1) avec David Suchet, Rachael Stirling, Aidan Gillen, Julie Cox... L'un des meilleurs épisodes de la série Hercule Poirot ! 

Texte lu par Samuel Labarthe pour Audiolib (durée : 7h) - Septembre 2016

Traduction révisée par Jean-Michel Alamagny pour les Editions du  Masque

17/10/16

Intimidation, de Harlan Coben

Intimidation Audiolib

Ouch. Nouvelle lecture de Harlan Coben, promesse d'un divertissement basique, sans prise de tête. Et puis, non. Cette fois, la recette n'a pas su produire cette petite dose de fébrilité attendue et réserve même une entrée en matière particulièrement douteuse. 

Accoudé à un bar, Adam Price est apostrophé par un inconnu qui lui souffle « vous n'étiez pas obligé de rester avec elle » puis se met à lui débiter une histoire de fausse grossesse, comme quoi son épouse Corinne aurait bâti leur union sur un mensonge. Assommé par ces révélations, Adam cherche des explications, mais sa femme se débine et disparaît de la circulation. Seul avec leurs deux garçons, Adam remue ciel et terre pour percer le secret de Corinne.  

Vous décrire mes impressions de lecture ? 

 

Ennui profond. 

Non seulement l'histoire est confuse et lourde, mais également très moralisatrice et sans réelle action. De plus, l'auteur nous noie dans des considérations domestiques artificielles et des matches de lacrosse pas follement captivants, tout ça dans le but d'ancrer dans l'esprit du lecteur l'illusion du paradis familial pour qu'il saisisse ô combien le passé va pulvériser cette tendre quiétude... Mouiii. Seulement, cela ne m'a pas particulièrement emballée.

L'intrigue, ensuite, emprunte des détours improbables, avec des maîtres chanteurs, des crimes, des détournements de fonds, des gamins obsédés par la réussite, des clichés sur la vie en banlieue, des drames intimes, des carrières qui volent en éclats et du paraître à entretenir. Harlan Coben brasse large et se pose en observateur de ses contemporains avec cette fausse dérision pas du tout crédible (se moquer des génies en informatique qui ont lancé leur business dans leur garage). Et alors ?

Ce n'est pas drôle, pas émoustillant, pas palpitant. Et comble de tout, j'ai trouvé le temps long. Même Olivier Prémel, le lecteur pour Audiolib, semble embarrassé par l'exercice dans les premières minutes. Il taille le portrait d'Adam sans sincère investissement de sa part, ou disons que le rendu sonne affreusement convenu et me touche moyennement. Par la suite, tout le monde parvient à trouver le bon rythme à sa juste mesure même si le dénouement est aussi décevant que le reste. De là, toute réconciliation paraît impossible avec cette lecture pour le moins médiocre et lassante. ^-^ Dommage.

Texte lu par Olivier Prémel pour Audiolib (Octobre 2016) - durée : 9h 28

Traduit par Roxane Azimi pour les éditions Belfond

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Le Dompteur de lions, de Camilla Läckberg

LE DOMPTEUR DE LIONS

S'agissant déjà du 9ème tome de la série, ce roman de Camilla Läckberg ne crée plus la surprise et se contente de renouer des retrouvailles en bonne et due forme avec un ensemble déjà calibré (le couple Hedström, le commissariat de Tanumshede, les multiples conjectures familiales, sans oublier la ville de Fjällbacka). On se sent en territoire familier et ça a du bon aussi.  

Patrik et ses collègues enquêtent donc sur la disparition d'une adolescente, dont on vient de retrouver le corps fauché par une voiture, en notant les nombreux sévices subis, dont les yeux brûlés à l'acide. Cette découverte est pétrifiante et mine le moral des troupes. Les camarades de la jeune victime, qui fréquentent toutes le même centre équestre, sont effondrées. De plus, une psychose gagne les parents dès que leur progéniture disparaît du radar à la moindre seconde. Serial killer ou pas, la police veille au grain.
De son côté, Erica travaille sur son nouveau bouquin traitant d'une affaire survenue trente ans plus tôt, où une fillette aurait été martyrisée au sein de son foyer, battue par son père, avec la complicité de sa mère. Emprisonnée, celle-ci a toujours refusé de s'exprimer sur les circonstances du drame, mais fait une entorse pour Erica, qui a obtenu l'autorisation de la rencontrer pour recueillir ses premières confidences timides. Drôle de personnage, se dit l'écrivain qui s'interroge sur son crime et son absence d'émotions, et qui l'interpelle aussi dans son rôle de mère. Elle-même se débat avec son quotidien, ses mômes intenables, son boulot, son mari, sa sœur, sa belle-mère... Un tourbillon incessant, au centre duquel on perd vite pied. Et pourtant... Erica a besoin de creuser pour approfondir son sujet, et quoi de mieux pour s'aérer l'esprit que de fouiner dans les dossiers de son cher époux ! ? ^-^
Eh oui. On en revient toujours au même problème : Erica la mêle-tout. Même Camilla Läckberg se moque de son vice, tout en l'excusant, et la compare de façon éhontée aux fières tricoteuses des romans anglais ! Ah, ah. On devine sans peine. Et c'est comme ça qu'on recoupe tous les petits morceaux du puzzle. La façon dont l'auteur bricole ses intrigues n'est plus surprenante, mais c'est difficile de lui en vouloir. Ses lecteurs sont au rendez-vous et s'en satisfont. J'avoue faire partie du lot, même si les mignardises domestiques ont tendance à m'exaspérer (oh, Anna... encore et toujours, la 8ème plaie d'Egypte à elle seule). Mais j'aime l'ambiance générale, à la suédoise, qui est agréable et pleine de charme. Cela a aussi un côté rassurant. Le fond de l'histoire n'est pourtant guère lénifiant, puisqu'il questionne le lecteur sur l'instinct maternel et son droit à ne pas en être. La trame romanesque est profonde, poignante et sombre, au-delà de la façade affichée de déculpabiliser les mamans débordées ou qui ont le sentiment de négliger leurs enfants. Un roman davantage féminin que féministe.

Par contre, côté technique, Jean-Christophe Lebert, l'interprète pour Audiolib, est fâché après les adolescentes. Sa manière de singer leurs voix et de gérer leurs crises ne les rend franchement pas sympathiques. L'écoute en souffre un peu, sans en pâtir complètement, l'interprétation des voix féminines demeurant un problème récurrent chez ce comédien. ^-^

 Texte lu par Jean-Christophe Lebert pour Audiolib (durée :  13h 12) Août 2016

Traduit par Lena Grumbach pour les éditions Actes Sud

le dompteur de lions

 

11/10/16

Dear You saison 2, d'Emily Blaine & Jessica Monceau

Dear You 2

Trêve de suspense, entre Andrew Blake, le fantasme ambulant, et Dan, qui annule une soirée romantique pour un match de football, Kathleen a fait son choix. Mais la situation est loin d'être idyllique. Le couple ne fait que jongler entre avions, rendez-vous d'affaires et pression médiatique. Andrew cherche à préserver la jeune femme de l'inquisition journalistique, en pure perte. Kathleen est projetée sous les feux de la rampe, puis manque défaillir en constatant les effets sur Andrew. Paniqué à l'idée qu'un détraqué se serve d'elle pour se venger, le type abdique. Froidement, sèchement. La scène de rupture équivaut à une passe d'armes et fait vachement flipper. Dans le fond, c'est ridicule ET inutile car on se doute que, quelques pages plus loin, les réconciliations auront lieu. Et tout ça me fait soupirer haut et fort. C'est le souci d'une romance en plusieurs épisodes, étirer en longueur une intrigue rebattue. Résultat, ça saoule. Et ça vire à la stupidité. Les atermoiements mièvres du couple pompent l'air, la sérénade du je-t'aime-moi-non-plus m'inspire de grands cris de ras-le-bol. Et le je-te-quitte-pour-te-protéger, on nous l'a déjà fait. C'est bon, on n'en peut plus. Tout comme la représentation du personnage d'Andrew Blake - dominant et intransigeant, avec évidemment des failles secrètes - hello clichés. Kathleen, par contre, pourrait agréablement surprendre pour son punch et sa détermination à reconquérir son mec, même si je trouve ça pathétique et larmoyant comme entreprise. Enfin voilà. On tourne en rond. J'avais cru que la sensation apaisante de Dear You saison 1 aurait été perpétuée à la lecture du deuxième tome, mais non. D'entrée de jeu, j'ai rapidement craint pour ma capacité à endurer cette bluette. J'aurais dû m'abstenir et me contenter de l'appréciation correcte d'avoir écouté une jolie petite histoire d'amour sur sa période d'apprentissage. Ma curiosité me perdra... Sur ce, je vais faire l'impasse sur la “saison 3” qui sort pourtant ce mois-ci chez Audiolib, et malgré le suspense de la photographie qui me tenaille... Allez, j'avoue. En fouillant sur internet, j'ai obtenu ma réponse et je tombe des nues ! ^-^

Texte lu par Jessica Monceau pour Audiolib (durée : 8h 34) - septembre 2016

Agréable interprétation de Jessica Monceau, dont la voix douce nous berce et nous câline plaisamment. Le format audio est bénéfique au roman et lui donne une ambiance vaporeuse et ensorcelante. Les remerciements sont lus par l'auteur en personne, mais je ne la sens pas particulièrement à l'aise dans cet exercice.

 

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