24/02/17

Sans feu ni lieu, de Fred Vargas

sans feu ni lieu

Dans ce Fred Vargas datant de 1997, on retrouve le fameux trio des Évangélistes, Marc, Lucien et Mathias, ainsi que Louis Kehlweiler, dit l'Allemand, chargés de défendre l'indéfendable - Clément Vauquet, un benêt au physique disgracieux, accordéoniste et livreur occasionnel de fougères, soupçonné d'être le tueur aux ciseaux qui sévit dans Paris. Seule une ancienne prostituée, Marthe Gardel, également sa mère nourricière, est convaincue de son innocence. Ce garçon est le dindon d'une farce morbide. Aussi bassine-t-elle Louis pour le sortir de ce guêpier. Malgré ses réticences, l'Allemand mobilise ses troupes et reprend contact avec ses vieilles relations dans la police pour bûcher le dossier.
La manière dont procède Fred Vargas pour dérouler ses intrigues est toujours extraordinairement originale, en apparence simple et bavarde, mais au final incontournable et parfaite. Son intrigue policière n'a certainement pas à rougir de ses prétentions modestes, car l'auteur fignole les moindres détails et excelle dans l'art des personnages. Ses Évangélistes sont trois sympathiques gaillards, trois historiens sans le sou qui partagent une baraque pourrie, en compagnie du Parrain, un vieil oncle qui les chouchoute en concoctant des gratins copieux et savoureux. Kehlweiler est un type plus froid, difficile à cerner, ancien homme d'action il s'est replié chez lui pour traduire la biographie de Bismarck et a pour seul compagnon son crapaud Bufo ! Quand on songe aussi qu'un poème de Nerval peut démêler les nœuds d'une pelote de laine... Sérieusement, on ne trouve pas ça partout. Et c'est ce qui me plaît tant dans les livres de Vargas, cette propension à l'excentricité qui ne déborde pas non plus vers des sentiers improbables ou absurdes. C'est décalé, assez drôle et faussement timbré. Philippe Allard, pour la technique, exerce son numéro d'équilibriste avec brio. Son timbre de voix colle à merveille avec les personnages imaginés par Vargas. C'est âpre, écorché, nonchalant et en même temps vibrant. Il y a ce “truc” indéfinissable qui rend le mariage évident et réussi. En bref, c'est tout bon !

Texte lu par Philippe Allard (durée : 7h 46) pour Audiolib - Février 2016

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11/02/17

L'Effet Papillon / Les Enquêtes du Département V (n°5), par Jussi Adler Olsen

l'effet papillon

Ce cinquième tome signe mes retrouvailles avec le Département V, au sein duquel l’inspecteur Carl Mørck et son équipe continuent de crouler sous les dossiers “cold case” qui s'empilent sur leurs bureaux, piochant au gré des envies et du temps. Ce sont plus précisément Assad et Rose qui dictent désormais les règles à leur chef, lequel se charge d'adopter une attitude blasée et arrogante qui exaspère ses supérieurs. D'ailleurs, il y a du remue-ménage au niveau supérieur (départ en retraite, nouvelle direction, changement de politique). Carl doit se coltiner un stagiaire sans jugeote, Gordon Taylor, en guise de sanction. 
Après une première enquête sur le corps calciné d'une femme découvert dans une péniche (qui, entre nous, ne sert strictement à rien), le Département V s'intéresse à la disparition d'un dénommé William Stark dont la belle-fille a placardé des avis de recherche dans toute la ville depuis trois ans. Cet homme aurait été mêlé à une affaire de corruption au Cameroun, impliquant des fonds du gouvernement danois dédiés à une association humanitaire. Pour étouffer ce scandale, les grosses têtes ont donné carte blanche à un gang de gitans, auquel appartient le jeune Marco, sauf que celui-ci en a assez de ces combines crapuleuses et file sans demander son reste. Mais en quittant “la famille” Marco signe son arrêt de mort. Et ils sont nombreux à ses trousses, car le garçon est désormais la clé de voûte d'un engrenage infernal. 
Ce numéro de cache-cache interminable n'est pas nouveau, cf. Profanation où un seul personnage avait mis en branle une intrigue complète. Outre le sentiment du réchauffé, je n'ai pas été inspirée par cette course-poursuite dans les rues de Copenhague. Comment un môme de quinze ans parvient à déjouer toutes les polices et tous les tueurs les plus aguerris ? Pour moi, Jussi Adler Olsen se repose trop sur ses lauriers, l'intrigue criminelle est correcte, mais l'ensemble tombe parfois dans la caricature. Les personnages, Assad, Rose ou Carl, sont attachants mais n'évoluent plus. Le mystère du réfugié syrien reste entier, les excentricités de la jeune femme ne se renouvellent pas, le chef d'équipe est un goujat fini (il couche avec Lisbeth la bibliothécaire pour se consoler de sa rupture avec Mona puis s'en mord les doigts). Bref. J'aime bien la série du Département V - je suis une mordue des lectures se déroulant dans les pays nordiques - mais je lui trouve aussi un côté plan-plan, à la mécanique trop bien huilée, qui ne m'étourdit plus. Il faudrait sortir des clous maintenant, Hr. Jussi Adler Olsen ! 

Sur un plan technique, Julien Chatelet assure, comme à son habitude, une lecture impeccable, efficace et captivante. Par contre, ce serait bien si Audiolib pouvait raccrocher avec la cadence imposée par Albin Michel (le tome 6 est sorti en janvier 2016, le tome 7 en mars 2017). Help ! ☺

Audiolib - Janvier 2017 (durée : 16h 52)
Traduction de Caroline Berg pour les éditions Albin Michel

31/01/17

Les salauds devront payer, d'Emmanuel Grand

les salauds devront payerUne vraie bonne découverte que ce roman d'Emmanuel Grand, lu par Christophe Reymond pour Audiolib !
Pourtant, le sujet a tout lieu d'inspirer une certaine amertume. L'histoire se passe dans le Nord, près de Valenciennes, au cœur des friches industrielles et des quartiers populaires. Le tableau dépeint est gris, lourd et morose. Ambiance peu réjouissante. Dans la petite ville de Wollaing, les habitants font contre mauvaise forture bon cœur. Entre chômage et galères, ils n'ont pas d'autre choix que d'emprunter de l'argent à des organismes peu regardants. Ce sont ensuite les petites frappes du coin qui viennent cogner pour réclamer les sommes impayées. La jeune Pauline en sait quelque chose. Elle n'a pas remboursé ses dettes mais a choisi de filer en douce pour échapper à ses créanciers. Malheureusement, elle sera retrouvée morte dans un terrain vague. Le commandant Erik Buchmeyer et le lieutenant Saliha Bouazem, nouvelle recrue débarquée de Thionville, arrivent donc sur place et procèdent à une enquête a priori limpide. Les suspects sont rapidement pointés du doigts, il ne reste plus qu'à rassembler les preuves pour les faire tomber. Cependant, l'affaire est loin d'être bouclée puisque cette organisation en vase clos est certes perfide et redoutable, mais elle va aussi dévoiler un vieux contentieux syndical et un dramatique secret de famille donnant libre cours à une machiavélique histoire de  vengeance.
Finalement, ce n'est pas seulement un pur roman noir, avec du suspense, de la sobriété et de la mélancolie. C'est aussi un roman social, d'une intensité psychologique forte et poignante. On replonge ainsi dans le contexte des grèves, des luttes des classes, des manipulations politiques et des sacrifices sans état d'âme. Un état des lieux vindicatif et démuni. Sur le coup, j'ai pesté. Encore un tableau du Nord sinistré. Encore et toujours l'image d'une région en crise et sur les genoux. J'admets que c'est facile, mais ce n'est pas malveillant non plus. Et puis ça donne une certaine gravité à l'histoire, en plus des meurtres à résoudre, des plaies ouvertes et des rancœurs tenaces. C'est comme entretenir une mémoire et des souvenirs. De toute façon, avec cette lecture, il faut apprendre à débroussailler, les thèmes sont vastes, les chemins empruntés sont nombreux, les coïncidences parfois trop belles... Même l'entrée en matière est incongrue (un régiment en Indochine et en Algérie), on se demande souvent où nos pas nous mènent mais le résultat est cohérent et réussi. J'ai bien apprécié cette errance à l'aveugle et néanmoins parfaitement maîtrisée par son auteur.  

Texte lu par Christophe Reymond pour Audiolib (durée : 10h15) - Janvier 2017

Suivi d'un entretien avec l'auteur

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30/01/17

Le Dernier Des Nôtres, d'Adélaïde De Clermont-Tonnerre

Cette lecture rassemblait plusieurs atouts qui avaient tout lieu de me plaire : grande fresque familiale sur fond historique, des drames, des trahisons, des secrets, des mensonges, des pertes et des retrouvailles, avec en sus le Grand Prix de l'Académie française. 

Le dernier des notresManhattan, 1969. Werner Zilch est un beau jeune homme, cavaleur et intrépide. Il croise dans la rue une jeune femme superbe, qu'il décide de suivre et séduire, mais la belle est farouche et insaisissable. Elle fuit le bellâtre et se joue de ses sentiments, ce qui augure un cache-cache amoureux interminable et mouvementé.
Dresde, 1945. Parmi les décombres et les bombardements, une mère agonisante met au monde son bébé, recueilli in extremis par des soldats en déroute. Après bien des déboires, cet enfant sera confié à une famille américaine, qui ignore tout de son passé, à part la supplique, écrite sur un bout de papier, implorant de conserver le nom de l'enfant, “le dernier des nôtres”. 
Werner grandit heureux, comblé d'amour et de tendresse, mais avec cette frustration de ne rien connaître de ses origines et la peur de l'abandon, d'où ses conquêtes multiples, son besoin de plaire, son tempérament impulsif et colérique. Sa liaison avec Rebecca, difficile et tourmentée, va cependant l'amener à percer le mystère de sa naissance et de sa famille. 

Eh bien, quelle déconvenue au bout du compte ! J'ai trouvé ce roman extrêmement banal, sans surprise et absurde. L'histoire de Werner s'inscrit d'après une haine farouche entre deux frères, l'un brillant ingénieur auprès de von Braun, l'autre officier sadique dans un camp de concentration. Lequel est son véritable géniteur ? Comment et pourquoi l'enfant a parcouru les océans et atterri dans un orphelinat ?
C'est en rencontrant la mère de Rebecca que Werner prend en pleine face l'horreur de ses racines. Imaginez, la fille d'une juive martyrisée avec le fils d'un allemand... Tout amour est impossible, le couple se déchire et chacun lutte contre ses fantômes. (“Je t'ai trompée parce que tu m'as quitté. - Je t'ai quitté car tu m'as trompée.”) Le couple tourne autour du pot. C'est lassant. Alors, pour sauver leur idylle du naufrage, ils s'investissent dans la traque des nazis et alimentent le suspense par des rebondissements à n'en plus finir.
C'est peu de dire que j'ai été déçue par cette lecture (qui revêt les mêmes apprêts qu'un roman de Douglas Kennedy, selon moi). C'est beaucoup trop sentimental, absolument pas crédible, avec des personnages creux et agaçants. Le fil conducteur est grossier, on voit tout venir à des kilomètres. Certes, il y a du rythme et des destins racontés en parallèle, ça se lit vite et bien, on mord facilement à l'hameçon, mais ça inspire également de l'impatience et de l'exaspération. Et puis, à force de cultiver l'histoire d'amour interdite, le ton devient mielleux et pousse les amants dans des situations abracadabrantes et grotesques. Au secours. On se retrouve avec une macédoine d'intrigue sentimentale et de faux suspense dans un théâtre de guerre et de mort. Le résultat est loin d'être à mon goût !
J'ai traîné pour arriver au bout du livre, car je voulais malgré tout connaître son issue, mais toute réconciliation était inenvisageable. Du mélo, de la facilité, encore et toujours... j'étais hélas rompue. Seule note appréciable : la lecture faite par Rémi Bichet pour Audiolib. Un ton juste, une émotion palpable, une attitude désinvolte. Son identification au personnage de Werner aurait pu être détestable, car ce type est détestable, mais Rémi Bichet glisse une bonne distance et sauve son rôle en toute subtilité. Cela ne repêchera pas mon appréciation pour le roman, dont je ne regrette pas la découverte, mais j'en prends acte. 

Texte lu par Rémi Bichet pour Audiolib (durée : 11h 44) - Janvier 2017

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26/01/17

Petits secrets, Grands mensonges, de Liane Moriarty

Petits secrets grands mensongesAu cours d'une soirée quizz organisée par l'école du quartier, des parents anormalement émêchés se donnent en spectacle de manière scandaleuse et déplacée. Ils se lancent des noms d'oiseaux, en viennent aux mains, se bousculent. Puis la farce vire au drame, une victime est déplorée, la communauté est sous le choc. Commence aussitôt une enquête qui ne dévoile rien de l'identité de la victime ou des responsables de la cohue. Rien ne filtre, si ce n'est quelques détails distillés avec parcimonie.
Cette mise en scène redoutable, au suspense bien ficelé, est diablement efficace et rend la lecture captivante ! On plonge sans se douter dans une abominable histoire de harcèlement, d'injustice et de préjugés, alors que tout se passe dans une simple classe de maternelle au cœur une banlieue chic et cossue. Jane vient d'y emménager avec son fils Ziggy lorsque celui-ci est accusé de persécuter une petite camarade. La mère outrée monte au créneau et use de son influence pour intimider les nouveaux venus, tandis qu'une résistance s'organise autour de la jeune maman célibataire en dénonçant le lynchage en règle. La guerre des mères est déclarée et elle s'annonce sanglante.
On pourrait se moquer du sordide de la situation, si ce n'est que cela démontre aussi l'acharnement bête et méchant à entraîner les uns et les autres dans une ronde infernale qui exacerbe toutes les passions (divorce, famille recomposée, adolescence, carrière, procrastination, humiliation, coups et violence). On n'imagine pas les drames cachés dans ces doux foyers en apparence ordinaires et aisés. C'est tout à la fois poignant, révoltant, délicat et émouvant. On se croirait presque dans une nouvelle saison de Desperate Housewives ! De plus, le rythme est incroyablement bon, angoissant et haletant. On ne voit rien venir des révélations finales, on se fait même manipuler sur toute la ligne et on applaudit le tour de force.
Ce roman est addictif, ingénieux et surprenant ! Franchement top. 

La voix de Danièle Douet peut vous paraître familière, puisqu'elle double notamment Nicole Kidman, Kristin Scott Thomas, Gillian Anderson et Felicity Huffman (Lynette Scavo dans Desperate Housewives). C'est une voix chaleureuse et très agréable à écouter, qui s'amuse ici à accentuer les défauts ou les particularités des uns et des autres, sans surjouer ou friser le ridicule. On assiste avec un certain effroi à cette comédie sinistre sur les drames domestiques en prenant note du poids des secrets et des mensonges qui peuvent parfois faire tout basculer. Malentendus, ragots, rumeurs alimentent le quotidien de ce petit monde qui vit en vase clos. Effroyable et sidérant. ☺

Texte intégral lu par Danièle Douet pour Audiolib (Janvier 2017) - durée : 15h 23

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24/01/17

Tom, petit Tom, tout petit homme, Tom, de Barbara Constantine

Tom Petit TomQuel bonheur, ce roman ! Chaque livre de Barbara Constantine est un onguent pour adoucir les petits bobos de l'âme car on y retrouve avec certitude des histoires sans prétention, qui se lisent avec un sourire aux lèvres et qui nous donnent envie de croire à une vie simple et authentique auprès de personnages insolites. C'est dommage que l'auteur ne publie plus rien depuis Et puis, Paulette... en 2012.
L'histoire de Tom, Petit Tom, Tout Petit Homme, Tom est une ritournelle charmante, pimpante et tintinnabulante. C'est en effet un roman extrêmement joyeux et léger, même s'il ne nous raconte pas que des choses tendres et insouciantes non plus. Mais c'est justement parce que le sujet est traité sans misérabilisme que la pilule est plus agréable à avaler. Tom a onze ans. Il vit avec sa mère Joss dans un vieux mobil-home. Cette dernière n'a même pas vingt-cinq ans, elle collectionne les petits boulots et néglige souvent son rôle de maman pour sortir faire la fête sur sa mobylette. Tom a grandi en se débrouillant seul. Souvent, il se faufile dans le jardin de ses voisins, un couple d'excentriques qui se disent vous et qui parlent avec un accent anglais, pour leur chiper des légumes ou pour regarder la télévision derrière leur fenêtre. Il ignore tout de son père, ne doit surtout pas ennuyer Joss avec des questions inutiles et a l'obligation de l'appeler par son prénom, sinon elle se fâche. De toute façon, Tom est un môme accommodant. Il aime aussi se rendre utile, comme avec Madeleine, une vieille dame solitaire, qui a la mémoire flageoleante et qui oublie de manger au point de s'évanouir dans ses plans de choux. Heureusement, Tom veille au grain ! Mais qui vient à la rescousse du Petit Tom ? Pour ça, les anges gardiens ne manquent pas. Entre Samy, l'ami d'enfance de Joss devenu croque-mort, Archibald et Odette, les voisins pas si aveugles, et aussi sa propre mère qui exprime avec maladresse son amour pour son petit homme et qui apprend à grandir en même temps que lui...
Bref. Il règne par-dessus tout une humeur radieuse dans ce livre. Et c'est tant mieux. Tous les petits tracas sont balayés en un tour de main. Chaque personnage constituant le maillon d'une formidable chaîne humaine, la solidarité est inaliénable à la bonne coordination de l'intrigue. On s'attache aux uns et aux autres, on se soucie de leurs problèmes, on les retourne sans complexe et on sourit devant l'évidence, on ne badine pas avec les sentiments, on s'aime sans trop l'avouer, et puis on s'offre des cadeaux sous toutes les formes (une robe, des madeleines de commercy ou des bocaux de sauce tomate). Cela coule de source et ça fait un bien fou ! C'est finalement une promenade bucolique rafraîchissante et chaleureuse.

Je recommande également la version audio lue par Benjamin Jungers qui apporte son lot de tendresse, de fantaisie et de folie douce à cette histoire qui revendique une véritable noblesse de cœur. Le comédien adopte à juste titre un ton enfantin, pas bêtifiant, mais qui souligne l'innocence de Tom face à des situations parfois dramatiques. Le môme ne manque pas de ressources et nous le prouve tout au long du roman qui rappelle que l'entraide et la générosité constituent une façon toujours délicate d'avancer au mieux dans la vie. J'ai follement aimé. ☺

Texte intégral lu par Benjamin Jungers pour Audiolib (Janvier 2017) - durée : 4h 03

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03/01/17

La Carrière du Mal, de Robert Galbraith

Un livre audio lu par Lionel Bourguet (durée : 19h 06) pour Audiolib

la carriere du mal

Dans ce troisième tome des aventures de Cormoran Strike, détective privé à la carrière fluctuante, les affaires prennent du plomb dans l'aile quand sa secrétaire reçoit par colis une jambe de femme tranchée. La presse s'empare du sujet pour en faire les gros titres. Et leurs clients se débinent, préférant la discrétion à un professionnel sous les feux de la rampe. Strike est fou de rage. Voulant ménager la sensibilité de Robin, il préfère lui en dévoiler le moins possible mais ne peut lui cacher soupçonner un spectre de son passé désirant refaire surface pour lui nuire sciemment. Malgré les recommandations de son patron, Robin se lance également dans la traque du sadique... ne doutant pas une seconde être elle-même dans la ligne de mire d'un dangereux maniaque obsessionnel. 
Ce sont donc plusieurs intrigues éparses qui se mêlent à une idée de vengeance assez floue, plusieurs intrigues où les profils de suspects se superposent et où les fantômes d'hier viennent hanter le présent du détective. Strike est encore et toujours confronté à son histoire personnelle, impliquant sa mère et ses mauvais choix amoureux, tandis que sa jeune secrétaire est également chahutée et s'implique dans des enquêtes sordides pour piéger des prédateurs sexuels. Si l'intensité est bien flippante au début, elle faiblit sur la distance car les enquêtes sont trop dispersées et pêchent à tenir en haleine. Par contre, ce sont les personnages qui nous surprennent et nous font vivre des sensations fortes - Robin est face à son destin et ne sait plus ce qu'elle veut. Ce tumulte sentimental se répercute sur le lecteur. Du coup, on continue de détester Matthew, de souffler et de pester contre la fiancée indécise, de rabrouer Strike qui s'interdit de jouer son va-tout. Et que d'émotions dans les nouvelles révélations glissées un soir de déprime ! ... 
Si Robert Galbraith n'assure pas sur tous les plans et se perd dans des enquêtes plus ou moins croustillantes, l'auteur réussit parfaitement à installer son univers et faire évoluer ses personnages en les enrichissant livre après livre. C'est l'atout principal de la série. Strike et Robin forment un duo attachant et solide d'une complicité qui ne dit pas son nom. C'est très touchant, et assez palpitant dans le genre ! J'ai hâte de les retrouver dans de nouveaux épisodes ! 
Pour la note technique, on retrouve Lionel Bourguet qui avait laissé sa place à  pour Le ver à soie et qui sert avec brio cette lecture où l'on plonge “dans les ténèbres des perversions les plus troublantes” en s'attachant aussi à brosser avec tendresse le tandem de choc et de charme ! 

Texte intégral lu par Lionel Bourguet pour Audiolib, Juin 2016
Traduit par Florianne Vidal pour les éditions Grasset

En cours de tournage, BBC One prépare une série TV adaptée de la série de Robert Galbraith avec dans les rôles de Robin Ellacott : Holliday Grainger & Tom Burke pour un Cormoran Strike plus que séduisant ! 

 

24/11/16

Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n'en as qu'une, de Raphaëlle Giordano

Ta deuxieme vieLa première fois que j'ai découvert ce livre remonte à l'hiver dernier, lors d'un shopping chez Nature & Découvertes. Je trouvais la couverture ravissante, et le titre à rallonge m'intriguait, mais je me demandais s'il s'agissait d'un roman ou d'un ouvrage sur le développement personnel. J'ai donc passé mon chemin, jusqu'à ce que je recroise celui-ci en version audio. J'ai tenté ma chance, au vu des commentaires globalement élogieux à son sujet.
Camille, trente-huit ans, mariée et mère d'un enfant, se sent lassée de l'existence qu'elle mène. Sa rencontre avec Claude, un routinologue, lui fait entrevoir qu'elle souffre d'une “affection de l'âme” assez répandue et lui propose un singulier accompagnement pour la sortir de son état de désenchantement. Cela se résume à des petites choses anodines, comme dresser la liste du bon et du moins bon dans notre vie, des réflexions concrètes sur des désirs secrets, des bilans sur sa vie de couple ou son parcours professionnel, des expériences à tenter... En somme, ce sont des petits riens qui, mis bout à bout, redonnent confiance en soi et améliorent grandement le quotidien. 
Je synthétise, mais le bouquin lui-même fait bref et ne cherche pas à s'enliser dans des théories-fleuves car son intention est avant tout de vulgariser le positivisme en véhiculant des messages fondamentaux qu'il est toujours bon de rappeler. C'est en gros une approche simple et légère du développement personnel, pour le rendre accessible à tous.
Par contre, j'ai un doute sur le choix du format romancé, car j'ai trouvé l'ensemble plat, sans saveur, banal. Les discours de Claude sont ennuyeux, le parcours de Camille est plan-plan. Je suis finalement assez déçue, car peu transportée par la stimulation intellectuelle et créative qu'est censée renvoyer la lecture. Trop pragmatique, sûrement, je n'ai pas été sensible aux bonnes ondes du livre. Cela reste un concept hybride intéressant, même s'il ne me touche pas personnellement.
Très bonne interprétation de Valérie Muzzi.  

Texte lu par Valérie Muzzi pour Audiolib (Octobre 2016)

Durée : 5h 46  - © Groupe Eyrolles, 2015

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21/11/16

Le Temps des regrets, de Mary Higgins Clark

LE TEMPS DES REGRETSLe procès de l'année fait la une de tous les journaux : Betsy Grant est accusée d'avoir tué son mari, un riche médecin atteint d'un Alzheimer précoce. Les auditions s'enchaînent et blâment la veuve à qui on reproche d'avoir entretenu une liaison secrète avec son amour de jeunesse. Seule la journaliste Delaney Wright prêche son innocence auprès de ses amis Alvirah et Willy Meehan, lesquels n'osent pas lui avouer être sur le point de retrouver l'identité de sa mère biologique. Vingt-six ans plus tôt, celle-ci a en effet accouché en cachette et a été contrainte par ses parents d'abandonner l'enfant en le vendant à un couple désireux de fonder une famille. Ce vide a longtemps hanté Delaney, en dépit d'une enfance heureuse et aimante. La révélation qui s'annonce risque également de chambouler la couverture du procès. 

Mais trêve de suspense. J'ai trouvé qu'il manquait de la consistance à l'intrigue et aux personnages. L'ensemble sonne creux, superficiel et attendu. J'aime bien les histoires judiciaires, celle-ci n'a pas failli à la règle, par contre je regrette sincèrement l'absence de machiavélisme dans son déroulement. Je n'ai pas franchement ressenti d'attente angoissée à l'écoute de l'histoire qui dévoile son plan placidement. J'avais tout deviné et n'ai donc pas été surprise par l'aboutissement de l'enquête. L'interprétation par Cécile Musitelli demeure la note appréciable de cette lecture. 

Traduit par Anne Damour pour les éditions Albin  Michel / Lu pour Audiolib, novembre 2016 (durée : 7h 49)

10/11/16

Le Premier miracle, de Gilles Legardinier

On ne répétera jamais assez que le nouveau roman de Gilles Legardinier - cru 2016 - n'est pas une comédie mais un vrai roman d'aventures entraînant un historien et un agent du gouvernement britannique dans de folles péripéties à travers le monde ! 

LE PREMIER MIRACLE

Déprimé de ne pas être aimé en retour par sa camarade d'études et de recherches, Benjamin Horwood peine à tourner la page quand il rencontre Karen Holt lors de ses vacances en France. Celle-ci ne fait pas dans la demi-mesure et lui pointe son arme sous le nez pour l'obliger à rejoindre leur cellule secrète qui enquête sur une série de vols d'objets historiques. Horwood n'a pas d'autre choix que de remplacer son ancien mentor, le professeur Wheelan, victime d'un accident de voiture, et ainsi prêter ses lumières à une traque infernale et complexe.
Habitué à son confort et à sa routine, il ignore encore qu'il va s'embarquer pour une équipée frénétique et mouvementée au cours de laquelle Benjamin va explorer les recoins cachés des plus grands musées, approcher des collections privées et des trésors insoupçonnés. Cette mission menée dans l'urgence l'expose également à des dangers, meurtres en série, figures fanatiques et autres révélations historiques révolutionnaires qui pourraient perturber la perception académique de sa profession. Mais Horwood est un éternel émerveillé face aux nouvelles connaissances et prend rapidement goût à la tâche.
De plus, son duo avec Karen Holt fonctionne à la perfection. Notre agent spécial est pragmatique et inflexible, notre historien attaché au British Museum est nonchalant et ironique, deux tempéraments opposés qui font pourtant mouche. Les traits d'humour et les taquineries fusent, tandis que la connivence s'installe et donne à la lecture une tonalité printanière très agréable. C'est emporté dans ce même élan que Horwood combine tous les rôles, depuis Robert Langdon à Indiana Jones, en passant par James Bond. Notre dandy érudit charme les foules et masque sa vulnérabilité par des pirouettes... sans totalement tromper la galerie.
Cette tendresse qu'on trouve dans les personnages est la marque de fabrique de l'auteur, sa très grande force, associée à son sens du partage, son goût du romanesque et son instinct à formuler avec justesse des émotions vraies. Il peut à loisir nous raconter une histoire trépidante sur les mystères de la science et de l'Histoire, une histoire qui confronte des théories du passé à de nouvelles prétendument visionnaires, une histoire ésotérique un brin rébarbative et pompeuse... Du moment qu'il compose avec la fantaisie, la fraîcheur, l'humour et l'authenticité, c'est dans la poche !  
Au final, cette lecture n'est pas désagréable à parcourir, l'écoute audio est entraînante, le rythme de l'histoire est endiablé et l'interprétation de David Manet flirte avec l'insouciance et la badinerie pour notre plus grand bonheur. C'est très plaisant à écouter, cela donne de la rondeur et de la joliesse à l'ensemble. En bref, je ne regrette pas du tout d'avoir embarqué à bord de cette escapade effrénée... même si j'ai une petite préférence pour les comédies de Gilles Legardinier, je n'ai pas boudé mon plaisir à le découvrir dans un registre différent. 

Texte lu par David Manet pour Audiolib (durée : 13h 41) - Novembre 2016
©2016 Flammarion (P)2016 Audiolib

 

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