02/09/16

Berezina, de Sylvain Tesson

IMG_6981

« Un vrai voyage, c’est quoi ?
– Une folie qui nous obsède, dis-je, nous emporte dans le mythe ; une dérive, un délire quoi, traversé d’Histoire, de géographie, irrigué de vodka, une glissade à la Kerouac, un truc qui nous laissera pantelants, le soir, en larmes sur le bord d’un fossé. Dans la fièvre…
– Ah ? fit-il.
– Cette année ce sont les deux cents ans de la Retraite de Russie, dis-je.
– Pas possible ! dit Gras.
– Pourquoi ne pas faire offrande de ces quatre mille kilomètres aux soldats de Napoléon ? »

 

Quelle formidable épopée racontée avec panache, émotion et passion ! C'est tout ce qu'inspire le récit fabuleux du road-trip de Sylvain Tesson sur un vieux side-car en compagnie de son ami Cédric Gras, de deux camarades russes et Thomas Goisque, l'ami photographe.

C'est suite à un salon du livre basé en Russie que notre trio un peu fou lance ce projet de rentrer à Paris en suivant les traces des troupes napoléoniennes. Treize jours pour tenir un pari insensé à rouler sur des routes enneigées, par un froid de canard et couvrir la retraite de l’Empereur sur plus de quatre mille kilomètres. L'auteur nous entraîne dans une épopée carnavalesque et réjouissante, entre soif d'histoire et hommage bouleversant. On replonge dans des chapitres oubliés, on revit les batailles enfiévrées et on imagine la détresse de ces Français en déroute, leur lutte acharnée et leur désespoir face à des stratégies militaires proche du suicide. On éprouve aussi un formidable élan d'admiration pour les Grognards qui n'ont rien lâché et ont tout donné jusqu'au bout, malgré les conditions rudes, malgré le froid, la faim et malgré la fuite de Napoléon qui a précipité son retour à Paris en solo. Le moral des troupes est au plus bas, mais ces hommes se démènent pour sauver l'honneur. Une notion au sujet de laquelle l'auteur débat, tout en s'interrogeant sur l'héroïsme et notre capacité aujourd'hui à nous sacrifier pour la nation. Une cause hélas décotée. Il compare alors le génie de Napoléon qui avait réussi à imposer son rêve par le verbe, à étourdir les hommes, à les enthousiasmer et à les associer à son projet. « Il avait raconté quelque chose aux hommes et les hommes avaient eu envie d'entendre une fable, de la croire réalisable. Les hommes sont prêts à tout pour peu qu'on les exalte et que le conteur ait du talent. »

J'ai beaucoup aimé partager cette aventure, en alternant les pages du roman aux épisodes lus à voix haute par Franck Desmedt pour Audiolib. Le comédien livre une performance vivante et captivante, nous donnant l'illusion d'être à bord du side-car (ou presque) et d'être au cœur du récit. C'est passionnant, à dévorer en une bouchée tant on se sent porté par le feu de l'action. Une expérience où le sublime flirte avec le grotesque. Unique. Et fascinant.

 

Texte lu par Franck Desmedt pour Audiolib (durée : 4h 51) - Juillet 2015

Repris en poche chez Folio / Mars 2016

 

Cédric Gras, en bon baroudeur, a également fait l'écho de son récit de voyage à travers la Russie d'Extrême-Orient dans L'hiver aux trousses (Folio, 2016). 

Rien à voir avec les Grognards et Napoléon ! Il s'agit d'une autre quête fabuleuse et folle, qui consiste à partir à “la chasse aux feuilles rouges”. Soit, accompagner l'automne par tous les moyens possible (à pied, en camion, sur des canots ou à bord de remorqueur). Ainsi, des contrées polaires à la mer du Japon, ses pas ont foulé des parcelles méconnues de cette Russie du Pacifique. Une lecture totalement dépaysante ! 

 


29/07/16

Un plus plus loin sur la droite, de Fred Vargas

Un peu plus loin sur la droite audiolib

Assis sur un banc dans un square parisien, Kehlweiler remarque un bout d'ossement humain dans des déjections canines et s'épanche auprès de l'exubérante Marthe, une ancienne entraîneuse, dont la gouaille mordante lui rétorque de ne pas pinailler. Ce serait mal connaître notre homme.
Après des heures d'observation et de réflexion, Louis finit par débusquer une piste conduisant dans un petit port breton, où il se rend avec son crapaud de compagnie et son nouveau complice, Marc Vandoosler, un médiéviste désargenté qui occupe une vieille baraque avec deux autres historiens, Mathias et Lucien, et son oncle Armand, un ancien flic (cf. Debout les morts), également une vieille connaissance de l'Allemand.
Et de nouveau, nos deux compères, friands d'intrigues alambiquées, se perdent en contemplations et autres conclusions aléatoires parmi des locaux revêches ou excessivement conviviaux, qui tenteraient de masquer un crime parfait derrière des bavardages futiles, des passions sordides ou des discussions embrumées dans les vapeurs de l'alcool.
Kehlweiler et Marc sont attentifs aux moindres détails, surveillant les habitudes ambiantes, écoutant les potins, rencontrant les figures de proue, sympathisant avec l'ennemi et réveillant parfois la flamme éteinte d'un premier béguin. 

C'est encore une fois une lecture peu coutumière du genre policier, Fred Vargas y trempe un orteil en brandissant les flonflons, les mystères, les crimes et les soifs de vengeance mais procède à une exécution atypique pour livrer son histoire, qui nous régale par sa dose d'excentricités, sa plume facétieuse et ses personnages insolites. 
Après des débuts lents et précautionneux, l'enquête amorce un virage plus complaisant pour retrouver cette atmosphère si caractéristique de l'auteur. Du charme, de la folie douce, de la finesse, de l'humour et de la subtilité font de cette lecture un rendez-vous excitant. Rien n'est laissé au hasard et, contrairement aux apparences, pas si banal ou pantouflard. Même le dénouement parvient à nous surprendre en nous cueillant là où on ne s'y attend pas. 

Très bonne lecture audio proposée par Philippe Allard, dont il s'agit du troisième enregistrement des ouvrages de Fred Vargas. Son interprétation est impeccable, pleine d'humour et de vivacité, respectant ainsi le registre de l'auteur avec brio, pour une écoute pertinente et très agréable. 

Audiolib, Juin 2016 - Lu par Philippe Allard (durée : 7h32)

 

Posté par clarabel76 à 09:00:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , ,

25/07/16

Le Temps est assassin, de Michel Bussi

Le temps est assassin

Durant l'été 1989, Clotilde passe ses vacances en Corse, sur les terres de la famille de son père. Elle a quinze ans, elle adore La Lambada, Le Grand Bleu et La Mano Negra. C'est une adolescente insouciante, dont le journal intime raconte ses exploits avec une spontanéité rafraîchissante. Sauf qu'au terme de cet été indolent, un accident de voiture va décimer le couple Idrissi et leur fils Nicolas, laissant orpheline la jeune Clotilde.
Vingt-sept ans plus tard, celle-ci est de retour sur les lieux du drame, avec son mari et son adolescente de fille. Son deuil est telle une plaie ouverte, impossible à combler. Aussi est-elle résolue à chasser ses fantômes et crever l'abcès en retrouvant tous les témoins de la tragédie, quitte à mettre en péril ses acquis.
Changement de cap pour l'auteur normand qui nous invite à poser notre serviette de plage sur l'île de beauté et se repaître de son caractère entier et farouche ! La presqu'île de la Revellata, entre mer et montagne, devient le théâtre de passions nombreuses et variées, de celles qui diabolisent une famille sur plusieurs générations, à celles qui ravivent des émotions et déterrent des secrets trop longtemps enfouis.
La construction du roman laisse de nouveau vagabonder notre imagination, entre passé et présent, la vigilance est de mise. Michel Bussi se joue du lecteur avec ses sempiternels chausse-trappes, exprès pour semer le doute et nous balader sur des fausses pistes. La pratique n'est pas nouvelle, mais nous abuse encore et toujours. C'est de bonne guerre.
Cette intrigue à suspense laisse donc entendre que la mère de Clotilde ne serait pas morte, d'après les improbables indices glissés sur son chemin (une lettre signée, un labrador du même nom, la table du petit-déjeuner dressée à l'identique du matin du drame). C'est suffisant pour rallumer la flammèche de l'espoir et l'entraîner sur des sentiers glissants.
Plus Clotilde s'obstine à fouiller le passé, plus ses proches se sentent délaissés et lui font des reproches, auxquels elle reste sourde. En comprenant que l'accident aurait sûrement des origines criminelles, que les apparentes infidélités de sa mère, trop belle et frivole, auraient servi à une triste mise en scène et précipité le drame que l'on sait, Clotilde n'envisage plus de rebrousser chemin mais redoute à plus forte raison de dévoiler la vérité (qui s'annonce à coup sûr poignante et bouleversante). 
Le scénario est certes rocambolesque, mais tient en haleine et participe au sensationnel du récit. Une lecture idéale pour la détente (soleil, vacances, secrets de famille, premières amours et retour aux sources). Tous les ingrédients sont réunis pour concocter une bonne mixture appétissante ! 

 

Texte lu par Julie Basecqz pour Audiolib (Juin 2016) durée : 15h 16

Le temps est assassin | Livre audio

Titre téléchargé sur la plateforme Audible

©2016 Michel Bussi et Presses de la Cité (P)2016 Audiolib

 

Posté par clarabel76 à 09:00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

18/07/16

Le Lagon Noir, d'Arnaldur Indridason

Le Lagon Noir

Retour sur le début de carrière de notre Erlendur, âgé d'une trentaine d'années, alors jeune recrue de la section criminelle à la demande de Marion Briem. Nous sommes en 1979. Le corps d'un homme est repêché dans un lagon, dont les bains sont réputés pour ses vertus thérapeutiques. Cet homme, dont on ignore l'identité, se révèle être un ingénieur islandais, employé à la base américaine de l’aéroport de Keflavik. La police n'obtient aucun accord pour enquêter sur les lieux, mais peut s'appuyer sur l'assistance d'une jeune officier de la base, Caroline, qui prête son concours en dépit des circonstances. La présence de l'armée américaine est perçue comme une intrusion inacceptable aux yeux de la population, Erlendur lui-même ne cache pas ses sentiments politiques sur ce sujet. Mais que ceci ne vienne pas nous détourner de notre chemin. L'affaire Kristvin, un type ordinaire, pas si irréprochable, moins lisse en apparence, au vu de sa consommation de marijuana et la découverte d'une liaison extraconjugale... Un cas autrement plus complexe et torturé, que nos inspecteurs ne manqueront pas de décortiquer. En marge de cette enquête, Erlendur se passionne sur un vieux Cold Case : la disparition d'une jeune étudiante sur le chemin de son école, vingt ans plus tôt. La démarche, personnelle et officieuse, fait naturellement écho au drame que l'on sait. 

Cet épisode aux événements antérieurs complète efficacement la série et apporte une dimension juvénile attachante au personnage d'Erlendur. Ce n'est pas un scoop. L'homme est un éternel solitaire, qui suinte la tristesse et qui protège jalousement ses secrets. Ses collègues ignorent encore tout des démons qui l'habitent, même si on perçoit la fragilité de sa carapace et le début de confiance qui s'installe entre Marion Briem et lui. Les deux intrigues criminelles sont passionnantes, l'une pour le contexte qu'elle révèle (la présence de l'armée américaine, le marché clandestin, la musique rock, les disques, les cigarettes qu'on se refile en douce... et bien entendu une grogne montante chez les insulaires antimilitaristes). La deuxième histoire ne manque pas non plus d'attrait, Cold Case oblige, même si son dénouement me rappelle une autre œuvre classique hyper connue, chut ! ^-^ 

Une ambiance définitivement envoûtante, des histoires poignantes, des destinées qui prennent racine et des personnages qui s'étoffent... Le Lagon Noir a tout pour plaire. La construction alambiquée de cette série, via son procédé de remonter le temps, est judicieuse car elle apporte beaucoup au personnage d'Erlendur ! C'est un roman noir, sans effet de style, simplement construit sur un solide appui et auréolé d'une atmosphère unique, mystérieuse et captivante. Un très bon cru  ! 

Texte lu par Jean-Marc Delhausse pour Audiolib (Juin 2016) durée : 10h 04

Le Lagon noir (Commissaire Erlendur Sveinsson 14) | Livre audio

Traduit de l'islandais (Kamp Knox) par Éric Boury / Titre téléchargé sur la plateforme Audible

05/07/16

La Mariée était en blanc, de Mary Higgins Clark & Alafair Burke

La mariée était en blanc

La productrice Laurie Moran consacre sa nouvelle émission tv à l'affaire de la Mariée envolée. Cinq ans plus tôt, Amanda Pierce, une jeune et belle héritière, disparaît quelques heures avant la cérémonie. Tous les soupçons se portent sur le fiancé - désormais marié à la demoiselle d'honneur - mais les indices sont maigres et ont conduit l'enquête de police vers une impasse. Laurie et ses assistants se passionnent immédiatement pour cette énigme, obtenant de tous les protagonistes une participation pleine et active. Ils vont ainsi tous se réunir à Palm Beach, dans le même hôtel de luxe où était prévu le mariage, et reconstituer les dernières heures d'Amanda d'après les témoignages de ses proches. La tension est palpable, malgré une coopération collective irréprochable. Laurie et son animateur Alex ont conscience des façades trompeuses et traquent la faille dans cette photograhie d'une famille parfaite, entourée de leurs amis décontractés et heureux. 

Le binôme Alafair Burke / Mary Higgins Clark fonctionne encore une fois très bien. L'écriture est simple, efficace, au service d'une intrigue aux rouages bien huilés. On passe un agréable moment à découvrir les ressorts de cette histoire de mariage loupé, où le scénario s'élabore de façon basique, en plantant le décor et en présentant les personnages, tout en glissant des détails troublants pour semer le doute et déjouer les déductions trop rapides. Les chapitres sont courts, bien soutenus, ponctués de rebondissements et de suspense. La recette classique par excellence, avec en bonus des personnages récurrents et des sentiments amoureux qui cherchent un sens. Cela se lit / s'écoute très vite. Idéal pour les vacances ou un weekend de détente. 

Texte lu par Marcha Van Boven (durée : 7h 41) pour Audiolib, mai 2016

La mariée était en blanc | Livre audio

 Traduit de l'anglais par Anne Damour et Sabine Porte pour les éditions Albin Michel.

Disponible en téléchargement sur Audible.

 


18/06/16

Dear You, épisode 1 d'Emily Blaine

Dear_You_4

Audiolib offre le premier épisode de la saga Dear You d'Emily Blaine lu par Jessica Monceau !

Laissez-vous embarquer par les aventures sentimentales de Kat, concierge du célèbre palace Peninsula... A 25 ans, sa vie sentimentale se limite aux petites annonces du New Yorker. Mais un nouveau client arrive à l’hôtel Peninsula où elle travaille : secret et charismatique, pourquoi semble-t-il s’intéresser à elle ?

Les aventures de Kat se déclinent par épisode tous les mercredis jusqu'au 27 juillet. 

Clarabel, recommanderiez-vous le titre Dear you : Épisode 1 à un ami ? 

C'est encore tôt pour recommander ce titre ! Il s'agit d'une courte introduction, qui ne dure que 1 h 38. C'est peu, mais suffisant pour planter le décor et les personnages.

Kathleen est une héroïne lambda, célibataire, loin de sa famille, avec peu d'amis pour lui tenir compagnie, elle consacre tout son temps au boulot et file droit pour satisfaire la riche clientèle du palace où elle est employée. Andrew Blake, lui, veut imposer sa puissance et son assurance, mais honnêtement je l'ai trouvé un parfait cliché sur pattes, avec ses mystères et ses failles en devenir, donc peu convaincant.

L'histoire, pour l'instant, n'accroche pas non plus le lecteur à ses écouteurs. C'est très agréablement lu par Jessica Monceau, mais la ligne générale est assez classique. Il n'y aura pas de grande surprise à attendre dans l'histoire et son dénouement, je suppose. Aussi, je pousserai sans doute la curiosité pour lire la suite, selon mon planning et mes envies, mais rien n'est encore joué ! ^-^

Texte lu par Jessica Monceau (durée : 1h 38) pour Audiolib, juin 2016

>> disponible en téléchargement gratuit sur Audible

Dear you : Épisode 1 | Livre audio

Posté par clarabel76 à 09:00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

31/05/16

Mariachi Plaza, de Michael Connelly

Mariachi Plaza Audiolib

Je transgresse mon principe de précaution en lisant la dernière aventure de Harry Bosch, faisant ainsi un bond dans le temps pour retrouver notre ami proche de la retraite, cantonné au service Cold Case, et qui s'accroche à son poste comme un forcené pas pressé d'être rangé au placard. Pour l'occasion, il doit superviser la formation d'un récent transfert, Lucia Soto, la gloire montante de la police, tout juste auréolée de la médaille du mérite pour sa bravoure lors d'une fusillade au cours de laquelle son collègue a trouvé la mort. Pour couronner les premiers pas du jeune prodige, les deux enquêteurs sont chargés du dossier Orlando Merced, un mariachi qui vient de succomber à ses blessures, dix ans après les faits qui avaient fait grand bruit (un échange de coups de feu sans explication et des tonnes de supputations inabouties). L'autopsie a permis de retirer la balle traîtresse et de lancer les policiers sur un début de piste. Cette affaire sera rapidement complétée par un autre Cold Case concernant un incendie criminel impliquant des enfants, dont Lucia quand elle était gamine. Ce drame terrible n'a jamais cessé de la hanter. Aussi profite-t-elle de sa fraîche promotion pour tirer au clair son passé obscurci par des cauchemars. De fil en aiguille, les deux enquêtes vont se télescoper et apporter de l'ampleur à la lecture qui manquait un peu de tonus depuis sa mise en route. La conduite de l'intrigue renoue ensuite avec la mécanique routinière en servant les rebondissements d'usage et en gonflant le rythme au fil des chapitres, car ces retrouvailles avec Harry Bosch collent sans surprise au standard de la série et sont ni plus ni moins ordinaires. J'apprécie toujours autant les clins d'œil, les blagues entre initiés et Matthew McConaughey (bien  meilleur que Clint Eastwood). La fin est juste excellente et s'inscrit en point d'orgue dans le parcours de notre Super Harry Bosch, ce qui présage un prochain tome à contre-courant des attentes habituelles (il faut lire le résumé de The Crossing pour s'en convaincre et s'émoustiller du retour de Mickey Haller). Chic !

Texte lu par Jacques Chaussepied pour Audiolib, mai 2016 (durée : 12h 50)

Traduit par Robert Pépin (The Burning Room) pour les éditions Calmann Lévy

Mariachi Plaza (Harry Bosch 20) | Livre audio

©2014 / 2016 Hieronymus / Calmann-Lévy. Traduit de l'anglais par Robert Pépin (P)2016 Audiolib

👾.👾.👾.👾.👾.👾

Voir Clint Eastwood incarner Terry McCaleb dans Créance de sang et Matthew McConaughey jouer Mickey Haller dans La Défense Lincoln vous a gêné pour écrire leurs autres aventures ? - J’avais peu écrit sur eux avant leur adaptation. Clint a totalement obscurci l’image de Terry dans ma tête. Matthew… Il est tellement bon que je le vois maintenant quand j’écris les livres sur Mickey Haller mais ça ne me gêne pas.

Article paru dans Studio Ciné Live – Hors-série n°29 – Avril 2015

 

05/05/16

Lontano, de Jean-Christophe Grangé

LONTANO CD

Convoqué par son père, une barbouze aux bras longs, Erwan Morvan se rend en Bretagne pour enquêter sur l'issue tragique d'un weekend d'intégration - un jeune élève d'une école militaire a trouvé la mort dans des circonstances douteuses. Les révélations du dossier font peu à peu renaître le spectre de l'Homme-Clou, un ancien tueur en série arrêté dans les années 70 par Morvan père en Afrique. Alors que les victimes s'enchaînent, la signature se confirme et le vieux règlement de comptes pointe également son museau. Mais dans Lontano, c'est aussi une histoire de famille dont il est question. Le clan Morvan dans toute sa superbe. Un clan brouillon, déglingué et pas franchement attachant. Le père règne en maître et se prend pour un chef mafieux. La mère reçoit ses coups sans moufter. Erwan obéit aux injonctions du père qui joue avec sa carrière de flic. Loïc, devenu un richissime trader, est camé jusqu'à l'os, englué dans un divorce. Gaëlle, la cadette, après un long combat contre l'anorexie et des séjours à l'hôpital, perpétue sa rébellion en vendant son corps dans les palaces, dans l'attente de percer au cinéma. Ce piètre tableau de famille dévoile sans surprise des liens distendus et usurpés, où l'on se ment et on triche, couche avec la femme du frangin, joue avec les sentiments, etc. Malgré tout, le clan ne cède rien dès qu'un des leurs roule hors-piste. La cavalerie accourt et applique ses méthodes non conventionnelles. Les rangs se resserrent, laissant apparaître un semblant d'affection sincère, mais les non-dits continuent de flotter dans l'air. D'où Congo Requiem (Albin Michel, mai 2016).

Ma lecture de Lontano n'a pourtant pas été un long fleuve tranquille, puisque j'y ai trouvé des longueurs, des tacles répétitifs contre la politique, un ton péremptoire qui semble donner son avis sur tout, oui, parfois Lontano s'égare... La fin aussi est beaucoup trop rapide. Le Mal est éradiqué stupidement, avec un grand ménage dans les règles de l'art, tout ça après un  marathon de 777 pages ou 23h 48 en livre audio ! Cela aurait pu être fignolé. De même, une œuvre plus condensée aurait permis une intrigue plus intense et une lecture encore plus percutante. Mais je chipote, car je lirai bien évidemment le prochain roman avec avidité. Direction le Katanga !

Texte lu par Hugues Martel pour Audiolib (23h 48) - Octobre 2015 / Albin Michel, 2015

Techniquement, Hugues Martel, comédien de son état, a mis à profit son timbre grave pour lire cette histoire abracadabrante de magie yombé, de vendetta personnelle et de secrets familiaux. Espérons qu'il reprendra du micro pour la parution prévue en juin prochain de Congo Requiem pour Audiolib.

 

Quel Tea-Timer êtes-vous ?

J'ai participé au jeu-concours organisé par AudiolibLa Thé Box

impliquant mes trois passions : le thé, le polar et le livre-audio ! 

Et youpi, j'ai gagné ! ^-^

IMG_6236   IMG_6237

IMG_6238

Un grand merci pour toutes ces saveurs & découvertes ! #La Thé Box 

 

En avril Audiolib s’associe à La Thé Box pour vous faire déguster d’excellents polars autour de thés bien noirs !

On a tous un Tea-Timer qui sommeille en nous. Alors serez-vous plutôt thé noir ou thé au jasmin ? Opterez-vous pour un polar sanglant où une torture psychologique ?

Pour connaître votre profil de Tea-Timer faites le test et vous serez peut être tiré au sort parmi tous les participants pour remporter l’une de nos Thé Box spéciale polar et thé noir !

 

Posté par clarabel76 à 08:50:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

20/04/16

Carnets noirs, de Stephen King

CARNETS NOIRS

Bill Hodges est de retour ! Flic à la retraite, reconverti détective pour tromper son ennui, l'homme a pris part à l'arrestation de Mr. Mercedes et se retrouve à nouveau impliqué dans une traque infernale en compagnie de ses fidèles assistants, Holly et Jerome. Mais ne précipitons pas notre affaire, car le trio intervient assez tardivement dans l'histoire, laquelle nous a d'abord introduit un pauvre type frustré, qui déboule chez son auteur préféré, l'arme au poing, pour faire main basse sur le contenu du coffre-fort et saisir sa collection de carnets noirs. Morris Bellamy est en effet obsédé par la série à succès de John Rothstein, celle des aventures de Jimmy Gold, bouclée en trois tomes, et dont la fin n'a absolument pas convaincu notre lecteur assidu. Ayant pris connaissance de l'existence d'une suite, cachée, le gars a craqué et perdu tout contrôle. Envoyé en prison, il passera des années à rêver de son trésor enfoui. Seulement voilà, la malle a été découverte par un gamin, Peter Saubers, considérant là une véritable aubaine pour sauver ses parents de la banqueroute. 

Après cette brillante entrée en matière, lente, longue, pointilleuse et nécessaire, on retrouve les rouages d'une littérature policière assez classique, où l'auteur excelle à planter une ambiance et esquisser des personnages désaxés franchement inquiétants. Une fois tous ces éléments en place, il est facile de se fondre dans la lecture et d'en suivre la cadence imposée. La lecture audio est également agréable et envoûtante (même si le défaut d'Antoine Tomé reste et demeure son interprétation des voix féminines beaucoup trop crispante). Ce sont ainsi 14 heures d'écoute palpitante et entraînante. Il faut dire ensuite que l'histoire sert ici d'exutoire au concept de la création littéraire, la barrière entre le lecteur et l'auteur, la fascination obsédante des fans, le pouvoir de l'imaginaire, l'étincelle nécessaire pour inventer et embarquer un public (un bon lecteur ne fait pas forcément un bon auteur). Ce retour sur le pouvoir de la fiction, près de 30 ans après Misery, pointe ainsi du doigt tous les changements et les comportements de notre société en mal de sensations... Par contre, l'auteur s'est de nouveau planté dans son dénouement, expédié trop rapidement et sans grande surprise. Seule la brève apparition de Barry Hartsfield sert de teasing racoleur et troublant. 

Texte lu par Antoine Tomé pour Audiolib, Avril 2016 (durée : 14h 39)

Traduit par Océane Bies & Nadine Gassie pour les éditions Albin Michel (Finders Keepers)

Challenge ABC Policier Thriller Challenge ABC Policier Thriller Challenge ABC Policier Thriller