05/09/17

La Maison des hautes falaises, de Karen Viggers

la Maison des hautes falaisesKaren Viggers est un auteur que je souhaitais découvrir depuis un moment, car je prévoyais une lecture riche en évasion, à l'instar des romans de Victoria Hislop. Le changement d'air est bien au rendez-vous - direction un coin paumé d'Australie, au bord de l'océan - par contre, l'histoire réserve des émotions contradictoires. On fait en effet la connaissance de deux personnages qui traversent l'existence en léchant leurs plaies mais qui refusent de s'épancher pour mieux chasser leurs vieux démons. Ils préfèrent, au contraire, les bichonner et les garder sous le coude. D'un côté, Lex avait une brillante carrière d'animateur et une vie de couple épanouissante, jusqu'à la perte tragique de son enfant. La soupape de sécurité ayant explosé, l'homme a tout plaqué pour s'installer dans un village de pêcheurs, à l'abri des regards. Un jour, il croise la route de Callista, une artiste locale, qui mène une vie de bohème. Elle aussi possède un passé parsemé de zones d'ombres, qu'elle préserve jalousement. Ces deux-là ont un coup de foudre. Ils vivent l'instant présent sans peur du lendemain, mais ne dévoilent rien de leurs fantômes. C'est dit comme ça, mais au fond c'est carrément borderline, et toute l'histoire ne cessera d'en faire la démonstration. Les personnages eux-mêmes ont conscience de leurs “émotions bordéliques”. Ce sont tous deux des êtres fêlés, handicapés sentimentalement, paralysés par le lâcher prise. Et bon sang comme c'est lourd à absorber ! J'ai eu beaucoup, beaucoup de mal à suivre leurs dérives et à cerner leur valse des hésitations. Tout est trop compliqué et accablant. Malgré tous mes efforts, je n'ai pas su m'attacher à Lex et Callista. Leur histoire est longue et lente à se déployer -  trop d'atermoiements, aucune perspective rayonnante, et cerise sur le gâteau, une interminable séance de sauvetage de baleine en guise de dénouement ! Débroussaillez tout ça et vous obtenez un roman bien amer, un poil mélodramatique, sur fond de douce sérénade mélancolique... 

Valérie Marchant, lectrice pour Audiolib, sauve les meubles par son interprétation sensible et agréable à l'oreille. Car si le roman décline effectivement son ode à la nature et à l'océan, il manque cruellement de vigueur à nous transporter dans le parcours de vie des deux protagonistes. De la délicatesse, de la beauté et de la poésie... certes, mais l'envolée romanesque peine à décoller ! Une déception, donc.

©2016 / 2008 / 2017 Karen Viggers / Éditions les Escales, un département d'Edi8 / Audiolib. Traduit par Aude Carlier

(P)2017 Audiolib - Texte lu par Valérie Marchant (durée : 12h 39)

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04/09/17

Au fond de l'eau, de Paula Hawkins

Au fond de l'eauEn retournant s'installer dans la ville de son enfance, à Beckford, Nel avait pour ambition d'écrire un livre sur la légende du « bassin des noyées » - un bras de rivière où des jeunes femmes se donnent la mort dans des circonstances douteuses. Or, c'est finalement le corps de Nel qui va être repêché et c'est sa sœur Julia qui doit répondre aux questions de la police. Pourquoi n'a-t-elle pas voulu lui répondre le soir où celle-ci a cherché à la joindre désespérément ? Julia n'ose pas assumer sa lâcheté, et encore moins fouiller dans son passé pour remonter aux sources du confit. Pourtant, Lena, la fille de Nel, exige des explications et ne laisse aucun répit à Julia. Adolescente revêche et secrète, Lena porte déjà le deuil de sa meilleure amie, dont la disparition est survenue quelques mois plus tôt, au même endroit. De son côté, la police n'a pas de mot pour exprimer le choc de ces drames en cascade et ne souhaite guère alimenter les vieilles rumeurs. Aussi, l'enquête va-t-elle se dessiner lentement et ne pas constituer le point de mire de la lecture. C'est avant tout une ambiance qu'on appréhende, une ambiance énigmatique et étouffante, empreinte d'amertume, de non-dits et de malédiction. Il y a en effet toute une galerie de personnages qui vont intervenir dans le courant de l'intrigue, chacun exprimant son opinion, confiant avec parcimonie ses secrets, ce qui va permettre de dénouer progressivement les fils du canevas. Un procédé, ma foi, efficace, même si l'assemblage semble en apparence sinueux, tout est ajusté au centimètre près. Par contre, on n'y trouve pas une action échevelée, ni du suspense à foison, ici place à une tension psychologique redoutable, qui pique sournoisement. Ce deuxième roman de Paula Hawkins fait donc montre de subtilité et de délicatesse dans sa construction, son atmosphère et sa palette d'émotion, ce qui a eu le bonheur de me distraire. Je n'en espérais pas davantage - huis clos, cachotterie, mythe et vengeance. C'était tout bon.

En bonus, le format audio offre également un casting de choix, avec pas moins de cinq comédiens pour donner du corps à ce roman polyphonique et ainsi parfaire une mise en scène aux petits oignons. Cette multiplication des rôles est tout à l'avantage du roman ! En effet, chacun apporte sa propre sensibilité au personnage qu'il joue, non seulement cela évite les cafouillages ou les confusions, mais cela offre une identification plus claire, une vision personnelle et une proposition distincte selon l'expérience des uns et des autres. On avance ainsi plus aisément dans l'écoute, en plus de donner l'illusion d'une performance théâtrale, ce qui est quelque part excitant. Le tout est aussi d'une grande sobriété, au vu du cadre dramatique, on baigne dans un contexte grave et poignant. On n'en espérait pas moins d'Audiolib, qui avait déjà proposé une excellente interprétation de La fille du train par son choix des trois actrices. “Au fond de l'eau” se révèle un très bon titre, et une très bonne écoute, au service d'une histoire ordinaire et néanmoins fascinante.

©2017 Paula Hawkins / Sonatine Éditions pour la traduction française

(P)2017 Audiolib / Texte lu par : Julien ChateletMarie-Eve DufresneClémentine DomptailIngrid DonnadieuLola Naymark (durée : 11 h 07)

La terre brûlée (L'Épreuve 2), de James Dashner & lu par Adrien Larmande

L'epreuve la terre bruléeAprès le final inattendu du Labyrinthe (L'Épreuve 1), j'étais curieuse de connaître la direction qu'allait prendre la série. Aussi n'avais-je absolument rien anticipé quant au contenu de ce deuxième tome et l'ai-je entamé avec beaucoup d'espérance.

Le roman s'ouvre pourtant sur une perspective assez glaçante, avec des personnages dans une situation qui rappelle du déjà-vu, d'où ma crainte d'avoir la répétition du même cauchemar. Heureusement, l'histoire bascule. Et les esprits sont de nouveau brouillés, les enjeux relancés, les vies confrontées à de nouvelles épreuves qui ne dévoilent rien du but ultime. Thomas comprend que leur liberté fraîchement acquise n'est qu'un leurre et qu'ils sont toujours en sursis. Face à la menace d'un virus mortel, ils doivent donc quitter leur laboratoire et regagner la surface de la terre. La réalité y est cependant effroyable - le monde est ravagé par une chaleur caniculaire, la nature est cramée, seuls quelques gangs survivent mais sont souvent en proie à une folie meurtrière. C'est dans ce chaos sans nom que Thomas et ses camarades vont avancer et prendre connaissance des rôles qui leur ont été attribués pour tester leurs aptitudes. Ils vont également découvrir qu'ils sont en compétition contre un groupe de filles, qui compte maintenant Teresa parmi leurs rangs, et qu'elles ont pour principale mission d'éliminer Thomas. 

Eh oui, ce deuxième tome est riche en émotion et en suspense ! J'ai beaucoup apprécié retrouver le format audio pour explorer cette série. C'est toujours Adrien Larmande, autrement dit la voix française de Thomas (Dylan O'Brien), qui lit le roman de James Dashner, et ce avec une grande efficacité. On plonge immédiatement dans l'ambiance, on partage les doutes et les interrogations, on se perd dans le dédale des péripéties et on absorbe le choc des trahisons avec stoïcisme. C'est diablement bien fait, avec un potentiel addictif insoupçonné. De quoi attiser le désir de lire le troisième tome au plus vite !

©2010 / 2013 James Dashner / Éditions Pocket Jeunesse, Univers Poche. Traduit par Guillaume Fournier

(P)2017 Audiolib - Texte lu par Adrien Larmande, la voix française de Thomas au cinéma. Durée : 9h 12

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01/09/17

Jusqu'à l'impensable, de Michael Connelly

Jusqu'à l'impensableÀ force de tirer sur la corde, en usant de méthodes arbitraires pour résoudre ses petites enquêtes, Harry Bosch a été poussé à la retraite, avec un sérieux  blâme à la clef. Profitant de cette période de flottement, son demi-frère, l'avocat Mickey Haller, lui demande de remplacer son enquêteur au pied levé, suite à un étrange accident de moto. Haller a besoin de lui pour prouver l'innocence de son client, accusé d'un crime qu'il jure n'avoir pas commis. Forcément, Bosch fait la grimace - ce n'est pas éthique de soutenir la défense après des années passées au LAPD. S'il franchit la ligne jaune, il n'y aura plus de retour possible. Bosch n'étant toutefois plus à une contradiction près accepte de rencontrer Da Quan Foster, puis de jeter un œil à son dossier avant de farfouiller à droite et à gauche. Très vite, notre amateur de jazz et de justice flairera un parfum douteux autour de cette affaire qui fait bizarrement tomber les suspects, les enquêteurs et les rares témoins... 

Encore un très bon épisode de la série, laquelle s'apprécie à sa juste valeur, et davantage si l'on suit chronologiquement la parution des romans ! Bosch s'embarque donc dans une énième enquête semée de coups fourrés et de révélations sordides, selon un schéma classique mais conduit avec efficacité. J'ai beaucoup aimé. Ce sont presque 12 heures qui défilent dans nos oreilles, à écouter le comédien Jacques Chaussepied, lequel incarne désormais un Bosch à jamais cabochard et allergique à toute forme de corruption. Un rendez-vous qui ne déçoit pas les attentes, et qui me laisse dans l'expectative d'une prochaine collaboration entre les deux frangins. Une combinaison toujours réjouissante.

©2015 / 2017 Hieronymus, Inc. / Avec l'accord de Little, Brown and Company, Inc. / Calmann-Lévy. Traduit par Robert Pépin

(P)2017 Audiolib - Texte lu par Jacques Chaussepied (durée : 11h 50)

 

08/07/17

Did I Mention I Love You ?, de Estelle Maskame & lu par Astrid Roos

Did I Mention I Love YouAprès cinq longues années de silence, le père d'Eden refait surface dans la vie de la jeune fille pour l'inviter à passer l'été à Santa Monica où il vit désormais avec Ella et ses trois garçons. De prime abord, la jeune fille se montre polie et complaisante, alors qu'elle bout intérieurement de colère et de frustration. Mais il fallait qu'elle s'éloigne de Portland et de ses petits tracas au plus vite, d'où son arrivée en Californie. Contre toute attente, on lui réserve un accueil chaleureux et convivial. Eden se fait également de nouvelles amies sur place. Seule ombre au tableau : Tyler, le fils aîné de sa belle-mère. Particulièrement ingérable et refusant toute autorité. Eden le trouve aussitôt détestable et agaçant, avant de le suivre dans ses périples nocturnes et dépasser les limites autorisées. Elle, si sage et exemplaire... bascule dans la spirale des fêtes alcoolisées et des mensonges éhontés. Comble de tout, Tyler et Eden se découvrent une attirance réciproque et n'hésitent pas à l'assouvir. WTF.
Au fil de mon écoute, j'avoue avoir ressenti un sentiment proche de l'accablement. En effet, l'histoire collectionne tous les clichés du genre et m'a souvent fait dresser les cheveux sur la tête. J'ai flairé le parfum du scandale improbable, soupiré devant l'étalage des facilités et retenu des hoquets de mécontentement en découvrant l'enchaînement des drames aussi futiles que vains. Je me sens trop vieille pour adhérer à de telles sornettes mais j'étais curieuse de découvrir ce que l'on nous présente comme la “série phénomène” aux 4 millions de hits sur Wattpad. La parade est facile, la lecture sommaire et distrayante - agréablement lue par Astrid Roos dont j'apprécie beaucoup la diction et l'interprétation, cf. Tu comprendras quand tu seras plus grande. Le rendez-vous est gentillet, et puis ça baigne dans une ambiance estivale affriolante. Pour qui affectionne les romances faciles et légères, cette série affiche une potentiel addictif certain

©2015 / 2016 Estelle Maskame / Éditions Pocket Jeunesse. Traduit par Maud Ortalda

(P)2017 Audiolib / Lu par Astrid Roos (durée : 8h 55)

 

 

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05/07/17

L'Île de l'oubli : dans l'univers des Descendants, de Melissa de la Cruz & lu par Nancy Philippot

DESCENDANTS 1Il y a vingt ans, tous les Méchants des contes de fée ont été bannis du royaume d'Auradon et condamnés à vivre sur une île, où ils sont maintenus prisonniers par une force magique. Exit Cruella d'Enfer, Maléfique, la Méchante Reine, Jafar et compagnie... Leurs héritiers ont ainsi grandi en n'ignorant pas les méfaits de leurs parents et en veillant à toujours combler leurs attentes les plus viles et féroces. Seulement, à vouloir susciter à tout prix la petite flamme de fierté dans la prunelle de leurs géniteurs, ils se heurtent souvent à un mur de colère froide et rageuse.

Ainsi, Mal n'a pas d'autre espoir que de subir le dégoût las de sa mère Maléfique, qui ressasse sa déception et son peu d'espoir dans les capacités de sa fille. En guerre contre la Méchante Reine, elle cultive une haine farouche entre leurs enfants, dont la jeune Evie est la victime collatérale. Cette dernière a pourtant grandi dans une bulle d'ignorance, auprès d'une mère vieillissante et obsédée par son image. Elle ne se doute donc pas d'être la cible privilégiée du plan de vengeance de Mal et essuie ses remarques sarcastiques (“bleu canard”) en raison de son look azur. Les filles vont cependant s'allier pour parvenir à retrouver l'œil du Dragon, caché dans une mystérieuse Forteresse Interdite, et rendre aux insulaires la magie dont ils ont été privés depuis des années. Pour bien faire, elles vont s'entourer de l'aide de Jay, fils de Jafar, et de Gaston, fils de Cruella. 

N'étant pas particulièrement friande de la “magie de Disney”, j'ai été agréablement surprise par cette lecture limpide et distrayante, qui s'écoute en moins de 6 heures et qui offre aussi un parfait moment d'évasion autour d'un univers que les amateurs de Disney Channel ont reconnu et fortement apprécié. Melissa de la Cruz a ravivé les souvenirs des classiques de Disney en convoquant les méchants les plus célèbres et a créé une suite avec des personnages, certes, stéréotypés mais aux liens très étroits. On croise aussi le fils de Belle et la Bête, Ben, accablé par sa charge de futur souverain, désireux de revoir certains interdits... au risque de chambouler l'équilibre de l'île. 

J'ai bien aimé l'idée générale de mettre en scène les Descendants, l'ambiance fantastique et la parfaite coordination de l'intrigue. Cela se lit - et s'écoute - avec un plaisir étonnant. C'est frais, sans prise de tête. La voix de Nancy Philippot est également très agréable à l'oreille. Une série que je conseille à vos enfants (dès 10-12 ans).


Lu par Nancy Philippot : la voix de Mal dans les films Descendants.

©2015 / 2017 Melissa de la Cruz / Hachette Livre / Disney Enterprises, Inc. Traduit par Brigitte Hébert

(P)2017 Audiolib. Durée : 5h 25

 

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La Rivière à l'Envers, de Jean-Claude Mourlevat

la riviere a l'enversTomek est un jeune orphelin de 13 ans, qui vit et travaille dans une petite épicerie toute simple, lorsqu'il rencontre pour la première fois la jolie et mystérieuse Hannah. Celle-ci lui annonce être en quête d'une eau rare, puisée d'une rivière qui coule à l'envers, et qui empêcherait de mourir. La jeune fille lui achète un sucre d'orge et repart aussitôt en mission, laissant le garçon hagard et sonné. Tomek vient de prendre conscience du ronronnement de son existence, il est donc décidé de partir à son tour pour trouver la rivière à l'envers, et ainsi retrouver la jolie Hannah. En chemin, le garçon s'égare toutefois dans la Forêt de l'Oubli, traverse le village des Parfumeurs, multiplie les rencontres et débarque sur l'Île Inexistante. Autant de lieux et de situations improbables pour un voyage aussi miraculeux que fabuleux ! 

La deuxième partie de l'histoire donne à lire le parcours de la délicieuse Hannah, depuis son enfance jusqu'à son départ pour débusquer la fameuse rivière Qjar, sa rencontre avec Tomek, leurs routes tracées en parallèle pour atteindre le même but, leurs rendez-vous loupés et leurs brèves retrouvailles... L'épopée est certes formidable, pleine de surprises, de rebondissements et d'étonnements, à jamais débordante de riches trouvailles et d'une imagination exubérante. Seulement, la partie consacrée à Hannah peine à se renouveler mais, comme elle appartient à un ensemble indissociable, elle se lit également avec plaisir et fait penser à un conte enchanteur, tout en souffle et en évasion. L'effet est ravissant, la lecture totalement dépaysante.  

J'ai également beaucoup apprécié vivre cette plongée émerveillée dans l'univers de Jean-Claude Mourlevat, en écoutant l'auteur me raconter lui-même son histoire. C'est un exercice auquel il excelle, cf. La ballade de Cornebique ou La Troisième Vengeance de Robert Poutifard, et qui réserve une expérience exaltante, pleine de fantaisie et de tendresse, mais aussi de mystères et de parfums. Une lecture qu'affectionneront les plus jeunes, dès 10-12 ans. 


Cette édition regroupe les tomes 1 (Tomek) et 2 (Hannah) de La rivière à l'envers.

Texte lu par Jean-Claude Mourlevat (durée : 6h 56) pour Audiolib

©2000 / 2002 / 2016 Éditions Pocket Jeunesse / Univers Poche (P)2017 Audiolib

 

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La Quête d'Ewilan #2 : Les Frontières de glace, de Pierre Bottero & lu par Kelly Marot

EWILAN 2Après une découverte réjouissante de la série, cf. D'un monde à l'autre, voici déjà le deuxième volume de La Quête d'Ewilan ! 

Une courte introduction permet de remettre le lecteur dans le bain en rappelant le parcours de la jeune Camille, assistée de son ami Salim, tous deux lancés dans une aventure extraordinaire, basée dans un univers parallèle. La jeune fille a ainsi découvert ses vraies racines et son rôle dans un destin dont elle ne soupçonnait guère l'importance. Des ennemis, Ewilan en rencontre à la pelle. Mais heureusement, elle ne manque pas d'alliés pour affronter les multiples dangers ! 

J'ai de nouveau pris un plaisir fou à m'embarquer dans cette lecture, à écouter l'actrice Kelly Marot (la voix française de Jennifer Lawrence) nous raconter cette histoire au souffle épique ébouriffant. L'action est dense, les périples s'enchaînent, l'adrénaline ne faiblit jamais. C'est palpitant, sans cesse dans le mouvement, à la fois tourbillonnant et constructif.

Les personnages forment également un groupe soudé auprès de leur petite protégée. On y reconnaît les figures loyales et déterminées d'Edwin Til' Illan, le fringant maître d'armes, de Bjorn et du vieux Duom, sans oublier Ellana, la belle et fascinante Marchombre, auxquels viennent s'ajouter deux nouvelles recrues - Artis Valpierre, un Rêveur de la confrérie d'Ondiane, et Chiam Vite le Faël. Au-delà de la tension palpable, on sent une véritable complicité au sein de notre fine équipe. Les blagues fusent, les clins d'œil sont appuyés et les petits cœurs parfois s'emballent au-delà du raisonnable.

Petit à petit, la série enrichit son monde et peaufine son intrigue. De mon côté, le charme ne cesse d'opérer. J'attends déjà avec impatience la prochaine parution de la suite des aventures d'Ewilan (probablement en fin d'année, courant novembre 2017).

Série : La Quête d'Ewilan, Livre 2 - Lu par  Kelly Marot (durée : 6h 17)

©2003 / 2006 Rageot Éditeur, Paris (P)2017 Audiolib

 

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27/06/17

Le Cri, de Nicolas Beuglet

LE CRIConvoquée en pleine nuit pour superviser la mort suspecte d'un patient de l'hôpital psychiatrique de Gaustad, près d'Oslo, l'inspectrice Sarah Geringën découvre une scène saisissante d'effroi - un type étranglé, la bouche ouverte dans un cri muet, une cicatrice sur le front - scène sur laquelle la direction aurait souhaité ne pas attirer l'attention de la police. Trop tard pour reculer. Sarah déterre rapidement des détails troublants, qui vont la lancer dans une enquête frénétique et haletante. Elle est bientôt rejointe par Christopher, un journaliste français, forcé de se mouiller pour sauver sa famille prise en otage par un vieil homme souffreteux. Celui-ci réclame vengeance et réponse aux nombreuses tortures endurées dans le plus grand secret, vraisemblablement sous le couvert de la science, et avec la complicité de la CIA. Plus le duo avance dans ce dédale infernal, plus il se heurte à des révélations qui dépassent l'entendement.

De son côté, le lecteur est lui aussi emporté par leur élan et participe aux recherches en adoptant le rythme trépidant, car tout va très, très vite. L'auteur alimente son intrigue de nombreuses séquences mouvementées, avec une multitude de rebondissements, et entraîne son lecteur dans cette agitation ambiante sans lui laisser le temps de souffler. Cette volonté d'aller vite pousse à enchaîner les chapitres et de se mettre au diapason de cette course effrénée. C'est tout à fait la même recette qu'un roman de Dan Brown, entre nous, tout est parfaitement huilé et mis au point pour titiller l'intérêt du public en le saucissonnant sur place pour connaître la suite du programme. Mais une fois cette exaltation passée, j'avoue m'être un peu lassée de la longue cavale des deux protagonistes. On slalome entre leur quête interminable et les théories fumeuses exhumées de leurs recherches... Le schéma classique mais monotone. De plus, les personnages sont creux, ne renvoient aucun charisme et s'éprennent l'un de l'autre de façon absurde et convenue. Mon enthousiasme du début a finalement été un peu douché.

J'ai donc apprécié la forme globale, la perspective d'une lecture de pure distraction, au rythme entraînant, même si son contenu n'a pas éveillé chez moi un vif intérêt. Olivier Prémel livre également une très bonne performance, vigoureuse et convaincante, qui rend l'écoute scotchante. L'univers de Nicolas Beuglet est lui aussi imprégné de nombreuses influences - on pense à Dan Brown, mais aussi à Bernard Minier - de quoi séduire les amateurs du genre. À défaut d'être originale, la lecture est finalement addictive.

Texte lu par Olivier Prémel (durée : 13h 51) - ©2016 XO Éditions (P)2017 Audiolib


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12/06/17

Le Secret du mari, de Liane Moriarty

Le secret du mari AudiolibEn fouillant dans son grenier, Cecilia découvre par hasard une lettre testamentaire écrite par son mari. Surprise, puis curieuse, elle cherche à comprendre, à résister à l'envie de l'ouvrir pour la lire, puis finit par interroger le concerné. La réaction de celui-ci ne finira pas de la surprendre...
Tess apprend de la bouche de son époux qu'il est tombé amoureux de Felicity, sa cousine. Blessée, mais surtout vexée, la jeune femme plie bagage et part avec son fils chez sa mère. En inscrivant Liam à l'école de son enfance, elle tombe également sur Connor, son premier amour...
Rachel, vieille femme aigrie par la vie, est désabusée d'apprendre que son fils, sa femme et leur garçon quittent le pays pour New York où sa bru vient de décrocher un nouveau poste. C'est surtout sa séparation avec Jacob, son petit-fils, qui la meurtrit au plus haut point. Cela exacerbe également les souvenirs jamais éteints de la perte de sa fille, assassinée trente ans plus tôt. Son crime laissé impuni, Rachel n'a jamais cessé de spéculer sur l'identité du coupable, se méfiant de tous, accusant non sans honte, souffrant d'être incomprise, ruminant sa vengeance...

Ainsi, ce roman brasse et embrasse trois destinées de femmes bousculées par la vie, acculées dans leur coin, forcées de tout remettre en question et relancer leur fortune. À l'instar de Petits secrets, grands mensonges, le suspense est savamment distillé et donne à lire un roman où chaque lien est inextricablement noué, avec du fil invisible, car on ne voit généralement venir la répercussion qu'au détour d'un chapitre, ou dans les dernières pages du livre, dans un dénouement chaotique et fracassant.
Dans ce roman, Liane Moriarty se montre également plus grave en évoquant des sujets comme le deuil, le poids de la culpabilité, les secrets de famille, le sentiment de trahison, l'adultère et la rédemption. L'émotion est palpable, le désarroi des personnages contagieux. On ressent toute la solennité du roman, son aura dramatique et bouleversante. Implicitement, cela se lit avec beaucoup de retenue et de compassion. 
Contrairement aux promesses vendues, je n'ai pas trouvé ce roman pétillant ou plein d'humour, mais plein de délicatesse, incitant aussi à la réflexion autour de thèmes d'une grande humanité. La lecture faite par Nathalie Hugo est impeccable dans ce registre. De la sincérité, de la sensibilité, de la justesse. C'est tout bon. 

©2015 Albin Michel / Traduit par Béatrice Taupeau

(P)2017 Audiolib / Texte intégral lu par Nathalie Hugo (durée : 12h 06)

 

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