30/09/15

Boomerang, de Tatiana de Rosnay (lu par Julien Chatelet)

Boomerang

Relecture à l'occasion de sa sortie au cinéma.

De retour sur Noirmoutier, l'île de leurs vacances, Antoine et sa sœur Mélanie se rappellent leur enfance et l'époque heureuse où leur mère était encore avec eux. Celle-ci, foudroyée par une rupture d'anévrisme, a laissé un trou béant dans leur famille où chacun s'est appliqué à ne plus l'évoquer. Sur la route du retour, alors que Mélanie s'apprête à lui révéler un secret, l'accident survient et le laisse dans l'ignorance. Antoine comprend, néanmoins, que le temps est venu de fouiller dans son passé pour être en paix avec sa vie d'homme, aujourd'hui, brisé. Abattu par son divorce, par ses enfants qui grandissent trop vite et qu'il ne comprend plus, Antoine est un homme défait. Sa rencontre avec la mystérieuse Angèle Rouvatier, qui s'offre à lui sans retenue, sera un autre élément déclencheur vers cette quête absolue de vérité et la traque des vieux démons.

Honte sur moi, j'avais complètement oublié cette histoire, lue en 2009, et ne me souvenais plus de son atmosphère pesante et macabre (cf. la scène dans le TGV). Par contre, j'avais en mémoire la personnalité peu amène du héros, dont le caractère morose et geignard a souvent été source d'agacement. Sans quoi, j'ai trouvé l'histoire toujours aussi agréable et captivante. Le style de l'auteur, tout en simplicité et élégance, n'a de cesse de nous séduire, jusqu'à nous repêcher dans notre grotte où l'on se terre pour échapper aux atermoiements de son personnage. (J'avais développé une allergie contre Antoine. Assez rédhibitoire. Donc, rien que pour ça, quelle prouesse !) La lecture s'écoule ainsi, sans agitation ni déconvenue.

J'ai aimé me balader entre Paris et la Vendée, dans le présent et le passé, dans les pas d'un homme en manque de souffle ou dans les rares miettes d'une silhouette floue et enfuie (l'énigme Clarisse). C'est un bon roman sur les secrets de famille qui vous empoisonnent l'existence sans même s'en apercevoir. Cela se lit, ou s'écoute, sans effort. Un bonheur simple. Du plaisir partagé. Un vrai puzzle bidouillé avec flegme et émotion.

Audiolib / septembre 2015 ♦ Texte lu par Julien Chatelet (durée : 9h 49) - Suivi d'un entretien avec l'auteur ♦ Traduit de l'anglais par Agnès Michaux

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Un film de François Favrat (2015) - Bande Annonce

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29/09/15

Le Secret de la manufacture de chaussettes inusables, d'Annie Barrows

LE SECRET DE LA MANUFACTURE

Fâchée avec son sénateur de père, qui souhaitait la fiancer contre son gré, Layla Beck accepte le premier job venu - écrire l'histoire de Macedonia, une petite ville de Virginie-Occidentale, pour le compte d’une agence gouvernementale. Contre toute attente, cette expérience va s'avérer grisante et pleine de surprises ! Layla s'installe chez les Romeyn, dans la moiteur d'un été caniculaire, et découvre chez cette famille un passé cerné d'ombres et de fantômes. À force de fouiller dans les archives de la ville et les anecdotes des habitants, la jeune femme va se connecter avec un secret familial, doublé d'un drame sentimental, qui a plongé Jottie, son frère Félix et leurs proches dans un silence pesant et expliquerait leur mode de vie engourdie.

Ce roman, très attendu depuis que j'avais été enchantée par Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates, co-écrit par Annie Barrows et sa tante Mary Ann Shaffer, ne lui arrive sans doute pas à la cheville, mais offre malgré tout un instant de lecture absolument réjouissant. L'histoire nous balade gentiment, au cours des 600 pages pour 18 heures d'écoute, à travers les rues de Macedonia et en compagnie d'une brochette de personnages attachants, qui se plaisent à colporter toutes sortes de fables et dressent ainsi un tableau de la ville particulièrement cocasse.

On se sent vite comme un coq en pâte, pas mécontent de notre visite. À côté de ça, le secret de la famille Romeyn nous taraude. Et c'est grâce à la curiosité insatiable de la jeune Willa, douze ans, que certains mystères du passé vont se lever. Pourquoi Jottie se refuse d'aimer à nouveau ? que fabrique Félix dès lors qu'il s'échappe de la maison pour revenir les poches pleines d'argent ? quels mensonges Vause Hamilton a-t-il emportés dans sa tombe ? qu'est-ce qui a pu briser leur amitié avec Sol McKubin ?

Même si le rythme est lent et le roman copieux, la lecture ne m'a inspiré aucun ennui. J'ai été charmée par l'ambiance, captivée du début à la fin. J'avais l'impression de décrocher avec la réalité qui m'entourait pour voyager dans un décor dépaysant mais chaleureux. Cela m'a beaucoup plu. Les histoires de famille et les petites villes américaines n'ont pas fini d'exercer leur attrait sur moi ! Claire Tefnin (Audiolib) prolonge cette sensation de bien-être grâce à une voix agréable et apaisante. 

Audiolib / Septembre 2015 ♦ Texte lu par Claire Tefnin (18h 26) ♦ Traduit par Claire Allain et Dominique Haas pour Nil éditions (The Truth According To Us)

16/09/15

Travail soigné, de Pierre Lemaitre

TRAVAIL SOIGNÉ

J'aurais souhaité n'avoir jamais lu Alex avant celui-ci et procéder aux présentations dans les règles de l'art - Camille Verhoeven, commandant de police, soucieux du travail bien fait, barbotant au sein de sa brigade comme un poisson dans l'eau, amoureux à la ville et bientôt papa. À la place, j'avais déjà aperçu l'image d'un type brisé et désabusé par la faute de cette enquête criminelle qui s'installe présentement.

Des meurtres, ignobles et épouvantables, mis en scène de façon soignée et macabre, basculant toujours plus loin dans l'horreur et l'innommable... Et déjà une étiquette sur ce tueur en série - le Romancier - dont l'obsession consiste à reproduire les crimes les plus célèbres de la littérature policière et récolter les lauriers de la gloire en faisant la une des journaux. Sans se douter, Camille est devenu le jouet du psychopathe.

C'est indubitablement un roman noir, violent, déroutant mais fichtrement prenant. Jacques Frantz - spécialement sollicité par l'auteur pour enregistrer son roman pour Audiolib - accomplit par la même occasion un jeu d'acteur époustouflant. Sa voix rauque et grave nous entraîne vers des sentiers glissants, au cœur de la cellule de crise et en communion avec la détresse de Verhoeven pour un effet vibrant, poignant, étonnant.

¡Madre mía! Ce roman est plus noir que noir, violent et déroutant, même s'il est fichtrement prenant. Certaines scènes sont d'ailleurs assez dures, avec force détails nauséeux et séquences émotionnelles bouleversantes (mais rien n'est jamais gratuit, comme l'explique P. Lemaitre dans l'entretien qui suit la lecture, en rappelant pourquoi on choisit de lire un roman noir et quelles sont nos attentes). Malgré tout, la puissance littéraire est là, intacte - la lecture est saisissante sur toute la ligne, elle remue tripes et boyaux et vous laisse k-o en fin de parcours. Chapeau bas.

Audiolib / août 2015 ♦ Texte lu par Jacques Frantz (durée : 12h 33) ♦ Suivi d'un entretien entre l'auteur et l'éditeur

12/09/15

L'Ombre de Gray mountain, de John Grisham

L'OMBRE DE GRAY MOUNTAIN

L'été dernier, j'avais pris grand plaisir à me plonger dans le roman de John Grisham, L'Allée du sycomore en l'occurrence, et imaginais renouveler cette sensation avec son nouveau titre. Or, L'Ombre de Gray Mountain s'est avéré décevant, long et lassant.

L'histoire se passe à New York, en 2008. La crise financière s'invite à la fête et brise en plein envol la brillante carrière d'avocate de Samantha Kofer. Placée en congé sans solde, elle accepte de suivre un stage dans un centre d'aide juridique dans les Appalaches. Sitôt débarquée à Brady, une petite ville de Virginie, Samantha y découvre une existence assez terne et souffreteuse. La communauté dépend totalement des grandes compagnies minières, lesquelles polluent la région par leurs extractions intempestives. Tout le monde se tait. Tout le monde ploie l'échine. Seul Jeff Gray a choisi de s'élever contre les méchants pour protéger sa ville, ses habitants et leurs traditions.

Je pensais que l'histoire m'emporterait vite dans les coulisses des affaires judiciaires, à élaborer des stratégies et monter des dossiers qui tiennent la route. Au lieu de ça, l'histoire m'a d'abord fait la visite des lieux et enchaîné un panel de « cas » peu croustillants (des femmes bafouées, des foyers sans le sou, des maris violents). La misère sociale selon J. Grisham, décryptée en plusieurs chapitres fastidieux. J'ai senti poindre l'ennui. Survient alors la collaboration entre Samantha et Jeff - la promesse d'une immersion plus grisante et cernée de dangers. À ce stade, j'étais dans les starting-blocks. Avant de faire chou blanc.

Ce livre m'aura franchement déçue. Nous sommes loin du genre thriller ou intrigue judiciaire, en fait l'auteur semble vouloir sensibiliser son lecteur à la cause écologique et rappeler qu'être avocat consiste avant tout à aider « les vraies gens ayant de vrais problèmes ». C'est la décision qui devrait s'imposer à Samantha, à la fin du roman. Et encore ? Honnêtement, j'ai trouvé ce roman surfait.

Audiolib / Juillet 2015 ♦ Texte lu par Ingrid Donnadieu (durée : 12h 30) ♦ Traduit par Dominique Defert pour les éditions JC Lattès

07/09/15

La Bibliothèque des cœurs cabossés, de Katarina Bivald

LA BIBLIOTHÈQUE DES COEURS CABOSSÉS

Tout commence par les lettres que s’envoient Sara Lindqvist, jeune libraire suédoise qui ne vit que pour les livres, et Amy Harris, soixante-cinq ans, vieille dame cultivée et solitaire, de Broken Wheel, dans l’Iowa. Après deux ans d’échanges et de conseils sur la littérature et sur la vie, Sara décide de rendre visite à Amy. Mais, à peine arrivée, elle apprend avec stupeur qu’Amy est morte.

Se retrouvant seule et perdue dans cette étrange petite ville, Sara reçoit néanmoins un accueil bienveillant de la part des habitants. Ils l'installent dans la maison d'Amy, lui offrent du café, ses repas et un chauffeur pour la conduire partout où elle le désire. Du désarroi, Sara plonge dans l'euphorie. Pour la première fois de sa vie, elle considère Broken Wheel comme un véritable foyer et se sent entourée d'amis qui sont prêts à la suivre dans ses projets loufoques (ouvrir une librairie).

J'ai tout de suite su qu'entre ce livre et moi allait naître une grande histoire d'amour ! C'était une évidence, au vu des ingrédients réunis pour me raconter cette jolie histoire, sans prétention, si ce n'est de me dorloter pendant 13 heures d'affilée (durée d'écoute du livre audio). Quel régal. J'ai été happée par l'ambiance de cette petite ville, misérable de prime abord, et sa communauté excentrique mais attachante. Comme nous, Sara va peu à peu découvrir le potentiel de Broken Wheel et ne plus avoir envie de la quitter.

Voilà qui nous offre des pages et des pages d'une intrigue gentillette et peu sensationnelle, sauf qu'elle fait du bien et vous conforte dans l'idée que l'amour des livres peut sauver une vie ! ;-) On découvre aussi une histoire de solidarité, d'amour et d'amitié, une histoire empreinte d'émotion, de sentiments et de partage. Bref, c'est un bon gros bouquin qui vous donne la sensation que le monde est un peu plus fou, étrange et beau lorsqu'on relève les yeux. J'ai adoré.

Audiolib / Août 2015 ♦ Texte lu par Kelly Marot (durée : 13 h) ♦ Traduit du suédois par Carine Bruy (Läsarna i Broken Wheel rekommenderar)

C'est Kelly Marot, la voix française de Jennifer Lawrence, ayant déjà enregistré la trilogie Hunger Games pour Audiolib, qui nous convie à Broken Wheel en compagnie de Sara, Tom, Grace, George, Andy, Caroline et Jen... L'écoute est chaleureuse et très agréable. Une combinaison parfaite pour se laisser couler avec plaisir dans les mots de l'auteur et savourer cette histoire simple et adorable ! 

heart red


31/07/15

Ça peut pas rater ! de Gilles Legardinier

CA PEUT PAS RATER

Humiliée par son petit copain, qui la largue après dix ans de vie commune, Marie décrète qu'elle en a assez des hommes et entend se passer d'eux... Mais voilà qu'elle reçoit la lettre d'un admirateur secret, qui la rend toute guillerette ! Qui, parmi son entourage, se languit d'elle en soupirant ? À peine le temps de dresser une liste de potentiels qu'elle s'embarque dans de folles péripéties !

D'abord, sauver la boîte où elle travaille, contre le plan de redressement préparé en douce par le patron. Puis, rendre la pareille à son ex goujat, qui exhibe sa nouvelle conquête sous son nez, et préparer avec gourmandise le sabotage de sa soirée déguisée. (Quel grand moment !) Jouer l'entremetteuse pour sa meilleure amie, et échafauder des ruses pour démasquer sa groupie de l'ombre, au risque de se ridiculiser.

Jackpot gagnant avec cette lecture enjouée et délirante, qui parvient à alterner les séquences cocasses, sensibles et vraies sans jamais dramatiser, et en assumant pleinement son goût pour la dérision ! J'adore. C'est très, très drôle, avec un portrait de femme, blessée et malheureuse, mais à l'énergie débordante. On ne peut que s'attacher à Marie, à travers laquelle on se reconnaît insidieusement dans son désir de repli de la scène amoureuse, sa profonde amertume et sa confiance bafouée.

Le roman fait aussi montre d'une certaine lucidité concernant la vie de couple, pas toujours parfaite, et de l'antagonisme entre les hommes et les femmes, même si cela reste la plus vieille valse du monde ! On peste, on râle mais on y revient sans cesse. Bref, j'ai été transportée à l'écoute de Clémentine Domptail, qui a su offrir une lecture agréable et pétillante. Ce sont 10 h 30 passées en un clin d'œil, pour un rendez-vous toujours très apprécié avec cet auteur. G. Legardinier conforte l'idée que toute prescription littéraire devrait être obligatoire contre le blues !

Audiolib / Juillet 2015 ♦ Texte lu par Clémentine Domptail (durée : 10h 30) ♦ Fleuve Noir, 2014

La Ville orpheline, de Victoria Hislop

LA VILLE ORPHELINE CD

Été 1972. La ville de Famagouste, à Chypre, héberge la station balnéaire la plus enviée de la Méditerranée. Le couple Papacosta fête l'inauguration de son complexe hôtelier, le Sunrise, avec faste. L'avenir leur apparaît radieux et ambitieux. Pourtant, deux ans plus tard, le pays sombre dans le chaos, avec un putsch militaire qui va diviser l'île peuplée de communautés grecques et turques. On suit alors deux familles voisines, les Georgiou et les Özkan, tentant de survivre dans la ville enclavée où ils ont choisi de se cacher. 

Tristesse et mélancolie composent l'essentiel de cette histoire, mais sa puissance romanesque demeure remarquable. J'ai été enveloppée par les descriptions de ce décor de rêve (le soleil, les plages dorées, les complexes hôteliers et les boîtes de nuit). C'était magique, franchement dépaysant ! Quand la situation tourne au vinaigre, j'ai été autant tenue en haleine par la tension dramatique et le destin des familles croisées. Ce titre ne possède peut-être pas les mêmes atouts que L'île des oubliés, mais cette escapade sur l'île chypriote n'en demeure pas moins captivante.

L'enregistrement audio est également un succès et un choix judicieux pour les vacances. Maia Baran, la lectrice pour Audiolib, parvient à nous charmer par son intonation calme et envoûtante. Elle s'accompagne aussi d'une réalisation sonore de grande qualité, qui prolonge à merveille la sensation de dépaysement.

Audiolib / Juillet 2015 ♦ Texte lu par Maia Baran (durée : 12h 26) ♦ Traduit par Alice Delarbre pour les éditions Les Escales (The Sunrise)

03/07/15

Les Fourmis, de Bernard Werber

Les Fourmis CD

Jonathan Wells vient d'hériter de l'appartement de son oncle Edmond, un éminent entomologiste qui a dédié sa carrière à l'étude des fourmis. Une seule consigne accompagne ce legs : ne jamais descendre à la cave. Mais Jonathan va braver l'interdiction ... et disparaître de la circulation. Aussitôt ses proches s'inquiètent et vont explorer la pièce souterraine, avant de s'évaporer à leur tour. Même les équipes de secours ou de gendarmerie vont s'éclipser mystérieusement.

À côté de ça, on découvre l'existence d'une colonie de fourmis, baptisée Bel-O-Kan, avec sa hiérarchie, ses codes rudimentaires de survie, ses stratégies de guerre... et ses modes de communication. Or, la cité est menacée par une arme de destruction massive dont les fourmis peinent à analyser la source et la signature. Pour l'instant, le danger est sournois. Seul le jeune mâle 327 est sur les charbons ardents. Et personne n'est sensible à ses discours alarmistes.

Vrai de vrai, si l'on m'avait prédit qu'un jour je lirais un livre sur les fourmis, j'aurais ri aux éclats. À part les quelques productions animées, vues avec ma fille, comme Fourmiz, Minuscule ou 1001 Pattes, je n'étais franchement pas attirée par les insectes. C'était sans compter sur l'émission de F. Lopez dans laquelle Bernard Werber était invité pour un weekend à la campagne. L'auteur y était apparu passionnant et possédé, et avait su donner l'envie de plonger dans son univers.

Qui n’a jamais rêvé vivre une expérience unique, dans un monde différent et plus passionnant que le nôtre ? Bernard Werber réalise ce rêve - vivre dans le monde des fourmis ! Quelle aventure inclassable, empruntant des tours et des détours scientifiques, documentaires ou épiques, tout en flirtant avec le genre du thriller, unique en son genre, avec tension psychologique, scène cauchemardesque et description gore.

C'est aussi grâce au comédien Arnaud Romain, qu'on partage cette expérience mémorable. Car son interprétation est flamboyante et caméléonienne ! Selon les personnages en scène, le comédien adapte sa voix, son intonation, son jeu. J'ai plus d'une fois été captivée par les modulations proposées et dois admettre avoir apprécié énormément cette ambiance grâce à son jeu d'acteur.

Mea culpa : j'ai préféré “la partie humaine” de l'intrigue (le mystère de la cave) au détriment des bestioles qui tombent vite dans une routine et enflamment de moins en moins notre imaginaire, passée l'originalité du début. Mais j'espère que les deux autres tomes rejoindront vite l'écurie Audiolib, car ma curiosité a été piquée au vif et j'aimerais connaître la suite de cette incroyable épopée ! 

Audiolib / juin 2015 ♦ Texte lu par Arnaud Romain (10h 34) ♦ Préalablement édité chez Albin Michel en 1991 !!! 

26/06/15

Temps Glaciaires, de Fred Vargas

TEMPS GLACIAIRES CD

C'était grandiose, un retour tant espéré qui ne m'a franchement pas déçue ! J'ai adoré du début à la fin, ou comment une simple lettre suspecte va conduire nos enquêteurs sur une série de meurtres déguisés en suicides, avec une simple guillotine en guise d'indice, passant par un voyage touristique en Islande, des drames et des larmes, et pourquoi pas un vengeur masqué et des victimes paniquées ?! 
Fred Vargas pousse toujours plus loin ses excentricités en nous emmenant également chez les Amis de Robespierre, lesquels se réunissent en costumes d'époque et rejouent les scènes clef de la Terreur dans un souci d'authenticité sidérante. Danglard y grappille une certaine prestance, jusqu'à entrer en sécession avec les lubies de son chef, entortillé dans une “pelote d'algues séchées”. 
L'effet est terriblement efficace, intelligent, rusé et drolatique. Les personnages sont la preuve que la finesse et la dinguerie sont un alliage tout à fait plausible !
J'ai donc savouré leurs réparties et leurs fantaisies, “On s'est fait promener comme des billes !”, de bon cœur. C'est inimitable, mêlant digressions inextricables, humour farfelu et personnalités décalées. Une lecture atypique, obsessionnelle, fiévreuse et azimutée. Incontournable.

Audiolib / juin 2015 ♦ Texte lu par Thierry Janssen (durée : 12 h 53) ♦ T. Janssen reprend du service pour Audiolib et Fred Vargas, et ce n'est pas piqué des vers ! Interprétation remarquable, en parfaite corrélation avec l'esprit complètement à l'ouest des personnages et de l'histoire. 

- Pourquoi, quoi qu'on fasse, nous prend-on toujours pour des flics ?
- À cause de notre regard perverti, de notre vigilance hors de propos, de notre suspicion, du pouvoir qu'on croit détenir, d'une offensive que chacun sent possible. Question de phéromones, l'habit ne fait pas le moine.
- À propos d'habits, est-ce vous, Danglard, qui nous avez hier soir photographiés en tenue de députés du XVIIIe siècle ? Et qui avez diffusé ces images sur les portables de tous les agents de la brigade ?
- Parfaitement. Je nous trouvais très honorables.
- Mais tous ont ri.
- Le rire est une défense contre ce qui impressionne. Vous avez, je vous le signale, beaucoup plu. Froissy est tombée amoureuse de vous dès 9 h 20 du matin. Cela perturbe la vision habituelle qu'ils ont de vous. Hommes ou femmes.
- Très bien, Danglard. Et qu'est-ce que j'en tire ?
- De l'ambiguïté.
Adamsberg avait l'habitude de rester sans réponse aux répliques de son adjoint.

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22/06/15

Maman a tort, de Michel Bussi

MAMAN A TORT

La commandante de police, Marianne Augresse, est aux cent coups depuis l'affaire du braquage de Deauville et a mobilisé toutes ses troupes pour retrouver au plus vite les suspects en fuite. L'esprit ailleurs, elle reçoit pourtant la confidence d'un psychologue scolaire, soucieux des dires d'un enfant de trois ans, Malone, qui prétend que sa mère n'est pas sa vraie mère. Selon le spécialiste, sa mémoire est fragile et ne tient qu'à un fil, d'où l'urgence pour intervenir dans cette intrigue. D'abord perplexe, Marianne finit par lui accorder le bénéfice du doute. Après tout, l'homme est plutôt pas mal... À l'approche de la quarantaine, célibataire, sans enfant, notre policière a les sens en éveil. Ce ne sont toutefois pas ses hormones qui vont la guider dans cette enquête infernale et farouchement inextricable. Un nouveau piège dédaléen, dans lequel on s'engouffre de notre plein gré... 

Comme toujours, Michel Bussi nous entourloupe du début à la fin en construisant une roman pétrifiant et invraisemblable, jonché de chausse-trappes et de pistes fumeuses, qui nous éparpillent facétieusement. Au bout du compte, on ne sait plus qui croire, que penser et quoi dire. (Bon, allez, j'avoue, cette fois j'avais flairé le pot aux roses ! La force de l'habitude.) Quand bien même le mécanisme déployé se répète ou interpelle les lecteurs fidèles à être sur leurs gardes, on n'est jamais foncièrement déçu et on est conquis par le rythme, les chassés-croisés et les personnages ambigus. 

Ce sont donc 13 heures de lecture, dictées par Caroline Klaus, qui nous captivent. La comédienne nous propose une interprétation d'une grande justesse, qui échappe aux pièges du genre (voix d'enfant pas bêtifiante et voix masculine pas grotesque). Elle distille avec tact une dose de sensibilité et de raffinement très appréciable. À recommander !

Audiolib / Juin 2015 ♦ Texte lu par Caroline Klaus (durée : 12h 49) ♦ Presses de la Cité, 2015 

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