16/10/13

Zqwick le robot ✿Une aventure de Titus et Papyrus✿

IMG_9246

C'est déjà le troisième livre qui paraît dans cette série écrite par Isabelle Jarry, avec le jeune Titus et son grand-père Papyrus en personnages principaux. A vrai dire, elle suit son chemin tranquillement, au gré de couvertures cartonnées, aux couleurs pétantes. J'aime bien son esprit d'ensemble et ses histoires racontées avec tendresse, mais j'apprécie surtout le personnage de Papyrus, un inventeur de jeux incroyables et d'outils merveilleux.

Nous retrouvons donc notre jeune héros de 10 ans, Titus, qui a le moral dans les chaussettes depuis le déménagement de son meilleur ami. Heureusement son Papyrus a toujours le remède pour le tirer de sa mélancolie : il lui présente sa dernière création, un robot baptisé Zqwick, censé le dépanner dans ses tâches ménagères. Mais le garçon voit là un nouveau camarade de jeux, il tanne son grand-père pour lui apprendre un tas de nouvelles applications, comme jouer au foot. Bon gré, mal gré, Papyrus fait plaisir à son petit-fils. Titus est impatient de partager cette géniale invention avec Pacôme, lors des prochaines vacances. Catastrophe ! Dans leur excitation, les enfants vont dépasser les bornes et détraquer le robot.

Ce nouvel épisode pêche par son histoire trop enfantine et simpliste, faisant apparaître le caractère capricieux de Titus, alors que cet enfant souffre simplement d'avoir perdu son meilleur pote et se sent abandonné par ceux qu'il aime (même sa maman est tout le temps en voyage pour son boulot). C'est l'idée générale, mais ce n'est pas ce qui saute aux yeux. Il manque à l'histoire son petit grain de folie habituel, malgré la présence espiègle de Papyrus, je n'ai pas retrouvé son étincelle de joie. La prochaine fois, peut-être.

Zqwick le robot (Une aventure de Titus et Papyrus), par Isabelle Jarry - illustrations d'Aurore Callias (Gallimard jeunesse, coll. Giboulées, février 2013)

Posté par clarabel76 à 16:00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,


02/12/11

Le souffle d'un matin

Faisons encore le plein d'émotions, avec d'abord de la tendresse, un peu de douceur, de l'amitié et beaucoup d'amour. C'est l'histoire d'un grand timide, Titus, qui voudrait bien inviter la petite nouvelle, jolie comme un coeur, pour le bal de la Saint-Valentin. Alors il fait appel au génie facétieux de son grand-père, l'incroyable Papyrus, pour lui donner le coup de pouce nécessaire (avec un gâteau d'affection par exemple) pour faire craquer l'élue de son coeur. C'est le deuxième livre mettant en scène Titus et son grand-père Papyrus, et la magie est toujours au rendez-vous. Isabelle Jarry a donné vie à des personnages tellement attachants, l'univers de Papyrus est unique et fabuleux, d'ailleurs les dessins d'Aurore Callias en sont l'interprétation joyeuse et parfaite, c'est sensationnel. On rêverait tous d'avoir un Papyrus dans sa vie ! 

LEBALDE

Place maintenant aux frissons avec une histoire de fantôme : la famille March prend ses quartiers à Forrest Lodge, une belle demeure perdue dans la campagne écossaise ; on y trouve le père, le grand-père, le fiston (Horace), la cousine (Olivia) et la gouvernante. La maison traîne la réputation d'être hantée, c'est vrai qu'on entend souvent des bruits bizarres la nuit dans les couloirs, mais Horace veut le voir pour le croire. Et chose promise, le voilà nez à nez avec le fantôme de Lord Aloysius Mac Bligh. Qui est-il ? que veut-il ? Et pourquoi sa cousine Olivia prend soudain des airs rêveurs, en jouant à l'infini des mélodies mélancoliques à la harpe ? Une petite histoire surprenante, à lire le soir dès que la nuit est tombée. Frissons garantis pour les plus impressionnables, avec une touche (petite) de romantisme pour ceux qui veulent, voilà qui nous rappelle les romans anglais du 18ème et 19ème siècle.

LAFIANCEEDE

Et pour finir, une lecture minuscule par la taille et pour le temps qu'on passe à feuilleter les pages du livre, mais alors un texte qui sonne les cloches de notre moi inconscient / indifférent / insouciant. Un jour, peut-être, viendra le temps où il sera interdit de planter des fruits et des légumes, où il faudra se cacher pour accomplir ce miracle, et où rien que le goût d'une petite tomate, qui a rougi après avoir vu les fesses d'un petit garçon, vous apparaîtra comme étant la saveur la plus exquise de votre vie ... Han, han. Voilà de quoi rappeler les plaisirs simples de la vie, mais pas que. Car parfois la désobéissance, c'est aussi un acte de liberté. Voili, voilà. C'est encore un texte de Christophe Léon, le seul, l'unique, dont j'apprécie infiniment le tact et l'intelligence. Merci ! 

LEGOUTDE

  • Le Bal de la Saint-Valentin, par Isabelle Jarry & dessins d'Aurore Callias (Gallimard jeunesse, 2011)
  • La fiancée du fantôme, par Malika Ferdjoukh & illustrations d'Edith (Mouche de l'école des loisirs, 2011) =) ce texte est paru en 1990 aux éditions Syros sous le titre Le fantôme de Forrest Lodge.
  • Le goût de la tomate, par Christophe Léon (Petite poche des éd. Thierry Magnier, 2011)

17/10/11

Pêle-mêle Clarabel #43

 Lumignons

Les Lumignons, ce sont 10 poèmes à tire d'aile, autour de 10 enfants dont les prénoms commencent par L. La composition de l'album est simple : à gauche, les poèmes de Guy Goffette (légers, sautillants). A droite, l'interprétation joyeuse, colorée et fourmillante de détails d'Aurore Callias. Quel régal ! Ce sont des illustrations lumineuses, qui ne sont pas sans me rappeler l'univers doux-dingue de Papyrus (le personnage d'Isabelle Jarry auquel Aurore Callias a donné forme). La plongée dans le pays des rêves est surprenante et admirable (dévoilé sous une page à rabat), la lecture invite à rêver, de plus elle donne une autre idée de ce qu'est la poésie avec une approche simple pour un effet charmant. 

Lumignons, par Guy Goffette & Aurore Callias (Gallimard jeunesse, coll. Giboulées, 2011)

couv_Noemie

Noémie, Princesse fourmi est la nouvelle histoire d'Antoon Krings. Une histoire qui n'est pas sans rappeler celle de Cendrillon, la princesse en loques, qui parviendra à conquérir la cour royale grâce à sa marraine la fée. Noémie est une petite fourmi insignifiante, qui rêve d'assister à la fête d'anniversaire de la reine des abeilles. Avec ses vieilles fripes sur le dos, il est hors de question de se se présenter de la sorte devant la souveraine (qui ne supporte pas les fourmis). Son amie Mireille va lui confectionner une parure de princesse (de pacotille) faite de feuilles et de pétales de rose. Ce ne seront pas les douze coups de minuit qui ruineront les espoirs de Noémie, mais l'empressement de la foule. Se présente alors Carole la fée, qui ne supporte pas les injustices et qui compte bien consacrer la petite fourmi en vraie princesse d'un soir.

C'est ravissant ! Un vrai conte de fée ! Même Cendrillon est évoquée, comme quoi je n'ai pas rêvé non plus... 

Noémie Princesse fourmi, par Antoon Krings (Gallimard, coll. Giboulées, 2011)

Takiji

Takiji l'audacieux, sous-titré petit conte zen, ne déçoit pas ! Sous cette couverture, qui promet aventures et héros courageux, nous avons une histoire à la hauteur des espérances : Takiji ne peut supporter qu'une créature légendaire nommée le Gomi terrorise les animaux de la forêt et saccage les fleurs et les arbres. Brandissant son katana, le garçon tente de réduire le géant en petits morceaux mais rien n'y fait. Heureusement le vieil arbre fait sortir de son feuillage des milliers de petites baies pour soutenir les efforts du héros. Le Gomi est presque réduit à néant, il se repent et devient alors le compagnon de route de Takiji. (Oui, je sais, avec moi, point de surprise !)

Pourquoi cet album, et pas un autre ? Parce que les traits purs et raffinés d'Antoine Guilloppé valent le coup d'oeil, bien évidemment. Ou quand la sobriété se met au service de l'élégance et produit un effet saisissant ! 

Takiji l'audacieux, par Antoine Guilloppé (Picquier jeunesse, 2011)

01/10/10

- Histoires de la Grande Forêt -

GROS COUP DE COEUR !

IMG_0235

J'avais été prévenue par Gaëlle que ces livres allaient être une rencontre très swoush et elle ne s'est pas trompée ! J'ai adoré, ma fille également, bref c'est le jackpot !!!

Ce sont des petites histoires délicieuses, qui se passent dans la forêt et mettent en scène des animaux dans des situations presque banales. C'est beau, c'est raconté avec justesse, c'est illustré avec goût, c'est tout simplement un pur bonheur de lecture ! (Et c'est aussi très difficile de mettre des mots sur autant d'enthousiasme !)

Dans Tristesse et Chèvrefeuille, La Taupe apprend la mort de son père, lequel avait disparu de sa vie depuis des lustres. Le notaire la convie à prendre connaissance du testament et d'un mystérieux paquet rouge. Très remontée, La Taupe n'a pas du tout envie de se rendre aux funérailles. Après tout ce temps, non mais !? ... Mais après une nuit fort agitée et un malaise au marché, La Taupe comprend qu'elle n'a pas le choix et se rend à l'autre bout de la forêt. C'est la première fois qu'elle entreprend un si grand voyage toute seule, imaginez !!!

« Elle était bien décidée à en finir une fois pour toutes avec cette histoire de papa, de mort, de larmes, de tristesse interminable.
Voilà, elle irait, oui, elle irait. Pas pour lui, pas par curiosité, pas pour ce fichu paquet rouge, mais pour... pour la fin de la tristesse, voilà. »

Je n'en dévoile pas davantage, mais une chose est sûre : c'est génial !

Dans Le bal d'automne, Le Hérisson a pour mission de distribuer des invitations à tous les habitants de la forêt, y compris l'illustre inconnu qui vit à LAMARGE. Personne ne le connaît, des tonnes de potins circulent à son sujet, pourtant Le Hérisson prend son courage à deux mains et se rend sur place. Ambiance, ambiance... Drôle d'habitation, pas un bruit et personne à l'horizon, jusqu'à ce que la porte s'ouvre dans un crouuuuic... « Une goutte perla sur son front plissé. »

Et comme je trouve la suite admirable et pleine de surprises, je vous laisse aux bons soins de Ramona Badescu et Aurore Callias, vous ne le regretterez pas !

Albin Michel jeunesse (2010) - 72 pages chaque livre - 10€

Posté par clarabel76 à 09:00:00 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags : , ,

19/02/10

Je lis aussi des Albums ! #3

camping_aztequeSonia et Gaston vivent dans un appartement où règne un joyeux capharnaüm de meubles, de jouets et autres bizarreries. Il est souvent difficile de trouver son chemin qui mène à la cuisine ou de trouver une place pour dormir, on se croirait à bord d'un navire au coeur d'une tempête, hissez les voiles, moussaillons, suivez la Grande Ourse, filez droit devant, n'hésitez pas à bifurquer sur votre gauche, et votre compte est bon. Cette vie, aussi géniale soit-elle, est un peu pesante. Les enfants ont honte et sont gênés d'accueillir leur camarade de classe, Pierre, venu préparer son exposé chez ses amis. Or, ce dernier est ébahi devant ce spectacle et déploie vite un enthousiasme débordant. Cette maison fourmille de cachettes, de trésors... et d'ailleurs le garçon découvre que sous cet amas de bric et de broc se trouve la communauté des Aztèques. Ils cohabitent avec la famille de Sonia et Gaston depuis des lustres, les enfants n'y pensaient plus, ou les considéraient comme une nuisance sonore et envahissante. Grâce à Pierre, ils vont le suivre dans cette aventure, la découverte des Indiens Aztèques, en travaillant sur leur exposé dans la même foulée. C'est une lecture pleine de surprises, qui nous marque surtout grâce aux illustrations d'Aurore Callias. C'est magique, cela ne s'explique pas, on croirait une forme bigarrée, merveilleuse, un assemblage sans queue ni tête, où on a le sentiment de s'y perdre, mais c'est en fait une mine de petits détails qui nous fait plonger, aux côtés des personnages, dans une exploration exaltante et riche en informations sur les indiens Aztèques.  Un bon point pour cet album particulièrement original.  (Camping Aztèque dans une armoire normande, Aurore Callias. Gallimard jeunesse, coll. giboulées, 2009 - 14€)

************

J'ai déjà confessé être quelque peu amoureuse de l'inspecteur Lapou de Bénédicte Guettier, son flegme et son charme débonnaire me rendent toute chose. Bien sûr, au bout de la plume, il y a un auteur qui possède ce talent rare de savoir être drôle avec intelligence. Son trait de crayon est reconnaissable entre mille (l'âne trotro, c'est elle aussi !). Bref. Cette nouvelle collection, Patati et Patata, se situe sur les traces de l'inspecteur Lapou en mettant en scène les légumes du potager dans des situations désopilantes (chaque livre s'apparente presque un one-man show !). Cette fois, pas d'enquête, de disparition, de crime, de mystère, de drame à déplorer. Les histoires mettent un point d'honneur à nous parler de la vie des légumes en jouant sur leurs caractéristiques de façon à toucher le jeune lecteur - le potiron trouve qu'il a un gros popotin, le chou pète tout le temps, la patate ne sait pas articuler et le champignon est fier de son chapeau. Comment raconter les légumes sans se la jouer ? Comment dire des choses sérieuses sans en imposer une tartine ? Bénédicte Guettier a trouvé la solution - l'humour ! - en espérant que cette approche permettra de rendre les légumes appétissants, et de donner envie de les aimer.

IMGP7209IMGP7208

Au choix, nous avons 4 titres au menu : Popo le potiron ; Champierre le champignon ;  Pat la patate ;  Chouchou le chou. En bonus, à la fin de chaque livre, à l'instar de la série de l'inspecteur Lapou, se trouvent deux recettes pour rendre les petits et les grands friands de légumes.  (gallimard jeunesse, giboulées, 2010 - 3,50€ le volume !)

10/10/08

Et si on essayait un peu De voir notre petit monde d'en haut *

* Paroles d' Olivia Ruiz / Thérapie de groupe

**********

51dtAErOAqL__SS500_Titus a neuf ans, c'est le petit dernier d'une famille où on travaille beaucoup. Maman s'absente souvent pour aller en Chine, papa rentre à pas d'heure et les deux soeurs aînées mènent leur petite vie à leur guise. Bref, Titus est tout seul et c'est son grand-père Papyrus qui vient généralement à la rescousse pour jouer les gouvernantes.

Papyrus n'est pas un grand-père comme les autres. C'est un inventeur aux créations assez dingues, un vrai bricolo jamais à court d'idées, mais Titus n'est pas fan de ses excentricités. C'est souvent trop repérable, trop original, trop incontrôlable. Et généralement Titus est grondé par ses parents à la place du grand-père. C'est comme un grand enfant, donc on ne sait jamais qui doit garder qui.

Papyrus porte le kilt et les moustaches bien troussées jusqu'au ciel, il conduit une 4L écolo, a un chien invisible (ou virtuel, ou immatériel, au choix !). Il sait faire voler les tables et les chaises, cuisiner un gratin de pâtes avec de la crème fraîche et du sucre, traverser la Seine sans bouger un orteil. Si Titus ne sait plus où se mettre à force de se sentir mal à l'aise et humilié, ses copains sont fous de son grand-père !

Tout le monde n'a pas la chance d'avoir un Papyrus ! En plus, sous ses dehors fantasques, il vous apprend les tables de multiplication en rigolant, à plonger dans la fosse sans trembler, à comprendre l'utilité de la grammaire et manger ce qu'il vous plaît, sur le tapis persan de papa.

Cette folle semaine avec Papyrus est racontée avec délice, fantaisie et non sans une certaine réserve par un p'tit gars de neuf ans, pas toujours conquis par la folle du logis que son grand-père abrite. Ce dernier a une petite araignée au plafond, il est farfelu mais pas si siphonné que laissent entendre les apparences.

Une lecture pétillante, avec des illustrations aussi doux-dingues que le propos !

D'Isabelle Jarry
Dessins d'Aurore Callias

Ma folle semaine avec Papyrus
Gallimard jeunesse, coll. Giboulées - Octobre 2008 / 105 pages.  14€
Dès 8-9 ans.

IMGP6189

(aperçu)