10/05/17

Chasseur de cyclones, de Christine Avel

CHASSEUR DE CYCLONESElise ne voit pas souvent sa maman, trop accaparée par son boulot et ses voyages à donner des conférences à travers le monde. Cette fois, changement de programme, elle lui propose de l'accompagner aux Bahamas où elles fêteront ensemble son quatorzième anniversaire. Pour lui tenir compagnie, sa mère a fait appel à son amie d'enfance, Léa, avec laquelle Elise ne s'entend plus beaucoup. L'adolescente l'a donc en travers de la gorge. Au lieu de se réjouir, de savourer cette escapade, Elise traîne les pieds et fait la moue. Elle est allergique à la piscine, au soleil, à l'air conditionné... Par contre, elle pourrait passer des heures à bouquiner ou prendre des photos. Cette passion lui vient de son père, auprès de qui elle a appris les bons gestes, les bons réflexes et adopté les préceptes - le Leica, c'est le mythe. Aussi, le jour où elle tombe sur un appareil dernier cri oublié au bord de la piscine, son cœur fait boum. Elise s'en saisit, le planque dans sa chambre, rêve des clichés qu'elle pourrait en tirer... puis culpabilise, fait des cauchemars et cherche à retrouver ses véritables propriétaires.

En fond de décor, nous avons l'île paradisiaque des Bahamas, dans son écrin doré, protégé, chouchouté des hôtels de tourisme au confort quatre étoiles. C'est dans ce décor de rêve que s'invite la fameuse Teresa, un cyclone qui tourbillonne au large des côtes et dont la trajectoire va finalement dévier pour frapper leur cocon douillet. Toutefois, n'attendez pas de séquences émotionnelles d'une amplitude cataclysmique. Les vacanciers vont être quelque peu secoués (coupure d'électricité, sandwich à la Vache qui rit pour compenser...). Seule notre jeune Elise va se retrouver au cœur de la tourmente et ainsi croiser brièvement le chemin d'un garçon du coin qui lui vient en aide en l'invitant chez lui. Une façon de montrer le revers des cartes postales idylliques en rappelant les conditions de vie rudimentaires des habitants. 

La lecture n'en demeure pas moins légère, pimpante et juvénile. Elle dresse le portrait d'une jeune fille qui se sent injustement délaissée et mécontente, d'où l'image du cyclone, dont elle s'approprie « son souffle, sa colère » avant d'en sortir « essorée, la tête vide ». Au final, Elise retiendra de cette expérience de tempérer ses humeurs et de changer son regard sur le monde, non seulement pour capturer la photo parfaite, « la seule au bon moment et juste au bon endroit », mais aussi pour modifier son viseur sur son entourage. Une lecture pertinente sur l'adolescence, la famille, la photographie, les apparences trompeuses et la réalité en demi-teinte. Un bon moment qui fait voyager et réfléchir en même temps.

L'école des Loisirs, 2017 - illustration de couverture : Gabriel Gay

Posté par clarabel76 à 09:00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,