26/06/19

Out of control, par David Lubar

Out of ControlCliff est en dernière année au lycée mais a déjà compris qu'il n'irait pas à l'université car son père au chômage n'a pas l'intention de dépenser un sou de plus pour son rejeton. Le gosse a pourtant de bonnes notes et un job à temps partiel. Malheureusement toute discussion est impossible. L'attitude du père est tyrannique, l'ambiance à la maison est désormais irrespirable.
Pour chasser ses idées noires, Cliff fantasme sur la nouvelle fille de sa classe d'arts plastiques. La belle et inaccessible Jillian. Lui si discret préfère rêver son idylle plutôt que de prendre des risques... échaudé par une première expérience encore traumatisante. Il a depuis renoncé à sortir avec des filles et libère sa frustration en rédigeant rageusement son cahier.
Car Cliff est en colère et va péter un câble. Contre son père, contre les sportifs de l'école, contre la vie en général. Ce défouloir sur 400 pages est aussi le reflet du quotidien pas toujours drôle et loin d'être tendre des jeunes d'aujourd'hui. Ça cogne dans tous les sens du terme et ça laisse son empreinte - notamment auprès des plus concernés. On y parle des problèmes d'autorité, de sexe et aussi d'avenir. C'est sans filtre. Un style cash et sans complexe qui interpelle.
Si je n'ai pas aimé le narrateur (je suis trop vieille), j'ai néanmoins trouvé son discours pertinent. Il y a un brin de cynisme dans ce portrait et jamais d'auto-apitoiement qui élimine toute idée de taxer cette lecture de porte-drapeau.

Bayard (2019) - Traduit par Dominique Kugler

Titre VO : Character, Driven

 

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26/03/19

Jackaby, de William Ritter

jackabyPour sa première mission auprès de R.F. Jackaby, Abigail Rook est prévenue : son nouveau travail n'est pas sans risque ni pour les âmes sensibles. Heureusement, la jeune fille a du cran. Tout juste débarquée d'Europe, où elle a plaqué ses études et sa famille, elle cherche un vrai sens à sa vie. En apparence, New Fiddleham offre peu de perspectives émoustillantes. Et pourtant...
Sa rencontre avec le détective de l'étrange va provoquer tout sens commun. Aux yeux de la ville, Jackaby est un excentrique un peu fou, spécialisé dans les affaires paranormales. Il vit dans une grande demeure bourgeoise, hantée par le fantôme de son ancienne propriétaire. La police n'apprécie pas beaucoup lorsqu'il marche sur leurs plates-bandes - et le place souvent en garde à vue - mais n'est pas sourde à l'énumération de ses improbables élucubrations lorsque des crimes sanguinaires brouillent la raison. 
Il faut lire ce roman pour son ambiance singulière - qui fiche un peu les jetons aussi - et parce que l'histoire est glauque, bizarre et fascinante. On y croise d'étonnantes créatures, parfois folkloriques, d'autres fois diaboliques, et surtout on mène une enquête insolite (pas très originale mais assez prenante pour tenir la distance). Tandem gagnant pour Jackaby et Abigail : respect mutuel et spontanéité dans leurs échanges donnent une relation sans ambiguïté, qui ne manquera pas non plus de s'étoffer au fil des prochaines affaires, cf. Sur les traces de la Bête.
En bref, une lecture qui s'inspire des romans de Sherlock Holmes mais en apportant sa touche personnelle. Une très bonne surprise.

Bayard (2018) - traduit par Patrice Lalande

« Il est souvent difficile pour les autres de saisir la nature de ce don que je suis le seul à avoir. Il me permet de déceler la vérité là où les autres ne voient qu'illusion... Car le monde est une scène et il semblerait que je sois le seul spectateur capable de voir derrière le rideau. »

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11/03/19

Darkwind : Mécanique infernale, de Sharon Cameron

Darkwind mécanique infernaleAngleterre, 1852. Katherine a pour mission de se rendre chez son oncle Tulman pour s'assurer de sa santé mentale car sa tutrice craint qu'il ne dilapide la fortune familiale. Sur place, la jeune fille est impressionnée par le manoir de Darkwind mais comprend que ça ne tourne pas rond entre ses murs. 
L'apprenti de son oncle lui réclame alors 30 jours pour comprendre le bon déroulement de leur étrange communauté. Libre à elle de statuer sur leur sort selon ses observations. Pour Katherine, c'est aussi sa propre liberté qui est dans la balance d'où son scepticisme à adhérer aux excentricités de Darkwind.
Pourtant, l'ambiance est envoûtante. Mystérieuse mais fascinante. Les chambres sont sales et abandonnées, la cuisinière est revêche, des bruits étranges résonnent la nuit dans les couloirs. Katherine elle-même devient hystérique et fait des crises dont elle ne garde aucun souvenir. Elle ne cherche pas à détromper le personnel qui s'imagine qu'elle boit en cachette. La jeune femme a trop peur d'admettre qu'un mal la ronge.
Les jours passent dans cette atmosphère sinistre. Katherine poursuit son enquête et découvre des aspects charmants à son séjour : les automates de son oncle, les porcelaines de Lane, le patin à roulettes sur le parquet de la salle de danse, les recherches scientifiques de Ben, la campagne environnante... Mais l'échéance approche et Katherine doit prendre une décision pour Darkwind et pour elle-même.

Ne vous arrêtez pas à la couverture VF avec cette demoiselle en train de minauder - Katherine n'est nullement une jouvencelle timorée et influençable. Elle fait preuve de sang-froid et de courage, tout en avançant dans ce dédale avec l'esprit confus (on le serait à moins). Certes, le danger est sournois et l'atmosphère pesante. J'ai néanmoins pleinement succombé au charme de cette lecture. C'est sombre, romantique et captivant comme un roman gothique. Une très bonne surprise. 

Bayard (2015) - traduit par Vanessa Rubio-Barreau

Titre VO : The Dark Unwinding

à suivre dans Darkwind : Une étincelle dans la nuit

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16/01/19

Pëppo, de Séverine Vidal

PeppoUn matin, Pëppo découvre un petit mot de sa sœur Frida lui annonçant qu'elle vient de mettre les voiles et lui confie ses deux dodus le temps de se retourner. Le môme de 17 ans tombe des nues.
Déjà, il faut savoir que Pëppo vit dans une caravane et dans un camping délabré. Ses parents sont actuellement en tournée sur une croisière et ne rentrent qu'à la fin de l'été. Le reste du temps, le frère et la sœur doivent se débrouiller avec le quotidien. En plus, Frida est maman de deux bambinos et trime comme une malade pour faire bouillir la marmite.
Résultat des courses, Frida a capitulé et filé sans demander son reste. Pëppo en reste comme deux ronds de flan mais ne va pas se débiner. Les marmots, il en fait son affaire. Les biberons, les couches, il gère. Puis cap sur la plage à bord d'une vieille charrette de marchand de glaces qu'il a bidouillée exprès pour trimballer les jumeaux.
Car la vie de Pëppo, c'est le surf. Il passe des journées entières à attendre la vague et glisser sur sa planche. Parfois il envisage de se rendre au lycée, même si côtoyer ses congénères lui donne souvent de l'urticaire. Et il y a cette Marie-Lola, au prénom ridicule, avec ses bagues sur les dents et ses étoiles sur les ongles, qui parle tout le temps mais qui commence aussi à lui faire du bien... C'est nouveau, ça. Pëppo ne comprend pas.
Enfin, la vie est une pochette-surprise avec ses rencontres, ses routes, ses lumières, ses chansons et son café-chaussette. Ça rigole pas mal dans cette histoire, ça tire aussi la langue. Mais au bout du compte, ça chante et ça danse sous les étoiles. Au final, ça propulse une formidable énergie et une envie de croire en son prochain. Amitié, solidarité, entraide et roublardise se bousculent et composent cette lecture aux accents franchouillards.
C'est très sympa comme lecture estivale. En tout cas, ce que j'apprécie par-dessus tout, c'est la plume de l'auteur. Un style inimitable, des mots qui semblent glousser sur la ligne... C'est une démonstration sans fausse note d'une parfaite virtuose. N'hésitez pas à jeter un petit coup d'œil en passant : ça se savoure en faisant claquer sa langue contre le palais. Tutto finisce a tarallucci e vino !

Bayard jeunesse (2018) - illustrations : Chez Gertrud

 

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17/12/18

Les Âmes perdues, Tome 1 : Les Terres du bas, de Jeff Giles

Les âmes perdues TOME 1 Les Terres du basZoé vient de vivre une année difficile, après la disparition tragique de son père, dans un accident de spéléologie, puis par la mort brutale de ses voisins, un couple âgé sauvagement assassiné par un individu en fuite. Depuis, Zoé a le sentiment de perdre tous ceux auxquels elle tient et partage avec sa mère et son petit frère un quotidien précaire et morne.
Mais l
e jour où Jonah se perd dans la forêt, alors que Zoé était supposée l'avoir à l'œil, elle refuse la fatalité et se précipite hors de la maison pour le retrouver. Malheureusement, elle croise le chemin d'un criminel. Débarque ensuite un parfait inconnu, avec des pouvoirs magiques. Zoé est sidérée. Ce garçon prétend venir des Terres du Bas, en tant que Chasseur d'âmes. En volant à son secours, il vient non seulement de griller sa couverture mais aussi de mettre Zoé et sa famille en danger.
Voilà un roman assez complexe, car si le début se révèle fascinant, dans le genre mystérieux et émouvant (écriture lyrique, descriptions poignantes, dialogues cocasses), la suite n'a eu de cesse de me désappointer.
En vérité, je n'ai pas du tout accroché à l'histoire du grand amour, hélas le pivot de l'intrigue. Concrètement, Zoé s'attache et tombe amoureuse d'un type surgi de nulle part. Vite, trop vite. Elle balaie tout d'un revers de la main pour s'en remettre à cet ange gardien. Comment dire ? La fulgurance des sentiments, la romance inéluctable et néanmoins impossible, non merci. De plus, ce garçon a aussi de lourds bagages à traîner : i
l a oublié son passé, ne connaît pas son nom, a grandi dans les Terres du bas, l'équivalent de l'enfer, où il a été formaté pour obéir et accomplir des missions, sans libre arbitre. Qu'on ajoute du romantisme, oui... forcément, on adore. Mais à doser au plus juste car là, trop, c'est trop. C'est maladroit, parfois incongru et superficiel.
C'est un peu dommage, car j'ai vraiment 
aimé l'ambiance hivernale du roman, je me sentais bien dans le cocon douillet de la petite maison de famille, même si l'humeur n'est pas toujours au beau fixe. Il règne une osmose délicieuse, douce et bienveillante, ce qui fait un bien fou à sept jours de Noël. Le changement de décor, avec les Terres du bas, a du bon aussi car on s'aventure plus loin, on croise d'autres fantômes, on perçoit un peu de tension dramatique et on gratouille la coquille qui enveloppe la figure énigmatique du garçon qui fait tant battre le cœur de Zoé.
Reste cette sensation de roman bancal, inégal. 
En somme, oubliez le sirop, optez pour l'action. À suivre, donc.

bayard jeunesse (2018) - traduit par Emmanuelle Urien

Titre VO : The Edge of Everything

 

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13/12/18

Le Village des Monstres, de Hélèna Villovitch

Le village des monstresChaque lundi matin, un petit groupe d'enfants s'apprête à monter dans le mini-bus pour se rendre à l'école... qui se trouve à un kilomètre du village. Les parents redoublent d'indications à la prudence, couvrent leurs mômes et confient au chauffeur la prunelle de leurs yeux. Ils seront de retour à la maison une semaine plus tard, car tous doivent dormir sur place.
C'est ensuite au couple des Cormoran de prendre la relève en les bichonnant avec leurs plats préférés, en veillant à ne leur lire que des contes où tout finit bien, à éviter tout effort physique épuisant. Nos jeunes amis vivent sous cloche et s'en portent assez bien. Du moins, c'est avant que Bichon s'emporte contre ce voile cotonneux qui les enveloppe. Ce n'est plus possible de vivre dans l'illusion d'un monde sans heurt. Il se murmure même que les vraies histoires, lues le soir avant de s'endormir, sont beaucoup plus féroces : ils n'ont d'ailleurs jamais entendu l'existence du loup dans Le Petit Chaperon rouge ou de la sorcière dans Hansel et Gretel !
La bande se rebiffe et décide de retourner au village en pleine nuit pour découvrir ce que trafiquent leurs parents. A-t-on idée de se débarrasser de la marmaille en habitant si près ? Mais ce que nos enfants vont découvrir risque fortement de les glacer de terreur.
Choc traumatique droit devant. Cela va secouer votre imagination la plus débridée !
En fait, ce petit roman est extra car il vous embarque au-delà des limites de la simple divagation. C'est très, très drôle en plus d'être efficace. Votre esprit carbure à mille à l'heure à spéculer ce qui se trame dans cette étonnante histoire.
Le tout est bien troussé, malicieux et illustré avec tendresse par Lucie Durbiano. La mise en scène est soucieuse des détails et joue habilement avec les codes du suspense et de l'épouvante. Vos enfants vont frémir sous leur couette : franchement top !

bayard jeunesse (2018) - illustrations de Lucie Durbiano

 

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Marabel et le Livre du Destin, de Tracy Barrett

Marabel et le livre du destinMarabel est une jeune princesse qui a toujours eu conscience de son rang : vivre dans l'ombre de Marco, son frère jumeau. Même le Livre du Destin, qui dicte la politique du royaume de Magikos, est sans équivoque car il ne cite jamais son existence.
N'imaginez pas que notre jeune héroïne cultive une amertume à ce sujet, loin de là. Elle n'est soumise à aucune contrainte, mène une existence tranquille et entretient de bonnes relations avec ses proches. D'ailleurs, tous ont à cœur de célébrer leur 13ème anniversaire dans la joie et la bonne humeur. Cette cérémonie doit également sacrer l'Élu et consolider le Royaume de Magikos.
Malheureusement, la fête va sombrer dans le chaos, alors qu'un sortilège est lancé pour figer les convives et détourner leur attention. Marco est kidnappé sous les yeux de sa sœur, laquelle décide de voler à son secours.
En fait, notre demoiselle prend des leçons d'escrime en cachette et a du courage à revendre. Elle a soif d'action et de liberté, fonce droit devant en compagnie de sa servante, Ellie et de Floriano, une licorne capable de parler. Ensemble, ils vont s'aventurer hors des murs de leur cocon douillet, traverser une forêt hanté par des ogres, des trolls, des Monstres... 
Franchement, cette lecture est un enchantement de péripéties en tous genres : un croisement entre le conte de fées et la comédie burlesque. C'est étourdissant. On passe un assez bon moment (j'ai un petit souci avec le rythme de cette histoire) et on se déconnecte du quotidien le temps de picorer ce livre qui s'adresse à « tous ceux qui ont le courage de créer leur propre destinée ».
Très positif et entraînant.

bayard jeunesse (2018) - traduit par Emmanuel Plisson

titre VO : Marabel and The Book of Fate

couverture illustrée par Sara Gianassi

 

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13/11/18

Pêle-mêle : Bienvenue à Filouville - Je suis petite - Chatouille-moi si tu l'oses - Le Gristiti

Bienvenue à filouville le voleur de reves

Un mystère plane sur Filouville : un voleur se faufile dans les chambres pour chiper les rêves ! Comment est-ce possible ? Et qui est le coupable ? Malo réunit ses camarades, Camélia, Vlad et Gildas, pour mener une enquête palpitante. La liste des suspects est dressée, la filature peut commencer, et tous se retrouvent le soir pour rester en éveil et attraper le gredin sur le fait !

Qu'ils sont adorables, ces bambins de Filouville, dont les aventures se lisent en toute simplicité et avec délectation. On peut même suivre avec son doigt leurs cavalcades, grâce à la carte de la ville glissée à la fin du livre. Cette nouvelle série est aussi adaptée de l'univers des Filous du CP (Tu lis, je lis) en version album. Tout mignon, vraiment.

Bienvenue à Filouville : Le voleur de rêves, de Mr Tan & Aurore Damant

bayard jeunesse, 2018

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Je suis petite

Mimi est la petite dernière de la famille, et elle est vraiment toute petite. Même le chien la dépasse d'une tête. À l'école ou dans la rue, elle est quasi transparente. La fillette soupire, c'est vexant, il est temps que ça change, quand est-ce qu'elle va pousser pour voir le monde comme les grands ? Heureusement, il y a aussi quelques avantages à être minuscule : les bonnes cachettes introuvables, la première à la cantine, les plongeons dans la baignoire, les courses avec Gaston... Un jour, grande nouvelle pour Mimi, ses parents ont une nouvelle fabuleuse à lui annoncer : elle est désormais grande sœur ! 

On aime beaucoup la douceur dans cet album, la délicatesse à raconter les avantages et les inconvénients d'être différent. Et toute la tendresse familiale qui en découle, c'est joli... vraiment. La chinoise Qin Leng fait montre de tact, de talent, de sensibilité. Sans fausse note.

Je suis petite, de Qin Leng

bayard jeunesse, 2018

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CHATOUILLE-MOI SI TU L’OSES

Attention, âmes sensibles, cet album va mettre vos nerfs à rude épreuve (je rigole), mais jugez plutôt les vilaines bestioles qui s'y bousculent... Une araignée aux pattes velues, un squelette aux vieux os rouillés, un monstre au gros bidon poilu, une sorcière au nez crochu plein de verrues, un loup aux grandes oreilles et aux dents pointues, une momie aux bandelettes dégoulinantes. Votre compte est bon ? Le trouillomètre a explosé. C'est bon, refermez vite le livre !

En tout cas, les enfants vont bien se marrer à tripatouiller les uns et les autres (textures velours ou gluantes... au choix). C'est une façon distrayante d'apprivoiser ses peurs et ses cauchemars. Allez ouste ! On chatouille, on chatouille... 

Chatouille-moi si tu l'oses, de Charlotte Ameling

Milan (2018)

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Le Gristiti

Une fillette rentre chez elle d'un pas peu rassuré, avec dans la tête une mélodie qui distille soupçon et angoisse Le Gristiti, le Gristiti... Mais de quoi s'agit-il ? Des pas dans la cheminée, un frôlement d'ailes, des objets dérobés... les habitants se questionnent. Le Gristiti, le Gristiti... Il se glisse chez toi, tu crois tout savoir, mais en réalité tu marches dans le noir !

Quelle fantastique histoire, d'abord dans une ambiance british et vintage, Londres n'en paraît que plus envoûtante ! Puis un vrai mystère plane, les teintes sont crépusculaires, toutes les cartes pour créer du suspense sont distribuées. Il souffle un petit vent de panique dans cette histoire, et j'avoue que ça m'a beaucoup plu. La petite ritournelle est obsédante, l'humour tartiné en couches onctueuses... on se régale de bout en bout ! Une lecture fascinante et très réussie.

Le Gristiti, de Benji Davies

milan (2018)

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18/09/18

Love & Gelato, de Jenna Evans Welch

love gelatoAvant de mourir, la mère de Lina lui fait promettre de partir en Italie pour faire la connaissance de Howard. Cet homme aurait beaucoup compté dans sa vie, si bien que la jeune fille suppose qu'il pourrait être son père. Mais pourquoi n'en a-t-elle jamais entendu parler auparavant ?
Encore sous le choc, complètement bouleversée, Lina accumule un trop-plein d'émotions et se rend à Florence à contrecœur. Sur place, ses premiers pas sont raides. Elle débarque chez un inconnu et découvre qu'elle va vivre dans un cimetière - Howard est gardien d'un mémorial de la Seconde guerre mondiale. Lina agit comme une automate, ne cesse de se poser mille questions sur sa mère et Howard, et s'imagine trouver des réponses dans le journal intime de celle-ci.
Au final, l'histoire va réserver à notre héroïne de bien jolies découvertes et des rencontres fabuleuses. Doucement mais sûrement, Lina va prendre goût à la culture italienne, s'imprégner du folklore local et côtoyer la jeunesse cosmopolite avec insouciance. En élargissant son horizon - ainsi que ses papilles, ses yeux et son cœur - elle aura le sentiment de mieux comprendre sa mère, de ressentir toute son histoire avec ses secrets.
Je dois avouer que ce roman a su me charmer, avec son romantisme, sa tendresse et sa gourmandise. C'était délicieux de parcourir la campagne et les rues florentines, de partager les rêves d'une jeune étudiante en art, de sécher ses larmes, de reprendre espoir, de flâner avec un cornetto con Nutella à la main, de s'échapper sur une Vespa et d'avoir le cœur qui bat trop fort... Allez hop ! cela ne coûte rien d'essayer, si ce n'est de passer un moment savoureux et réconfortant dans une ambiance géniale. Un petit roman parfait pour l'évasion.

Bayard jeunesse (2018) - traduit par Pascale Jusforgues

 

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09/08/18

En poche ! La magnifique, d'Anne-Laure Bondoux

Roman préalablement publié sous le titre Pépites (2005)

la magnifique anne laure bondouxBella Rossa a vingt ans et possède une beauté sauvage (une chevelure rousse, des formes généreuses et une poitrine plantureuse qui lui attire bien des ennuis).
Elle s'occupe seule de la ferme familiale à Maussad-Vallée. Son père est devenu paralytique suite à une mauvaise chute et passe son temps à boire. Sa mère a fichu le camp des années plus tôt en suivant des pélerins vers l'Ouest.
Avec la guerre, Bella Rossa sent le vent tourner et décide de quitter la ferme après une altercation un peu chaude avec des soldats. Elle charge fissa son barda à bord d'une vieille carriole et décide de tenter sa chance en ruant elle aussi vers l'or.
En chemin, elle croise un séduisant sergent, Jaroslaw Modrzejewski... une rencontre pour le meilleur et pour le pire.


Caramba ! Voilà une histoire passionnante, qui nous fait vivre des émotions fortes et bouleversantes. Il y a certes une histoire d'amour orageuse, avec ses hauts et ses bas.
Mais elle ne doit pas nous faire oublier le beau
 portrait de femme dans toute sa complexité : sa conquête de la liberté et son lot de déconfitures.
Loin des clichés, le
 Far-West révèle aussi son univers cru et sans pitié. Notre Bella Rossa est farouche, elle ne manque pas de courage et va traverser des petites villes paumées, avec ses communautés inquiétantes, ou d'autres plus chaleureuses, sans masquer les drames humains toujours plus touchants.
C'est parfois dur, mais la fascination n'en est que plus intacte. Dès les premières lignes, on plonge aussitôt dans l'ambiance. On ressent un total dépaysement et un réel envoûtement. 
Les personnages sont attachants, le style de l'auteur est tour à tour poétique et captivant. Impossible de lâcher prise.
En somme, ce voyage au pays des cowboys et des prospecteurs, en plein Gold Rush, est juste parfait ! J'ai adoré.

Bayard coll. Je Bouquine (2018 pour la présente édition)

couverture illustrée par Frédéric Rébéna

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