02/07/20

Mortelle Adèle : Mortel un jour, mortel toujours ! de Mr Tan & Diane Le Feyer

Mortelle Adèle Mortel un jour, Mortel toujoursNouvelle star des cours de récréation, Mortelle Adèle doit son succès à la série publiée en bande dessinée racontant des petites histoires rigolotes dans lesquelles notre héroïne au caractère bien trempé exploite son imagination débordante au service d'expériences souvent peu recommandables !

Pour la première fois, ses fidèles lecteurs peuvent la découvrir dans un nouveau format, à travers un court roman de 80 pages, où l'esprit caustique et irrévérencieux d'Adèle est toujours chouchouté. La demoiselle vient en effet de créer un détecteur de mortellitude. 

Il est temps pour elle de tester son invention à l'école afin de démasquer ses sembables. Lasse d'être la seule Mortelle (bizarre et insensible et impitoyable et redoutable créature) ? Il se pourrait bien. Alors, qui de Geoffroy (son amoureux trop guimauve), Jade et Miranda (les deux courges siphonnées), Jennyfer (son auto-proclamée meilleure amie pour la vie... dans ses rêves), ou encore Ludovic (ce garçon mystérieux qui bouquine dans son coin) serait donc son alter ego ? 

Le suspense est entier.

L'histoire est banale mais racontée avec un humour caustique qui fait sourire. Avouez qu'il vous tarde de connaître qui serait « le fromage fondu sur le toast de ma folie ! la chantilly de ma glace aux bêtises ! toutes ces années où je pensais être seule en haut de ma tour de bizarrerie, il était le vent qui soufflait jusqu'à moi des pensées folles et déraisonnables »

Une chouette lecture pour les plus mordus & accros de cette série au succès explosif ! 16 tomes, 3 millions d'exemplaires vendus, 4 hors-série, un spin-off sur Ajax le chat et des produits dérivés... Bref. C'est un carton.

Bayard, 2020 / illustrations de Diane Le Feyer

 

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11/03/20

Mystère au manoir (Les Nouveaux Détectives #1), par Lauren Magaziner

mystere au manoirQuand j'étais gamine, j'adorais les livres « où vous êtes le héros ». J'aimais choisir mes propres pistes et ne pas saisir la perche qu'on me tendait grossièrement. J'avais déjà un sens de la contradiction très prononcé.
Maintenant je trouve toujours sympa de lire des histoires qu'on peut inventer soi-même (mais les ficelles sont grosses, je suis une vieille aguerrie... bouh !). J'ai beau emprunter les chemins de traverse, la partie de rigolade touche trop tôt à sa fin.
Exemple avec ce roman : Mystère au manoir, par les Nouveaux Détectives.
Pour sauver l'agence de sa maman, clouée au lit à cause d'un rhume, Carlos la remplace au pied levé et rencontre une dame très riche qui souhaite retrouver le trésor caché de son défunt mari, sauf qu'elle reçoit des menaces de mort pour l'inciter à quitter son manoir.
Carlos recrute son amie Eliza et son petit frère Frank pour relever le défi. Sur place, les suspects ne manquent pas : l'avocat ambitieux, le majordome irascible, la voisine espionne, le jardinier snobinard ou la fille déshéritée. Tous sont louches et ont plus d'un tour dans leur sac pour déjouer les jeunes détectives avec leurs questions. Aucune discrétion. Les filatures sont mises à nu et selon les indications l'affaire peut se classer sans avoir le temps de dire ouf.
Même pas cinq minutes, pour moi. Carrément tombée dans le panneau. Pff !
Pour les amateurs du genre, c'est une chouette petite lecture.

bayard jeunesse, 2020 - traduit par Eric Moreau

 

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15/01/20

Show Stopper, par Hayley Barker

ShowstopperMagnifique couverture mais lecture assez plate !

Dans un monde imaginé (Londres, 2045) avec une société divisée entre les Purs et les Bâtards, un Cirque déambule pour présenter ses numéros hors du commun. Afin de satisfaire le public, avide de sensations fortes, il faut pousser sans cesse les limites. Ainsi il n'est guère surprenant de mettre en scène des lions en train de dévorer des artistes ou des requins se jeter sur des filles ligotées pour le show... Ce spectacle de l'Horreur procure des Oh et des Ah d'admiration, faisant fi de toute moralité. Après tout, les acrobates ne sont que des rebuts de la société. Des pièces interchangeables, rien à tirer de cette engeance.

Pour Benedict Baines, le Cirque le fascine depuis qu'il a aperçu au loin une funambule et ne s'explique pas ce qu'il ressent. « Mon cœur hurle que c'est mal. Hoshiko, moi, tout ceci. Le Cirque, le monde - c'est mal. Mon cœur me crie de la suivre. Ma tête me dit d'arrêter de faire l'idiot. Je ne vis pas un conte de fées débile. Ce monde, c'est celui dans lequel nous vivons. Les choses sont ainsi. À quoi ça sert de souhaiter qu'elles soient différentes ? Je ne suis qu'un adolescent. Un adolescent tout seul. Point. Regardez ma famille, ma vie, ce que je suis. Je fais partie de ceux qui ont eu de la chance. Je suis du bon côté du gouffre qui divise notre monde en deux. Ce profond et infranchissable abîme. Et je ne peux rien y changer, même si j'en ai le désir. »

Hoshiko incarne le Chat sur scène depuis plusieurs années. Elle subit la tyrannie de Silvio (un Monsieur Loyal pathétique) et prend soin de ses camarades les plus vulnérables. L'arrivée dans son existence de Ben l'irrite au plus haut point : c'est le fils de la Ministre du Contrôle des Bâtards dont les discours virulents découlent sur des mesures radicales. Hoshiko déteste les Baines et leur caste en général. Savoir que ce garçon lui tient la main, lui adresse des mots doux et lui montre de la tendresse la perturbe et chamboule son univers.
Bref.

Ce que j'ai regretté dans cette lecture, c'est d'abord la promesse d'une histoire palpitante, d'un amour contrarié et d'une aventure déchirante. Car le résultat est moins transcendant : tout arrive soudainement, les événements, les émotions, les actions. Les personnages ne se connaissent pas et voudraient nous faire gober à leur romance ? Hum. On nous sert aussi une vision trop machiavélique de leur société : les méchants sont trop méchants... aucune nuance. C'est tout noir, tout blanc : un peu léger, tout ça.

Par contre, le roman se lit rapidement - le rythme est entraînant, la narration est alternée même si elle n'enrichit que très peu l'intrigue (beaucoup de répétitions, je trouve). L'auteure prétend avoir écrit Showstopper en réaction au racisme qui enfle autour d'elle. Pour ça, elle s'inspire des Jeux du Cirque (la passion des Romains) et reprend les mêmes abus et autres excès qui consistent à torturer des esclaves pour divertir une foule en liesse. Certaines scènes sont choquantes mais remarquables car (honteusement) réussies.

Verdit personnel : une lecture glaçante, qui sème parfois le trouble. Les émois amoureux sont de trop ou ont juste été mal exploités. Un deuxième tome doit paraître (Show Stealer).

Bayard (2019) - Traduit par Laurence Bouvard

 

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18/11/19

Le Gardien des tempêtes, par Catherine Doyle

Le Gardien des tempêtesÀ l'approche de son douzième anniversaire, Fionn accompagne sa sœur Tara sur l'île d'Arranmore où vit son grand-père. Cet homme est un grand collectionneur de bougies qu'il bichonne avec tendresse mais c'est aussi un homme taiseux et assez énigmatique. Fionn ne se réjouit pas des vacances qui l'attendent. De plus, cette île est marquée par le souvenir de la mort de son père, disparu tragiquement dans une noyade. Leur mère a depuis renoncé à retourner sur l'île de leur enfance et tiré un trait sur ses légendes.

Car Arranmore n'est pas une île quelconque. Elle couve sur ses terres des contes de sorcellerie et de magie que Fionn va peu à peu découvrir. En fait, le garçon est également attiré par des voix invisibles et se sent connecté à l'aura mystérieuse qui l'entoure. Seulement, impossible d'en parler avec quiconque. Sa sœur part toute la journée avec son petit copain en quête d'une grotte et son grand-père livre avec parcimonie les secrets de leur famille.

Les Boyle ne sont effectivement pas une famille ordinaire... là non plus. En tout cas, dans ce roman, tout est mis en place pour séduire le lecteur : des paysages grandioses, des traditions et des héritages non négligeables, des dangers qui rôdent, des personnages difficiles à cerner... J'avoue que les ingrédients convoqués avaient tout lieu de me plaire - et je voulais être ensorcelée par cette lecture.

Toutefois, la magie n'a pas fait tilt. Je ne sais pas. Je ne me passionnais pas pour ce que je lisais. J'imprimais les mots sans les absorber. Je restais spectatrice sans parvenir à m'imprégner complètement de l'histoire. Elle ne m'obsédait pas et je n'étais pas impatiente de la retrouver. Par contre j'avais envie de l'aimer ! J'ai essayé de toutes mes forces de déclencher une émotion... hélas, sans succès.

Malgré tout, c'est un chouette petit roman, baignant dans une atmosphère fantastique et porté par une aventure incroyable (pleine de magie et de secrets).

Bayard jeunesse (2019) - Traduction de Sidonie van den Dries

À partir de 10 ans

 

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08/10/19

La Carte des jours (Miss Peregrine et les enfants particuliers 4), de Ransom Riggs

La Carte des joursQuatrième tome inattendu dans la série Miss Peregrine et les Enfants Particuliers ! Certes, on savait Jacob dans une impasse depuis son retour à la normalité. Mais ses amis lui réservent une grande surprise en débarquant en Floride. Leur objectif : s'adapter au monde moderne au cours d'un apprentissage haut en couleur.
Malgré tout, le souvenir d'Abe Portman demeure toujours vivace chez nos Particuliers. Tous ont envie de visiter sa maison et de connaître sa vie loin de leur boucle temporelle. D'où les découvertes qui vont lancer Jacob, Emma et leurs camarades sur les traces d'un ancien complice, aux abords d'un restaurant asiatique et au sujet d'une jeune fille isolée dans un monde inadapté à ses compétences. Une mission qu'ils vont relever sans l'aval de leur directrice.
Et notre Miss Peregrine va être remontée comme un coucou !
Étonnamment, cette lecture a été pour moi une vraie récréation... alors que je pensais avoir fait le tour de cette série dont l'univers insolite est aussi la très grande force. J'ai probablement lu ce roman au bon moment - période automnale propice aux ambiances surannées - tout en goûtant au plaisir de la version audio (texte lu par l'excellent Benjamin Jungers).
Au démarrage l'excitation des retrouvailles laisse vite place à un doux ronronnement car il ne se passe pas grand-chose. J'ai néanmoins apprécié cette quiétude et me dire que je reprenais contact avec de vieux amis. Bref : ça fait du bien. Ceci dit, l'intrigue se peaufine et vient grattouiller certaines zones qui méritaient de l'être (l'idylle entre Jacob et Emma par exemple...). Ce nouveau cycle est comme un prolongement à un monde déjà très riche et fascinant... c'est donc tout bon pour continuer l'aventure !

©2018 / 2019 A Map of Days, The fourth novel of Miss Peregrine's Home for Peculiar Children / Bayard Éditions pour la traduction française (par Sidonie Van den Dries) (P)2019 Audiolib

La suite tant attendue de la série culte Miss Peregrine est un jeu de piste trépidant où se côtoient humour, surprise et suspense.

#ChallengeHalloween #CosyHalloween

 

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24/09/19

Eragon, de Christopher Paolini

EragonEragon, jeune fermier de quinze ans, mène une petite vie tranquille chez son oncle et son cousin. Un jour, en rentrant de chasse, il tombe sur un étrange caillou. Une pierre magnifique, bleue et lisse, qu'il espère troquer contre de la viande pour l'hiver. Malheureusement cette trouvaille ne convainc pas les commerçants... le garçon décide donc de la ramener chez lui.
La venue d'un conteur vagabond va finalement bouleverser son existence car Brom, avec ses légendes au sujet de dragons et de dragonniers tous disparus, a éveillé sa curiosité et rallumé une flamme éteinte. Par contre, l'existence préservée chez son oncle est menacée et Eragon doit partir au plus vite. Un long périple, harassant et semé d'embûches, attend notre tandem et son escorte - la splendide Saphira.

Un début enthousiasmant - promesse de découvertes et d'observations. On débarque, on fait le tour du proprio, on écoute, on prend des notes et on suit la lumière du couloir pour ouvrir la prochaine porte. L'aventure devient alors un peu plus épique, avec un Eragon qui assume son statut de héros courageux face au danger. L'action s'ébroue pour apporter un soupçon de peps.
Globalement la lecture est efficace et entraînante, même si le déroulement demeure assez linéaire (ceci dit, ça m'a semblé assez long en format audio). La relation entre Eragon et Saphira montre leur attachement profond et leur complicité parfois teintée de jalousie (notamment quand le garçon tombe sous le charme de l'elfe). Il y a aussi une bataille finale qui rappelle fort celle vue dans Tolkien. Mais c'est tout bon.
On sent la jeunesse de l'auteur - sa fougue, son mimétisme, sa joyeuse exaltation à raconter son histoire fantastique et flamboyante. La version audio qui m'a permise d'être à la page est également agréable à écouter (texte lu par Olivier Chauvel) pour une immersion réussie dans cet univers pour le moins ambitieux (19 heures de patience et d'abnégation). Je ne demande qu'à poursuivre l'aventure et accompagner Eragon dans sa quête... malgré la sensation de longueur ressentie et la voix trop étouffée (asthmatique ?) de Saphira.

©2010 Bayard Éditions (P)2019 Audiolib

La saga culte arrive enfin en livre audio !
Laissez-vous emporter dans les inoubliables aventures d'Eragon,
à travers la lecture exaltante d'Olivier Chauvel.

eragon audio

Depuis des décennies, le mal règne dans l'Empire d'Alagaësia. Un jour, Eragon, un jeune fermier, découvre au cœur de la forêt une pierre magnifique. Elle est si bleue, si lisse ! Fasciné, il l'emporte à Carvahall, le village où il vit avec son oncle et son cousin. Comment pourrait-il deviner qu'il s'agit d'un œuf, et qu'un dragon porteur d'un héritage ancestral, aussi vieux que l'Empire lui-même, va éclore ? Dès lors, la vie d'Eragon est bouleversée. Contraint de quitter les siens, il s'engage dans une quête qui le mènera aux confins de l'Alagaësia. Guidé par les conseils de Brom, un vieux conteur, le garçon devra affronter, avec sa dragonne bleue, Saphira, les terribles ennemis envoyés par le roi dont la malveillance démoniaque ne connaît aucune limite. Eragon n'a que quinze ans, mais le destin de l'Empire est désormais entre ses mains.

 

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26/06/19

Out of control, par David Lubar

Out of ControlCliff est en dernière année au lycée mais a déjà compris qu'il n'irait pas à l'université car son père au chômage n'a pas l'intention de dépenser un sou de plus pour son rejeton. Le gosse a pourtant de bonnes notes et un job à temps partiel. Malheureusement toute discussion est impossible. L'attitude du père est tyrannique, l'ambiance à la maison est désormais irrespirable.
Pour chasser ses idées noires, Cliff fantasme sur la nouvelle fille de sa classe d'arts plastiques. La belle et inaccessible Jillian. Lui si discret préfère rêver son idylle plutôt que de prendre des risques... échaudé par une première expérience encore traumatisante. Il a depuis renoncé à sortir avec des filles et libère sa frustration en rédigeant rageusement son cahier.
Car Cliff est en colère et va péter un câble. Contre son père, contre les sportifs de l'école, contre la vie en général. Ce défouloir sur 400 pages est aussi le reflet du quotidien pas toujours drôle et loin d'être tendre des jeunes d'aujourd'hui. Ça cogne dans tous les sens du terme et ça laisse son empreinte - notamment auprès des plus concernés. On y parle des problèmes d'autorité, de sexe et aussi d'avenir. C'est sans filtre. Un style cash et sans complexe qui interpelle.
Si je n'ai pas aimé le narrateur (je suis trop vieille), j'ai néanmoins trouvé son discours pertinent. Il y a un brin de cynisme dans ce portrait et jamais d'auto-apitoiement qui élimine toute idée de taxer cette lecture de porte-drapeau.

Bayard (2019) - Traduit par Dominique Kugler

Titre VO : Character, Driven

 

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26/03/19

Jackaby, de William Ritter

jackabyPour sa première mission auprès de R.F. Jackaby, Abigail Rook est prévenue : son nouveau travail n'est pas sans risque ni pour les âmes sensibles. Heureusement, la jeune fille a du cran. Tout juste débarquée d'Europe, où elle a plaqué ses études et sa famille, elle cherche un vrai sens à sa vie. En apparence, New Fiddleham offre peu de perspectives émoustillantes. Et pourtant...
Sa rencontre avec le détective de l'étrange va provoquer tout sens commun. Aux yeux de la ville, Jackaby est un excentrique un peu fou, spécialisé dans les affaires paranormales. Il vit dans une grande demeure bourgeoise, hantée par le fantôme de son ancienne propriétaire. La police n'apprécie pas beaucoup lorsqu'il marche sur leurs plates-bandes - et le place souvent en garde à vue - mais n'est pas sourde à l'énumération de ses improbables élucubrations lorsque des crimes sanguinaires brouillent la raison. 
Il faut lire ce roman pour son ambiance singulière - qui fiche un peu les jetons aussi - et parce que l'histoire est glauque, bizarre et fascinante. On y croise d'étonnantes créatures, parfois folkloriques, d'autres fois diaboliques, et surtout on mène une enquête insolite (pas très originale mais assez prenante pour tenir la distance). Tandem gagnant pour Jackaby et Abigail : respect mutuel et spontanéité dans leurs échanges donnent une relation sans ambiguïté, qui ne manquera pas non plus de s'étoffer au fil des prochaines affaires, cf. Sur les traces de la Bête.
En bref, une lecture qui s'inspire des romans de Sherlock Holmes mais en apportant sa touche personnelle. Une très bonne surprise.

Bayard (2018) - traduit par Patrice Lalande

« Il est souvent difficile pour les autres de saisir la nature de ce don que je suis le seul à avoir. Il me permet de déceler la vérité là où les autres ne voient qu'illusion... Car le monde est une scène et il semblerait que je sois le seul spectateur capable de voir derrière le rideau. »

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11/03/19

Darkwind : Mécanique infernale, de Sharon Cameron

Darkwind mécanique infernaleAngleterre, 1852. Katherine a pour mission de se rendre chez son oncle Tulman pour s'assurer de sa santé mentale car sa tutrice craint qu'il ne dilapide la fortune familiale. Sur place, la jeune fille est impressionnée par le manoir de Darkwind mais comprend que ça ne tourne pas rond entre ses murs. 
L'apprenti de son oncle lui réclame alors 30 jours pour comprendre le bon déroulement de leur étrange communauté. Libre à elle de statuer sur leur sort selon ses observations. Pour Katherine, c'est aussi sa propre liberté qui est dans la balance d'où son scepticisme à adhérer aux excentricités de Darkwind.
Pourtant, l'ambiance est envoûtante. Mystérieuse mais fascinante. Les chambres sont sales et abandonnées, la cuisinière est revêche, des bruits étranges résonnent la nuit dans les couloirs. Katherine elle-même devient hystérique et fait des crises dont elle ne garde aucun souvenir. Elle ne cherche pas à détromper le personnel qui s'imagine qu'elle boit en cachette. La jeune femme a trop peur d'admettre qu'un mal la ronge.
Les jours passent dans cette atmosphère sinistre. Katherine poursuit son enquête et découvre des aspects charmants à son séjour : les automates de son oncle, les porcelaines de Lane, le patin à roulettes sur le parquet de la salle de danse, les recherches scientifiques de Ben, la campagne environnante... Mais l'échéance approche et Katherine doit prendre une décision pour Darkwind et pour elle-même.

Ne vous arrêtez pas à la couverture VF avec cette demoiselle en train de minauder - Katherine n'est nullement une jouvencelle timorée et influençable. Elle fait preuve de sang-froid et de courage, tout en avançant dans ce dédale avec l'esprit confus (on le serait à moins). Certes, le danger est sournois et l'atmosphère pesante. J'ai néanmoins pleinement succombé au charme de cette lecture. C'est sombre, romantique et captivant comme un roman gothique. Une très bonne surprise. 

Bayard (2015) - traduit par Vanessa Rubio-Barreau

Titre VO : The Dark Unwinding

à suivre dans Darkwind : Une étincelle dans la nuit

Image associée

 

 

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16/01/19

Pëppo, de Séverine Vidal

PeppoUn matin, Pëppo découvre un petit mot de sa sœur Frida lui annonçant qu'elle vient de mettre les voiles et lui confie ses deux dodus le temps de se retourner. Le môme de 17 ans tombe des nues.
Déjà, il faut savoir que Pëppo vit dans une caravane et dans un camping délabré. Ses parents sont actuellement en tournée sur une croisière et ne rentrent qu'à la fin de l'été. Le reste du temps, le frère et la sœur doivent se débrouiller avec le quotidien. En plus, Frida est maman de deux bambinos et trime comme une malade pour faire bouillir la marmite.
Résultat des courses, Frida a capitulé et filé sans demander son reste. Pëppo en reste comme deux ronds de flan mais ne va pas se débiner. Les marmots, il en fait son affaire. Les biberons, les couches, il gère. Puis cap sur la plage à bord d'une vieille charrette de marchand de glaces qu'il a bidouillée exprès pour trimballer les jumeaux.
Car la vie de Pëppo, c'est le surf. Il passe des journées entières à attendre la vague et glisser sur sa planche. Parfois il envisage de se rendre au lycée, même si côtoyer ses congénères lui donne souvent de l'urticaire. Et il y a cette Marie-Lola, au prénom ridicule, avec ses bagues sur les dents et ses étoiles sur les ongles, qui parle tout le temps mais qui commence aussi à lui faire du bien... C'est nouveau, ça. Pëppo ne comprend pas.
Enfin, la vie est une pochette-surprise avec ses rencontres, ses routes, ses lumières, ses chansons et son café-chaussette. Ça rigole pas mal dans cette histoire, ça tire aussi la langue. Mais au bout du compte, ça chante et ça danse sous les étoiles. Au final, ça propulse une formidable énergie et une envie de croire en son prochain. Amitié, solidarité, entraide et roublardise se bousculent et composent cette lecture aux accents franchouillards.
C'est très sympa comme lecture estivale. En tout cas, ce que j'apprécie par-dessus tout, c'est la plume de l'auteur. Un style inimitable, des mots qui semblent glousser sur la ligne... C'est une démonstration sans fausse note d'une parfaite virtuose. N'hésitez pas à jeter un petit coup d'œil en passant : ça se savoure en faisant claquer sa langue contre le palais. Tutto finisce a tarallucci e vino !

Bayard jeunesse (2018) - illustrations : Chez Gertrud

 

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