04/07/07

Le voyage scolaire & Après le voyage scolaire - Moni Nilsson-Brännström

voyage_scolairePrésentation de l'éditeur
C est la fin de l'année scolaire pour les élèves de la classe de 5ème B. Tous sont un peu nostalgiques : ils ne seront plus ensemble à la rentrée... Heureusement, un voyage à la campagne est organisé, rien que pour eux ! Maline, Rasmus, Emelie, Almaz, Leena, Oskar, Joséphine, Eliott, Linda et les autres sont prêts : l'aventure peut commencer... En trois jours, tout peut arriver ! On peut se rapprocher les uns des autres, tomber amoureux, recevoir son premier baiser, voir son rêve se réaliser, son cœur se déchirer. En trois jours, on a le temps d'être triste, et le temps d'être heureux... le temps de vivre !

Ce livre est la lecture idéale pour les jeunes ados qui pourront se reconnaître dans ce groupe de camarades en voyage scolaire de trois jours dans la campagne suédoise. Ils sont 21 élèves, ont des caractères différents, s'entendent tous plus ou moins bien, et ce voyage va donc être la signature finale d'un contrat difficile à remplir : grandir, tout simplement.
"Plus on grandissait, plus c'était difficile, selon Linda. Le plus difficile de tout étant l'amour." Et c'est vrai que les histoires sentimentales ont une grande part dans l'intrigue de ce roman. Qui n'a pas connu, à douze, treize ans, ses premiers émois amoureux ? Dans ce livre, on y retrouve donc toutes les questions, tous les doutes, tous les espoirs des ados. Ils sont timides, ils masquent leur attachement, ils sont aussi complexés. Ce roman pourrait être un manuel futé sur les mille et une interrogations se rapportant à l'adolescence : quelle est la bonne taille du sexe chez les garçons ? faut-il fumer comme ses copains ? comment assumer sa poitrine, est-elle trop grosse, trop petite ? avoir ses premières règles, cap difficile, douloureux et humiliant... Comment peut-on savoir si on sort vraiment ensemble ? si on pose la tête sur les genoux d'un garçon et qu'il joue avec nos cheveux, est-il pour autant notre petit ami ? faut-il se maquiller ? est-il normal de ne pas penser aux garçons comme ses copines ? etc. etc.
"Le voyage scolaire" n'est pas simplement un condensé de belles leçons d'optimisme et de fraternité. On y parle aussi de solitude, de jalousie, il y a tout autant d'anicroches que d'atomes crochus.
J'avoue que c'est le genre de lecture qui me plaisait particulièrement dès 11-12 ans, aussi je le conseille fortement aux jeunes ados d'aujourd'hui. C'est un livre sympa, divertissant, écrit par une suédoise qui affirme un potentiel réconfortant. Le style est gai, jamais compassé, et aborde les grandes tergiversations de l'adolescence sans ambages, sans chichis ni clichés. Un ton toujours juste !
La suite vient de paraître...

246 pages - Coll. Millezime des éditions Bayard - Avril 2006. Traduit du suédois par Jean Renaud.

Apres_le_voyage_scolaireLe voyage scolaire n'est plus qu'un souvenir, tous les élèves de 5eB ont bien profité de ces trois jours passés ensemble, sachant qu'ils allaient être séparés par les vacances et la prochaine rentrée. Maline, la principale narratrice, a un amoureux. Mais les choses ne sont pas simples à vivre. Faut-il prendre au sérieux une histoire quand on a treize ans ? Est-ce qu'aimer signifie devoir dire oui à tout ? Avoir envie, pas envie ?
Car cette fois-ci, le roman va aborder dans les histoires d'amour des adolescents l'envie de l'autre, l'attirance et l'acte sexuel. Même si l'édition indique en dos de couverture que "certaines scènes peuvent heurter la sensibilité des jeunes lecteurs", le contenu du roman demeure très soft. Il y a des mains baladeuses, des pressions, pas de brusqueries. Car aimer peut aussi dire trahir, mentir, tromper.
Dans cette suite, comme l'annonçait la fin du "Voyage scolaire", un personnage principal va mourir. Qui ? Comment ? Pourquoi ? Et l'auteur offre ainsi une réflexion douce-amère sur le mal-être qu'on peut ressentir à 13 ans. Il est difficile pour les adolescents de savoir dire "je t'aime", difficile de se connaître et de comprendre ce qui les entoure, difficile aussi de s'accepter, avec ses différences.
Le livre aborde des thèmes très divers mais qui sembleront couler de source pour les ados. Il y a le problème de l'alcool, de la drogue, des disputes avec les parents.
Mais au-delà tout, il y a encore et toujours beaucoup d'amour. Maline est une jeune fille intelligente et sensée, dont le parcours ne pourra manquer de vous émouvoir. Cette suite est plus grave, plus délicate encore dans ses approches. Mais la justesse est remarquable.
Je le conseille fortement aux jeunes lecteurs dès 13 ans.

265 pages - Coll. Millezime des éditions Bayard - Mai 2007. Traduit du suédois par Jean Renaud. Illustration : Kyoko Horii.

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31/05/07

Pépites - Anne Laure Bondoux

pepitesBella Rossa a vingt ans, elle est sublime avec sa chevelure rousse, ses formes généreuses et sa poitrine opulente mais qui lui attire bien des ennuis. Elle s'occupe seule de la ferme familiale à Maussad-Vallée avec son père rendu paralytique suite à une chute de toit, et qui passe désormais son temps à ergoter et boire. La mère est partie quinze ans auparavant, en suivant une troupe de pélerins pour l'Ouest.
La vie de Bella Rossa va basculer avec l'arrivée de la guerre. En croisant des soldats en déroute, elle décide de charger son barda à bord d'une vieille carriole et s'en va chercher sa bonne fortune. Le chemin sera long, douloureux, criblé de plombs avec une pépite fichée dans le ventre... bref Bella Rossa doit se départir de la misère, des hommes, de la pauvreté et s'enfonce toujours plus vers l'Ouest, sur les traces des chercheurs d'or.
En route, le coeur de Bella Rossa a cogné pour un séduisant sergent, Jaroslaw Modrzejewski, pour qui ses sentiments sont si forts qu'ils vont se briser en découvrant la nature complexe du suborneur.

Mais c'est en lisant cette passionnante histoire qu'on en découvre plus sur cette palette très étendue où les émotions sont vives, bouleversantes et très fortes. Il y a une histoire d'amour au coeur de "Pépites", mais aussi un remarquable portrait de femme, sa conquête de la liberté, de la fortune et ses peines. Anne-Laure Bondoux offre un aperçu du Far-West dans sa splendide réalité : un univers cru, violent, réservé aux plus forts.
Le long périple de Bella Rossa est une visite de petites villes et de communautés inquiétantes, passablement rassurantes, derrière lesquelles des drames couvent. Mais la fascination n'en est que plus profonde. Dès les premières lignes lues, le lecteur est captivé par cette atmosphère. C'est rude, on ne fait pas dans la dentelle, aussi bien dans les dialogues ou dans la sexualité sous-jacente (mais jamais de scènes grivoises !). Pourtant c'est totalement dépaysant et justement envoûtant !

Je préconise un lectorat averti pour se plonger dans cette délicieuse littérature, et j'invite volontiers n'importe qui à balayer l'étiquette "jeunesse" pour pousser la curiosité. C'est foncièrement captivant, personnellement j'ai adoré et j'ai été complètement chamboulée par ce roman. On s'attache aux personnages, on savoure le style recherché d'Anne Laure Bondoux, bref on ne lève pas son nez de son livre de sitôt !
Et si les thèmes peuvent paraître choquants, troublants pour les confier aux adolescents, il faut savoir aussi que ce livre a le même ascendant qu'un Western à la télé ! ...

Bayard jeunesse, 350 pages. Septembre 2005. 350 pages - 11,90 euros. Illustration : Philippe Marcelé.

Prix Ado des Bibliothèques pour Tous 2005     -     Prix du Roman Historique de la ville de Poitiers 2005

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Du fantastique, du diabolique et de l'émotion pure

les_chatsCe sont les vacances d'été. Sebasto passe son temps chez Da, son grand-père d'adoption. Il est surpris d'y trouver un chat noir aux yeux d'argent. Bientôt, des phénomènes inexpliqués apparaissent et Sebasto est surpris d'apercevoir deux, puis trois, puis quatre chats absolument identiques ! Sebasto et son grand-père découvrent alors la malédiction qui menace le monde.
Roman fantastique pour les plus jeunes ? Oui. Ce livre est accessible pour les 10-11 ans et réveille tous les instincts contre l'horreur. On frissonne, on tremble, on se questionne. On n'hésite d'ailleurs pas à le qualifier de roman diabolique. De plus, l'utilisation des chats comme essence à cette histoire donne un poids extraordinaire : ce sont des animaux domestiques, mais auréolés de mille et une légendes qui sont entretenues grâce à ce genre de littérature !
Par contre, c'est un peu léger pour un adulte, mais les enfants vont adorer ! Le scénario est habile, bien écrit, son ambiance est mystérieuse, même angoissante !
Autant d'ingrédients efficaces pour cette recette.
Récompensé par le prix Chronos de littérature de jeunesse en 1999 par les élèves de 6e-5e.

Les Chats, par Marie Hélène Delval - Bayard - 154 pages . Mai 2005.  5.80 euros.

marmite_du_diableJ'ai trouvé ce livre décevant, j'ai même peiné pour en venir à bout alors qu'il n'est pas bien épais ! (180 pages) L'histoire était sommairement intéressante : un homme découvre un grotte préhistorique mais il est accusé d'avoir fabriqué de toutes pièces les preuves et les peintures de ce lieu inconnu. Pour preuve, l'homme a refusé de donner les indications pour visiter le site. Ce François Wilthbert s'était d'ailleurs honoré passablement d'un gros scandale en saccagant bêtement un site classé plusieurs années auparavant. Défait du milieu, il avait oeuvré en cachette. L'affaire s'est un peu enterrée car Wilthbert est mort d'un cancer foudroyant, et aujourd'hui son fils Nicolas se sent désoeuvré. Il aimerait rendre justice à son père, trouver la trace de cette grotte, faire taire les mauvaises langues. Mais en découvrant les carnets de son père, Nicolas décèle une face sombre et déplaisante qui plonge le garçon dans une colère latente.
Pour vraiment se plonger dans le bain, c'est-à-dire approcher la mystérieuse "Marmite du Diable", il faut au lecteur la patience de parvenir jusqu'à la page 130 ! Avant cela, on assiste surtout à l'agonie d'un adolescent mal dans sa peau, agacé et énervé, rancunier et presque haineux. Dans ce bouillon de sentiments amers, lui vient aussi une pulsion irrépressible pour les jeunes filles et le sexe. Faire l'amour devient une lubie, une envie obsédante, un désir "sauvage" !
Cela m'a surprise ! C'est bien la première fois que je découvre dans un roman "pour la jeunesse" qu'on aborde aussi franchement le sujet de la sexualité chez les adolescents ! Sans quoi, ce roman m'a également inspiré de l'ennui car l'intrigue est traînante. Les quelques bons passages parviennent tout juste à sauver les meubles, le sujet de la spéléologie est précis, les thèmes sont abordés avec finesse, l'atmosphère est sombre et pesante. Autant d'atouts pour attirer les lecteurs désireux d'une lecture où le personnage central leur ressemble comme deux gouttes d'eau ! (A partir de 12-13 ans).

La Marmite du Diable par Olivier Silloray - Bayard - 180 pages. Mars 2006. 10,90 euros.

larmes_de_l_assassinA découvrir dès 13 ans, préconise l'éditeur. Mais je me questionne sur le jeune lecteur en question, plongé dans cette histoire sombre. Comment relever la tête sans éprouver la chape qui s'y abat progressivement ? Moi, je me suis sentie clouée à mon siège. C'est noir, très noir. Dans une maison du bout de la terre, les parents de Paolo Poloverdo sont égorgés par un criminel, Angel Allegria. Il épargne le garçon et vit un an à ses côtés, quand arrive un autre inconnu, Luis Secunda. Tous trois vont "former une famille" de bric et de broc, seuls, loins, écorchés. C'est franchement glauque. S'ajoute toute l'âpreté du décor chilien, un pays de nulle part. J'avais franchement un nuage noir au-dessus de ma tête !

Mais finalement, j'ai été assez surprise puis touchée par le tournant des événements. Il y a un sursaut d'action et d'émotion dans l'histoire, très prenante donc. La relation entre l'enfant et l'assassin soulève plusieurs perplexités, mais certaines leçons psychologiques expliquent ce phénomène entre le bourreau et sa victime (= le syndrome de Stockholm). Paolo Poloverdo est un garçon très attachant, qui inspire de la pitié, hélas. Je n'aime pas ce sentiment. Pourtant ce n'est pas péjoratif ni réducteur, dans "Les larmes de l'assassin" le sentiment d'amour et d'affection est exploité différement. Ce roman tranche dans l'habituelle littérature jeunesse que j'explore, d'ailleurs ce livre se destine à tout public. Je ne suis pas la seule à le remarquer, et c'est vrai. Par contre, tout jeune lecteur risque de s'y perdre. Aussi je le conseille pour un lecteur averti, et pourquoi pas pour les adultes ? A noter : le choix du nom d'Angel Allegria n'est pas anodin, ange + joie ne mènent pas à "un assassin". Est-ce déjà signe de miséricorde ? Un bon livre, en tout cas.

Les larmes de l'Assassin, par Anne Laure Bondoux - Bayard - 340 pages. Mai 2003. 10,90 euros.

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18/12/06

Nancy Drew, Tome 1 : Vol sans effraction - Carolyn Keene

nancy_drew_1J'ai l'impression d'avoir de nouveau 10 ans, me plongeant dans la collection de la Bibliothèque Rose, ah douce nostalgie, je retrouve ce sentiment en lisant ce 1er tome de la série Nancy Drew. C'est une jeune fille qui vit à River Heights, dans le Middle-West, et qui est détective amateur avec ses deux amies, les cousines Bess et George. Dans "Vol sans effraction", on assiste d'abord à un "massacre" de courgettes, l'emménagement d'une française d'origine russe à deux pas de chez Nancy, puis du vol d'un oeuf de Fabergé, un vol sans effraction.

L'histoire se lit très rapidement, elle convient aux jeunes lectrices dès 10 ans, oui plutôt lectrices car la forme baigne un tantinet dans le futile et le superflu (histoire de fringues, de badinages amoureux, etc.). L'enquête est gentille, j'ai trouvé que c'était un petit livre accessible et qui véhicule de bonnes idées, simples et bienfaisantes. Honnêtement une série "positive", déjà connue, reconnue et réexploitée de nos jours par un syndicat d'écrivains (etc, etc...). Offrez ces livres à vos enfants !

Ce qu'il se dit : Rédigée par un syndicat d'auteurs américains, cette série est née dans les années 30 aux Etats-Unis et a investi la France dans les années 60 sous le titre d'"Alice".

Bayard jeunesse

 

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Les Clefs du Temps, Tome 1 - Ulysse Moore

clefs_du_tempsA Kilmore Cove, en Cornouaille, la famille Covenant emménage dans une somptueuse demeure au bord de la falaise, une maison ancienne où l'ancien propriétaire, le vieil Ulysse Moore, vivait caché et dans le secret. Cette demeure porte un nom : la Villa Argo. Elle est captivante, elle est immense, ses couloirs zigzagants promettent mille et une découvertes aux jumeaux Jason et Julia, très vite rejoints par un nouveau camarade du village, Rick.

A trois, ils débusquent des grottes secrètes, des messages codés, une porte dissimulée derrière une armoire, fermée par quatre serrures. L'aventure commence, dans ce tome 1 "Les clefs du temps", les trois jeunes adolescents deviennent d'intrépides Sherlock Holmes, sous la surveillance grincheuse du jardinier Nestor, qui semble en savoir bien plus qu'il ne le suppose...

Ce roman est avant tout un objet astucieux qui s'ouvre sur un courriel aux éditions Bayard avec documents joints, photographies et avant-propos annonciateur de trouvailles "incroyables". Il se complète par des illustrations qui donnent véritablement l'impression d'avoir en main un vieux carnet maintes fois manipulé, griffonné, illustré, etc. Puis, l'idée de caractériser le personnage d'Ulysse Moore, également auteur (soit-disant) du roman, est la preuve d'un esprit ingénieux (l'expérience avait déjà été goûtée dans la série des Orphelins Baudelaire où le narrateur et auteur Lemony Snicket s'introduit en tant que personnage dans le récit !). C'est en fait l'italien Pierdomenico Baccalario qui a écrit cette aventure, qui se décompose en plusieurs tomes. Ce 1er livre convient aux plus jeunes lecteurs, dès 9-10 ans, et se lit très facilement. Les Clefs du Temps est une invitation à l'aventure passionnante servie par trois jeunes héros attachants et sympathiques. A suivre avec bonheur !

Couverture, illustrations et graphisme : Iacopo Bruno et Laura Zuccotti. Adapation des illustrations et des clefs : Alice Gilles.

Bayard jeunesse

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03/12/06

L'apprenti épouvanteur - Joseph Delaney

apprenti_epouvanteurThomas Ward a 13 ans, il est le septième fils d'un septième fils. Pour déjouer la vilaine loi de l'héritage qui forcerait le père à mettre en parcelles son exploitation agricole (qu'il destine au fils aîné), Thomas est proposé à M. Gregory, l'épouvanteur de la région, pour devenir son apprenti. Pendant cinq ans, le garçon va recevoir l'enseignement de cet ancien prêtre pour "protéger les villages de créatures qui surgissent à la faveur de la nuit, affronter goules, démons et autres monstruosités". La tâche s'annonce guère rassurante mais Thomas, avisé du soutien de sa mère, se lance dans cette nouvelle aventure.

Dans ce tome 1, le garçon, maladroit et naturellement inculte, va commettre une grosse erreur en libérant la plus terrible des sorcières du Comté - la Mère Malkin. L'affrontement, laissé à sa charge suite à de redoutables circonstances, ne manque pas de piquant ni de retournements de situations. En gros, le suspense va grossir au fur et à mesure de la deuxième moitié du roman. Quand on commence cette lecture, on se pose la question si le ton n'est pas un tantinet "mineur", malgré l'ambiance opaque et funèbre qui se libère. L'enseignement de l'épouvanteur prend une large place dans les premiers chapitres, toutefois l'intérêt demeure. C'est progressivement que le ton captivant surgit pour séduire le lecteur partagé entre l'enchantement et la terreur. Car oui, quelques extraits peuvent donner le frisson, dans la mesure du "politiquement correct", je précise. Conclusion en fin de lecture, ma foi, c'était très divertissant, pas mal pour un commencement (un tome 2 est paru, prochainement le 3ème...). L'angoisse est palpable, le jeune héros se pose les bonnes questions qui soulèveront d'autres rebondissements à l'avenir, du moins je le pressens. A suivre, donc, avec une très honnête impatience...

Bayard jeunesse

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26/10/06

Les Guerres du Miroir, Alice en exil (T.1) - Frank Beddor

 

alyssAu cours du 7ème anniversaire de la princesse Alyss, un soulèvement conduit par Redd, la soeur de la reine Geneviève, amène au massacre du couple royal et force la fillette à fuir en traversant le miroir. Elle débarque dans l'Angleterre du 19ème siècle dans un orphelinat misérable où la famille Liddell vient l'adopter et l'emmener à Oxford. Là l'enfant grandira en se détachant de son passé, persuadée d'avoir été abandonnée, trahie et incomprise, surtout depuis la récente parution d'un livre sordide inspiré de ses confidences au Révérend Dodgson.

A près de vingt ans, Alyss a décidé de se marier avec le Prince Leopold d'Angleterre... mais c'est sans savoir le profond gouffre dans lequel est plongé son royaume, où un groupe de résistants, les Alyssiens, tentent de combattre l'Imagination Noire de la reine Redd, espérant le retour de leur princesse, un jour prochain. C'est le Chapelier Madigan qui est chargé de retrouver Alyss pour la ramener chez elle et sauver le Pays des Merveilles.

Ce 1er tome de la trilogie des Guerres du Miroir est une brillante idée et une aventure passionnante, qui s'inspire de la fameuse Alice du livre de Carrol, mais qui l'exploite de manière plus sombre. C'est effectivement une histoire de guerre dans cette saga de Frank Beddor avec soif de vengeance, réglements de compte et armée de résistance. On est honnêtement très, très loin de Lewis Carrol, et ce n'est pas un manque de respect pour l'oeuvre originale.

A chacun d'ouvrir son esprit, de rencontrer cette autre Alyss, princesse perdue de son Pays des Merveilles, en compagnie de personnages récurrents, comme le Chapelier Madigan, le précepteur Bibwit Harte, le général Doppelgänger, la Tour Blanche et le farouche Dodge Anders. En décor, on croise la Chenille Bleue, les Figures, un Gouinouk, des Jabberwocky, le Chat assassin à la botte de Redd et des soldats-cartes. "Coupez-leur la tête" ! est le cri démoniaque de la redoutable Redd. C'est par ces détails qu'on croise le "spectre" de l'original, mais sans quoi, on oublie très vite et on est complètement captivé par cet épisode, "Alice en exil".

Destiné à un public adolescent, ce livre peut ravir un public plus large, sachant qu'il prendra entre les mains un récit plus obscur, plus sanguinolent, plus romanesque aussi. L'histoire entre Alyss et Dodge Anders ne manque pas d'étincelles... Ne vous fiez pas à l'illusion guerrière, cette trilogie est également une reconstruction de soi et un hymne à l'imagination, le personnage d'Alyss est fin, délicat, très sensible. Son aventure promet monts et merveilles ! 

Bayard Jeunesse - 352 pages - Traduit par Sidonie van den Dries * 15,90 €

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