30/03/10

La femme-cuivre avait les yeux verts et les cheveux rouges, comme toi. Et elle était malheureuse, parce qu'elle était très seule

Chant_des_orques__Antje_BabendererdeSix mois ont passé depuis le décès de sa maman, Sofie traîne toujours un spleen lourd comme les pierres. Elle s'isole pour peindre, avec son père elle se sent pataude et n'arrive pas à nouer avec lui une relation de confiance. Cherchant à faire des efforts, celui-ci lui propose de l'accompagner en Amérique du nord où il part photographier la péninsule Olympic avec ses glaciers, sa forêt pluviale, la côte pacifique et ses Indiens pêcheurs. Oui, la péninsule Olympic... Jacob Black, where are you ? Les lecteurs de S. Meyer ont vite tilté.

Et j'avoue que le décor participe au charme de la lecture, c'est absolument merveilleux, nous sommes à Neah Bay, le centre de la réserve des Makah, où Sofie et son père séjournent au motel. L'adolescente de quinze ans rencontre Javid, le fils de la propriétaire, et tombe sous son charme. C'est tout nouveau pour elle, ne nous emballons pas, Sofie souffre de solitude et manque de confiance en elle. En Allemagne, chez elle, son physique osseux n'attire pas les regards, la jeune fille est transparente et n'a pas d'amis. Qu'un garçon aussi beau que Javid, plus mature aussi que ceux de son école, puisse s'intéresser à elle la fait d'abord douter. Petit à petit, elle va mettre de côté ses peurs et sortir de sa coquille tant elle va se sentir à l'aise avec lui.

Et c'est un premier amour touchant, balbutiant mais pas mielleux qui voit jour au fil des pages, le lecteur suit les prémices de la relation et les émotions de la narratrice avec grand plaisir, l'histoire est simple et très belle pour cela. De plus, je le répète, le décor est absolument envoûtant. Imaginez des orques qui viennent tourbillonner près des embarcations, de quoi faire pâlir de peur... Le lecteur plonge aussi au coeur de la vie des Makah, la chasse aux baleines qui revient dans les discussions entre Javid et Sofie, où il est question de culture, de compréhension et de partage. Les paysages, également, sont fascinants, même si la météo est capricieuse et moribonde, cela n'enlève rien à la beauté alentour. Du moins, j'avais l'impression d'y être.

Je savais que j'allais aimer ce roman, et je voulais l'aimer aussi, car je trouvais la couverture très jolie. Le reste, bien sûr, a su me ravir : le portrait d'une adolescente toute recroquevillée sur elle-même et qui, sous nos yeux, apprend à déployer ses ailes est d'une grande justesse. Je suis sûre que les plus jeunes lecteurs y seront sensibles.
A conseiller dès 12 - 13 ans.

Le chant des Orques ~ Antje Babendererde
Bayard jeunesse, coll. Millezime, 2010 - 390 pages - 11,90€
traduit de l'allemand par Marie-José Lamorlette
illustration de couverture : Pietari Posti

Antje Babendererde est également l'auteur de Lune indienne.

Coup de coeur pour Denali.

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24/03/10

What is the use of a book, without pictures or conversations ?

alice_burton

c'est L'EVENEMENT cinéma :

Alice au Pays des Merveilles, façonTim Burton

*

J'en profite pour vous (re)présenter la série de Frank Beddor : Les Guerres du Miroir, Alice en exil (T.1)

(en fait, j'ai lu ce premier tome en 2006 et j'avais beaucoup aimé ! hélas, la suite s'était faite longuement attendre pour finalement paraître en 2008 ... le livre m'attend, maintenant je me demande si je dois d'abord relire le tome 1 ou si je tente la lecture du t. 2 sans crainte d'être déboussolée par l'ambiance, laquelle est absolument surprenante !)

alyssAu cours du 7ème anniversaire de la princesse Alyss, un soulèvement conduit par Redd, la soeur de la reine Geneviève, voit le massacre du couple royal et force la fillette à fuir en traversant le miroir. Elle débarque dans l'Angleterre du 19ème siècle dans un orphelinat misérable où la famille Liddell l'adopte et l'emmène à Oxford. L'enfant grandira dans son nouveau foyer en se détachant de son passé, persuadée d'avoir été abandonnée, trahie et incomprise, surtout depuis la récente parution d'un livre sordide inspiré de ses confidences au Révérend Dodgson.

A près de vingt ans, Alyss a décidé de se marier avec le Prince Leopold d'Angleterre... mais c'est sans savoir le profond gouffre dans lequel est plongé son royaume, où un groupe de résistants, les Alyssiens, tentent de combattre l'Imagination Noire de la reine Redd, espérant toujours le retour de leur princesse. C'est le Chapelier Madigan qui est chargé de retrouver Alyss pour la ramener chez elle afin de sauver le Pays des Merveilles.

Nous sommes très, très loin de l'oeuvre de Lewis Carrol, qui sert néanmoins de source d'inspiration et aussi de référence en matière d'hommage. La trilogie de Beddor est sombre, elle nous raconte une histoire de guerre et de vengeance. Les allusions à l'oeuvre originale ne sont pas pour autant négligées, notamment dans le portrait des personnages, le Chapelier Madigan, le précepteur Bibwit Harte, le général Doppelgänger, la Tour Blanche et le farouche Dodge Anders. En décor, on croise la Chenille Bleue, les Figures, un Gouinouk, des Jabberwocks, le Chat assassin à la botte de Redd et des soldats-cartes. Même la démoniaque Redd y va de son redoutable "Coupez-leur la tête".   

Ce premier tome vous plonge dans un récit obscur, assez sanguinolent et malgré tout romanesque (Alyss sera quelque peu *émue* par ses retrouvailles avec Dodge Anders). J'ai aimé cette lecture, j'ai aimé ce qui ressemble à un hymne à l'imagination, j'ai aimé le personnage d'Alyss, fin, délicat, très sensible, bref j'ai aimé en entier. La suite promet monts et merveilles ! 

Les guerres du miroir, Tome 1 : Alice en exil de Frank Beddor
Bayard, 2006 - 352 pages - 15,90€
traduit de l'anglais par
Sidonie Van den Dries

déjà disponible : Les guerres du miroir, Tome 2 : Le spectre de la reine

à paraître : Les guerres du miroir, Tome 3 : Conspiration des oracles

le forum Whoopsy daisy en parle ici

le site original : http://www.lookingglasswars.com/home.html

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06/11/09

La jeune fille à la plume ~ Katherine Sturtevant

Bayard jeunesse, coll. MilléZime, 2009 - 320 pages - 11,90€
traduit de l'anglais (USA) par Maïca Sanconie
illustration de couverture : Aline Bureau

la_jeune_fille_plumeLondres, 1681. Meg a seize ans et passe son temps dans les livres. Elle lit beaucoup, elle vit dans la librairie de son père et elle rêve d'écrire. Or, nous sommes au XVII° siècle et il est strictement mal venu pour une demoiselle d'assouvir sa passion au lieu de s'accomplir dans le mariage. Et voici qu'un jeune prétendant, Edward Gosse, le frère de sa meilleure amie, vient lui présenter ses hommages. Embarrassée, la jeune fille l'éconduit proprement. Elle commet même la sottise de lui suggérer d'être kidnappé par des pirates mauresques alors que le chemin d'Edward le mène toutes voiles dehors vers la Toscane, dans la ville de Livourne, où il est appelé à suivre un apprentissage de plusieurs années.
Les mois passent. Un malheur frappe la famille Gosse et Edward doit rentrer au pays en toute urgence. Et c'est alors que la prophétie de Meg se réalise : Edward est aux mains des pirates, il va être vendu comme esclave en Afrique du Nord !
Parce qu'elle se sent responsable, Meg entreprend donc de rédiger des lettres de doléances auprès des vicaires pour apitoyer les ouailles et récolter la somme nécessaire pour payer la rançon qui délivrera Edward Gosse.
L'aventure ne s'arrêtera pas là ! Ce roman est absolument charmant. Il montre la difficulté pour une jeune anglaise de seize ans d'aller au bout de ses envies, de composer avec sa condition féminine et de revendiquer un droit à son goût de l'écriture, alors que c'était considéré comme une activité malsaine pour l'époque. Les femmes aux fourneaux ! Meg doit répondre à l'autorité de son père, elle se devra également obéissance à son futur époux, lequel devra être libraire, pour mieux comprendre ses ambitions secrètes. Ainsi s'imagine-t-elle vivre sa vie.
Or, la réalité n'est pas l'égale des nourritures romanesques et Meg risque fort de l'apprendre à ses dépens. Le coeur pris en étau, les émotions en ébullition, notre héroïne au tempérament frondeur et décidé fera la lourde expérience de la désillusion, du remords et du chagrin. Néanmoins, c'est avant tout un livre vif et intelligent, porté par une narratrice pleine d'esprit, qui ne s'avoue jamais vaincue, et qui suivra sa voie en même temps que la voix de la sagesse !
Très bonne lecture. Dès 12 ans.

NB : Meg Moore est également l'héroïne du premier roman de Katherine Sturtevant, At the Sign of the Star, qui n'a pas été traduit en français.

 

 

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05/11/09

Mes Deux Allemagne ~ Anne C. Voorhoeve

Bayard jeunesse, coll. Millézime, 2009 - 348 pages - 11,90€
traduit de l'allemand par Florence Quillet

mes_deux_allemagneMes Deux Allemagne est un roman plein de surprises, un roman avec des tiroirs, bref un roman dans le roman, et plus encore... Au début, la narratrice est une jeune adulte qui fait la connaissance d'un type dont le nom lui rappelle son propre passé, dans les deux Allemagne. En plus de sa propre histoire, c'est aussi celle de sa maman Rita et de sa tante Lena que Lilly va revivre et nous raconter. Un roman dans le roman, donc. L'histoire se tisse d'après les souvenirs et les flashbacks, pour un ensemble homogène et nécessaire pour dresser le portrait de cette famille tiraillée, déchirée par la carte géopolitique.
L'arbre de cette famille a du mal à se dessiner, les secrets sont encore présents, Rita a perdu son père très tôt, c'était un héros et c'est grâce à lui et à son amour pour Rita que sa mère a pu se sauver de l'Est pour se réfugier à Hambourg. Puis, Rita aussi décède, emportée par son cancer. Lilly se retrouve sans famille et va alors faire la connaissance de sa tante, qui vit dans l'autre Allemagne.
C'est un peu comme un coup de foudre entre la jeune fille et son aînée, mais l'heure des séparations sonne trop tôt et Lilly comprend qu'elle ne peut plus vivre sans elle et va prendre la décision de traverser la frontière pour vivre avec Lena.
A la fois oeuvre romanesque et ouvrage pédagogique, ce livre nous apporte un éclairage intéressant sur le climat pesant qui a longtemps régné sur cette parcelle d'Europe, un pays séparé en deux, des générations à jamais marquées, des familles chamboulées etc. Au centre, Lilly, treize ans, est encore trop jeune pour saisir toutes les nuances politiques, d'autant plus que sa propre mère était restée secrète sur son enfance en Allemagne de l'Est. C'est un peu le choc des cultures, une Wessi pour les uns, une Ossi pour les autres, bref Lilly conservera longtemps cette double identité, la preuve aussi d'un traumatisme certain, que les jeunes lecteurs tenteront aujourd'hui de cerner puisqu'on fête cette année les vingt ans de la chute du mur de Berlin (le 9 novembre).
Un très bon roman, écrit avec sensibilité et justesse, sans misérabilisme.

Comme dit l'éditeur : Ce livre émouvant met en scène l’antagonisme Est-Ouest vu par le prisme d’une famille, avec un luxe de détails proches de l’histoire vraie, et sans pour autant porter de jugement de valeur.  C’est un bel hommage à la réunification de l’Allemagne.

 

 

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30/07/09

Elyon, tome 4 : Au coeur des brumes ~ Patrick Carman

Bayard jeunesse, 2009 - 322 pages - 11,90€
Traduit de l'anglais (USA) par Danièle Laruelle

elyon_4Quelle surprise ! En tournant la page du tome 3, La Dixième Cité, le lecteur découvre qu'un nouvel ouvrage est désormais disponible, reprenant l'action là où elle se terminait, c'est-à-dire à bord du Warwick Beacon. Cela devient une habitude ! Cette fois, Alexa a l'esprit en paix, la tête tournée vers la découverte de nouvelles contrées, les oreilles à l'écoute d'une histoire passionnante, contée par Roland Warvold, et qui révèle le passé étonnant de Roland et son frère Thomas.
Il s'agit donc d'une nouvelle série, inspirée de la première, mais totalement indépendante, puisqu'elle peut être lue sans la connaissance des trois précédents volumes d'Elyon. Selon l'auteur (astucieux), c'est aussi un moyen de donner envie, le fait de lire ce "prequel" incite les nouveaux lecteurs à se passionner pour les mystères de la terre d'Elyon et les aventures qu'ils engendrent.
L'histoire de Roland raconte donc sa sinistre enfance passée dans la répugnante Maison sur la Colline, son évasion et celle de son frère, annonçant ainsi le début de nouvelles péripéties. Ils vont découvrir ce que signifient leur étrange tatouage, croiser des personnages qui compteront énormément dans la suite de l'histoire et explorer de nouveaux territoires inconnus.
A vrai dire, en prenant connaissance de l'existence de ce tome 4, j'étais étonnée, persuadée d'avoir bouclé une série - une trilogie, que dis-je - soudainement transformée en saga. J'ai déjà exprimé mon scepticisme à ce sujet, cf. Artemis Fowl, je ne vais pas revenir sur ce principe déconcertant qu'ont les auteurs de rallonger des séries à l'infini.
Malgré cela, je ne suis pas mécontente de renouer avec un univers qu'on a du mal à quitter, la terre d'Elyon et le destin extraordinaire d'Alexa. Patrick Carman a déjà prouvé qu'il était un véritable créateur d'atmosphère et un formidable conteur d'histoire. Cet ouvrage en est la preuve ; de plus, il tisse avec brio une intrigue autour du passé et du présent, de nouvelles personnalités se dévoilent, des secrets vont émerger et probablement cela va éclaircir des détails restés nébuleux précédemment.
Le monde d'Elyon est un monde passionnant, n'hésitez pas à vous laisser convaincre !

 

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Elyon, tome 3 : La Dixième Cité ~ Patrick Carman

Bayard jeunesse, 2008 - 230 pages - 11,90€
Traduit de l'anglais (USA) par Danièle Laruelle

elyon_3J'ai lu les deux premiers volumes d'Elyon, à quelques mois d'intervalle, en 2007 (ici et ici). J'avais aussitôt été embarquée dans cet univers particulier, sombre, mystérieux créé par Patrick Carman : une jeune héroïne de douze ans se voit confier la mission de causer la perte de créatures immondes et redoutables, qui s'entourent des ogres pour assouvir leurs ambitions. Alexa a toujours compté sur l'aide et le soutien de ses amis, dont Yipes, un petit bonhomme haut comme trois pommes, ou des animaux avec qui elle peut communiquer grâce à la pierre de Jocaste... Pas besoin de refaire le film, il faut lire cette passionnante trilogie pour se rendre compte de sa qualité.
J'ai un peu traîné avant de lire le troisième tome, La Dixième Cité, et je le paie en retour. Dans les premières pages, je me suis sentie complètement paumée, coupable d'avoir oublié les personnages et le but de la mission. Alexa et ses compagnons naviguent à bord du Warwick Beacon sur l'océan de Solitude, réputé sauvage et intrépide. Jamais personne n'a su dompter ces eaux imprévisibles. Mais Alexa n'a pas le choix, son ami Yipes a été kidnappé par Grindall, et Elyon compte sur elle pour affronter Abaddon qui cherche à ruiner le calme de la région.
Au cours de cette aventure, les dangers affluent sur les eaux, dans les airs, sur et sous la terre. Le menace est partout. Alexa, pourtant, excellera à briller dans chacune des épreuves rencontrées, ne manquant jamais de courage ni de témérité. Elle viendra à bout de son épopée avec la confession d'un terrible secret sur ses origines, et la dernière page se tourne.
Toutefois, d'autres aventures nous attendent puisqu'un 4ème volume vient de paraître, qui entame une autre palpitante saga à suivre !

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26/06/09

Adieu Berlin ~ Waldtraut Lewin

adieu_berlinBerlin, 1940. Rita et sa belle-mère Sidonie n'ont plus que quelques jours tranquilles à partager. Le père, banquier en Suisse, vient d'annuler son mariage et condamne la jeune femme à la déportation, du fait de son identité juive. Rita refuse de faire le voyage jusqu'en Suisse pour le rejoindre, elle choisit de fuir avec Sidonie et gagner Marrakech, le dernier point d'ancrage de sa famille. Hélas, Sidonie est arrêtée en pleine nuit et Rita, livrée à son triste sort, s'obstine à s'éloigner de son père, qu'elle déteste. A force de rencontres houleuses, de tractations douteuses et de magouilles peu louables, sauf pour assurer sa sécurité, Rita Moebius traverse la frontière et arrive en France, à la veille d'une invasion armée imminente. A Strasbourg, Rita fait la connaissance de Gabriel Talbaut, un ressortissant allemand recherché par la police, également ancien légionnaire, qui vit de petites combines et ne pense qu'à sa pomme. Leur rencontre n'est pas sans étincelles, la jeune fille est affaiblie mais déterminée, l'homme est sous le charme, derrière une attitude renfrognée et hautaine.

J'ai tout aimé dans ce roman ! Depuis l'appartement cossu à Berlin, où deux femmes tremblent d'effroi face à l'arrestation prochaine, elles prévoient de s'échapper et de s'en aller toujours plus à l'ouest, harcelées par un homme qui prétend aimer sa fille, au risque de lui faire perdre les personnes qui lui sont le plus chères, puis sur les routes de France, en pleine débâcle, sous la menace des avions mitrailleurs, sans cesse à négocier pour sa survie, en butte avec l'humanité dans toute sa splendeur - lâche, cupide, effrayée, opportuniste. Cette épopée tragique d'une juive allemande qui recherche l'amour, le rencontre et s'imagine le perdre (pour résumer sommairement) est une lecture tout simplement passionnante ! Le contexte historique est bien brossé, le lecteur est vite emporté dans le tourbillon des événements, pas le temps de souffler, et l'histoire est vécue d'après les deux narrateurs que sont Rita et Gabriel. Ce n'est pas un énième roman sur la guerre, c'est avant tout un roman captivant qui se lit comme une saga avec moult rebondissements. Les personnages sont attachants, on les aime d'office et c'est très dur, au bout de 350 pages, de les quitter.
Ce roman se dévore !

Bayard jeunesse, coll. Millezime, 2009 - 350 pages - 11,90€

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17/04/09

Parfum de meurtre ~ Annie Pietri

Cinq ans après Les Orangers de Versailles, nous retrouvons Marion Dutilleul, désormais la parfumeuse de la reine, dans son petit pavillon près du Trianon de Porcelaine, à bichonner ses plantes et ses herbes. Mais dans l'ombre, un nouveau complot se prépare. La Montespan n'a pas digéré d'avoir été trahie par le nez de Marion, elle jure de se venger. Son règne à la Cour est en train de faiblir, le Roi s'est entiché d'Angélique de Fontanges, qui est plus jeune, plus fraîche, plus fine et plus gracieuse. Athénaïs convoque son ancienne complice, la Voisin, connue pour sa sorcellerie mauvaise et satanique. Elle lui commande de kidnapper Marion, de l'éliminer, puis d'empoisonner la nouvelle passion de Louis XIV et de confectionner un élixir qui agira tel un regain d'amour sur sa personne (devenue difforme, à force de grossesses répétées et d'un régime alimentaire à base de gourmandises).

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C'est au coeur de l'officine de la Voisin que se passe l'essentiel de l'action de ce deuxième roman. Aux yeux d'un lecteur de 10 ans, l'ambiance apparaîtra délicieusement macabre, frissonnante et pleine de suspense. Les rebondissements ne manquent pas. L'histoire se résoud en un clinquement de doigts, personnellement je trouve que c'est toujours dommage, cet ensemble est lisse et gentillet, mais pour un enfant c'est impeccable. Et puis l'ambiance à Versailles est bien rendue, la reproduction fidèle et des tas de détails sont donnés pour illustrer la belle époque, riche en intrigues amoureuses, projets d'empoisonnement et ambitions personnelles. L'héroïne m'apparaît toujours trop fade, mais elle est sans conteste courageuse et très intelligente en tant que modèle pour nos chers bambins !
A conseiller, dès 10 ans.

Bayard jeunesse, coll. Estampille, 2009 - 142 pages - 9,90€

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23/01/09

Le temps des miracles - Anne Laure Bondoux

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C'est l'histoire d'un petit français égaré dans le Caucase, Koumaïl n'est qu'un bébé lorsqu'il est sauvé d'un accident de train par Gloria, qui le recueille et l'élève. Mais le pays entre en guerre, il faut partir, marcher droit devant. A sept ans, le garçon connaît déjà les abris de fortune, la faim, le froid et la menace de voir la milice débarquer. Gloria et lui s'enfoncent toujours plus loin dans les montagnes, lient des amitiés avec d'autres compagnons de misère qu'il faut sans cesse quitter dans la précipitation. Cela n'entache ni leur énergie ni leur espérance, car Koumaïl sait qu'il est citoyen de la république française et qu'il s'appelle Blaise Fortune. Gloria lui a assez raconté son histoire pour qu'il la ressasse jusqu'à tomber de fatigue. Il sait qu'un jour il doit retourner chez lui et retrouver sa mère, d'ailleurs Gloria s'occupe de tout, pour traverser le continent et les frontières on peut lui faire confiance.

Quel merveilleux roman ! C'est une histoire d'exil qui me rappelle quelque part le roman de l'italien Fabio Geda car ce sont deux livres qui racontent le périple d'un jeune garçon parti sur les routes pour retrouver un être cher mais qui savent échapper à tout ennui, toute morosité et toute tristesse. Que dire, que dire... du charme fou, de l'écriture sans pareille d'Anne-Laure Bondoux, des personnages tous plus extraordinaires les uns que les autres, du message d'espoir derrière chaque chapitre, des petites larmes de bonheur, des promesses d'amour aussi, des histoires qu'il faut sans cesse se raconter pour se créer un monde meilleur, se réinventer et s'offrir une vie plus belle, pleine d'espoir et de lumière... c'est un peu tout ça, et bien plus encore. Je vous laisse le plaisir de la découverte, c'est mon autre roman coup de coeur du moment (avec celui de Fabio Geda).

Bayard, 2009 - 255 pages - 11,90€

http://letempsdesmiracles.bondoux.net/

l'avis de Gaëlle

 

 

 

 

 

 

D'autres romans d'Anne-Laure Bondoux : PépitesLes larmes de l'assassin

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29/11/08

L'invention de Hugo Cabret - Brian Selznick

Admirez ce regard envoûtant, qui vous hypnotise en un clin d'oeil (imaginez, imaginez)... Cette couverture illustrée en noir et blanc du visage d'un garçon aux grands yeux perdus est celle qui vous ouvre la porte d'un univers tout bonnement extraordinaire.

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Il ne s'agit pas d'un roman, pas d'un livre d'images, pas d'un conte et pas d'un film, mais c'est tout à la fois ! Ce garçon mystérieux s'appelle Hugo Cabret. Il vit seul dans les combles de la gare où il s'occupe des horloges, et il se rend régulièrement près de la boutique de jouets pour voler quelques objets. Un jour, pris la main dans le sac, le garçon égare un carnet de croquis que le marchand refuse de rendre. Il veut comprendre pourquoi Hugo tient à ce carnet, pourquoi il refuse de raconter ce que signifient ces croquis d'automate. En colère, l'homme menace de brûler le carnet et rentre chez lui. Hugo n'abandonne pas et le poursuit, mais va rencontrer en chemin une jeune fille - Isabelle. Elle se présente comme étant la petite-fille du marchand de jouets et accepte de l'aider à récupérer son bien. Vont suivre des rendez-vous secrets dans une librairie ou au cinéma, les deux enfants deviennent amis et s'aperçoivent que les secrets de l'un et de l'autre peuvent s'entremêler pour obtenir une clef qui ouvrira la boîte aux merveilles.

Je n'en dis pas plus ! Ce livre est juste étonnant. C'est un clin d'oeil au cinéma, au pouvoir des images, à l'imagination et à l'amitié. On y trouve aussi de la magie, un voyage sur la lune, des illustrations par centaines, une foi inébranlable et un don légué par un papa disparu. On s'attache à tous les personnages qui forment une palette panachée : la demoiselle coiffée à la Louise Brooks, amoureuse des livres, privée de cinéma par son grand-père, sans savoir pourquoi, lequel est un vieux grigou austère et grognon, et le jeune garçon orphelin, qui cherche à décrypter un message caché.

L'ambiance est atypique, unique et originale. Les illustrations se fondent à merveille dans cette histoire incroyable, on y scrute le moindre détail pour bien saisir toute l'essence. C'est particulièrement troublant, car l'histoire en elle-même est simple, un tantinet énigmatique. La force du livre repose indiscutablement dans son atmosphère et l'aura dégagée est celle d'un charme décalé, délicieusement rétro et qui rend hommage à Georges Méliès.

Le livre a l'aspect d'une brique, les pages sont en noir et blanc, l'histoire prend une direction précise et intelligente, et c'est classé en jeunesse. Que ceci ne vous arrête pas, car il peut être lu par tout public. Je vous le conseille notamment, chipez-le à vos enfants !

Roman en mots et en images de Brian Selznick

Traduit de l'anglais (USA) par Danièle Laruelle

Sur le site de l'éditeur :

Un roman graphique d'aventure et de mystère, un voyage dans l'univers merveilleux du cinéma en hommage à Georges Méliès.

 
Hugo Cabret est orphelin. Son oncle l'héberge dans les combles de la gare dont il est chargé de régler les horloges. Or le garçon a une obsession : achever de réparer l'automate sur lequel son père travaillait avant de mourir dans l'incendie du musée où il était employé. Hugo est persuadé que cet automate a un important message à lui délivrer...
Brian Selznick, à la fois conteur, dessinateur et concepteur de livres, crée une forme de récit original où textes et images s'alternent et se complètent pour former la trame d'une aventure graphique inédite.
Il a reçu pour ce livre le prix le plus prestigieux des Etats-Unis : le prix Caldecott.
Retrouvez sur le salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil (26 Novembre au 1er Décembre 2008) un petit spectacle autour du roman le Samedi 29 Novembre de 15h30 à 16h30 dans la salle de la librairie du salon.
www.salon-livre-presse-jeunesse.net

Cliquez ici pour feuilleter les illustrations de ce livre en ligne.


Auteur et illustrateur : Brian Selznick
A partir de 9 ans.
Prix : 17,90 €
533 pages
Bayard jeunesse