02/06/14

Ne t'éloigne pas, par Harlan Coben

Ne t'éloigne pas de Harlan COBEN

Megan Pierce, une mère de famille exemplaire, voit soudainement son passé inavouable de strip-teaseuse lui exploser en pleine figure en apprenant qu'un homme vient de disparaître dans les mêmes circonstances qu'un fait survenu 17 ans plus tôt (après quoi, elle avait choisi de disparaître pour changer de vie). L'inspecteur Broome, en charge de l'affaire, est sur les rotules. Témoin de longue date de cette énigme, et des ravages en conséquence, il n'a jamais pu tourner la page et continue de s'y consacrer assidûment. On ne va pas se mentir et prétendre que cette enquête va nous étourdir plus que de raison, mais il n'empêche que cette nouvelle mixture de Harlan Coben se laisse goûter avec délectation. Les dosages sont toujours un peu les mêmes, avec le vieux mystère qui rebondit à la surface pour éclabousser un citoyen rangé des voitures, la brochette de personnages sinistres et inquiétants, palme d'or pour le couple Barbie et Ken, à la plastique parfaite, mais aux esprits affreusement tordus. Ma foi, l'ensemble prend bien, le rythme est soutenu, le dénouement plutôt inattendu, avec un épilogue en trop. C'est une lecture habile, prenante, terriblement efficace, donc très divertissante. Harlan Coben n'est pas au top niveau, mais il s'en tire avec une mention très honorable.

Pocket ♦ mars 2014 ♦ traduit par Roxane Azimi pour les éditions Belfond

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30/04/14

L'accro du shopping attend un bébé, de Sophie Kinsella

L’ACCRO DU SHOPPING ATTEND UN BÉBÉ

Eh oui, ça continue ! On n'oublie pas un rendez-vous gagnant. La recette a été maintes fois réchauffée, avec toujours les mêmes ingrédients dans le faitout : une énergie euphorisante, des anecdotes désopilantes, une héroïne insatiable question shopping, son mari débordé par le travail, dans lequel il s'enferme et rencontre des difficultés, sans jamais l'avouer à sa tendre épouse, qui va piquer une crise de nerfs, enceinte, oui, jalouse... aussi.

En gros, on ne s'ennuie pas, on se régale toujours des situations loufoques, car Becky est suivie par la gynéco des stars, Venetia Carter, qui est une ex de Luke (ça, elle ne le savait pas !). Celle-ci se la joue vipère louvoyante et cherche à humilier la jeune femme, comme lui filer des bas de contention et des sandales orthopédiques. Becky est verte de rage. Elle a compris que Venetia voulait lui chiper son mari, mais Luke ne voit aucun danger et pense que Becky exagère. Pour le coup, on se sent solidaire et on a envie de lui secouer le cocotier !!

Plus surprise par la mécanique, mais toujours accro à la série, je n'ai pas boudé mon plaisir, même si je reconnais que les trois premiers tomes étaient franchement les meilleurs. C'est toujours drôle et constamment dans la démesure, un vrai délice de suivre cette héroïne pétillante, dont la détresse va aussi nous toucher en plein cœur. L'avenir pour Luke et Becky va se corser un peu, mais on se doute qu'ils vont rebondir pour de nouveaux projets audacieux. En attendant, on prend les paris sur le sexe du bébé et sur son prénom !.. ☺

Pocket, juin 2009 ♦ traduit par Daphné Bernard pour les éditions Belfond

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23/04/14

Lexi Smart a la mémoire qui flanche, de Sophie Kinsella

Lexi Smart

La veille encore, Lexie sortait en boîte avec ses copines, avalait quelques verres, pestait contre son mec et son boulot, menait une vie étriquée. Mais au moment d'attraper son taxi, Lexie fait une chute et se réveille sur un lit d'hôpital... trois ans plus tard. Le plus choquant pour elle n'est pas de découvrir qu'elle est amnésique, mais plutôt d'apprendre qu'elle est mariée à un type canon, qu'elle est tout simplement superbe, totalement relookée, avec des fringues de marque à gogo, et qu'elle habite un superbe appartement, en clair elle mène une vie de rêve.

Pourtant, Lexie a effacé de sa mémoire les trois dernières années de sa vie et tente aujourd'hui de recoller les morceaux en vrac. Pour y remédier, son mari parfait lui glisse un manuel pratique de leur vie conjugale (absolument ahurissant !). Elle recontacte aussi sa bande de copines mais réalise qu'elles sont fâchées. Chemin faisant, Lexie découvre qu'elle serait devenue la Reine des garces au boulot. Pour atteindre les sommets, elle aurait, comme qui dirait, tout écraser sur son passage. Sans oublier qu'elle aurait aussi un amant !.. Ah, ah. 

Ce nouveau visage ne la rend pas fière, finalement elle est de plus en plus perturbée par les changements opérés et décide d'en avoir le cœur net en menant son enquête. Certes, on devine la fin mais on se laisse charmer, guider par cette histoire légère et amusante, où l'ambition dévorante ne doit jamais nuire aux valeurs sacrées que sont l'amitié, la famille et l'amour. C'est gentillet dans l'ensemble, assez mignon et facile à lire, mais c'est pour moi loin d'être un récit pétillant, qui laisse éclater sa joie et son insouciance. J'ai, de plus, eu beaucoup de mal à m'attacher au personnage de Lexie ! Un bon début, et puis plouf, plus rien...

Pocket, Juin 2012 ♦ traduit par Daphné Bernard pour les éditions Belfond

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18/04/14

L'accro du shopping à Manhattan, de Sophie Kinsella

L’ACCRO DU SHOPPING À MANHATTAN

Cet épisode 2 m'a offert de beaux fous rires ! Bon sang, cette Becky est impayable. D'abord, son weekend à la campagne et son casse-tête tout personnel au moment de faire sa valise, du léger, a dit Luke, bah voyons... elle fait alors secrètement appel à une livraison express, mais son colis se perd en route. Sur place, la demoiselle se retrouve sans rechange, ou juste une chemise de nuit à enfiler de façon très détachée, en décrétant que c'est le must absolu. C'est cela, oui...

Et les noces du fils des voisins, où Becky passe pour une affabulatrice, esseulée et amoureuse éplorée du marié, franchement, c'est d'un comique ! Vient ensuite le départ pour New York, les promesses d'une vie nouvelle, ambitieuse, chic et accomplie. Becky en a la tête qui tourne et se défoule dans les boutiques. Elle rencontre aussi sa belle-mère, est prise pour une serveuse lors d'un déjeuner huppé, se voit offrir une séance cultissime chez l'esthéticienne, tente de faire du sport, se ridiculise auprès du nouvel associé de Luke...

Croyez-moi, Sophie Kinsella est en très grande forme dans ces nouvelles aventures de Becky et ça fait un bien fou de s'y plonger tellement on sourit et on rit du début à la fin. Soit, le rêve va virer au cauchemar, l'occasion pour notre acheteuse compulsive de faire peau neuve et de prendre un nouveau départ. Sa vie sentimentale va aussi connaître des remous, ce qui ne fera pas de mal aux concernés ! En somme, j'ai vibré, gloussé, ricané tout du long. Pour l'heure, c'est mon tome préféré de la série. Je continue sur cette belle lancée.

Pocket, décembre 2005 ♦ traduit par Christine Barbaste pour les éditions Belfond

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16/04/14

Cocktail Club, de Madeleine Wickham

cocktail club

Trois copines, Roxanne, Candice et Maggie, se donnent chaque mois rendez-vous au Manhattan Bar pour avaler cocktails et rires afin de les soulager d'une pression professionnelle, ou sentimentale, trop appuyée. Ce soir-là, Candice reconnaît la serveuse, une certaine Heather, car son père aurait spolié sa famille des années plus tôt. Candice décide sur un coup de tête de racheter la conduite de son père et propose à Heather de venir bosser dans leur magazine de mode. Roxanne et Maggie trouvent son attitude précipitée et irréfléchie, mais sont trop accaparées par leurs propres soucis pour y interférer.

Roxanne vit une liaison amoureuse avec un homme marié depuis des années et sent une immense lassitude s'installer en elle. Maggie est heureuse, mariée, enceinte, prête à accoucher. Son mari et elle ont acheté une propriété à la campagne, mais Maggie va vite perdre la tête loin de la frénésie londonienne, avec un bébé sur les bras et la seule solitude pour ligne d'horizon. Ces trois-là, qui avaient toujours pu compter les unes sur les autres, ne vont plus se comprendre et leur amitié va partir en cacahuète.

J'ai été un peu déçue par ce livre, qui se lit pourtant très vite, sans réel déplaisir. Sophie Kinsella, qui signe sous le pseudonyme de Madeleine Wickham, se détache de son habituel sens de l'humour pour une histoire assez banale et tristoune. En vrai, ses personnages ne sont pas très attachants, à commencer par Candice, qui lâche ses vieilles copines pour une fille qu'elle vient juste de rencontrer. Une fille aux agissements douteux, qui rumine sa vengeance avec perfidie. Comment s'apitoyer sur le sort de Candice ?! Impossible. Mais le comble, c'est qu'elle s'en tire vraiment bien à la fin. Grr !

En somme, j'ai trouvé l'histoire trop classique, trop commune, trop policée, trop gnan-gnan, manquant cruellement d'humour, d'espièglerie, de second degré... Trop de petits détails qui agacent (haro sur l'aveuglement de Candice, les faux coups d'éclat de Roxanne, son orgueil mal placé, Maggie qui boit de l'alcool à neuf mois de grossesse...). Ce livre est à réserver aux inconditionnels de l'auteur, sans se départir de tout sens critique... ☺

Pocket, Septembre 2013 ♦ traduit par Marion Roman pour les éditions Belfond


14/04/14

Enfant 44, de Tom Rob Smith

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L'histoire se passe dans la Russie de Staline, en 1953, les agents du MGB traquent les dissidents et les font disparaître sans rencontrer la moindre riposte. Le peuple se tait, se camoufle, range sa rancœur au fond de la poche. Leo Stepanovitch Demidov est un agent haut placé, ancien héros de guerre, officier zélé et convaincu d'œuvrer pour le bien du parti. Lorsqu'il se rend chez un vieil ami en plein deuil, il rassure la famille en expliquant que leur fils n'a pas été assassiné, mais tué accidentellement.

Il rentre à Moscou sur les traces d'un vétérinaire, aux idées réactionnaires, qui s'est fait la malle, Leo lui sauve la vie en le repêchant dans un lac gelé, tombe malade. Au sortir de sa convalescence, il est convoqué pour une nouvelle arrestation : celle de son épouse, Raïssa dont la grande beauté fait décidément bien des jaloux... Terrible cas de conscience pour notre agent, qui risque de perdre ses privilèges en subissant un exil forcé dans un coin perdu de l'Oural.

De nouveau, des crimes inexpliqués, des corps éviscérés de jeunes garçons ou jeunes filles retrouvés dans la forêt, des interrogations en pagaille, mais aussi un acharnement manifeste à ne pas générer d'enquête plus aboutie, plus fouillée. On suit les grandes lignes du parti, ou on subit son courroux. Leo fait face aux failles du système, avec une connaissance accrue des drames qui se jouent en coulisses.

L'histoire est rondement menée pendant les 3/4 du roman, ambiance terriblement glaciale du régime stalinien, qui fait découvrir le revers de la médaille, avec les corruptions, ambitions personnelles, bourrages de crâne, drames conjugaux, petits et grands mensonges... Le roman tient ses promesses et est franchement prenant. Par contre, l'intrigue policière fait doucement glousser dès lors qu'on bascule vers la perspective d'un dénouement grossier et aberrant. Autant dire que j'ai trouvé ça frustrant, niais, passablement décevant.

Toutefois je lirai sans hésiter la suite, avec dans l'ordre : Kolyma et Agent 6, car j'ai été agréablement surprise par la vitesse avec laquelle j'ai parcouru cette lecture ! 

Audiolib, avril 2009 ♦ texte intégral lu par Frédéric Meaux (durée : 12h 20) ♦ traduit par France Camus-Pichon pour les éditions Belfond ♦ disponible en format poche chez Pocket, janvier 2010

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19/03/14

Six ans déjà, par Harlan Coben

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Six ans ont passé depuis que Jake a vu Natalie, la femme de sa vie, en épouser un autre. Six ans à lutter contre lui-même pour tenir sa promesse de ne pas chercher à la revoir. Et puis un jour, il découvre sur la page web du site de l'université la nécrologie du mari de son ex. Aussitôt il décide de se rendre aux funérailles, dans le secret espoir de revoir Natalie.

Mais là, point de Natalie. Une autre veuve éplorée, des enfants effondrés, un mystère qui s'épaissit sitôt qu'il cherche à en savoir plus. Dans quel traquenard est-il tombé ? Le voilà kidnappé, menacé par des individus violents, suspendu dans ses fonctions, recherché par la police... et j'en passe. Malgré tout, plus le piège se referme sur lui, plus Jake est déterminé à déterrer la sinistre vérité. Où est Natalie ?

Voilà une lecture parfaitement efficace, qui ne nous propose peut-être pas une intrigue révolutionnaire, mais elle connaît tous les codes du genre et sait jouer avec nos nerfs. Suspense, tension psychologique, imbroglio sentimental, traque, fausses pistes et rebondissements constants constituent les ingrédients du cocktail. Certes, je n'ai pas lu énormément de livres de l'auteur pour m'estimer rincée par son style non plus. Pour l'heure, j'ai mordu à l'hameçon, je n'ai pas vu le temps passer et j'ai bien aimé.

Mais je reconnais que le final n'est pas sensationnel : dénouement expéditif, solution facile, petites incohérences (et la toute dernière phrase d'une niaiserie affligeante !). Sans quoi, les 8 h 49 ont filé comme l'éclair. Arnaud Romain a su tirer son épingle du jeu, menant le lecteur par le bout du nez dans ce dédale infernal. De plus, il a su admirablement déjouer le piège des voix féminines ! Je ne peux que lui en être très reconnaissante. ;o)

Audiolib, Mars 2014 ♦ Texte intégral lu par Arnaud Romain (durée d'écoute : 8h 49) ♦ Traduit par Roxane Azimi pour les éditions Belfond

13/03/14

Cet instant-là, par Douglas Kennedy

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Je poursuis ma découverte des romans de Douglas Kennedy, avec ce titre qui n'a pas su soulever un enthousiasme débordant. L'histoire de Thomas Nesbitt, écrivain à succès, soudainement confronté à son divorce après vingt ans de vie commune, est aussi l'occasion de le renvoyer à un passé pas très lointain, celui de sa folle jeunesse, dans les années 80, où il a débarqué dans la ville de Berlin, alors coupée en deux par un mur.

Thomas replonge ainsi dans les souvenirs de sa passion amoureuse pour une jeune femme exilée de l'Est, Petra. Belle, mystérieuse, fascinante. Son histoire personnelle l'avait également rendue mélancolique et à fleur de peau, mais elle avait su trouver auprès de Thomas un réconfort et la promesse de lendemains meilleurs. Elle lui avait aussi confessé son parcours, avec son lot de drames et de déchirures. Bref, tout allait pour le mieux entre eux deux. Et puis, il y a eu « cet instant-là », le fameux...

Alors je ne vous cache pas que la lecture est longue, très longue, surtout le début, mais la partie rétrospective n'apporte pas non plus de regain ni de souffle nouveau. Encore des longueurs, en plus des clichés, et l'histoire d'amour qui se révèle mélodramatique, mais surtout sirupeuse et larmoyante. Pff, quoi. Sans compter que j'ai toujours beaucoup de mal à m'attacher aux personnages de D. Kennedy, j'ignore pourquoi mais ça ne prend pas.

J'ai alterné ma lecture papier avec la version audio, presque irréprochable comme d'habitude, par contre j'ai un problème, dès qu'une voix masculine aborde les dialogues ou les personnages féminins, ça coince. Les interventions de Marcha Van Boven sont trop rares, dommage, cela aurait pu compléter l'interprétation, sincère et poignante, de Philippe Résimont et rendre l'ensemble plus crédible.

Audiolib ♦ novembre 2011 ♦ texte intégral lu par Philippe Résimont et Marcha Van Boven (durée d'écoute : 17h 41) ♦ traduit par Bernard Cohen pour les éditions Belfond ♦ en format poche chez Pocket (janvier 2013)

20/01/14

La Femme du Ve, par Douglas Kennedy

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Il y a encore quelques mois, Harry Ricks enseignait dans une université américaine et menait une vie tranquille. Aujourd'hui, il peine à survivre à Paris et loge dans une chambre de bonne minable. Son existence est devenue sordide, aussi se change-t-il les idées en fréquentant une soirée privée dans un quartier chic, où il fait la rencontre de Margit, une belle Hongroise, séduisante et cultivée. Leur liaison est passionnelle, mais dictée selon des règles strictes et mystérieuses (ils ne peuvent se voir que tous les trois jours, entre 17 et 19 heures).

Harry accepte, puis finit par s'interroger. Qui est-elle ? Comment expliquer aussi tous ces faits surprenants et ces coïncidences qui surviennent depuis peu dans sa vie, semblant résoudre soudainement, et comme par miracle, des soucis personnels ? C'est de plus en plus bizarre, finalement Harry va chercher à la confondre. Et puis, c'est une toute autre histoire qui nous éclabousse à la figure, qui nous renvoie dans nos filets et qui nous laisse abasourdi.

J'ai un gros problème avec les livres de Douglas Kennedy, je n'aime pas du tout ses personnages, que je trouve souvent lamentables, pathétiques et suffisants. Par contre, je dois m'avouer bluffée par la façon dont l'auteur manipule son lecteur, en brodant des histoires assez simplistes, mais qui parviennent à nous épingler. Cette fois encore, j'ai été complètement bernée. J'ai d'abord entamé ma lecture sans grande conviction, puis je n'ai eu qu'une envie : avancer dans l'histoire et en connaître l'aboutissement. C'est embêtant d'être une marionnette entre les mains d'un auteur qu'on n'apprécie pas forcément ! Mais passons.

Aux commandes de l'Audiolib, nous retrouvons Jean-Marc Delhausse, un comédien qui s'est déjà illustré à l'exercice [c'est la voix des romans d'Arnaldur Indridason] et qui réussit l'exploit d'agripper notre attention pour suivre les (més)aventures de l'américain Harry, un spécimen spongieux, qui s'encanaille en se justifiant, puis en culpabilisant à l'infini. Ce type est un gros nul ! Heureusement l'histoire n'est pas mal du tout, dans sa mécanique assez singulière et un peu déconcertante. L'auteur, lui, ne cesse de nous baratiner et on mord à l'hameçon. Un procédé habile, assez remarquable, je le reconnais avec amertume.

Audiolib, février 2008. Texte intégral lu par Jean-Marc Delhausse (durée d'écoute : 10h 30).
Traduit de l'américain par Bernard Cohen, pour les éditions Belfond.

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13/01/14

22 Britannia Road, par Amanda Hodgkinson

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Quel joli roman, mais qu'est-ce qu'il est déchirant et bouleversant ! C'est l'histoire d'un couple polonais, Janusz et Silvana, qui se retrouvent en 1946 en Angleterre. Ils ont été séparés pendant sept ans, à cause de la guerre. Lui était soldat, réfugié à l'ouest, et elle était seule à Varsovie, forcée de se sauver dans la forêt pour protéger son fils, Aurek. Le récit alterne le passé et le présent, les épreuves de Silvana et celles de Janusz. Aucun des deux n'est sorti indemne de cette séparation, et aujourd'hui leurs retrouvailles ont un goût amer.

Janusz doit apprivoiser un fils qui le considère comme un étranger, Silvana n'est plus qu'une loque, mais elle est prête à tous les efforts pour le bien d'Aurek. Elle est encore dans l'optique de préservation et de mise en garde. Elle a quitté son pays, ses racines, sa culture pour en faire cadeau à Aurek, pour qu'il saisisse la chance d'une vie meilleure, en sécurité. Janusz aussi est obsédé par des fantômes, en particulier par une femme qu'il a rencontrée en France et qu'il a aimée follement.

On suit donc l'histoire de ce couple, brisé mais résolu de reconstruire ensemble l'idée d'un bonheur familial. C'est long, assez éprouvant. Par contre, c'est terriblement poignant. On vit avec eux leur parcours chaotique, cerné de non-dits, de douleurs muettes, de désirs éteints. Je ne pensais pas que cela allait me toucher autant. Certes, ce n'est pas une lecture guillerette, on a souvent le cœur lourd, on se sent triste et mélancolique. Malgré tout, on sort de ce livre avec la sensation d'une rencontre littéraire bouleversante et très attachante. Je ne regrette pas un instant !

Pocket, octobre 2013 - traduit par Françoise Rose pour les éditions Belfond.

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