01/03/17

Dernier meurtre avant la fin du monde, T.2 : J-77, de Ben H. Winters

dernier meurtreAprès l'excellente appréciation du premier tome de la série, cf. Dernier meurtre avant la fin du monde, c'est avec grand plaisir que j'ai retrouvé Hank Palace, flic de la police de Concord, récemment remercié pour ses bons et loyaux services. Depuis l'annonce du crash de l'astéroïde sur la planète, le monde est sens dessus-dessous, les services de police règlent les problèmes à la légère, mais Hank refuse de baisser les bras et d'accepter cette fatalité.
Approché par Martha Cavatone, la baby-sitter de son enfance, Hank est touché par sa détresse, lorsqu'elle lui apprend que son époux Brett a mystérieusement disparu alors qu'il faisait une course pour son beau-père. Aucun indice dans la vie des Cavatone ne laisse entendre une discorde, une infidélité, un coup de folie. Brett est décrit par tous comme un homme exemplaire, droit dans ses bottes, un ancien trooper aux valeurs morales irréprochables. Au fil de ses investigations, Hank reprend également contact avec sa sœur Nico, qui a rejoint une communauté d'irréductibles convaincus de pouvoir sauver le monde en accusant le gouvernement de détenir des informations. Même s'il désire par-dessus tout l'extraire de ce semblant de groupe sectaire, blindé d'activistes, Hank a besoin de leurs connaissances du terrain, lesquelles pourraient même le guider jusqu'à son disparu ! 
Ce que j'apprécie toujours dans cette série, c'est son climat lourd et pesant, accablé par le spectre d'une fin du monde imminente. La description est si réaliste qu'on a l'impression d'être concrètement visée, de ressentir l'angoisse des personnages et de tourner comme des lions en cage face à cette condamnation programmée. Je ne cesserai de répéter combien l'ambiance est la très grande force de la série ! Nous évoluons dans un monde éteint et désabusé, où les principes les plus élémentaires sont promptement bafoués, et où les combats de Hank pour rétablir la vérité ou la justice sonnent comme des coups d'épée dans l'eau. Toutefois, ses enquêtes ne manquent jamais de poigne ni d'intensité dramatique. Elles vont souvent à contresens de ce qu'on trouve habituellement, puisqu'elles vont au-delà des apparences et des conclusions basiques. C'est très bon, très fort, absolument convaincant et saisissant d'authenticité. Le dernier volet est déjà disponible, au titre évocateur : Impact.
« This is the end. »

“Cette enquête était une ligne droite, simple et propre : un homme a disparu. Trouver l'homme. Et maintenant on dirait que la nature sauvage reprend ses droits le long de la route, transformant le monde en un épais sous-bois, un labyrinthe, une jungle.”

10x18 - Septembre 2016

Traduit par Valérie Le Plouinec pour Super 8 Editions [Countdown City]

Posté par clarabel76 à 16:30:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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04/03/16

Dernier meurtre avant la fin du monde, de Ben H. Winters

DERNIER MEURTRE AVANT LA FIN DU MONDE

Le monde est devenu fou, depuis que les scientifiques ont annoncé l'impact de l'astéroïde Maïa sur la planète, sans espoir d'y échapper, l'humanité a compris qu'il lui restait moins d'un an à vivre. Pourquoi s'embêter dans sa routine si l'on peut enfin accomplir de vieux rêves et lâcher prise pour de bon ? C'est du moins ce que pense une grande majorité d'individus, à l'exception d'une poignée d'irréductibles, dont Hank Palace, flic à Concord, New Hampshire.

Alors qu'il se rend dans un vieux McDo pour constater un nouveau cas de suicide - un chargé en assurances, Peter Zell, qui a choisi de déposer les armes en avance - Hank a l'intime conviction que les apparences sont trompeuses et que la mort du type a été déguisée pour masquer un crime. Globalement, les services d'ordre bénéficient d'une réglementation plus stricte pour dissuader toute flambée de violence, mais nombre de policiers ne se donnent plus la peine de mener à bien leurs enquêtes et laissent trop souvent courir les affaires impunies. Aussi, l'obstination de Palace, à réfuter l'évidence et creuser une piste aléatoire, fait doucement glousser ses collègues. 

L'intrigue policière est en apparence conventionnelle et assez basique, dans le sens où on a là un pur roman noir, au déroulement classique et sans esbroufe. Ce qui le distingue du lot, finalement, c'est son contexte de fin du monde. Alors, là, chapeau pour la description de l'ambiance pré-apocalyptique, réaliste et poignante. On a franchement l'impression d'y être, de sentir la chape de plomb, prête à s'abattre, et d'éprouver un mélange d'impuissance, de colère et de désarroi. On baigne dans un climat pesant, limite démoralisant, mais on s'y habitue aussi, et c'est d'ailleurs en relevant le nez du livre qu'on se sent étourdi et plein de confusion. Quelles sont les limites de la réalité et de la fiction ?

Rien que pour ça, je trouve ce roman très réussi et je le recommande chaudement. Il sera suivi de deux autres livres, et vu le compte à rebours (l'histoire se déroule en mars, la fin du monde est prévue en octobre) cela présage des frissons d'angoisse et d'excitation ! 

10/18 / Février 2016 

Traduit par Valérie Le Plouhinec (The Last Policeman) pour les éditions Super 8.