12/04/16

Paranoïa, de Melissa Bellevigne

Paranoïa

Judy vient d'être internée à l'institut St-Vincent, près de Paris. De composition fragile, la jeune fille enceinte met en danger sa grossesse en refusant de s'alimenter. Elle s'est enfermée dans sa bulle et repousse toute tentative d'approche par le personnel qui fait appel à Lisa Hernest, une psychiatre spécialisée dans les cas complexes. Celle-ci, à force de patience, parvient à rester à son chevet et calmer ses crises d'angoisse. Le résultat ne se fait pas attendre. Judy se sent en confiance et accepte de se livrer en lui racontant son incroyable histoire. Elle va notamment évoquer sa relation, troublante et fusionnelle, avec un certain Alwyn, qu'elle connaît depuis son enfance. Cet individu a aujourd'hui disparu de la circulation, ce qui plonge la jeune malade dans un profond désarroi. C'est pourtant avec lui qu'elle était partie en Angleterre, sur les traces des racines de sa famille, lancée sur un jeu de pistes plus ou moins obscur, avant de virer carrément glauque et effrayant. Elle en est d'ailleurs revenue complètement brisée et proche de la folie. Sensible à son témoignage, Lisa va sortir des clous et s'investir auprès de Judy comme rarement dans sa carrière, quitte à mettre en péril son propre couple, déjà coincé dans une impasse. Mais elle a la conviction d'avoir réussi à créer un lien avec sa patiente et continue à l'amadouer pour lui arracher ses dernières confidences, lesquelles, plus perturbantes les unes que les autres, viendront définitivement chambouler la lectrice délicate que je suis. ^-^

Quel singulier roman ! Lancé à la faveur d'une promo retentissante, il a atteint son objectif en titillant ma curiosité et en promettant des heures de lecture excitante. Je dois avouer qu'il démarre franchement très bien, il se lit vite et nous emporte dans un univers atypique et original dans lequel on prend plaisir à trouver ses marques. Il y a exprès un flou artistique pendant une bonne partie du roman, qui flirte entre le délire paranoïaque et le fantastique, un mélange un peu barge mais croustillant. Et puis, patatras, l'intrigue part en sucette et se disperse. Le changement de cap est assez brusque et guère plaisant. Le secret de Judy est dévoilé, mais provoque un sentiment de malaise. Le chassé-croisé avec les atermoiements de Lisa sonne creux et sans attrait. Et on finit de s'acheminer vers une issue assez vague et peu concluante. L'hécatombe. Ce premier roman est donc aussi maladroit et inabouti qu'un autre, qu'on soit une star du web ou pas, mais le style généreux et débordant d'enthousiasme de l'auteur donne matière à rebondir pour d'autres aventures. Je n'en doute pas. 

Hachette / Coll. Black Moon - Avril 2016

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06/10/15

Les Maudits, d'Édith Kabuya

Les maudits

Annoncée comme étant le grand retour de Black Moon (qui fête glorieusement les 10 ans de Twilight) à la romance paranormale, cette série canadienne avait de quoi s'enorgueillir ! Elle nous invite ainsi à faire connaissance avec Robin, une adolescente de seize ans, qui fait des pieds et des mains pour se rendre à la fiesta du beau gosse du lycée mais se heurte à un refus catégorique de son frère aîné. Thierry est, à juste titre, inquiet depuis qu'une série de meurtres barbares s'abat en ville, visant plus particulièrement des jeunes filles. Robin, futile et insouciante, passe outre l'interdiction avec la complicité de ses amies. Elle ne pense qu'à s'amuser, boire et danser de façon langoureuse avec le garçon de ses rêves. La soirée tourne hélas en eau de boudin et voit notre héroïne pliée en deux dans les buissons en train de vomir tripes et boyaux. La seconde d'après, une créature jaillit de nulle part, lui saucissonne l'abdomen avant de se repaître de la plaie béante et sanguinolente. ** Vision d'horreur. **

Je vous laisse imaginer la suite des réjouissances et accorde à l'auteur une mise en condition redoutable et efficace. Certes, elle ne nous propose pas un univers follement original, dans le sens où l'intrigue se focalise sur une héroïne tombée des nues et qui s'entête à se comporter comme une idiote, mais elle a le bon goût de distiller un folklore autour des Maudits qui met en appétit. L'histoire est sombre, glauque et énigmatique. Elle fourmille de rebondissements et de révélations assez spectaculaires (pas vu venir la fin !). Bref, c'est presque tout bon si l'on parvient à oublier les excès et autres réactions puériles de Robin. Un vrai festival de l'âge bête et pas tendre... 

Hachette, coll. Black Moon / Avril 2015

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24/06/15

Le Loup de L.A., de Maggie Stiefvater

Loup de LA

Tout le monde croit connaître l’histoire de Cole St. Clair. Le succès. La drogue. La déchéance. Puis sa disparition. Mais rares sont ceux qui connaissent son secret le plus sombre – sa capacité à se métamorphoser en loup. Isabel fait partie du cercle restreint de ceux qui savent. Il fut un temps où ils auraient même pu s’aimer. Un temps révolu. Jusqu’au jour où Cole est de retour. De retour sur la scène. De retour où le danger rôde. De retour dans la vie d’Isabel.

Comme beaucoup de lecteurs, j'avais quitté la série de Maggie Stiefvater en 2012, après avoir lu Fusion qui bouclait la saga de Sam & Grace à Mercy Falls. C'était sans me douter que, trois ans plus tard, une pointe de nostalgie surgirait sous les traits de Cole St. Clair avec ce roman racontant son histoire après les événements survenus dans le Minnesota. Notre chanteur sexy tente de renouer avec le succès et l'amour en débarquant en Californie. Là se trouve l'inoubliable Isabel Culpeper qu'il souhaite reconquérir. Celle-ci a pourtant tourné la page, mais pas verrouillé son cœur. Revoir Cole ravive autant de souvenirs que d'émotions !

Je ne cache pas avoir pédalé dans la semoule en me plongeant dans cette suite qui a tout lieu d'être tardive et impromptue. C'est toujours aussi joliment poignant, raconté avec lyrisme, mêlé à un soupçon de coquinerie, car notre couple vedette est réputé pour ses interactions volcaniques et passionnelles. Mais avouons aussi que tout ça arrive un tant soit peu après la bataille. J'aimais l'idée du flou autour de leur relation inaboutie, lui donner des mots et une forme ne me semblait pas indispensable.

Alors si on aime follement la saga, qu'on découvre à peine ou qu'on ne peut vivre sans avoir lu le moindre écrit de l'auteur, oui ce livre mérite d'être lu, dans la foulée. Et savourer pleinement cette histoire de seconde chance dans laquelle patouillent des personnages qui le valent bien (et méritent leur happy end). Maggie Stiefvater tenait aussi à se faire plaisir en évoquant l'artiste maudit et torturé, à travers Cole, et laisser exploser sa passion pour la musique qu'on retrouve dans chacun de ses livres, particulièrement dans son écriture.

Hachette jeunesse, coll. Black Moon / novembre 2014 ♦ Traduit par Camille Croqueloup (Sinner)

  ♪♫ I remembered that once upon a time, I wrote books with kissing scenes. I remembered that once upon a time, Cole St. Clair had been a rock star. ♫ ♪ M.S.

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21/04/15

Fille des cauchemars : Anna, de Kendare Blake

Fille des cauchemars

« Anna Korlov. Anna à la robe rouge de sang.
Le nom roule dans l'espace comme une déferlante. Ma voix intérieure se le répète depuis si longtemps que je frissonne de l'entendre, dans la bouche d'un autre, trancher l'air comme une lame de rasoir. »

Thésée Cassio Lowood tue les fantômes, comme son père disparu trop tôt, et parcourt le pays pour traquer ces âmes en peine, qui se vengent sur les vivants en les piégeant à leur tour. Sa nouvelle mission le conduit sur les traces de la terrifiante Anna Korlov, jeune fille tuée le soir de son bal de promo. Depuis, son fantôme déchaîné n'a eu de cesse de multiplier les victimes, dès qu'on s'approche de sa maison. Cas en fera la douloureuse expérience en assistant, impuissant, à l'assassinat sanglant d'un camarade de lycée sous ses yeux ébahis.

Jusqu'ici l'histoire m'a carrément scotchée : mise en place angoissante, personnages attachants, intrigue entortillée, thriller, horreur, fantastique... tout se mêle avec joie pour exciter notre curiosité. J'étais ferrée. Le milieu du roman fait chuter la pression, devient presque commun et ose proposer une relation sentimentale totalement inopportune ! Bref. Passons. La fin renoue avec les émotions fortes, c'est chaud, intense, palpitant. Purée, ça envoie du steak et ça vous colle dans le fond de votre siège. Grosse boule au ventre. Pfiou, vous tournez la dernière page sur une sensation d'hébétude.

J'ai été impressionnée par l'audace du roman, avec son histoire de fantôme sanguinaire (et sa très belle couverture), l'auteur a pris le parti de bousculer gentiment son lecteur avec un univers riche et poignant. Cela change des façades un peu trop lisses des livres YA actuels et c'est très bien ainsi !

Hachette, coll. Black Moon, novembre 2014 ♦ Traduit par Victoria Duhamel (Anna Dressed in Blood)

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09/04/15

La Légion de la Colombe noire, de Kami Garcia

La Légion de la colombe noire

Kennedy, 17 ans, pensait avoir touché le fond avec la mort de sa mère et l'existence d'un démon revanchard à ses trousses. C'était sans se douter qu'elle appartenait à un groupuscule secret, La Légion de la colombe noire, auquel appartient quatre autres jeunes gens (les jumeaux Jared et Lukas, le geek Priest et la sublime Alara). Leur but est d'exterminer les entités paranormales (poltergeist, esprit fantôme, démon etc.) en ciblant le plus redoutable, Andras, qu'auraient invoqué leurs familles respectives. Un bien lourd héritage, que voulez-vous...

Kennedy tombe des nues, on s'en doute, mais ne cherche pas à se ressaisir, persuadée d'être l'intruse du groupe. On a même l'impression qu'elle reste avec eux pour les beaux yeux des frères canons. Ah, soupirs... Quelle exaspération ! Pour le coup, Kami Garcia aurait pu s'abstenir cette sérénade sirupeuse de l'adolescente tiraillée par deux beaux gosses, aux tempéraments opposés, et qui semblent l'attirer l'un et l'autre selon les circonstances. Au secours. C'est franchement neuneu. 

Sans quoi, l'univers global me rappelle fortement celui de la série Supernatural. C'est loin d'être bluffant, de plus le schéma narratif tend à se répéter (la quête perpétuelle, entrecoupée de vilaines rencontres, des missions arrachées in extremis et la marque de la victoire sur le poignet... yala !). Au milieu, on se demande quel rôle incombe à Kennedy... une héroïne désespérante, car passive. L'ensemble est pataud, pétri de bonnes intentions, avec action, humour, sensations fortes etc. mais il lui manque la petite pincée de sel pour pimenter le tout correctement. À voir pour la suite.

Hachette, coll. Black Moon, novembre 2013 ♦ traduit par Christophe Rosson (The Legion 1 - Unbreakable)

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03/04/15

Icônes, de Margaret Stohl

Icônes

Dix-sept ans plus tôt, une nuée d'icônes a surgi de nulle part pour détruire plusieurs grandes villes de la planète et asservir le monde par des moyens technologiques incontrôlables. Votre cœur peut soudainement cesser de battre, par exemple. Les parents de Doloria sont morts ainsi, le jour de la Chute. La jeune fille a ensuite grandi dans les montagnes, auprès d'éleveurs de chèvres et de cochons, jusqu'à son 17ème anniversaire où elle a reçu en cadeau un livre sur le secret de ses origines, mais n'aura pas le temps d'en découvrir davantage qu'une escouade de soldats débarque au village pour l'emmener dans un complexe militaire.

Ce bref résumé vous donne déjà l'essentiel du décor, car à la lecture du roman, on ne dispose que d'informations élémentaires pour se figurer l'univers SF dans lequel Margaret Stohl cherche à nous implanter : c'est plutôt frustrant pour un début, mais on se laisse conquérir petit à petit par l'ambiance énigmatique et amoureusement servie par le lyrisme de l'auteur, qui a judicieusement recours à de jolies phrases virevoltantes pour nous étourdir. Cela fait tellement romanesque qu'on en oublierait presque le contexte et les enjeux. Pourtant, l'histoire ne ménage pas ses efforts pour nous épater !

Deux clans opposés - la Rébellion et l'Ambassadrice - se chamaillent pour attirer dans leurs filets Doloria, ainsi que trois autres jeunes gens, Ro, Lucas et Timora, dont les émotions sont si puissantes qu'elles peuvent servir d'armes. Le monde est sous la coupe extraterrestre, l'humanité réduite en esclavage et une révolution technologique est en cours. Bref, il y en a sous le capot. Dommage que l'ensemble sonne si maladroit et manque d'éclaircissement au début. De plus, les personnages sont peu attachants, se comportent en héros romantiques, avec balbutiements amoureux, alors que c'est franchement surfait.

La lecture reste sympathique et distrayante à lire dans l'état, mais « peut mieux faire » !  

Hachette, coll. Black Moon ♦ Octobre 2013 ♦ traduit par Luc Rigoureau (Icons)

 

Le tome 2 est disponible ! 

idoles

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11/02/15

Comment je vais tuer papa, de Carina Bergfeldt

Comment je vais tuer papa

Très bonne découverte que ce premier roman de la suédoise Carina Bergfeldt, qui propose de suivre une intrigue à suspense avec un meurtre à résoudre, un parricide à démasquer et les réminiscences d'une enfance bafouée.

Tout commence par la découverte du corps d'une mère de famille, dont la disparition avait été signalée deux mois plus tôt. La femme souffrait de dépression nerveuse et avait laissé une lettre d'adieu avant de quitter le foyer. Un suicide, donc. Sur place, la journaliste Julia Almliden cherche à obtenir le scoop et se positionne immédiatement pour interroger le mari, le voisinage, fouiller le passé de la victime et éclaircir les zones obscures.

Un travail de routine, redoutable d'efficacité, qui va même dépasser l'investigation de la police, toujours au point mort ! Julia et sa collègue Ing-Marie Andersson, dans leur obstination, bousculent les enquêteurs, dont Anna Eiler, peu habituée à renâcler à la besogne. Que lui arrive-t-il ? Jamais elle n'a été aussi détachée et négligente sur une affaire. Comme si elle avait les idées ailleurs. Son entourage s'interroge.

Et nous aussi. Car la construction du roman est rusée et brouille les pistes exprès pour semer le doute, les trois jeunes femmes ont chacune des secrets à préserver et c'est seulement dans les derniers chapitres qu'on découvre leur teneur. En attendant, on se demande laquelle des trois cherche à éliminer son père en mijotant le crime parfait. C'est dense, rondement mené et percutant.

On a là une lecture haletante, qui maintient son mystère jusque la fin ! Rien que pour ça, chapeau. Le ton moderne et les références à la pop culture (Dexter ou Stieg Larsson) cassent aussi avec les clichés du thriller noir et pesant. Ici, on respecte les classiques mais on impose un style désinvolte, sans jamais minimiser cette extraordinaire maîtrise du suspense. 

Hachette, coll. Black Moon Thriller, février 2014 ♦ traduit par Lucas Messmer (Fadersmord)

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29/09/14

La Fille qui ne croyait pas aux Miracles, de Wendy Wunder

en poche !

La fille qui ne croyait pas

heart red

Cam est atteinte d'un cancer incurable, il ne lui reste plus que quelques mois à vivre, et c'est à Promise, petite ville du Maine, réputée pour accomplir des miracles, que sa mère et sa soeur choisissent de s'établir pour y passer le temps qu'il faut.

Mais Cam est une adolescente sarcastique et rabat-joie, elle se veut réaliste et blindée, refuse d'entretenir le moindre mythe. Son attitude exaspère ses proches, décidés à lui démontrer qu'à Promise les miracles existent bel et bien. Et c'est vrai que leur nouvelle existence y ressemble : Cam se sent en meilleure forme, elle a beau trouver des explications métaphysiques aux évènements hors du commun, elle commence peu à peu à douter et à croire en l'impossible.

Elle a aussi une petite liste secrète des choses à accomplir avant de mourir : voler des trucs débiles, coucher avec un garçon, briser les rêves de sa frangine, se comporter comme une adolescente de son âge, normale. (C'est la partie de l'intrigue qui m'a fait rappeler le roman de Jenny Downham, Before I die.) La seule différence, ici, c'est que Campbell est une héroïne qui contient sa rébellion à un degré dérisoire. Elle n'attend pas la mort avec impatience et soulagement non plus, c'est juste son sens de l'ironie qui fait sa force, sans la rendre insensible ou insupportable pour autant.

Campbell est une héroïne bougrement attachante, sa famille aussi est très drôle, et la vie à Promise relève du pur cliché (mais quel bonheur !). Pendant trèèès longtemps, on se prête à y croire, à espérer, à sourire face à l'évolution de la jeune fille. Elle va notamment vivre une très jolie histoire d'amour, c'est mignon comme tout, ça n'occulte pas le reste, la maladie reste présente, la mort aussi, et parfois on se surprend à pleurnicher et à éclater de rire en alternance.

Ce roman est source d'effets secondaires imprévisibles, croyez-moi, c'est un ensemble d'émotions, à la fois beau, doux et apaisant. C'est douloureux de tourner la dernière page !

Livre de Poche, septembre 2014 ♦ traduit par Raphaële Eschenbrenner pour les éditions Hachette (The Probability of Miracles)

26/09/14

Panic (Le Jeu de la Peur), de Lauren Oliver

Panic

Panic est un jeu aux règles officieuses, passablement interdit et créé par des anonymes, dont l'idée s'est répandue dans les couloirs du lycée, incitant année après année les élèves à s'inscrire pour braver des épreuves censées doper l'adrénaline. Heather a suivi sa meilleure amie Nat dans cette incroyable aventure. Pour fausse excuse, elle croit vouloir se venger de son ex. Ceci dit, l'appât du gain aussi motive les troupes (Heather rêve de quitter la petite ville de Carp, où l'avenir y est bouché). Très vite, la jeune fille prend goût au risque et aux sensations que cela procure et n'a qu'une envie : gagner.

Dodge, un autre concurrent, risque bien de lui mettre des bâtons dans les roues : il veut réparer l'injustice causée à sa sœur, clouée dans un fauteuil, les jambes brisées, suite à une épreuve truquée par un autre candidat. Le frère de celui-ci est désormais son adversaire, le type est hargneux et arrogant mais ça lui sert plutôt de carburant car Dodge est plus vindicatif que jamais, et les filles comptent bien s'en servir ! La jolie Nat lui fait tourner la tête, le garçon y est sensible, conclut un pacte, et puis...

L'histoire, plutôt banale, se lit donc sans surprise. C'est triste à avouer. Mais s'il n'avait été pas écrit par Lauren Oliver, jamais je n'aurais pensé lire ce livre, dont l'idée globale est franchement quelconque et peu originale. Les personnages ne sont pas attachants, l'ambiance est déprimante et le jeu d'aventures est loin, très loin de susciter un soupçon d'excitation. Bref, j'ai été assez déçue mais je reste une fan de première heure de l'auteur de la série Delirium !!

Hachette, coll. Black Moon, juin 2014 ♦ traduit par Alice Delarbre

01/10/13

“La peur du noir. Elle reste là, tapie au fond de soi. La peur la plus ancienne de toutes. Une peur primitive.”

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Hiver 1937. Jack part pour une expédition scientifique en Arctique, mais très vite ce voyage se transforme en cauchemar. Des cinq hommes engagés dans la mission, seulement trois prennent le départ : Jack, opérateur radio, Algie, chasseur et maître-chien de traîneau, et Gus, biologiste. Ils établissent leur campement sur la baie de Gruhuken où le capitaine du bateau refuse de les débarquer, sous prétexte d'une vieille malédiction.

Les trois explorateurs s'installent finalement dans leur cabane, pas loin d'une mine abandonnée. Les jours s'écoulent lentement, une petite routine prend place, entre parties de pêche, sorties des chiens et relevages scientifiques. Les jours se raccourcissent progressivement, bientôt la nuit polaire va s'abattre sur eux. Un autre drame les frappe alors, Jack se retrouve seul, confronté à ses pires angoisses.

Car tout se passe dans l'aura et l'ambiance du livre, c'est une tension psychologique pernicieuse qui se glisse entre les lignes, à travers le journal de Jack. On ressent, comme lui, cette oppression de l'isolement et de la solitude, en plus d'autres tourments, car Jack a des hallucinations, ou des visions. Il sent que le lieu est hanté, il entend des bruits, il perçoit « une chose réelle, mais qui n'est pas vivante ».

L'angoisse ! Voilà ce que cherche à vous inspirer cette lecture, une sensation rampante d'inconfort et de malaise, une peur panique, la trouille au ventre, le stress galopant, l'appréhension de l'inconnu, de la folie émergeante... Tout ça est aussi planté dans un décor fabuleux, le cercle polaire dans toute sa splendeur, avec ses secrets et son instinct de préservation. Qui sait ? J'ai bien du mal à exprimer ce qu'a pu m'inspirer cette lecture, entre fascination et ennui (parfois, il ne se passe pas grand-chose non plus, on fait juste qu'attendre !), toutefois elle ne laisse pas indifférente.

40 jours de nuit, par Michelle Paver (Hachette, coll. Black Moon, septembre 2012  - traduit par Blandine Longre)