05/04/17

Pêle-Mêle : Au lit Miyuki - Le parfum des feuilles de thé

au lit miyuki

“Pluie d'or sur les collines argent, le jour offre son dernier sourire avant de laisser place à la nuit. Les fourmis terminent d'engranger leurs provisions, le rossignol prépare son nid, et le crapaud rejoint le seau pour se mettre à l'abri. Le soleil se cache lentement pour observer la lune qui s'apprête, et le clocher sonne l'heure du repos, accompagné du chant des mouettes.”

La journée s'achève, mais Miyuki joue encore à travers champs, pas pressée d'aller au lit. Grand-père aussi a bien du mal à la convaincre « de se préparer à rêver ». Car la fillette trouve une flopée d'excuses pour reculer l'échéance - il faut arroser le potager, rassembler les escargots, envelopper le chat dans sa couverture, danser pour le soleil, prendre un bain... Et alors, seulement, consent-elle à se glisser sous la couverture, son Grand-père près d'elle, tenant un livre entre les mains pour lui chuchoter une dernière histoire « avant de rêver » ...

Cette lecture est franchement un petit miracle, à découvrir rien que pour le plaisir de s'ébahir en tournant les pages. Tout est beau, doux, raffiné, tendre et poétique. Les couleurs et les illustrations de Seng Soun Ratanavanh forment un tableau sophistiqué et font forte impression auprès du public conquis et sous le charme. La composition du texte est également très élaborée et résonne comme une ritournelle qui accompagne l'enfant dans son rituel du coucher. Par sa délicatesse, la lecture parvient à apaiser les plus récalcitrants. Ses effets sont envoûtants, son esthétisme est renversant. Une pure merveille. ♥

Au lit Miyuki, de Roxane Marie Galliez & Seng Soun Ratanavanh

De la Martinière Jeunesse, 2017

 

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Pour les amoureux des belles histoires et des albums aux illustrations foisonnantes, découvrez aussi 

Le Parfum des feuilles de thé, d'Ingrid Chabbert & Célia Chauffrey

Le parfum des feuilles de thé

Après avoir été bannie par son père, Yi Jie et sa fillette Jia vivent dans une petite maison au cœur des plaines verdoyantes du Tibet. Chaque jour, après avoir confectionné les vêtements qu'elles vont vendre au marché, Jia accompagne sa mère à la cueillette des feuilles parfumées et s'initie à leurs vertus. Devenue jeune femme, elle n'a rien oublié des secrets des infusions. Sa rencontre avec l'empereur va néanmoins la conduire vers une destinée incroyable. Le temps aidant, elle guérit enfin de son chagrin, tombe amoureuse de son bienfaiteur et file connaître enfin le vrai bonheur.

De l'évasion, du romantisme, des traditions... Ce conte réunit tous les ingrédients qui font le succès des plus belles lectures et qui invitent à rêver ! Un album au grand format éclatant, qui nous emporte dans une histoire de traditions, de famille et de passion. Magnifique !! ♥

 

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14/04/12

« Ma tache à moi… »

Dans la famille Ours de Fadélie, de père en fils et de mère en fille, on a 54 taches, pas une de plus, pas une de moins. Sauf pour le petit frère… Bélem, 53 taches. Avec sa tache en moins, il va à l’école le matin seulement. L’après-midi, c’est pour les oursons qui ont toutes leurs taches. Les autres, les « moins-une-tache » et les « taches-en-trop » rentrent chez eux ou se retrouvent dans les squares quand il fait beau.

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Encore un album magnifique, écrit par Céline Sorin et illustré par Célia Chauffrey. C'est une histoire sur la différence, sur l'amour des parents, sur le handicap et sur la tolérance. De façon très poétique, cela nous raconte que notre place dans le monde dépend aussi du regard qu'on pose sur lui. Dans l'histoire le petit Bélem sait qu'il n'est pas comme les autres, mais il sait aussi que sa tache manquante est partout, dans ce qui brille autour de lui, dans ce qu'il aime et dans ce qui est bon. C'est une histoire subtile, attachante, où l'on peut y lire ce qu'on a envie d'y trouver entre les lignes. J'aime beaucoup cette finesse dans l'écriture, et surtout les illustrations sont un pur enchantement !

le blog de Célia Chauffrey : http://celia-celiachau.blogspot.fr/

Matachamoua, par Céline Sorin et Célia Chauffrey (Pastel, 2012)
également à l'origine de : Hibiscus   

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11/12/10

Pêle-Mêle Clarabel #15

Attention, elle est de retour ... nous annonce Gwendoline Raisson sur son blog.

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Les sports d'hiver, c'est froid, il faut se couvrir de plusieurs couches de vêtements, il ne faut pas oublier ses skis, il faut manger comme des ogres pour prendre des forces avant de dévaler les pistes, il faudrait aussi éviter de se perdre mais ce serait anecdotique. En bref, le ski : ma mère adore ça ! Elle aime aussi la campagne, la nature, s'éloigner du stress de la ville et de la pollution. Elle aime respirer le bon air campagnard (celui du crottin de vaches), marcher pieds nus au milieu des pissenlits, se reposer à l'ombre d'un vieux châtaignier, sauf que ...

les moustiques, les fourmis volantes, les grenouilles, tout ce qui pique, tout ce qui rampe, tout ce qui grouille, ça la panique, ça la hante, ça lui fiche la trouille.

Le portrait de 'ma mère' est absolument hilarant. Non, on ne se moque pas. On constate, c'est différent. Et très franchement, ça se passe de commentaires car tout est là, sous notre nez, le garçon ne fait que raconter les formidables contradictions de sa mère en vacances, c'est tout simplement confondant et exquis.

Ma mère en vacances, Gwendoline Raisson & Magali Bardos, L'école des Loisirs, coll. Off-Pastel (2010).

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(EdL, coll. Pastel, 2010)

La Grande Ourse s'est fait la malle, les étoiles ont filé en douce, le soleil s'est mis en grève et la planète boude et refuse de tourner sur elle-même. Quelle pagaille ! Les humains sont déboussolés et mettent tout en oeuvre pour renvoyer la Grande Ourse à son service. Oui, mais non. L'ourse continue de prendre du bon temps, elle découvre le désert et discute avec un voyageur en déroute. Elle était leur repère dans le ciel, leur meilleure boussole, et sans elle ils sont des milliers de voyageurs à errer comme des âmes en peine. Une grosse tempête se met alors à souffler pour remettre tout le monde à sa place. La Grande Ourse, en passant, a emporté un gros stock de sable dont elle choisit de s'alléger un peu tous les soirs, afin de permettre aux enfants de dormir et faire de beaux rêves.

L'histoire est de Carl Norac (j'ai apprécié son habileté à suggérer l'origine du marchand de sable), les illustrations de Kitty Crowther (bizarre, j'ai eu un peu de mal à retrouver sa patte), bref j'ai été séduite. Oui, c'est le terme... (pas conquise). C'est le sentiment aussi que m'inspire l'album de Céline Sorin et Célia Chauffrey, Hibiscus.

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Les illustrations sont de toute beauté et se mettent au service de l'histoire de façon admirable. On y rencontre un kangourou qui observe avec envie ses copines avoir des bébés alors qu'elle reste désespérement seule et le ventre vide. A bien y regarder, Hibiscus a quelque chose de différent, elle est à part et c'est ce qui la rend unique, tente de lui expliquer sa mère. Son secret lui sera alors révélé, ce qui lui permettra de se sentir mieux dans sa peau et de vivre une histoire d'amour qui ne ressemblera à aucune autre.

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Un joli texte, d'une grande sensibilité, qui évoque la différence, l'adoption et l'épanouissement. Une lecture pétrie de douceur et d'émotion. A contempler, à chuchoter, à méditer.

(Pastel, 2010)

Et pour finir, cette note musicale d'Agnes Obel qui touche à la grâce :

 

L'album entier fait résonner cette simplicité désarmante, j'aime beaucoup.