19/04/16

La lune était noire, de Michael Connelly

La lune était noire CL

Cassie Black est en liberté conditionnelle, après avoir passé cinq ans en prison pour complicité dans une série de cambriolages dans les casinos. Elle tente aujourd'hui de mener une existence rangée et se fait la plus discrète possible, même si son moral est au plus bas. Elle a perdu son compagnon, Max, vit seule et travaille chez un concessionnaire de voitures de luxe, voit fréquemment son agent de probation mais peine à masquer son coup de blues. Car Cassie vient d'apprendre une nouvelle douloureuse, qui l'oblige à renouer avec son passé pour obtenir de l'argent au plus vite et prendre la fuite sur une île dans le Pacifique. Le coup n'a rien d'exceptionnel, puisqu'il consiste à récupérer une mallette bourrée d’argent dans la suite d’un casino de Las Vegas. Cela implique de retourner au Cleopatra, lieu chargé de mauvais souvenirs, et de se remettre à niveau pour déjouer la sécurité. Cassie est motivée et se sent capable de gérer la situation. Et puis, tout dérape... L'individu qui vient d'être spolié est retrouvé mort sur son lit. Miss Black est en fuite, Jack Karch du Cleopatra se lance à ses trousses. Seulement, les méthodes de cet agent spécial, dépêché par le casino, sont musclées et impitoyables. Le type est déterminé à reprendre le magot, il va pister la détrousseuse et semer des cadavres sur son passage.

Je vous épargne les détails technologiques et les interminables anecdotes sur l'art d'accomplir le casse parfait - cela s'éternise sur 150 pages et c'est long, très long pour un début. D'entrée de jeu, le rythme est cassé et j'ai eu beaucoup de mal à accrocher à l'histoire. La course-poursuite entre Cassie et Karch tente ensuite de relever le niveau et donne du piquant à l'intrigue, mais l'ensemble demeure néanmoins glaçant et manque de vibrations. Connelly a voulu bousculer ses habitudes, en se glissant dans la peau d'une femme, qui plus est un escroc. Et ça ne colle pas du tout ! J'ai été assez déçue - trop de longueurs et manque d'empathie au programme. Je tape du poing sur la table et réclame le retour de Harry Bosch ! ^-^

Traduit par Robert Pépin (Void Moon, 2000) pour les éditions Calmann-Lévy ♦ Le Livre Poche, Janvier 2012

La lune était noire LdP


11/04/16

L'Envol des anges, de Michael Connelly

Lenvol des anges

Harry Bosch et ses deux équipiers, Kizmin et Edgar, sont convoqués en pleine nuit sur une scène de crime survenu dans le célèbre funiculaire de L.A. où a été assassiné le célèbre avocat des droits civiques, Howard Elias, réputé pour ses procès fracassants contre la police. L'homme est une icône chez la communauté noire de la ville, aussi tous les services ont été réquisitionnés pour enquêter en priorité sur l'affaire, de crainte d'une nouvelle flambée de violence (comme les émeutes qui ont suivi l’affaire Rodney King ou le procès d’O. J. Simpson). Harry est contraint de bosser avec John Chastain, des enquêtes internes, avec lequel il a souvent eu maille à partir. Le meurtre d'Elias remet aussi sur le tapis l'assassinat d'une fillette, dont le principal suspect, accusé à tort, a porté plainte contre les bavures policières, avec coups et blessures. L'affaire Howard Elias devient donc un imbroglio administratif et judiciaire dans lequel il faut montrer patte blanche pour chaque initiative, chaque dossier à compulser, chaque témoin à rencontrer. Les services font officiellement front commun, même si Harry est la tête pensante de l'investigation, son caractère fort et indépendant risque de se sentir à l'étroit au sein de ce consensus. Et puis son horizon sentimental est à nouveau bouché, obscurci par une épouse mal dans sa peau, qui a cédé à ses vieux démons du jeu. C'est donc avec impuissance et frustration que notre homme voit sa douce lui filer sous le nez. 

Cet épisode est un bon cru de la série, d'abord pour ses touches d'humour (enfin!) et ses références au cinéma (Clint Eastwood, Créange de sang, Terry McCaleb). Puis, parce qu'on y découvre les rouages du système américain et le jugement est sans appel - l'auteur rend compte des dérapages et des violences pouvant survenir lors des interrogatoires musclés et fait état des arrangements pour servir au public un bouc-émissaire et calmer les esprits échauffés. Même le crime devient politique. Évidemment, Bosch se lèvera seul contre tous pour préserver son intégrité mais ne sortira pas indemne de son jusqu'au-boutisme. “C'était le cri des anges déchus qui plongent vers l'enfer. Il savait qu'il ne pourrait jamais se permettre de l'oublier.”

Le Livre de Poche (Policier) / Mai 2012 ♦ Traduit par Jean Esch (Angels Flight)

Lenvol des anges CL

Calmann-Lévy / Robert Pépin Présente

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17/03/16

Le Poète, de Michael Connelly

Le poète

Je n'ai pas abandonné Harry Bosch, seulement je tente de suivre au plus près l'ordre chronologique des livres de Connelly. Et donc... Le Poète. Classé parmi les meilleurs polars de tous les temps. Sans exagération. Voilà qui catalogue d'office cette lecture parmi les plus stressantes et attendues au tournant. Je ne vais pas vous faire languir et avouer de suite que le rendez-vous a été à la hauteur des espérances !

L'histoire concerne le journaliste Jack McEvoy, anéanti par le suicide de son frère, Sean, un policier qui ne supportait plus le stress de son boulot et l'échec de  l'affaire Theresa Lofton (une jeune étudiante sauvagement assassinée). Voulant comprendre les raisons de son geste tragique, Jack reprend tout à zéro et remarque assez rapidement plusieurs cas de suicide à travers le pays concernant d'autres flics éreintés par une grosse enquête non aboutie. La coïncidence est troublante, mais n'en attire pas moins le FBI, en la personne de l'agent Rachel Walling, aussi belle que redoutable, et dont la première intervention est aussi sexy que musclée. Jack est sous le charme et négocie finement pour rester au cœur de l'action, au nom de son frère, mais aussi pour la primeur du scoop et rendre justice à des victimes incomprises (le serial killer a trop longuement sévi en toute impunité). La suite de ses investigations continuera de le traîner loin, très loin, notamment sur la piste d'Edgar Allan Poe (point commun avec Les Mots qui tuent de Martha Grimes), ainsi que sur des terrains vagues où Jack va s'embourber à plus d'un titre. Connelly use de nombreux subterfuges pour égarer les enquêteurs (et le lecteur) et nous assomme avec une succession de pistes et de fausses pistes - qui rendent cependant le rythme haletant et le dénouement inattendu et époustouflant. Son seul point faible, à mon goût, réside dans ses interludes romantiques, maladroits et encombrants, qui servent inutilement l'intrigue ou la pimentent de façon lourdaude. Mais je lui pardonne aisément car il me tarde de plonger à nouveau dans son univers de mec bourru, qui rend le tout pas mal addictif.

Calmann-Lévy / ROBERT PÉPIN PRÉSENTE ♦ Juin 2015

Traduit par Jean Esch pour les éditions du Seuil (The Poet, 1996)

Le Poète Points

Points / Mai 2013 pour la présente édition

27/10/15

Le Tribunal des Âmes, de Donato Carrisi

LE TRIBUNAL DES ÂMES

Rome. Sa dolce vita, son Capitole, ses foules de pèlerins, ses hordes de touristes, sa pluie battante, ses sombres ruelles, ses labyrinthes souterrains et ses meurtriers insaisissables. Avec une telle accroche, comment résister aux appels des sirènes ? (Et puis j'avais commencé par erreur Malefico, où l'on retrouve les personnages clefs du Tribunal des âmes, d'où la nécessité de reprendre les présentations dans les règles de l'art. Je suis pointilleuse.)

Donato Carrisi a contre lui d'être trop plébiscité et généralement attendu au tournant (cf. Le chuchoteur, puis L'écorchée). Lui et moi entretenons donc une relation incertaine et qui se cherche encore. ;-) Mais l'idée de plonger dans les arcanes de Rome, au sein d'une confrérie secrète et protégée par l'église, m'attirait grandement. On y découvre un homme sans histoire, sans passé, Marcus, qui a été blessé un an plus tôt et a perdu la mémoire. Il tente malgré tout de recoller les morceaux, de forcer ses souvenirs à renaître de leurs cendres, tout en travaillant à côté pour contribuer, de façon incognito, à résoudre des enquêtes. Il a en effet la capacité d'analyser les scènes de crime, d'en ressentir les ondes maléfiques et de visualiser des éléments déterminants. Il a ainsi été sollicité pour comprendre  la disparition d’une jeune étudiante, qu'on suppose avoir été kidnappée par un serial killer. Le temps presse et la police est au taquet. Mais l'histoire bifurque vers d'autres chemins en nous attirant vers Sandra Vega, une enquêtrice photo qui bosse pour la scientifique. Veuve depuis un an (son mari, grand reporter, a fait une chute accidentelle alors qu'il était en déplacement professionnel), elle cherche à accepter sa mort en récoltant des indices mais est de plus en plus mal à l'aise par ce qu'elle découvre et doit se rendre à Rome pour obtenir des réponses concrètes.

On sent poindre la corrélation des deux intrigues, en anticipant le champ des possibles, mais ce serait sous-estimer l'imagination scabreuse du romancier italien. La narration en double perspective, entrecoupée de flashbacks, offre ici l'occasion de dérouler le fil d'une histoire longue et tortueuse, mais qui tient la distance. La lecture est certes captivante, avec du suspense à revendre et des rebondissements à tous les étages. Elle n'en est pas moins déroutante à suivre (le format audio oblige une concentration sans faille). On emprunte aussi des tours et des détours qui nous paraissent interminables, au bout d'un moment ça suffit, il est temps d'abréger le supplice. Puis, après avoir enduré un tel parcours du combattant, on est rattrapé par l'excitation d'un final en apothéose, complètement bluffant, et qui agacerait presque. L'auteur applique sa sempiternelle formule, laquelle consiste à nous manipuler jusqu'à plus soif, au risque d'en faire trop. J'espère maintenant que la suite (Malefico) apportera des précisions sur des points laissés en suspens.

Audiolib / Mai 2012 ♦ Texte lu par Jean-Michel Vovk (12h 55) ♦ Traduit par Anaïs Bokobza pour  les éditions Calmann Levy (Il tribunale delle anime)

02/10/15

La Mort à nu, de Simon Beckett

La mort à nu

David Hunter, ancien anthropologue médico-légal, venu se ressourcer dans le charmant petit village de Manham, dans la campagne du Norfolk, voit son passé le rattraper lorsqu'une série de crimes barbares s'abat en ville. Notre docteur est alors tiré de sa quiétude pour aider les forces de l'ordre, mais refuse d'ébruiter son rôle dans l'enquête ou d'évoquer son drame personnelSally Palmer, écrivain londonien, a été retrouvée morte près d'un marécage, le corps dévoré par les vers. Peu après, une autre jeune femme disparaît au cours de son jogging matinal. 

Très vite, la psychose s'installe chez les habitants. Les rumeurs enflent et les suspicions se mettent en branle. Même David Hunter, notre homme réputé secret et solitaire, est soudain pointé du doigt. À côté de ça, la police est à cran et n'a pas l'ombre d'une piste. La teneur de l'intrigue s'avère donc assez basique, dans le genre thriller, incluant des scènes glauques et répugnantes, planté dans le cadre banal du petit village sans histoire, mais dans un climat tendu et délétère, du fait des secrets enfouis sous des façades trop polies. 

Les personnages aussi remplissent leurs rôles à double tranchant (le vieux médecin cloué dans son fauteuil, le garde-chasse trop bon pour être honnête, la nouvelle institutrice discrète et adorable, les jeunes braconniers menteurs et hargneux...). L'ensemble est cohérent et tient en haleine. J'aurais probablement souhaité une fin différente (en mode sadique), mais aucun doute possible quant au potentiel addictif de ce livre prenant et redoutable, qui mixe les codes du genre avec classicisme et efficacité.

Points, coll. Thriller / Mai 2008 ♦ Traduit par Isabelle Maillet (The Chemistry of Death)

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19/05/15

Dans la ville en feu, de Michael Connelly

Dans la ville en feu

Vingt ans après les émeutes de Los Angeles, Harry Bosch décide de revenir sur l'Affaire Blanche-Neige : une journaliste danoise a été exécutée dans une ruelle, sa famille n'a jamais abandonné le combat pour connaître la vérité. La présence sur place d'une douille a permis à la balistique de remonter une piste fumeuse - guerre des gangs, suspects sous les verrous - mais Harry ne se satisfait pas des conclusions et va pousser plus loin ses investigations, bravant, une fois encore, l'autorité de son supérieur. On lui colle dans la foulée une enquête interne, mais notre inspecteur n'en a cure avant de se braquer et d'envisager une approche différente avec les gens qui lui sont proches (« David » Chu !). Toujours cette attitude de rebelle au grand cœur, de flic bourru et obstiné, du type qui fonctionne à l'instinct sitôt qu'il flaire une piste... Cette 18ème enquête ne nous surprend pas ou plus. C'est comme retrouver un bon vieux pote, en territoire conquis et familier. Au micro, Jacques Chaussepied, le lecteur pour Audiolib, conforte par son ton et son interprétation le caractère bonhomme de notre lascar. C'est confondant d'authenticité et rend la lecture saisissante, sans fausse note.

Audiolib, Avril 2015 ♦ Texte lu par Jacques Chaussepied (durée : 11h 27) ♦ Traduit par Robert Pépin (The Black Box) pour les éditions Calmann-Lévy

10/03/15

Les Égouts de Los Angeles, de Michael Connelly

Les Egouts de Los Angeles

Première apparition de l'inspecteur Harry Bosch, sous les traits d'un flic désabusé, ayant pas mal roulé sa bosse au sein du LAPD, mais mis au placard suite à une bavure policière. Il se cantonne désormais aux affaires de dealers, prostituées et délinquants de bas étage, mais n'en demeure pas moins un fin limier. Arrivé en premier sur les lieux d'un crime (un cadavre découvert dans une canalisation), il identifie aussitôt la victime comme s'agissant d'un vétéran du Vietnam, Billy Meadows. Réfutant les conclusions officielles - mort par overdose - il se charge lui-même de l'enquête, contre l'avis de son supérieur. On lui colle alors sur les bras un agent du FBI, Eleanor Wish, ainsi que deux mouchards, Lewis et Clarke, chargés de fliquer tous ses faits et gestes. Harry Bosch le rebelle entre en piste, se jouant de la hiérarchie et agissant selon ses envies. Son travail d'investigation n'en demeure pas moins irréprochable : le type suit son instinct, vaille que vaille, et cela porte ses fruits !

Par contre, ça cogne et vous ronge de l'intérieur. C'est un petit monde très dur et âpre, assez glauque et peu glamour. Même l'inspecteur Bosch est sérieux comme un pape, aigri et meurtri par les coups durs... Pour une première approche, j'avoue, c'est rude ! Le rythme se distingue par un ton laconique, au suspense tendu. Classique et brut. Ce titre date tout de même de 1992 et en affiche fièrement les codes et les couleurs. Il y a peu d'humour, mais de l'action virile et impitoyable. Le dénouement peut surprendre et j'ai plutôt apprécié, tout en espérant davantage pour la suite !

Calmann-lévy, octobre 2012 pour la présente édition ♦ traduit par Jean Esch (The Black Echo)

Dans la foulée, j'ai également lu le 2ème tome des enquêtes de Harry Bosch avec La Glace Noire.

La glace noire

Harry Bosch entend laver l'honneur d'un collègue flic et se lance (une fois encore) dans une enquête contre l'avis de ses supérieurs... L'histoire se passe dans le milieu de la drogue, dans les années 90, c'est toujours aussi désespérant, noir et amer. Il me manque le charme, la finesse et un peu de légèreté. Mais je n'abdique pas encore.

Points Policier, novembre 2012 pour la présente édition ♦ traduit par Jean Esch (The Black Ice)

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07/07/14

Ceux qui tombent, par Michael Connelly

Ceux qui tombent

Dix-septième enquête de l'inspecteur Harry Bosch !! Pour moi, c'est seulement la deuxième fois que je le croise, après une modeste apparition auprès de Mickey Haller (dans Volte-face). Voilà qui expliquerait pourquoi je me suis sentie en marge du récit, qui délivre ses petites allusions aux initiés, en laissant de marbre la néophyte que je suis. Bref, j'ai tenté par curiosité... mais force est de reconnaître que j'apprécierais davantage ses enquêtes si je les suivais par ordre chronologique. Je ne vais pas mentir en criant au génie, car j'ai trouvé l'ensemble assez convenu et peinard, peut-être parce que j'avais imaginé une lecture beaucoup plus palpitante ! Par contre, le personnage de Harry Bosch m'a plu tout de suite, sans demi-mesure, autant dans son travail, têtu, appliqué, instinctif et appartenant à la vieille école (son cahier des morts !), mais aussi dans sa vie personnelle, avec sa fille, tendre et complice, ou son collègue, paternaliste et susceptible. Sa vie sentimentale le voit incertain et vacillant, mais il tente... le rendez-vous d'un soir, une promesse d'un lendemain meilleur ou la cruelle désillusion. Finalement, ce livre se lit, et s'estime, dans un ensemble, et non comme un simple épisode, sous peine de frustration ! Me voilà prévenue.

Jacques Chaussepied nous réserve une brillante interprétation de cette intrigue où Bosch travaille sur deux dossiers distincts, l'un pour déterminer la cause de la mort du fils d'un conseiller avec qui il ne s'est jamais entendu, et l'autre pour expliquer comment un pédophile a pu se rendre coupable d'un crime à seulement l'âge de huit ans ! Deux enquêtes précautionneuses, qui n'affolent ni les personnages ni le lecteur.

Audiolib, juin 2014 ♦ texte intrégral lu par Jacques Chaussepied (durée d'écoute : 11h 38) ♦ traduit par Robert Pépin pour les éditions Calmann-Lévy

29/05/14

Et puis, Paulette..., par Barbara Constantine

Et puis, Paulette

Ce livre est tout bonnement une promenade revigorante à la campagne, où l'on croise une brochette de personnages très sympathiques, Ferdinand, Guy, Marceline, Simone, Hortense, tous abonnés à la carte Vermeille, et qui vont décider de troquer leur solitude respective en une cohabitation joyeuse et mouvementée dans la ferme de Ferdinand. Leur communauté va également accueillir une jeune infirmière (Muriel) et un étudiant passionné d'agriculture (Kim), sans oublier les familles et les proches, Mireille, la belle-fille, et ses deux garçons, les Lulus. Enfin, vous imaginez bien le tableau aux couleurs bigarrées, animés de bons sentiments, c'est beau comme tout, lisse et impeccable, franchement on a la bouche en cœur devant une si parfaite félicité ! Barbara Constantine n'a pas écrit une grande histoire, structurée ou élaborée, au contraire elle n'est que simplicité, générosité, partage et entente exquise. Et ça fait du bien ! Pour bien faire, Daniel Nicodème livre une interprétation exceptionnelle, à la fois vivante et enlevée, on se régale à l'écouter nous faire l'étalage de cette histoire de vieillesse, avec perte et fracas, pulvérisée par une fabuleuse solidarité, turbulente et bienfaitrice. C'est un texte sans chichi, mais qui communique du bonheur et un optimisme ravageur. On sort de là ragaillardi et le sourire jusqu'aux oreilles.

Audiolib, mai 2012 ♦ texte intégral lu par Daniel Nicodème (durée : 5h 18) ♦ dispo aussi chez Calmann-Lévy et Livre de Poche

28/03/14

L'écorchée, par Donato Carrisi

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Ce livre N'EST PAS la suite du Chuchoteur, simplement on retrouve le personnage de Mila Vasquez sept ans après cette terrible histoire. Les conséquences sur la jeune femme ont été tout aussi dévastatrices, marquée à vif, solitaire, secrète, acharnée à retrouver des personnes disparues, coincée dans son bureau des Limbes, ne parlant à personne, vivant cloîtrée dans son petit appartement, où elle ne fait que passer pour dormir et déposer un repas chaud au SDF du coin... Bref, le portrait n'est guère réjouissant ! C'est tout le mal de ce livre, les personnages filent le bourdon et ne donnent pas envie de s'attacher à eux. Pour les besoins d'une nouvelle enquête, Mila va rencontrer Simon Berish, un flic paria, pourtant considéré comme étant le meilleur agent capable de faire parler le moindre suspect. Ensemble, ils se lancent aux trousses de Kairus, un individu du passé, de nouveau sur la brèche. Ambiance sombre, poisseuse, où l'on se surprend à louvoyer entre les couloirs labyrinthiques d'une intrigue perverse et alléchante... On passe un bon moment de lecture, poussé par une fascination morbide et dérangeante, mais en reconnaissant en notre for intérieur que le résultat n'est pas aussi surprenant que la 1ère fois (le schéma aurait tendance à se répéter) ! Impossible, toutefois, de ne pas envisager de lire le prochain roman, au vu de la fin ouverte et intrigante... Sueurs froides garanties ? oh oui.

Audiolib, février 2014 ♦ texte intégral lu par Antoine Tomé (durée d'écoute : 11h 35) ♦ traduit par Anaïs Bokobza pour les éditions Calmann Levy

Audiolib lu par Antoine Tomé, qui double de nombreux acteurs américains comme John Travolta ou Dennis Quaid, il impose une gravité et un rythme lancinant assez convaincants (par contre, les voix d'Alice et Inès sont parfaitement risibles). Encore un qui échoue au test des voix féminines, bien que celle de Mila n'est pas du tout irritante, et assez passe-partout !