14/10/13

La Maison de Soie: Audiolib lu par François Montagut

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Watson est au crépuscule de sa vie, mais avant de tirer sa révérence il souhaite confesser une aventure particulièrement bouleversante, au cours de laquelle Sherlock et lui ont bataillé avec une enquête délicate, dangereuse et sulfureuse ! Toutefois, il avait promis de n'en rien dévoiler de son vivant. Son texte, donc, sera confiné dans un coffre et publié près d'un siècle plus tard. Tout débute par une rencontre ordinaire, avec un marchand d'art qui prétend être suivi par un individu et qui s'inquiète pour sa famille. Très vite, Sherlock et Watson vont retrouver le suspect, avec un couteau planté dans le cou ! C'est suite à la disparition d'un complice de Wiggins, le jeune Ross Dixon, que l'affaire prendra un tour préoccupant.

Pour la toute première fois, Sherlock voit ses inébranlables certitudes en prendre un coup dans l'aile ! Il est passé complètement à côté d'un indice important, lequel aura des conséquences tragiques. Cela va d'ailleurs lui faire prendre conscience de son manque de considération pour les gamins des rues, qu'il exploite à tort ou à raison, à l'image de toute la société qui se contrefiche du sort de ses gosses sans le sou, qui perdent leur innocence sur les trottoirs et mettent en péril leur vie à chaque seconde. Eh oui, c'est une grande première chez Sherlock Holmes ! Se soucier des autres, par pur altruisme. o_O

C'est à ces petits détails qu'on reconnaît le pastiche. Sans quoi, Anthony Horowitz a su répondre aux exigences du cahier des charges en offrant une intrigue redoutablement efficace et absolument divertissante. Les descriptions sont pointilleuses, avec un sens de la théâtralité qui pousse aux soupirs ... d'admiration ou d'exaspération. Soit c'est surjoué, soit c'est assez fidèle à l'esprit de la série, ou disons que c'est suffisamment approximatif pour faire illusion. Ne chipotons pas, après tout Sherlock a souvent été copié, mais jamais égalé ! Techniquement, François Montagut n'a pas déçu un seul instant et offre une lecture maîtrisée et captivante.

La Maison de Soie, par Anthony Horowitz (Audiolib, mars 2012 - texte intégral lu par François Montagut - durée d'écoute : 10 h 12 - traduit par Michel Laporte pour Hachette - Calmann Lévy, 2011 - existe en format poche)


28/01/13

"Ove son? Chi m'aita? In mezzo all'ombre...Dal mio petto"

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J'ai été probablement induite en erreur en voyant le nom de Donna Leon sur la couverture, anticipant un récit d'ordre criminel ou policier, ce qui est finalement loin d'être le cas. Quand on jette un coup d'œil à la quatrième de couverture (ce que je fais rarement), on découvre alors que cette œuvre est à l'initiative de Cécilia Bartoli, la chanteuse lyrique, qui souhaitait partager sa découverte d'un compositeur baroque du XVIIème siècle. Ni plus, ni moins. On est presque en droit de regretter son empressement, mais tout n'est pas mauvais non plus.

Caterina Pellegrini est une musicologue passionnée, qui s'ennuie à Manchester où elle travaille. Elle profite de l'occasion qu'on lui offre de retourner à Venise, sa ville natale, pour le compte de deux cousins qui se disputent un héritage et qui souhaitent l'avis d'un expert pour délivrer les clauses testamentaires. Deux malles appartenant à Agostino Steffani, un compositeur baroque tombé dans l'oubli, auraient en effet refait surface. Le travail de Caterina consisterait à analyser leur contenu, sans s'embarrasser des détails, lui souligne-t-on.

La rencontre avec ses employeurs et leur avocat rend la jeune femme mal à l'aise, ces hommes sont cupides et croient en l'existence d'un trésor, ils n'en ont que faire du potentiel historique et culturel des malles. Malgré tout, Caterina se dévoue à sa besogne avec un esprit consciencieux et méticuleux. Elle réalise assez rapidement que le parcours de vie de Steffani était plus que mystérieux, l'homme aurait multiplié les vocations (compositeur, castrat, évêque, émissaire diplomatique, peut-être aussi espion et complice de crime).

Plus elle va éplucher sa correspondance, se plonger dans les ouvrages annexes et solliciter sa sœur Cristina, aussi une chercheuse de grande renommée, qui est en train de remettre en question sa vocation religieuse, et plus Caterina va s'enthousiasmer pour son projet et oublier la pression des cousins. Elle s'offre même un interlude romantique avec le séduisant avocat, se promène le soir dans les rues de Venise et frise la crise de panique lorsqu'un individu la piste. Autant dire que l'ensemble est coquet, saupoudré d'un nuage de suspense, mais très léger aussi, car on s'interroge sur la vie du compositeur baroque, mais aussi sur ce que va découvrir Caterina en fouillant les archives.

L'histoire emprunte quelques pistes pour enflammer l'éveil du lecteur, mais sans toutefois le maintenir en ébullition. C'est un peu ce que je reprocherai à cette intrigue, d'avoir tenté... pour faillir piteusement. Car l'ensemble est plat, pas franchement émoustillant, même si j'ai tenu à aller jusqu'au bout du récit pour connaître le fin mot de l'histoire. Mais je pense que j'oublierai très vite tout ça ! Par contre, ce qui a permis d'embellir la lecture, pour moi, c'est d'avoir privilégié la version Audiolib avec Sabrina Marchese en narratrice. Avec son léger accent italien, très mélodieux, elle rend la lecture séduisante et dépaysante.

Les Joyaux du paradis, par Donna Leon
Audiolib / Calmann-Lévy, 2012 - traduit par William Olivier Desmond
texte intégral lu par Sabrina Marchese - durée 9h20

Écoutez l'extrait lu par Sabrina Marchese

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03/07/09

Sortilèges de dentelle ~ Brunonia Barry

 

sortileges_de_dentelleTowner, trente-deux ans, vit seule en Californie lorsqu'elle reçoit un appel de sa famille de Salem qui lui apprend la mystérieuse disparition de sa grand-tante Eva. N'écoutant que son affection envers cette femme qu'elle aimait plus que tout, Towner retourne à Yellow Dog Island qu'elle s'était jurée de quitter à jamais. Quinze ans auparavant, Towner a perdu sa soeur jumelle, Lindley. Elle s'est toujours sentie responsable de cette mort, notamment parce qu'elle est comme toutes les femmes de la famille Whitney capable de lire l'avenir dans la dentelle. A l'instar de sa grand-tante Eva. Pourquoi n'ont-elles pu la sauver ? C'est un mystère parmi d'autres que ce retour aux sources va forcément chercher à soulever.

J'espérais un instant de lecture plus passionnant, j'avoue, je me suis vaguement ennuyée par moments. Je crois que le roman est trop long, avec une centaine de pages en moins j'aurais jugé l'impact plus percutant. L'idée de baser l'histoire à Salem était intéressante, on y découvre un folklore particulier, qui sort des sentiers battus, et contre lequel la ville cherche d'ailleurs à s'imposer en se taillant une nouvelle réputation (or, dur d'effacer des siècles d'histoire !). Les personnages sont des originaux difficiles à cerner, mais ce ne sont pas des tordus. Il ne faut pas non plus s'attendre à une intrigue policière poussée, la disparition d'Eva trouve une explication. C'est finalement sur la personnalité de la narratrice - Towner Whitney - que repose tout le roman. En vrai, elle se prénomme Sophya, elle est folle et elle ment tout le temps. Voilà le programme des festivités annoncé en préambule.

Donc, nous avons : un joli titre (en v-o, on parle de The Lace reader), une couverture réussie, un cadre excitant, des personnages profonds, une intrigue entrelacée à des secrets de famille, une communauté en autarcie. En gros, je pense que c'est un roman intéressant, avec des lacunes et des bonnes choses. Je lui souhaite une seconde chance en format poche pour conquérir un plus large lectorat. Il le mériterait...

Calmann-lévy, 2009 - 375 pages - 18,90€
traduit de l'anglais (USA) par Jean-François Chaix

 

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29/04/09

Chouette, une ride ! ~ Agnès Abécassis

Dix ans dans la tête, ça fait dix ans que je te guette, ma première ride... Dix ans c'est flippant, comme le premier cheveu blanc.

Dix ans plus mon âge, j'encaisse encore davantage, ma première ride... Rien n'est comme avant, teinture, pot d'crème, traitement... voilà ma première ride.

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Anouchka Davidson est auteur (célèbre) de romans d'épouvante, elle travaille chez elle, mais elle commence à s'ennuyer ferme. Ras-le-bol du ménage, de la cuisine, des enfants et du mari, Anouchka a trente-six ans, et elle comprend par des remarques mesquines que le temps file à ses côtés et qu'elle ne s'en est pas rendue compte. Il est temps de changer de peau, en profitant d'une invitation pour un mariage, Anouchka s'envole avec son amie et voisine Clotilde pour des petites vacances relaxantes, ou revitalisantes, du moins le croit-elle.

Ne vous attendez pas à une recette miracle, sauf celle de se dire que le rire est la meilleure arme pour sauver toute situation critique ! Les frasques d'Anouchka, jeune femme moderne, bavarde, pleine d'énergie, sont racontées avec beaucoup d'humour et d'insouciance. Comme elle, on se pose les mêmes questions sur le temps qui passe, sur le quotidien qui vous englue dans sa routine, sur les enfants qui grandissent et deviennent des ados indécodables, sur la légèreté de paraître, sur le constat flippant, un matin, de se réveiller avec cette ride aux yeux, et de vouloir vous reprendre en main, vous offrir une escapade pour chasser la morosité qui vous gagne !

La solution offerte : se dire qu'il n'existe pas d'âge meilleur qu'un autre, que chaque décennie comprend son lot de bonnes et mauvaises choses, le principal serait juste de vivre l'instant présent et d'apprécier son âge comme une cadeau du ciel ! (Promis, demain je m'y mets !)

Blague à part, j'ai trouvé ce roman distrayant, même si l'héroïne est parfois saoulante, avec des situations qui traînent un tantinet en longueur, mais cela n'a nullement gâché mon plaisir. J'ai ri, n'est-ce pas le principal ?   ;o)

Mon mantra du moment : « En quoi une petite ride empêche-t-elle de vivre ? L'âge n'est pas une maladie, au contraire, c'est la récompense d'être parvenus à exister. »

Calmann-lévy, 2009 - 255 pages - 17€

Le site de l'auteur : http://www.agnesabecassis.com/  (qui déjà donne le ton)

l'avis de Loulou 

Des petites chansons qui me collent à la peau... :)

 

09/02/09

Un peu de respect, j'suis ta mère ! - Hernàn Casciari

« Ce livre recueille une à une les confessions de Mirta Bertotti, mère de famille de cinquante-deux ans qui habite avec son mari, ses trois enfants et son beau-père dans la ville argentine de Mercedes. Mirta écrit sur sa famille et sur sa vie, elle évoque également sa peur de vieillir et son ennui conjugal. Ne s'agissant pas d'une oeuvre majeure, il n'y a pas grand-chose à en dire, en réalité. L'ouvrage est composé d'environ deux cents chapitres qu'elle a publiés sur un blog entre septembre 2003 et juillet 2004. Elle les a rédigés elle-même avec l'assistance technique de Nacho, son fils aîné, et les a postés jour après jour, sans autre objectif que de lutter contre la dépression, persuadée que nul n'aurait envie de lire les scribouillages d'une « grosse dame » de province. »

51441OQPs5L__SS500_Attention, trop sérieux s'abstenir ! Ce roman est complètement idiot (dans le sens burlesque), mais pas mauvais. Il met en scène une famille barrée dans une comédie déjantée, comme si les Simpsons et South Park s'étaient mélangés entre eux. Imaginez le désastre !

Mirta Bertotti, mère de famille de cinquante-deux ans, nous raconte sans pudeur ni miel trop sucré les aventures rocambolesques des siens : son fils aîné, la prunelle de ses yeux, aime les garçons, le deuxième fils est un crétin fini, la fille en sait plus que sa mère sur les choses du sexe... Son mari traîne devant la télé, il a la main légère et des humeurs d'ours, en plus le beau-père, vieux cochon, fume des pétards et trafique du hasch. Bienvenue chez les Bertotti ! La famille ne roule pas sur l'or, elle joint les deux bouts avec les moyens du bord, lorsque Nacho, le fils prodigue, propose d'ouvrir une pizzeria.

« Parfois j'aimerais avoir une famille comme celle de La Petite Maison dans la prairie. La question la plus impertinente que Laura ait jamais posée à sa mère portait sur la manière d'enfourner les petits pains. Mais il est clair que je n'ai jamais eu de chance, dans la vie ! »

Je me suis régalée en lisant ce livre, ne me retenant pas de rire aux éclats en découvrant le portrait de cette famille, en plus de leurs facéties. Le ton est parfois osé, les noms d'oiseaux volent. La mère est cash, elle écrit comme elle pense, c'est spontané, frais et délirant. J'avoue avoir zappé quelques passages, parce qu'il ne faut pas abuser des bonnes choses. Mais globalement j'ai picoré avec délice cette comédie farfelue d'une desperate housewife qui échappe à la crise grâce à l'écriture de son blog !
N'en attendez pas trop, juste un bon antidote contre la déprime ! Succès garanti.

********** 

Cette histoire publiée quotidiennement sur internet a connu un succès public sans précédent. Mais en fait, Mirta Bertotti n'est qu'un personnage fictif tout droit sorti de l'imagination d'un journaliste argentin, Hernàn Casciari, qui admet s'être librement inspiré d'un personnage réel : sa mère. Reste que jusqu'à cet aveu, Mirta reçut beaucoup de courrier, des messages d'encouragement et même des cadeaux. Hernàn Casciari est devenu le fondateur d'un nouveau genre littéraire : la blogonovella (le blog-roman).

à lire : extrait

Calmann-lévy, 2009 - 345 pages - 18€
traduit de l'espagnol (Argentine) par Alexandra Carrasco

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05/09/08

A Mélie, sans mélo - Barbara Constantine

 

C'est l'été. Mélie, soixante-douze ans, se fait une joie d'accueillir sa petite-fille Clara, dix ans. Elle n'a cure de ses résultats d'analyse et dévie la conversation téléphonique de son médecin, Gérard, sur le plaquage d'Odile, son épouse qui batifole dans les bras d'un bel Hidalgo. C'est Fanette, la fille de Mélie, qui rigole de cette déconfiture (on devine alors qu'elle fut le cinq-à-sept de Gérard) et ne tarde pas à mettre son grain de sel, mais d'une manière qu'on découvrira plus tard...

Deux mois s'annoncent, peut-être teintés d'ennui. Clara a fichu en l'air sa Playstation, la barbe. Et puis pas moyen d'utiliser la voiture, toujours en panne - Marcel, le garagiste en retraite, peste et rage contre l'entêtement de Mélie qui veut réparer cette vieille guimbarde au lieu d'acheter un nouveau véhicule. En attendant, pour tout déplacement, ce sera donc vélomoteur et bicyclette, de bon matin et sur les chemins escarpés. Très vite, Clara y prend goût, s'adonne à quelques rituels (le pipi dans les buissons). Qui a parlé d'ennui, déjà ? Ah oui, sa mère : en fait, Fanette déprime un peu. Elle a cru rencontrer un nouvel amoureux, mais cette liaison a pris l'eau. Comme c'est souvent le cas.

Du haut de ses dix ans, Clara écoute, fait sa philosophe ou sa conseillère des coeurs brisés, c'est une fillette étonnante. Elle-même a un chéri - Antoine, qui lui écrit de longues lettres et se languit chez ses grand-parents, où il s'ennuie comme un rat mort. Peut-être Mélie pourrait l'accueillir pour un temps ? C'est vrai que chez Mélie on se sent bien, c'est un refuge des âmes seules, des sentiments qu'on croyait fanés et qui reprennent de la couleur, c'est aussi chez Mélie qu'on sent son coeur rebattre à cent à l'heure. L'amour, toujours et encore...

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Il n'y a pas de mélo chez Mélie, ni chez Barbara Constantine. Les lecteurs ayant apprécié son premier roman, Allumer le chat, vont retrouver strictement la même recette avec son deuxième livre. Par contre, ne croyez pas que ce soit du copier-coller non plus. On retrouve la verve savoureuse, la peinture truculente de destinées qui se mêlent et s'emmêlent pour notre plus grand plaisir, et cette passion de croquer des personnages attachants. On pourrait presque inventer le terme et parler de touche Constantine !

Certes, Allumer le chat avait bénéficié de l'effet de surprise. A Mélie, sans mélo est un roman qui nous étonne moins, mais il nous sert la même facétie, sans le côté pétillant qui nous faisait nous pourlécher dans le premier cas. Cela reste une lecture agréable, enjouée (presque une lecture d'été, d'ailleurs !) et qui pourrait booster tout moral en berne !

A Mélie, sans mélo

Calmann Lévy, août 2008 - 245 pages - 14,90€

L'avis de Cathulu

entretien vidéo avec Michel Field, sur Bibliosurf

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09/08/08

7 jours à River Falls - Alexis Aubenque

UNE SEMAINE À COUPER LE SOUFFLE !

Sarah Kent, issue d’une famille modeste, est une étudiante modèle et mène une vie paisible parmi l’élite de l’université de River Falls, une petite ville située dans les Rocheuses.
Pourtant tout va changer un matin de printemps. Amy Paich et Lucy Barton, les deux meilleures amies de Sarah au lycée, sont retrouvées atrocement mutilées sur les bords du lac de la forêt toute proche. Deux jours avant, Sarah avait reçu une lettre étrange de ses amies dont elle n'avait plus de nouvelles.
Le monde de Sarah bascule dans l’horreur. Sera-t-elle la prochaine victime du tueur ? Elle semble cacher un lourd secret. Comme si un lien obscur unissait les jeunes filles... Autant de mystères que devra résoudre Mike Logan avec l’aide de Jessica Hurley, son ex-petite amie et profileuse réputée. Ils croient très vite être sur la bonne piste. Mais leur adversaire les manipule avec une redoutable perversité.

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Ce thriller à la sauce américaine est en fait écrit par un libraire français. L'action se passe dans une petite ville près de Seattle, mettant en scène un shérif, une profileuse et des étudiants de bonne famille, tous très beaux, intelligents et branchés. Personnellement j'ai trouvé que ça faisait beaucoup de clichés, et j'ai un peu boudé ce "trait de génie". Dommage. .

Ah mais, vous attendez une lecture efficace, qui prend aux tripes, chargée en scènes bluffantes et en crimes tous plus horribles les uns que les autres ? Optez pour ce thriller, il saura vous contenter.

A River Falls, les corps de deux étudiantes ont été retrouvés, portant des traces de sévices et autres tortures. Le shérif Logan est assisté d'une profileuse du FBI, Jessica Hurley, qui est aussi son ancienne petite amie. Décidément, rien n'opère avec moi, car j'ai trouvé la relation relativement superficielle, Logan n'est pas un personnage attirant. Par le passé, il a été impliqué dans une affaire qui a eu un fort impact sur sa carrière et sa liaison avec Jessica. Après quelques perches tendues, les détails ne suivront guère ou seront vite expédiés (la fin trop happy-end, par exemple).

En règle générale, les rapports humains, et particulièrement les liens sentimentaux, sont assez factices (à mon goût) : la communauté étudiante est incroyablement niaise et empruntée ; la journaliste est caricaturale ; Sarah Kent, l'étudiante autour de laquelle tous les indices gigotent, est tour à tour une amoureuse abusée et une tigresse prête à sortir les griffes. Franchement le roman n'est pas une réussite sur ce plan.

Pour le reste, cela équivaut à regarder un feuilleton sans prétention, pour se vider le cerveau. (Je trouve d'ailleurs que l'histoire pourrait très bien coller à une adaptation sur écran.) Mais tous les ingrédients réunis rappellent des recettes déjà testées et goûtées, donc pas de grande surprise au tournant. A lire, pour les amateurs de sensations : la scène finale se présente tel un dernier soubresaut pour happer le lecteur.

Calmann-Levy, juin 2008 - 372 pages - 16,90€

D'autres avis : Parutions.com (gratiné) / Ingrid Barnay (enthousiaste)

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16/07/08

Le plaisir de dire non - Sylvie Del Cotto

Arrière-salle du Café des Parieurs à Jouy-en-Josas, soirée déguisée sur le thème des héros populaires : il y a là un Superman ventripotent, un Zorro bien éméché, une Janis Joplin avec un faux pétard, un Tarzan suant à grosses gouttes qui enlace une Cléopâtre aux cheveux grisonnants. Tout ce beau monde s’élance sur la piste pour danser un madison bien aligné, tous ensemble. Quand ils enchaînent sur La Macarena, c’en est trop pour Fantômette, alias Billy. Elle se réfugie dans les toilettes et fait un point sur sa drôle de vie : elle déteste passer une soirée seule chez elle, voilà pourquoi elle se retrouve dans des soirées improbables, à devoir supporter des plans drague à deux balles…
Souvent, elle surfe sur Patetic.com où elle fait des rencontres plus ou moins cocasses. Elle voit régulièrement Antoine qui, lui, fait semblant de croire qu’il ne la connaît pas, passe la nuit avec elle et s’empresse de l’oublier.
Billy ne veut surtout pas grandir, juste s’amuser…
Et dire non à tout ce qui l’embête, la carrière, les fiançailles, les cheveux gris. Tiens, voilà encore Antoine, l’amant amnésique. À lui aussi, elle dit non. Jusqu’à quand
?

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Le Plaisir de dire non est le genre de lecture idéale pour les vacances : une héroïne drôle, à qui les aventures cocasses et sentimentales ne manquent pas. C'est une célibataire de 31 ans, elle s'appelle Billy et travaille comme pigiste dans un magazine people où elle s'occupe de la rubrique Courrier des lecteurs. Loin d'être farouche, elle aime les rencontres et les contacts virtuels sur le site Patetic.com où elle a justement fait la connaissance d'Antoine, le bel amnésique (chaque jour il l'approche, semble ne jamais la reconnaître, il la retrouve le soir et l'oublie le lendemain).

Billy a une incapacité chronique de dire non, elle suit donc sans conviction Sabine, la copine boulet rencontrée pendant les vacances, et collectionne les fiestas en banlieue, les mauvais plans en rase campagne ou les week-ends avortés sur la côte normande. Billy la tornade dissimule sa peur panique de s'engager dans ce tourbillon d'activités complètement stériles.

Alléchée par cette très sympathique quatrième de couverture, je me suis jetée à l'eau en espérant passer un moment de lecture totalement dépaysant. Pari réussi. Ok, le roman n'est pas parfait, mais ce n'est pas grave. On retient surtout la sensation survoltée d'une aventure désopilante et très drôle. La narratrice, alias Billy, est une jeune femme excentrique, elle aime discuter le soir avec son miroir à faces (où en fait elle a collé les photographies de Mireille Dumas, Raymond Devos et les Bee Gees). Véritable bout-en-train qui ne manque jamais de souffle, Billy est une héroïne qu'on suit donc avec joie. Avec elle, découvrez le plaisir de dire OUI !

Le plaisir de dire non - Sylvie Del Cotto

Calmann-lévy, mars 2008 - 265 pages. 

Autre particularité du roman, sa bande originale : 

 

08/12/06

Le sot de l'ange - Christopher Moore

sot_de_l_angeA l'approche des fêtes de Noël, la petite ville de Pine Cove a sorti ses plus beaux atours. Les habitants aussi sont pénétrés de l'esprit de Noël, par contre le Père-Noël écolo a décidé cette année de partir en guerre contre le massacre des sapins. Sur son chemin, il croise Léna Marquez en train de commettre le terrible méfait, il la met en joue avec son calibre 38, mais perd la boule et se fracasse sur une pelle. Le Père Noël est mort ! Arrive Tucker Case (et sa chauve-souris Roberta) qui est séduit par cette opportunité plutôt sexy (après tout, il n'avait pas envie de passer Noël tout seul !) et lui vient en aide en enterrant le corps du Père Noël.

Mais un petit garçon de 7 ans a tout vu, ou a cru voir le Père Noël se faire zigouiller. Il exauce une prière pour ressusciter le bonhomme rouge. Entendu ou pas, il y a un certain Ange Gabriel qui se dandine benoîtement dans les rues de Pine Cove à la recherche du miracle à accomplir. Après tout, c'est sa mission de Noël dictée par le Tout-Puissant ! Donc, pourquoi pas ?

Aussi, il ne faut pas s'étonner qu'en cette veillée de Noël, déjà sous la menace de la tempête d'El Niño (nous sommes en Californie),  d'autres événements surgissent et prennent un aspect ... d'épouvante ! Non mais croyez la lectrice gourmande et curieuse que je suis : cette lecture est absolument désopilante, forte d'un humour poilant et culotté, totalement cinglée et saugrenue. J'ai beaucoup apprécié que l'histoire, sur la base de l'imagerie de Noël, casse les stéréotypes, brise les conventionnelles tournures de “la merveilleuse nuit de Noël” en faisant un clin d'oeil salace au conte de Dickens. Car qu'on le veuille ou non, il règne dans ce livre un esprit de Noël, complètement tordu mais absolument jouissif ! Jugez plutôtt : « Nous ne sommes pas dans cette sorte de conte de Noël. Alors, en un nombre réduit de pages, quelqu'un va faire passer l'arme à gauche au misérable salaud. Ha ! Ha! Voilà le genre d'esprit de Noël à venir. »  Et puis l'histoire tient la route, les personnages sont atypiques et épatants. Il y a une impression de vulgarité et d'ânerie qui flotte dans les airs, mais diantre que c'est bon ! que ça fait du bien ! Point important : ce n'est jamais absurde ! (ou à peine).

Ne gâchez pas votre bonheur : Le sot de l'ange est une lecture distrayante qui jongle habilement entre le rire et l'horreur. Faites-vous plaisir & vive Noël !

Calmann Levy

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