11/02/17

L'Effet Papillon / Les Enquêtes du Département V (n°5), par Jussi Adler Olsen

l'effet papillon

Ce cinquième tome signe mes retrouvailles avec le Département V, au sein duquel l’inspecteur Carl Mørck et son équipe continuent de crouler sous les dossiers “cold case” qui s'empilent sur leurs bureaux, piochant au gré des envies et du temps. Ce sont plus précisément Assad et Rose qui dictent désormais les règles à leur chef, lequel se charge d'adopter une attitude blasée et arrogante qui exaspère ses supérieurs. D'ailleurs, il y a du remue-ménage au niveau supérieur (départ en retraite, nouvelle direction, changement de politique). Carl doit se coltiner un stagiaire sans jugeote, Gordon Taylor, en guise de sanction. 
Après une première enquête sur le corps calciné d'une femme découvert dans une péniche (qui, entre nous, ne sert strictement à rien), le Département V s'intéresse à la disparition d'un dénommé William Stark dont la belle-fille a placardé des avis de recherche dans toute la ville depuis trois ans. Cet homme aurait été mêlé à une affaire de corruption au Cameroun, impliquant des fonds du gouvernement danois dédiés à une association humanitaire. Pour étouffer ce scandale, les grosses têtes ont donné carte blanche à un gang de gitans, auquel appartient le jeune Marco, sauf que celui-ci en a assez de ces combines crapuleuses et file sans demander son reste. Mais en quittant “la famille” Marco signe son arrêt de mort. Et ils sont nombreux à ses trousses, car le garçon est désormais la clé de voûte d'un engrenage infernal. 
Ce numéro de cache-cache interminable n'est pas nouveau, cf. Profanation où un seul personnage avait mis en branle une intrigue complète. Outre le sentiment du réchauffé, je n'ai pas été inspirée par cette course-poursuite dans les rues de Copenhague. Comment un môme de quinze ans parvient à déjouer toutes les polices et tous les tueurs les plus aguerris ? Pour moi, Jussi Adler Olsen se repose trop sur ses lauriers, l'intrigue criminelle est correcte, mais l'ensemble tombe parfois dans la caricature. Les personnages, Assad, Rose ou Carl, sont attachants mais n'évoluent plus. Le mystère du réfugié syrien reste entier, les excentricités de la jeune femme ne se renouvellent pas, le chef d'équipe est un goujat fini (il couche avec Lisbeth la bibliothécaire pour se consoler de sa rupture avec Mona puis s'en mord les doigts). Bref. J'aime bien la série du Département V - je suis une mordue des lectures se déroulant dans les pays nordiques - mais je lui trouve aussi un côté plan-plan, à la mécanique trop bien huilée, qui ne m'étourdit plus. Il faudrait sortir des clous maintenant, Hr. Jussi Adler Olsen ! 

Sur un plan technique, Julien Chatelet assure, comme à son habitude, une lecture impeccable, efficace et captivante. Par contre, ce serait bien si Audiolib pouvait raccrocher avec la cadence imposée par Albin Michel (le tome 6 est sorti en janvier 2016, le tome 7 en mars 2017). Help ! ☺

Audiolib - Janvier 2017 (durée : 16h 52)
Traduction de Caroline Berg pour les éditions Albin Michel


01/02/16

Dossier 64 / Les Enquêtes du Département V (n°4), par Jussi Adler Olsen

DOSSIER 64

Les affaires roulent, pour notre équipe du Département V, qui a le vent en poupe. Même si, pour l'heure, leur principale préoccupation semble être de résister à l'épidémie de grippe qui sévit dans le commissariat, les vieux dossiers s'empilent sur les bureaux et réclament à cor et à cri leur attention. L'inspecteur Carl Mørck, toujours autant à côté de la plaque, voit ses vieux spectres resurgir, concernant la fusillade dont il a réchappé in extremis, contrairement à ses deux partenaires. Des zones d'ombre persistent, empoisonnent son existence et son moral, notre inspecteur est à cran, aussi cède-t-il de bonne grâce aux insistances de ses assistants, Assad et Rose, pour se préoccuper de la disparition, dans les années 80, de Rita Nielsen, une fan de Madonna, également connue pour vivre de ses charmes. Le département V l'ignore encore, mais cette affaire est plus que sulfureuse, voire carrément glauque et scandaleuse. Car elle va mettre à jour des pratiques honteuses de la médecine, avec la complicité des services sociaux et sous l'égide d'un parti politique extrêmiste. Il était une fois, l'île de Sprogø... où des filles paumées étaient envoyées dans un institut d'aliénées pour y subir, en plus des sévices corporels, des stérilisations forcées et des tortures mentales. Franchement, abject. Parmi elles, se trouvait la jolie Nete Hermansen, une victime abusée parmi tant d'autres, sauf que... Trente ans plus tard, Nete est résolue à se venger et décide d'inviter ses anciens bourreaux à prendre le thé, pour solde de tout compte. Accrochez-vous aux détails et aux descriptions dégoûtantes et méprisables... c'est assez tendu et démoralisant. Pour le reste, c'est avec grand plaisir qu'on suit les frasques de notre trio de choc - Carl et sa relation amoureuse avec sa psy sexy, Assad et ses nombreux secrets sur son passé et ses origines, Rose, fantasque et rebelle, dont on comprend un peu mieux les troubles de la personnalité... Bref. On ne s'ennuie pas. J'ai même trouvé que l'auteur s'éclatait davantage à dessiner son petit monde et privilégiait cette belle connivence, parfois au détriment de l'enquête qui décolle quelque peu tardivement. En tout cas, cette lecture a le goût des retrouvailles pittoresques et déjantées, avec une équipe complètement barrée, mais tellement attachante qu'il me tarde déjà de renouer avec. Les personnages sont, incontestablement, le point fort de la série.

Audiolib / Janvier 2016 ♦ Texte lu par  Julien Chatelet (Durée : 16h 51) ♦ Traduit par Caroline Berg (Journal 64) pour les éditions Albin Michel ♦ Sortie Le Livre de Poche, Janvier 2016 également. ;-)

Dossier 64   Challenge Nordique 2016