25/09/07

La maison Tudaure ~ Caroline Sers

A l'occasion de son deuxième roman, Caroline Sers a décidé d'employer le genre du roman noir et policier. En quelques touches incisives, elle crée une atmosphère opaque, impénétrable d'un petit village écarté avec ses habitants tout aussi intrigants. Derrière ce climat de suspicion générale, Caroline Sers a aussi souligné la délicate délation de la presse, impuissante à percer des remparts, et qui préfère frapper dans le tas plutôt que s'avouer vaincue. Parce qu'ils vivent à leur mode, ces villageois sont déconsidérés de toute condition humaine et étiquetés comme des primates incultes et non civilisés. C'est flippant. Peut-on leur reprocher, ensuite, de s'unir en se taisant, au risque d'attiser les flammes de défiance ?
"La maison Tudaure" est un roman réussi, dans sa peinture des âmes humaines (tiens, cela se rapproche du livre de Philippe Claudel, "Les âmes grises") et dans son intrigue sombre et angoissante. Le fin de l'histoire, d'ailleurs, est plutôt cocasse et insoupçonnable !

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14/09/07

Tombent les avions ~ Caroline Sers

"En famille, on ne dit pas ce qu'on pense." C'est le credo de cette famille qui vient chaque année passer un mois de vacances dans la maison de l'aïeule, Mounette. Des vacances qui n'en ont que le nom, car on distingue parfaitement que chacun s'y plie, telle une immuable habitude et exigence auxquelles personne ne semble y déroger. Donc les frères et soeurs, flanqués de leur conjoint et progéniture, s'y rendent et font comme si. Heureux d'être à nouveau réunis, de retrouver les mêmes choses inchangées, les bonnes vieilles habitudes cultivées avec obsession par Mounette. Cette grand-mère dont les commissures des lèvres se pincent à la moindre contrariété, au moindre déraillement et à la moindre entorse aux habitudes. Car sur cette famille plane le fantôme de Corinne, la disparue. Progressivement on en apprend sur cette cousine, cette fille ou soeur que chacun n'ose plus nommer ou évoquer. A peine sur les photographies. Silence, maître mot de cette colonie !
Bien entendu, tous sont au bord du précipice. La menace gronde. La colère couve sous la soupape de sécurité. Prête à exploser comme une cocote-minute. Et comme les avions, à trop les fixer, ils peuvent tomber !...
Bref, un premier roman écrit avec soin, d'une plume acérée, qui blesse sans heurter et qui se pare d'un air de vertu outragée et vengée. Un petit délice !

lu en septembre 2004

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