15/11/17

Watertown, de Jean-Claude Götting

WatertownPhilip Writing mène une existence paisible à Watertown, petite ville du Massachusetts. Paisible, pour ne pas dire insipide. Simple employé dans une compagnie d'assurances, il vit seul dans un appartement sans charme et termine ses journées en buvant de la bière avant de se coucher. Un matin, il s'arrête, comme à son habitude, dans la pâtisserie de M. Clarke pour y acheter un muffin. Au moment de saluer Maggie, la vendeuse, celle-ci lui annonce qu'elle ne sera plus là demain. Or, le jour d'après, Clarke est retrouvé mort dans sa cuisine. Maggie a bel et bien disparu. Deux ans plus tard, lors d'une visite chez son frère à Stockbridge, Writing croise dans une boutique d'antiquités le sosie de Maggie Laeger. Elle prétend pourtant s'appeler Marie Hotkins et nullement le connaître. Chiffonné, notre homme ne renonce pas si facilement et va rapidement élaborer de folles théories. Il entraîne, dans son sillage, un journaliste proche de la retraite, lequel va également connaître une fin tragique. C'est assez pour titiller la curiosité de notre homme et le plonger dans une folie obsessionnelle. Woow, que de mystères ! Et c'est franchement une réussite. Dès la première page, l'histoire nous accroche, dévoilant un scénario énigmatique et captivant. L'esthétisme est assez austère et d'une grande sobriété, mais conforte ce sentiment de climat lourd en secrets et autres faux-semblants. L'ensemble n'en demeure pas moins hypnotique. En faisant référence à un “polar hitchcockien”, l'éditeur ne se trompe pas. On retrouve aussi tous les codes du roman noir des années 60 - un héros solitaire, qui oublie la vacuité de sa vie en s'improvisant détective, une beauté blonde impénétrable, des disparitions étranges, une police démissionnaire, des petites villes paumées... C'est tout bon. Ambiance frileuse pour lecture envoûtante. Une découverte de choix !

Casterman, 2016

 

 

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09/11/17

Cinq centièmes de seconde, de Lois Lowry

Cinq centièmes de secondeL'université où travaille le père de Molly lui offre un an pour achever son roman. Profitant de l'occasion, la famille part s'installer à la campagne et loue une maison appartenant à un certain Will Banks. Le vieil homme, attaché à sa terre, livre à l'adolescente son histoire personnelle avec des trémolos dans la voix, mais va surtout lui inspirer ses premiers clichés photographiques et conduire à une passion qui ne faiblira pas. À la maison, l'ambiance aurait pu être meilleure si seulement Molly et sa sœur Meg ne partageaient pas la même chambre. Meg est l'aînée de quinze ans, c'est une jeune fille solaire, toujours entourée d'amis et très à l'aise dans le monde. Contrairement à Molly, sa cadette de deux ans, qui se juge quelconque et transparente. Malgré leur attachement, leur relation n'est pas de tout repos car les deux sœurs ont du mal à se comprendre et se chamaillent pour des broutilles. Toutefois, lorsque les sautes d'humeur de Meg viennent révéler un mal plus profond, c'est toute la vie de Molly qui prend un nouveau tournant. La jeune fille se voile la face et court se réfugier chez Will, avec qui elle parfait sa technique photo, et rencontre ses nouveaux voisins, Ben et Maria, qui attendent un heureux événement.

Cinq centièmes de seconde, c'est le temps qu'il a fallu pour figer à jamais une émotion, une image, une révélation. Et croyez-moi, la lecture de ce roman m'a broyé le cœur. J'ai fondu en larmes alors que l'histoire pressentait le drame et les sanglots, mais voilà, un soir de blues, plus à fleur de peau que jamais, j'ai lâché les écluses. L'histoire est attendrissante, et forcément émouvante. Elle parle de la famille et des relations parfois tendues entre sœurs, surtout à l'adolescence où les passions sont exacerbées et les malentendus nombreux viennent creuser inutilement le fossé. Ce roman, qui date en fait de 1977, dégage aussi une ambiance vintage délectable et dépaysante. J'ai aimé flâner dans cette campagne silencieuse et isolée, regarder à travers l'objectif de l'appareil photo, bêcher le jardin et planter des légumes, admirer la couture du patchwork... C'est une ambiance hors du temps, qui cadre à merveille avec ce portrait de famille tout en délicatesse. Très beau, très touchant.

Et je fais mienne cette citation : « Le temps passe et la vie continue ; il faut bien la vivre. Au bout d'un certain temps, on se souvient davantage des bonnes choses que des mauvaises. Puis, petit à petit, tout ce que le silence a vidé se remplit à nouveau de rires et de mots et les bords ébréchés de la tristesse sont lissés par les souvenirs. »

Casterman, 2017 pour la présente édition (préalablement paru sous le titre “Un été pour mourir” en 1993)

Traduction de Laurence Kiefé [A Summer to Die]

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07/11/17

Lotto Girl, de Georgia Blain

lotto girlRéfugiée dans le désert sous une fausse identité, Fern attend qu'on vienne l'exfiltrer. Car Fern est en réalité une ancienne “lotto girl” - une fille au profil génétique haut de gamme. Son sort a été joué à la loterie, du fait des revenus trop modestes de ses parents, qui visaient un avenir meilleur pour leur progéniture. Dès l'âge de cinq ans, Fern a donc rejoint l'institut Halston dirigé par la société BioPerfect pour y suivre une éducation de qualité. Elle y rencontre Lark, Ivy et Wren, également des lotto girls, et est chaperonnée par une gouvernante, Miss Margaret. Fern s'adapte rapidement au rythme des études et comble également toutes les attentes... contrairement à ses camarades, plus en difficulté et rongées par la nostalgie de leur enfance. Le parcours de Fern se découvre au fil des chapitres où s'entrecroisent son présent et son passé. La jeune fille est actuellement réfugiée dans une communauté rudimentaire, où un certain Chimo la prend sous son aile en la traitant de princesse. Fern est cependant sur ses gardes, après avoir été alertée que BioPerfect avait envoyé des espions pour la retrouver coûte que coûte. Et de s'interroger alors sur le cataclysme qui a suscité cette descente en enfer !

J'ai été séduite par cette lecture, dont l'ambiance est hypnotisante à force d'être énigmatique et néanmoins captivante. Rien ne se devine, tout se dessine avec lenteur. J'ai beaucoup aimé, retrouvant dans Halston les esquisses et l'atmosphère de Never let me goFern est une narratrice troublante, pas une rebelle dans l'âme, mais une fille imparfaite, parfois égoïste, et c'est tout à son honneur de ne rien cacher de ses doutes et autres faux pas. Elle est aussi un pion entre les mains des uns et des autres, normal qu'elle repousse farouchement toute forme de contrainte, la privant de son libre-arbitre. Par contre, j'ai été frustrée par le dénouement hâtif et confus. J'aurais préféré une suite, mais Georgia Blain étant décédée en décembre 2016, mes espoirs s'éteignent à leur tour. Je ressens la même amertume que celle inspirée par Version Beta de Rachel Cohen (publié sans suite chez Robert Laffont). Profonds soupirs.

Casterman, 2017 - Trad. Alice Delarbre [Special]

 

 

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04/11/17

Pêle-Mêle : Hector et le Colibri - Petit Elliot et la fête foraine - Les petits biscornus - La maison des bisous

Hector et le colibri

L'ours Hector a pour ami un colibri très bavard. Mais vraiment, il n'arrête jamais. Quand Hector mange une pomme, ou se gratte le dos contre le tronc d'un arbre, ou aussi quand il cherche à faire une sieste, Colibri est sans cesse dans ses pattes à pépier inlassablement. Mais voilà, Hector en a assez. Il n'en peut plus. Et demande un peu de paix. Il part donc - SEUL - dans la forêt. 

Aaah, cette douce tranquillité... le bourdonnement paisible de la nature... le chuchotis rassurant du calme environnant. C'est tellement bien, se dit Hector. Sauf que, le goût des pommes n'est plus le même, c'est moins drôle de se gratouiller sans son copain et c'est aussi super flippant de s'endormir sans une histoire racontée à voix haute 

Ainsi, qu'importe les petits défauts des uns et des autres - après tout, nul n'est parfait - c'est si bon de compter sur son fidèle ami pour partager les petits moments de la vie. Car l'amitié, c'est sacré ! Du même auteur, découvrez aussi Hello, monsieur Dodo !

Hector et le Colibri, de Nicholas John Frith

les Albums Casterman, 2017

 

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Petit Elliot et la fête foraine

C'est un grand jour pour Elliot qui découvre avec son amie la souris la fête foraine ! Or, tout ne se passe pas comme prévu - Petit Elliot a peur de la vitesse, du vent, de l'eau, des clowns, de la foule... Bref, il passe une très mauvaise journée et préfère se réfugier sur la plage. Soucieuse de le consoler, son amie lui propose alors une activité qui va le réconcilier avec la fête foraine. En avant, donc, pour la grande roue (et sa double page extraordinaire) !

Que de belles illustrations au cœur de cet album qui expose la majesté, l'effervescence, les couleurs et la gourmandise de la foire ! C'est assez magique. L'histoire, ensuite, raconte les mésaventures d'un Petit Elliot tellement froussard qu'il ne sait plus apprécier les plaisirs simples des manèges... C'est finalement avec la complicité de sa meilleure amie qu'il va endurer cette journée riche en émotions !

Une jolie lecture qui cherche à apprivoiser en douceur les petites angoisses de la vie. Adorable !

Petit Elliot et la fête foraine, de Mike Curato

les Albums Casterman, 2017

 

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Les petits biscornus

Dans la forêt des arbres bleus, les petits biscornus s'en vont jouer près de l'étang. Ils s'amusent comme des fous et ne voient pas le temps passer, lorsque la nuit tombe et les empêche de retrouver leurs pas sur le sentier. La poisse. C'est alors qu'ils tombent sur une valise dans laquelle se trouve une belle lueur argentée. Cela a la forme d'un croissant et c'est léger comme un ballon.

Tiens, les petits biscornus ont envie de l'appeler Lune et l'emmènent avec eux car ils peuvent enfin voir où poser leurs bottes sans avoir peur de se perdre ! Quel réconfort... Soudain, un petit biscornu trébuche et lâche Lune qui s'envole dans le ciel, jusqu'aux étoiles. Le ciel n'en est que plus éclairé. Depuis, nos petits amis peuvent partir chaque soir en vadrouille et ne plus craindre de rentrer dans le noir.

La lune veille sur eux. Et sur les enfants. C'est tout le charme de cet album d'une douce poésie qui réinvente la légende de la lune avec beaucoup de tendresse ! La lecture a l'effet d'une berceuse relaxante avec en bonus de magnifiques illustrations dans un grand format qui fait plaisir à parcourir.

Les petits biscornus, de Nathalie Minne

les Albums Casterman, 2017

 

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La maison des bisous

Dans cette maison pleine de surprises, le jeune lecteur doit aider le petit ours à retrouver ses parents pour leur voler un bisou ! Mais en attendant, c'est la panique. Un mammouth dans le frigo, des poissons dans le bain moussant, des fourmis dans le vaisselier, une araignée sous le paillasson... Non merci ! 

C'est très drôle et ludique, car il y a des tas de flaps à soulever pour cette partie de cache-cache attendrissante. Cette maison des bisous est une invitation au bonheur - les couleurs et le graphisme sont juste ravissants ! Une jolie découverte.

La maison des bisous, de Claudia Bielinsky

Casterman, 2017

 

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Les bisous du grand méchant loup

Dans ce livre-marionnette, le lecteur se glisse dans la peau du loup. Grognon, pas content, grincheux. Dès le matin, tout va de travers : il n'aime pas se lever, ni se baigner dans l'eau froide, et encore moins tenter de se sécher avec du feu. Par contre, il adore se promener dans les bois et croiser des randonneurs à terroriser. Hélas, il est pris pour cible à grands coups de châtaignes qui piquent... Ouhloulou ! Il est finalement temps de rentrer chez lui en attendant un petit bisou pour le soulager.

Un album cartonné très sympa, qui inspire les enfants et qui donne envie de donner de la voix pour une mise en scène encore plus saisissante !
Une histoire cocasse dans un emballage réussi & original ! Très, très chouette !

Les bisous du grand méchant loup, de Jean Leroy & Laurent Simon

Casterman, 2017

 

20/10/17

ReMade, d'Alex Scarrow

ReMadeDe retour à Londres, après le divorce houleux de ses parents, Leo regrette sa vie à New York et envie sa petite sœur Grace, dont l'aisance naturelle lui a permis de tourner la page et se fondre très vite dans cette nouvelle existence. Leur mère est souvent absente, débordée par un boulot éreintant, et rentre à la maison les nerfs en pelote. Le frère et la sœur se disputent constamment pour des broutilles, ils ne se comprennent plus. Bref, l'ambiance n'est donc pas folichonne. Pour oublier ses tracas, le garçon parcourt la presse et tombe sur des entrefilets évoquant des foyers épidémiques d'une grande virulence en Afrique. Or, nul ne semble s'en préoccuper. C'est alors que son père leur téléphone en catastrophe pour les obliger à quitter Londres tout de suite et sauter dans le premier train pour le Norfolk où vivent leurs grands-parents. Le virus foudroyant a quitté l'Afrique et est en train de se propager à travers le globe. Un chaos monstrueux est en marche.

Oh.My.God. Que de palpitations à la lecture de ce roman ! Plus je tournais les pages avec fébrilité, plus j'avais des yeux hallucinés en lisant ce scénario-catastrophe. Au départ, les personnages vivent un peu dans une bulle d'insouciance, ils ne prennent pas conscience de l'ampleur du désastre et ignorent que l'ennemi prépare dans l'ombre son armée, prête à s'abattre sur l'humanité. Oui, oui, on assiste avec effroi et impuissance à la mise en place du virus, on a des chapitres sur son évolution, car le virus est intelligent et s'adapte avec diligence au terrain, ne perdant jamais de vue sa mission - anéantir toutes espèces vivantes. Nul ne lui résiste, même les animaux, les insectes, les plantes. Tout est contaminé. Autant vous dire que c'est effrayant - certaines scènes décrites sont immondes - mais ça vous scotche les doigts au bouquin. Sûr et certain. Plongés dans ce bourbier, Leo et sa sœur Grace vont vivre des émotions fortes et nous les font partager pour le même prix. On court à leurs côtés pour survivre, lutter et comprendre. Pfiou, que de stress. Au final, c'est rondement bien fait, hyper efficace et addictif. On a une montée d'adrénaline au cours de ces 445 pages de lecture, tenez-vous bien, c'est redoutable. 

Casterman, 2017 - Trad. de Corinne Daniellot

Bémol sur la COUVERTURE française, car je préfère de loin l'édition VO qui annonce clairement la couleur ! ►►► CLIC ◄◄◄

 

 

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14/06/17

L'Ingrédient Secret du Bonheur, de Laurel Remington

L'ingrédient secret du bonheurScarlett a douze ans et une notoriété bien mal acquise par sa mère, devenue blogueuse influente en prenant son adolescente pour sujet d'observation. Ses moindres faits et gestes sont ainsi étalés sur la place publique, décortiqués, analysés, commentés... Pour Scarlett, non coopérative, la vie au collège est également devenue un calvaire. Tous la pointent du doigt, chuchotent sur son passage, l'accusent d'être snobe ou optent pour la moquerie, souvent dans le but de calfeutrer leurs propres jalousies. À la maison, l'ambiance aussi est pesante. Totalement accaparée par son blog, la mère de Scarlett prend de moins en moins de temps pour compatir aux soucis de sa fille, laquelle naturellement se renferme par méfiance, ne souhaitant pas que ses confidences viennent alimenter les discussions de sa mère avec ses relations virtuelles. La situation tourne en rond, chacune reprochant à l'autre de manquer de compréhension. Bref.

Un jour, Scarlett découvre que sa voisine, une vieille dame solitaire, est hospitalisée et que son chat miaule piteusement dans sa maison. La jeune fille s'y introduit en douce pour le nourrir... et tombe alors en pâmoison devant la belle et immense cuisine de la propriétaire. Prise d'une impulsion, Scarlett se met à sortir les casseroles et à pâtisser scones à la cannelle, flapjack nappé au chocolat ou banoffee pie. Bientôt rejointe par d'autres complices, elle va créer le Club des Petits Chefs Anonymes et partager leurs sucreries en les distribuant incognito à la cantine. Hélas, leur mission va être menacée par le neveu de la vieille dame, un politicien en vogue, qui estime qu'elle ne peut plus vivre seule chez elle et entend ainsi vendre la maison pour d'autres projets. Notre Club comprend que leurs réunions secrètes sont désormais en sursie, à moins d'entrer en résistance  et sortir de leur anonymat. Pour Scarlett, le face à face avec sa mère s'annonce explosif !

Une lecture juvénile et charmante, aux parfums sucrés et gourmands, qui est également très moderne dans son choix d'aborder la question du blog comme un outil devenu envahissant dans la relation mère-fille et dans leur quotidien en général. De bonnes pistes, une belle dynamique, une histoire simple et mignonne. À lire dès 10 ans.

Casterman, 2017 - Trad. Cécile Moran [The Secret Cooking Club]

 

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07/06/17

Pêle-Mêle : Gros Chat Gentil - Chien Coquin - Y'a rien ! - Cacanimaux

Gros Chat Gentil / Chien Coquin, de Jo Lodge

Casterman, 2017

Gros Chat Gentil  Chien coquin

Voici deux livres animés très rigolos, proposant une histoire avec Max le chien ou avec Gros Chat Gentil et son amie Riri la souris. Les deux albums ont pour particularité d'offrir des animations surprenantes, avec des languettes à tirer, des roulettes à tripatouiller ou des effets pop-up qui rendent la lecture encore plus dynamique et épatante. Les enfants en sont généralement friands. Ajoutez des illustrations candides et ravissantes, un ton plein d'humour et un récit court, simple mais efficace. Max le chien cherche un cadeau pour sa maman et espère trouver l'inspiration dans le jardin, Gros Chat Gentil joue à chat perché avec son amie Riri la souris et caracole avec insouciance dans la maison, avant de partager un bon bol de lait... et au diable les bêtises ! Deux lectures adorables et attachantes.

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Y'a rien ! / Cacanimaux, de Benoît Charlat

Casterman, 2017

Ya rien  Cacanimaux

Cette collection est tout bonnement irrésistible : Benoît Charlat s'empare du sujet de l'apprentissage des WC en proposant deux histoires pétillantes et ingénieuses. La petite mouette soupire d'ennui, les fesses posées sur la lunette des toilettes. C'est long d'attendre... le déluge, la délivrance, le soulagement. Elle cherche à attirer l'attention et s'époumonne pour convoquer sa famille, « OHÉ, Y'A RIEN, ÇA VIENT PAS ! », mais le temps de s'écouler lentement n'en finit plus. On trouve aussi des petits flaps pour donner du pep's et de l'humour au récit. L'effet est radical - on sourit, on tourne les pages, on attend le dénouement, et on glousse de bonheur. “Cacanimaux” est une réédition de ce classique au succès assuré, qui se lit comme un imagier délirant d'animaux installés sur le trône. Défile tout un assortiment de cacas étonnants... un caca méchant de loup, un caca copain de pingouins, un caca cache-cache de serpent ! À nouveau, on hausse les sourcils, on sourit, on exulte, on applaudit des deux mains.

Deux chouettes lectures pour accompagner les petits dans leur autonomie (et dans la rigolade). Super drôle !

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31/05/17

Marcel le cowboy : Toni Tornado la Terreur, d'Eva Muszynski & Karsten Teich

MARCEL LE COWBOY

Avis de tornade au Far West ! Le vent souffle fort sur la ferme de Petit-Bonheur, où Marcel le cowboy, Rose le cochon et Lisa la vache boivent du chocolat chaud en attendant l'accalmie.
Quand ils peuvent enfin pointer le bout de leur nez, ils découvrent l'étendue du désastre - le linge à sécher et les cactus se sont envolés, à la place un bananier crâne fièrement dans le jardin ! Lisa et Rose finissent par se consoler en récoltant toutes les bananes...
Mais au petit matin, tout a disparu ! Après une diligente enquête, Marcel démasque le voleur - un petit singe adorable, particulièrement gourmand et turbulent. Toni Tornado fait en effet les quatre cent coups. Il jongle avec la vaisselle et est capable de sortir des tas d'animaux de son drôle de chapeau.
C'est finalement en se rendant au cirque nouvellement installé que toute la bande va percer le secret de leur nouveau pensionnaire.

Je découvre cette série, qui en est déjà à son sixième tome, et j'applaudis bien fort cette jolie trouvaille, pleine d'humour et d'imagination. L'histoire combine le folklore du western avec les joies du cirque - deux thèmes séduisants pour les jeunes lecteurs. Ajoutez un vocabulaire accessible, un ton joyeux et enlevé, une histoire virevoltante, des personnages attachants et des illustrations cocasses qui font plonger le nez dans cette lecture franchement réjouissante ! 

Casterman, 2017 - Trad. de l'allemand : Julien Lapeyre de Cabanes

♥ TOUTE LA SÉRIE À DÉCOUVRIR : Marcel le cowboy 

Au Far West, tous les cowboys s'appellent Bill ou Jim et ils galopent sans cesse pour attraper des vaches avec leur lasso. Marcel, lui, n'a ni cheval ni lasso ! Mais il compte bien vivre des aventures dignes des plus grands héros du Far West...

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30/05/17

Un truc truc comme un biscuit craquant, d'E. Lockhart

Un truc truc comme un biscuit craquantCette petite brique de 500 pages comprend en fait deux romans préalablement publiés sous les titres L'amour avec un grand Z (ou Journal d'une allumeuse) et L'art de perdre les pédales (Le grand livre des garçons). Casterman croit au potentiel de cette série - moi aussi - car elle est à la fois pétillante, pleine de charme et de lucidité, beaucoup moins girly et frivole qu'en apparence. 

Présentation de notre héroïne : Ruby Oliver, 15 ans, 5 crises d'angoisse en 10 jours, 11 rendez-vous chez le psy et 4 grenouilles en céramique. En se confiant à l'impassible Docteur Z., l'adolescente prend conscience de son problème - elle est obsédée par les garçons mais ne récolte que de fâcheuses expériences. Dans le cadre de sa thérapie, Ruby doit dresser une liste de ses prétendants, pas forcément ses amoureux, juste les garçons qui ont compté dans sa vie. Et ils sont au nombre de 15, allant des rumeurs, des erreurs de parcours, des illusions, des quantités négligeables et le reste... C'est un casse-tête à décortiquer. Pas de bol pour elle, la liste est chapardée, reproduite et glissée dans le casier de tous les élèves de son lycée. Sa réputation est scellée - Ruby Oliver n'est qu'une allumeuse ! Ses meilleures copines la traitent en lépreuse. Notre héroïne est seule, plus désemparée que jamais, mais se débat pour laver son honneur. 

Si l'intrigue traite vulgairement de batifolages, de baisers baveux et de pelotages en douce, elle ne reste pas non plus au ras des pâquerettes et révèle la détresse profonde et sincère de Ruby, à ne pas traiter à la légère. On y décèle, à travers les lignes, une grande sensibilité, des bouffées d'angoisse et des passages à vide, lesquels s'accompagnent de perte de confiance en soi, de trop-plein émotionnel et de tourbillon affectif. Ruby a néanmoins des réserves d'intelligence et de mauvaise foi pour sauver la face, beaucoup de répartie et un sens aigu du sarcasme, d'où un récit caustique, croustillant et jubilatoire à lire. Son parcours, jalonné de hauts et de bas, illustre à sa façon décomplexée la difficulté de jongler entre relations amicales et amoureuses chez les ados sans pitié et prompts à condamner. Après tout, la vie « c'est finalement un truc truc comme un biscuit craquant » !

Une série à ne pas sous-estimer. Elle renferme un ton subtil et touchant, en plus d'être drôle, et fait le portrait d'une jeune fille qui se vautre dans l'ironie pour masquer sa vulnérabilité. Une lecture distrayante et pleine de pep's, avec une héroïne hyper attachante.

Casterman, 2017 pour la présente édition

Trad. Antoine Pinchot (The Boyfriend List / The Boy Book)

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17/05/17

Les Super Méchants T.3 : Opération cochon d'Inde, de Aaron Blabey

Super méchantsClameur générale dans la salle. Saluons le retour de nos intrépides Super Méchants pour une nouvelle lecture à mourir de rire ! ^.^

Suite à l'Opération Poulets, notre fine équipe compte désormais un ennemi féroce - le Professeur Julius Marmelade. En apparence, un adorable cochon d'inde inoffensif... et en vrai, un savant fou milliardaire, animé de projets dangereux et incontrôlables. Gloups.

Pourtant, tout avait bien commencé pour notre ligue des justiciers avides de se racheter une conduite. M. Loup, Bill le Reptile, Señor Piranha, Bob l'Enclume et Pixel la mygale entendent laver leur nom et leur honneur en sauvant le monde et ses opprimés. Une noble ambition, constamment menée avec errance et chamaillerie. Car l'entente au sein du groupe n'est pas toujours au beau fixe, la méfiance est de mise, la mauvaise foi évidente, les caractères hargneux et le découragement jamais loin. Cette fois, notre quintet va tomber (bêtement) dans le piège tendu par leur redoutable adversaire. L'union fait la force, dit-on, ainsi que les beaux yeux d'un ninja... La Bande des Super Gentils (titre contesté à cause de sa niaiserie) va vivre de palpitantes aventures que l'on suit avec exaltation, tant les fous rires sont nombreux !

Je suis résolument FAN de cette série, qui apporte en quelques pages une bonne dose d'humour, de dérision et de truculence. Les illustrations font mouche, le rythme et les rebondissements de l'histoire sont également ingénieux et pertinents. J'ai été totalement embarquée, enchantée par cette virée désopilante et démentielle. Déjà hâte de lire le prochain tome... ☺

Casterman, 2017 - Trad. Emmanuel Gros

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