26/03/18

Mentir aux étoiles, d'Alexandre Chardin

Mentir aux étoilesLéon a 11 ans et fait sa rentrée au collège, sous le regard ému de ses parents... du moins, sa maman ne masque pas son angoisse à l'idée de lâcher son petit dans la jungle hostile. Pour la première fois, le garçon va gérer seul son rapport aux autres et sa concentration en classe. Certes, Léon est un enfant intelligent, à l'esprit vif et éveillé, il est néanmoins facilement distrait. Un vol de papillon, une colonie de fourmis, un battement d'ailes, un python dans les WC, bref un rien l'entraîne dans la contemplation et la rêverie. Ce détail peut déconcerter, mais Léon se défend d'être un garçon comme les autres. Alors, quand les plus grands du collège lui prennent la tête et lui cherchent des noises, l'enfant encaisse puis se rebiffe... rassuré par Salomé, sa nouvelle amie qui porte du rouge à lèvres et des vêtements moulants. Elle n'a peur de rien, ni personne, elle se désigne volontaire pour le protéger, en digne fiancée de pirate ! Au final, c'est une histoire poignante qui nous fait rencontrer un jeune héros au cœur pur, dont l'innocence est bafouée et malmenée par des brutes sans cervelle. Son combat est évidemment empreint d'espoir et insuffle beaucoup de courage, ce qui permet à Léon de grandir, affûter ses armes et évoluer de façon spectaculaire au cours des quelques 200 pages du roman. Au-delà du titre évocateur et sa couverture doucereuse, la lecture nous plonge dans une profonde réflexion sur la différence, la famille et le désir d'émancipation. L'approche est poétique, sans toutefois nuancer le poids des mots et de la souffrance. Globalement, c'est un petit roman qui se découvre avec tendresse... même s'il ne suscite pas non plus un engouement débordant, du fait des émotions trop compactes dans un vaste champ d'action. Je n'ai donc guère ressenti d'implication personnelle et suis restée en retrait, attentive et bienveillante, mais sans élan particulier. Peut convenir dès 9-10 ans. 

Casterman, 2018 / création graphique @Romain Dumas

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16/03/18

La course au bonheur, de Maggie Lehrman

La course au bonheurTraumatisée par la mort tragique de ses parents, dans l'incendie de leur maison, la jeune Ari Madrigal a recours à un sort d'oubli, prodigué par une hékamiste. Dix ans plus tard, c'est son petit ami, Win, qu'elle perd dans un accident de voiture. Anéantie par la douleur, elle fait encore appel aux sorts de l'hékamiste sans avertir ses proches. Le charme opère, mais Ari ne veut pas paraître insensible et donne le change en faisant semblant d'être meurtrie dans sa chair, donc muette et désirant vivre dans sa bulle, loin de tous. Toutefois, pratiquer un sort d'hékamiste engage aussi des effets secondaires. Pour Ari, c'est son corps qui ne répond plus. Quand on est une grande danseuse, admise à une académie prestigieuse de New York, c'est le ciel qui s'effondre sur la tête. À Cape Cod, tous se connaissent depuis l'enfance mais se drapent dans des secrets qui distillent un poison invisible et propagent un mal sournois, hélas à l'origine d'une série de conséquences dramatiques. Avant de mourir, Win avait un urgent besoin d'argent liquide, son meilleur ami Markos a surpris le commerce douteux de sa mère, Kay a fait appel à un sort d'ancrage pour s'attacher ses copines, Diana et Ari ne peuvent plus quitter l'île sans courir un danger, Echo fait du chantage par désespoir, Cal Waters est fidèle à sa réputation de don juan... Tous sont donc enrôlés dans un feuilleton tragique, au charme hypnotisant et vénéneux. Dès les premières pages, j'ai été envoûtée par l'ambiance pleine de mystères et de suspense. On sent le poids des larmes, des événements graves, des non-dits, des remords et des regrets. Cela peut paraître lourd et étouffant, alors qu'en fait c'est captivant. L'auteur a réussi à orchestrer son histoire en faisant planer le doute mais en alimentant constamment la donne par des détails infimes et néanmoins percutants. J'ai plongé mon nez dans les 420 pages du roman, intriguée par les révélations qui allaient en découdre. D'ailleurs, la surprise est totale jusqu'à la toute dernière page ! Un premier roman très habile, passionnant et bouleversant. 

Casterman, 2018  - traduit par Antoine Pinchot {The cost of all things}

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06/02/18

Billy Blaireau : Son enlèvement (presque) réussi mais finalement raté, de A.L. Kennedy

Billy blaireauÀ la base, c'est le titre à rallonge et la couverture pleine de détails saugrenus qui m'ont incitée à découvrir cette lecture un peu barge ! Et en effet, le contenu a vite révélé une histoire complètement déjantée. 
Direction la verte campagne écossaise, où se trouve la ferme des affreux McGloone. Chez eux, les lamas et les blaireaux finissent en chaussettes ou en tourtes. Piégés, déprimés et malheureux, la famille Lama (Brian, Guenièvre, Carlos et Ginalolobrigida) prennent tardivement connaissance de ce triste destin. Quant au jeune Billy, kidnappé et jeté dans une cage, il est contraint de porter un short pour s'entraîner durement avant un combat de titans et des paris perdus d'avance. Mais pas d'inquiétude à avoir, car Oncle Shawn est là! Cet amoureux de la nature, en quête d'aventure et d'amis, ne tolère ni la souffrance ni la cruauté. En découvrant ce trafic honteux, notre homme comprend que son heure est venue et lance un grand plan d'action. Chez les McGloone, le temps aussi est compté, les lames sont affûtées et les vilains trépignent d'impatience, tandis que nos bêtes à poils se roulent en boule en se résignant sur leur sort.
Absurde et néanmoins rigolote, la lecture raconte une aventure pleine d'anecdotes burlesques, avec des personnages aux traits grossis et des animaux franchement nigauds. On sent la volonté de partir loin dans un délire à prendre à la légère, même si j'ai parfois trouvé le ton lourd et pesant. Bon point pour les illustrations qui complètent joyeusement cette fable farfelue... laquelle se conclut en dévoilant, mine de rien, les secrets du bonheur  (de la limonade, des hamacs, des flocons d'avoine avec bananes et fraises, du soleil et des gens qui parlent en espagnol) ! Pourquoi pas ? ☺ 

Casterman, 2018 - Traduction de Valérie Le Plouhinec

Illustrations de Gemma Correll / Dès 8 ans.

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Les Super Méchants (4) : Opération chatons zombies, d'Aaron Blabey

Les super méchants Operation chatons zombiesImaginez une invasion de petits chatons adorables devenus des zombies déchaînés et un cochon d'inde complètement barré aux manettes de ce projet insensé ! Si, si. Les Super Méchants sont appelés à la rescousse pour opposer une farouche résistance au Professeur Marmelade, même si la partie s'annonce difficile.

Nos fringants compagnons ne manquent pourtant pas de ressource - M. Loup, Bill le Reptile, Señor Piranha, Bob l'Enclume et Pixel la mygale ont été engagés pour une double mission spéciale, sous la houlette de la divine Agent Foxy. En premier lieu, notre fine équipe doit approcher la redoutable Mamie Gumbo avec un spécimen de chaton zombie pour tester un précieux antidote. Seulement, la fameuse Mamie Gumbo est également une agitée du bocal. Mieux vaut pénétrer son repaire avec une extrême prudence ! De l'autre côté, nos experts vont espionner leur ennemi en se fondant dans le décor (une île paumée au large de l'océan Pacifique). Tout le succès de leur entreprise repose évidemment sur leur discrétion, la pertinence de leur déguisement et leurs rencontres de passage ! Ah, ah. 

Grande partie de fous rires à l'horizon. Cette série est la définition même de la récréation parfaite. C'est simple, on se marre tout du long - les personnages sont déjantés, les situations complètement absurdes. Les dialogues fusent, les dessins appuient chaque détail sordide. Et la traduction est excellente en assurant ce grain de folie douce. Je suis une FAN indécrottable ! Il est bon de souligner que chaque tome se suit et qu'il est préférable de respecter l'ordre de publication pour apprécier le déroulement de chaque histoire. Merci, merci pour ce rendez-vous incontournable. ☺

Casterman, 2018 - Trad. Emmanuel Gros

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15/11/17

Watertown, de Jean-Claude Götting

WatertownPhilip Writing mène une existence paisible à Watertown, petite ville du Massachusetts. Paisible, pour ne pas dire insipide. Simple employé dans une compagnie d'assurances, il vit seul dans un appartement sans charme et termine ses journées en buvant de la bière avant de se coucher. Un matin, il s'arrête, comme à son habitude, dans la pâtisserie de M. Clarke pour y acheter un muffin. Au moment de saluer Maggie, la vendeuse, celle-ci lui annonce qu'elle ne sera plus là demain. Or, le jour d'après, Clarke est retrouvé mort dans sa cuisine. Maggie a bel et bien disparu. Deux ans plus tard, lors d'une visite chez son frère à Stockbridge, Writing croise dans une boutique d'antiquités le sosie de Maggie Laeger. Elle prétend pourtant s'appeler Marie Hotkins et nullement le connaître. Chiffonné, notre homme ne renonce pas si facilement et va rapidement élaborer de folles théories. Il entraîne, dans son sillage, un journaliste proche de la retraite, lequel va également connaître une fin tragique. C'est assez pour titiller la curiosité de notre homme et le plonger dans une folie obsessionnelle. Woow, que de mystères ! Et c'est franchement une réussite. Dès la première page, l'histoire nous accroche, dévoilant un scénario énigmatique et captivant. L'esthétisme est assez austère et d'une grande sobriété, mais conforte ce sentiment de climat lourd en secrets et autres faux-semblants. L'ensemble n'en demeure pas moins hypnotique. En faisant référence à un “polar hitchcockien”, l'éditeur ne se trompe pas. On retrouve aussi tous les codes du roman noir des années 60 - un héros solitaire, qui oublie la vacuité de sa vie en s'improvisant détective, une beauté blonde impénétrable, des disparitions étranges, une police démissionnaire, des petites villes paumées... C'est tout bon. Ambiance frileuse pour lecture envoûtante. Une découverte de choix !

Casterman, 2016

 

 

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09/11/17

Cinq centièmes de seconde, de Lois Lowry

Cinq centièmes de secondeL'université où travaille le père de Molly lui offre un an pour achever son roman. Profitant de l'occasion, la famille part s'installer à la campagne et loue une maison appartenant à un certain Will Banks. Le vieil homme, attaché à sa terre, livre à l'adolescente son histoire personnelle avec des trémolos dans la voix, mais va surtout lui inspirer ses premiers clichés photographiques et conduire à une passion qui ne faiblira pas. À la maison, l'ambiance aurait pu être meilleure si seulement Molly et sa sœur Meg ne partageaient pas la même chambre. Meg est l'aînée de quinze ans, c'est une jeune fille solaire, toujours entourée d'amis et très à l'aise dans le monde. Contrairement à Molly, sa cadette de deux ans, qui se juge quelconque et transparente. Malgré leur attachement, leur relation n'est pas de tout repos car les deux sœurs ont du mal à se comprendre et se chamaillent pour des broutilles. Toutefois, lorsque les sautes d'humeur de Meg viennent révéler un mal plus profond, c'est toute la vie de Molly qui prend un nouveau tournant. La jeune fille se voile la face et court se réfugier chez Will, avec qui elle parfait sa technique photo, et rencontre ses nouveaux voisins, Ben et Maria, qui attendent un heureux événement.

Cinq centièmes de seconde, c'est le temps qu'il faut pour “figer à jamais une émotion, une image, une révélation”. Et croyez-moi, la lecture de ce roman m'a broyé le cœur. J'ai fondu en larmes alors que l'histoire pressentait le drame et les sanglots, mais voilà, un soir de blues, plus à fleur de peau que jamais, j'ai lâché les écluses. L'histoire est attendrissante, et forcément émouvante. Elle parle de la famille et des relations parfois tendues entre sœurs, surtout à l'adolescence où les passions sont exacerbées et les malentendus nombreux viennent creuser inutilement le fossé. Ce roman, qui date en fait de 1977, dégage aussi une ambiance vintage délectable et dépaysante. J'ai aimé flâner dans cette campagne silencieuse et isolée, regarder à travers l'objectif de l'appareil photo, bêcher le jardin et planter des légumes, admirer la couture du patchwork... C'est une ambiance hors du temps, qui cadre à merveille avec ce portrait de famille tout en délicatesse. Très beau, très touchant.

Et je fais mienne cette citation : « Le temps passe et la vie continue ; il faut bien la vivre. Au bout d'un certain temps, on se souvient davantage des bonnes choses que des mauvaises. Puis, petit à petit, tout ce que le silence a vidé se remplit à nouveau de rires et de mots et les bords ébréchés de la tristesse sont lissés par les souvenirs. »

Casterman, 2017 pour la présente édition (préalablement paru sous le titre “Un été pour mourir” en 1993)

Traduction de Laurence Kiefé [A Summer to Die]

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07/11/17

Lotto Girl, de Georgia Blain

lotto girlRéfugiée dans le désert sous une fausse identité, Fern attend qu'on vienne l'exfiltrer. Car Fern est en réalité une ancienne “lotto girl” - une fille au profil génétique haut de gamme. Son sort a été joué à la loterie, du fait des revenus trop modestes de ses parents, qui visaient un avenir meilleur pour leur progéniture. Dès l'âge de cinq ans, Fern a donc rejoint l'institut Halston dirigé par la société BioPerfect pour y suivre une éducation de qualité. Elle y rencontre Lark, Ivy et Wren, également des lotto girls, et est chaperonnée par une gouvernante, Miss Margaret. Fern s'adapte rapidement au rythme des études et comble également toutes les attentes... contrairement à ses camarades, plus en difficulté et rongées par la nostalgie de leur enfance. Le parcours de Fern se découvre au fil des chapitres où s'entrecroisent son présent et son passé. La jeune fille est actuellement réfugiée dans une communauté rudimentaire, où un certain Chimo la prend sous son aile en la traitant de princesse. Fern est cependant sur ses gardes, après avoir été alertée que BioPerfect avait envoyé des espions pour la retrouver coûte que coûte. Et de s'interroger alors sur le cataclysme qui a suscité cette descente en enfer !

J'ai été séduite par cette lecture, dont l'ambiance est hypnotisante à force d'être énigmatique et néanmoins captivante. Rien ne se devine, tout se dessine avec lenteur. J'ai beaucoup aimé, retrouvant dans Halston les esquisses et l'atmosphère de Never let me goFern est une narratrice troublante, pas une rebelle dans l'âme, mais une fille imparfaite, parfois égoïste, et c'est tout à son honneur de ne rien cacher de ses doutes et autres faux pas. Elle est aussi un pion entre les mains des uns et des autres, normal qu'elle repousse farouchement toute forme de contrainte, la privant de son libre-arbitre. Par contre, j'ai été frustrée par le dénouement hâtif et confus. J'aurais préféré une suite, mais Georgia Blain étant décédée en décembre 2016, mes espoirs s'éteignent à leur tour. Je ressens la même amertume que celle inspirée par Version Beta de Rachel Cohen (publié sans suite chez Robert Laffont). Profonds soupirs.

Casterman, 2017 - Trad. Alice Delarbre [Special]

 

 

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04/11/17

Pêle-Mêle : Hector et le Colibri - Petit Elliot et la fête foraine - Les petits biscornus - La maison des bisous

Hector et le colibri

L'ours Hector a pour ami un colibri très bavard. Mais vraiment, il n'arrête jamais. Quand Hector mange une pomme, ou se gratte le dos contre le tronc d'un arbre, ou aussi quand il cherche à faire une sieste, Colibri est sans cesse dans ses pattes à pépier inlassablement. Mais voilà, Hector en a assez. Il n'en peut plus. Et demande un peu de paix. Il part donc - SEUL - dans la forêt. 

Aaah, cette douce tranquillité... le bourdonnement paisible de la nature... le chuchotis rassurant du calme environnant. C'est tellement bien, se dit Hector. Sauf que, le goût des pommes n'est plus le même, c'est moins drôle de se gratouiller sans son copain et c'est aussi super flippant de s'endormir sans une histoire racontée à voix haute 

Ainsi, qu'importe les petits défauts des uns et des autres - après tout, nul n'est parfait - c'est si bon de compter sur son fidèle ami pour partager les petits moments de la vie. Car l'amitié, c'est sacré ! Du même auteur, découvrez aussi Hello, monsieur Dodo !

Hector et le Colibri, de Nicholas John Frith

les Albums Casterman, 2017

 

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Petit Elliot et la fête foraine

C'est un grand jour pour Elliot qui découvre avec son amie la souris la fête foraine ! Or, tout ne se passe pas comme prévu - Petit Elliot a peur de la vitesse, du vent, de l'eau, des clowns, de la foule... Bref, il passe une très mauvaise journée et préfère se réfugier sur la plage. Soucieuse de le consoler, son amie lui propose alors une activité qui va le réconcilier avec la fête foraine. En avant, donc, pour la grande roue (et sa double page extraordinaire) !

Que de belles illustrations au cœur de cet album qui expose la majesté, l'effervescence, les couleurs et la gourmandise de la foire ! C'est assez magique. L'histoire, ensuite, raconte les mésaventures d'un Petit Elliot tellement froussard qu'il ne sait plus apprécier les plaisirs simples des manèges... C'est finalement avec la complicité de sa meilleure amie qu'il va endurer cette journée riche en émotions !

Une jolie lecture qui cherche à apprivoiser en douceur les petites angoisses de la vie. Adorable !

Petit Elliot et la fête foraine, de Mike Curato

les Albums Casterman, 2017

 

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Les petits biscornus

Dans la forêt des arbres bleus, les petits biscornus s'en vont jouer près de l'étang. Ils s'amusent comme des fous et ne voient pas le temps passer, lorsque la nuit tombe et les empêche de retrouver leurs pas sur le sentier. La poisse. C'est alors qu'ils tombent sur une valise dans laquelle se trouve une belle lueur argentée. Cela a la forme d'un croissant et c'est léger comme un ballon.

Tiens, les petits biscornus ont envie de l'appeler Lune et l'emmènent avec eux car ils peuvent enfin voir où poser leurs bottes sans avoir peur de se perdre ! Quel réconfort... Soudain, un petit biscornu trébuche et lâche Lune qui s'envole dans le ciel, jusqu'aux étoiles. Le ciel n'en est que plus éclairé. Depuis, nos petits amis peuvent partir chaque soir en vadrouille et ne plus craindre de rentrer dans le noir.

La lune veille sur eux. Et sur les enfants. C'est tout le charme de cet album d'une douce poésie qui réinvente la légende de la lune avec beaucoup de tendresse ! La lecture a l'effet d'une berceuse relaxante avec en bonus de magnifiques illustrations dans un grand format qui fait plaisir à parcourir.

Les petits biscornus, de Nathalie Minne

les Albums Casterman, 2017

 

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La maison des bisous

Dans cette maison pleine de surprises, le jeune lecteur doit aider le petit ours à retrouver ses parents pour leur voler un bisou ! Mais en attendant, c'est la panique. Un mammouth dans le frigo, des poissons dans le bain moussant, des fourmis dans le vaisselier, une araignée sous le paillasson... Non merci ! 

C'est très drôle et ludique, car il y a des tas de flaps à soulever pour cette partie de cache-cache attendrissante. Cette maison des bisous est une invitation au bonheur - les couleurs et le graphisme sont juste ravissants ! Une jolie découverte.

La maison des bisous, de Claudia Bielinsky

Casterman, 2017

 

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Les bisous du grand méchant loup

Dans ce livre-marionnette, le lecteur se glisse dans la peau du loup. Grognon, pas content, grincheux. Dès le matin, tout va de travers : il n'aime pas se lever, ni se baigner dans l'eau froide, et encore moins tenter de se sécher avec du feu. Par contre, il adore se promener dans les bois et croiser des randonneurs à terroriser. Hélas, il est pris pour cible à grands coups de châtaignes qui piquent... Ouhloulou ! Il est finalement temps de rentrer chez lui en attendant un petit bisou pour le soulager.

Un album cartonné très sympa, qui inspire les enfants et qui donne envie de donner de la voix pour une mise en scène encore plus saisissante !
Une histoire cocasse dans un emballage réussi & original ! Très, très chouette !

Les bisous du grand méchant loup, de Jean Leroy & Laurent Simon

Casterman, 2017

 

20/10/17

ReMade, d'Alex Scarrow

ReMadeDe retour à Londres, après le divorce houleux de ses parents, Leo regrette sa vie à New York et envie sa petite sœur Grace, dont l'aisance naturelle lui a permis de tourner la page et se fondre très vite dans cette nouvelle existence. Leur mère est souvent absente, débordée par un boulot éreintant, et rentre à la maison les nerfs en pelote. Le frère et la sœur se disputent constamment pour des broutilles, ils ne se comprennent plus. Bref, l'ambiance n'est donc pas folichonne. Pour oublier ses tracas, le garçon parcourt la presse et tombe sur des entrefilets évoquant des foyers épidémiques d'une grande virulence en Afrique. Or, nul ne semble s'en préoccuper. C'est alors que son père leur téléphone en catastrophe pour les obliger à quitter Londres de toute urgence en sautant dans le premier train pour le Norfolk où vivent leurs grands-parents. Le virus foudroyant a quitté l'Afrique et est en train de se propager à travers le globe. Un chaos monstrueux est en marche.

Oh.My.God. Que de palpitations à la lecture de ce roman ! Plus je tournais les pages avec fébrilité, plus j'avais des yeux hallucinés en lisant ce scénario-catastrophe. Au départ, les personnages vivent un peu dans une bulle d'insouciance, ils ne prennent pas conscience de l'ampleur du désastre et ignorent que l'ennemi prépare dans l'ombre son armée, prête à s'abattre sur l'humanité. Oui, oui, on assiste avec effroi et impuissance à la mise en place du virus, on a des chapitres sur son évolution, car le virus est intelligent et s'adapte avec diligence au terrain, ne perdant jamais de vue sa mission - anéantir toutes espèces vivantes. Nul ne lui résiste, même les animaux, les insectes, les plantes. Tout est contaminé. Autant vous dire que c'est effrayant - certaines scènes décrites sont immondes - mais ça vous scotche les doigts au bouquin. Sûr et certain. Plongés dans ce bourbier, Leo et sa sœur Grace vont vivre des émotions fortes et nous les font partager pour le même prix. On court à leurs côtés pour survivre, lutter et comprendre. Pfiou, que de stress. Au final, c'est rondement bien fait, hyper efficace et addictif. On a une montée d'adrénaline au cours de ces 445 pages de lecture, tenez-vous bien, c'est redoutable. 

Casterman, 2017 - Trad. de Corinne Daniellot

Bémol sur la COUVERTURE française, car je préfère de loin l'édition VO qui annonce clairement la couleur ! ►►► CLIC ◄◄◄

 

 

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14/06/17

L'Ingrédient Secret du Bonheur, de Laurel Remington

L'ingrédient secret du bonheurScarlett a douze ans et une notoriété bien mal acquise par sa mère, devenue blogueuse influente en prenant son adolescente pour sujet d'observation. Ses moindres faits et gestes sont ainsi étalés sur la place publique, décortiqués, analysés, commentés... Pour Scarlett, non coopérative, la vie au collège est également devenue un calvaire. Tous la pointent du doigt, chuchotent sur son passage, l'accusent d'être snobe ou optent pour la moquerie, souvent dans le but de calfeutrer leurs propres jalousies. À la maison, l'ambiance aussi est pesante. Totalement accaparée par son blog, la mère de Scarlett prend de moins en moins de temps pour compatir aux soucis de sa fille, laquelle naturellement se renferme par méfiance, ne souhaitant pas que ses confidences viennent alimenter les discussions de sa mère avec ses relations virtuelles. La situation tourne en rond, chacune reprochant à l'autre de manquer de compréhension. Bref.

Un jour, Scarlett découvre que sa voisine, une vieille dame solitaire, est hospitalisée et que son chat miaule piteusement dans sa maison. La jeune fille s'y introduit en douce pour le nourrir... et tombe alors en pâmoison devant la belle et immense cuisine de la propriétaire. Prise d'une impulsion, Scarlett se met à sortir les casseroles et à pâtisser scones à la cannelle, flapjack nappé au chocolat ou banoffee pie. Bientôt rejointe par d'autres complices, elle va créer le Club des Petits Chefs Anonymes et partager leurs sucreries en les distribuant incognito à la cantine. Hélas, leur mission va être menacée par le neveu de la vieille dame, un politicien en vogue, qui estime qu'elle ne peut plus vivre seule chez elle et entend ainsi vendre la maison pour d'autres projets. Notre Club comprend que leurs réunions secrètes sont désormais en sursie, à moins d'entrer en résistance  et sortir de leur anonymat. Pour Scarlett, le face à face avec sa mère s'annonce explosif !

Une lecture juvénile et charmante, aux parfums sucrés et gourmands, qui est également très moderne dans son choix d'aborder la question du blog comme un outil devenu envahissant dans la relation mère-fille et dans leur quotidien en général. De bonnes pistes, une belle dynamique, une histoire simple et mignonne. À lire dès 10 ans.

Casterman, 2017 - Trad. Cécile Moran [The Secret Cooking Club]

 

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