22/09/14

Les Pénates, de Vincent Sorel & Alexandre Franc

Les Penates

Pierre est passionné par son travail et les grandes catastrophes de l'Histoire. Marié et père de famille, il délaisse leur compagnie pour s'enfermer dans son bureau à rédiger son livre sur Titus. Un soir, il accueille chez lui son meilleur ami Simon, marqué par un drame personnel, et lui confie sa conception de la vie de couple : « Je suis comme un archéologue découvrant les traces d'une vie passée. » Et de fait, la symbiose conjugale s'est éteinte, laissant place à une routine écrasante. Véra est à bout de nerfs, elle se sent seule et aigrie. Enrôlée dans une existence qui la lasse, Véra réalise qu'elle « n'attend rien d'autre, maintenant ».

Cette représentation du couple en crise est saisissante d'authenticité : émotion à fleur de peau, sensation d'amertume, remise en question, fâcherie répétée et sentiment d'impuissance... bref, le portrait n'est pas joyeux mais pointe du doigt les petits travers qui grippent la belle mécanique. Ça sent le fatalisme désabusé !! Et pourtant, le dessin est agréable, simple, doux, aux couleurs tendres. On éprouve une totale empathie avec les personnages. Seul le scénario divague un peu, sur la fin, avec la rébellion des pénates de la petite Bérénice (ses peluches) et l'idée saugrenue de frapper Pierre d'une grave maladie.

Mais le scénario d'ensemble est très bon, exploité avec une grande justesse. On peut facilement se retrouver dans cette radiographie d'un couple en péril. C'est mi-figue mi-raisin, à l'image de notre société constamment insatisfaite. 

Casterman, coll. Professeur Cyclope, août 2014 ♦ Initialement créé dans le périodique numérique Professeur Cyclope, Les Pénates est ici proposé dans une version augmentée de 6 pages et spécialement retravaillé pour l'édition papier.

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28/05/14

Le sourire de Rose, par Sacha Goerg

Le Sourire de Rose

Desmond Wilson traverse une mauvaise passe : son ex-femme l'empêche de voir leur fils et le traite de loser. Son petit Théo est pourtant la prunelle de ses yeux, Desmond a à cœur de ne jamais le décevoir. Un soir, il rencontre la jeune et délicieuse Rose, dont la propre histoire n'est pas dénuée de mystère et de passion.

Traquée par une camionnette avec deux types à son bord, Rose cherche à se cacher. Elle s'embrouille dans les explications, mais en fait elle est en possession d'un objet rare, d'une grande valeur, qu'elle aurait dérobé à ces individus. Ils sont déterminés à lui reprendre, quitte à faire pression sur son nouveau compagnon. Pauvre Desmond, dont l'héroïsme insoupçonné va le jeter dans l'arène et le placer dans une très mauvaise position.

Mais les dés sont jetés, et nous suivons cette histoire nébuleuse, mais empreinte de poésie, de charme et de suspense, avec un enthousiasme sincère. Les dessins se présentent sous forme d'aquarelles, baignant dans un paysage d'hiver, noyé sous la neige. C'est somptueux. Et l'histoire n'est pas en reste, puisqu'elle nous inspire un mélange de curiosité et d'inquiétude dont on se sent délivré seulement à la toute fin. Voilà une bien jolie rencontre, une lecture tout en finesse et subtilité... j'aime beaucoup.

Casterman - coll. Professeur Cyclope ♦ mai 2014

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Iba, de Pierre Maurel

Iba de Pierre Maurel

Elise sort d'une rupture amoureuse assez douloureuse et tente de reprendre du poil de la bête avec l'aide de ses amies qui veulent lui changer les idées et lui faire rencontrer de nouvelles têtes. On la suit dans son quotidien, solitaire et routinier, sa petite vie de célibataire, de reine de la nuit, de fêtarde extravertie, etc. On a tout lieu de croire qu'on est en train de lire une chronique banale, mais pas sans intérêt.

Et puis, on découvre que depuis son enfance Elise traîne une amie imaginaire, Iba, désormais une jeune femme aux yeux vitreux, à la silhouette fantomatique, qui se faufile à travers les murs et prend possession de l'existence d'Elise, sans que celle-ci en ait réellement conscience. Oui, oui, soudain le ton change, ça fait flipper. Car Iba devient dangereuse, incontrôlable et venimeuse. Seule la grand-mère d'Elise est en mesure de lui apporter son aide, pour que cesse ce cauchemar.

Quel scénario invraisemblable, mais angoissant ! J'ai été littéralement scotchée. Pierre Maurel nous embarque dans un univers sombre, dérangeant et ahurissant avec un sens de la dramaturgie absolument parfait. Les amateurs de sensations fortes, ou d'histoires bizarroïdes, vont en redemander. Les dessins sont en noir et blanc, pour confiner le lecteur dans une posture soumise et craintive. Bref, rien à ajouter ! C'est glaçant à souhait.

Casterman - coll. Professeur Cyclope ♦ mai 2014

Plus d’un an après le lancement du mensuel numérique « Professeur Cyclope » en 2013, les éditions Casterman et ARTE Éditions publient les premiers albums papier tirés du vivier d’auteurs présents chaque mois au sein de la revue. Le site officiel de la revue : http://www.professeurcyclope.fr/ 

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03/05/14

La Princesse des Glaces, de Léonie Bischoff & Olivier Bocquet

Ce weekend, on découvre...

la princesse des glaces

Une adaptation réussie du roman éponyme de Camilla Läckberg, mise en valeur par des illustrations de toute beauté, les paysages suédois font pleurer d'envie, les personnages aussi sont bien imaginés, c'est du petit lait à boire ! Le scénario reprend les grandes lignes de l'enquête, sans en louper une miette : Alex, l'amie d'enfance d'Érica, est retrouvée morte dans sa baignoire. La vie de la jeune femme aurait comporté plusieurs zones d'ombre, que les inspecteurs vont se charger d'éplucher. Le passé aussi refait surface, laissant apparaître une atroce vérité dérangeante et malsaine. De son côté, Érica retrouve son amoureux transi et doit faire le vide dans la maison de ses parents, suite à leur tragique disparition. Ses relations avec sa sœur sont houleuses, mais ceci est une autre histoire...
La série d'Érica Falck connaît ainsi une seconde vie, à souhaiter que les prochains livres seront également adaptés en bande dessinée. Le travail est en effet remarquable, léché, très élégant, avec quelques images frappantes, mais jamais racoleuses. C'est une bonne introduction à un univers qui a su conquérir de nombreux lecteurs (moi, moi !).

Casterman, janvier 2014

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15/10/13

“Savoure le paysage, Penny, et lâche ce carnet et ce crayon. Remplis-toi les yeux.”

...“Qui sait si nous verrons autant de beauté dans le reste de notre vie ?”

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Ce 4ème tome nous entraîne en Egypte, sur les terres des pharaons. Penelope Green, notre sémillante journaliste, a été conviée par l'égyptologue Martha Moreley à se rendre sur le site d'Akhet Aton où elle vient d'effectuer une Incroyable Révélation, selon ses dires. Problème, Grayson, monsieur le rédacteur en chef du Early Morning News, est en repos forcé. Son remplaçant est un type obtus, qui pense que la place des femmes est ... au foyer ou juste bonne à jouer les secrétaires. Mission annulée pour Penelope !

Bien évidemment, celle-ci va ruser et refuser qu'on lui dicte sa conduite. A peine le temps de boucler ses valises, de se rendre dans des musées et de consulter quelques ouvrages, Penelope est déjà en route, en compagnie de son fidèle Cyprien. Quid de leur relation ? Au départ, j'ai cru qu'ils allaient nous rejouer la même sérénade, et puis finalement pas du tout ! Cela bouge aussi de ce côté-là. Quel régal. Cette série nous réserve bien d'autres surprises, toutes plus stupéfiantes les unes que les autres.

On découvre notamment un pan caché du passé de Cyprien, ce dernier a perdu tout souvenir de son enfance jusqu'à ses dix ans, âge où il est devenu mousse en prenant l'identité de Cyprien Bonaventure. (Le nom de Martha Moreley aurait une signification importante pour lui !) Sur place, l'intrigue est grisante et nous fait voyager (à dos d'âne ou de dromadaire) et découvrir de nouveaux horizons, on croise même une Princesse des Déserts (nous connaissions un Prince, douces pensées à lui !). En bref, c'est une lecture fabuleuse, avec des détails croustillants, une enquête journalistique palpitante, dans un style impeccable et élégant. On en redemande !

Penelope Green, tome 4 : La tiare de Néfertiti, par Béatrice Bottet (Casterman, septembre 2013)

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24/09/13

Teaser Tuesday #49

Il était une fois deux mondes, celui des ours et celui des souris. Deux univers qui s'évitent, se toisent avec méfiance, mais ne peuvent vivre l'un sans l'autre.

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Ernest est affamé et manque d'avaler Célestine, qui était coincée dans une poubelle. Celle-ci est bien embêtée car elle n'a pas atteint son quota de dents au cours de sa tournée. Tous deux concluent un pacte : elle montre à Ernest le passage pour se glisser dans la confiserie et avaler toutes les sucreries, en échange il aide Célestine à porter son gros sac de dents chipées chez le dentiste d'en face.

Dès lors, leurs ennuis ne font que commencer. Obligés de fuir la police et la justice, ils se réfugient dans la maison d'Ernest, dans la forêt, font ami-ami et vivent heureux, à l'écart des autres. Célestine est une rêveuse, elle passe son temps à dessiner. Ernest est un saltimbanque, il adore aussi jouer du piano. C'est ainsi que leur petite vie à deux ressemble à un beau tableau aux couleurs harmonieuses, bercé par la musique, des rires et des chants.

Daniel Pennac a apporté sa tendresse et sa facétie pour raconter l'histoire d'Ernest et Célestine : une histoire d'amitié sur fond de tolérance et de liberté. L'effet est magique, indescriptible. C'est apaisant, vraiment charmant. Et drôle aussi. L'auteur ne  manque pas non plus de rendre un bel hommage à Gabrielle Vincent...

Le roman d'Ernest et Célestine, par Daniel Pennac (Casterman Poche, septembre 2013)
-) Ce roman est le scénario du film, la novellisation de la célèbre série de Gabrielle Vincent.

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06/06/13

“Les groupes à cheveux gras ont des vertus thérapeutiques insoupçonnées.” ☺

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Dans ce troisième tome, nous avons le retour de l'ex maudit, fichtre, mais aussi une équation ô combien complexe sur les relations entre Ruby et son ami Noel, sa copine Nora et le frère de celle-ci, Gideon. Tout ça, tout ça. Forcément, cela signifie le retour des fameuses crises d'angoisse pour notre adolescente névrotique. De quoi offrir au Docteur Z de nouvelles longues séances à picorer ses Nicorette, avec stoïcisme, tout en pointant le doigt sur là où ça fait mal (la fièvre du lapin, vraiment ?!).

Vous l'avez compris, on ne s'ennuie pas une seconde. Les questions existentielles que se posent Ruby semblent tellement superficielles, elles tournent autour des garçons et de sa propension à accorder son cœur pour tel ou tel spécimen, quelle poisse d'avoir l'embarras du choix, et aussi une conscience aigüe de ne pas vouloir répéter les mêmes erreurs (son passé de supposée allumeuse, gare au retour !). Toutefois, Ruby exagère aussi, quand on songe au cas de Noel, tellement trognon, on se dit qu'elle se met des barrières ridicules, ne parlons pas de Jackson, la coupe est pleine ! ...

Il y a dans cette série une fraîcheur irrésistible à suivre les élucubrations d'une lycéenne qui exprime ses souhaits et ses espoirs afin de rendre plus harmonieuses ses relations avec les personnes de son entourage (oui, voilà en gros toute l'histoire !). L'humour ne masque pas la sensibilité de la jeune fille, sa souffrance d'être constamment jugée et incomprise, et même la fin échappe à toute mièvrerie. C'est foncièrement une lecture réjouissante, vive et espiègle, où l'on comprend que la vie est parfois riche d'un enseignement puisé dans le retro metal, avec des répliques cultes du genre : Les groupes à cheveux gras ont des vertus thérapeutiques insoupçonnées ! ^-^

Ce livre a déjà été édité en 2010 sous le titre Le retour de l'allumeuse.

Le journal de Ruby Oliver #3 : Un grand moment de solitude, par E. Lockhart
Casterman poche, 2013 - traduit par Antoine Pinchot

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05/06/13

“I still expect life to be like the movies.”

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Donc, suite à L'amour avec un grand Z, la vie sociale et amoureuse de Ruby est au point mort, mais la demoiselle ne manquant pas de ressources, il est permis d'espérer un retour d'éclaircie sur sa petite vie d'ado névrosée. Certes, son ancien groupe de meilleures amies ne lui parle plus, son ex souffle toujours le chaud et le froid, non mais quel mufle, Ruby ne sait plus sur quel pied danser, l'andouille, ce type intoxique ses pensées et son cœur, c'est à se demander quand finira-t-elle par enfin se purifier l'esprit !!!

Et pourtant, autour d'elle, les occasions ne manquent pas, certes elle s'étourdit dans les bras d'Angelo, elle s'entend aussi à merveille avec Noel, son partenaire de sciences, mais se demande s'il serait judicieux de briser une amitié, car pour dire les choses franchement, Ruby ne sait pas ce qu'elle veut ! Elle a fêté ses 16 ans, passé son permis de conduire et décroché un job au zoo. Ce sont des petits progrès, mais elle n'est pas peu fière de les rapporter à sa thérapeute, le Docteur Z.

Si le 1er tome vous a plu, alors forcément vous allez prendre plaisir à renouer avec le ton sarcastique et les aventures mouvementées de Ruby Oliver. C'est toujours aussi fin, subtil et touchant, avec une pointe d'humour pour bien faire avaler la pilule de l'amertume, après la débandade de l'année précédente. Haut les cœurs, Ruby !  A signaler : le roman a déjà été édité en 2008 sous le titre : Le grand livre des garçons.

Le journal de Ruby Oliver #2 : L'art de perdre les pédales, par E. Lockhart
Casterman poche, 2013 - traduit par Antoine Pinchot

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“J'espère que tu changeras le monde, et sache que tu as été le meilleur refuge possible contre la tempête.” (Arsène)

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Arsène, c'est le petit nom que donne le narrateur de l'histoire, Georges, à la jeune fille qui vient d'emménager dans l'appartement en face de celui de ses parents. Et c'est tout un honneur, mes amis, car le garçon porte aux nues le célèbre entraîneur de l'équipe de foot d'Arsenal, monsieur Arsène Wenger himself. Cette fille, donc, est tellement tout, tellement fascinante, c'est carrément un numéro dix, selon lui, qu'elle ne pouvait mériter meilleure distinction.

Pour son entrée en 6ème, les parents de Georges lui ont offert un cadeau utile et intelligent, une paire de jumelles. Lui, le môme, se rince l'œil en balayant le quartier et découvre sa voisine en train d'accrocher des rideaux, la musique à fond, et la maladresse en bandoulière. C'est comme ça qu'il tombe amoureux, Georges. Pour la première fois de sa vie. Il décide alors une tactique d'approche en proposant de balader son gros chien, Nadja, pendant qu'elle vaque à ses petites affaires. La demoiselle est conquise, ce petit bonhomme lui plaît bien.

Mais bon, Arsène est aussi une jeune femme mystérieuse, qu'on cerne à moitié, ou seulement grâce à la perspicacité du libraire, Monsieur Ali, qui a l'œil et veut protéger son petit monde. Parce que la vérité n'est pas belle, mais finalement je m'en moque un peu. Car c'est toute une vie de quartier qui m'a été donné de découvrir et d'apprécier, avec des personnages hauts en couleur et bougrement attachants (à l'exception d'Arsène, dont la personnalité sombre et impénétrable m'a laissée de marbre). En somme, j'ai aimé la forme du récit, une histoire teintée de couleurs et de facéties, mais j'ai hélas été peu sensible au fond et suis souvent demeurée en retrait.

Ce roman est servi par une nouvelle plume, Juliette Arnaud, qui s'est déjà fait connaître pour ses talents de comédienne (Arrête de pleurer Pénélope).

Arsène, par Juliette Arnaud
Casterman, 2012 - illustration & graphisme : Djohr

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04/06/13

“Je ne sais pas s'il existe un homme de ma vie. Je crois que je préfère la variété.”

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Ce roman est en fait déjà paru sous le titre de Journal d'une allumeuse, mais l'éditeur a choisi de relancer la série au format de poche, et dans un ordre enfin cohérent. Donc, présentation de notre héroïne : Ruby Oliver, quinze ans, cinq crises d'angoisse en seulement dix jours, doit suivre une thérapie auprès du Docteur Z. Son problème, c'est de cumuler des expériences malheureuses ou illusoires avec des garçons, depuis qu'elle est en âge de conter fleurette.

Pour ses séances, il lui fallu notamment dresser la liste des garçons qui auraient contribué à son état de déconfiture. Ils sont au nombre de 15, du plus innocent au plus goujat, même si Ruby s'échine à pardonner l'inexcusable ou jouer à l'autruche pour ne pas assumer ses nombreuses erreurs. Hélas pour elle, la liste va être reproduite et glissée dans le casier de tous les lycéens de Tate. Sa réputation est fichue, elle est traitée de lépreuse et d'allumeuse, même ses meilleures copines lui tournent le dos, Ruby est seule, désemparée. Il est temps de découvrir dans quel micmac elle s'est fourrée !

Ce serait mentir que de cantonner cette série à une lecture girly, même si l'on parle essentiellement d'histoires d'amour, de baisers volés, de dragues et de pelotages en douce, ce n'est certainement pas QU'UNE série sur des sujets futiles. Le mal-être de Ruby est profond, sincère, et pas seulement traité avec légèreté. Il y a une détresse réelle dans son histoire, où l'on cerne une perte de confiance en soi et un besoin d'évacuer le trop-plein d'émotions. C'est assez distrayant, mais sensible et sincère aussi, à travers sa démarche de blablater sur tout et rien, en n'édulcorant jamais le fond du problème.

Cette série gagne à être connue, sous le ton caustique et bassement comique, se trouve un récit poignant et déstabilisant sur les rapports qu'entretiennent les adolescents, à travers leurs relations sentimentales et amicales. La suite comprend L'art de perdre les pédales, Un grand moment de solitude puis Pas très rond dans ma tête.

Le journal de Ruby Oliver #1 : L'amour avec un grand Z, par E. Lockhart
Casterman poche, 2013 - traduit par Antoine Pinchot

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