07/02/14

Le Grand méchant livre, de Catherine Leblanc et Charlotte Des Ligneris

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Attention ! Ce livre renferme une super héroïne, avec du tempérament et une langue bien acérée. Elle adore les livres, les mots et les histoires, elle adore aussi en jouer et en raconter. Gare à la chute !

Amélie Mélo se rend chez sa grand-mère et croise la route d'un affreux loup. Celui-là n'a qu'une idée en tête : la dévorer bien entendu ! Mais Amélie Mélo n'est pas une proie facile. À trois reprises, elle lui échappe en lui racontant combien elle a un goût infâme. Et celui-là s'en va chaque fois tout nauséeux. (Qu'il est bête, le loup, de s'y laisser berner !) Mais comme il revient encore à la charge (il est bête ET coriace), elle sort un livre de son panier, un livre sans image, qu'elle commence à lui lire. 

J'ai adoré cette histoire à l'humour dévastateur et d'une grande finesse. Elle nous enseigne, aussi, que les mots sont mille fois plus puissants que les poings. Suffit juste de savoir les utiliser à bon escient... faire preuve de rouerie, sans intention de nuire gratuitement. (Amélie a tout de même un loup à ses trousses, qui rêve de la dévorer !!)

C'est une héroïne formidable, que les enfants vont adorer. Le loup, lui, est un modèle du genre : coriace, mais bête ! Toutefois, son obstination et sa stupidité le rendent aussi très drôle ! Ahlala... Cette lecture réserve à son public de belles surprises ! Les illustrations de Charlotte des Ligneris achèveront de convaincre tout lecteur qu'il est toujours plus prudent d'avoir un livre sur soi quand on se promène en forêt !

Seuil jeunesse, février 2014

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Posté par clarabel76 à 17:00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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28/06/13

Instantanés de lecture #1

L'adolescence dans tous ses états ... Ces petites lectures ne trouveront peut-être pas le chemin du blog, faute de temps ou d'inspiration, mais elles n'en demeurent pas moins intéressantes à découvrir !

 

Moi, les nichons, j'en veux pas. Les filles au collège qui se mettent des Wonderbra ou se fourrent du coton dans le soutif me débectent. Est-ce que les gars pensent à se mettre des coques dans le caleçon ?
J'ai pas envie de devenir femme. Pas encore, pas tout de suite. Je ne suis pas prête. Mais mon corps change, il déborde de partout, les seins, les fesses, le ventre... Ça déborde dans ma tête. J'ai peur.
Je me préférais avant, modèle petite fille plate. Brindille. Phasme, disait mon aimable frère. J'étais plus à l'aise avec mes jupes courtes et mes jambes d'allumette.
Maintenant, obligée de porter des gros jeans, des T-shirts XXL, des gilets, pour planquer ce corps qui m'encombre.
Mes cuisses qui font plof plof en course d'endurance, mon cul qui explose dans les maillots de bain, c'est pas possible. C'est ça, devenir femme ?

Honte de tout, par Carole Fives (éditions Thierry Magnier, coll. Nouvelles, 2013)

 

Théo et moi, on est des alchimistes : on a pris les  ingrédients amers de nos vies, et on en a fait du sucre doux. Quand on est séparés, c'est une aberration, un manque d'air qui coupe le souffle, une jambe en  moins, un vieux vertige insupportable, la perte de la moitié de notre intelligence, de la moitié de nos réflexes, de la moitié de notre imaginaire.

Plan B pour l'été, par Hélène Vignal (éditions du Rouergue, coll. doAdo, 2012)

   

Je suis l'aînée de six enfants : après moi, il y a Valentin, Côme, Paola, Marguerite, et Lili la benjamine. Mes parents travaillent dur. Et depuis que je suis petite, je les aide à la maison et parfois au restaurant. Pour moi, ce n'est pas une corvée. C'est naturel.
J'aime chahuter avec Lili, lire des histoires à Paola, me disputer avec Valentin, pousser Marguerite sur la balançoire. J'aime servir les grenadines au comptoir, parler avec les clients. J'aime les pichenettes tendres de mon père, les blagues de ma mère. Notre complicité est une forteresse.

Il faisait chaud cet été-là, par Agnès de Lestrade (éditions du Rouergue, coll. doAdo, 2013)

 

Le monde appartient aux autres. Je n'y ai pas ma place. Il me manque peut-être un gène, une disposition, une qualité mystérieuse mais indispensable, quelque chose que les autres ont et qui leur permet de vivre, avec un naturel confondant. Tout m'échappe et m'abandonne, à commencer par moi-même. Je ne sais d'où vient une condamnation aussi radicale. Je ne peux pas exister. Ce n'est que du flou, du tremblement, de la douleur.
Je me débats, je lutte, je me défais, je ne sais pas ce qui me détruit.

Rester vivante, par Catherine Leblanc (Actes Sud junior, 2010)