26/07/16

L'Emprise du passé, de Charlotte Link

L'emprise du passé

En apprenant la mort de son père, policier à la retraite, retrouvé assassiné chez lui, sa fille Kate débarque avec ses gros sabots d'agent de Scotland Yard, pensant faire avancer l'enquête confiée à Caleb Hale, lequel tente d'effacer son passé d'alcoolique notoire. Ce meurtre va néanmoins soulever d'autres secrets enfouis relatifs à la vie intime de son père, qui aurait entretenu une liaison amoureuse avec Melissa Cooper, alors que son épouse se battait contre un cancer. Le mythe du père adulé s'effondre. Kate écluse son chagrin à grosses lampées de whisky, sous le nez de Caleb, en plein sevrage, et se pend à son cou pour le débaucher, alors que le type ne rêve que de se tailler en douce... Réveil matinal douloureux et humiliant. L'enquête, cependant, poursuit sa route, entre les vieux dossiers traités par l'inspecteur Richard Linville, son histoire avec sa maîtresse et les autres fantômes dans le placard. En marge de cette histoire, l'auteur nous présente le couple Crane et leur fils adoptif Sammy, sa mère Terry et son nouveau petit copain Neil. En vacances dans les landes, un coin paumé dans le Yorkshire, où Stella et Jonas pensaient s'y ressourcer en toute quiétude, ils ont la désagréable surprise de croiser Terry et ses éternels atermoiements sentimentaux. Sans surprise, tous les ingrédients sont réunis pour annoncer le huis clos grinçant, venu exprès détourner notre attention et alimenter de folles spéculations. C'est que l'ambiance générale dans ce roman est lourde et pesante, entre secrets de famille, vendetta personnelle et drame du passé comme élément déclencheur de l'enchaînement de violence. Une intrigue assez formelle, construite avec des cubes de Lego pour ménager le suspense et donner l'illusion d'une tension psychologique édifiante. Pas mal ! 

Traduit de l'allemand (Die Betrogene) par Marion Roman pour les éditions Presses de la Cité, mars 2016

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19/07/16

La Vallée du renard, de Charlotte Link

La vallée du renard

Par une belle journée d'août, sur la côte sud du Pays de Galles, Matthew Willard revient avec son chien sur le parking, perdu au milieu des champs, où sa femme l'attend. Si la voiture est toujours là, Vanessa, elle, a disparu. Sans laisser de traces. Le lecteur, lui, a été témoin de toute la scène : un type en camionnette a surgi de nulle part pour la kidnapper et l'enfermer dans une caisse, se basant sur un court délai d'une semaine pour obtenir une rançon et libérer sa prise. L'homme est aux abois, il doit une forte somme d'argent à une petite frappe mafieuse et n'a pas trouvé d'autres liquidités pour rembourser sa dette. Seulement voilà, au retour de cette expédition farfelue, notre homme est interpellé pour coups et blessures donnés la veille dans un bar et est expédié fissa en prison pour deux ans. Il n'ignore pas, alors, que sa victime est condamnée et qu'il va porter cette culpabilité toute sa vie durant. Paradoxalement, il ne prévient personne de la situation. Et son silence va le ronger.

Le jour de sa libération, Ryan est hébergé chez sa correspondante rencontrée en prison, Nora. Ses amis sont cependant sceptiques en le rencontrant et ne masquent pas leur étonnement. L'Affaire Vanessa Willard est également restée lettre morte. Son époux a plongé dans une dépression, ne sachant rien du sort de sa femme, c'est donc un homme désabusé et brisé que Jenna rencontre chez un couple d'amis, Alexia et Ken. Elle tombe sous le charme et se lance à corps perdu dans une liaison chaotique et incertaine. Le spectre de Vanessa plane toujours au-dessus d'eux. Ce gouffre ne cesse d'aspirer Matthew, qui revit le même cauchemar en apprenant aux informations la disparition d'une autre femme dans les mêmes circonstances. Cette nouvelle cible est en fait la propre mère de Ryan, lequel comprend aussitôt que ses propres fantômes du passé sont de retour pour solde de tout compte. 

Très bon roman au suspense psychologique efficace ! Le sort des personnages nous entraîne dans une spirale angoissante et infernale, selon un scénario parfaitement huilé. Chaque pièce du puzzle se glisse subrepticement dans la partie, vers un dénouement implacable et inattendu. C'est simple, prenant, sans tomber dans une surenchère de violence ou de rebondissements invraisemblables. Du bon suspense, habile, redoutable et captivant.  

Traduit de l'allemand par Catherine Barret (Im Tal des Fuchses) pour les éditions Presses de la Cité, Juin 2014

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