27/02/18

Ne reviens jamais, de David Bell

Ne reviens jamaisApprenant par la police la mort de sa mère, seule, dans sa maison, Elizabeth Hampton, étudiante en master d'histoire à l'université de l'Ohio, se rend aussitôt au chevet de son frère handicapé, Ronnie, qui vivait avec elle. Les inspecteurs posent quelques questions d'usage, avant de placer le jeune homme dans un centre spécialisé pour le soigner.

Sous le choc, Elizabeth avoue s'être disputée avec sa mère six semaines plus tôt et ne pas lui avoir reparlé depuis. Il ne lui reste que son oncle Paul pour la soutenir dans cette épreuve. Et très vite, les mauvaises nouvelles vont se succéder - en fait, sa mère est morte étranglée, elle a modifié son testament peu avant son décès, l'appartement a été fouillé, d'étranges coups de fil sont passés et Ronnie est traité comme le principal suspect. 

Dès lors, Elizabeth plonge dans une sordide affaire familiale, découvrant un passé inavoué et de nombreux non-dits. Des secrets refont surface, de vieilles connaissances tombent le masque. Elizabeth n'est pas au bout de ses découvertes ! Le lecteur est tout aussi ahuri de ce qu'il va apprendre au fil des chapitres. Pour cela, l'intrigue est plutôt bien ficelée, avec des rebondissements inattendus et une tension psychologique remarquable. 

Et pourtant, alors que les pages défilent à vive allure et l'intérêt ne faiblit jamais, on reste malgré tout en retrait de la lecture. On ne s'attache pas aux personnages, on suit leur histoire, on sursaute, on tombe des nues. Mais rien ne nous accroche. Tout est froid, sans âme, sans empathie. Pour dire, j'avais à peine refermé le roman que je l'avais quasiment oublié ! Difficile à expliquer cette sensation. C'est sombre et captivant, mais on trébuche sur la dernière marche. Plouf... 

Actes Sud (Actes Noirs) 2017 - Traduit de l'anglais (USA) par Claire-Marie Clévy

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24/02/18

À perdre haleine, par Aga Lesiewicz

À PERDRE HALEINEVous allez détester cette héroïne ! 

Anna a trente-cinq ans, célibataire, elle vit seule avec son chien dans un quartier cossu près du parc de Hampstead Heath. Elle travaille dans une société de production, dans un service en pleine restructuration, mais ne craint pas pour son poste de manager. Après une relation de trois ans, elle vient également de rompre avec le charmant James. Parce que, trop charmant.

Anna recherche davantage, elle veut des frissons, de l'interdit, du tabou. Et bingo, un jour en faisant son footing dans le parc, elle croise un très bel homme - du type “Mannequin Dior” - et lui saute dessus pour palper le contenu de son short. No comment. La fois d'après, c'est elle qui se fait prendre contre un arbre. Une partie de jambes en l'air fougueuse et sous l'effet d'une pulsion incontrôlable. Eh ouais. Cela va se reproduire deux, trois fois. Le truc sordide et brutal, qui devient presque un besoin obsessionnel.

Le plus choquant, finalement, c'est qu'en parallèle une série de viols survient dans ce même parc. Puis des crimes. La police enquête, Anna doute mais refuse de lier son Mannequin Dior à cette réalité barbare. Sérieux, je ne compte plus le nombre de fois où j'ai cru halluciner, les yeux ronds comme des billes, en lisant tout ça. Heureusement on a une histoire qui tient la route et qui se ponctue de rebondissements inattendus. Du coup j'ai tourné les pages à toute vitesse, comme sous hypnose, tant je voulais découvrir le pot aux roses.

Il y a certes de nombreuses pistes envisagées, toutes empruntées en songeant que c'était plié, et puis... et puis... Franchement, c'est bien ficelé et assez redoutable comme lecture, même si l'héroïne n'agit pas toujours de façon cohérente et est assez imbue d'elle-même. J'avoue avoir été prise dans l'engrenage et embobinée royalement. J'ai également beaucoup aimé la totale immersion dans la vie londonienne à travers le quotidien d'une trentenaire au confort matériel indiscutable.

Au final, le roman inspire un certain malaise, qui s'oublie vite par son suspense efficace.

Belfond Noir, 2017 - Traduit de l'anglais par Claire-Marie Clévy

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22/05/17

Quelques jours de nos vies, de Clare Swatman

quelques jours de nos vies

Par sa promesse d'une lecture riche en émotion, ce roman est une invitation à retenir le temps présent pour en savourer chaque instant. Prenons en exemple l'histoire de Zoe et Ed, en couple depuis vingt ans, ils s'aiment mais ont laissé les vicissitudes du quotidien ronger leur insouciance. Pourtant, en apprenant la mort de son compagnon dans un accident, Zoe s'effondre et se reproche d'être partie le matin sans avoir pris le temps d'embrasser Ed une dernière fois. Bouleversée, elle ressasse avec amertume tous les petits riens qui ont empoisonné leur existence. Si elle avait su... Et bim, elle se réveille le lendemain dans son lit de jeune fille, en 1993. Elle est étudiante, s'installe en colocation sur le campus et rencontre Ed. Ô stupéfiante seconde chance, dont on ne cherche pas à nous vendre le pourquoi et le comment, si ce n'est d'offrir à Zoe la possibilité de revivre les moments les plus marquants de son couple. C'est donc toute leur vie à deux que l'on découvre, avec ses hauts et ses bas, ses élans et ses espoirs, mais c'est surtout pour Zoe l'occasion de corriger le passé pour glisser vers un lendemain meilleur. Peut-elle déjouer le sort et sauver Ed ? Comme Zoe, on s'accroche à ce désir insensé et on l'accompagne dans sa rétrospective des vingt années écoulées. S'expose alors l'étendue d'une histoire banale et ordinaire, entre tendresse, joie, peine, doute et bonheur, le tout raconté avec beaucoup d'authenticité. Au final, notre cœur bat à l'unisson avec celui des personnages. Tout semble vrai, sincère et sensible, même si l'histoire inspire aussi une certaine retenue à l'évocation de cette vie de couple fastidieuse et triviale. Un soupçon de fantaisie aurait sans doute été appréciable, à mon goût. La fin aussi m'inspire quelque scepticisme, mais passons. Horace a dit : “Carpe diem, cueillez le jour” - ce sur quoi le roman s'appuie, en toute humilité. Le résultat est tout à fait honorable, très touchant. Et la couverture est ravissante. 

Presses de la Cité, 2017 - Trad. Claire-Marie Clévy (Before You Go)
ill. de couverure : Jo Thompson / Adaptation : Mélanie Wintersdorff

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