04/10/16

Un tueur sous la pluie, de Raymond Chandler

Un tueur sous la pluieDans ce recueil de trois nouvelles, dans lesquelles la figure du détective privé joue un rôle prépondérant, ce sont aussi trois enquêtes rigoureuses et brutes de décoffrage que l'on parcourt avec un certain effarement.
Ce sont globalement des œuvres mineures de Chandler, écrites au cours d'une “période d'apprentissage” et publiées dans le magazine Black Mask dans les années 30. Leurs valeurs littéraires sonnent passablement correctes, mais affichent néanmoins la marque de fabrique de l'auteur : situations dramatiques, rebondissements et habiles ficelles, dialogues percutants, sarcasmes et propos orduriers, rythme rapide, fusillades à la pelle, accumulation de cadavres et des coups qui pleuvent en abondance. Bienvenue dans le véritable esprit du roman noir hardboiled.
Un tueur sous la pluie (Killer In The Rain - 1935) raconte une enquête peu glamour dans un milieu dépravé. Un père recrute un détective privé pour sauver sa fille de la débauche. Sa récente relation avec un libraire, qui pratique un commerce parallèle salace, met l'homme dans tous ses états. Le soir même, sous une pluie battante, le type se rend près du petit nid d'amour des deux amants, en pleine séance de photos olélé, lorsque celle-ci est soudainement interrompue par une fusillade. Hystérie collective. Le détective déboule dans la chambre, expédie la nana pompette chez elle, puis retourne sur les lieux du crime et constate l'absence de corps. 
La suite des festivités n'est guère réjouissante. Dealer de morphine, chantage, flic pourri, meurtre à crédit, macchabées, Colt et whisky, en plus de détails saugrenus, comme deux paires de mules en velours émeraude, des pastilles à la violette, un grand balaise qui sort de taule et cherche “la p'tite Beulah”, avec son pantalon aubergine, son veston grisâtre, ses souliers de daim, sa cravate jaune et un énorme œillet rouge à la boutonnière...  (Bay City Blues - 1938) et Déniche la fille (Try The Girl - 1937)
Cette édition présentée par Gunnar Staalesen est un condensé de l'univers de Chandler dans une version sans filtre et sans réserve, mais avec beaucoup de cynisme et d'humour acerbe. On ne nous apprend rien. Le seul détail pertinent serait que ces nouvelles ont plus tard constitué la matière première de romans plus élaborés comme Le Grand Sommeil, La Dame du lac et Adieu, ma jolie. 

Trad. de l'anglais (États-Unis) par Henri Robillot et révisé par Cyril Laumonier

Nouvelle édition présentée par Gunnar Staalesen en 2016

Collection Folio policier (n° 537)


27/01/14

Attirance & Confusion, par Simone Elkeles

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Les avis étaient partagés, mais j'ai tenté le coup et je ne le regrette absolument pas ! Je crois même que cela a contribué à mon enthousiasme, puisque j'avais globalement anticipé une grosse déception, j'ai été finalement surprise et complètement folle de Derek Fitzpatrick ! Beau gosse, insupportable, avec blessure secrète, sans attache, ou presque, bref notre Derek débarque dans la petite ville de Fremont le temps d'un été, pense-t-il, et va tout déchirer.

Il a suivi la nouvelle femme de son père, Brandi, une jolie écervelée, maman d'un petit bonhomme de 5 ans, Julian, car elle souhaitait se rapprocher des siens, dans la maison de son père, un type bourru et acariâtre, qui vit coupé du reste du monde, mais aussi de sa soeur, la ravissante Ashtyn, blonde, sportive, frondeuse et décidée, tout juste élue capitaine de son équipe (de football américain).

Tout de suite, la première rencontre entre Ashtyn et Derek fait des étincelles : c'est drôle, mais drôle. Cela donne le ton des échanges que ces deux-là vont s'envoyer pendant tout le roman, car c'est clair, ils se plaisent, ils sont attirés l'un par l'autre, mais ils se barricadent, ils ont leurs soucis personnels, et pourtant tout va participer à les jeter dans les bras l'un de l'autre, à moult reprises, et pour notre plus grand plaisir.

Je ne dis pas le contraire, le schéma est répétitif, il n'y a rien de nouveau sous le soleil, mais ça a suffi pour me faire passer un très bon moment de lecture. Après tout, je n'en attendais pas moins non plus. Moi qui décrétais, par avance, qu'il serait temps que l'auteur change de crèmerie, je retire aussitôt mes dires. Qu'elle ne change rien ! Absolument pas ! C'est tout bon comme ça, c'est frais, c'est pétillant, c'est coquin, c'est attendrissant, c'est gros, c'est niais, c'est dégoulinant de guimauve, ça colle aux doigts... mais c'est tellement bon !

C'est le 1er tome d'une nouvelle série, autour de joueurs d'une équipe de football américain. L'auteur a placé ses billes, déjà présenté les autres protagonistes, et je me frotte les mains de les retrouver tous, les uns après les autres !

La Martinière J., janvier 2014 - traduit par Cyril  Laumonier

Posté par clarabel76 à 08:00:00 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
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